Salut, mes chers lecteurs et lectrices ! J'ai fini ce chapitre depuis presque une semaine déjà, mais à cause d'un souci de connexion internet, résolu ce matin, je ne le poste que maintenant.

Je suis assez contente de ce chapitre, bien qu'il soit un peu plus court que le précédent. Il me plaît bien. Aussi, j'ai corrigé le chapitre précédent, car en le lisant à mon parrain récemment, j'y ai vu des fautes pas croyables. Aussi, pour la cohérence des futurs chapitres, j'ai supprimé un élément que j'avais négligemment mis.

Sur ce, bonne lecture ^^


CHAPITRE 8

— Je ne supporterais pas un jour de plus aux ordres de la patronne, se lamenta Jasdero de sa position étalée sur le lit.

Cessant de faire les cents pas, Debitto acquiesça gravement. Ils n'allaient pas se laisser traiter plus longtemps comme de vulgaires larbin par cette vieille peau.

— Je ne vois qu'une façon de s'en sortir, dit-il sombre.

Le blond leva la tête, confus.

— Laquelle ?

— Nous devons fausser compagnie à Lulubell et rentrer au manoi-.

Il fut coupé par l'exclamation effrayée de son jumeau, celui-ci bondissant sur ces pieds :

— Tu es fou ? Elle nous fera subir une punition encore pire !

Debitto attrapa les épaules de sa moitié et le regarda l'air grave :

— Nous n'avons pas le choix. Si nous parvenons à atteindre le manoir, le comte nous protégera de tout châtiment qu'elle pensera à nous infliger.

— Et si l'on échoue ? Murmura-t-il en déglutissant.

Debitto sourit avec assurance.

— Nous nous faufilerons une fois Lulubell endormi ; elle ne remarquera pas notre disparition jusqu'à ce qu'il soit trop tard, affirma-t-il.

Devant la confiance de son jumeau, le blond n'émit plus aucune objection. Sauf :

— Et pour Lero ?

Un éclair de colère passa sur le visage du brun.

— On lui fera payer plus tard.

Ils sautèrent pratiquement hors de leurs peaux lorsqu'on frappa bruyamment à leur porte, la voix forte de l'esclavagiste se faisant entendre à travers :

— Descendez les mollassons, il y a du travail qui vous attend !

Soupirant synchrones, ils commencèrent à se préparer pour une nouvelle journée tortueuse.

Pendant ce temps au manoir :

Les Noah plus âgés marchaient ensemble dans les couloirs du manoir ; Road tenait un plateau garni en nourriture tandis que le Comte en portait deux.

— As-tu pu joindre Sheryl ? Demanda Adam.

Road secoua la tête :

— J'ai aussi appelé à la résidence, le majordome a dit qu'il était en pleine réunion avec des politiciens d'un autre gouvernement et qu'il en aurait sans doute pour la journée.

— Je vois. Et Lulubell ?

— Je n'arrive pas à la contacter. Aucune trace des jumeaux non plus.

Il acquiesça.

Comment faire... Je peux mettre mon travail en pause pour aujourd'hui, mais qu'en est-il des autres jours. Tant d'Akuma potentiel perdu...

Bien sûr, il pouvait toujours envoyer des Akuma à la recherche de sa sœur stoïque. Toutefois, il ne le fera pas. Elle s'absentait rarement du manoir. Si elle n'était pas rentrée après avoir prévenu les jumeaux, c'était qu'elle voulait profiter un peu du monde extérieur.

Road réfléchissait à un moyen de soulager l'inquiétude du plus âgée. Elle avait évoqué son père adoptif comme solution possible. Transféré Allen à la résidence Kamelot aurait été la meilleure solution ; les domestiques se serait occupé de lui.

À moins qu'un Akuma ayant été médecin ou infirmier puisse être attribué à sa garde... Elle secoua la tête en soupirant. Si Adam en avait un correspondant à ces critères, il l'aurait déjà fait venir. Et en fabriquer prendra trop de temps.

Lorsqu'ils arrivèrent au bout du couloir, ils s'arrêtèrent net dans leur pas en voyant les portes des chambres ouvertes. Ils s'échangèrent un regard surpris puis se remirent en marche d'un pas rapide. Le comte pénétra dans la chambre du garçon tandis que Road franchit la sienne.

