Rivalité

Elle lui balança son verre d'eau au visage. Elle savait très bien que ce geste n'était pas correct, elle savait qu'elle allait le regretter plus tard – quoique… – mais cela avait été plus fort qu'elle. Cette femme lui sortait littéralement par les yeux. Jack était décidément un bel idiot !

Un mois auparavant…

— Reviens avec moi sur Terre, lui dit Jack.

— Je ne suis pas certaine, Jack. Tu as ta vie là-bas, c'est tout un monde que je ne connais pas, répondit Laira.

— Tu me connais moi…

— Et mon fils ?

— Il est grand. Je te promets que tu pourras venir le voir lorsque tu le voudras.

— Peut-être que tes amis ne seront pas d'accord.

— Ils n'ont pas leur mot à dire là-dessus. Et puis, ils te connaissent et t'apprécient déjà, tout se passera bien, tu verras. S'il te plaît…

Laira réfléchit encore quelques secondes. Elle était tombée amoureuse de cet homme et leur précédente nuit avait été simple, mais parfaite. Elle jeta un coup d'œil vers le major Carter, qui regardait ses chaussures, puis vers le docteur Daniel Jackson et Teal'c, qui avaient l'air d'avoir une conversation muette. Elle replongea son regard dans celui de Jack et hocha la tête lentement. Le colonel O'Neill lui sourit, lui prit la main, puis ils avancèrent vers les trois autres membres de SG-1.

— Laira rentre avec nous ! lança Jack joyeusement.

— Sur Terre ? demanda Daniel.

— Bien évidemment sur Terre, Daniel. J'espère bien que vous n'allez pas m'envoyer sur Mars, blagua Jack.

La plaisanterie ne toucha aucun de ses trois amis. Carter était devenue étrangement muette alors qu'elle avait sûrement une tonne d'informations scientifiques à lui donner sur son sauvetage, Daniel regardait sa montre et Teal'c… eh bien, Teal'c était égal à lui-même.

Après avoir réuni leurs affaires, Laira et Jack se dirigèrent vers la porte des étoiles, à présent en position verticale, et Sam saisit les coordonnées de la Terre. Le Général Hammond accueillit Jack avec chaleur, mais fut étonné de voir Laira. Jack lui expliqua quelque peu la situation et George lui demanda de passer dans son bureau avec la jeune femme après la visite obligatoire à l'infirmerie. Laira semblait un peu perdue, mais Jack ne la lâchait pas. Son trio d'amis attendait tranquillement en bas de la rampe et le couple avança vers eux.

— Direction l'infirmerie ! dit Jack.

— Bien, mon Colonel, répondit Sam d'une voix faible.

Le trajet dans les couloirs fut très silencieux. Alors que Daniel et Teal'c surveillaient du coin de l'œil Sam, Laira observait Jack dès qu'elle le pouvait. Le voir ainsi dans son élément le rendait encore plus charismatique et sexy. Elle avait hâte qu'ils se retrouvent seuls. Lorsqu'ils arrivèrent à l'endroit qu'ils appelaient infirmerie, elle découvrit à quel point ce peuple était plus évolué que le sien.

— Colonel ! Ravie de vous revoir parmi nous ! s'exclama Janet Fraiser alors que le groupe prenait place sur les lits environnants.

Laira, qui se tenait un peu plus en retrait derrière Jack, observa silencieusement Sam, Daniel et Teal'c s'installer, sans même avoir besoin d'échanger un mot. Chacun avait sa place. Tous, sauf elle. Janet Fraiser ne semblait même pas l'avoir remarqué.

— Allez-vous faire installer votre amie, Colonel ? demanda Janet, sans même jeter un œil à la jeune femme.

— Bien sûr, Doc. J'aurais voulu lui éviter les piqûres, mais je suppose qu'elle ne va pas avoir le choix.

— Vous supposez bien, Colonel, répondit Janet, tandis que Jack présentait un lit de libre à Laira.

— Je vous connais tellement ! blagua Jack.

— Vous êtes ici pour un traité ? questionna Janet.

— Oh, euh… non, pas vraiment, hésita à répondre la jeune femme.

Le regard de Janet passa de Laira à Jack, puis à Sam. Cette dernière regardait ailleurs, la mâchoire serrée. Janet reporta son regard sur le colonel O'Neill et leva un sourcil digne de Teal'c.

— Laira est avec moi, dit-il en souriant.

— Je vois… Bien, cela va donc être plus long. Est-elle amenée à sortir de la base ?

— Je vais expressément en demander l'autorisation au Général, répondit Jack.

— Très bien, répliqua Janet d'un ton sec.

— Est-ce que tout va bien ? demanda Laira, un peu nerveuse.

— Oui, beaucoup de travail, rien de bien particulier ou d'étonnant ici, répondit la jeune médecin.

Les bilans sanguins étaient déjà en train d'être prélevés sur les quatre membres de SG-1. Janet compléta celui de Laira et le tendit à l'infirmière qui attendait ses prescriptions. Elle se dirigea ensuite vers Sam et tira le rideau qui séparait son lit des autres.

— Est-ce que j'ai fait quelque chose ? demanda Laira.

— Non, ne t'en fais pas. Il y a souvent beaucoup de mouvements ici, le docteur Fraiser a énormément de travail. Ce n'est pas contre toi.

— D'accord, répondit-elle, visiblement soulagée.

Derrière le rideau, Janet vérifiait les yeux de Sam.

— Qu'est-ce qu'elle fait là ? demanda Janet, agacée.

— Le colonel lui a demandé de venir avec lui sur Terre.

