Dites-moi
D'habitude, Robin Hood n'était pas facilement impressionné et encore moins intimidé. Mais devant la posture de sa collègue et sa voix sèche qui lui ordonna de partir, il dut bien reconnaitre qu'il n'était pas dans son intérêt de s'attarder dans le coin. Néanmoins il avait bien remarqué avec qui Regina discutait…
Aucune des deux femmes ne fut vraiment perturbée par cette interruption. Elles étaient trop occupées par un combat impitoyable de regard noir.
Elles entendirent la porte claquer et Emma ne perdit pas même une fraction seconde pour reprendre la parole et continuer de lui mettre la pression.
– Et déjà pourquoi ça vous importe autant de me cacher ? C'est idiot de penser que ça affecterait votre carrière… Plein de profs à Storybrooke fréquentent comme ils veulent des étudiants et ça pose aucun problème pour leur carrière je vous rappelle ! Ou alors c'est parce que vous avez honte ? Vous avez honte que ce soit avec une femme ? Ou parce que la dernière fois je vous ai dit que je suis orpheline ? D'ailleurs, j'aurais mieux fait de ne jamais vous le dire…
– Contrairement à vous, je ne prends pas ça à la légère, s'impatienta Regina à qui l'accusation avait déçue. J'aimerais éviter qu'une histoire de sexe nous détourne de nos objectifs respectifs, et ma carrière le sera toujours pour moi. C'est aussi simple que ça, assura-t-elle avant de croiser les bras. Essayez de faire marcher votre cerveau pour comprendre pourquoi c'est la meilleure décision à prendre.
Elle savait que si elle n'y allait pas franchement, elle ne la lâcherait pas.
– Stop. J'en peux plus, arrêtez d'être si coincé, soupira-t-elle d'un air sincèrement lassé.
– Je ne suis pas coincé, je suis…
– Alors vous êtes idiote ! Vous ne pensez même pas à vous en dehors de votre travail. À quoi bon vivre si on ne prend pas un peu de risque pour se faire plaisir ?
Regina bloqua sur l'insulte et n'écouta pas la suite. Elle se rapprocha avec rage pour lui balancer ses quatre vérités.
– Vous dépassez les limites Mademoiselle Swan. C'était une erreur de coucher avec vous, je n'aurais jamais dû me laisser manipuler par la gamine insolente que vous êtes.
– Vraiment ? La gamine que je suis ? s'indigna Emma qui la regardait avec choc.
– Ne faites pas l'innocente ! Vous manipulez pour faire céder les gens à vos petits caprices ! Vous ne méritez pas d'étudier dans une école aussi prestigieuse qu'est Storybrooke !
Regina était énervée et elle ne pouvait rien y faire. Elle était énervée contre ses désirs, contre leur passé, contre cette femme et contre elle-même pour lui avoir cédé.
– Vous ne parliez pas de manipulations quand j'étais entre vos jambes ! Ce n'était pas du tout ce que vous disiez ! Dites-moi ce que vous faites de la femme que je vois à Helios… Parce qu'elle est cent fois plus intéressante que celle que j'ai face à moi.
– Je suis devenue beaucoup plus raisonnable.
– Beaucoup plus prude, vous voulez dire, ricana Emma.
Son air indigné satisfit un peu la colère de la blonde. D'accord, elle était peut-être bien une gamine pour lui rendre son choc avec au moins autant de force…
– Mademoiselle Swan ! Je ne vous permets pas ! s'échauffa violemment la professeure.
Regina remarqua soudainement une étrange lueur dans ses yeux qui l'inquiéta un instant.
– Vous vous cachez. Vous refusez de vous faire plaisir. Admettez-le, si je n'avais pas été votre étudiante, vous vous seriez déjà jeté sur moi.
Mademoiselle Swan commençait vraiment à lui taper sur les nerfs. Elle croyait tellement tout savoir sur elle ! Elle perdait les pédales et avait envie de rendre coup pour coup. Elle en avait plus qu'assez de cette femme…
– Si vous n'étiez pas mon étudiante, j'aurais eu la chance de ne jamais rencontrer une personne si arrogante et vulgaire ! De toute manière, ça ne sert à rien de parler de si. Vous êtes mon étudiante et cela ne changera pas. Rien de tout ça n'arrivera. S'il vous plait, acceptez-le, prononça alors Regina avec un ton soudain plus sincère.
