Chapitre 9 : Possession

Résumé : le caméléon et sa camarade de jeu enquêtent sur le couple maudit. Lorsque soudain le comportement de Mlle Parker devient étrange. Jarod à de plus en plus de mal à faire face à l'esprit trop entreprenant de Wendy.

Au Manoir Grimwood (adresse connue seulement de Mlle Parker et Jarod.)

Penché sur elle, Jarod déposa de doux baisers dans le creux de son cou, Mlle Parker plaqua ses mains sur le torse de son ami, lui relevant la chemise qui était à l'intérieur de son pantalon pour y laisser courir ses doigts, faisant des allers-retours sur sa peau nue. Cela lui était pleinement satisfaisant de sentir son caméléon contre elle, sa bouche chatouilleuse, sa langue qui paraissait si langoureuse et si tendre. Elle ferma les paupières, appréciant ce moment particulier entre eux. Mlle Parker eut tout à coup des pensées coquines pour ne pas dire presque érotique. Comme elle aurait aimé le goûter en entier, lui faire entendre ses sons désinhibés, ses gémissements de plaisir. Dans ses bras, elle avait la sensation d'être à ses yeux, sensuelle. Ils, étaient dans un état de connexion sexuelle qui réveillait leurs sens pour les mettre en appétit. Elle soupira, ce n'était pas le lieu idéal pour batifoler, car l'endroit était peuplé de fantômes, et ça la perturbait : « Hmm, Jarod. Tu es… C'est si… On devrait chercher les indices, petit génie. » Ce dernier releva la tête souriant, il n'était pas d'accord : « Quels indices ? Je préfère m'occuper de toi, Milady. » La jolie brune tenta de se relever, mais Jarod l'en dissuada, la bloquant à terre, lui maintenant les poignets. À sa merci, il avait le pouvoir sur elle.

« Jarod, mon ami, essayerais-tu de me dominer ?

- Loin de moi cette idée. Je veux juste profiter de cet instant, il lui lança un sourire en coin. À chaque fois, on est interrompu par quelque chose ou quelqu'un. Ce soir, il n'y a personne. Tu es toute à moi. Ce qu'il se passe ici entre nous est plus important que ce couple maudit.

- Jarod, il n'y a rien entre toi et moi, constata-t-elle.

- Oh, non voilà que tu nies encore ! C'est pas vrai, bon sang ! Que faut-il faire pour que tu puisses regarder la vérité en face ? il se leva.

- Jarod, la vérité, c'est que nous chassons des fantômes alors que nous sommes assaillis par notre propre passé.

- Ne dévie pas le sujet. On parle de nous dans le présent, pas d'un passé auquel tu n'as jamais voulu faire face.

- Parlons-en, tiens ! Parlons de ce passé qui nous colle à la peau comme une malédiction. Mais, non, toi, tu veux te perdre dans des tragédies qui n'ont rien à voir avec nous, elle se releva à son tour et lui fit front.

- Pardon ? Dois-je te rappeler que c'est toi qui veux trouver des indices sur William et Wendy ? il rentra sa chemise dans son pantalon.

- Oui, c'est par curiosité, ça n'a strictement rien à voir avec nous.

- C'est là où tu te trompes Milady, ça a tout à voir avec nous. Wendy et William sont notre reflet, Parker. Leur malédiction, c'est la nôtre.

- C'est une vieille légende de manoir hanté.

- Comme les sentiments que nous ressentons l'un pour l'autre ? Les regards et les sourires échangés, notre complicité. Et ce baiser. C'est plus fort que nous, Parker.

- Arrête, Jarod. Ne fais pas de ça une histoire romantique. Ce n'est rien de plus que du stress et de la tension dû à cette stupide soirée d'Halloween.

- Mensonge ! il l'empoigna. Même toi, tu le sais. Tu sens cette connexion, cette électricité entre nous. Lors du dîner, tu voulais me dire quelque chose.

- C'est de l'absurdité, Jarod. Je ne peux pas me permettre de tomber amoureuse, encore moins de toi, elle se dégagea de lui.