— C'est n'importe quoi.

— Je pense qu'ils sont… très proches.

— Vous comme moi savons que ce sont des conneries.

— Janet ? questionna Sam.

— Désolé. C'est juste que… je suis étonnée.

— En quoi ?

— Vous aussi vous êtes très proches.

— Ça n'a rien à voir.

— Là-dessus, je vous donne raison. Ça n'a strictement rien à voir du tout.

— Janet…

— Quoi ? demanda le médecin en s'arrêtant d'écrire.

— Elle est très gentille, vous savez.

— Et alors ?

— Je ne comprends pas bien ce qui vous dérange.

— Ce qui n'était apparemment pas un problème va en devenir un, Sam.

La scientifique fronça les sourcils, pas bien certaine de suivre le raisonnement de sa meilleure amie.

Le reste de la journée se poursuivit de manière bien plus banale après leur sortie de l'infirmerie. Sam était occupée à écrire son rapport, Janet faisait subir une batterie de tests en tous genres à Laira et Daniel et Teal'c travaillaient sur une traduction. Jack, quant à lui, avait du mal à se concentrer sur son rapport. Il espérait que Laira sorte rapidement de l'infirmerie, le général Hammond ayant obtenu l'autorisation de sa sortie à la surface. Elle devrait rester une dizaine de jours dans la base, mais ensuite, ils seraient libres. À cette pensée, Jack sourit. Il était ravi d'être rentré sur Terre et que Laira l'ait accompagné. Alors qu'il s'ennuyait un peu, il décida de délaisser son ordinateur pour aller discuter avec Daniel et Teal'c. Ces amis lui avaient manqué pendant trois mois, il considérait véritablement son équipe comme sa famille. Il frappa à la porte du bureau de l'archéologue, qui releva la tête lentement, et entra.

— Alors, qu'est-ce que vous traduisez de beau, Daniel ? demanda-t-il, enjoué.

— SG-3 a ramené ce document hier. La civilisation a apparemment été esclave des goa'ulds pendant une longue période. Nous essayons de déterminer quel goa'uld les avait asservis. Teal'c m'aide beaucoup, répondit Daniel tandis que le Jaffa hochait la tête.

— Passionnant, dit Jack.

— Vous êtes passé voir Sam ? demanda Daniel en se replongeant dans sa lecture.

— Sam ? Non. Pourquoi ?

Daniel releva la tête, plongeant son regard dans celui de Jack.

— « Pourquoi » ? répéta l'archéologue, comme s'il n'avait pas saisi le questionnement de Jack.

— J'ai raté quelque chose pendant mon absence ?

Daniel et Teal'c le fixaient d'un regard mélangé d'étonnement et d'agacement. Le Jaffa se leva de sa chaise, ferma la porte puis partit se rasseoir près de Daniel, faisant face à Jack.

— Qu'est-ce qui se passe, les gars ? demanda Jack.

— Je trouvais déjà que votre comportement à l'arrivée du major Carter et de Daniel Jackson n'était pas correct, O'Neill, mais vous me décevez maintenant beaucoup, commença Teal'c.

— Pardon ?

— Qu'avez-vous fait pendant trois mois ? demanda subitement Daniel.

— Euh… j'ai aidé la population à se remettre de la pluie de météorites. J'ai aidé aux champs, j'ai creusé pour chercher la porte…

— Et ?

— Et quoi ?

— Vous avez passé des moments agréables aussi, non ?

— Oui, c'est arrivé. C'est un crime ? demanda Jack de manière défensive.

— Loin de là, répondit Daniel.

— Alors quoi ?

— Comment pensez-vous que je sois parvenu à traverser la porte pour venir vous rejoindre, O'Neill ?

— Eh bien, Carter a parlé d'un truc, je crois.

— Sam a passé trois mois à créer le générateur à particules qui a permis de faire fondre le naqhadha pour pouvoir former un passage.

— Oui, elle m'a dit quelque chose de ce genre, il me semble.

— Vous seriez sûr de vous si vous l'aviez écouté au lieu de lui couper la parole et de vous éloigner avec autant de respect qu'un buffle !

— Le major Carter a passé ses jours et ses nuits à créer le générateur, O'Neill. Nous étions tous inquiets de son état de santé, elle a d'ailleurs perdu plusieurs kilos durant cette période. Elle pensait que vous n'attendriez pas un an que le vaisseau Tollan soit dans le secteur d'Edora.

— Ah.

— Et vous ne l'avez même pas remercié. À dire vrai, vous ne lui avez même pas accordé un mot depuis votre retour ! J'en suis écœuré pour elle et, surtout, je suis déçu de votre comportement. Ça ne vous ressemble pas, Jack, dit Daniel d'un ton plein de reproches.

Jack se frotta l'arrière du crâne, mal à l'aise.

— Je suis d'accord avec le docteur Jackson, O'Neill. Il me semble que le major Carter mérite bien plus de considérations que ce dont vous lui témoignez en ce moment.

— Je suis désolé, je n'avais pas vu les choses comme ça… Je ne pensais pas qu'elle avait autant travaillé que ça.

— Risquer sa santé serait plus juste, Jack. Mais elle l'a fait, car on ne laisse personne en arrière. Personne ne voulait croire que vous étiez mort. C'était la seule capable d'un tel exploit pour parvenir à former cette brèche. Déjà, c'est elle qui a compris que le naqhadha avait fusionné, formant une sorte d'iris. Sans elle, on ne serait pas en train de se parler à l'heure actuelle.

