Note de l'auteur : La plateforme (Skyrock) qui hébergeait mon blog de roleplay (HetaliaTheWorldVillage) a été retirée de l'espace public dans le courant de l'été 2023, aussi j'ai dû achever ma migration vers FFN. J'ajoute au contenu additionnel de cette fanfiction la fiche dédiée à Illyrhïs, que j'avais rédigée avant de commencer la Flamme d'Erebor. Elle est à considérer comme sa genèse, d'où les nombreuses redites.

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Illyrhïs Targaryen

Son plus solide souvenir de sa mère était d'une tristesse infinie. La mer venait lécher leurs pieds tandis qu'elle le tenait fermement par la main. Et elle serrait, serrait, serrait encore, sans même s'en apercevoir. Le paysage, tout autour d'eux, était magnifique. Mais elle fixait l'horizon, terrorisée. Chaque jour, elle venait ainsi guetter et ne s'en retournait, le prenant dans ses bras, qu'après qu'il ait commencé à pleurer, tant sa poigne lui broyait les os. Elle rentrait précipitamment, comme poursuivie. Et lui regardait la plage s'éloigner en rêvant d'aller plus loin que ses yeux voulaient bien voir.

« Le passé vaut mieux sous la cendre. »

C'était tout ce qu'elle voulait bien répondre, lorsqu'il la pressait de questions. Il ne sut jamais rien d'autre, et son père ne profita d'aucune confidence, lui non plus. Sa vie d'avant son naufrage, elle l'emporta dans la tombe, ne lui léguant qu'un large médaillon noir, quelque chose entre la roche et le métal, sur lequel était représenté un dragon tricéphale crachant le feu. Sa queue et ses ailes formaient un cercle qui soulignait le bord du pendentif. Une délicate mosaïque rouge sertie colorait la créature, aux griffes blanches comme ses crocs et ses yeux.

« Ton cœur sur ta foi. Les larmes pour le sang. Nos âmes au feu. »

Tels étaient les mots, péniblement gravés, au dos du bijou. Davantage qu'un poème ; une lamentation et une prière. De cette femme ridée par ses craintes, courbée par ses fantômes, qui avait vécu plus que son temps grâce aux soins elfiques, il avait hérité ses longues boucles immaculées, l'améthyste étincelant de ses iris, le rose de ses lèvres et la douceur de ses traits. Demi-sang, il tenait de son père ses oreilles pointues, la pâleur lumineuse de sa chair, une espérance de vie confinant à l'immortalité ainsi que quelques possibilités en matière de magie.

« Ne me prive pas de toi, Lily. »

Avait-elle compris que leurs terres étaient devenues trop petites pour lui ? A cette époque, sa mère se faisait vieille, et lui ne songeait qu'à partir. L'archipel dit des « Rives » n'avait plus rien à lui offrir. Il avait exploré chacune des cent soixante-dix-huit îles qui le composaient et dessiné tous les dragons qui le peuplaient. Il avait tout vu, à toutes les heures, par tous les temps, et il étouffait. Il n'en avait pas parlé, mais elle avait dû le sentir. Ainsi lui avait-elle subtilement soumis cette requête ; attendre que l'âge l'ait emportée avant de s'en aller. Comment aurait-il pu refuser ?

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~ ~ ~ ~ ~ « Je le trouvai effondré sur la plage, et j'avançai prudemment sur le sable gorgé de son sang. Je l'observai attentivement. Il faisait déjà la taille des plus grands dragons de l'archipel et pourtant, je notai à l'absence de traces d'usure sur ses crocs, ses griffes et ses cornes, qu'il était encore jeune. Quelques mois, tout au plus, m'indiquèrent ses écailles... Trop lisses, trop fines, trop souples ; rien n'annonçait sa première mue. »

~ ~ ~ ~ ~ « Je décelai en lui la conjonction stupéfiante d'au moins cinq races radicalement différentes. Il disposait d'ailes immenses servant aussi de pattes avant chez les grands bipèdes comme Smaug le Magnifique. Étant un quadrupède, celui-ci devait rarement utiliser les siennes pour marcher, leurs doigts griffus étant par ailleurs chez lui des crochets, sûrement conçus pour s'agripper à des parois abruptes et les escalader. Il possédait cependant, légèrement à cheval sur la première, une seconde paire d'ailes. Ces dernières, quant à elles bien plus adaptées à la corpulence du spécimen, étaient parfaitement conventionnelles. Des ailettes s'étendaient de sa croupe jusqu'à deux mètres le long de sa queue. Les éléments de cet assemblage a priori absurde se répondaient en réalité intelligemment. Les ailes disproportionnées permettaient de voler longtemps et de lutter contre les courants les plus violents. Les autres lui assuraient vitesse et agilité. Quant aux ailettes, elles maintenaient l'équilibre du tout. »