Elle n'était pas habituée à se montrer aussi sensible et ouverte… Mais elle percevait que derrière sa colère, l'étudiante était blessée et qu'elle devait être convaincue.
– Pour ça, j'ai besoin d'avoir une raison valable. Dites-moi que vous vous êtes lassée de moi ou quelque chose, mais dites-moi au moins quelque chose auquel vous croyez.
Regina supporta le regard de la blonde durant des secondes qui lui semblèrent des éternités. Elle ne parut pas prendre en compte son approche par les sentiments, elle préférait s'acharner…
– Je ne me suis pas lassée de vous, Mademoiselle Swan. En vérité, c'est même l'inverse… Je n'ai jamais autant aimé coucher avec quelqu'un…
– Alors pourquoi arrêter ? s'emporta Emma en tapant sa main sur le bureau.
Elle sut à l'instant où ces mots lui échappèrent qu'elle s'énervait trop. Elle se redressa et essaya de détendre ses épaules. Elle était trop fière pour s'excuser, et puis le manque de reproche de la professeure l'intéressa plutôt.
– Vous ne voulez vraiment pas me laisser tranquille, c'est ça ? interrogea sérieusement Regina en évitant son regard.
La blonde lui répondit par un simple mais efficace regard noir. Elle essayait tant bien que mal de dénicher les bons mots pour convaincre l'étudiante. Mais ne les trouvant plus, elle décida de changer totalement d'approche et de jouer l'honnêteté. Après tout, elle le méritait.
– Il y a une… chose que je ne vous ai pas dite la dernière fois, déclara-t-elle en plongeant dans ses intenses yeux verts.
– Dites-moi.
Regina n'arrivait pas à croire qu'elle se trouvait obligée de tout lui confier. Mais après ça, elle la laissera tranquille, elle n'aura pas le choix.
Avec l'étudiante qui la dévisageait avec impatience, elle ne sut pas par où commencer. Elle dut se plonger dans ses souvenirs plusieurs jours en arrière pour pouvoir se montrer la plus claire possible…
Au premier jour de l'année à Storybrooke, Regina se sentait étrange. Revenir jouer son rôle au sein de cette grande école, retrouver ses collègues après le temps qu'elle avait passé avec son étudiante était étrange. Néanmoins la jeune femme ne laissa pas ce sentiment l'abattre et rejoignit les professeurs dans leur salle, comme elle en avait l'habitude. La majorité était là, ce qui s'avérait rare pour un lundi à huit heures. Regina se dirigea vers Mary Margaret qui se faisait couler un café au fond de la pièce. Mais dès qu'elle l'atteignit, une voix prit le dessus sur les autres.
– Bonjour tout le monde.
A son entrée, le directeur attira presque instantanément toutes les attentions.
– Tout le monde a l'air à l'heure, bien. Prenez une chaise, j'aimerais faire un point avec vous sur l'année qui vient de se conclure.
Oh. Elle avait complètement oublié ce mail reçu en plein milieu des fêtes de fin d'années leur indiquant qu'une annonce aurait lieu le premier jour de travail de l'année. Elle n'avait jamais rien oublié avant ! Comment cela avait-il pu se produire ?
Regina interrompit toute pensée et se trouva une place pour écouter attentivement. Elle ne devait pas se décevoir une nouvelle fois.
– Tout abord je vous souhaite à tous et à toutes une bonne année. L'année dernière était une réussite et j'aimerais qu'elle serve d'exemple à chacun d'entre nous. Nous avons cependant eu des perturbations durant les dernières semaines. Je parle notamment de votre collègue qui entretenait une relation avec son étudiante de deuxième année. J'imagine que vous en avez tous entendu parler étant donné le désordre que cela a créé. Je peux déjà vous dire que votre collègue n'exercera plus pendant quelque temps.
À cette annonce, tous les professeurs échangèrent un mot d'étonnement.
– Il était pourtant si professionnel, entendit Regina d'un côté.
– Moi j'en savais rien de cette relation !
– Depuis quand est-ce que cela durait ? Je crois que je l'ai même déjà entendu se disputer avec une étudiante et le sujet ne semblait pas être le cours d'art !
