Désolée, je finissais mon Nano aujourd'hui + j'ai un boulot assez prernant en ce moment, j'ai complètement zappé la publication ! En plus ce chapitre est plutôt court... C'est parce que le suivant est très long !
Bonne lecture !
Chapitre 26
Ce fut au tour de John d'être totalement perplexe.
— Quoi ? Non ! Je me le suis avoué récemment, c'est vrai, mais j'ai conscience que c'est là depuis très longtemps, avoua-t-il. Ton changement... ça m'a conduit à m'interroger, justement, sur ce que je ressentais, mais ce n'est pas venu de là.
Sherlock se releva si brusquement que John crut qu'il allait lui sauter dessus. Il avait le visage plus pâle que jamais, et il se mit à faire les cent pas dans le salon, de manière saccadée et presque agressive. Il avait surtout l'air paniqué, et il marmonnait des mots indistincts. Les crises de panique de Sherlock s'accompagnaient généralement de tétanie, ou au pire de mouvements de balancier du haut de son corps, pas de cent pas. Pourtant, ça s'y apparentait, et John savait que sa proximité physique les calmait. Il n'avait réfléchi à cet état de fait, et ne le fit pas davantage, bondissant hors de son fauteuil à son tour pour se mettre sur la trajectoire de son ami.
Il attrapa les épaules de Sherlock, qui s'arrêta, le regarda sans le voir, les yeux fous.
— Je... je...
— Respire, Sherlock. Je suis là, je ne vais nulle part tant que tu vas mal. Explique-moi. Parle-moi, dis-moi absolument tout ce qui se passe dans ta tête, je ferai le tri.
Sherlock ferma les yeux, se repliant dans son Palais Mental, pour ne plus être pollué par tout le reste, tout les indices visuels qui pouvaient l'agresser.
Lentement, les yeux toujours clos, il leva les bras, et prit les mains de John toujours posées sur ses épaules. Il lia leurs doigts ensemble, laissant retomber leurs mains. Puis lentement, n'observant que leurs doigts joints, il rouvrit les yeux. Et parla.
— J'aime ça. Tes mains sur les miennes. Ta peau. Ta peau sur la mienne. Ta proximité. Que tu me touches. J'en ai besoin. J'ai besoin que tu sois là, que tu me touches. J'en veux plus. Beaucoup plus. Beaucoup plus que ce que tu pourras me donner. Je veux que tu sois toujours là, avec moi, pour toujours, ici, avec moi, dans cet appartement, dans notre appartement. Je veux que tu restes avec moi. Je n'ai jamais ressenti ça pour personne. Ce n'est que toi, pour toujours. Je veux ça. Je veux toi. Mais toi... je pensais... que tu ne le voulais que parce que j'étais une femme, du moins… en apparence.
Le cœur de John avait subi bien des dégâts au cours des dernières minutes, et il fut surpris qu'il existe encore et batte dans sa poitrine, une cavalcade effrénée tandis que le détective balbutiait ces phrases sans logique, caressant du pouce les doigts de John, les yeux fixés sur leurs mains, le désespoir tangible dans chacun de ses mots. Il ne savait absolument pas ce qu'il ressentait, il ignorait comment mettre des mots, mais la violence de ses sentiments pour John était évidente.
— Sherlock, regarde-moi, ordonna-t-il doucement.
Ils avaient sans doute l'air un peu stupides, debout au milieu de leur salon comme ça. Sherlock releva lentement les yeux. Rouges et les pupilles dilatées, il paraissait terriblement paniqué. John détestait le fait de devoir lever la tête pour le regarder convenablement, mais il aimait la grande taille de son ami. Doucement, il détacha sa main gauche de celle de Sherlock, et la leva aussitôt pour la poser contre la joue du détective, pour qu'il ne croie surtout pas qu'il voulait le fuir. Ils étaient encore plus proches que d'habitude.
Sherlock se laissa aller contre la paume presque aussitôt, appuyant sa joue. John sentit sous la pulpe de ses doigts une légère aspérité, la rugosité de la barbe naissante que Sherlock n'avait pas dû couper depuis quelques jours.
— Tu aimes ça ? demanda doucement le médecin. Mon contact ?
— ... Oui.