- Pourquoi pas ? Parce que tu as peur ? Parce que ça rendrait nos vies plus compliquées ?

- Parce que l'amour m'a toujours trahie, Jarod. À chaque fois que je l'ai laissé entrer dans ma vie, il m'a déçue. J'ai trop souffert. Je ne veux plus souffrir. Ça fait trop mal.

- Ce n'est pas une raison pour nier ce qui est évident. Wendy et William ont sacrifié leur bonheur à cause des conventions. Est-ce ce que tu veux pour nous ?

- Non ! elle secoua la tête. Je ne veux rien, Jarod. Je veux juste résoudre cette affaire, rentrer chez moi et oublier tout ça.

- Oublier ce baiser ? Oublier que tu as pleuré pour moi pendant ces trois derniers mois ?

- Nous ne sommes rien de plus, Jarod que des amis. Je ne veux pas m'abandonner dans des illusions romantiques.

- Tu te mens à toi-même, Parker. Et un jour, tu devras faire face à tes propres sentiments. Que tu le veuilles ou non.

- Jarod, prends du recul par rapport à tout ça et tu verras que tu n'éprouves pas plus d'amour pour moi que moi pour toi. » elle caressa sa joue.

Jarod, blessé par les paroles de Mlle Parker, se rua vers la bibliothèque, laissant dans son sillage l'ambiance qui été devenu insupportable. Ses épaules tendues, telles des cordes cassés. Son visage, cinq minutes plus tôt, si expressif, se transforma en une froideur et ses traits étaient sculptés par la vexation. Énervé, il accéléra le pas hâtivement où chaque seconde passée l'éloignait davantage de la tension qui s'était installée entre eux. Ses mouvements rapides et agacés parcouraient les pages d'un vieux livre à la recherche de renseignements qui selon lui pourrait expliquer l'histoire de ceux que l'on surnommait les amants maudits. Mlle Parker, qui avait suivi le beau caméléon sans rien lui dire, était consciente de l'impact de ses propos. Elle brisa ce silence oppressant voulant à tout prix capter le regard de Jarod qui celui-ci évita habilement tout contact visuel avec elle. Malgré l'offense de Mlle Parker, le caméléon demeurait concentré et annotait des passages interressant concernant leur affaire. En parallèle, la jeune femme, essaya d'attirer son attention en y déplaçant certains objets ou en jetant un livre sur le sol, en vain. Elle décida donc de se placer derrière lui. Son souffle venait enfin le réchauffer et le réconforter. Plongé dans les pages jaunies, Jarod se retenait pour ne pas la prendre dans ses bras, l'embrasser, où encore exploser de rire lorsqu'elle lui raconta une blague pour détendre l'atmosphère, la tension retomba. Les bruits avaient cessé tout comme les objets volants. Tout était calme. Jarod lui suggéra de fouiller dans les tiroirs. Pendant ce temps-là, il s'occuperait de trouver comment lever la malédiction qui pesait sur Wendy et William. « Je suis d'accord, petit génie, on va faire selon tes habitudes ! » À l'aide d'un coupe-papier sur lequel des traces rouges étaient incrustées, Mlle Parker crocheta la serrure d'un petit tiroir du bureau. À l'intérieur, plusieurs photos, des rapports, des extraits de journaux et une pléthore d'informations recueillies au fil du temps. Elle prit le dossier et commença à lire avant d'interrompre sa lecture un instant plus tard. Ses sourcils se froncèrent.

« Caméléon, regarde ça. Les antécédents de Wendy ressemblent étrangement à ceux de ma famille, s'exclama-t-elle. Tous ces détails. Jarod, tu ne penses pas que… elle lui remit un document.

- Que Wendy et William pourraient être une version alternative de nous ? il termina sa phrase. C'est à tirer par les cheveux. Ça paraît plausible.

- Voilà ce que je pense, mon petit génie, leur histoire est une sorte de miroir de la nôtre, mais dans un univers parallèle, elle referma le dossier. Hum. Jarod, crois-tu aux fantômes ? Que ferais-tu si un esprit s'emparait de moi ?