Regina fut perplexe, presque inquiète. Elle avait complètement occulté cette histoire de son esprit, et bien que d'habitude cela aurait été sans importance, maintenant qu'elle avait eu plusieurs relations sexuelles avec une étudiante, toute la situation changeait. Lorsque sa collègue — la reine des ragots parmi les professeurs de cette école — leur avait raconté qu'une grosse dispute avait eu lieu lors d'un cours avec un petit groupe, c'était tombé au mauvais moment. Elle avait été obligée à cet instant de quitter la conversation la première pour une raison futile : elle devait se rendre à l'autre bout de l'école pour reprendre le travail. Elle n'avait pas imaginé que la dispute ait provoqué assez de perturbations pour que le professeur soit exclu un moment…
– Silence ! Je n'ai pas fini.
Monsieur Williams semblait tendu, tous les professeurs le remarquèrent. Ils se rassirent tous correctement, le dos bien droit.
– Les nombreux accrochages entre le professeur concerné et l'étudiante ont fortement impacté la qualité des cours et vous comprendrez tous que je ne puisse pas laisser ça se reproduire. Pour cette nouvelle année et jusqu'à nouvel ordre, j'ai donc décidé que plus aucune relation entre le personnel de Storybrooke et les étudiants ne sera autorisée.
À nouveau, les professeurs échangèrent quelques mots de consternations. De son côté, Regina blêmissait.
– Cela concerne plus particulièrement les relations amoureuses mais également tout autre type de relations : des liens d'amitié, des liens sexuels… ou toute autre relation différente de celle d'un professeur et d'un étudiant, continua le directeur en ignorant cette fois le manque d'attention. Si jamais je découvre qu'une relation a été entretenue depuis aujourd'hui, je ferai en sorte que le professeur et également l'étudiant ne finissent pas leur année parmi nous.
Monsieur Williams marqua une pause pour que tous assimilent la nouvelle. Il détailla les réactions de chacun, chercha qui était ennuyé par cette annonce et qui était plutôt ravi. Il n'obtint pas vraiment de résultats convaincants, ils étaient tous bien trop agités.
Regina profita de l'effervescence pour se lever et récupérer son café du matin. Elle faisait couler le liquide sombre de la machine lorsque le directeur reprit la parole.
– Votre attention pour une dernière minute s'il vous plait ! Prouvez-moi que vous êtes plus disciplinés que vos étudiants ! Je vous demande également de ne pas leur en parler, et de ne pas en parler à quiconque en dehors de cette école. N'en parlez pas à un seul étudiant ! Nous savons très bien comment débutent les rumeurs et les scandales et j'aimerais à tout prix les éviter, nous en avons bien assez ainsi… Je vous fais donc confiance pour faire preuve de sagesse et de bon sens. Celui ou ceux qui répandent la rumeur subiront le même sort.
Sur ce point, Monsieur Williams remercia les professeurs pour leur attention et quitta la pièce d'un pas assuré, laissant derrière lui une troupe désorientée. La plus désorientée fut probablement Regina. Elle prit le gobelet et se dirigea le plus vite vers la sortie. Par chance, personne ne la repéra.
Elle donnait un cours à l'autre bout de Storybrooke ce matin. C'était une bonne occasion pour respirer un peu et découvrir ce qu'elle comptait faire à présent.
Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait besoin de réfléchir, la réponse était évidente. Elle avait beau avoir, à nouveau, pris son pied la dernière fois avec Mademoiselle Swan, cela ne changeait rien à son avis, elles ne pouvaient plus recommencer.
Regina se sentit même idiote d'avoir fréquenté cette étudiante. Monsieur Williams avait raison : il ne devrait pas y avoir de relations entre un étudiant et son professeur. Jamais.
De toute manière, si elle le désirait, elles ne pourraient jamais garder tout ça secret très longtemps. Il n'y avait qu'à regarder ces espèces de principes qu'elle avait voulu établir quelques semaines plus tôt : si elle les reprenait une par une, c'était évident :
Ce n'était qu'une question de temps avant que son étudiante parle à son amie de leurs rencontres, et ne mette leur quotidien à toutes les deux en péril. Elle ne savait pas pour quelle raison, mais elle en était certaine.
Dans un sens figuré, elles avaient accidentellement amené leur sorte de relation en dehors de leur rendez-vous lors du premier jour des examens à Storybrooke…
Puis niveau confiance, Regina avait marqué un très mauvais départ en ne se montrant pas transparente avec elle dès le début.