Il laissa courir sa main le long de la joue, caressant la peau. De sa main droite, il fit de même sur le poignet de Sherlock, le peu qu'il pouvait atteindre à cause de la chemise cintré.
— Vraiment ça ? Et tu en voudrais plus ?
— Oui, avoua de nouveau Sherlock.
Il ne mentait pas, son langage corporel et son pouls le prouvaient. Il fermait à moitié les yeux, se laissant submerger par les sensations que John faisait naître dans son corps.
— Je t'aime, Sherlock, avoua John. Ton apparence n'a aucune espèce d'importance pour moi. Je t'aimais quand tu étais un homme, avant que tu ne me brises le cœur en mourant. Je me suis interdit de ressentir de nouveau ça quand tu es revenu. Quand tu as changé de corps, ça a questionné mes sentiments et mes désirs physiques, c'est vrai. Mais la vérité, c'est que je t'aime dans tous les sens du terme, y compris physiquement, et quelle que soit ton apparence. J'irais même jusqu'à dire que je te préfère mille fois comme ça, parce que tu né comme ça. Parce que c'est ce que tu es. Tu es un homme, et je suis tombé amoureux de toi comme ça.
Sous sa main, il sentit Sherlock trembler.
Ce fut seulement en le disant que John réalisa la véracité de ses propos. Il avait affirmé à ses amis la veille qu'il avait réalisé que ses sentiments physiques existaient pour Sherlock quelle que soit son apparence, mais c'était là quelque chose de plus profond. Il avait toujours aimé Sherlock comme un homme, sentimentalement et physiquement, et il l'aimait encore. Deux ans d'absence, de chagrin, et une brève transformation en femme n'y changeait rien. C'était réellement cet homme-là qu'il aimait.
— Mais... murmura le détective.
Il semblait vraiment perdu, ses yeux dans ceux de John, tremblotant à son contact. Il n'avait probablement jamais eu aussi tort dans une déduction de toute sa vie. C'était un mystère que John ne résoudrait jamais. Ce génie qui voyait à travers tous les mensonges de tout le monde qui n'était pas capable de comprendre un truc aussi simple de la part de John, c'était presque aberrant.
— Mais rien, Sherlock. Cesse de te poser des questions, et dis-moi juste ce que toi, tu ressens pour moi ?
Son cœur avait connu bien des montagnes russes depuis les dernières minutes, suffisamment pour que John refuse de tout miser sur une incertitude. Les yeux de Sherlock s'exorbitèrent un peu plus, et il ouvrit la bouche pour bégayer.
— Je... je...
Il semblait trop terrifié pour parler, et surtout n'avoir aucune idée de la réponse qu'il devait donner. John pouvait voir son cerveau fonctionner à plein régime et passer en revue toutes les indices, sans être capable d'en tirer la seule conclusion valable. Il ne rendrait pas ses sentiments à John, du moins pas verbalement. Il n'arrivait pas encore à l'admettre, ou plus exactement à comprendre ce dont il s'agissait. Il était incapable de reconnaître ses propres sentiments. Mais il ne se rendait pas compte que, si son esprit ne parvenait pas à formuler les mots, son corps les hurlait sans son consentement. Il n'avait sans doute même pas réalisé qu'il s'était encore rapproché de John, au point que leurs poitrines se touchaient presque. La main qui tenait celle de John était remontée le long du bras de son colocataire, et enlacerait bientôt sa taille, s'il la laissait faire.
John, quant à lui, profita de sa bouche ouverte pour caresser les lèvres de son pouce, lentement mais sûrement. Sherlock ne semblait pas non plus conscient que sa langue, timide et hésitante, venait caresser le doigt de son ami en réponse.
— Ok Sherlock, lui murmura doucement John. Ça va. Ne t'inquiète pas. Je vais t'embrasser, maintenant.
Il louchait presque, d'être si près de lui, et de devoir lever la tête pour le regarder convenablement. Entendant ces mots, Sherlock haleta soudain, laissant échapper un petit bruit, presque un gémissement. Et définitivement un consentement. John sourit. Un bref instant, il repensa aux mots de Molly, la veille au soir : « tu peux tout gagner ». En cet instant précis, il se sentait effectivement comme le grand gagnant de la loterie nationale.
