J'ignore où va nous mener ce récit mais vache, je flippe ! XD
Chapitre 27 : Lost days
Il m'est absolument impossible de lui confier que mon ventre abrite une autre vie que la sienne. Une vie reptilienne et qui forme un œuf dans ma cavité.
Je ne puis l'y tolérer et emploie mon énergie à l'évacuer derechef !
Au loin, dans le royaume de ronces, son géniteur a frémi.
J'enserre la taille de Rollo. Il l'a toujours eue d'une finesse absolument incroyable. Ses jambes demeurent plus solides que son torse du fait qu'il soit un excellent marcheur.
Mais tout son corps demeure d'une finesse remarquable et lui permet toutes les tenues.
Nous nous embrassons depuis un petit moment déjà, corps s'éveillant.
"Te rappelles-tu... cette autorisation que je t'avais donnée ?..."
"Oh... celle de... faire rosir... la peau de..."
J'attrape ses mains pour les poser sur mes fesses. "Exactement."
"Eh bien, Flamm, une hésitation ?" lui impose une voix que nous souhaitions oublier.
Rollo m'écarte sur le côté, s'emparant de son sceptre Hellfire. "N'approche pas." menaçant Malleus.
"Allons, Flamm. Nous avons toujours été un ménage à trois, tu sais." amusé.
Je demeure tétanisé par ce qui va suivre.
"Tu divagues !" commençant à appeler son sort, flammes couleur grenat se formant à la base du sceptre. "Hors d'ici !"
Le sourire de Malleus n'augure rien de bon. "La perte de l'enfant qu'elle portait est de mon fait, Flamm."
"Par... don ?!"
"Cela m'a été très aisé ; vous endormir tous à l'exception d'une seule personne. Et l'honorer."
Le regard totalement incrédule de Rollo bascule sur moi. Je vais le sentir passer !
"Fort bien. Il existe un moyen efficace pour m'assurer la victoire ; c'est celui de t'abattre ici et maintenant ! J'ai retenu mes flammes envers toi pendant bien trop longtemps, Draconia ! Tu viens d'en franchir la ligne rouge !"
"Mmm. Flammes grenat vs flammes phosphorescentes. Je demande à voir."
"Tu ne verras rien d'autre que les flammes de l'enfer, Draconia !" le chargeant d'un rugissement puissant de ses flammes surnaturelles.
Malleus s'entoure de ronces qui le protègent, se renouvelant à chaque nouvelle léchée.
"Je ne vous laisserai jamais goûter au bonheur, Flamm."
"SILENCE !" lançant une nouvelle salve plus rugissante encore que la précédente.
"Tu perds ton temps. Petite dragonne, sois gentille et..."
L'aura qui s'agite autour de moi n'augure rien de bon pour la suite.
Ma chevelure entière flotte.
Rollo lui-même a eu très peu l'occasion de me voir devenir cette guerrière.
"C'en est assez, Malleus." le frappant, ouvrant une dimension qui l'engloutit.
L'exercice me laisse tremblante, presque sans voix.
"Petite fée !..." se portant à mon secours pour me soutenir.
"Bois, petite fée." m'offrant un breuvage tiède.
"Rollo..." dodelinant de la tête une fois la tasse éloignée de mes lèvres.
"Je suis là, petite fée." m'enserrant la main.
"Je suis... désolée..."
"Reprends des forces. Cet excès de magie a dû t'épuiser."
Rollo quitte la chambre. Eliott vient le relayer. Puis mon père.
Rollo dira simplement que nous avons été assailli par un mage mal intentionné, sans donner davantage de détails.
L'automne est clément et m'autorise encore quelques belles sorties dans le parc.
"Elle a retrouvé des couleurs." sourit Eliott.
"En effet." accorde Rollo.
"Tu ne me touches plus..."
"Je..." sur un reniflement puis un sourire embarrassé. "... j'ai peur, petite fée."
"Rollo..." m'approchant, posant la main sur son épaule, postée derrière lui.
"L'enfant sera sans doute doté d'une combinaison de nos magies... et cela m'effraie." m'avoue-t-il.
J'embrasse tour à tour ses omoplates.
"Sera-t-il heureux ? Ne lui arrivera-t-il point malheur comme jadis Moddo ?"
"Je... je n'en sais rien, Rollo."
"Avec Aelys, le doute était permis..."
La gifle en plein visage !...
Je frémis et m'en écarte.
Il en a conscience mais s'y refuse. "Combien de drames allons-nous encore vivre ?"
"Je l'ignore, Rollo." reculant de plusieurs pas.
"Je dois me faire fort de nous débarrasser de nos magies respectives avant de pouvoir prétendre envisager notre bonheur."
