Bonne lecture ;)

Une seule règle d'or


Emma rentra à son appartement mais ne put se résoudre à se concentrer sur ce qu'elle faisait. Elle regardait son téléphone toutes les deux minutes, guettant le message que la professeure lui avait promis d'envoyer.

L'impatience et l'excitation sous toutes ses formes possédaient son corps entier. Ce serait mentir de dire qu'en l'espace de ces quelques heures elle n'avait pas imaginé la deuxième fois où elle lui ferait prendre à nouveau son pied…

Ce fut à dix-neuf heures qu'elle reçut le fameux texto. Ce dernier lui indiquait un lieu à un peu plus de dix kilomètres en voiture, ainsi qu'une heure : vingt heures pétantes.

Emma découvrit vite le site de l'adresse : elle trouva un bâtiment de taille moyenne qu'elle n'avait jamais remarqué avant... Il se situait près de la sortie de la ville, dans un lieu où les passages demeuraient rares et les habitations nombreuses.

Pour l'instant, elle n'en savait pas grand-chose et espérait que la professeure lui expliquerait son choix une fois sur place…

Emma lui confirma rapidement sa venue et put enfin détacher son regard de son téléphone plus de cinq minutes.

Lorsqu'elle se mit en route, elle avait la boule au ventre mais restait impatiente. Elle partit bien évidemment en avance cette fois-ci.

Dès qu'elle se retrouva devant la façade plutôt imposante sur laquelle elle lut « Helios », Emma se redressa. Elle pénétra le bâtiment et reconnut Madame Mills qui semblait l'attendre dans l'entrée.

– Bien, vous êtes en avance. Suivez-moi.

La professeure ne perdit pas une seconde et se mit en route dans les couloirs.

– Vous pouvez me dire où on est Madame Mills ?

– Un endroit où nous pourrons être tranquilles.

– Comment vous avez obtenu l'accès ?

– Ça, ça ne vous regarde pas, lui répondit-elle sèchement en appelant un ascenseur.

Le regard noir incita Regina à en dire plus. Elle voulait éviter à tout prix de lui dévoiler des informations sur elle, mais elle pouvait tout à fait comprendre que son étudiante ait besoin de savoir qu'elle se trouvait en sécurité.

– Un proche possède une chambre dans ce bâtiment qu'il utilise durant ses voyages d'affaires. Il a accepté que je l'emprunte ce soir… céda Regina avant d'entrer dans l'ascenseur et d'appuyer sur le quatrième étage.

– Donc c'est un immeuble ou un hôtel ?

– C'est quelque part entre un hôtel et un immeuble d'habitation.

– On va dire ça... C'est très curieux de votre part de m'inviter dans cet endroit pour une partie de jambes en l'air.

– Vous rêvez si vous croyez que je vais vous inviter chez moi.

– Je comprends que Sa Majesté n'oserait pas accepter une simple servante dans son palais royal…

– Vous avez fini votre cinéma ?

– Ouaip. En fait je voulais dire que c'est curieux que vous m'invitiez tout court.

La professeure ne lui répondit pas et Emma devina qu'elle était au bord des nerfs. Elle se tut donc et les deux femmes arrivèrent très vite dans la chambre quarante-deux.

Regina avait eu tellement de mal à se procurer la carte magnétique de cette porte qu'elle espérait si fort ne pas regretter ses efforts. Et ce sentiment de honte d'utiliser ses ressources et ses contacts pour un tel but ne la quittait jamais… Elle se sentait si capricieuse…

Et pourtant elle savait que cela valait le coup. Et si ces rendez-vous continuaient ainsi, elle préférait rester discrète.

Regina se débarrassa tranquillement de ses affaires pendant que l'étudiante découvrait la pièce.

