Très très contente de voir que l'histoire vous plait !
Raison ou désir ?
Durant les jours qui suivirent, Emma répéta les voyages intérieur dans ses souvenirs, n'oubliant ainsi rien des moments passés ensemble. Elle se lasserait bien un jour, mais elle détestait penser autant à elle, elle devait surtout se concentrer sur ses études.
La mission était très loin d'être accomplie : elle passait aussi le reste de son temps à se demander ce que la professeure pensait d'elle. Elle en avait bien une petite idée, mais seulement une fois qu'elle se rappelait son caractère…
Madame Mills l'ignorait le plus possible, et bien qu'Emma n'avait plus vraiment l'ambition de l'approcher, elle aurait bien aimé savoir. Elle gardait dans un coin l'espoir qu'un jour, elle connaîtrait son avis.
Pendant les trois semaines qui suivirent, Regina fit très attention à ce qu'elles ne se retrouvent pas seules toutes les deux. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait pourtant…
Elle construisait sans arrêt des barrières à son désir grandissant, une partie d'elle détestait même Mademoiselle Swan pour lui avoir fait goûter le plaisir interdit…
Mis à part ça, Regina était surprise de remarquer que tout revenait à la normale. Mademoiselle Swan ne tournait plus autour d'elle et personne n'avait le moindre soupçon sur quoi que ce soit. Coucher avec son étudiante semblait n'avoir rien changé à son quotidien, mais elle sentait que cela avait quand même transformé quelque chose en elle.
Un vendredi aux alentours de vingt heures, Regina entrait dans sa voiture sur le parking de Storybrooke après une longue journée. Elle était tellement fatiguée de ces réunions interminables que le directeur leur imposait…
Alors la professeure ne perdit pas de temps pour allumer le moteur. À sa grande surprise, sa manœuvre s'avéra… sans succès.
Elle essaya de démarrer son véhicule une bonne dizaine de fois avant de crier que cette journée n'était vraiment pas la sienne.
Et dire qu'elle comptait passer chez le garagiste la semaine prochaine…
Regina sortit de la voiture furieuse en marmonnant toutes les injures qui lui passaient par la tête.
Cela faisait quelques années que sa voiture lui faisait le coup ainsi. Lorsqu'elle roulait, elle entendait ce son étrange et finissait toujours en panne. On lui avait assuré suite à la réparation que ce souci minime ne surviendrait plus, mais voilà qu'elle tombait à nouveau en panne au pire moment…
Elle ne possédait pas du tout la patience d'appeler un dépanneur à cet instant. Alors priant pour que le problème se révèle vraiment mineur, Regina se résolut à explorer sous le capot. Mais puisqu'elle n'y connaissait rien en mécanique, elle s'obstina un bon quart d'heure à trifouiller sa voiture en s'apitoyant sur son sort.
Elle savait qu'elle devrait chercher de l'aide mais cela serait fini beaucoup plus tôt si elle arrivait enfin à dégoter le souci elle-même.
Regina commença à penser que cette journée était maudite lorsqu'une coccinelle jaune se gara près de la sienne et qu'en sortit une femme qu'elle ne reconnut que trop bien : Mademoiselle Swan.
– Vous avez besoin d'aide ?
– Je crois que vous êtes la dernière personne à qui je demanderais de l'aide aujourd'hui.
– C'est si terrible que ça ?
Voyant l'expression de la professeure qui n'osait même pas la regarder, Emma regretta de s'être arrêtée.
– Écoutez, vous avez l'air d'être là depuis longtemps et aujourd'hui, je suis d'humeur charitable. En plus il est tard, il reste presque plus personne.
Reconnaissant tout de même qu'elle avait besoin d'aide, Regina soupira, indécise. Elle craignait encore finir par coucher avec elle si elle passait ne serait-ce qu'une seconde en compagnie de cette femme. C'était complètement idiot mais elle demeurait nerveuse.