Elle balaya la pièce du regard, ses yeux s'écarquillant en voyant son lit défait et pas de rouquin dedans. Elle prit de grandes enjambées, déposant à la va-vite son plateau sur son bureau pour ouvrir la salle de bain. Vide, elle aussi.

— Adam ! Appela-t-elle anxieuse.

Courant à la porte, elle rentra presque en collision avec lui. Elle pâlit en voyant les émotions qui tourbillonnait dans ses orbes.

— Il manque ses chaussures, lâcha-t-il d'une voix blanche.

Road se mordit la lèvre inférieure.

— Adam, il n'a pas pu aller bien loin dans son état et le manoir est grand, on va le retrouver, dit-elle rapidement.

Acquiesçant gravement, il ferma les yeux et inspira profondément. Dès qu'il sentit sa connexion mentale s'établir avec ces créations, il commanda d'une voix imposante :

Akuma ! L'humain est introuvable ; fouiller la demeure toute entière et vérifié les limites entourant le lui faite aucun mal, contentez-vous de le retrouver et de me l'amener !

Le silence qui régnait alors dans le manoir se termina brusquement ; remplacé par une accalmie de portes claquées et pas de courses. Les couloirs auparavant vides, désormais arpentés par tous les serviteurs de la demeure. Tous obéissant à l'ordre donné par le Faiseur.

— Nous devrions chercher de notre côté aussi, déclara Road

Adam hocha la tête. Sans rien ajouter d'autre, la paire quitta la chambre. Ils se frayèrent sans mal un passage parmi les machines. Ils n'eurent pas à aller bien loin ; le 1ᵉʳ enfant se figea soudainement dans ses traces, sa vision se transférant dans une de ces créations.

Road s'arrêta, regardant son frère avec impatience et inquiétude. Que lui montrait l'Akuma ? Allen allait-il bien ? Où était-il ?

Adam revint à lui. Il baissa les yeux, soulager et soucieux.

— Alors ?

Il soupira.

— Il se trouve dans ma pièce, en compagnie de Tyki.

Un air vide s'installa sur les traits de porcelaine.

— Tyki ?

— Oui. Allons-y.

Ils se remirent en route. Les Akuma retournèrent à leurs occupations précédentes. Le calme retrouva sa place dans le manoir.

Un peu plus tôt :

— C'est une blague.

Son œil gauche prit de spasme, le Portugais ne voulait faire qu'une chose : fermer sa porte et faire comme s'il n'avait rien vu. Les choses ne pouvaient bien évidemment pas être aussi simples. Maudissant son côté blanc, il expira longuement en se massant l'arrête du nez.

— C'est décidé : je repars bossé dès ce merdier résolu, se dit-il à voix basse.

Quittant sa chambre à grande enjambée, il bloqua le chemin du garçon. Il croisa les bras contre sa poitrine, son expression froide.

— Où crois-tu aller comme ça ? Interrogea-t-il lentement.

Le garçon cligna des yeux, surpris. Il ne dit rien. Un autre spasme secoua l'œil de Tyki, il ouvrit la bouche pour répéter quand le gosse le prit au dépourvu en s'inclinant jusqu'à la taille.

— Je m'excuse d'avoir dû vous imposer ma présence, monsieur, sachez que vous n'aurez plus à me supporter : je m'en vais, Dit-il d'un ton vide.

Abasourdit, l'homme décroisa les bras et le dévisagea. Mais qu'est-ce que c'était que ce bordel ? La maladie faisait-elle perdre la tête au gosse ? Et puis, que foutait Road ? Elle était censée le surveiller !

— Pourquoi tu veux t'en aller ? Demanda-t-il d'un ton prudent.

Allen se redressa, levant la tête pour mieux voir l'adulte. Tyki retint une grimace en apercevant les orbes anthracite terne.

— Je voulais partir le premier jour, mais Monsieur Millénaire m'y a fait renoncer. (Un éclair de tristesse transparut sur ces traits) Mais au final, je me retrouve à être un poids pour lui et Road...

Il se mordit la lèvre inférieure.

— Il vaut mieux que je parte. Juste... si vous pouviez dire de ma part au Comte et Road que je suis sincèrement désolé de leur avoir fait perdre leur temps avec quelqu'un comme moi.

Tyki ne pouvait pas en croire ses oreilles. Que diable se passait-il ?