C'était une chambre fonctionnelle et très sobre. Emma ne s'y sentait pas particulièrement à l'aise mais lorsque la professeure se tourna vers elle et s'approcha, elle ne pensa plus qu'à la raison de leur présence. La brune le remarqua clairement, elle afficha ce petit air satisfait qu'elle n'avait jamais aimé. Elle roula des yeux avant d'aller effacer son sourire avec ses lèvres.

Elle gémit lorsqu'elle retrouva ce gout tant apprécié et la sensation qui la prenait chaque fois que Madame Mills l'embrassait. La professeure s'avança vers le lit d'une démarche si particulière que la mâchoire d'Emma en tomba. Cette dernière retira sa veste aussi vite que si elle la brulait.

Regina s'allongea à moitié, réclamant clairement son attention, telle une vraie princesse de l'oreiller. Elle resta appuyée sur ses coudes et ne lâcha plus la jeune femme des yeux. Elle avait tant envie de la sentir à nouveau par-dessus elle…

Elle sembla réaliser son vœu car elle réduit la distance qui les séparait et l'embrassa encore, prenant pleinement place au-dessus d'elle. Lorsqu'elle s'éloigna de ses lèvres pour se concentrer à enlever les vêtements superficiels, la blonde l'aida immédiatement, et Regina décida finalement de la laisser faire et d'apprécier le moment.

Elle se plongea plutôt dans son imagination, cherchant tout ce que cette femme lui réservait pour lui faire vivre de nouveaux instants lascifs. Alors, des idées intrusives qu'elle n'avait jamais osé penser firent irruption dans son esprit.

Regina eut le regard brillant quand elle ouvrit les yeux et les posa sur le corps près d'elle.

Elle aimait les femmes, elle n'en avait aucun doute. Leur sensualité, leur féminité, leur sensibilité, leurs formes rondes et moelleuses… tout était si attirant chez elles. Une œuvre d'art.

Regina comptait bien profiter des femmes un bon moment, en particulier celle qui s'avérait appétissante face à elle.

Encore plus fiévreuse, elle reprit possession des lèvres de l'étudiante. Elle fit en sorte que Mademoiselle Swan se retrouve au plus proche d'elle entre ses jambes. Mais cela ne la satisfit que quelques secondes. À présent, elle la voulait nue sur elle. Alors elle ne se gêna pas pour retirer toutes les couches en trop et dévorer son corps du regard. Elle ne pouvait s'en empêcher. Elle admirait ce corps délicat et sexy qui l'avait toujours excitée.

Emma sourit en remarquant que c'était la première fois que sa professeure ne se dérangeait pas pour le contempler.

Elles s'embrassèrent de longues minutes, renonçant à respirer, faisant progressivement disparaitre tous les vêtements restants, leur laissant seulement la culotte. Les mains de la blonde finirent par trouver leur place près de la poitrine de Regina puis elle partit à la découverte de son cou lorsque la brune lui capitula l'espace.

Devinant des doigts plonger dans ses cheveux clairs, Emma se sentit soudain tellement à l'aise qu'une main s'aventura ensuite entre ses jambes pour se poser sur le haut de sa cuisse nue avant que l'étudiante retrouve sa bouche. Elle exerça une petite pression et observa sa professeure frissonner d'envie. Sur la bonne voie, elle continua de l'embrasser jusqu'à manquer de souffle, elle caressa son corps sans oublier une parcelle de peau.

Soudain Emma la surprit en faisant glisser sa cuisse entre les siennes. Elle sourit lorsqu'elle aperçut le corps de Madame Mills se courber contre cette cuisse et les yeux rouler dans leurs orbites.

Tout s'accéléra une fois qu'Emma entendit des gémissements qui lui demandaient clairement plus. Elle lui enleva sa culotte et voyant à quel point elle s'avérait humide, elle la pénétra immédiatement.

Durant les minutes qui suivirent, Regina perdit le contrôle sur son corps. Mademoiselle Swan semblait parfaitement savoir comment prendre soin d'elle, elle l'amena à l'orgasme exactement comme elle voulut à en croire son sourire satisfait.