- Parker, si un esprit qu'il soit bon ou mauvais s'emparait de toi, je chercherais une façon de le libérer et de te ramener à moi.

- Ah, le grand Jarod, toujours prêt à sauver la situation. Et si cet esprit ne veut pas partir ?

- Tout a une raison. Si un esprit s'accroche à son hôte, il a sûrement quelque chose à dire. Je trouverais le moyen de comprendre, de résoudre ce qui le retient.

- Toujours la solution à tout, n'est-ce pas ? Et que se passe-t-il si c'est moi qui préfère leur compagnie ?

- Les fantômes ne peuvent pas remplacer la vie, Parker. La vraie connexion se fait avec les êtres vivants. Pourquoi choisir les ombres quand on peut avoir la lumière ?

- La lumière, elle est parfois aveuglante. Les fantômes, eux, sont au moins prévisibles.

- Prévisibles, mais limités. Tu mérites bien plus, Parker.

- Certaines choses sont mieux dans l'ombre.

- L'ombre ne fait que cacher la vérité. Tôt ou tard, elle éclate au grand jour. Et quand elle le fait, il vaut mieux être prêt à affronter la réalité.

- La réalité, peut être bien plus effrayante que n'importe quel esprit. Elle est le plus grand des fantômes, Jarod. Une présence indéniable, et souvent incomprise.

- Parker, même s'ils peuvent avoir leur charme, je choisirais toujours la réalité, aussi difficile soit-elle, elle nous offre la possibilité de grandir, d'apprendre. Les fantômes, eux, sont figés dans le passé et incapables d'évoluer.

- Jarod, l'évolution n'est pas toujours une bénédiction.

- Ce n'est pas vivre, Parker. La vie, c'est défier l'inconnu et trouver enfin la force d'avancer, il y eut un silence.

- Jarod, tu n'es plus fâché contre moi ?

- On devrait continuer notre enquête ! »

Elle s'approcha furtivement, effleurant du bout de ses doigts le long de la colonne vertébrale du caméléon, lui déclenchant sous l'effet de la surprise un petit mouvement brusque et involontaire du buste vers le haut de son corps. « Hmm, salut toi, beau prince, as-tu découvert quelque chose d'intéressant, Monsieur le grand chasseur de mystères ? » Elle se moqua ouvertement de lui, l'entraînant ainsi dans son nouveau jeu : « Si tu veux tout savoir, Milady, je trouve plus d'énigmes que de réponses. » Il lui adressa un sourire. Les taquineries évoluèrent vite entre eux tandis qu'elle s'aventurait dans des allusions plus osées. Elle bascula sa tête sur le côté, faisant virevolter sa chevelure, son air mutin, laissant présager, une intention plus audacieuse. Jarod feuilletait un grimoire ancien. Mlle Parker, de son côté, était totalement captivée par une photographie en noir et blanc dont il manquait le verre du cadre : « Nous sommes seuls. Personne ne peut vraiment comprendre l'horreur que nous avons vécu jadis ici. » Soudain, plus rien. Jarod, droit tel un piquet, sentit comme un courant d'air frais, les poils de ses bras se hérissèrent, la température de la pièce chuta. Une impression d'une étrange présence autour d'eux le gagna. Debout, et à ses côtés, figée comme une statue de marbre, la jeune femme avait perdu sa rigidité, se recourbant à peine, les yeux vitreux, elle paraissait être en transe. Jarod, inquiet pour elle, l'atteignit par le dialogue.

« Parker, tout va bien ? la réponse qu'il reçut fut loin de la femme qu'il connaissait.

- Oh, William, murmura-t-elle d'un ton qui n'était pas le sien. William, pourquoi m'as tu fait attendre ?

- Parker, c'est moi, Jarod. Pas William, c'est moi ! il recula de trois pas. Tu as eu une vision ?

