J'aime pas ce chapitre mais en même temps si je l'aimais ce serait étrange. Bonne lecture pour cette partie salée !

Désir quand tu nous tiens


La professeure attrapa le poignet d'Emma et la tira à l'intérieur avant de claquer rapidement la porte, ni vu ni connu.

Lorsqu'elle s'avança dans le petit espace, elle essaya de paraitre détendue. Elle relâcha discrètement et lentement sa respiration.

Madame Mills ferma la pièce à clé et se plaça devant elle à distance raisonnable. Elle avait un regard qu'Emma ne connaissait pas.

– Je veux seulement parler, prononça tout bas la professeure.

Alors la blonde se redressa et lui signifia qu'elle avait toute son attention.

– Vous pensez toujours ce que vous m'avez dit il y a deux semaines ?

Regina détesta s'entendre à ce moment et tenta de vider toutes pensées de son cerveau.

– Chaque mot, marmonna Emma en acquiesçant simplement.

Après avoir réalisé que sa propre voix se révélait légèrement rauque, elle se racla la gorge pour enfin interroger à son tour.

– Qu'est-ce que vous attendez de moi ?

– Vous le savez.

Regina avait toujours réfléchi sans arrêt depuis des années… elle se sentait à présent tellement excitée à l'idée de laisser son corps faire ce dont il avait envie.

Emma s'approcha d'un petit pas et vit sa professeure lever la tête avec un air un peu crispé. Elle-même n'était pas vraiment à l'aise.

– Vous voulez reprendre où on s'est arrêté tout à l'heure ? demanda-t-elle avec un sourire qu'elle ne dissimula pas malgré le recul qu'il pouvait provoquer.

Ce fut au tour de Regina d'acquiescer lentement en remarquant ses joues chaudes.

– C'est vous qui décidez, lui rappela Emma.

Elle fut davantage satisfaite face au regard envieux qui la détailla de haut en bas. Elle devinait très facilement à quel point elle était attirée par son corps après l'aperçu qu'elle lui en avait donné les derniers jours. Elle lui offrit un sourire plus réconfortant pendant que la professeure osait enfin s'approcher.

Dès lors, Regina brossa délicieusement ses lèvres contre les siennes.

Emma ne put résister à cette provocation et se jeta sur sa bouche sans retenue.

Dès lors, elle la sentit agripper ses bras pour joindre leurs corps ensemble. Elles envahirent totalement l'espace intime de l'autre en un instant lorsque Emma glissa doucement une main derrière sa nuque.

Dès lors, une vague de chaleur submergea l'étudiante.

Quand Regina se recula, elle devina qu'elle la désirait sans aucune contrainte. Elle se sentait à présent bien plus allégée. Sans hésitation, elle se dirigea vers le fond de la pièce en lui ordonnant de la suivre.

Emma avait l'impression d'avoir une toute nouvelle personne face à elle. Elle était donc parvenue à passer à travers le mur de pierre de sa professeure ?

Elle tremblait presque d'excitation. Elle se demandait ce qui allait arriver maintenant. Cela lui semblait encore impossible qu'elles s'aventurent plus loin même après un baiser qui aurait tendance à mettre le feu aux poudres.

– Ici ? répondit Emma une fois qu'elle eut remis plus ou moins ses pensées en ordre.

Regina l'observa un instant et avec un tout nouveau sourire, s'assit au bord du canapé d'angle sans la lâcher des yeux.

– Quelque chose vous fait peur, Mademoiselle Swan ?

Emma affronta son regard sans gêne. Elle ne savait pas vraiment si elle appréciait ce côté de Madame Mills qu'elle lui dévoilait…

Les deux femmes continuèrent un moment de se dévorer des yeux. Elles réalisaient de plus en plus ce pour quoi elles étaient réunies toutes les deux dans cette pièce exiguë qui sentait étrangement l'odeur de la pluie sur des fleurs d'acacia.

– Je veux vous voir.

Emma sentit sa respiration se bloquer à l'aveu.

Finalement, aucune des deux femmes ne semblait tenir en place, mais elles craignaient qu'une seule parole de trop brise l'instant enivrant.

