Écoutez-moi


Emma se frotta les tempes avant de se laisser tomber dans son canapé.

Ok, très bien, sa professeure avait gagné !

Elle n'aurait jamais imaginé entendre parler de Madame Mills le premier jour de janvier et elle ne savait même pas quoi en penser. Elle ne lui faisait pas du tout confiance, mais elle avait été assez claire sur ses envies. Emma voulait prendre le risque de se retrouver déçue une toute dernière fois. Quand bien même s'il s'agissait d'une terrible manière de commencer l'année…

Peut-être que le désir qu'elle avait éveillé l'empêchait aussi de réfléchir correctement.

Emma attrapa de quoi s'habiller convenablement qui trainait dans un coin et des snacks en guise de diner qu'elle engloutit en quelques instants. Et après un court passage dans sa salle de bain, elle rejoignit sa voiture.

Elle hésitait à envoyer un message à la professeure pour l'avertir qu'elle était en chemin. C'était bien plus intéressant de la laisser sans nouvelles… jusqu'à ce qu'elles se retrouvent face à face. Madame Mills méritait bien de patienter un peu sans savoir à quoi s'attendre.

Vingt heures étaient encore loin quand Emma approcha de Helios. Elle arriva trop rapidement devant l'entrée de la chambre et se sentit étrange lorsque celle-ci s'ouvrit.

– Entrez, murmura Regina en évitant de la regarder dans les yeux.

Une fois la porte fermée, les deux femmes retrouvèrent l'espace calme et rassurant de cette pièce particulière. La colère d'Emma s'évanouit comme glace au Soleil pendant que ce fut au tour de Regina de se sentir ridicule. Mais l'air curieux de la blonde parvint à la mettre un minimum à l'aise.

– Merci d'être venue.

– Je suis uniquement venue voir si vous tiendrez parole.

– Avant, j'aimerais vous parler de quelque chose, déclara la professeure en tentant de garder son trouble pour elle-même.

Elle alla s'asseoir sur le bord du lit et réussit à ne pas détourner le regard.

– Je vous écoute, soupira Emma en posant son manteau.

Elle la rejoignit sur le matelas et croisa les bras. Ne pouvant plus retarder le moment, Regina prit son courage à deux mains.

– La dernière fois, je ne voulais pas vous faire croire que je n'en avais pas envie. Au contraire. Je n'ai pas vraiment compris ce qu'il se passait. Ce que vous avez fait… m'a plus excité que toutes les autres choses que vous aviez déjà pu faire… C'était grisant, vous voyez ? J'arrivais plus vraiment à réfléchir… Je ne savais pas comment m'y prendre pour répondre à vos envies, parce que… je n'ai jamais touché le corps d'une femme. Et je ne voulais pas vous décevoir alors que j'en avais envie depuis longtemps, confia tout bas Regina en détournant le regard. Je pense que vous le savez déjà, mais je ne suis pas le genre de femme à être franche avec mes doutes et mes faiblesses. Voilà. La vérité est que j'ai honte de moi, de mon comportement… Vous pouvez vous moquer maintenant.

Emma s'était retenue de toutes ses forces de l'interrompre en manifestant sa surprise. Mais maintenant qu'elle semblait avoir fini et qu'elle gardait la tête baissée, elle ne trouvait plus quoi dire.

– Vous devriez pas avoir honte. En vérité on est tous passés par là un jour.

Regina ne l'avait jamais entendue s'exprimer avec un tel ton, si calme et apaisant. Elle releva les yeux vers elle en se demandant si elle n'avait pas rêvé.

– Je suis désolée. J'avais pas du tout envisagé cette possibilité… Je regrette de vous avoir parlé aussi mal.

– Vous ne pouviez pas deviner.

– Tentez-vous de faire preuve de gentillesse, Madame Mills ?

– Et vous, je suis surprise que pour une fois vous m'ayez écouté, commenta Regina.