Cependant elle ne pouvait pas refuser. Comme Mademoiselle Swan le lui avait fait remarquer, peu de voitures roulaient dans le coin à cette heure de la soirée et la plupart étaient des étudiants qui ne lui apporteraient probablement jamais leur aide. Et puis elle devait se rende à l'évidence : en un quart d'heure, elle n'avait pas du tout progressé et cette fois-ci, Mademoiselle Swan semblait vraiment n'être qu'une innocente âme charitable.
Regina se décala alors pour lui laisser la place et lui fit signe de s'approcher du capot avec la main. Elle croisa les bras sur son buste et la regarda se concentrer.
– Vous vous y connaissez en voiture au moins ?
– Euh ouais…
Emma était perplexe et n'arriva pas vraiment à se focaliser sur la voiture.
Elle l'avait abordé dans le seul but de gentiment l'aider sans arrière-pensées, pourtant elle avait l'impression que dès qu'elle l'approchait, toute innocence s'envolait. Elle n'osait même pas regarder sa professeure, l'ambiance restait trop étrange après la dernière fois… Elle regrettait d'avoir laissé cette ambiance s'installer entre elles.
– Mademoiselle Swan, rouspéta Regina avec lassitude.
– Pour être honnête, je m'y connais pas trop. Mais ma voiture est aussi un vieux modèle et tombe souvent en panne donc j'ai le coup de main. Je prends soin d'elle moi-même alors je connais quand même quelques trucs. D'ailleurs, étant admiratrice de ce genre de voiture, je trouve la vôtre très belle.
De toute la déclaration de la blonde, la professeure fut davantage surprise du dernier commentaire.
– C'est la seule manière de flirter que vous avez trouvée ? l'accusa durement Regina, si peu séduite.
Emma se tourna vers elle et la regarda dans les yeux pour la convaincre de sa sincérité.
– Mon intention n'était pas de vous draguer. Détendez-vous, je ne vais rien tenter ni faire quoique ce soit qui vous déplaît. En tout cas pour aujourd'hui, ajouta Emma en se retournant vers le capot, marmonnant dans sa barbe.
La professeure recula alors d'un pas en percevant les derniers mots.
– Je le savais, déclara Regina sans empêcher un sourire prétentieux.
– Quoi donc ?
– Vous n'en aviez pas fini avec moi.
Emma cacha vite et discrètement le rougissement qui la prit.
– C'est ce que vous voudriez Madame Mills ? Car pendant ce temps, moi je n'ai fait aucune allusion, et vous voilà qui abordez le sujet…
La professeure ne répondit pas alors au bout de quelques secondes, elle leva les yeux vers elle.
– C'est audacieux comme style de voiture pour une étudiante, lui commenta Regina, avec un signe de la tête en direction du véhicule jaune.
Tout sujet semblait bon à prendre pour éviter de se retrouver déstabilisée par ce regard si perçant.
– Je ne suis pas une étudiante comme les autres, je pensais que vous l'aviez remarqué.
La brune soutint son regard un moment avant de finalement se détacher, surprenant la blonde qui n'avait jamais vu sa professeure détourner le regard en face à face avec quelqu'un.
Alors Emma se tourna complètement vers elle et la dévisagea. Elle réalisa dès lors qu'elle n'avait pas été aussi proche d'elle que depuis le jour de son anniversaire. Ce fut ensuite comme si ce jour était hier.
– Qu'est-ce que vous attendez de moi Madame Mills… murmura-t-elle sans pouvoir détacher les yeux de ses lèvres.
La professeure resta immobile un instant avant de reculer d'un pas et de lui tourner le dos.
Quelle idée idiote d'accepter son aide…
Elle s'appuya contre la portière sans faire plus attention à l'autre femme, voulant la laisser faire pour qu'elle parte le plus vite possible.
Cette distance permit à Emma de se concentrer une fois qu'elle se fut rappelé la raison de sa présence.
Durant plusieurs minutes, Regina jeta quelques coups d'œil aux mains de l'étudiante et finit par admettre qu'elle savait ce qu'elle faisait. Elle ne ressentait pas l'hésitation dans ses gestes, elle était presque impressionnée. Voyant qu'elle n'avait pas de soucis à se faire pour sa voiture, son regard dériva sur le corps de Mademoiselle Swan.
