Merci pour les commentaires, je suis contente que l'histoire plaise ! Désolée pour cette longue attente imprévue, ce chapitre et les dernières semaines m'ont un peu posé des problèmes…
Jeu de main, jeu de vilain
Durant les jours qui suivirent sa soirée avec ses amis, Emma examina ses récentes observations.
Elle ne pouvait pas se confronter à nouveau à Madame Mills, ce serait inutile… Elle avait besoin de plus de subtilité… et tant pis si ça ne fonctionnait pas, elle jouerait sa dernière carte.
C'est au bout d'une heure de réflexion en pleine nuit dans son lit qu'Emma eût son éclair de génie.
Elle avait dans ses affaires quelques tenues qui favoriseraient parfaitement le succès de son objectif. Elles étaient jolies, soignées et rendaient plutôt séduisante sans en faire trop. Ce n'était pas trop son style mais c'était exactement ce qui pouvait attirer l'attention de la professeure. Il n'y avait rien d'indécent, seulement de quoi remuer la conscience…
Et pour ce plan, elle pouvait dire merci à son dernier ex de lui avoir offert ces vêtements et du bon maquillage qui trouvaient enfin une utilité…
Le lundi qui suivit, Emma mit la première tenue et choisit un maquillage léger. Elle était vraiment satisfaite de la tenue malgré qu'elle tirait sur son short un peu trop court toutes les deux minutes, son impatience de voir la professeure prenait finalement le dessus.
Elle arriva un brin en retard dans la salle, tout le monde s'installait déjà à leur place. C'était le parfait moment pour se faire repérer par Madame Mills. L'étudiante vit cette dernière occupée sur son bureau, d'apparence ennuyée…
Lorsqu'elle passa devant elle, elle obtint la meilleure réaction qu'elle aurait pu espérer. Immobile, avec un air déconcerté, elle balada ses yeux sur elle, survolant chaque détail tandis que la blonde souriait fièrement. Elle voulut lui dire deux petits mots, mais se retint après réflexion… Le mot d'ordre était subtil, elle avait dit qu'elle jouait la subtilité…
Emma parcourut la salle en profitant délicieusement de son regard qui semblait aimanté à elle.
Elle était sur la bonne lancée, les réactions ne mentaient pas, et l'instant se révélait exquis.
Regina secoua la tête et se redressa correctement. Elle se racla la gorge péniblement pour se reprendre pleinement en main, suscitant l'attention des étudiants par la même occasion.
Aller, elle devait rassembler sa concentration, cela ne devrait pas s'avérer une tâche compliquée pour personne comme elle…
Elle inspira profondément et haussa la voix. Assez vite, Regina réussit à occulter plus ou moins la présence de la jeune femme attirante. Par moment, dès qu'elle n'était pas particulièrement focalisée, son regard se perdait dans sa direction. Elle la dévisageait sans véritablement se soucier de la dévorer des yeux.
Emma se moqua intérieurement sans arrêt tout le long de la matinée. C'était si satisfaisant et drôle de voir sa professeure déstabilisée par faute…
À la fin de la journée, elle prit la direction de la sortie avec un malin sourire et la remarqua tenter de l'ignorer, y parvenant plus ou moins.
Emma en avait déjà fini pour aujourd'hui, mais elle pouvait d'ores et déjà déclarer sa mission un succès.
Elle ne put alors s'arrêter en si bon chemin, elle la poursuivit durant le second cours et le suivant. À en juger par son regard et son comportement, elle lui plut également dans les deux autres tenues et Emma adora la sensation que cela lui provoquait. Elle avait même l'impression de repérer de plus en plus d'attirance dans ses yeux quand elle l'apercevait.
Lorsqu'elle revêtit la quatrième tenue, Emma se sentit un peu plus angoissée que les précédents jours. Elle célébrait ce jour-là son anniversaire, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer au fond d'elle obtenir une réaction de plus par rapport aux dernières fois… Et elle manquerait très bientôt de nouvelles tenues, raison de plus pour accélérer aujourd'hui.
Alors elle mit toutes ses chances de son côté : elle choisit une jupe courte rouge et noire, un top corset noir qui lui seyait à merveille, dissimulé sous un manteau en laine. Elle chaussa des bottes aux talons hauts allongeant ses jambes et un maquillage parfaitement réalisé. C'était une des tenues à la fois la plus élégante et la plus sexy.
Lorsqu'elle entra dans la salle pour le cours de Madame Mills, cette dernière apprécia immédiatement la vue en parcourant son corps des yeux. Juste avant qu'elle ne se détourne, Emma crut l'apercevoir se mordre la lèvre.