Un instant plus tard, il poussa sur ses pieds, attrapa la nuque de Sherlock de sa main libre, obligeant son ami à se pencher un peu, et écrasa ses lèvres sur les siennes. John ne lui laissa pas franchement le temps de réfléchir ou d'analyser quoi que ce soit. Il savait que s'il le faisait, c'était foutu. Il devait profiter de ce moment où Sherlock arrêtait d'être un immense génie pour ne rester que Sherlock, l'homme dont il était tombé amoureux.
Il insinua presque immédiatement sa langue dans la bouche ouverte de son colocataire, cherchant sa consœur, ayant la ferme intention d'embrasser Sherlock comme jamais il n'avait été embrassé.
Il n'eut pas la domination du baiser très longtemps. Sherlock gémit contre sa gorge, un bruit indécent qui envoya un signal immédiat à l'entrejambe de John, qui sentit son sexe se réveiller douloureusement. Puis il embrassa John en retour, poussant sa langue à son tour, jouant de ses lèvres, encore et encore.
John réalisa qu'il avait fermé les yeux quand il manqua d'air et dut reculer pour respirer, se détachant à regret de Sherlock. Rouvrant les yeux, il constata que si le génie, avachi dans un canapé dans toute sa gloire était un spectacle magnifique, celui de Sherlock les lèvres gonflées et rougies, planté debout au milieu du salon, les yeux noircis par le désir et le souffle court, était un tableau plus parfait encore.
— John, gronda Sherlock.
Le médecin ne savait pas exactement ce que c'était censé vouloir dire. Un ordre de revenir vers lui ? Une menace ? Une envie de plus ?
— Dis-moi que tu as ce qu'il faut dans ta chambre ? haleta John.
Il était totalement disposé avec le fait d'embrasser Sherlock jusqu'à en oublier son nom, et le reste du monde tout entier, mais s'il ne posait pas la question maintenant, tant qu'il avait encore deux neurones en état de marche, il n'en serait plus jamais capable.
L'air perplexe de Sherlock lui répondit.
— Ok. La mienne. Viens, maintenant.
Il revint contre Sherlock, attrapa son bras au passage, et le tira en direction de l'escalier qui menait à la seule pièce du haut, sa chambre. S'il arrivait à survivre aux quelques marches, ils auraient tout gagné.
John grimpait l'escalier en tête, tenant toujours Sherlock par le bras, l'entraînant avec lui, et à chaque marche qu'il franchissait, il se calmait un peu plus et se demandait s'il n'était pas en train de faire une erreur monumentale. Il était toujours aussi excité, mais le fait de ne plus être en train de perdre la tête en embrassant Sherlock lui faisait retrouver sa lucidité.
Sherlock avait, à sa manière, avoué ses sentiments et ses désirs, et il avait répondu au baiser de John avec une faim dévorante. Le médecin l'avait également senti excité, comme lui, et il savait que physiquement, Sherlock le désirait. Pour autant, il avait eu l'air vraiment perdu quand John lui avait demandé sans utiliser les mots s'il avait des préservatifs et du lubrifiant. Se précipiter dans la chambre de John était peut-être exactement ça : précipité. Peut-être fallait-il qu'ils ralentissent le rythme.
Ils arrivaient presque en haut de l'escalier quand John prit la résolution de s'en tenir à embrasser éperdument son colocataire pendant deux heures complètes (ou deux jours, ou deux mois, deux ans, ou même une vie complète) si c'était ce que ce dernier voulait, ce à quoi il était prêt. Il n'avait pas passé un mois complet à subir les expériences et commentaires de Molly sur le machisme, le sexisme ordinaire et la volonté du féminisme pour en oublier qu'il devait obtenir le plein consentement de Sherlock sur la question.
Et puis Sherlock lâcha brusquement la main qui l'entraînait, et plaqua ses paumes sur le cul de John, et ce dernier trébucha, manquant de s'écraser au sol. Le détective ne l'avait pas lâché, et John jeta un regard par-dessus son épaule. Deux marches en dessous de lui, Sherlock était en train de le toucher en lui jetant un regard brûlant d'envie. Quoi qu'il se passe sous les mèches sombres, dans le cerveau du formidable génie, il était clair qu'il savait parfaitement à quoi s'attendre en suivant John à l'étage.