Pourquoi le prince a même gardé ce gamin s'il ne voulait même pas rester ? (Il se donna une claque mentale) Merde, ce n'est pas le moment de se concentrer sur ce genre d'information ! Si le gosse veut se barrer, tant mieux ! Mais il est hors de question que je sois celui qui l'annonce à ces deux-là !

Il ignora la petite voix dans sa tête qui se pencha sur la faible estime de soi que semblait avoir l'enfant, tout comme le sentiment de pitié qui le prenait. Il n'avait pas le temps de faire dans le sentimentalisme, il n'oubliait certainement pas que l'enfant était tenu dans l'ignorance des détails sanglants du clan et autres.

Faire preuve de compassion envers un être qui ne ferait que regarder avec haine et peur leur espèce s'il savait n'était pas dans son programme.

Il avait prévenu Road qu'ils couraient droit dans un mur, elle n'avait pas voulu l'écouter et lui avait même dit de voir. Eh bien, il pense qu'il en avait assez vu et cela ne faisait que le confronter dans son idée. Il refusait de perdre plus de temps.

Agrippant avec force le poignet du rouquin, il commença à le traîner rapidement à sa suite. Il ignora les cris de son captif.

De retour au présent :

Allen jeta un regard anxieux par-dessus sa frange au Noah du Plaisir. L'homme était adossé contre la porte, empêchant toute évasion, les bras croisés et une cigarette coincée entre les dents. Il se rétrécit sous son regard cinglant, baissant la tête et fixant ses pieds.

Il ne comprenait pas pourquoi il était retenu captif. Il n'allait plus ennuyer aucun d'autre-eux, alors pourquoi empêcher son départ. Il était perdu et effrayé.

— Mons-

— Pas un mot, dit-il laconique.

Il se mordit la lèvre, agrippant le short avec des mains tremblantes.

Tyki inspira longuement, fermant les paupières un court instant pour mieux profiter de la nicotine qui traversait son système. Captant le bruit des pas précipités, il souffla la fumée grise, écrasa sa cigarette dans son poing, en s'écartant sur le côté.

La porte s'ouvrit à la volée sur une Road inquiète. À peine eut-elle repéré le gamin qu'elle a couru le prendre dans ses bras.

Allen se figea, les yeux écarquillés. Il essaya de voir l'expression de la fillette, sans succès. Son étreinte était forte.

— Road ?

Elle le lâcha finalement, le regardant d'un air furieux. Ses mains se posèrent sur ces épaules, sans pour autant y mettre de force. Il déglutit.

— Tu es un idiot d'être sorti du lit dans ton état ! Le réprimanda-t-elle.

Il resta silencieux, ne sachant pas comment réagir dans l'immédiat. Elle ouvrit la bouche, sur le point d'en dire plus, quand une main se posa sur sa propre épaule. Elle jeta un regard en arrière, rencontrant le visage vide du Portugais.

— Ouvre-moi une porte (la voyante prête à objecter, il resserra son emprise et lui lança un regard glacial). Je ne suis pas d'humeur. Ne me fais pas répéter.

Se lançant dans un concours de regard, Allen, témoin de ça, baissa à nouveau la tête, mal à l'aise, Road finit par claquer sa langue d'agacement.

Elle claqua des doigts et reposa de nouveau son attention sur l'enfant. L'emprise de son oncle disparu. Adam arriva pile au moment où Tyki s'engouffra dans la dimension. Mettant de côté le départ inattendu de l'homme, il avança pour s'agenouiller au côté de sa sœur.

Il posa une main sous le menton du rouquin, relevant sa tête pour l'obliger à rencontrer son regard. Les orbes nuageux ternes le prirent un court instant au dépourvu.

— Allen, pourquoi errais-tu dans le manoir ? Demanda-t-il d'une voix douce.

Allen murmura quelque chose si doucement que même l'audition améliorer des Noah ne l'entendit pas.

— Peux-tu te répéter en parlant plus fort, s'il te plaît.

Sous l'attention des deux Noah, il se lécha les lèvres et obéit.

— Je voulais partir d'ici.

Le Comte hocha la tête, abaissant sa main pour la reposer sur ses genoux.

— Et pourquoi voulais-tu partir ? Poussa-t-il gentiment.

Il baissa à nouveau la tête, sa frange cachant les émotions qui défilaient dans ses yeux.

— Depuis mon arrivée ici, je n'ai fait que vous causez du souci.

— Que racontes-tu ? Tu es tombé malade, ça arrive, Fit Road troublé.

Il secoua la tête.