Regina détailla les pommettes rosies de la blonde, ses yeux à la fois curieux, puis ses lèvres attirantes pendant qu'Emma remarquait l'effervescence de sa professeure.

Voyant Madame Mills rougir, elle afficha un petit sourire excité. Elle avança jusqu'à elle et monta à genou sur le bord du canapé lorsqu'elle se recula pour lui laisser la place. Elle défit doucement les lacets du top-corset dans son dos, mais le garda contre elle.

Le regard de Regina se mit à traduire son excitation, et elle sentit son impatience s'amoindrir. Avec toute la tension accumulée depuis le matin, elle céda et assaillit les lèvres de Mademoiselle Swan.

Elles s'embrassèrent à nouveau en prenant le temps cette fois de découvrir avec attention le goût de l'autre. Elles se familiarisèrent doucement à de nouvelles sensations chaudes et enivrantes et aux odeurs charnelles les entourant.

Progressivement, Emma lâcha son emprise sur son top pour se concentrer sur les baisers de plus en plus érotiques qui étaient entremêlés par de petits gémissements de plaisir.

Mais elle s'arrêta vite pour observer la professeure, réalisant qu'elle était à présent torse nu face à elle.

Celle-ci en profita pour regarder son corps, louchant un moment sur les seins nus à quelques centimètres de sa peau. Ses joues virèrent à une teinte carmin et Emma ne lui laissa pas le temps de refroidir, car elle agrippa sa jupe des deux mains. Elle la fit très lentement descendre avec la claire intention d'attiser le désir de la femme devant elle.

Regina suivit tous ses gestes des yeux et chacun l'immergea un peu plus dans un état profond d'excitation.

Et lorsque la prestation fut terminée, Regina voulut se débarrasser de sa blouse beige. Emma embrassa négligemment sa mâchoire et son cou en lui demandant si elle souhaitait de l'aide et s'exécuta quand elle reçut très clairement positive.

De plus en plus tendue au fur et à mesure que sa peau fut mise à découverte, Regina sentit son cœur partir dans une course folle.

Dévoilant un soutien-gorge blanc à dentelle, Emma ne put s'empêcher d'y garder les mains bien loin, elle caressa délicatement, poussée par l'envie de lui procurer le plus de plaisir. Mais ses touchers se montrèrent vite plus érotiques et précis, emmenant Regina dans un désir plus profond qui la laissa déjà pantelante.

La langue d'Emma trouva soudain la sienne et la fit gémir sans surprise.

Jamais on ne l'avait embrassée avec une telle intensité, l'étudiante accomplissait des miracles avec elle…

Ne pouvant plus s'écarter de la sensation de ses lèvres contre les siennes, Emma se retrouva presque envoûtée par sa professeure. Elle réagit à peine lorsque Regina s'empara de sa main pour la guider. Mais elle attira finalement son attention quand elle trouva la chaleur particulière d'entre ses jambes, par-dessus son pantalon marron clair en accord avec la blouse.

– Ici, soupira Regina de façon quasiment inaudible.

Emma aperçut son regard et put réaliser à quel point elle souhaitait être touchée. Elle n'aurait jamais pensé voir sa professeure ainsi un jour. Mais à ces instants, elles étaient juste deux femmes transportées par la fièvre du moment.

– S'il vous plait.

Alors Emma entreprit de la débarrasser des couches superflues. Elle glissa assez rapidement le pantalon et le laissa sur la table, sans lâcher des yeux les jambes dévoilées. Elle détailla tout ce qu'elle pouvait voir de son corps… ces courbes si séduisantes et si gracieuses… elle lui plaisait bien plus que ce qu'elle avait imaginé…

Elle savait à présent qu'elle pourrait passer des heures entières à découvrir de mille et une manières ce corps.

Madame Mills se mordilla la lèvre inférieure pendant que ses joues prenaient une teinte de rouge carmin. Elle se redressa en allant s'asseoir au fond du canapé au niveau de l'intersection.