Mais les longues minutes qui suivirent furent si banales qu'elle conclut qu'elle l'avait imaginé.
Soudain une alarme retentit et rendit l'après-midi tout de suite plus intéressant. Emma se redressa et observa aussitôt la professeure lever les yeux en l'air et annoncer que ce n'était qu'un exercice. Tous les étudiants se levèrent insouciamment, mais encore surprise de cet événement inattendu, Emma resta immobile.
Madame Mills fit sortir tout le monde et ne la remarqua que lorsqu'elles furent seules. Complètement seules.
À ce moment précis, elle plongea ses yeux dans les orbes sombres et ne put s'en détacher.
Créant un instant presque immuable, Emma se leva enfin et s'avança lentement vers le bureau, ne lâchant pas le regard de la femme qui ne bougeait plus.
Cela faisait plus d'une semaine qu'elle guettait une occasion de se retrouver isolée avec la professeure. Et même si ce n'était pas le moment parfait, elle allait clairement saisir l'opportunité.
Pendant que le silence s'installait, Regina finit par rapidement revenir sur Terre lorsqu'elle ressentit un courant d'air frais lui parvenir de la porte grande ouverte.
– Qu'est-ce que vous attendez ? l'interrogea Regina dont le ton manqua un peu d'autorité selon elle.
Elle sentait bien que quelque chose n'allait pas… C'était une mauvaise idée de rester ici…
L'étudiante sourit doucement puis se pencha délicatement au-dessus du meuble les séparant, posant ses mains à plat sur celui-ci.
– Vous, lui révéla-t-elle en la fixant droit dans les yeux.
Emma ne s'était jamais sentie aussi taquine et l'expression curieuse face à elle n'arrangeait rien.
La réponse de la jeune femme la prit de court. Son regard dévia malgré elle jusqu'au décolleté outrageusement mis en valeur par la tenue.
Les joues brulantes, elle essaya de soutenir le regard de Mademoiselle Swan, en vain. Elle la détailla de haut en bas, lentement avec curiosité. C'était un véritable délice de pouvoir la scruter d'aussi près et tout autant une torture…
Pourquoi avait-il fallu qu'elle soit son étudiante et pas une parfaite inconnue pour profiter amplement de ce qu'elle voyait ?
Lorsqu'elle se devina au bord de la perte de contrôle, Regina croisa les bras pour renforcer son attitude autoritaire et ferma les yeux quelques secondes pour se reprendre en main.
C'était ridicule, elle ne pouvait pas avoir envie d'elle, pas ici pas maintenant.
Emma profita du manque de vigilance de la professeure pour s'avancer davantage. Elle contourna le bureau puis s'assit sur celui-ci à sa droite et se pencha en avant.
Lorsque Regina rouvrit les yeux, ceux-ci se posèrent aussitôt sur les longues et fines jambes mises à découvertes.
Elle eut tout à coup chaud mais n'y prêta pas attention.
– Il faut… commença Regina pour reprendre la situation en main malgré la chaleur étouffante.
Mais immédiatement, l'étudiante se leva et investit son espace personnel, se retrouvant soudainement très proche, bien plus qu'elle ne l'avait jamais été.
Aussi vite que son brin de lucidité était apparu, il disparut. Son ventre se tordit, et toute maitrise s'évanouit.
La petite voix dans sa tête lui cria de partir le plus loin possible, mais Regina ne l'entendit plus lorsqu'elle sentit son souffle sur sa peau et sa chaleur près d'elle.
À présent, elle ne songeait plus du tout à quitter cette pièce.
Elle ne savait même plus pourquoi elle l'avait voulu en premier lieu. Elle souhaitait la toucher et…
– Faites ce dont vous avez envie.
L'étudiante semblait lire dans ses pensées.
C'était indéniable, cette femme était… tout simplement incroyable. Elle ne dénichait pas d'autre mot pour la décrire.
Guidée par ses tentations, Regina posa soudainement sa main sur la hanche de Mademoiselle Swan. Lorsqu'elle la toucha du bout du doigt, les deux corps arrêtèrent tout mouvement sous le coup de la surprise.
Emma pensa halluciner lorsqu'elle réalisa que la main chaude se trouvait pleinement sur sa taille. Elle l'apprécia tellement qu'elle dut s'empêcher d'attraper son bras pour s'assurer qu'il reste en place, de crainte de provoquer la fuite de la professeure.