- William. Toi et moi, ensemble. Nos cœurs sont scellés, l'aurais-tu oublié ? Mlle Parker se jeta à son cou. Je suis morte ici pour toi, mon grand amour.

- Parker, stop, ça suffit ! Tu n'es plus toi-même.

- William, mon bien-aimé, nous deux c'est la providence. Acceptons notre sort et nous pourrons être enfin réunis pour l'éternité, Mlle Parker ou l'entité qui la possédait était déconcertante.

- Parker, je ne suis pas William, et tu n'es pas Wendy, déclara Jarod avec fermeté en enlevant ses bras qui pendaient à son cou.

- Mon Cher William. Nous ne pouvons pas échapper à ce qui est écrit dans les étoiles, elle éclata d'un rire éthéré, un son qui glaça le sang de Jarod. Tu es à moi et je suis à toi pour toujours. Pour toujours.

- Non ! Je ne suis pas William, vous entendez, je ne suis pas William, répéta-t-il. Et vous, je vous ordonne de sortir de son corps ! »

L'état de Mlle Parker ou de Wendy était assez préoccupant. Un sourire à la fois énigmatique et enjoliveur se dessinait sur ses lèvres rosées. Ses mots gentils n'appartenaient pas à son registre habituel. Le caméléon troublé par le changement brutal du comportement de son amie douta de la réalité qui les entourait. Il se devait de reprendre ses esprits, coûte que coûte. Était-ce Wendy, l'une des âmes errantes qui s'exprimait à travers Mlle Parker ou juste une performance trop calculée ? Et pourtant, Wendy était là, dans son enveloppe incorporelle face à lui. Jarod, les doigts sur son front, secoua la tête. Cela dépassait les limites du surnaturel. Il s'écarta autant que possible d'elle.

« Jarod, c'est bien ça ? Pourquoi résistes-tu autant ? William et moi, nous t'attendons. Toi et elle, c'est la combinaison parfaite, elle avait le sourire séducteur néanmoins provocateur.

- Wendy, avec tout le respect que je vous dois, vous n'avez pas le droit de faire ça. Je suis désolé de ce que vous avez vécu, mais je vous en prie, quitter son corps.

- Elle n'est qu'une coquille, elle touchait avec délectation les bibelots dispersés aux quatre coins de la pièce.

- Ce n'est pas une coquille. C'est une femme, un être humain.

- Un être humain dont j'ai besoin. Jarod, toi et moi, on va vivre une expérience mémorable, elle lui tourna autour. Tu ne le regretteras pas.

- Une expérience mémorable avec vous ? Je n'en veux pas, il la suivait du regard.

- Jarod. Cette nuit, tu vas connaître le véritable bonheur.

- Wendy, je ne suis pas sûr de bien saisir votre requête. Qu'attendez vous de moi ? il chercha à repousser l'influence insidieuse de l'âme.

- Jarod, tu n'es pas idiot, et tu sais ce que je veux. William va bientôt prendre possession de ton corps. C'est inévitable. Alors, pourquoi ne pas profiter de cette nuit ? Ce sera unique entre nous. Laisse-moi te montrer la beauté d'un moment partagé, sans attaches, une éclipse de passion qui ne connaît ni début ni fin, près de lui, sa bouche frôla la sienne.

- Même si c'est le cas, Wendy, je ne peux pas.

- Avec William, nous pouvons être complets.

- Vous ne pouvez pas prendre le contrôle de nos vies comme ça et il est hors de question que votre William s'empare de moi. Je ne céderai pas. Je veux retrouver Parker, la vraie, pas cette manifestation fantomatique.

- William et moi, nous ne formons qu'un, tout comme toi et Mlle Parker. Nous devons être ensemble.

- Laissez-la partir, je vous en prie, supplia-t-il.