— Est-ce qu'elle s'est un peu reposée depuis ?

— J'en doute fortement. Mais c'est bien que ça commence à vous inquiéter.

— C'est mon second, bien sûr que son état de santé m'inquiète, Daniel.

— J'espère que vous saurez lui montrer votre reconnaissance, Colonel O'Neill. Il me paraît juste qu'elle soit félicitée.

— Oui… Bon, je… commença Jack en s'éclaircissant la gorge. Je retourne à mon bureau, finir ce rapport. On pourrait peut-être boire un verre tous les quatre ensuite ?

— Très bien. Parlez-en à Sam et tenez-nous au courant, répondit Daniel tandis que Teal'c hochait la tête.

Jack sortit du bureau de Daniel et rejoignit le sien, devant lequel se trouvait Carter. Il l'observa rapidement et fut vraiment mal à l'aise de s'apercevoir que Teal'c et Daniel avaient totalement raison à son sujet. Elle avait perdu plusieurs kilos, avait de sacrés cernes sous les yeux et ses joues s'étaient un peu creusées. À la vue de son supérieur hiérarchique, la jeune femme se mit au garde-à-vous.

— Repos, Carter.

Il ouvrit la porte et ils entrèrent.

— Vous aviez besoin de quelque chose ? demanda Jack.

— Juste vous remettre mon rapport, mon Colonel, répondit Sam, un peu tendue.

Jack prit le document que la jeune femme lui tendait et regarda le nombre de pages. Une dizaine !

— Depuis quand ne vous êtes-vous pas reposée, Carter ? demanda Jack doucement.

— Hier, Monsieur, répondit Sam.

— Et ça ne devait pas être du vrai repos vous connaissant, enchaîna Jack.

Sam plongea son regard dans le sien et ne put empêcher son cœur d'accélérer sa cadence. Jack sourit doucement.

— Allez vous reposer, Sam.

— Ça devrait aller jusqu'à ce soir, mon Colonel.

— J'aurais aimé aller boire un verre avec vous et les gars dans la soirée, ça ne sera pas possible si vous ne dormez pas un peu. Je n'ai pas envie de vous l'ordonner, Carter…

— Vous n'aurez pas à le faire alors, Monsieur, dit la jeune femme.

Leurs voix étaient douces, comme s'ils apprenaient soudain à se retrouver.

— À plus tard, Monsieur, dit Sam, coupant le lien visuel au bout de plusieurs secondes.

— Carter ! l'interpella Jack juste avant qu'elle ne passe la porte qui était restée ouverte.

Il contourna son bureau et se retrouva à quelques centimètres d'elle. Son doux parfum émanait de sa chevelure blonde et cela lui rappela à quel point cette senteur lui avait manqué. Il attrapa sa main, se fichant bien d'être peu professionnel. Cette femme avait passé trois mois à tenter de le sauver et elle avait réussi. Le professionnalisme attendrait à la porte.

— Merci, Sam. Merci de m'avoir ramené.

Il lui caressait le poignet avec son pouce sans même s'en apercevoir.

— C'était normal, mon Colonel, murmura Sam.

— Peu de personnes en auraient fait autant. Merci, du fond du cœur, Sam. Merci.

— Je vous en prie, répondit la scientifique, la voix basse et les joues rouges.

— Allez vous reposer, on se retrouve à vingt heures chez O'Malley, dit Jack, son regard toujours planté dans celui bleu océan de son second.

— Oui. Merci, mon Colonel.

Elle sortit lentement de la pièce, détachant doucement sa main de celle de Jack. À l'extérieur, Laira n'avait pas perdu une miette de leur échange. Elle était sortie de l'infirmerie un peu plus tôt et était partie chercher Jack. On lui avait montré l'emplacement de son bureau, mais elle était arrivée juste après qu'ils furent entrés. Ce qu'elle venait de voir ne lui plaisait pas. Pas du tout même. Samantha Carter prenait vraisemblablement une place bien plus importante dans la vie de Jack qu'elle l'aurait cru lorsqu'elle les avait vus sur Edora. Si elle voulait être heureuse avec Jack, elle allait devoir l'évincer. Alors qu'elle était dans ses pensées, le colonel O'Neill l'interpella.

— Laira ? Tout va bien ? demanda-t-il.

— Oui, tout va bien. Je suis sortie il y a quelques minutes, je me suis perdue un peu dans les couloirs.

— Tu t'habitueras vite. Est-ce qu'on t'a déjà montré tes quartiers ?

— Non, tu m'y accompagnes ?

— Bien sûr, répondit-il joyeusement.

Lorsque Laira fut installée, Jack lui proposa d'aller manger au mess. La jeune femme découvrait peu à peu le mode de fonctionnement de la base. Elle expliqua à Jack comment s'était déroulé les tests à l'infirmerie et l'informa que Janet lui avait conseillé de suspendre les tentatives de faire un enfant le temps qu'elle la vaccine contre les maladies qu'elle pourrait rencontrer sur Terre. Jack approuva la décision du médecin et indiqua à Laira qu'ils auraient tout le temps pour y songer de nouveau lorsqu'elle se serait habituée à son nouvel environnement.

— Tu as envie de manger autre chose ? demanda Jack.

— Non, merci. C'était très bon.

— Oh, tu verras, il y a vraiment des plats bien meilleurs à l'extérieur !

— J'ai hâte de découvrir ça alors, répondit Laira en souriant.

— Tu pourras revenir ce soir, n'hésites pas à demander au chef des explications sur ce qu'il te servira.

— Tu ne seras pas là ? demanda innocemment la jeune femme.