Emma sourit, amusée par tant de réparties de cette femme.

– Est-ce que… vous voulez bien être mon terrain d'expérimentation ce soir ? reprit la brune qui se détendait de seconde en seconde.

– Je préférais la manière dont vous l'avez dit au téléphone. Jamais personne m'avait déjà parlé comme ça. Personne ne m'avait déjà dit un truc aussi excitant.

Cet aveu plut à Regina qui s'approcha doucement.

Emma mourait d'envie de voir ce qu'elle pouvait lui offrir. Sans pouvoir s'en empêcher, elle mordilla sa lèvre avec impatience.

– Vous auriez pu juste dire oui.

– Oui.

Un sourire apparut alors sur le visage de la professeure pendant qu'elle s'avançait petit à petit.

Pour ne pas changer, ce fut Emma qui se rua sur sa bouche la première.

La brune l'accueillit bien mieux qu'elle l'aurait pensé. Elle plongea une main derrière sa tête dans ses cheveux et le baiser fut immédiatement lascif. Les petits gémissements perdus purent d'ores et déjà présager des moments de purs plaisirs…

Emma se sentit si excitée en un instant qu'elle s'installa sur ses cuisses en un mouvement sans même s'éloigner vraiment de ses lèvres.

Elle se mit même à retirer son pull avant que l'autre femme ne s'écarte de son visage pour murmurer quelques mots.

– Laissez-moi faire.

– J'ai toujours su que vous aimiez par-dessus tout le contrôle dans ce genre de situation, taquina Emma pendant que la brune s'occupait du vêtement.

Parfois elle était trop habituée à plaisanter lorsqu'elle était gênée…

Personne n'avait déjà accédé à son corps de cette manière pour un tel but…

– Et taisez-vous, lui ordonna la professeure d'un ton si sérieux qu'elle sut qu'elle ne devait pas rire.

Elle poursuivit sa quête en continuant à la déshabiller par le jean et lui demanda de s'allonger lorsqu'elle fut bloquée.

Toute la gêne d'Emma s'envola lorsque le vêtement la quitta. Elle sentit son corps bouillir et ne put lâcher la brune des yeux.

Regina fut encore plus troublée sous son regard. La jeune femme était obnubilée par le moindre geste qu'elle faisait, chacun semblait la rendre davantage plus attentive.

Alors d'un coup tout s'enchaina.

Les lèvres dansèrent les unes contre les autres et quand Emma devina des mains timides englober ses seins, elle s'écarta pour enlever le dernier vêtement à la hâte. D'un même rythme, elle prit sa main et frotta son doigt contre un téton tendu.

Puis instinctivement sa bouche s'approcha de la poitrine pour la dévorer délicieusement. Son doigt poussa plus énergétiquement et envoya une décharge dans le corps d'Emma qui se dirigea entre ses jambes. L'étudiante posa une main derrière son épaule et l'autre passa dans ses cheveux.

Les mains de Regina retracèrent la forme des seins, puis soudainement ses lèvres englobèrent un téton. Elle se mit à le sucer avidement, et l'observa attentivement lorsqu'elle ferma les yeux sous l'explosion de sensations divines.

– Vous avez l'air… à deux doigts de me supplier, commenta Regina.

La blonde rit doucement en ouvrant les yeux. Elle devina à travers son regard qui prenait le plus de plaisir à cet instant.

– C'est prétentieux.

– Vous allez voir, vous allez bien finir par me supplier ce soir…

La brune la sentit s'agiter sous elle en gémissant alors elle alla reconquérir ses lèvres avec sensualité. Sa langue envahit sa bouche pendant qu'elle comprenait que sa partenaire perdait pied avec ses mains qui effleuraient ses hanches et sa taille avant de se déposer à nouveau sur les seins.