Emma adorait la contempler et l'écouter prendre son pied à cause d'elle. Cela la rendait de plus en plus excitée et désireuse d'être touchée.

Lorsque le corps fatigué arrêta de s'agiter après un dernier orgasme, l'étudiante s'allongea à côté d'elle et la regarda, les yeux toujours clos, l'air plutôt paisible.

Puis elle eut une idée. Emma savait que cette idée allait très vite la ronger si elle y résistait.

Alors, pendant que l'autre femme récupérait son souffle, elle retira sa culotte tachée délicatement et en profita pour faire de même avec son soutien-gorge. Elle glissa délicieusement ses mains sur les hanches de la brune qui ouvrit les yeux.

Ce qu'elle vit sembla avoir beaucoup d'effet sur elle, en témoignant son hoquet de surprise et d'envie. Elle accueillit avec plaisir ses lèvres sur les siennes, ce qui rassura Emma quant à la suite de ses idées. Elle s'assit sur ses hanches et la vit rougir fort d'un seul coup lorsqu'elle appuya son entre-jambes sur elle.

Emma sourit, c'était probablement la première fois qu'elle détenait l'entière attention de la professeure. Elle se pencha jusqu'en haut de sa joue, près de sa tempe.

– Vous voulez me sentir encore plus ? demanda-t-elle avec une voix lascive.

La brune hocha la tête en gémissant. Pourtant, en s'installant bien entre les jambes séparées, Emma eut une légère hésitation.

Elle n'avait jamais réalisé ce qu'elle avait en tête et appréhendait un peu. Fiévreuse, elle écarta une de ses cuisses et la passa au-dessus de l'aine de la professeure. Elle scruta immédiatement son visage et vit sa tête s'enfoncer dans l'oreiller au fur et à mesure qu'Emma mit en contact leur sexe. Et quand elle commença à glisser doucement contre elle, elle ouvrit les yeux.

Au regard qu'elle portait sur elle, la blonde sut que cela lui plaisait bien plus que tout ce qu'elles avaient pu faire jusqu'à présent.

C'en était de même pour Emma, sentir cette vulve qu'elle avait pas mal visitée contre son endroit le plus intime était délicieux. Et deviner leur humidité respective se mélanger était vraiment excitant.

Elle n'allait pas pouvoir tenir bien longtemps tellement son sexe s'embrasait au contact de l'autre corps qui semblait également au bord de son excitation. Elle n'allait même pas vite ni fort, mais c'était déjà beaucoup pour leur état.

Regina était perdue entre son plaisir et son cœur qui voulait sortir de sa cage. Elle trouva tout de même la force de bouger ses hanches contre l'étudiante. Le premier mouvement lui envoya une décharge dans son bas ventre qui la fit frémir.

Elle ferma les yeux et ressentit son estomac se retourner quand elle perçut les plis et replis de la vulve au-dessus du sien. Elle avait envie d'insinuer la main contre et les doigts entre eux et devina chacun de leurs détails. Mais elle ne pouvait vraiment pas s'arrêter maintenant.

Elle regarda attentivement le corps face à elle et elle se sentit encore plus rouge en dévisageant ses cuisses et les hanches nues contre les siennes.

Oh. Merde.

C'était bien mieux que ce qu'elle avait imaginé avec cette femme.

L'étudiante semblait presque soulagée, comme si le désir était resté trop longtemps coincé entre ses jambes. Et quand elle remarquait à quel point elles glissaient grâce à l'humidité, elle ne se doutait pas que c'était en grosse partie à cause d'elle.

Elle posa ses mains sur ses cuisses et observa son visage déformé par le plaisir. Et d'un coup, la cadence de ses mouvements diminua d'intensité. Regina attribua cette perte de contrôle à l'approche d'un orgasme. Elle redoubla alors d'efforts pour garder un certain rythme, s'aidant de ses bras pour redresser un peu son bassin afin de mieux sentir son sexe.