- Prépare-toi, Jarod. Le destin choisira qui de toi ou William devra survivre dans ce corps. »

Jarod, les bras chargés de bouquins, retourna dans le salon, derrière lui, le fantôme ou qui que ce soit cette chose. Les iris de la jeune femme d'un bleu envoûtant le fixèrent de haut en bas avec une intensité magnétique telle une invitation à succomber à l'attraction irrésistible qui émanait d'elle. Le caméléon se préparait à vivre les pires prochaines heures de son existence. En attendant, il consulterait les archives, ignorant ainsi la défunte. Ce fut un échec. Son cœur martelait dans sa poitrine en l'apercevant glisser lentement une mèche brunes de ses cheveux derrière son oreille, prenant place solitairement sur le canapé confortable, croisant et décroisant ses jambes devant lui. Elle se redressa, lui affichant sa poitrine. Wendy tapota doucement le sofa l'incitant à venir la rejoindre. « Viens près de moi, Jarod. » Rêvait-il où cette créature sans vie quoique magnifique tentait réellement de le séduire ?

« Jarod, tu ne devrais pas t'y opposer.

- Je veux que vous me la rendiez… Si vous ne le faites pas… Je ferai appel à un exorciste… Lui, il vous chassera ! il perdit son souffle devant sa beauté éblouissante.

- Et il finira mort comme le précédent !

- Mort ? il haussa un sourcil. Comment ça mort ?

- Carbonisé. Il a pris feu alors qu'il essayait ses tours de passe-passe. Attention Jarod, toi aussi, tu risques de finir comme ce prêtre.

- Oh ! Je prends quand même le risque .

- William viendra. Et alors, nous serons enfin réunis. Jarod, résister ne fera que prolonger ta souffrance. Et même si je le voulais, je ne pourrais pas te la rendre, il est trop tard. Cette Mlle Parker, est si pleine de vivacité. Je sens son énergie en moi. Et grâce à elle, je revis. Elle a une telle fougue et une telle passion en elle. Elle est amoureuse de toi.

- Ah oui ? Vous pouvez ressentir ça ?

- Oui, Jarod, je peux ressentir tout ce qu'elle ressent, sa voix était suave. Ses émotions, ses sentiments, ses désirs. Même son amour pour toi.

- Vous ressentez son amour pour moi ? il réfléchissait à haute-voix. Ça veut-il dire qu'elle m'aime ? Peut-être que je pourrais envisager de... Wendy Dites-moi en plus.

- Oh, oui, et c'est une passion dévorante. Elle brûle d'amour pour toi, Jarod, Wendy tendit sa main. C'est si intense. Et moi, à travers ce corps, je ressens la même chose pour toi. Je voudrais te le prouver. Nous pourrions jouir d'une nuit merveilleuse. Profiter de ce qu'elle nous offre. Cette fusion, ce sera si rare. Tu ne veux pas la voir épanouie et la rendre heureuse ?

- Oui, bien sûr que je veux la rendre heureuse, il s'assit à ses côtés tenant ses doigts entre les siens. Mais c'est le corps de Mlle Parker. Je ne peux pas. Que dirait-elle si elle savait ?

- Jarod, comprends-moi. Ça fait si longtemps que j'attends. C'est une opportunité exceptionnelle. Elle ne le saura jamais. Elle n'en souffrira pas. Je te le promets. Tu as envie d'elle, n'est-ce pas ? De lui faire l'amour ? Tu la désires ? elle défit les premiers boutons de la chemise du caméléon.

- Oui, bien sûr que j'ai envie d'elle, mais ce ne serait pas juste envers elle. Peu importe ce que vous pensez ressentir, je ne veux pas abuser d'elle de cette manière. Je ne le ferai jamais.

- Jarod, tu es si loyal envers elle. Qu'en est-il de nous ?

- Wendy, surtout, ne le prenez pas mal, je suis très flatté de votre intérêt pour moi, mais vous êtes morte, vous ne faites plus partie de ce monde, il l'arrêta dans son élan.

- Oh ! Tu as une drôle de façon de parler aux femmes. Tu n'as pas envie de prendre un peu de plaisir, Jarod ? elle passa sa langue sur ses lèvres.