Quant au respect, c'était encore une notion floue pour elles. Elles possèdaient les bases mais cela semblait limité à une pièce remplie d'explosifs…
Et en dernier, elle avait toujours su que la blonde n'était pas du genre à l'écouter, elle faisait à chaque fois ce qu'elle souhaitait, l'obéir ne serait jamais son truc. Elle la détestait pour ne pas comprendre quand il fallait l'écouter.
Et si ces principes étaient fondamentaux pour que personne ne découvre leur rencontre, elles étaient vraiment très mal parties.
Regina ne se sentait même pas capable d'en vouloir à l'étudiante, elle s'avérait tout aussi coupable.
En prendre conscience la bouleversa bien plus qu'elle ne l'aurait pensé. Elle eut un instant peur de ne plus pouvoir se faire confiance.
Néanmoins, ce dont elle était sure était qu'elle ne pouvait pas faire confiance à Mademoiselle Swan avec ce changement de situation. Elle n'avait aucune envie de détruire sa carrière pour du bon temps une fois de temps en temps…
Même si les dernières semaines, elle avait découvert petit à petit que la jeune femme était un peu plus digne de confiance que ce qu'elle aurait imaginé, il restait hors de question que Regina prenne le moindre risque.
Il sera alors compliqué de lui annoncer de but en blanc qu'elle ne voulait plus la voir.
La professeure était si plongée dans ses pensées qu'à l'entrée d'un bâtiment, elle faillit recevoir la porte en pleine tête. Cela la réveilla immédiatement.
Il n'était qu'à peine huit heures et demie et elle se retrouvait déjà bien distraite… Elle ne pouvait pas continuer comme ça.
La vraie vie n'était pas un jeu à prendre à la légère. Elle le savait très bien, les règles existaient et elles existaient pour garder l'équilibre des choses.
Sans pouvoir regarder l'étudiante dans les yeux, Regina lui avoua. Elle avait assez pensé à cette annonce pour pouvoir tout lui dérouler sans omettre une précision, et ce sans réfléchir.
Un court silence accueillit sa déclaration, avant que Emma n'exprime de nouveau sa méfiance.
– Comment je pourrais être sûre que vous dites la vérité ?
– Vous ne pouvez pas. Vous devrez me croire sur parole.
Si elle ne l'avait jamais vue sincère, elle aurait pu parier qu'elle se jouait encore d'elle. Mais c'était la vérité, quelque chose, elle ne saurait quoi, le lui confirmait. Cependant plusieurs détails la dérangeaient. Alors qu'elle se débattait dans un brouillard épais, elle laissa la professeure développer. Elle fut soulagée qu'elle réponde ensuite à ses questions.
– Je suis presque sûre que l'étudiante n'est pas passée loin de se faire renvoyer, finit-elle après lui avoir confié les évènements qui avaient provoqué la nouvelle loi.
– Mais comment il peut mettre en place une règle si seulement un pour cent de l'école la connait ?
Emma n'arrivait toujours pas à croire ce qui se déroulait en secret entre ces murs.
– Il considère que ce sont les professeurs les responsables… Et également… il ne veut pas que des protestations aient lieu car il touche aux libertés des étudiants. C'est pour cela que chacun de nous doit maintenant refuser toute avance venant d'un étudiant. Nous sommes à Storybrooke, Mademoiselle Swan, ne l'oubliez pas. Le directeur ne plaisante pas, vous pouvez me croire. Ici seules ses règles comptent et il sait très bien ce qu'il fait. Les règles morales sont jetées aux cachots. Il sait que plusieurs relations vont être touchées, il sait qu'il va briser des couples parce qu'il met la pression à tout le monde et qu'aucun professeur ne veut partir.
Regina se tut un moment, devinant que l'étudiante avait besoin de temps pour digérer la nouvelle.
Emma croyait halluciner, elle n'aurait jamais imaginé ça. Elle était tellement déçue mais elle comprenait mieux à présent son comportement.
– Maintenant que je vous l'ai dit, s'il vous plait n'en parlez à personne. Il ne faut pas que l'école l'apprenne, ni même qu'il y ait une vague rumeur. Promettez-moi que vous ne direz rien.
Encore secouée, elle ne réagit pas. Regina avança alors un pas vers elle.
– Emma.
Quand elle croisa son regard, elle obtint sa réponse.
– L'école ne l'apprendra pas, vous avez ma parole. Mais il y a une chose que je veux savoir… pourquoi vous ne me l'avez pas dit plus tôt ? Je crois que je vous ai montré assez longtemps que vous pouviez avoir un minimum confiance en moi.