Regina descendit sa main sur ses courbes, frottant les vêtements avec régal.
Elle avait tant envie d'elle, elle adorait son délicieux corps, ses regards libidineux, ses mots chuchotés d'une manière si érotique…
Sentant la caresse emplie de désir, Emma comprit que ce n'était plus elle qui menait la danse. Alors elle ne bougea plus et apprécia, attendant avec impatience et délectation que la main trouve sa destination.
Elle crut suffoquer quand elle la définit sur sa hanche, tout près de sa fesse. Emma frémit, puis elle ferma les yeux en mordillant sa lèvre inférieure. Elle n'était pas habituée à ce genre de contact, mais jamais elle n'aurait pensé qu'un simple frôlement lui procurerait autant de sensations. Elle avait l'impression de ressentir la douceur de sa main dans tout son corps.
Emma frissonna une énième fois lorsque les doigts effleurèrent et griffèrent légèrement la peau de ses fesses.
Puis le regard de Regina tomba sur les lèvres entrouvertes face à elle.
Elle se demanda soudainement quel goût elles pouvaient avoir.
Alors elle approcha les siennes lentement. Elle s'avançait tellement calmement qu'elle en devenait impatiente, mais n'accéléra pas.
Les paires de lèvres se frôlèrent et électrisèrent les deux femmes.
Ce fut à cet instant qu'Emma discerna à travers le brouillard de son cerveau des pas qui lui parvenaient de plus en plus clairement.
Elle recula à la dernière seconde pour instaurer une distance plus correcte entre elle et la professeure.
À peine furent-elles séparées qu'apparut l'intruse. Les deux femmes furent tirées de leur monde parallèle à la réalité en un instant.
– Regina ?
La concernée tourna la tête et rougit en voyant sa collègue au seuil de la salle. Elle était désorientée, encore trop absorbée par ce qu'il venait de se produire pour réagir normalement. La nouvelle venue les dévisagea rudement jusqu'à ce que sans un mot ni un regard pour Mademoiselle Swan, Regina marcha jusqu'à la sortie, la jeune femme la suivant de près.
Une fois dehors, l'air frais du mois d'octobre lui fit un drôle d'effet.
Elle revint peu à peu à l'instant présent sans vraiment comprendre ce qu'il s'était passé à l'instant. Lorsqu'elle se rediffusa la scène en tête, elle faillit se retourner vers l'étudiante qui avançait toujours derrière elle.
Elle voulait tellement reprendre là où elles s'étaient arrêtées, c'était injuste…
C'est lorsque Mademoiselle Swan s'éloigna qu'elle réalisa de quelle précaution elle venait de faire preuve en s'écartant considérablement d'elle quand les pas s'étaient rapprochés. Elle se sentit si soulagée qu'elle ait porté beaucoup plus d'attention qu'elle à dissimuler la situation…
Quelques minutes plus tard, Regina revint dans la salle accompagnée des étudiants pour poursuivre le cours. Elle s'installa derrière son bureau en devinant la tension encore présente dans l'air. La professeure en garda les yeux rivés sur sa chaise devant elle en sentant une boule dans sa gorge. Mais des images et des mots lui venaient en mémoire et provoquèrent un rougissement colossal.
Elle aurait bien eu besoin de quelques minutes de relaxation pour évacuer Mademoiselle Swan de ses pensées…
Regina ferma les paupières et se concentra un minimum pour prendre la parole comme lors d'un cours ordinaire, mais la jeune femme ne se sentit pas sereine. Elle était plus ou moins là, articulait des mots, expliquait. Elle savait qu'ils trouvaient un sens, mais elle ne savait pas vraiment lequel.
Elle se rendit assez vite compte que pour une fois, elle ne captait pas l'attention de tout le monde, car sa propre attention était accaparée par une seule étudiante. Son esprit vagabondait loin, découvrant toujours plus le corps qui l'attirait.
Et cette étudiante aussi ne lâchait pas sa professeure des yeux.
Quant à Emma, elle maudissait la professeure d'être entrée dans la pièce au pire moment. Elle avait l'immense chance que Madame Mills ne la repousse pas et elle ne pouvait pas disposer de dix minutes tranquilles avec elle ? Les choses avaient à peine commencé à devenir intéressantes…
Quand la fin du cours arriva, Emma surprit le regard indescriptible que Madame Mills lui partagea. Elle avait l'impression qu'elle était sur le point de la dévorer sans discussion, elle en manqua même de souffle.
Avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit, Madame Mills disparut de sa vue. Emma fut un peu déçue mais sortit de la salle avec un sourire de fierté, la professeure semblait avoir besoin d'un moment pour digérer tout ce qu'il venait de se passer.
Tout le reste de la journée, Emma songea à ces minutes qu'elle avait vécue rien qu'avec sa professeure et à l'excitation qu'elle avait ressentie. C'était idiot de s'attacher à ces souvenirs, elle n'avait aucune idée ce dont Madame Mills en pensait après quelques heures… Elle n'aura probablement que cette frustration qui lui collera à la peau pour ce qu'il lui semblait être l'éternité…
Elle était encore totalement immergée dans cet instant enivrant où elle avait éprouvé une alchimie si puissante avec sa professeure qu'elle croyait la rêver.
Elle sentait toujours délicieusement ses doigts sur elle jusqu'à ce qu'elle s'empourpre fortement en se rappelant la sensation des lèvres de Madame Mills frôlant les siennes.
Emma n'avait pas prévu que ce petit jeu initié par elle-même ce jour-là l'affecte autant.
En début de soirée, Emma retrouva Ruby chez elle. Elles n'étaient pas des habituées des grandes célébrations d'anniversaires mais un petit moment entre elles en ces fameux jours représentait un rituel.
À peine Emma fut installée chez elle que sa meilleure amie lui fit l'effet d'une bouffée d'air frais.
Elle eut même des étoiles dans les yeux quand Ruby lui apporta un magnifique cupcake d'anniversaire fait maison. Cela demeurait un modeste gâteau, mais il n'en paraissait pas moins appétissant. Elle le dévora dès qu'elle eût fini de souffler la bougie et se sentit tellement chanceuse que Ruby sache toujours comment cuisiner son cupcake préféré qui la rendait souvent surexcitée.
– J'ai un petit quelque chose pour toi, annonça son amie avant de revenir avec un sac en papier qui intrigua beaucoup Emma. Je sais que t'as arrêté depuis deux ans, mais qu'au fond de toi tu as envie de reprendre.
La blonde jeta un coup d'œil à Ruby puis l'ouvrit. Elle sortit un bon paquet de feuilles épaisses, deux grands carnets, et découvrit à côté un kit à dessin complet.
– Merci, mais… tu sais que j'ai jamais le temps pour dessiner ?
– Le temps ça se trouve ! Avant ça te détendait toujours de dessiner, surtout dans tes mauvais jours… Tu as besoin de reprendre cette passion Emma. Tu as besoin d'exprimer à nouveau tes émotions à travers tes dessins, insista Ruby qui ne comptait pas abandonner.
– T'as raison. Merci beaucoup, je serai contente d'avoir ça quand j'aurai le temps.
Emma prit son amie dans ses bras avant de regarder le kit de plus près. Elle tenta même de tracer un rapide croquis pour tester ce cadeau.
– Au fait, tu as passé l'après-midi avec Belle toi ?
– Ouais, c'était sympa. On a parlé d'aller au cinéma ensemble la semaine prochaine…
– Oh cool ! Comment tu lui as demandé ?
– C'est pas moi qui lui ai demandé. On parlait de nos films préférés et on a découvert qu'on adorait toutes les deux les Toy Story…
– Et c'est elle qui t'a proposé d'aller voir ensemble le Toy Story qui sort la semaine prochaine ? Et donc j'imagine qu'on va plus le voir ensemble parce que tu veux être seule avec elle ?
– Ouais désolée… On pourra toujours le regarder chez moi un autre jour.
– Tu es pardonné seulement si tu passes un bon moment avec elle.
– Je vais essayer… Je crois que je suis quand même pressée d'y être, sourit Ruby avec un air gêné. Même si je sais très bien qu'elle m'a pas proposé d'aller avec elle en guise de rendez-vous…
– Je suis contente que vous passiez du temps ensemble et que vous vous trouviez des points communs.
Bien qu'un peu embarrassée, Ruby semblait ravie. Elle poursuivit la discussion en changeant de sujet et Emma réalisa que cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait pas pris le temps de passer un moment rien qu'avec Ruby.
Lorsque Regina eut fini sa journée, elle n'eut pas le cœur à rentrer chez elle.
L'instant qu'elle avait partagé avec Mademoiselle Swan avait tourné dans son cerveau sans s'arrêter durant toute la journée… et elle en voulait plus.