Allons bon... quel est ce nouveau projet fou ?
"Non."
Il se retourne. "Non ?"
"Ta magie est... très belle, Rollo. Elle est flamboyante. Je l'aime beaucoup."
"Elle a causé la mort de mon frère !" ramenant des doigts crispés devant lui. "Elle a alimenté l'ambition démesurée de mon oncle ! Elle a mené mon père à la tombe et pillé la vue à ma mère !"
"Rollo, hey..." lui frictionnant les bras pour le détendre. "OK, elle a fait tout ça. Mais... elle nous a sauvés plus d'une fois la vie !... Rappelle-toi les bandits que nous sommes parvenus à faire fuir grâce à elle !..."
"Rachel. M'aimerais-tu si j'étais sans magie ?"
Je cligne. "Je... ne sais p..."
"M'aimerais-tu ?!" m'attrapant violemment par les bras pour me secouer.
"Doucement, Rollo..." fermant les paupières.
Il me libère, peu conscient de sa force lorsque la colère le domine.
"Je dois partir immédiatement chercher le remède à nos maux."
"Stop !" le retenant devant moi. "Non !... C'est ici et maintenant que j'ai besoin de toi, Rollo !... Que ferais-je d'un homme dont la seule qualité demeurerait l'érudition ?!"
Il me darde du regard, cherchant à m'introspecter.
"Je... j'apprendrai à me défendre autrement, en usant d'armes classiques."
Je renifle. "Les armes classiques, nos ennemis n'en ont cure, Rollo ! Serions-nous arrivés à bout de Malleus grâce à des armes de poings, dis-moi ?!"
Il baisse la tête, se mordant sauvagement l'intérieur des joues, mâchoire crispée. "Non." finit-il par admettre.
"Rollo. J'ai besoin... que tu demeures ici. Avec moi. Que nous goûtions enfin notre mariage."
"Je... je ne pourrai pas... te faire un enfant maintenant, petite fée. Pas dans ces conditions."
"Rollo, nous n'avons pas eu besoin de cela jusqu'à présent. Nous pouvons continuer ainsi, jusqu'à ce que tu sois prêt." attrapant ses mains pour glisser mes doigts entre les siens, bras relevés. "Rollo, j'ai besoin de toi."
Son expression se radoucit. Il porte son attention sur les mouvements de nos doigts croisés.
"Je t'aime, ma petite fée." m'adressant le sourire qui me manquait.
"Embrasse-moi." le quémandant.
C'est doux. Chaud. Ça flatte les sens.
"Je t'aime tel que tu es, Rollo Flamm. Avec ta magie. Et cette bouche..." glissant mes lèvres sur les siennes. "... qui m'a tant de fois maudite... je veux qu'elle me gâte, peu importe l'endroit par lequel elle choisira de commencer."
Il se sent monter sous sa tunique bleu nuit, me désignant le lit qui n'attend que nous du coin de l'œil.
Il m'y mène, m'y installant, fouillant sous mes jupons puis les soulevant, défaisant les bas, traçant de baisers pleins l'intérieur de mes cuisses, pouce titillant mon sexe par-dessus le fin tissu du dessous.
Il m'éveille immanquablement, obtenant rapidement de moi des confessions vocales éloquentes, sexe s'ouvrant pour accueillir le sien.
Ma tête dodeline lorsque sa langue vient au contact, une fois le tissu écarté. Son regard passe de mon visage expressif à mon sexe qu'il gâte.
Flamm sait ce qu'il fait et où il va. Il a toujours eu le sexe dans le sang. Il voit l'organe féminin comme une fleur que l'on se doit de flatter jusqu'à ce qu'elle daigne s'ouvrir et offrir son nectar sans compter. D'ailleurs s'il devait dessiner l'origine du monde, Flamm le représenterait comme une fleur - carnivore pour l'ironie.
Rollo aime être dominé. Parce que c'est tout bonnement merveilleux pour lui de lâcher prise, de n'être plus soumis à sa seule volonté mais à celle de son/sa partenaire. Et dans le cas d'une femme, les choses vont plus lentement, lui offrant la délicieuse impression d'imploser tant le plaisir agit à retardement !...
Évidemment, de tels jeux étaient totalement interdits à Aelys et c'est peut-être ceci qui a participé à sa dérive désespérée l'ayant finalement conduite au suicide. Elle n'avait, pour ainsi dire, aucun autre échappatoire entre son ambitieuse mère et son mari autoritaire.
Peu connaissent Rollo dans ce registre. Grégoire demeure le seul qui ait été capable de faire rayonner l'indomptable Rollo !