Elle avait encore des souvenirs bien clairs de la vision et de la sensation de ce corps presque nu contre le sien. Regina le parcourut une fois, s'empêchant de trop s'attarder là où il ne fallait pas, puis s'écarta une nouvelle fois de deux pas chassés. Elle évita ensuite de poser les yeux sur cette femme une seule seconde de plus. Mais elle se retrouva obligée d'aller contre sa volonté lorsque l'étudiante lui posa des questions au sujet de la panne.
Emma finit vite par repérer le souci, habituée à le déceler. Celui-ci survenait fréquemment à sa coccinelle. Elle se tourna vers la brune pour la mettre au courant mais celle-ci se trouvait si éloignée, le regard fuyant.
Alors elle se tut et entreprit de résoudre le problème sans attendre. Elle se dirigea vers sa voiture ce qui alerta immédiatement la professeure.
– Qu'est-ce que vous faites ? l'interpella Madame Mills, les bras à présent décroisés et un air déconcerté sur le visage.
– Je ne vous abandonne pas, j'ai besoin de certains trucs pour vous faire rouler à nouveau.
– Vous pouvez m'expliquer ?
Regina s'avouait nerveuse mais pas assez pour ignorer la situation.
– Votre batterie est à plat. C'est aussi simple que ça. Et ça tombe bien, nos voitures se correspondent. Ça va me prendre même pas dix minutes…
Elle acquiesça, un brin plus apaisée que Mademoiselle Swan possède la solution.
Et en un instant, Emma finit sa réparation et Madame Mills soupira de soulagement quand elle entendit sa voiture enfin démarrer.
– Plus de peur que de mal, hein ? commenta la blonde.
Regardant l'étudiante fermer son capot avant de s'occuper du sien, Regina se demanda si elle parlait du problème tout juste résolu ou d'elle qui craignait qu'elle tente de l'approcher.
– Vous pouvez y aller maintenant, annonça Emma en se plaçant près la porte du conducteur pour la brune.
Elle se demandait si elle aurait le droit à un merci. Elle était peu convaincue, c'était en attendre trop de cette femme.
Regina leva les yeux au ciel devant le niveau complètement idiot de galanterie dont fit preuve Mademoiselle Swan.
– Merci pour votre aide, dit-elle rapidement en s'installant sans même la considérer.
Elle prit place tranquillement, et voyant l'étudiante rester près de sa voiture, elle lui accorda un regard.
– Mais vous savez que tout le plaisir est pour moi, lui répondit Emma, ravie de cette nouvelle attention.
– Pas la dernière fois, je crois bien.
Emma fut légèrement déroutée que la professeure cite cette soirée-là de manière aussi détachée. Elle sembla même satisfaite de l'avoir bouche bée.
– Et c'est donc pour ça que vous ne m'avez pas recontacté ?
Regina secoua la tête d'un air ennuyé.
– Au fait, je n'ai pas eu l'occasion de vous remercier pour cette « dernière fois », reprit Emma après réflexion.
– Me remercier ?
– Oh, vous n'étiez pas au courant, mais ce jour-là, c'était mon anniversaire. Et je trouve que vous m'avez fait un incroyable cadeau d'anniversaire.
Regina serra le poing et fronça les sourcils de frustration. Quand l'étudiante s'éloigna d'un petit pas, elle claqua la portière sans ménagement.
Elle avait beau avoir pris son pied avec cette femme, ce n'était vraiment pas une raison pour qu'elle l'apprécie un tant soit peu.
Son air supérieur ne réussissait qu'à la sortir de ses gonds. Elle lui ferait bien effacer son sourire arrogant et la seule option qu'elle envisageait était de l'occuper entre ses jambes…
Sentant qu'elle n'était pas loin de se faire envoyer en pâture, Emma lui souhaita une bonne soirée et rejoignit sa voiture.