Emma remarqua bien vite que la professeure n'avait pas menti, elle prenait un plaisir immense à la toucher. Elle n'avait pas de doute que la soirée se révèlerait bien meilleure que ce qu'elle avait imaginé…

Regina caressa l'intérieur de ses cuisses et sourit quand le corps réagit encore plus. Impatiente, elle vira sa main vers le centre entre ses jambes et sentit la culotte moite. Elle frissonna en appréhendant légèrement ce qui allait suivre.

Mais lorsqu'elle vit Mademoiselle Swan se mordre la lèvre pour s'empêcher de gémir trop fort, elle fut aussitôt rassurée. Elle savait exactement ce qu'elle allait faire.

Mais la blonde s'y opposa lorsqu'elle agrippa nerveusement ses vêtements pour tenter de s'en débarrasser puis abandonna, avant de s'écarter un peu.

– Enlevez-les, murmura-t-elle doucement.

La professeure comprit immédiatement qu'elle voulait sentir son corps contre le sien. Elle n'avait jamais imaginé parvenir à mettre un jour quelqu'un dans un tel niveau d'excitation, mais c'était bien plus intéressant que ce qu'elle aurait pu penser.

Elle s'assit alors sur ses genoux et vérifia qu'elle possédait bien toute son attention. Elle enleva son pull et les couches inférieures en un mouvement, ne laissant que la lingerie. Elle apprécia un instant le regard noir de désir parcourant son corps avant de poursuivre.

Emma se lâcha et suivit ses envies le temps d'une seconde et déposa des baisers brulants entre les deux seins.

Néanmoins fière de son effet, Regina peina à éloigner sa bouche pour la diriger vers ses lèvres et la pousser à se rallonger.

Se laissant faire comme une marionnette, Emma la dévorait du regard. C'était dingue ce que cette femme possédait un contrôle si parfait dans ses mouvements… Elle savait d'ores et déjà que ce qui l'attendait serait grandiose.

Quand elle ouvrit les jambes, Regina prit l'invitation avec empressement. Elle appliqua à nouveau sa main sur sa vulve avec confiance. Elle fut ravie lorsque son inspiration se coupa, puis elle appuya gentiment mais fermement.

Regina lui retira délicatement sa culotte pendant que ses doigts s'agrippaient au drap et elle comprit en voyant l'état de Mademoiselle Swan qu'elle ne pouvait plus attendre.

Elle la regarda une nouvelle fois dans les yeux puis elle effleura lentement la vulve. De plus en plus curieuse et concentrée, elle s'abaissa au niveau de ses doigts.

Elle écarta les grandes lèvres et caressa légèrement les petites avant de rencontrer le clitoris.

Regina observa le ventre se contracter délicieusement, puis une main prit doucement la sienne posée sur sa cuisse et emmena les doigts à son entrée. Quand elle s'introduisit en elle, la professeure se délecta du moment.

Emma se tortilla sur ses doigts et serra davantage le drap entre ses doigts.

Et quand Regina instaura un profond et calme va-et-vient, elle s'immobilisa pour profiter de toutes les sensations. Elle apprécia plus que tout écouter cette femme gémir à cause de ses doigts glissant en elle avec une facilité déconcertante. Le sexe était plus humide et accueillant que ce à quoi elle s'attendait… C'était encore plus jouissif.

Jamais elle n'aurait cru que le chemin jusqu'à l'orgasme s'avérait aussi… divertissant.

Il était simple mais pas moins excitant et délicieux, Mademoiselle Swan était tellement coopérative.

Regina esquissa un sourire lorsqu'elle lui demanda d'accélérer. Elle lui accorda à peine ce qu'elle voulait, modifiant seulement légèrement la cadence. Elle prit tout son temps pour la changer progressivement, elle préférait profiter encore un instant de se trouver à l'intérieur de ce corps chaud.

Puis elle vit son ventre se tendre en même temps qu'elle la sentait se resserrer autour de ses doigts. Regina comprit qu'elle lui faisait atteindre le fameux orgasme. Elle l'apprécia délicieusement presque autant qu'elle jusqu'à ce qu'elle ouvre les yeux.