La dureté apparente du personnage camoufle en réalité un grand sensible. Féru de botanique et maîtrisant le langage subtil des fleurs, Rollo s'est construit une véritable carapace au fil des années et des drames venus joncher sa vie.
Je caresse ses cheveux courts alors qu'il repose au-dessus de ma poitrine, visage proche du mien.
Nos doigts viennent se mêler les uns aux autres.
"Je t'aime, Rollo Flamm. Toi et tout ce qui te compose ; ta fierté, ton histoire, ta magie."
Il en sourit. "Tu me fais du bien, petite fée."
"Je ne regrette absolument pas notre union." soulevant sa main pour en embrasser le dos.
Rollo lit et relit la missive, agité, pensées confuses.
Grégoire lui indique le lieu d'un rendez-vous galant.
"Grégoire... je suis... marié..." visage dépité, corps et esprit tiraillés.
Grégoire avance son pied dans l'étrier lorsque soudain Rollo s'annonce. Avec près d'une heure de retard - chose peu habituelle dans ses mœurs.
Petit sourire de Grégoire. "Ah, tout de même..."
Rollo s'approche, se tenant malgré tout à distance.
Grégoire s'avance. "Eh bien ? Je te fais peur ?"
Rollo renifle. "Les choses... ont changé, Grégoire. Je suis à présent uni à Rachel."
"J'ai eu vent de votre mariage, en effet. Et je vous en félicite. Je n'ai pu le faire, étant en campagne."
"Si ton invitation avait pour but de nous retrouver autour d'un verre, je serai heureux de l'accepter. Il faut avouer que les termes... étaient pour le moins... vagues."
Grégoire attrape la bride de Satan, main s'avançant le long de la cuisse de Rollo.
Les premiers, violents frissons gagnent celui en selle. Ses doigts crispent sur les rênes.
"Apparemment... tu sembles avoir d'autres intentions..." jetant un regard sur la main qui refuse de quitter sa cuisse, remontant toujours plus haut.
"Nous plaisons-nous encore, Rollo ?"
"Grégoire, je..." incapable de s'en défendre.
"Te souviens-tu de l'ardeur de nos jeux ?... Où l'expression jouer avec le feu prenait tout son sens ?..."
"Grégoire, je t'en... supplie..." érection commençant à se former.
"Te rappelles-tu combien nous aimions sentir... nos verges en contact ? Et la sensation de nos semences s'épancher chaudement sur nos ventres ?..."
Rollo en suffoque ; désir prenant le pas.
"Moi, je n'ai rien oublié, Rollo."
Presque d'instinct, Grégoire sait ce qui se passe sous la tunique de Rollo, sans même s'en assurer par le geste.
"Pourquoi... me tentes-tu... Grégoire ?..."
"Descends de ta monture, Rollo. Et aimons-nous." glissant la main jusqu'à l'aine.
Rollo en éprouve un vif spasme dans tout le corps, sexe monté bien haut à présent.
"Rachel..." abaissant les paupières.
"Nul n'en saura rien." lui promet Grégoire.
Les pensées de Rollo tourbillonnent sur le chemin du retour. Il a... lâchement cédé.
Ils viennent de faire l'amour avec une telle passion !...
Ce moment, lorsque Grégoire les empoigne tous les deux, érigés, suintants, y faisant coulisser durement ses doigts, appelant un plaisir aussi fou qu'interdit !...
Rollo a tant atteint les hautes sphères des sensations qu'il en a manqué l'étourdissement !...
A présent, il n'est pas très fier de se présenter devant moi.
"Petite fleur, j'ai peur."
Je l'avise, glissant les doigts dans ses mèches courtes.
"J'ai revu... Grégoire." abaissant les paupières, confessant sa faute. "Je suis... absolument méprisable. Tu peux m'en blâmer, je l'accepterai sans broncher." prêt à endurer.
"Je ne t'en veux pas."
Il m'avise de yeux ronds. "Petite fée... si, si, tu le dois !..." attrapant mes mains pour y passer son visage.
"Non, Rollo. Comment pourrais-je te faire la morale vu mon passif avec Malleus ?"
"Petite fée... ce n'est vraiment pas ainsi que je voyais notre mariage... à lui donner des coups de canif à tour de rôle..."
"Ta vision était sans doute... un peu idéaliste, Rollo. Nous avons, l'un comme l'autre, un passé. Qui se fait souvent présent. Ne t'en flagelle pas, je t'en prie. La vie t'a suffisamment frappé comme ça." l'invitant à poser sa tête contre ma poitrine, doigts ne quittant pas ses cheveux clairs. "Je ne t'en veux absolument pas."