— Je ne suis pas idiot. Je vois bien que ma présence ici dérange certains membres de votre famille. Je ne veux pas être la source d'une quelconque dispute et m'imposer plus longtemps.

Les Noah se lancèrent un regard découragé. Le pauvre enfant s'était donc rendu compte qu'il n'était pas aussi accepté qu'Adam l'avait fait paraître. Road maudissait son père pour avoir contribué à donner cette réalité à Allen ; tout comme elle, il n'avait pas été aveugle aux mauvais éclats qu'il lui lançait quand il croyait que personne ne regardait.

Ils pouvaient comprendre qu'il veuille s'en aller. Rester dans une maison où la majorité des membres vous ignorent ou vous montrent du mépris n'était enviable à personne.

Adam ne savait pas quoi faire. Parler à Tyki ne changera pas son comportement à son égard. Il ne pouvait pas l'y forcer non plus. Et accepter de laisser partir Allen lui serrait le cœur.

— Si vous me laissez partir, je ne serai plus une gêne.

Le visage du patriarche s'assombrit, repensant aux propos qu'il avait tenus en sanglotant. Il serra les poings. Maudits soient les êtres humains et leur cruauté sans fin !

Inspirant profondément, il demanda d'une voix égale :

— As-tu déjà fait du mal à quelqu'un, intentionnellement ?

Allen cligna des yeux, confus par la question soudaine, néanmoins il secoua la tête.

— Alors, as-tu déjà ri du malheur des autres ?

Road se redressa, comprenant dans quel sens cela allait.

— Non, mais pour-

Adam le coupa :

— Dans ce cas, tu n'as jamais été un fardeau pour l'homme qui était ton père adoptif. (Il posa une main sur le sommet de sa tête, regardant avec bienveillance le garçon le dévisager) Tout ce que j'ai entendu quand tu m'as révélé la cause de sa mort, c'est qu'il t'aimait si fort qu'il a donné sa vie pour que tu puisses continuer la tienne.

Le visage d'Allen se tordit de douleur, un flot de larmes ruisselant sur ces joues pâles. Adam retira rapidement sa main, ne s'attendant pas à ce que ces mots fassent cet effet. L'enfant essuya frénétiquement ses joues. En vain, ses larmes ne tarissaient pas.

— Mais... il était le seul qui me traitait comme une personne à part entière ! Il ne méritait pas de mourir ainsi ! J'aurais préféré qu'il me laisse mourir ; je n'étais même pas voulu par mes propres parents, alors pourquoi a-t-il jeté sa vie pour moi ! Je ne comprends pas ! Sanglota le garçon, sa voix tremblante se brisant à la fin.

C'était la goutte de trop pour le Noah du rêve : elle le tira dans ses bras. Il ne protesta pas, s'accrochant au dos de sa chemise avec tout le désespoir qu'il ressentait. Ses yeux brillaient de larmes contenues, seulement les siens brillaient de rage, l'or engloutissant l'améthyste.

— Tu n'as rien fait de mal ! Les fautifs sont tous ces humains ! Ces êtres inférieurs sont ceux qui ont tué ton père. Ils sont méprisables ; craignant ceux qui sont différents ou ce qu'ils ne comprennent pas ! Tu es un enfant innocent, tu n'as rien fait de mal, mais eux (Le venin laçant son ton) sont coupables ! Ils ont causé ta souffrance sans aucun remord ; c'est ce qu'est l'humanité !

La diatribe de la fillette n'eut comme effet que de le faire sangloter plus fort. Avant Mana, il avait vécu sa vie dans la peur, la douleur, la solitude et la tristesse. À un moment, il avait été amer envers ce monde qui lui était si hostile. Mais le clown était parvenu à effacer cette rancœur qui le consumait chaque jour.

Mais l'homme n'était plus de ce monde. Et la vérité était que c'était bel et bien l'humanité qui l'avait tué. Ce sont les souvenirs des mauvais traitements qu'il avait subis bambin qui l'avaient poussé à fuir la vieille femme. Le cocher avait écrasé son père et avait pris la fuite. Et les passants n'avaient fait que regarder, sans essayer d'aider malgré ses appels à l'aide pour quelqu'un, n'importe qui, d'empêcher son père de se vider de son sang.