– Venez avec moi, ordonna-t-elle d'une voix rauque.

Le concentration dont la jeune femme faisait preuve étonna la principale concernée.

– Oui madame Mills, sourit Emma avec amusement.

Regina apprécia entendre les gémissements jusqu'ici très discrets augmenter en nombre. Elle la regarda obtenir un orgasme impressionnant avant de la rejoindre quelques secondes après. L'étudiante ralentit progressivement et elle s'allongea comme une masse à côté d'elle.

Regina mit du temps à retrouver ses esprits cette fois-ci. Cet orgasme allait lui rester longtemps en mémoire… Ce qu'elles venaient de réaliser maintenant… était si bon que Regina savait qu'elle ne pourrait pas s'en passer. Et elle ne s'y était vraiment pas attendue.

Cette sensation… C'était jouissif. Prenant.

C'était comme un bal féminin, gracieux et suave. Tout simplement exquis.

Mais alors comment avait-elle pu passer à côté de ce plaisir ? Et surtout, lui restait-il plus à découvrir ?

Troublée par toutes ces sensations et ces questions provoquées par cette femme, Regina ne put s'empêcher de l'observer, ou plus sincèrement de la reluquer alors qu'elle était presque nue. Elle secoua la tête quand elle reprit ses esprits. Elle ne s'était jamais imaginé faire ça avant, et ce n'était pas le moment.

Emma lâcha un profond soupir de satisfaction. Cela s'était avéré une expérience plus agréable que ce qu'elle avait pu penser et sa professeure ne semblait pas contre cet avis.

– Je vais avoir besoin que vous respectiez certaines règles, affirma la brune avec une voix dure.

Emma ouvrit les yeux et tourna la tête vers elle, attendant qu'elle développe son idée.

– Nous ne pouvons pas coucher ensemble sans être sur la même longueur d'onde, expliqua Regina en s'asseyant au bord du lit, dos à la jeune femme.

– Vous voulez d'autre fois ? interpréta Emma avec surprise.

Regina ne souhaitait pas avouer qu'au fond d'elle, elle prévoyait déjà la prochaine soirée. Mais elle redoutait ce à quoi elle ressemblerait, elle craignait les jours à venir et ce à quoi tous les rendez-vous qu'elle désirait vivre ressembleraient.

Elle éluda la question en se redressant. Elle ne pouvait vraiment pas être prise au sérieux si elle restait avachie sur ce lit à moitié couverte.

– Je vais avoir besoin d'avoir un minimum de confiance en vous.

– Je pensais qu'on avait résolu ce souci…

– Et pour cela, j'aurai besoin que vous respectiez ce que je vais vous demander. À commencer par ne jamais parler à quelqu'un de nos rendez-vous, de ce qu'on y fait, ou de moi, déclara Regina autoritairement pour être la plus claire. Pas de mention de mon nom qui sorte de l'ordinaire. Ni à des amis, ni à votre famille, ni à votre meilleure amie, ni à un inconnu. A per-sonne.

– Je vois. Il y en a combien comme ça ?

– Encore cinq, Mademoiselle Swan. Deuxièmement, il faut que l'on soit toujours sincère l'une avec l'autre, reprit la professeure qui avait parfaitement récupéré son rôle. Je ne veux pas de mensonge, même par omission. Vous ne me cachez rien qui pourrait me concerner, que ce soit de près ou de loin.

Emma écarquillait les yeux en suivant avec le discours débité. Les lèvres qui bougeaient et formaient probablement des phrases avec ce ton qui faisait chaque fois trembler Emma rendaient la mission difficile, très difficile. Il ne lui manquait plus que ses lunettes sur le nez pour se transformer en la professeure sexy qu'elle aimait souvent regarder.

– Troisièmement, le respect entre nous n'est pas à négliger. La moindre des choses est que nous nous respections. Et si je vous fais confiance… faites en sorte que je ne regrette pas.