— Ah, je dois sortir de la base ce soir, grimaça Jack.

— Pourquoi ?

— Je dois aller ouvrir ma maison, vérifier le courrier, ce genre de choses…

— Oh…

— Je vais aussi boire un verre avec mon équipe. Je ne les ai pas vus depuis longtemps et, tu sais… On a besoin de se retrouver un peu.

— Je vois.

— Ça ira ?

— Bien sûr ! Je suis une grande fille, Jack. Je m'en sortirai jusqu'à demain matin, répondit Laira en souriant.

Au même moment, Sam entra dans le mess. Jack fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi la jeune scientifique n'était pas en train de faire une bonne sieste réparatrice. Il la vit se servir une coupe de Jello – bleue, sa favorite – ainsi qu'un soda light. Perdu dans sa contemplation, il n'entendait pas Laira l'interpeller.

— Jack ? Jack ? Ouh ouh, Jack ?

L'intéressé détourna la tête et observa Laira.

— Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle.

— Carter est là.

Laira se retourna afin d'observer à son tour la jeune blonde qui venait de s'asseoir un peu plus loin.

— Et alors ?

— Je reviens, dit Jack avant de se lever, laissant Laira seule à table.

— Carter ? questionna-t-il en la faisant sursauter.

— Mon Colonel ?

— Vous n'êtes pas censée dormir un peu ?

— C'est ce que j'avais prévu, mais j'ai eu un peu faim. Je… n'avais pas mangé depuis hier, Monsieur, dit-elle mal à l'aise.

Jack grimaça. Il savait que c'était de sa faute si son second ne s'était pas alimenté depuis la veille.

— J'en suis désolé, s'excusa-t-il.

— Ne le soyez pas. Cela a été utile, mon Colonel.

— Je passe vous chercher à votre labo à dix-neuf heures trente ?

— Oui, ça sera parfait, Monsieur, répondit Sam en souriant doucement.

— D'ici là, mangez un peu et surtout, dormez. C'est un ordre, Major.

— Oui, mon Colonel. À vos ordres, mon Colonel.

Jack reprit sa place en face de Laira, qui avait écouté leur conversation.

— À dix-neuf heures trente alors ?

— Oui, j'ai dit vingt heures aux gars et je sais que Carter n'aime pas être en retard.

— C'est si loin ? Qu'allez-vous faire en attendant ?

Sa question pouvait paraître innocente vu le ton qu'elle prit, mais Jack fut visiblement pris au dépourvu.

— Eh bien… le temps de sortir de la base, de rouler jusqu'au bar… On aura le temps de commander avant qu'ils arrivent. Carter me fera un petit résumé de son rapport pendant le trajet, je suppose.

— Ça ne semble pas très passionnant.

— Il faut s'y intéresser. Vu de l'extérieur, ça peut paraître barbant, mais elle sait rendre les sujets intéressants.

Laira hocha la tête, capitulant un peu. Jack ne faisait-il donc que des éloges de cette femme ? Laira resta silencieuse pendant plusieurs minutes et Jack se leva afin d'aller se chercher un café. Sans un mot, il prit également une infusion et, alors que Laira pensait qu'il lui ramenait la boisson chaude, il passa devant Sam, la déposa devant elle avec un clin d'œil, puis revint à sa table. Sam avait un sourire aux lèvres, Laira gardait un visage fermé, et Janet n'avait rien perdu de la scène. Le médecin venait en effet se chercher un café quand elle avait vu Jack être si mignon envers Sam. C'était plus fort qu'elle, elle les trouvait adorables. Alors oui, ils n'avaient pas le droit d'être ensemble, mais il fallait être aveugle pour ne pas voir la fabuleuse alchimie que ces deux-là partageaient dès qu'ils étaient dans une même pièce. D'ailleurs, Laira semblait avoir remarqué quelque chose.

« Tant mieux, » pensa Janet en entrant finalement dans le mess.

Elle salua le colonel de loin, rappela à Sam de se reposer et repartit aussi vite qu'elle était venue. Quelques minutes plus tard, Jack et Laira quittaient à leur tour le mess. Le militaire annonça à la jeune femme qu'il fallait qu'il travaille sur son rapport, mais qu'il la retrouverait avant de sortir. Ils se séparèrent au moment où Sam rejoignait ses quartiers. Laira l'observa marcher un petit moment, se demandant si elle devrait avoir autant de craintes vis-à-vis de la jeune femme. En tournant la tête, elle put voir que Jack regardait également Sam s'éloigner. Il se passa une main sur le visage et disparut au coin. Cela conforta Laira dans son idée : Sam était une adversaire de taille. Est-ce qu'ils se rendaient compte de leurs gestes et regards ?

Cela importait peu finalement, car cela ne changeait rien au fait que pour être heureuse avec Jack, le major Carter devait disparaître du tableau. Elle avait beau se trouver en terrain inconnu, elle était persuadée de réussir à évincer Sam. Elle allait devoir commencer très rapidement et cela incluait notamment de faire capoter la soirée de retrouvailles que Jack avait programmée. Elle rejoignit ses quartiers, une idée derrière la tête…

Quelques heures plus tard, Sam était revenue dans son laboratoire. Elle avait réussi à se reposer un peu et voulait observer un artefact ramené à la base il y avait de ça plusieurs semaines. Avec la création du générateur à particules, elle n'avait pas eu le temps d'examiner les découvertes scientifiques faites par les autres équipes SG. Elle regarda l'heure et sauvegarda son travail sur son ordinateur. Elle s'étira et rangea l'artefact dans un coin de son labo. Le colonel allait arriver dans la demi-heure qui suivait et elle ne voulait pas le faire attendre. Elle sortit pour rejoindre les vestiaires et se changea en tenue civile, puis revint sur son lieu de travail. À son grand étonnement, Laira était là et semblait l'attendre devant le laboratoire.