DGM

Dans un coin de la cuisine, le brun frottait les assiettes et tasses avec une hargne étonnante. Le cuisinier lui jetait parfois des coups d'œils prudents. Il le voyait marmonner avec enthousiasme sans pour autant entendre ce qu'il disait. Il avait cependant le sentiment que cela avait un rapport avec la gérante et qu'il ne chantait guère ces louanges.

Bah... Du moment qu'il ne glande pas, ça ne me regarde pas, se dit-il en haussant les épaules.

Debitto grogna dès qu'il vit son frère approcher, tenant dans ses mains une nouvelle pile de couvert sale.

— Putain, mais comment ça se fait que cette vieille mégère ait autant de succès !

Jasdero regarda nerveusement autour de lui. Debitto roula des yeux.

— T'inquiète, Jas, cette vieille peau ne va pas débarquer parce qu'on l'a insulté, le rassura-t-il.

— Tu n'en sais rien (Il frissonna) J'ai l'impression parfois qu'elle n'ait pas humaine, Chuchota-t-il fort en agrippant le bras de son jumeau.

— Je suis d'accord avec toi sur ce coup.(Il se remit à faire la vaisselle, ricanant) Je suis sûr qu'elle finira sa vie toute seule ; aucun humain n'est assez fou pour sortir avec une psychopathe de son genre.

Jasdero se redressa, tapant son poing dans sa paume d'un air entendu.

— Tiens, cela me rappelle que Lulubell est en train de se faire draguer par un homme.

Debitto lâcha l'assiette, heureusement l'évier rempli d'eau amorti assez la chute pour éviter qu'elle ne se casse, fouettant sa tête vers le blond, un air sidéré sur le visage.

— Lulubell se fait quoi ?

— Draguer. J'ai vu un homme s'approcher d'elle avant de venir là et il ne me semblait pas la voir pour faire un brin de causette.

Debitto enleva ses gants en caoutchouc rose, essuyant ces mains humides sur son tablier marron. Il attrapa le poignet de son frère et le traîna jusqu'à la porte menant à la salle principale. Il s'accroupit, tirant son frère avec lui et entrouvrit la porte.

Il passa la tête, balayant la salle du regard. Bientôt de longue mèche lui bloquèrent la vue. Mécaniquement, il les poussa de côté, son frère se penchant davantage sur lui pour espionner à son tour.

— Qu'est-ce qu'on cherche ? Chuchota-t-il curieux.

Debitto ne répondit pas. Là, près d'un coin, étaient assis le douzième apôtre et un homme. Leur sœur paraissait tout aussi impassible qu'à son habitude, alors que l'humain la baratinait visiblement avec un sourire censé être charmeur. Censé étant bien le mot-clé, car les joues rouge vif et sa forme tangente lui disaient que l'homme était clairement saoul comme un cochon.

— Il semble être un abruti qui ne prend pas non comme une réponse. (Il pencha sa tête en arrière, un sourire narquois aux lèvres) On va profiter que ce débile détourne son attention pour nous barrer d'ici.

Jasdero cligna des yeux plusieurs fois, la compréhension s'y infiltrant lentement. Oubliant toute crainte de représailles, que ce soit de Lulubell ou de la patronne, il acquiesça vigoureusement. Si son frère disait que c'était le bon moment, il le croirait sans hésiter.

Ainsi, les jumeaux se mirent en quête de retrouver leur liberté. Malheureusement pour eux, ils n'eurent pas l'idée de vérifier où était Lero. Cet oubli de leur part allait leur coûter cher.

Saut de temps

— Tu penses qu'on a le temps de repasser à la ferme pour récupérer Niwa ? Demanda doucement Jasdero.

Debitto secoua la tête, claquant la langue d'agacement au peu d'espace qu'il avait pour bouger.

— On ne doit faire aucun arrêt, sinon elle nous rattrapera et là, c'est l'enfer assuré, dit-il en retour.

Le blond déglutit, un rire nerveux lui échappant.

— On ira la récupérer après avoir obtenu la protection du vieux.

Un grand sourire étira ses lèvres cousues. Il hocha furieusement la tête, se fichant pas mal de la cogner contre la caisse en bois. Il rit un peu à son frère, le grondant dans un chuchotement paniqué.

Il fallait dire que leur cachette actuelle n'était pas des plus pratiques. La chance avait voulu qu'ils trouvent une charrette en train d'être chargée par un marchand. Le brun avait alors décidé qu'ils se faufileraient dedans pour pouvoir quitter en toute discrétion la ville.