Ce fut quand elle cita le terme respect qu'Emma reprit le fil de ses déclarations. La professeure semblait si sérieuse, elle pouvait au moins essayer de la suivre…

– Quatrièmement, lors des rendez-vous, vous m'obéissez et vous m'écoutez. C'est le seul moyen pour qu'il n'y ait pas d'erreur commise.

– Vous avez passé combien de temps à penser à ces règles ?

– Et cinquièmement, rien ne se passe à l'extérieur des rendez-vous. On ne se touche pas, on ne se parle pas, on ne se regarde pas. Si je remarque une seule erreur, même si ce fut l'espace d'une demi-seconde, j'arrêterai immédiatement ces rendez-vous. Est-ce bien clair ? J'espère qu'il n'y a rien d'autre à ajouter car vous possédez l'intelligence de le comprendre…

– Vous avez fini ?

D'une manière que Regina trouva très puérile, l'étudiante soupira exagérément.

– Mademoiselle Swan, s'impatienta la professeure.

– Je sais ce que je fais. Je suis adulte si vous ne l'aviez pas remarqué. J'ai peut-être l'air d'une imbécile de votre point de vue, mais je sais très bien ce que je fais ! Je ne suis pas venue ici pour me faire insulter ! Et je ne suis pas non plus un petit chien qui suit docilement son maitre ! Vous me prenez pour qui sérieusement ?

Choquée par le discours de son étudiante, Regina eut besoin de quelques secondes pour trouver quoi dire. Cependant Mademoiselle Swan ne la laissa pas parler. Elle se leva d'un coup et chercha à rassembler ses vêtements.

– Vous avez vraiment des soucis de confiance Madame Mills. Et c'est pas n'importe qui qui vous le dit ! Non, je ne vais rien dire sur vous, je pensais qu'on avait dépassé ce stade ! Je ne vous mentirai pas, je ne l'ai jamais fait, je vous respecte en tant que professeure et également en tant que personne, je vous obéirai seulement si j'en ai envie, et je crois que j'ai toujours été discrète avec vous !

Emma fut la première surprise de se rappeler tous les principes dont la professeure — qui restait presque bouche bée et immobile devant elle — lui avait parlé.

– Maintenant, vous avez posé vos règles et je vous ai dit ce que j'en pensais. Alors passons à ce que MOI j'aimerais que vous fassiez pour moi. Enfin seulement si mon avis vous intéresse parce que j'ai l'impression que ce n'est vraiment pas le cas…

Emma prit une pause. Elle n'avait même pas réfléchi à des principes qu'elle voulait établir avec sa professeure, pourtant ces mots étaient sortis de sa bouche…

– En fait, c'est qu'une seule. J'ai qu'une seule règle. Appelons là la règle d'or.

Couvert par simplement ses sous-vêtements, Emma s'approcha de la jeune femme qui n'était pas plus habillée qu'elle.

Prenons du plaisir, déclara-t-elle sur le bout de la langue.

La professeure frissonna en sentant les mots soufflés sur ses lèvres. Elle le remarqua très bien à cet instant mais choisit de faire comme si de rien n'était.

– Si vous vous laissez aller de temps en temps, ça ne vous fera que du bien vous savez ? enchaina-t-elle pour essayer de la sortir de sa léthargie.

Elle ne réagit toujours pas alors Emma se détourna avant d'essayer d'arranger ses longs cheveux avec agacement, se préparant à un énième reproche cinglant après un silence de torture. Mais Madame Mills resta silencieuse, et ce fut si étrange qu'Emma se retourna vers elle d'un air inquiet. Elle ne semblait pas l'avoir lâché des yeux et gardait une expression indéchiffrable.

Regina ne savait pas vraiment si elle pouvait faire confiance à Mademoiselle Swan, mais quelque chose lui disait qu'elle pouvait au moins tenter.