Cherchant un peu de distraction, la professeure erra dans Storybrooke. Elle marcha près des terrains de basket, puis à côté du club de danse avant d'apercevoir le café détente. Elle devina quelques gouttes lui atterrir sur le visage, alors sans trop y réfléchir, elle entra dans le bâtiment pour éviter l'averse qui se préparait. Elle méritait bien un instant de repos et de paix…
Elle se dirigea immédiatement vers une étroite pièce réservée aux professeurs. Regina eut le plaisir de n'y trouver personne et ainsi de pouvoir profiter d'un peu de calme en dégustant sa boisson. Elle s'assit sur le canapé d'angle qui entourait trois côtés de la petite table rectangulaire.
La professeure était rarement venue apprécier cet endroit, mais elle se sentit si vite allégée qu'elle se rendit compte qu'elle avait tort de ne pas le faire. Tout autour des grands canapés se situaient de modestes arbustes et cascades artificielles produisant un espace si apaisant. Le tout était éclairé faiblement par des lumières tamisées. C'était une vraie forêt en intérieur rien que pour elle.
En se laissant tomber contre les sièges, Regina s'avoua vaincue : elle avait envie de cette femme. Elle souhaitait la toucher, la découvrir et apprécier son attention de la meilleure des manières.
C'était la fois de trop. Son étudiante avait définitivement éveillé son désir et il n'y avait qu'un moyen pour le faire taire. Et si ce n'était pas avec elle qu'elle s'imaginait le satisfaire, c'était avec quelqu'un d'autre. Mais cette femme était la seule à qui elle faisait plus ou moins confiance pour ce genre de chose.
Mais une toute petite voix en elle l'empêchait encore d'agir.
Regina se demanda un instant d'où elle venait. C'était sans doute cette habitude idiote de rester dans les clous sans jamais se laisser distraire qui parlait…
Elle n'enfreignait jamais ses propres règles. Mais elle reconnaissait que sa vie ne s'était jamais vue autant bouleversée que durant les derniers mois. Elle avait l'impression qu'elle n'avait aucune idée de qui elle était véritablement…
Regina ouvrit son sac et trouva le numéro de l'étudiante. Encore très hésitante, elle envoya un premier message.
Quand son téléphone vibra un seul instant à côté d'elle, Emma jeta un rapide coup d'œil. Mais dès les premiers mots reçus, son attention fut prodigieusement accaparée : le nom de Madame Mills était mis en avant dans la première phrase. Elle semblait lui demander de la rejoindre sur Storybrooke et l'endroit qu'elle lui indiquait la prit un peu de court.
La demande de la professeure la troubla. Elle n'était pas sûre de ce qu'elle lui voulait, malgré que sa requête l'aiguillait assez bien…
Mais cet étonnement ne fut rien en comparaison à la surprise provoquée par la simple arrivée du message, lui prouvant qu'elle avait gardé son numéro.
Emma n'avait pas vraiment envie de quitter Ruby si vite le jour de son anniversaire. Elle ne savait même pas comment justifier son départ précipité…
Au bout d'une bonne vingtaine de minutes, elle sortit de l'appartement. Elle n'avait pas donné de raison pour son départ, mais son amie ne paraissait pas vraiment offusquée et cela rassura Emma. Ruby était une amie curieuse, mais elle reconnaissait les moments où il fallait la laisser respirer.
Emma ne perdit pas de temps et se mit en route, les mains moites. Elle se rendit directement au café détente en râlant de la pluie qui l'accueillit dès son arrivée à son école. Suivant les instructions de la professeure, elle entra dans le bâtiment et franchit une porte qu'elle n'avait jamais vraiment remarquée auparavant. Elle traversait un long couloir lorsque son angoisse intérieure prit le dessus sur le reste.
Elle avait enfin ce qu'elle voulait, mais elle appréhendait. Elle se sentit un peu stupide, elle ne savait plus ce qu'elle désirait… Si elle la rejoignait, elle risquait de mettre en péril sa place à Storybrooke alors qu'elle avait besoin de réussir coûte que coûte dans cette école impitoyable.
Mais Emma pensa aux instants de la journée qu'elle avait passés en compagnie de cette femme et cela réveilla tout son corps, elle ne souhaitait rien de plus qu'un court moment avec elle…
Face à l'entrée de la pièce où Madame Mills se trouvait, Emma leva la main pour toquer, mais s'arrêta en chemin. Elle hésita une dernière fois, pour être sûre et certaine de ce qu'elle voulait. Mais l'étudiante n'eut pas à cogner la porte, car celle-ci s'ouvrit par elle-même et la professeure apparut devant ses yeux.