– Je vous souhaiterais bien de passer une bonne année Mademoiselle Swan, mais je doute qu'elle puisse être meilleure que ça, se délecta Regina dans un murmure.

Elle récupéra ses doigts et les regarda tout humide avec une moue, avant que la blonde éclate de rire.

– C'est uniquement votre faute.

Emma referma les yeux et profita de la sensation de bien-être diluée dans tout son corps. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle venait de vivre. Elle n'arrivait pas à croire ce que Madame Mills venait de lui faire !

Elle avait détenu toute l'attention de sa professeure dans le but de la faire jouir. C'était ha-llu-ci-nant. Et la soirée était loin d'être terminée.

Regina ne ressentait que de la fierté. Elle se rallongea sans cacher sa joie et observa ce petit bout de femme qu'elle avait si bien tourmenté.

– Même si je n'ai pas vraiment de doute de la réponse, qu'en avez-vous pensé ?

– C'était… bon… soupira Emma en exprimant sa satisfaction. Vraiment bon…

La réponse la combla plus qu'elle ne s'y attendait.

– Pourquoi avez-vous demandé à voir une femme si vous n'avez jamais rien fait ? l'interrogea tout d'un coup l'étudiante.

Sa question la prit par surprise mais Regina croisa son regard et choisit de lui répondre.

– Je sais que j'ai toujours eu un faible pour les femmes, j'ai voulu essayer.

– Oh, et est-ce que je suis la première femme à vous avoir embrassé ? OH, et est-ce que je suis la première personne à vous avoir donné un orgasme ? Parce qu'honnêtement ça m'étonnerait pas avec la plupart des hommes aujourd'hui…

– On est curieuse ce soir Mademoiselle Swan ?

– Oh, ne vous faites pas prier…

Regina n'ajouta rien de plus, elle voulait tester à quel point elle désirait la réponse, et elle était certaine que l'étudiante savait ce qu'elle attendait. Elle haussa simplement les sourcils d'un air demandeur.

– S'il vous plait.

L'entendre la supplier était tout ce dont elle avait besoin.

– Oui, pour vos deux questions, abandonna finalement Regina avant de voir apparaitre un sourire fier sur le visage de sa partenaire. Ne faites pas cette tête, je ne dirais pas non plus que c'est merveilleux de coucher avec vous.

Emma leva les yeux au ciel en devinant le ton dédaigneux. Elle s'assit au bord du lit et avant de faire le moindre mouvement de plus, la professeure attrapa son poignet.

– Je veux dire, ce n'est pas médiocre, et… je ne suis pas encore satisfaite.

Elle plongea cette fois son regard dans le sien et y lut tout le désir qu'il restait dans son corps pour elle.

Personne ne l'avait déjà regardé ainsi.

Dès que la brune eut desserré sa prise, Emma se leva et se dirigea tranquillement vers la salle de bains. Elle ouvrit la porte et s'arrêta à l'embrasure pour observer derrière son épaule. Elle s'étonna de la noirceur des prunelles qui fixaient son corps dénudé.

Regina l'observa pénétrer dans la pièce sans qu'elle ait effectué un seul mouvement. Elle laissa la porte entrouverte alors la professeure n'hésita pas une seconde à se lever immédiatement pour la rejoindre.

Lorsqu'elle entra, elle démarrait l'eau, elle s'approcha et entreprit de finir de se déshabiller.

Emma sourit lorsqu'elle l'aperçut se débarrasser de sa culotte.

– On va voir ce soir si vous ne trouvez pas un autre adjectif…

Emma fit un pas dans la douche mais ne put aller plus loin, son poignet fut agrippé et la força à revenir en arrière. La brune la coinça entre son corps et le lavabo, et l'embrassa avant qu'elle n'ait pu poser une question.

– Je veux vous gouter, finit par susurrer Regina.