Prise dans ses pensées, Regina l'observa entrer dans sa coccinelle jaune et la laisser partir en première. Elle n'hésita pas un instant, impatiente de rentrer chez elle.
Emma ressortit perplexe de cette rencontre. Depuis son anniversaire, c'était le premier moment rien que toutes les deux sans arrière-pensées, et le comportement de la professeure ne la rassurait pas, elle semblait à présent jouer à chaud-froid avec elle. Mais Emma avait l'impression d'avoir avancé avec elle, même si elle ne savait pas dans quelle direction…
Elle avait au moins réussi à communiquer avec elle, elle avait remporté une bataille au bout de laquelle elle ne l'avait pas déçu.
Quand Regina arriva sur son porche, elle réalisa que c'était une des premières fois qu'elle et Mademoiselle Swan avaient échangé une discussion plus ou moins normale entre deux adultes. La blonde était aussi la première étudiante à lui apporter son aide, n'en ayant jamais eu besoin auparavant.
Elle savait que le geste n'était pas totalement désintéressé mais Regina n'avait pas l'impression de s'être fait piéger. Elle se sentait même allégée. Mademoiselle Swan lui avait prouvé qu'elle ne la prenait pas pour un simple objet et la respectait plus qu'elle l'avait imaginé.
Regina ne perçait pas cette femme à jour et ne le ferait probablement jamais mais elle voyait de mieux en mieux quel genre de personne elle était…
Durant les jours d'après, elle se surprit à penser à elle et à ces moments où elle avait été nue devant elle. Elle n'en était pas vraiment gênée comme elle aurait pu le croire, elle avait tout bonnement envie de recommencer.
Le lundi qui suivit, Regina s'installa en fin d'après-midi dans son bureau. Elle était assise bien droite et essayait de travailler, sachant très bien que ce n'était pas pour cette raison qu'elle était venue ici.
Il avait fallu quelques minutes plus tôt qu'elle tende l'oreille lorsque la voix de Mademoiselle Swan lui était parvenue pour entendre ce dont elle avait besoin pour venir dans son bureau.
Cela faisait deux minutes qu'elle regardait ce document vide dans ses mains, rassemblant toutes ses forces pour ne pas lever les yeux devant elle.
Quelle torture…
Elle n'aurait vraiment pas dû découvrir que Mademoiselle Swan comptait faire une séance de sport avec un groupe d'amis sur ce terrain pile devant son bureau.
Regina avait encore mieux perçu les mots suivants : l'entendre dire qu'elle partait se changer pour se mettre à l'aise lui avait porté le coup final.
Elle avait déjà profité de quelques aperçus des biceps fermes et impressionnants mais elle n'avait jamais réellement pris le temps de les apprécier à leur juste valeur.
À présent Regina pouvait reconnaitre qu'elle avait tort. Plusieurs mètres la séparaient de l'étudiante et malgré cette distance, elle pouvait facilement déduire qu'ils la rendaient au moins deux fois plus attirante que ce qu'elle s'imaginait.
Regina sentit vite le rouge lui monter aux oreilles.
Aujourd'hui, sa raison était durement mise à l'épreuve.
Comme une idiote, elle se retrouvait presque excitée au beau milieu de son bureau.
Elle ne savait pas ce qu'il lui arrivait mais apparemment le feu que Mademoiselle Swan avait auparavant allumé ne s'était pas tout à fait éteint, voire pas du tout.
À dix-sept heures trente, Emma prit une pause pour s'hydrater. Jetant un coup d'œil à son téléphone, elle remarqua très vite le nouveau message de sa professeure. Elle voulait la voir dans son bureau, lui précisant en même temps où il se situait.
Elle se raidit avant de se demander comment elle avait deviné qu'elle n'avait pas quitté Storybrooke depuis une heure.
Reprenant une rythme identique à celle de ses amis, elle jeta quelques coups d'œil dans tous les sens avec un air méfiant.
Et quand elle remarqua qu'elle se trouvait à côté du bâtiment qu'elle lui avait indiqué, elle finit par repérer sa professeure derrière les vitres teintées. Emma la vit relever la tête vers elle mais elle fut trop loin pour découvrir correctement son expression.