– Très bien, glissa la professeure comme si elle était à bout de souffle.

– Très bien ?

– Très bien.

Emma haussa les sourcils et se détourna.

Regina se racla la gorge mais ne se redressa pas. Elle hésita sur quoi dire à cet instant et finit par rougir en n'osant plus émettre le moindre mot. Alors Emma le fit pour elle.

– Alors vous comptez nous faire revenir ici les prochaines fois ? lui demanda l'étudiante en se glissant dans son jean.

– J'aimerais mais ce n'est pas sûr…

– Ça me plairait. Quoique je ne sais pas si je supporterai votre comportement très longtemps…

– Vous aussi n'êtes pas facile, Mademoiselle Swan.

Emma leva les yeux au ciel en mettant sa veste.

– Bon il est tard, désolée de pas vous attendre mais il y a mon lit qui m'appelle. Bonne fin de soirée, Madame Mills, glissa Emma plus par politesse qu'autre chose.

La blonde n'attendit pas de réponse et sortit de la pièce. Regina la trouva un peu froissée mais n'y en tint pas vraiment compte. Cela lui passerait…

Quand elle fut habillée, la professeure s'assit au bord du lit en soupirant. Elle cherchait la force de rentrer chez elle après tout ce qu'il venait de se réaliser dans cette pièce.

Regina n'aurait pas imaginé qu'elle se sente encore plus différente que la première fois. Pourtant, en s'installant dans son canapé enfin chez elle, elle en frissonnait toujours…

Elle avouerait presque commencer à se sentir à l'aise en compagnie de cette femme. Ce n'était clairement pas au point de lui parler de ses moindres soucis privés mais tout de même, c'était un début inattendu.

En trois semaines, Emma n'eut aucune nouvelles de Madame Mills, ni même un regard. Trois semaines lui paraissait si long… et si court à la fois. Il ne lui fallut pas plus que ce laps de temps pour regretter cette vilaine habitude d'écouter aux portes. Elle ne parvenait pas à oublier que ce soir, sa professeure avait prévu de sortir à Storybrooke. Et même si Emma passait la journée avec Ruby, concentrée sur des révisions pour les quelques jours d'examens à venir, l'information ne quittait pas son cerveau.

En début de soirée, Ruby insista pour aller rejoindre Belle à Storybrooke. Emma vit rouge, elle tenta de se défiler. Se connaissant, ses pieds lui feraient faux bond et la mèneraient jusqu'à la professeure. Et celle-ci n'apprécierait certainement pas de se sentir espionnée…

Mais Ruby n'était pas n'importe qui. Elle emmena Emma en prétextant qu'après une journée aussi sérieuse, c'était leur « devoir » de s'amuser un peu.

Mais Emma obtint tout de même une petite victoire : Ruby accepta qu'elles prennent sa voiture jaune. C'est lorsqu'elle se gara que son amie lui annonça qu'elle se dirigeait vers le bâtiment six. Et donc qu'elles feraient le tour du bâtiment quatre. Ses souvenirs étaient flous — pas étonnant considérant ce qu'il s'était produit par la suite — mais il lui semblait que c'était dans ce bâtiment que Madame Mills se trouvait…

– Aller ! Tu viens ou tu vas rester planté là ? lui lança Ruby, quelques mètres

devant.

Lorsqu'elle passa devant l'entrée, elle se sentit à la fois si proche et si loin de la professeure. Emma secoua la tête pour oublier cette femme et demanda à Ruby qui exactement elles rejoignaient.

Ce ne fut pas une distraction très efficace, bien que la brune enchaîna en parlant de Belle et Killian. À propos de quelque chose comme un double rendez-vous au restaurant. Cela troubla Emma en surface mais elle n'y réfléchit pas plus que ça.

Puis Ruby perdit la majorité de son attention pour elle pour la centrer sur Belle qui sembla plus préoccupée qu'Emma à ce qu'elle disait. La blonde se tira une chaise et s'affala face à ses amis.