- Oui. C'est avec elle que je veux prendre du plaisir. Et puis mon cœur lui appartient, je ne peux pas le trahir. Et le vôtre est à ce pauvre William. Vous voyez nous sommes tous deux pris et incompatibles.

- Mais elle c'est moi, nous sommes toutes les deux dans ce corps.

- Non, non et non ! Vous n'êtes pas elle !

- Jarod, qu'éprouves-tu pour Mlle Parker ? Es-tu sûr que ce n'est pas une sorte de fascination, une obsession ?

- C'est très profond et sincère. Je ne veux pas imaginer ma vie sans elle, c'est impensable. Si j'acceptais de vous faire l'amour, ce serait comme la trompait. Non, je m'y refuse !

- On va attendre William, tu seras peut-être un peu plus coopératif.

- Non, Wendy, vous ne comprenez pas, c'est impossible, le caméléon se leva brusquement. C'est impossible ! Je ne veux pas faire l'amour à une autre femme. Mon cœur lui appartient. Et ce n'est pas juste une connexion. Elle est trop importante pour moi pour que je la fasse souffrir. C'est elle que je veux. C'est elle que je désire et à qui j'ai envie de faire l'amour. C'est elle que j'aime, pas uniquement le corps qu'elle habite. Je ne veux pas être avec une autre femme. Je suis amoureux d'elle. Je n'aime qu'elle. Et rien ni personne ne pourra changer cela, ni vous ni William ni le Centre.

- Quoi ? » ce ton-là, Jarod le reconnut tout de suite.

Elle se mit debout rapidement, riant jusqu'au éclat. Jarod observait Mlle Parker. Ses yeux scrutaient chaque expression de son visage. Lorsqu'un éclair de surprise traversa le regard de la jolie brune, ce fut un moment de vulnérabilité qu'elle n'avait pas prévu. Elle souriait. Dans un geste impulsif, elle tenta de reprendre le contrôle de la situation, ajustant son air, masquant sa faille. Jarod, lui qui connaissant par cœur les moindres mimiques de son amie, comprit aussitôt. Une réalisation le frappa. Déçu, le caméléon s'indigna du comportement de Mlle Parker. Elle essaya, en vain de regagner l'avantage sur lui en y déployant son charme naturel, cependant, l'illusion était bien finie. Jarod, démasquant le jeu qui venait de se déroulait, ressentit une pointe d'amertume. Eh oui, cette duperie avait comme un arrière-goût de vengeance. La connivence qui avait semblé si réelle un instant auparavant n'était qu'une ruse. Aucun des deux n'osait prononcer une parole. Jarod, honteux de s'être dévoilé quasiment sous la supercherie et Mlle Parker, d'avoir piégé le caméléon étaient face à face. La dynamique entre eux deux venait de subir un changement irréversible, la confiance avait été ébranlée. Et malgré le fait que Mlle Parker jubilait de sa victoire, avait l'impression de lui avoir arraché de force ses déclarations. Oui, elle était coupable de les lui avoir volées

« Parker, ça ne m'amuse plus. Qu'est-ce que tu tramais en prenant l'identité de Wendy ?

- Oh, Jarod, pourquoi tant de sérieux ? C'était juste pour rire un peu, tester tes réactions, elle lui donna une tape amicale.

- Mes réactions ou mon amour pour toi ? Rire ? Tu penses que c'est drôle de jouer avec les sentiments des gens ? Surtout les miens ?

- Tu prends tout au sérieux, Jarod. C'était une petite diversion.

- Une diversion ? Foutaise ! s'écria-t-il un peu exaspéré. Tu as voulu me dire quelque chose, c'est évident.

- Et que voudrais-tu que je te dise ? Que j'ai des sentiments pour toi ? C'est risible.

- Oui, avoue-le, tu voulais que l'on fasse l'amour ! Tu es amoureuse de moi.

- Hein ? Non, Jarod, rougissante, elle baissa la tête. Et toi, pourquoi ne pas avoir cédé ?

- Parce que je te respecte beaucoup trop. Tout ça, c'était pour te venger de moi, ai-je tort ?