Sans plus se préoccuper d'elle, elle discuta avec Ruby et finit tranquillement sa séance.
Si Madame Mills souhaitait lui parler, Emma n'allait pas hésiter à se faire désirer.
Regina se languit dans son bureau durant ce qu'il lui sembla une heure entière. Elle commençait à vouloir rentrer chez elle mais ne pas obtenir de réponse la dérangeait encore plus. Elle se sentait ridicule à attendre une étudiante dans ce cadre idiot.
Ce sentiment s'envola immédiatement lorsque l'on toqua allégrement à la porte. Elle se leva, plissa sa jupe, et alla ouvrir elle-même. Plantée devant sa porte, Mary-Margaret lui offrit son grand sourire habituel en guise de salutation.
– Tu travailles ? Désolée de te déranger.
Regina soupira dans sa barbe. Peut-être que Mademoiselle Swan n'avait vraiment pas envie de lui parler.
– De toute façon, j'allais bientôt rentrer chez moi, lui répondit-elle en allant trier son bureau. Tu souhaitais me voir ?
– Oui. Je me demandais si tu voulais venir avec moi au petit concert de jazz qui se joue au bâtiment quatre dans trois semaines. J'ai besoin de sortir, en ce moment, les enfants carburent…
– Pourquoi pas. Je verrai si je suis…
Regina s'interrompit quand des pas discrets lui parvinrent du couloir et qu'elle reconnut la silhouette de Mademoiselle Swan devant la porte entrouverte.
– Je verrai si je suis disponible ce soir-là. Je te confirmerai demain pour qu'on puisse s'organiser.
Sa collègue répliqua avec enjouement en citant son mari mais elle ne fut pas assez concentrée pour suivre.
– Bon, je vais y aller. Bonne soirée ! finit Mary-Margaret avant de tourner les talons.
Son amie quitta le bureau juste après sa réponse, laissant Emma s'approcher de l'entrée.
Seule avec sa professeure, elle arriva à peine à sortir de son autre dimension. Madame Mills ne semblait pas encore faire attention à elle, elle feignait même ne pas l'avoir remarqué.
Poussée par sa curiosité, elle revint un peu à la réalité.
– Bonsoir Madame Mills.
Regina, qui s'autorisa enfin à porter attention à l'étudiante, sourit discrètement face au regard curieux qui parcourut son corps.
– Bonsoir Mademoiselle Swan.
Emma aurait voulu figer l'instant pendant plusieurs heures, plongée dans ce regard malicieux qui lui avait manqué, puis elle se demanda ce qu'elle faisait là. Un des nombreux regards électrisants eut lieu, leurs yeux essayant de cacher leur trouble ne pouvant l'empêcher.
– Ça fait plus d'une demi-heure que je vous ai demandé de venir, affirma Regina avant de se redresser. Vous vous moquez de moi, j'imagine ? Vous devriez savoir que lorsqu'un de vos professeurs vous demande de le rejoindre dans son bureau, vous le faites dans les moindres délais.
Le regard d'Emma détaillait toujours son corps, ce qui avait le don de la réchauffer par vague de frisson.
– Eh bien, quelqu'un est frustré… marmonna-t-elle dans sa barbe avant de lui répondre plus clairement. Je ne crois pas que ce soit en rapport avec votre statut de professeure que vous m'ayez demandé de venir ici.
C'était difficile de réfléchir quand cette femme avait laissé un décolleté vertigineux après avoir enlevé sa veste, transformant sa tenue dans des ambiances plus aguichantes.
D'ordinaire, Regina appréciait quand on lui tenait tête, elle prenait cela comme un défi. Mais elle ne prêta pas vraiment attention à sa réponse car elle réalisa à cet instant sa tenue. Et que cette dernière faisait clairement effet sur l'étudiante.
Rougissant, elle empoigna son poignet pour la faire entrer dans le bureau et pouvoir fermer la porte. Puis elle la plaqua immédiatement à celle-ci.