John, parfaitement hébété, et bien trop conscient des mains qui le touchaient (et le fait qu'il aimait ça, beaucoup plus qu'il ne s'y serait attendu), n'eut pas le temps de réagir quand Sherlock l'obligea à se retourner, lui faire face. John, deux marches plus haut. Sherlock, un peu plus bas. Leur différence de taille compensée par l'escalier. Une occasion parfaite pour s'embrasser. Ce ne fut pas John qui initia le baiser, au contraire. De ses grandes mains pâles aux doigts démesurés, Sherlock empauma ses joues, et l'embrassa passionnément.
Il jouait de sa langue, de ses lèvres avec la même passion qu'il mettait dans les enquêtes compliquées, les puzzles les plus incompréhensibles. En quelques instants, il réduisit John à l'état de pantin entre ses doigts, gémissant, répondant à sa langue avec l'énergie du désespoir, avide de plus de contact, inconscient de son environnement.
Tout à ce quoi John était capable de penser c'était à quel point il en voulait encore et encore.
Il prit brutalement conscience que les mains de Sherlock n'étaient plus sur son visage, son cou, quand il entendit un cliquetis, qui traversa la brume des bruits obscènes que leurs lèvres faisaient ensemble.
John se vantait d'être doué de ses mains, dans tous les sens du terme, pas seulement sexuel. Il était chirurgien et s'il écrivait de la main gauche et se considérait donc comme gaucher, il savait aussi opérer de la main droite, et désynchroniser les mouvements de ses mains s'il le fallait. Sherlock était Sherlock : un putain de génie, pour tout. Y compris pour dégrafer un pantalon et dézipper une braguette en quelques secondes, a priori.
John hoqueta quand il sentit une main s'insinuer directement sous son boxer, et se refermer sur son sexe tendu. Il chancela, ses jambes semblant vouloir cesser de le porter. John ne pouvait pas le blâmer de ne pas avoir demandé son consentement verbal, il avait été totalement explicite.
Contre son visage, Sherlock respirait plus vite aussi, sans jamais cesser de l'embrasser, doucement, lèvres contre lèvres. De son autre bras, celui qui ne caressait pas John, il entoura la taille de son amant, et accompagna lentement son mouvement vers le sol.
John eut une brève vision de ce à quoi ils devaient ressembler, lui assis sur une marche, le pantalon ouvert, le sous-vêtement tâché, à moitié baissé, Sherlock à genoux devant lui. Il dut rougir, mais il était déjà tellement fébrile qu'il n'était pas sûr que ça se voit davantage.
Mais son fantasme dut s'écrire en lettres capitales sur son front, parce que Sherlock le regarda avec un rictus pervers. Sa main s'agitait toujours sur le sexe en érection de John, des petits mouvements, parce que la position ne lui en permettait pas plus, mais John en tremblait toujours de plaisir.
— Oui, accepta Sherlock. Si tu le veux.
John n'avait posé aucune question verbale, mais son esprit travaillait pour lui, et Sherlock semblait le déduire avec une facilité déconcertante. John ne répondit rien, mais gémit profondément quand le pouce de son amant caressa le haut du gland. Dans l'espace exigu qu'était l'escalier, le bruit résonna profondément, obscène et beaucoup trop érotique.
Sherlock prit ça comme une invitation, et il réussit le tour de force, en quelques secondes, de descendre le pantalon de John à mi-cuisses, emportant avec lui le boxer tâché, libérant l'érection de son amant. Il se pencha, fermement décidé à réaliser les fantasmes de John, quand ce dernier intervint.
— Sherlock... tu le veux vraiment ? balbutia-t-il.
Une de ses mains essayait de se raccrocher au bois d'une marche pour reprendre pied avec la réalité. L'autre caressait la joue de Sherlock, qui releva son regard vers lui. Ses iris pâles n'existaient plus, dévorées presque entièrement par le noir de sa pupille, dilatée à l'extrême, témoin de son envie. John eut le souffle coupé de nouveau, et Sherlock verbalisa son acceptation :
— Oui.
Oui d'accord, c'était plus court que d'habitude, mais je voulais finir un chapitre sur ce consentement si important, si vital, si nécessaire à écrire. Et puis bon, du coup,, vous imaginez assez bien la teneur de la suite !
Prochain et dernier chapitre le Me 06/12 !
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