Elle saisit ensuite ses hanches pour la pousser sur le rebord du lavabo. Emma la laissa faire mais ne la lâcha pas des yeux.

La professeure s'agenouilla et s'installa entre ses jambes. Sans plus de manière, elle embrassa délicatement la vulve avec attention. La chaleur au bout de ses lèvres la surprit pendant qu'Emma voyait ces dernières briller à cause de l'humidité. Elle ferma d'un coup les yeux lorsqu'elle posa à nouveau sa bouche et suça légèrement.

Regina fut étonnée de son gout et fut presque sûre qu'y gouter la rendit accro. Elle voulait l'explorer de sa langue dans chaque recoin.

Alors qu'elle mettait son plan à exécution, la blonde glissa une main dans les cheveux bruns en se devinant de plus en plus sensible.

Dès qu'elle sentit les plis sous sa bouche, elle sut qu'elle ne cesserait pas tant qu'elle serait amplement satisfaite.

– Oh putain, arrêtez pas, gémit Emma.

Alors elle prit ses marques en léchant lentement. Elle découvrit rapidement ce qui lui plaisait davantage et ce qui lui plaisait moins.

Elle lui provoqua un orgasme sans le voir venir, mais elle n'en éprouva pas moins de fierté.

Emma sourit en repoussant sa tête.

Regina posa ses mains sur les hanches de la blonde pour la faire descendre.

Elle éclata de rire quand elle toucha le sol.

– Qu'y a-t-il de si drôle ? se vexa la brune.

– Rien. Ça fait du bien, c'est tout.

Emma agrippa son bras et la tira dans la grande douche. Elle fit couler l'eau et la regarda lorsqu'elle la sentit croiser les bras.

– Ne vous inquiétez pas. C'est seulement que vous m'avez donné un des meilleurs orgasmes que j'ai eu…

Regina la dévisagea un instant. Elle ne lui avouerait jamais, mais ce qu'elle venait de dire lui donnait envie de recommencer un nombre incalculable de fois.

Elle regrettait déjà ce qu'elle avait prétendu à propos de la qualité de leurs soirées.

– Approchez, lui intima l'étudiante d'une voix pleine de promesses.

La professeure s'avança sur la pointe des pieds pendant que la blonde l'accueillait contre elle en plaçant ses mains sur sa taille. Elle se pencha et l'embrassa. La chaleur de la douche était auparavant presque étouffante, mais ses baisers la firent bouillir.

Son cerveau court-circuita lorsqu'elle bloqua son corps entre le sien et le carrelage frais du mur. Et plus aucune pensée n'eut de sens lorsqu'elle regarda l'étudiante descendre progressivement ses lèvres sur son corps.

Ce fut intense, et attendu lorsque Mademoiselle Swan la pénétra de deux doigts, tel qu'elle ne l'avait jamais encore fait et qu'elle remua en elle à une vitesse surprenante.

La sentant envahie par des centaines de sensations, Emma passa son bras autour de sa taille et serra leur corps entre eux. Elle avait la tête sur son épaule contre les cheveux bruns, elle était si proche qu'elle entendait chaque changement de respiration.

En retour, Regina entoura son cou de ses bras et bougea le bassin sur les doigts. L'étudiante ne les enfonçait que peu profondément, laissant son pouce taquiner le clitoris. Pourtant elle se sentait déjà loin, très loin…

– Emma !

Elle se raidit quand elle sentit soudainement une langue s'agiter sur son clitoris. Elle n'avait même pas remarqué qu'elle s'était baissée, concentrée comme elle était sur les doigts…

Elle répéta son prénom quand l'orgasme traversa son corps.

– Madame Mills…

La jeune femme rouvrit les yeux et frotta ses cuisses l'une contre l'autre en souriant.

– C'est la première fois que je vous entends dire mon prénom. Est-ce que ça veut dire que je peux vous appeler Regina ?

Malicieuse, elle se rapprocha pour lui répondre à son oreille.

– Seulement lorsque vous jouissez.