La furtivité dont ils avaient fait preuve pour se faufiler entre les caisses était impressionnante. Ainsi, ils étaient couchés à plat ventre, entre les innombrables caisses et sacs. Une grande bâche les cachant à la vue de tous.

La paire se regarda confuse quand la charrette cessa d'avancer. Ils attendirent en silence qu'ils reprennent la route. Sans succès.

— On est déjà arrivé ? Demanda Jasdero.

— Ne dit pas n'importe quoi, ça ne fait même pas une heure qu'on est monté ; il n'y a aucune ville qui soit si proche, répondit-il méfiant.

Quelques minutes s'écoulèrent encore. Finalement, le brun en eu marre. Il rampa à l'avant, passant sa tête dans l'ouverture réduite. Il plissa les yeux à la luminosité soudaine. De sa position, il pouvait voir le dos du marchand.

Il balaya des yeux les alentours, fronçant les sourcils. Ils étaient clairement au beau milieu de nulle part, alors pourquoi diable l'homme s'était arrêté sans raison ?

Il sauta pratiquement hors de sa peau quand l'autre prit soudainement la parole, sa voix stoïque :

— Vous croyiez pouvoir m'échapper aussi facilement. Votre stupidité m'afflige sincèrement, les jumeaux.

Ses yeux s'écarquillèrent. Derrière lui, il entendit son frère couiner avec crainte le nom du douzième apôtre.

— Comment ?

Du coin de sa vision, il vit la couverture aux côtés de la métamorphe bouger. Il grinça des dents, furieux, en voyant le maudit Golem du Comte en sortir. Le sourire mange-merde qu'il arborait lui donnait envie de le cramer dans une cheminé après l'avoir déchiqueté en millier de petits morceaux et tailler son manche pour en faire un bâton de chaise.

— Toi !

Lero ricana, ses orbites vides plissées dans un sadisme pur.

La tête de Jasdero apparut à ses côtés. Il transpirait abondamment, un petit sourire nerveux courbait ses lèvres cousues. Debitto l'ignora.

— Quand as-tu pris la place de ce marchand ?

Reprenant sa forme de naissance, elle le toisa d'un regard froid.

— Il n'y a jamais eu de marchand. Vous avez cependant cru pouvoir vous en sortir sans purger votre punition jusqu'à la fin, et cela est intolérable.

Debitto se renfrogna. Il attrapa discrètement le poignet de son jumeau plus jeune. Il pressa. Jasdero hocha vivement la tête. D'un bond, ils se levèrent, déchirant la bâche et sautèrent hors du chariot pour prendre leurs jambes à leur cou.

— Jas.

Le blond attrapa le bras tendu de son aîné, le projetant en avant, puis prit une ponte d'accélération. Il se retrouva à courir avec son frangin tombant dans ses bras ouverts ; le brun ne perdit pas de temps pour passer du style portage marié à celui de sac à patate.

— Ils s'enfuient, Lero ! Cria le Golem paniqué.

Lulubell se lécha les lèvres, une lueur d'anticipation brillait dans ses yeux bleus glaciaux.

—Ainsi donc, vous voulez jouer au chat et à la souris. Bien.

Descendant tranquillement, elle se transforma en panthère. Fléchissant ses muscles puissants, elle s'élança à leur poursuite en poussant un hurlement félin.

— Putain Jas, fais quelque chose, elle nous rattrape ! Cria avec panique Debitto.

Jasdero glapit, accélérant d'un cran sa cadence déjà impressionnante. Sa vitesse dépassait celle d'un train allant à vive allure. Il ne pourrait pas faire mieux.

Malheureusement, Lulubell était elle-même pleine de surprises et sa rapidité n'était nullement en reste. Le blond peinait à garder dix malheureux mètres entre eux. Après de longues minutes, Debitto décida qu'ils devaient faire quelque chose en plus pour pouvoir la semer.

Ainsi, le brun tordit son corps pour chuchoter tant bien que mal à son frangin leur prochain plan d'action. Jasdero hocha vigoureusement la tête, ses longs cheveux blonds virevoltant derrière lui.

Debitto se repositionna en sac a patate, l'air paniqué. Dès qu'il sentit la prise forte du blond sur ces jambes, il cria :

— Fous-nous la paix !