"Petite fée... je ne puis laisser Grégoire... faire constamment irruption dans ma vie..."
"Shh, Rollo. Shh." le réconfortant.
"Regarde celle avec l'écharpe bleue..." à l'oreille de son amant, assistant à une danse traditionnelle féminine.
"Grégoire... je ne le puis ni ne le dois." reniflant.
"Comme tu voudras." gâtant son regard sans retenue, picorant dans les plats d'une main distraite.
"Est-ce la guerre qui... t'a rendu aussi..."
"Aussi ? Va au fond de ta pensée, Rollo."
"... charnel."
"Je l'étais déjà avant, il me semble." sur un petit sourire. "Et tu ne t'en plaignais pas." l'embrassant sur la joue.
"Grégoire, je... il faut cesser. Cesser, tu m'entends ?..."
"J'entends surtout la faiblesse de tes mots." amusé, le débusquant. "Tu as peur que je finisse au lit avec elle ?"
"N... non. Tu es libre, Grégoire."
"Oh, que tu mens mal, Rollo." lui offrant un nouveau baiser. "Tu m'attises." mains se faisant plus vagabondes.
"Gré... goire..." sentant son sexe monter une nouvelle fois. "Par pi... tié... ne..."
"Ta défense est faible, Rollo." s'en félicitant. "Sais-tu ce qui me plaisait le plus à Noble Bell, Rollo ?"
"Gré... g..." maîtrisant bien mal son trouble.
"C'était de savoir ce que camouflait la façade savamment étudiée de son Président." à l'oreille frémissante et rougissante de l'intéressé. "De savoir ce qui se cachait derrière cette moue dégoûtée et ce malgré la présence de ton mouchoir. J'aimais ça d'ailleurs. Que tu sois écœuré de manière aussi flagrante..."
Rollo se pince la lèvre, attisé.
"Encore aujourd'hui, je demeure capable de savoir ce qui est susceptible de te faire frissonner et te conduire droit à un orgasme éclatant, Rollo."
Rollo s'empare de son béret, atterré. Il observe le jeu des flammes dans le foyer.
"Je suis... misérable." s'installant sur le tabouret devant l'âtre.
Il lève la main et les flammes se mettent à danser en s'entremêlant, agiles, une partie d'elles venant regagner sa paume pour y ronronner, domptées.
"Mes compagnes..." en souriant presque. "Ce n'est vraiment pas ainsi que je l'imaginais... ce mariage..." dépité.
La nostalgie le ramènerait presque aux quelques jours passés aux côtés de la discrète Aelys. Dans ce ménage, les règles étaient clairement définies. Ces règles rassuraient Rollo - tout en détruisant Aelys.
Aelys était une ombre. Vacant aux tâches ménagères pendant que Rollo exerçait son métier.
Une fois de retour au foyer, Rollo se sentait en territoire conquis. Chaque parole, chaque geste était avalisé.
En fait, dans ce mariage, Rollo et Aelys étaient deux étrangers vivant sous le même toit, se pliant au jeu de règles archaïques.
Quant à l'intimité... c'était quand Monsieur s'en sentait d'humeur. Madame n'avait rien à demander ou quémander !
Lorsque l'érection de Monsieur s'annonçait, Madame n'avait qu'à s'allonger sur le dos et ouvrir les cuisses en grand pour accueillir la précieuse semence procréatrice !
Même si Rollo ne s'est jamais montré vif ou violent dans le domaine, Madame n'avait en aucun cas à revendiquer son plaisir ; celui de Monsieur prévalant sur le sien.
Jamais de geste tendre en public, jamais de regard chargé d'amour.
Au retour de Monsieur, avant le souper, la lecture de quelques récits moralisants permettait d'affermir le culte rendu aux règles du foyer et de la vie civique en général.
Aucune fantaisie. Les rires ne résonnaient guère dans ce foyer à l'ambiance glaciale.
Et pourtant, Rollo s'y plaisait, y trouvant son compte. Seul maître à bord, reconnu sans aucune discussion possible, cette vie longiligne rassurait les insécurités de l'homme du foyer.
Le mal-être d'Aelys, aucun - ni son mari, ni ses parents, ni sa fratrie - n'a su le débusquer.
Jusqu'à ce qu'il soit si fort qu'il l'entraîne vers le courant tumultueux de la Sun River !
Et ce n'était pas la vie qui croissant dans son ventre anxieux qui parvint à changer la donne.
Aujourd'hui Rollo se retrouve avec un contrat de mariage piétiné de toutes parts, incapable de faire gonfler mon ventre.
Autant dire que le mood n'est pas celui de chanter sa joie avec les oiseaux en ce début de printemps !