— Laira ? questionna-t-elle.

— Major Carter ! Je vous attendais, annonça la jeune femme dans un sourire.

— Avez-vous un souci ? Faut-il que je fasse appeler le colonel ?

— Non, non, ne vous en faites pas. Je suis simplement curieuse, je pensais vous demander de m'expliquer votre travail.

— Oh, répondit Sam, étonnée. Eh bien, ça tombe plutôt mal, je vais quitter la base pour la soirée, mais si vous le souhaitez, je pourrais vous montrer cela demain.

— Avec grand plaisir ! répliqua Laira en prenant une gorgée de la tisane qu'elle tenait à la main. Cette boisson est fantastique ! Nous n'avions pas ce type d'infusions sur Edora. Je suis tellement contente que Jack m'ait demandé de le rejoindre ici.

— Il y a beaucoup de choses intéressantes sur Terre. Je pense que vous vous plairez, dit Sam en ouvrant la porte avant d'entrer.

— Tant qu'il y a Jack, tout ira bien. Il est tout ce dont j'ai besoin.

Le cœur de Sam se serra.

— Je suppose, oui, répondit-elle finalement en rangeant quelques papiers.

— Allez-vous faire une sorte de fête ce soir ?

— Oh, non, pas vraiment, c'est juste une petite réunion, histoire de se retrouver.

— Et cette machine, qu'est-ce que c'est exactement ? demanda Laira en se penchant sur l'ordinateur de Sam.

Jack lui avait rapidement expliqué le principe de l'électricité et avait bien insisté sur le fait de ne pas approcher de liquide de toutes prises et autres appareils branchés. Elle bougea son poignet pour faire en sorte que sa tasse se renverse sur l'ordinateur de Sam, qui commença aussitôt à émettre des étincelles.

— Oh ! dit Laira en sursautant, réellement surprise de ce qu'elle venait de produire.

— Mon Dieu ! Reculez !

Alors que quelques flammes apparurent, Sam attrapa l'extincteur et aspergea son ordinateur. Au même moment, Jack arriva devant le labo, suivi de Janet, et ils observèrent le désastre qui trônait sur le bureau de la scientifique.

— Carter ! Tout va bien ? demanda Jack.

— C'était un accident, Jack, je suis tellement désolée, répondit Laira avant même que Sam ne réponde.

Janet observa sa meilleure amie. Elle était épuisée et voir les heures de travail qui l'attendait pour réparer et récupérer ses fichiers l'accabla. Ses yeux se remplirent de larmes, qu'elle refoula très rapidement.

— Je suis désolée, mon Colonel, il va falloir que je reste ce soir. Il faut à tout prix que je récupère les données de cet ordinateur, prononça-t-elle, la gorge serrée.

Elle était à bout de forces, et ça, Jack et Janet le voyaient parfaitement.

— Je suis vraiment désolée, Major Carter, dit Laira.

— Il y a plein d'autres scientifiques ici, Carter. Il est hors de question que vous restiez à la base ce soir, répliqua Jack.

— Le Major Carter ne souhaite peut-être pas que quelqu'un touche cet appareil à sa place, dit Laira en montrant de la main Sam qui tentait de nettoyer son bureau.

— Carter, je ne vais pas vous en donner l'ordre, mais…

— Mais moi, je le peux, le coupa Janet. J'appelle l'équipe scientifique, vous ne resterez pas ici ce soir, Sam.

— Mais… commença Sam.

— C'est un ordre, Major.

Sam se renfrogna, mais était intérieurement soulagée de ne pas passer une énième nuit blanche à la base. Depuis que Jack était rentré, la tension et la pression qui la faisaient tenir s'étaient estompées, laissant place à une grande fatigue. Janet se tourna pour aller vers le téléphone, jeta un coup d'œil à Laira et lui lança un regard noir.

« Moi vivante, tu vas galérer, ma grande, » pensa-t-elle, certaine que cet accident n'en était pas vraiment un.

Sam se massa les tempes en observant la fumée qui sortait de son ordinateur, à deux doigts de craquer en pensant à ce qu'elle perdrait si le disque dur avait lâché. Elle avait bien une copie des fichiers les plus sensibles, mais elle n'avait pas encore eu le temps de sauvegarder certaines données importantes. Jack l'observa et s'approcha d'elle, laissant Laira un peu en retrait vers la porte. Il passa son bras sur les épaules de la scientifique et lui caressa le bras doucement.

— Ne vous en faites pas, Carter. S'il le faut, je vous en payerais un tout neuf.

Sam sourit devant cette attention et leva les yeux vers lui.

— Merci, mon Colonel.

Jack lui répondit d'un sourire et Laira se renfrogna derrière eux. En voyant ça, Janet sourit intérieurement puis déclara :

— Ils sont en chemin. Tout le monde dehors, maintenant ! Je ne veux plus vous voir dans cette base !

Sam et Jack se retournèrent vers elle en souriant et se dirigèrent vers la porte. Jack souhaita une bonne soirée à Laira, l'embrassa sur la joue et s'éloigna, accompagné de Carter.

— Bonne soirée, Laira. À demain, dit Janet en passant devant la jeune femme, d'un air ravi.