Dans ses mains apparurent des petits sacs. Sans préambule, il les jeta sur Lulubell et en fit réapparaître d'autres dès qu'il en était à court. Lulubell évitait habilement tous les projectiles. Cependant, après qu'un projectile l'a touchée et que rien ne s'était passé, elle cessa d'esquiver.

C'est le moment ! Pensa sournoisement Debitto.

Balançant tous les sacs en même temps, il se contorsionna et Jasdero se retourna en courant toujours, juste à l'envers. Dans leur main libre apparurent des pistolets. Au même moment que les sacs se mirent à briller d'une lumière aveuglante, les jumeaux fermèrent les yeux et tirèrent.

— Bombe violette !

Les balles fendirent l'air et atteignirent leur cible avec succès.

Saut de temps.

Les passants jetaient des regards aux adolescents étranges. Pour une fois, ce n'était pas dû à leur maquillage ou leur tenue. Debitto marchait en se trimbalant sa moitié sur le dos ; mort au monde.

Après les heures passées à courir sans aucune pause, le brun avait permis au blond de se reposer un peu. Jasdero s'était alors éteint comme une lumière, le seul signe l'indiquant comme encore de ce monde était ses ronflements bruyants.

Debitto était motivé de ne rien laisser perturber leur avancée, ainsi, il passait outre les chuchotements des passants et autres désagréments qui, en temps normal, le ferait crier des injures à leur encontre.

Ce n'est pas le moment de flancher ! La porte de Road ne doit plus se trouver très loin.

— Les jumeaux !

Il se figea en plein milieu de la rue. Cette voix grondante. Ce n'était tout de même pas... Lentement, il pivota la tête sur le côté. La couleur s'écoula de son visage, ses yeux s'écarquillant d'effroi à la vue d'un Skin passablement furieux.

L'homme était toujours habillé des cloques qu'il appelait des vêtements. Il portait sur son épaule un sac à la taille non négligeable et une boîte rectangulaire emballée de soie sous son bras.

Merde ! Pourquoi le bouffeur de bonbons est là ! Maudit-il

Ne montrant rien de son agitation intérieure, il tenta un sourire amical qui ressortit crispé. L'homme s'approcha.

— Skin, quel plaisir de te croiser ici !

— Vous avez osé manger mes bonbons. (Il grogna, certains passants s'étant arrêtés pour regarder, s'éloignèrent un peu). Tous mes BONBONS ! C'est impardonnable !

Ah, visiblement, l'homme colérique n'avait toujours pas oublié leur petit écart. Bon, bah, il n'y a plus qu'à se barrer et vite. Ni une, ni deux, il décolla, direction la porte de Road. Bien évidemment, rancunier comme Skin était concernant ses sucreries, il le poursuivit en criant des menaces.

— Bordel, on est désolé, alors, lâche-nous les Basques maintenant ! Cria-t-il en retour.

— Gnn

Le blond se réveilla. Ses paupières partiellement ouvertes. Mécaniquement, il tourna la tête vers les crient, regardant d'un air endormi un Skin furax les pourchassant. Une minute passa.

— Hiii, pourquoi il est là, lui ? Cria-t-il choqué.

— Pas le temps de t'expliquer, on doit s'éloigner de ce taré et vite ! S'exclama Debitto.

— Mais pourquoi il en a après nous ?

— Merde, vous ne voyez pas que vous gênés, dégagé ! Cria-t-il en évitant de justesse une vieille avec une canne. (Puis répondit au blond) C'est à cause des bonbons qu'on a mangés avant de quitter le manoir ! Il n'a pas encore passé l'éponge !

Jasdero se contorsionna comme il put, une main agrippant l'épaule de son frère. Il se mit à crier à l'homme :

— On est désolé alors, laisse-nous tranquille !

Le Noah de la Colère ne s'arrêta pas pour autant. Il allait les avoir et à ce moment, qu'il n'espère pas de la miséricorde de sa part. Personne ne touchait à ses bonbons si ce n'était la plus âgée.


Et voilà pour ce chapitre ! Je sais que les jumeaux agissent OC comparés à ce qu'ils sont dans le manga, mais perso, je ne les vois pas que comme des idiots sans cervelles. Et D Gray Man Hallow a mis en évidence, du moins dans leur expression et apparence, qu'ils ne sont effectivement pas débiles — pour Jasdero. Puéril et enfantin à la limite.

Bref, j'ai déjà commencé le chapitre 9 et j'ai bon espoir qu'il soit prêt pour Noël !

Sur ce ciassu.