– Je n'attends que ça.

Pour le plus grand bonheur d'Emma, elle s'employa à satisfaire sa demande. Et alors elle put l'appeler par son prénom.

Un moment plus tard, de retour dans la chambre, Emma s'allongea sur le lit pour se récupérer un peu pendant que la professeure allait plutôt se rhabiller.

– Regina, je peux vous poser une question ?

– Ai-je le choix de refuser ? Il me semble vous avoir prévenu que je ne voulais pas de question. De plus, je ne vous ai pas autorisé à m'appeler par mon prénom à nouveau.

– Vous n'avez pas vraiment été honnête avec moi avant aujourd'hui, je crois que vous me devez bien une réponse à ma question, se débattit Emma.

La professeure ne réagit pas immédiatement et garda son expression inquiète et tendue en enfilant un sous-vêtement.

– Exposez-moi votre curiosité et je vous dirai ce que j'en pense.

– Pourquoi avez-vous demandé de l'aide pour rencontrer une femme ?

– Et vous, pourquoi avez-vous accepté de venir ? répondit du tac au tac Regina en levant les yeux au ciel.

– Je voulais rendre service à mon amie.

Le regard sceptique de la professeure la fit réfléchir. Il semblait la juger, Emma tourna rapidement la tête.

– Et j'imagine que… je suis souvent seule ces derniers temps et que rencontrer quelqu'un aurait pu m'aider.

Regina ne s'attendait pas à découvrir autant de sensibilité dans sa réponse. Elle s'arrêta et s'assit au bord du lit, ne se sentant pas plus gênée que ça d'être encore en culotte et pull devant elle. Elle prit un moment pour trouver quoi dire avec un ton léger et bas.

– Vous vivez loin de votre famille ?

Emma n'osa plus la regarder et préféra fixer le plafond.

– Je n'ai pas de famille, pas comme vous l'entendez. Je suis orpheline depuis toujours. Alors oui, je me sens assez seule, déclara-t-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait souhaité.

– Oh…

Regina se sentait très mal à l'aise. Elle avait demandé de ne pas poser de question pour cette exacte raison. Elle ne voulait rien savoir de cette femme, c'était le seul moyen pour empêcher de créer plus de soucis…

Malgré ses habitudes, Emma évita de regarder la brune. Elle détestait parler de sa situation complètement inconnue aux autres alors que pour elle c'était un quotidien.

– Je suis habituée, ça ne me fait plus rien. Et vous, vous ne m'avez pas répondu. Surtout que je ne pense pas que vous avez le profil type des femmes qui font ce genre de demande…

– Quel est ce profil type ? s'intéressa Regina.

Face à la petite moue concentrée de la professeure, Emma contempla le plafond et fit mine de réfléchir.

– Femme dans la trentaine plutôt avancée voire la quarantaine, seule, très seule… ennuyée par la vie. Manque de confiance en soi, timide, introvertie. Vous voyez ?

Ce fut ensuite le tour de Regina de réfléchir en regardant dans le vide. La manière dont elle avait dépeint le profil lui faisait penser qu'elle se décrivait elle-même. Gardant en tête son idée de ne parler en aucun cas d'elle durant ces rendez-vous, elle se contenta de répondre simplement et vaguement.

– Sans la partie de l'âge, vous avez peut-être raison.

Emma crut rêver ces quelques mots. Elle ne l'avait jamais, absolument jamais, entendu prononcer un terme tel que peut-être, un terme si incertain.

– Je ne répondrai à plus aucune de vos questions personnelles à présent.

De toute manière, elle n'était pas plus curieuse. Elle s'habilla à son tour en silence et suivit la professeure hors de la chambre.

Quand Regina sortit d'Helios, elle se sentait comme une toute nouvelle femme. Elle s'était écoutée, et résultat des courses : cela avait été délicieux sur tous les points. Cette rencontre courte mais intense lui restera très, très longtemps en mémoire.