– Agissez au lieu de me reluquer, gronda Madame Mills en allant elle-même retirer l'accroche de son soutien-gorge.

Emma s'occupa de l'enlever entièrement pour poser sa bouche sur ses seins. Elle les embrassa, en évitant de s'approcher des tétons érigés dans l'espoir de la taquiner un peu plus. Elle provoqua quelques soupirs pendant que sa professeure se laissait aller, la rendant encore plus satisfaite.

Regina se tortilla dans tous les sens sous les délicates tortures que son étudiante infligea à sa poitrine. Mais elle n'appréciait pas vraiment toute cette attente où la tension s'emmagasinait vite et fort entre ses jambes. Rien que son désir importait en cet instant.

Elle repoussa sa tête pour se lever sur ses genoux et ainsi prendre sa culotte et la glisser sans ménagement. Emma adopta la même position et retrouva ses lèvres langoureusement. Elle effleura de ses mains le ventre, puis celles-ci se dirigèrent vers les hanches pour finir sur les fesses, cette zone qui l'avait tant fait fantasmer. Elle devina la brune en train de se mordiller sa lèvre, pendant qu'elle caressait avec désir la peau dont les poils se dressèrent sous ses doigts.

Regina se tortilla lorsqu'elle sentit une main frôler sa cuisse, remontant dangereusement vers son intimité sans s'arrêter. Elle voulait l'encourager, mais ne trouvait pas les mots pour le faire. Doucement, Emma cajola de bas en haut la vulve, comprenant que sa professeure retenait les premiers gémissements de plaisir qui restaient bloqués dans sa gorge.

Quand elle glissa deux doigts autour du clitoris, elle ne sembla pas capable de masquer sa réaction qui l'enchanta. Elle caressa ensuite deux fois de long en large le sexe déjà humide, ouvrant délicatement les lèvres pour découvrir chaque recoin de celui-ci.

À partir de ce moment-là, la respiration de Regina devint chaotique. Hésitante jusque-là, elle plongea ses mains dans les cheveux de Mademoiselle Swan et s'y agrippa tellement elle se sentit s'envoler. Regina se retrouvait peu à peu à la merci de l'étudiante… Au bout de quelques gentils passages de son pouce sur sa vulve, Regina manqua de souffle.

– Vous voulez que je vous pénètre ?

Emma appuya ensuite doucement un doigt contre son entrée, avant que la brune accentue le contact, désirant clairement être envahie.

– Oui…

– Dites-le-moi.

– Pénétrez-moi. Maintenant. Fort.

Exactement comme la professeure le souhaitait, Emma poussa deux doigts en elle. Elle se redressa d'un coup, la faisant hésiter à continuer de remuer en elle. Mais très vite, ce fut l'autre femme qui bougea sur ses doigts, les insérant et les sortant d'elle.

Emma accentua son mouvement, la forçant à s'agripper à elle pour ne pas chavirer.

Sentir les doigts de Mademoiselle Swan en profondeur en elle, son corps par-dessus le sien, son regard la dévorant, Regina se sentait envahie, et aussi étonnant que cela lui paraissait… elle aimait ça.

Le regard d'Emma erra sur sa poitrine pendant qu'elle s'enfonçait encore et encore en elle. Ses seins étaient si ronds et si parfaits, si accueillants de ses mains… Emma se pencha en avant pour ressentir davantage leur douceur et leur légèreté.

Regina remuait, gémissait, et surtout profitait des mains expertes de la blonde dévouée pendant que cette dernière adorait sentir ses doigts s'engloutir et s'emprisonner dans ce sexe chaud et humide.

Elle amplifia le rythme avec son bassin en ne pouvant empêcher des gémissements de passer la barrière de sa bouche, malgré qu'elle se mordillait la lèvre de temps à autre.

Emma aimait tellement l'instant qu'elle se demanda qui prenait le plus de plaisir. Elle fut si emportée qu'elle ne remarqua pas vraiment le suçon qui se formait tout doucement sur la poitrine, elle suivait seulement les ordres silencieux que lui intimaient les mains qui pressaient sa tête contre elle.