– On a passé tout l'aprèm ici, on bouge ?

– Tu veux aller où ?

– Je sais pas mais dans un endroit où on pourra s'amuser un peu avant de rentrer… Franchement j'ai l'impression qu'on s'amuse jamais ici et qu'on travaille tout le temps !

Emma se redressa sur sa chaise quand elle remarqua la perche tendue.

– J'ai vu qu'il y avait un petit concert au bâtiment quatre si vous voulez… lança-t-elle innocemment.

En fin de compte, la trouver à ce concert en bouchera surement un coin à Madame Mills…

L'idée fut vite adoptée et en un instant, ils furent en route pour le bâtiment adjacent.

Lorsqu'ils entrèrent dans la grande salle abritant l'événement de la soirée, Emma fut surprise par le peu de monde présent. C'était telle qu'elle s'attendait à apercevoir la professeure à chaque instant, si bien sûr elle ne l'avait pas raté. Ce ne fut pas le cas jusqu'à ce que ses amis requirent son attention, et contrairement à Regina qui la vit au bout d'un seul instant. Ses yeux ne quittèrent alors pas la silhouette délicieuse. Elle le dut bien pour s'assurer que son esprit ne lui jouait pas des tours.

Qu'est-ce qu'elle faisait là ?

À peine Emma se fut assise qu'elle se retrouva face à Killian qui semblait la dévisager depuis quelques minutes déjà. Les tables étant trop petites, Ruby s'installa à celle de derrière avec Belle.

Et dire qu'ils étaient étudiants dans une école comme Storybrooke et qu'ils manquaient d'espace et de mobilier convenables…

Emma discuta un moment avec Killian mais lui faussa vite compagnie. Elle scruta la pièce du regard en recherche de la professeure. Cette dernière n'était pas bien grande mais elle semblait s'être trouvé une potion d'invisibilité ou…

Alors qu'elle se demandait si elle était vraiment venue, elle sentit quelqu'un la pousser sans politesse dans son dos. Elle s'apprêtait à hausser la voix quand elle vit celle qu'elle cherchait désespérément.

– Vous cherchiez quelqu'un ? l'interrogea-t-elle tout bas.

Il n'avait pas fallu très longtemps à Regina pour comprendre que l'étudiante avait entendu sa conversation deux semaines plus tôt.

– Vous ne devriez pas être là.

Emma la dévisagea un instant, se remettant de sa surprise. Puis elle reprit pied sur terre.

– Vous avez raison. En plus je m'ennuie à mourir.

Le plus gros de la soirée était terminé depuis plus d'une quinzaine de minutes et même si l'ambiance n'avait pas réduit en intensité, il manquait clairement quelque chose.

– Peut-être que vous voulez aller autre part ?

La professeure leva les yeux au ciel mais son exaspération ne convainquit pas l'étudiante.

Elle en avait envie, sa collègue venait de la quitter, absolument rien ne l'empêchait de dire oui.

Alors elle le fit, mais seulement après s'être éloignée sans un mot ni un regard. Elle lui fit parvenir sa réponse en un message, lui indiquant de se dépêcher de la rejoindre à Helios.

Emma dut retenir un malin sourire en voyant la notification sur son téléphone. Ne voulant pas que la professeure revienne sur sa décision, elle se dirigea vers Ruby pour pouvoir quitter Storybrooke au plus vite.

– Je vais rentrer, lui annonça Emma.

– Ok, tu me ramènes directement chez moi ?

– Tu pars déjà ? J'aurais bien aimé prendre un verre avec toi, intervint Belle en plongeant son regard dans celui de Ruby.

Elle échangea un regard avec Emma avant que Belle ne reprenne la parole.

– Je peux te déposer si tu veux.

Il ne fallut pas plus longtemps à Ruby pour accepter avec un sourire un peu idiot. Après quelques pas, Emma soupira de soulagement et fila en vitesse.