En une phrase, elle venait de lui faire comprendre qu'elle l'avait à l'œil. Laira se retrouva seule devant le laboratoire, pensive. Elle s'éloigna et partit vers ses quartiers lorsque deux scientifiques arrivèrent pour s'occuper de l'ordinateur de Sam.

Pendant ce temps, Jack, Janet et Sam étaient en route pour le bar. Jack avait interdit à la scientifique de conduire et Janet avait été totalement d'accord avec cette décision. Ainsi, Sam se retrouvait seule en voiture avec son supérieur, Janet ayant une course à faire avant de les rejoindre. Le trajet fut paisible, tous deux discutaient tranquillement du générateur que Sam avait fabriqué afin de sauver le colonel et Jack dut admettre qu'il était impressionné de ce qu'elle lui expliquait. Lorsqu'ils arrivèrent au bar, ils commandèrent les boissons pour tout le groupe, qui ne tarda pas à être rapidement au complet. La soirée fut agréable, entre rires et discussions sérieuses. Une soirée n'était pas suffisante pour rattraper les trois mois de son absence, mais Jack apprécia chaque minute passée auprès de ses amis qui lui avaient énormément manquer. Il se rendit compte qu'il buvait chaque parole de sa subordonnée et, vers la fin de soirée, il se gifla intérieurement pour son comportement à son arrivée sur Edora. Il se demanda comment il avait bien pu lui couper la parole de manière si déplacée alors qu'il se délectait de chaque mot qu'elle prononçait ce soir. Daniel et Teal'c avaient bien fait de lui remettre les idées en place tout à l'heure.

La soirée se termina doucement et Jack raccompagna Sam chez elle. Il lui promit de venir la chercher le lendemain matin pour retourner à la base puisque son véhicule était resté sur place. Chacun d'eux se coucha le cœur bien plus léger ce soir-là, heureux d'être enfin à la maison. Le militaire ne se rendit pas compte qu'à aucun moment de la soirée ses pensées n'avaient dévié sur Laira, restée seule à la base…

Les dix jours qui suivirent cette soirée ne furent pas de tout repos à la base de Cheyenne Mountain. SG-1 n'avait pas de missions, mais Laira s'en était donné une bien à elle : ne pas laisser Jack seul avec Sam. Cette dernière commençait à se dire que la jeune femme était soit très amoureuse de Jack au point de le suivre partout, soit elle était totalement perdue dans la base et ne souhaitait pas être seule. Dans les deux cas, elle devait subir la vision du couple chaque jour. Même si elle nierait fermement que cela l'ennuyait, les moments où Jack venait dans son labo pour lui soutirer un sourire lui manquait. Jack n'était pas une personne démonstrative, aussi il ne rendait pas en public toute l'affection que Laira lui démontrait, mais c'était suffisant pour Sam. De plus, dès que le groupe était réuni, la jeune femme trouvait toujours le moyen de rabaisser, de manière plus ou moins subtile, la scientifique, ou alors de s'imposer auprès de Jack. Ils n'avaient pas eu l'occasion de refaire une sortie d'équipe à l'extérieur, ce qui aurait donné du répit à Sam. Alors que la fin de la « quarantaine » à la base approchait pour Laira, Jack profita d'un temps au mess avec tous ses amis pour proposer un déjeuner pour fêter la première sortie de la jeune femme sur Terre.

— Quelle bonne idée ! s'exclama Janet, surprenant Sam par son enthousiasme. Venez à la maison, ça fera plaisir à Cassie.

— Vous êtes sûre de vous, Doc ? On peut faire ça chez moi, indiqua Jack.

— Je suis de repos la veille, j'aurais le temps de préparer le repas.

— Je peux faire un gâteau si vous le souhaitez, Janet, dit Sam, essayant de participer à la conversation.

— Avec plaisir !

— Vous cuisinez ? demanda Laira.

— Cela m'arrive, oui, répondit Sam.

— Je n'aurais pas pensé ça de vous, répliqua la jeune femme.

— Oh, Sam est pleine de surprises ! s'exclama Janet, venant au secours de sa meilleure amie.

— Je n'aurais pas dit ça, mais si vous le dites, répondit Laira avec un sourire que Daniel qualifia mentalement de mauvais.

Il n'aimait pas beaucoup cette femme, et Jack ne semblait pas se rendre compte de son attitude quelque peu malsaine envers le major. Alors que le groupe s'éparpillait dans le couloir après avoir mangé, Sam rattrapa Janet.

— Vous sembliez bien enthousiaste tout à l'heure, pour ce repas.

— J'avoue ne pas avoir beaucoup réfléchi sur le moment. J'ai surtout pensé que ça plairait à Cassie de tous vous voir, mais c'est vrai qu'il va falloir compter sur la présence de cette mégère maintenant.

— Janet ! répliqua Sam, choquée de ce que son amie venait de dire.

— Oh, ne me dites pas que vous l'aimez bien. Elle passe son temps à mal vous parler et le Colonel ne percute de rien. C'est navrant.

— Je ne peux pas dire que je l'aime beaucoup, mais le colonel O'Neill si.

Janet ricana à cette affirmation.

— Le Colonel apprécie peut-être sa présence, mais il ne l'aime pas, Dieu merci.

— Pourquoi dites-vous cela ? Ils vont vivre ensemble, ça me semble assez clair.

— Si vous le dites. Je ne suis pas convaincue par cette histoire, et je trouve que son comportement envers vous est malsain. Elle mériterait qu'on la remette à sa place.

— Je ne voudrais pas manquer de respect au colonel.