Quand Emma changea légèrement d'inclinaison, le corps ondula contre le sien et les mains se crispèrent dans ses cheveux. Elle essaya immédiatement différents angles avec ses doigts et jugea en fonction des réactions de la professeure ce qui la satisfit le plus. Elle sut parfaitement quel était son avis lorsqu'elle frappa au bon moment sa paume contre son clitoris tout en accélérant un peu le rythme. Son gémissement fut une preuve bien assez suffisante et plut à Emma qui réitéra son geste.

En quelques instants à peine, Regina fut proche de l'orgasme. Lorsque la blonde redoubla d'efforts, Regina atteignit un orgasme qu'elle n'aurait pas pensé survenir aussi fort, aussi rapidement.

Le corps brulant se laissa reposer contre le sien pendant qu'Emma récupérait doucement sa main. Cette dernière n'y croyait pas vraiment, toucher, donner du plaisir à cette femme qui ne semblait vouloir que ça paraissait irréaliste. Mais elle appréciait chaque étape de cette rencontre, chacune d'entre elles la rendait un peu plus envoûtée.

– Asseyez-vous… murmura-t-elle en tirant légèrement ses jambes pour l'aider.

La professeure suivit ses mouvements sans se poser de questions, sans même ouvrir les yeux. La tornade qui venait de passer dans son estomac l'avait toute retournée.

Quand elle fut installée contre le fond du canapé, à l'angle où se trouvaient quelques coussins, Regina regarda enfin la jeune femme seulement vêtue de son tanga.

Elle sut rapidement à cet instant qu'elle ne souhaitait pas s'arrêter là.

L'étudiante sembla le deviner, car elle s'approcha doucement et caressa sensuellement ses lèvres avec sa langue. Ce toucher lui détendit tous ses muscles et la jeune femme se laissa glisser confortablement sur les coussins.

– Est-ce que vous voulez que je fasse pareil entre vos jambes ? l'attisa Emma au bout de ses lèvres.

– Oui, répondit immédiatement Regina, d'une voix qui la surprit.

Ravie, Emma sourit puis après l'avoir taquinée encore un peu, elle l'embrassa langoureusement. Elle se frotta contre son corps et l'autre femme se prit au rythme.

La chaleur de la pièce semblait avoir augmenté de dix degrés. Emma parcourait de ses doigts la chaire brulante de la professeure, et quand sa patience parvint à zéro, elle s'éloigna de ses lèvres. Elle attendit qu'elle ouvre les yeux pour la regarder sérieusement et y voir à quel point elle le voulait.

Puis elle descendit lentement le long de son corps, léchant de temps en temps un bout de peau sensible qui lui passait sous la langue. Au fur et à mesure, elle glissa ses mains sur les cuisses avec l'envie irrésistible de les écarter.

La professeure lui sembla si désireuse après ce qu'elle lui avait déjà fait vivre, et son petit gémissement lui prouva ses pensées lorsqu'elle appuya sur l'intérieur des jambes pour lui laisser la place. Regina s'accrocha fortement aux coussins en sentant son sexe se dévoiler.

Quand elle parvint à poser ses coudes sur le canapé, repas humide devant les yeux, Emma l'observa tout entière, toute nue. Elle ne lui laissa cependant pas le temps de la désirer, car elle sortit la langue pour toucher de son bout les grandes lèvres.

Cette jouissance que lui offrait Mademoiselle Swan était si profonde, Regina se sentait libérée de toutes contraintes. Elle en voulait plus, et ça, l'autre femme n'eut pas de mal à le comprendre.

Avec un sourire amusé, Emma partit embrasser un peu plus haut, tout près de son pubis. Puis elle revint très vite devant la vulve. Elle observa attentivement sa professeure quand ses lèvres touchèrent son intimité.

La femme se crispa, puis elle se mit à découvrir de sa bouche le sexe chaud et gonflé. Sa langue se promena partout, parcourant tous les espaces accessibles pendant que ses yeux détaillaient les mouvements incontrôlés de son corps.

Lorsqu'elle aspira plusieurs fois le clitoris, elle entendit la brune la commander parmi ses gémissements.