Regina sourit diaboliquement quand le faible gémissement de l'étudiante lui parvint. Elle la relâcha et essaya de juger l'état plus ou moins fonctionnel de son cerveau après ces quelques mouvements.
Cela paraissait faire une éternité qu'elle n'avait pas rendu Mademoiselle Swan dans cet état.
Une succession d'explosion de sensation traversa Emma. Elle n'avait jamais vu Madame Mills aussi provocante.
La professeure s'approcha d'elle lentement par petits pas. Un interminable instant passa durant lequel elle fut presque intimidée, puis la brune reprit enfin la parole.
– Votre attitude ne me plait pas.
Ces mots ne parurent pas surprendre l'étudiante. Elle sembla même plus à l'aise, croisant les bras sans lâcher ses yeux, elle s'avança vers elle à son tour. Regina leva le menton pour mieux faire face à son étudiante qui la regardait comme si elle était n'importe qui.
Malgré elle, elle était enchantée de ce rapprochement. Elle soupira, cette situation se révélait très dangereuse mais lui procurait tant de satisfaction. Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir excitée. C'était dur de ne pas l'être en cet instant. Sans réfléchir, et poussée par ses envies, elle s'avoua vaincue.
– Madame Mills, mot pour mot, vous m'aviez dit, « cela ne se reproduira pas ».
– Je croyais que vous étiez assez grande pour savoir qu'il ne faut pas croire tout ce que vous entendez.
– Je vois…
Emma savait déjà qu'elle ferait un franc succès si elle travaillait dans la politique mais elle venait à présent d'avoir la confirmation…
La professeure adoptait un ton et une posture assurée mais elle ne l'avait pas trouvée aussi troublée depuis si longtemps.
Regina balada ses yeux sur elle et soutint son regard intensément braqué sur elle.
– Alors ?
– Je vous envoie dans moins d'une heure une adresse et une heure de la soirée. Vous pourrez m'y retrouver ?
– Si vous le demandez si gentiment… se moqua Emma pour le manque de tact de la professeure.
Cette dernière sentit sa patience s'amoindrir encore un peu, une chose dont elle ne croyait plus possible avec cette femme… Elle allait tout annuler quand la blonde reprit la parole, cette fois sérieusement.
– Si c'est pas trop loin et pas trop tard, je serai là.
Regina fut secrètement soulagée. L'étudiante ne semblait pas totalement la prendre pour une imbécile.
– Ne soyez pas en retard, s'il vous plait.
Emma savait que la ponctualité était très chère à sa professeure, mais elle n'imaginait pas que ce serait au point qu'elle lui adresse son premier signe de politesse.
– Vous pouvez y aller maintenant.
Emma voulut commenter le changement de comportement de la professeure mais se retint de justesse. Elle réalisait très bien que la confiance qu'elle plaçait en elle s'avérait encore précaire.
Alors elle s'exécuta, bien trop satisfaite du résultat de cette visite. En entrant dans cette salle, elle ne s'était pas du tout attendue à ressortir avec un rendez-vous, elle ne pouvait être plus que joyeuse d'en avoir un.
Une fois l'étudiante hors de sa vue, Regina s'assit et croisa les jambes pour se calmer. Elle ferma les yeux en prenant conscience de son comportement capricieux et ridicule.
Elle avait tant bien que mal essayé de rester raisonnable, mais cela semblait devenir plus fort qu'elle…
Elle avait invité Mademoiselle Swan de sa propre initiative, et étonnamment, elle ne se sentait pas gênée, pas comme la dernière fois. Et puis elle avait gardé le contrôle, elle ne considérait pas cette invitation comme un échec face à sa promesse envers elle-même… Elle n'avait pas cédé à proprement parler à la blonde.
Mais le fond du problème n'était pas résolu, le désir de Regina était toujours présent. Elle avait envie de Mademoiselle Swan et elle ne savait pas comment s'y prendre pour faire disparaitre ce désir. Pour l'instant, elle avait les choses en main, mais qu'arriverait-il si elle perdait le contrôle ?