Quand la jeune femme posa sur elle un regard plus froid qu'elle ne l'ait jamais aperçu avoir, Regina recula d'un pas. Elle semblait toujours autant en colère… Elle tentait un pas vers elle et elle en faisait cinq en arrière.
– Parce qu'on me l'avait interdit et que j'essaie de suivre les règles qu'on m'impose contrairement à vous. Et j'ai choisi de le faire maintenant car vous me tapez suffisamment sur le système. Regardez ce que je suis en train de faire : vous avez été tellement une épine dans mon pied que je me suis retrouvé obligé de désobéir pour me débarrasser de vous !
– Je méritais la vérité dès le début !
– Vous n'êtes qu'une étudiante Mademoiselle Swan, vous êtes supposée m'écouter et obéir et faire confiance à mon jugement. Je ne devrais pas avoir à vous justifier mes choix.
Emma se perdit dans ses mots. Elle se sentait tiraillée, d'un côté parce qu'elle n'aimait pas la manière dont sa professeure lui parlait, et de l'autre car à présent, elle comprenait enfin mieux la situation.
Regina la dévisagea un instant. Elle avait raison quelques moments plus tôt : elle aurait continué à la voir s'il n'y avait pas eu cette règle, elle n'aurait surement pas hésité.
– Je crois que si vous le vouliez vraiment, vous continuerez, lâcha Emma sans gêne.
– Pardon ?
– Je dis seulement que si vous vouliez vraiment coucher avec moi, vous le feriez puisque c'est ce que vous voulez. Peu importe le reste.
– Vous vous croyez qui au juste ? Est-ce que j'ai touché votre égo car vous n'étiez pas assez bonne au lit pour me donner envie de continuer quoiqu'il arrive ? se moqua Regina qui commençait à en avoir assez.
– Vous craignez plutôt devenir addicte aux orgasmes que je peux vous donner tellement ils sont bons, susurra Emma avec un air suffisant.
Regina hoqueta sous la surprise de ce nouveau comportement provocateur. Elle n'aurait pas imaginé que la blonde était ce genre de personne, elle était particulièrement déçue… Il lui fallut un instant pour encaisser.
– Monsieur Williams a raison. Un professeur ne devrait pas avoir de relation, même lorsqu'elle est uniquement sexuelle avec un ou une étudiante.
– Vous mentez.
– Je vous demande pardon ?
– Je vous crois pas. Vous pensez pas réellement ça.
Regina aurait voulu crier mais elle se figea. Depuis quand cette étudiante possédait la faculté de lire en elle ? Avait-elle déjà passé trop de temps avec elle ?
– Dites-moi sinon pourquoi tout cela a commencé. Parce que ce n'est pas irresponsable de penser avant tout à son épanouissement, affirma Emma en s'approchant d'un pas pour mieux la convaincre.
Regina demeura interdite et son regard bloqua sur elle. Elle déglutit nerveusement quand elle réalisa après quelques secondes ce qu'elle voulait dire. Toute colère disparut alors et elle resta troublée. Le regard perçant d'Emma ne l'aidait pas.
Elle continua de s'avancer et n'arriva qu'à vingtaine de centimètres de son visage. Elle frôla doucement son bras en se remémorant la dernière soirée qu'elles avaient passée ensemble.
Une alarme s'alluma d'un coup dans le cerveau de la professeure et elle la repoussa brusquement, la faisant tituber de quelques pas.
– Ne me touchez pas ! Ne m'approchez plus, ne me parlez plus, ne me regardez plus ! Et surtout ne me touchez plus ! hurla Regina de toutes ses forces.
Elle sentait tout son être la haïr. Pour la première fois, elle n'avait plus de doute concernant ce qu'elle ressentait sur cette femme.
– Regina je suis désolée, je…
– Allez-vous-en !
– Laissez-moi parler, j'essaie de m'excuser ! s'énerva Emma en se rapprochant d'elle pour qu'elle l'écoute enfin.
L'étudiante ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passa, la douleur de sa joue la transit complètement.
Regina avait senti sa main partir si vite qu'elle fut elle aussi choquée de la claque qu'elle lui infligea.
Le silence soudain fut étrange, presque pressant après ces dernières minutes agitées.
La professeure essayait de trouver comment réagir, quoi dire, mais lorsqu'elle vit ses yeux pleins de rage, la jeune femme ne lui laissa pas le temps. Elle se retourna et quitta la pièce le plus rapidement possible. Au passage, elle fit éclater sa colère en claquant la porte.