Emma sentait la tension s'accumuler entre ses jambes. Sans le maîtriser, elle tenta de se soulager en remuant comme elle pouvait son bassin contre le canapé. Elle aimait tellement ce qu'elle lui faisait qu'elle finit par glisser une main entre son propre corps et le sofa jusqu'à la plonger dans son tanga.

Emma adora s'imprégner de son goût et de son odeur… C'était grâce à ses sens qu'elle savait qu'elle n'était pas dans un rêve, mais c'était aussi grâce à Madame Mills qui était si différente qu'elle n'aurait jamais pu l'imaginer ainsi.

Emma dévora tout ce qu'elle put jusqu'à lui provoquer un nouvel orgasme avec fierté.

Elle se lécha les lèvres marquées par son dernier repas et sourit en regardant sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration rapide.

Emma se releva et décida de laisser un peu de répit à son corps mais continua de vouloir la taquiner gentiment.

– Êtes-vous déçue, Madame Mills ?

Après ces deux intenses moments, Regina se sentait épuisée, aussi bien émotionnellement que physiquement. Elle ignora totalement l'autre femme pendant quelques secondes.

Quand elle se redressa en ouvrant les yeux, elle vit dans ceux de l'étudiante les vestiges du plaisir qu'elle venait de prendre. Elle ne savait pas comment, mais elle semblait si satisfaite, Regina fut alors davantage gênée.

Emma le remarqua vite. Elle ne croisa pas une seule fois de plus son regard et ne regarda pas non plus le reste de son corps encore dévoilé. Elle pouvait facilement deviner qu'elle avait un peu honte malgré qu'elle ait aimé.

Emma se recula et se dépêcha de récupérer ses vêtements. Elle ne se sentait pas du tout à l'aise devant ses yeux, et sa nudité n'arrangeait rien… Madame Mills n'était clairement pas n'importe qui.

Elle devait partir dès maintenant…

Même si une partie d'elle souhaitait rester encore un bon moment en compagnie de cette femme.

Regina ne fit aucun commentaire en la voyant s'éloigner. Dans un silence à la fois agréable et angoissant, elle l'imita sans faire plus attention à elle, bien qu'elle n'était pas encore totalement revenue sur terre.

– Mademoiselle Swan, l'arrêta-t-elle lorsqu'elle s'approcha de la porte.

Emma se tourna vers elle et sut que cette vue de sa professeure resterait longtemps gravée dans sa mémoire.

– Cela ne se reproduira pas.

L'étudiante haussa les sourcils ce qui eut le don d'intriguer Regina.

Emma était convaincue que seul l'avenir pouvait leur dire. Elle salua simplement la professeure pendant que cette dernière lui faisait son regard lui ordonnant d'encore une fois garder le secret, puis elle quitta la pièce.

Une fois dehors, elle respira quelques grands bols d'air frais. Cela refroidit son corps entier qui ne s'était pas vraiment remis de son excitation. Mais elle ne fut pas libérée, les mots que lui avait murmurés la professeure tout près de ses oreilles résonnaient encore en elle.

Malgré que le coin semblait désert, Emma ne s'attarda pas plus.

Regina prit un moment à redevenir elle-même.

L'étudiante s'était montrée si bonne avec elle, si attentive à ses moindres désirs… C'était difficile de réaliser à quel point Mademoiselle Swan avait pris soin d'elle chaque seconde. Sans oublier que beaucoup avait été instinctif entre elles, elles n'avaient vraiment pas eu besoin de mots pour communiquer…

Elle avait vécu de puissants moments grâce à elle, d'une telle intensité que Regina doutait que la sensation de ses orgasmes disparaisse un jour de son corps… Elle n'avait pas été parfaite, loin de là, mais elle avait tellement savouré l'instant.

Regina arrêta rapidement le cours de ses pensées. Elle retrouva son sérieux mais paniqua quand elle remarqua qu'une odeur très particulière envahissait la pièce.