- Et pourquoi pas ? Tu t'es bien moqué de moi en te faisant passer pour mort, elle soutenait son regard.

- Je t'ai déjà tout expliqué, Parker.

- Ah oui, la fameuse promesse. Tu m'as fait croire que tu étais mort, Jarod ! Et ça, c'est impardonnable.

- Parce que je pensais que c'était la meilleure façon de te garder en sécurité. Je me rends compte que je suis allé trop loin. Pardonne-moi. Tout ça, c'était pour t'amuser ?

- Peut-être que c'était aussi un moyen de te faire comprendre ce que ça faisait d'être manipulé, elle se retourna, essuyant une larme qui perlait du coin de son œil.

- Si c'était vraiment pour ça, tu aurais pu choisir n'importe qui d'autre. Mais tu as choisi Wendy. Pourquoi ?

- Peu importe le choix. C'était un jeu, Jarod.

- Non, c'était plus que ça. Tu voulais me dire que tu m'aimais à travers elle, derrière elle, il la prit par la taille.

- Tu surestimes ma créativité, Jarod. Ce n'était qu'une farce. Une farce d'Halloween.

- Tu ne me feras pas croire ça. Pas cette fois.

- Vraiment ? elle se tourna vers le caméléon, le dévisageant puis approcha sa bouche de la sienne. Oh, Jarod. Jarod, mon chéri, viens, fais-moi l'amour, j'ai très envie de toi. Donne-moi du plaisir. Oh oui, encore… elle hurla de plus en plus fort. Encore ! Encore Jarod ! Oh non, mon amour ne t'arrête pas, continue ! Oh oui ! Oh oui ! elle s'arrêta net, racla sa gorge et reprit son sérieux. Tu vois, c'est si facile, ça ne veut pas dire que je suis amoureuse de toi.

- Simulation ? Tu es très douée. Non je ne suis pas convaincu.

- Tant pis pour toi !

- Bon alors, Maintenant tu vas bien m'écouter, je vais te dire ce que je ressens exactement.

- Et qu'est-ce que tu ressens, Jarod ?

- De l'amour, Parker. Tu es dans chacune de mes pensées, dans chacun de mes souffles, et dans chacun de mes battements, c'est ici que je trouve la trace de ton être, il plaça la main de Mlle Parker sur sa poitrine. Mon cœur, lui, n'a jamais connu la paix, et ce, depuis que nos chemins se sont croisés pour la toute première fois. Aimer, c'est être libre avec toi et avec toi, je découvre la liberté que je n'ai jamais vécu. Tu es l'étoile dans ma nuit, la vérité dans mes mensonges. Tu fais partie de moi. Tu es mon destin. Et avant que je ne le sache, je tombais amoureux de toi, il se saisit de son visage en larme. Je t'aime, Parker. Je t'aime tellement. Plus que je n'ai jamais aimé qui que ce soit. Et avant aujourd'hui, je ne savais pas qu'il était possible d'aimer quelqu'un à ce point. Mon amour pour toi est un voyage sans fin. Il est éternel et il brûle mon âme.

- Jarod, je t'en prie, arrête !

- Non, mon amour pour toi est vrai et authentique ! Je veux que tu l'entende. Et toi, Parker, éprouves-tu la même chose pour moi. »

Jarod attendait anxieusement la réponse de Mlle Parker. Les fractions de seconde passées étaient pour lui un enfer. Cependant, elle restait là, silencieuse. Ses pensées, ses sentiments, ses craintes, elle n'arrivait plus à les dissimuler. Pourtant, le rôle de Wendy qu'elle s'était octroyé lui avait permis de s'ouvrir à lui, à son ami, ennemi et pourquoi pas amant. Le caméléon se demanda si ses mots avaient touché son cœur de la même manière qu'elle avait touché le sien tantôt. Il supposait que oui et incapable de contenir davantage ses émotions, il l'attira doucement à lui. Lorsqu'il sentit que le moment était parfait, il avança ses lèvres. « Je t'aime Parker. »