— Personne n'a dit que cela devait être vous, répliqua Janet. À plus tard, Sam.

Elle s'éloigna dans le couloir, laissant Sam songeuse.

Le jour du déjeuner chez Janet et Cassie arriva rapidement, au grand regret de Sam qui souhaitait que cela se fasse au plus vite pour qu'elle puisse rentrer chez elle se morfondre de l'emménagement de Laira chez Jack. Dieu sait qu'elle n'avait pas envie de penser à ça, ni à ce qu'ils feraient pour fêter son arrivée sur Terre. Elle arrive chez Janet en avance afin de passer du temps avec Cassie avant le début du repas. Elle avait préparé son coulant au chocolat et indiqua au médecin qu'elle ne l'avait pas encore cuit, car elle savait qu'il serait meilleur chaud. Elle le mettrait au four peu avant la fin du plat de résistance.

Les invités arrivèrent peu après elle, Daniel apportant du vin et Teal'c le film qu'ils regarderaient dans l'après-midi. Jack et Laira furent les derniers sur place. La jeune femme s'extasiait de la beauté des paysages que Jack avait pu lui montrer le matin même, exprimant sa joie immense d'avoir accepté de suivre le colonel sur sa planète. Elle laissa peu souvent place aux autres dans les conversations et Cassie leva les yeux au ciel bien plus souvent qu'elle ne l'avait jamais fait au cours d'un repas avec SG-1.

— Cassie, ce n'est pas très poli, indiqua Sam alors que l'enfant recommençait.

— Pardon, marmonna Cassie.

— Oh, voyons, Major, c'est une enfant, il faut la laisser un peu, dit Laira.

— C'est peut-être une enfant, mais ce n'était pas très poli et il faut qu'elle le comprenne, répondit Sam.

— Ah, vous n'avez pas d'enfant, c'est pour ça, répliqua Laira.

Sam fut piquée au vif.

— Je n'ai peut-être pas d'enfant, mais je suis la marraine de Cassie, et c'est mon rôle d'intervenir si son comportement n'est pas poli.

— Vous ne pouvez pas comprendre, vous n'êtes pas mère. Ils ont besoin de s'exprimer, dit Laira.

Sam décida de ne pas répondre. Elle sentait la colère monter et ce n'était jamais bon chez elle. Le fait que le colonel reste muet ne lui plaisait guère.

— Et pourtant, Sam a raison, ce n'était pas poli et elle a eu raison d'intervenir. Si elle ne l'avait pas fait, je l'aurais fait. Et je suis sa mère, répliqua soudainement Janet afin de clore le sujet.

Un silence s'installa et, pendant quelques minutes, seul le bruit des couverts dans les assiettes se fit entendre.

— Je vais aller mettre le gâteau dans le four, dit Sam en se levant.

Lorsqu'elle revint à table, les discussions avaient repris bon train. Laira posait beaucoup de questions à Teal'c, qui lui répondait un mot par un mot, et à Jack, qui essayait de suivre la cadence de ses demandes. Les minutes défilèrent et Sam porta son attention sur la discussion entre Daniel et Cassie. La mythologie passionnait l'enfant ces derniers temps et elle profitait toujours de voir l'archéologue pour parler avec lui de ce qu'elle avait lu sur le sujet.

Soudain, une odeur s'éleva dans la pièce.

— Le gâteau ! s'écria Sam, sautant de sa chaise pour se rendre dans la cuisine.

Trop tard. Le dessus était complètement brûlé, et le gâteau n'était certainement plus coulant comme prévu.

— Merde ! jura-t-elle devant le dessert carbonisé.

Elle revint dans la salle à manger, et devant les regards inquiets des convives, elle indiqua que le dessert était immangeable.

— Je suis vraiment désolée, je n'ai pas fait attention à l'heure, s'excusa-t-elle.

— Je n'arrive vraiment pas à comprendre pourquoi tout le monde vous trouve si intelligente alors que vous n'êtes même pas capable de faire cuire un gâteau convenablement, répliqua Laira en la regardant.

Sam ne répondit pas, sincèrement choquée de ce qu'elle venait d'entendre. Janet la regardait, attendant une réaction de sa part. Daniel avait arrêté de mâcher ce qu'il avait dans la bouche et Cassie jeta un regard noir à Laira.

Elle lui balança son verre d'eau au visage. Elle savait très bien que ce geste n'était pas correct, elle savait qu'elle allait le regretter plus tard – quoique… – mais cela avait été plus fort qu'elle. Cette femme lui sortait littéralement par les yeux. Jack était décidément un bel idiot !

— Cassie ! s'exclamèrent Sam et Janet en même temps.

Laira hurla, tentant de chercher une serviette pour s'éponger le visage.

— Quelle petite mal élevée ! cria-t-elle.

— Elle l'est bien moins que vous, répondit Teal'c, très calmement.

Sam ne savait plus où se mettre. Elle savait que Cassie avait fait cela pour prendre sa défense, mais qu'allait donc penser le colonel. Il se tenait à côté de Laira, ne l'aidant pas à s'essuyer le visage et restant silencieux. Cassie se leva de table précipitamment en hurlant qu'elle détestait Laira.

— T'es vraiment nul, Jack ! balança-t-elle au passage avant de s'engouffrer dans le couloir menant à sa chambre.

— Cassie ! s'exclama Janet.

— Vu les modèles féminins que cette pauvre petite a, il ne faut pas s'étonner de son comportement, dit Laira, furieuse.

— Pardon ?! répliqua Janet.