Ce qu'il venait de se passer ici semblait si évident…

Regina rassembla toutes ses affaires et fuit pour enfin rentrer chez elle, ni vu ni connu.

Sur le chemin jusqu'à son appartement, Emma eut un sentiment étrange lorsqu'elle réalisa que ce moment avec Madame Mills venait vraiment d'avoir lieu. Elle avait couché avec cette femme froide qui avait été plus que brulante avec elle, à cause d'elle. L'étudiante sentait que c'était au moment où elle lui avait demandé de la voir qu'elle s'était dévoilée à elle et que tout avait changé… Elle n'avait aucune idée de comment réagir à ça.

La professeure lui avait déclaré que cela ne se reproduirait pas, mais il était clair qu'on ne pouvait être sure de rien avec cette femme… Madame Mills n'avait pas toujours été très honnête avec elle au sujet de ses envies.

Et si cela devait arriver à nouveau, la toucherait-elle davantage ? Peut-être que c'était en exiger trop… Elle avait déjà eu un beau cadeau d'anniversaire, s'il y avait bien quelque chose qu'elle avait appris de son passé d'orpheline, c'est qu'elle devait se réjouir de ce qu'elle avait au lieu d'en demander plus…

Quand Regina se réveilla d'une nuit reposante, elle se sentait revigorée. Elle avait l'impression d'avoir toujours cette sensation agréable entre les jambes et ce brouillard étrange dans tout son corps qu'elle avait senti avec Mademoiselle Swan.

Elle avait étrangement envie de prendre son temps au lit, contrairement à ce dont elle avait l'habitude. Elle n'avait pas été aussi libre et légère depuis des mois…

Regina profita un bon moment de son corps détendu dans les draps de soie. L'air frais de la matinée sur sa peau lui provenant en courant d'air par sa fenêtre entrouverte représentait la cerise sur le gâteau.

Mais une fois sous la douche, la réalité la prit par surprise. Elle avait couché avec une étudiante, le même genre d'étudiant qu'elle méprisait et considérait presque comme des vauriens. Elle avait toujours pensé que cette étudiante, cette Emma Swan, était différente, mais Regina avait décidé de bousculer son train de vie d'une manière qui lui donnait le tournis.

Son récent début de carrière risquait de prendre un sacré coup si cela se faisait savoir mais à présent elle ne pouvait plus revenir en arrière… C'était une bonne chose alors que Regina n'était pas sure de le vouloir vraiment… Laisser son corps entre les mains de Mademoiselle Swan avait été si satisfaisant… Elle n'avait jamais pris autant son pied avant ce soir-là, mais elle n'avait aussi jamais enfreint des règles ainsi. Définitivement, Mademoiselle Swan était un cas à part.

À quinze heures, Emma se mit en route pour le prochain cours en compagnie de Ruby.

– T'es bavarde toi aujourd'hui, lui fit remarquer son amie.

Elle était aussi impatiente qu'angoissée de découvrir le comportement qu'adopterait Madame Mills après leur rendez-vous. Elle doutait qu'il reste le même. Peut-être qu'il s'agirait d'un mélange de nervosité, de gêne et de cette froideur qui ne la quittait jamais — mis à part la veille, le temps de deux orgasmes.

Face à Ruby, Emma évita de parler de ce qu'il s'était passé avec leur professeure. C'était rare qu'elle souhaite garder quelque chose pour elle mais elle sentait que ce n'était pas le bon moment pour lui dire.

La première fois de cette journée qu'Emma vit Madame Mills, celle-ci ne semblait pas faire attention aux étudiants qui entraient dans la pièce. Elle fixait son bureau, feignant clairement chercher une babiole. C'était un comportement habituel lorsqu'elle n'était pas d'humeur et que sa concentration était ailleurs.

Mais durant tout le reste de l'après-midi, elle se révéla plus concentrée qu'Emma. À chacun de ses gestes et de ses phrases, cette dernière se sentait faire un tour dans ses souvenirs de leurs intenses moments. C'était presque… envahissant. Elle ne s'y attendait pas du tout. Alors elle but ses mots en espérant un jour pouvoir demeurer de marbre face à elle.