Regina sursauta, puis ses jambes défaillirent et elle dut vite tirer sa chaise. Elle n'avait pas voulu lui faire du mal, sa main était partie de son propre chef. Elle détestait la violence, jamais la pensée de lever la main sur quelqu'un lui était passée par l'esprit…
À présent il était trop tard pour regretter. Et puis Mademoiselle Swan l'avait un peu cherché. Elle n'avait plus du tout envie de la revoir et le message ne pouvait pas s'avérer plus clair.
Regina attrapa la première babiole qui lui vint sous la main et la balança avec toute la puissance de ses émotions contre le mur. Cela ne la soulagea pas vraiment, mais elle n'eut pas le temps de trouver une autre idée car quelqu'un toqua à la porte. Elle essaya de reprendre des couleurs et d'arrêter ce tremblement qu'elle ne remarqua seulement maintenant. Elle se racla la gorge, s'installa bien droite dans son siège, adopta une expression neutre et ordonna à la personne d'entrer.
– Regina ça te dirait de… Ça va ? s'interrompit Robin en voyant des feuilles éparpillées au sol.
Son inquiétude la toucha mais elle resta la plus impassible possible.
– Oui, ça va. La pochette a glissé. Qu'est-ce que tu voulais me demander ? questionna-t-elle avec un sourire pour tenter de le rassurer.
Robin fronça les sourcils mais il ne fit aucun commentaire, aucune utilité de l'embêter avec ça pour l'instant. Il aurait bien le temps de s'occuper de cette histoire plus tard.
– Je voulais te demander si tu pouvais boire un café avec moi… mais je pense qu'on fera plutôt ça demain, déduit Robin, quand même un peu froissé qu'elle ne se confessait pas.
– Désolée… je suis assez fatiguée, et c'était une assez grosse journée… On fera ça demain.
– C'est pas grave, je préfère que tu prennes soin de toi si tu ne te sens pas bien.
Regina fut soulagée de l'entendre dire ça. Il quitta la pièce après un sourire et la jeune femme souffla.
Emma mit bien plus de temps que d'habitude à parvenir jusqu'à sa voiture. Ses émotions et pensées lui prenaient toute sa concentration et c'était comme si elle ne savait plus où se rendre. Madame Mills n'y était pas allée de main morte avec sa claque… Sa joue lui brulait encore…
Elle ne se souvenait pas la dernière fois qu'elle avait été autant en colère.
Alors dès qu'elle s'assit dans sa voiture, elle souffla pour tenter de décompresser.
Quelques secondes après, Emma entendit sa portière du côté passager s'ouvrir et fut soulagée de voir que c'était Ruby qui s'installait.
– Tu lui as parlé ?
Elle hocha la tête, incertaine de vouloir aborder le sujet.
– Est-ce que tu veux en parler maintenant ou tu nous conduis chez toi ?
Cependant elle ne lui laissa pas le temps de lui répondre car elle se pencha vers elle et la dévisagea.
– Pourquoi ta joue est toute rouge ? Elle t'a frappé ? comprit son amie avec horreur.
– Ça a un peu dérapé, prononça Emma d'une petite voix qui ne dissimula pas sa douleur. J'étais en train de m'excuser et elle m'a frappé, déclara-t-elle d'un ton soudainement beaucoup plus assuré.
Ruby bouillonna de colère à son tour et remarqua à peine qu'elle mit sa playlist préférée avant de démarrer.
Qu'avaient-elles bien pu se dire pour qu'elles en arrivent là ? Elle était impatiente de savoir mais elle ne voulait pas pousser Emma. Celle-ci sembla d'ailleurs tirer profit du trajet, elle se détendit en chantonnant.
Mais Ruby se doutait bien que ce n'était que le calme avant la tempête…
J'ai eu pitié aujourd'hui après vous avoir laissé sur une fin de chapitre un peu méchante hihi... Je vous préviens par ailleurs que le prochain chapitre est pas du tout prêt donc désolée par avance de l'attente... Mais j'espère que vous aimez toujours autant l'histoire (et que l'attente vous dérange pas trop) parce que je vous la partage avec plaisir !
J'ai remarqué que je n'ai pas eu de notification pour la publication du précédent chapitre il y a deux semaines, est-ce que je suis la seule ?