Sans un mot, Jack se leva et Sam pensa qu'il allait partir de la maison sans un mot. Il sortit simplement dans le jardin et respira calmement l'air extérieur. La scientifique était pétrifiée de ce qu'il venait de se passer. Janet et Laira échangeaient des mots avec un ton violent, Daniel essayait de calmer les jeunes femmes et Teal'c continua de manger. Lorsque le colonel revint quelques minutes plus tard, la dispute qui avait éclaté entre le médecin et Laira était virulente. Sam s'était mise en retrait dans la cuisine.

— Laira, prends tes affaires. On s'en va, dit fermement Jack.

— Avec plaisir, répondit-elle en prenant son manteau et en affichant un sourire satisfait à Janet.

— Veuillez nous excusez, Docteur. Embrassez Cassie pour moi lorsqu'elle se sera calmée, dit Jack avant de partir, Laira sur ses talons.

La porte se referma et le calme s'abattu sur la maison.

— Et pas une excuse à Sam ? Ah, qu'il m'agace ! s'exclama soudain Daniel.

— Je vais aller voir Cassie, répondit Janet.

Après le désastre qu'avait été ce déjeuner, Cassie avait fini par sortir de sa chambre, en s'excusant d'avoir jeté son verre d'eau.

— Mais elle le méritait ! dit-elle, toujours un peu fâchée.

Personne n'avait osé la contredire. Chacun finit par rentrer chez soi. Sam s'installa dans son canapé, un plaid sur elle et elle laissa vagabonder ses pensées. Si elle s'était écoutée, elle aurait certainement mis son verre d'eau dans la figure de cette femme aussi. Elle ne comprenait pas ce qu'elle avait contre elle, mais elle se doutait qu'une histoire de jalousie devait entrer en compte. Imaginer cette femme s'installer chez le colonel lui donnait la nausée, même si elle souhaitait voir Jack heureux. Elle n'était pas enthousiaste à l'idée de devoir la côtoyer souvent lors des repas d'équipe, surtout si l'ambiance ressemblait au jour qu'ils venaient de passer.

Alors qu'elle préparait son repas, une personne frappa à sa porte. Elle fut surprise de se retrouver face au Colonel O'Neill.

— Mon Colonel ? demanda-t-elle.

— Je peux entrer ?

— Oui, bien sûr.

Elle ouvrit la porte en grand et le laissa passer. Il s'assit sur le canapé et resta silencieux. Allait-il la réprimander ? Lui demander de faire un effort pour que tout se passe bien pour Laira ?

— Je suis désolé, dit-il simplement.

Elle accusa le coup. Il était désolé. Désolé ?

— J'aurais dû réagir plus tôt, je m'en excuse.

— De quoi parlez-vous, Monsieur ? demanda-t-elle, confuse.

— Du comportement de Laira envers vous. Elle a été particulièrement odieuse aujourd'hui et je m'en excuse. Elle est retournée sur Edora, je lui ai dit qu'elle ne pouvait pas rester.

— Oh, répondit simplement Sam.

Elle ne s'attendait absolument pas à ce que le colonel coupe court à leur relation et renvoie la femme chez elle.

— Je suis désolée que ça n'ait pas fonctionné, mon Colonel, dit Sam.

Elle n'était pas vraiment désolée, mais elle ne voulait pas voir son supérieur triste pour autant.

— C'est vous qui êtes désolée alors que c'est moi qui viens m'excuser ? Pas de ça avec moi, Carter. Elle a été horrible avec vous, vous n'avez rien dit par respect pour moi.

Sam resta muette. Ce qu'il venait de dire était vrai, il était inutile de le nier.

— Cassie a eu raison de lui jeter son verre d'eau au visage. J'aurais dû réagir aussi, dit Jack.

— Cassie voulait simplement prendre ma défense, répondit Sam en s'asseyant près du colonel.

— Ce n'était pas à elle de le faire. C'était de ma faute.

— De votre faute, Monsieur ?

— Si… si j'avais été honnête, Laira ne se serait pas sentie menacée par vous et elle ne vous aurait pas traitée de la sorte.

— Menacée par moi ? répéta Sam, peu sûre de comprendre où le colonel voulait en venir.

— Il y avait de quoi, Sam.

— Pas à l'entendre, répliqua la jeune femme en laissant échapper un soupir agacé.

— Je… Je vous estime bien plus que je ne l'estime elle. Bien plus que n'importe qui. Bien plus que je ne suis censé le faire.

Sam retint son souffle devant l'aveu de Jack. Son cœur s'emballa et le feu chauffa ses joues qui s'empourprèrent. Leurs regards se croisèrent et Sam se perdit dans les yeux de son supérieur.

— Sam… commença Jack.

— Oui ? laissa-t-elle échapper dans un souffle.

— Merci de m'avoir ramené, dit-il en approchant doucement son visage de celui de la jeune femme.

Leurs lèvres se touchèrent délicatement. Sam ferma les yeux et se laissa porter par l'instant. Les lèvres de Jack étaient si douces sur les siennes qu'elle aurait voulu qu'elles y restent pour toujours. Le froid qu'elle ressentit lorsqu'il s'éloigna la fit frissonner. Aussi, lorsque leurs regards se croisèrent de nouveau, elle fondit sur ses lèvres. Jack répondit à son baiser avec ardeur. Cela les laissa à bout de souffle, mais heureux. Ils ne savaient pas ce qui se passerait par la suite, ils ne savaient pas comment ils allaient pouvoir être ensemble, mais ce dont ils étaient sûrs, c'est qu'ils ne laisseraient plus jamais personne se mettre entre eux.

FIN