~ ~ ~ ~ ~ « Comment soutenir un tel poids, si ce n'était grâce à une ascendance de dragons abyssaux ? Leurs os et leur musculature étaient capables de supporter la pression des profondeurs ; sans cet héritage, l'individu que j'avais sous les yeux aurait été condamné à ramper et serait rapidement mort de faim ou écrasé sous sa propre masse. De plus, je pouvais affirmer que la créature à qui il devait cette particularité salvatrice était un léviathan, gigantesque serpent des fosses océaniques. En effet, la queue de mon sujet était démesurément longue, quoique pourtant enroulée en plusieurs endroits. De plus, ses écailles d'encre luisaient parfois de reflets bleus, verts ou violets, typiques des nuances des léviathans. Si je ne lui avais pas encore découvert de branchies, je ne doutais pas de leur présence, encouragé que je l'étais par ses palmures. Elles n'étaient certainement détectables qu'une fois ouvertes, lorsqu'il s'immergeait. Et je me demandais ; bénéficiait-il d'un sonar, comme son parent marin ? »

~ ~ ~ ~ ~ « Mais il tenait aussi des cauchemars, comme le prouvaient ses quatre cornes distordues aux bases proéminentes. Peut-être avait-il, comme eux, la faculté de s'embraser entièrement ? En tout cas, ce ne serait pas en sécrétant cette matière inflammable qui les recouvrait ; le handicap aurait été considérable pour un dragon amphibie, alors contraint d'attendre d'être sec. Une collerette qu'il pouvait ou non déployer rappelait les grands couronnés, et des rangées d'épines couraient sur son encolure, suffisamment humbles pour ne pas abîmer l'harmonie de sa silhouette tout en faisant écho à la puissance de ses ailes-crochets. Enfin, au faible rayonnement violet qui émanait de sa gueule entrouverte, et aussi difficile que cela était à croire, je comptais parmi ses atouts ceux du furie nocturne. Ses ailes principales me semblaient un obstacle à la furtivité de cette race supposée éteinte, mais j'avais bon espoir. »

~ ~ ~ ~ ~ « Les hybrides étaient habituellement malformés, mélanges grotesques d'éléments s'invalidant entre eux. Incapables de subvenir à leurs besoins ou de se défendre, ils ne parvenaient à intégrer aucun groupe et la maladie avait aisément raison d'eux. En somme, une cruelle sélection s'opérait qui niait obstinément l'imagination de la nature. Mais celui-là... Celui-là dégageait une force colossale, un potentiel fantastique. Les blessures terribles qu'il arborait ne le compromettraient pas. La membrane de son aile auxiliaire gauche se reformerait d'elle-même, et s'il conserverait une imposante cicatrice, son poitrail et son épaule guériraient à condition qu'il se tienne tranquille. Le plus inquiétant était l'importante mutilation de son ailette gauche, mais j'étais certain qu'un appareillage pourrait y remédier. Sans cela, il ne volerait jamais plus. Je lui étais indispensable et je devais lui le faire comprendre, qu'importaient les risques auxquels je m'exposerais. »

~ ~ ~ ~ ~ « En cet instant, je me le jurai ; je chevaucherais cette miraculeuse aberration à la scandaleuse perfection. Ce bâtard parmi les bâtards, je le nommai Fauchelevant. »

_ Journal encyclopédique, par Illyrhïs des Rives

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Note de l'auteur : Personnage jouable dans les univers de Game of Thrones, du Seigneur des Anneaux, du Monde de Narnia et du Prince des dragons, les uns en toile de fond des autres, partant du postulat que le monde est absolument immense et/ou qu'il existe des portails, des lieux de passage magiques. Quelques éléments tirés de The Witcher, How to Train Your Dragon et Harry Potter. Les différentes représentations d'une même espèce peuvent s'expliquer par sa richesse, la pluralité des races qu'elle regroupe ainsi que par l'influence de l'environnement sur son évolution. Illyrhïs tient d'un elfe semblable mais pas identique à ceux du Seigneur des Anneaux ; je pars d'ailleurs du principe que les Rives se situent au Nord de la Terre du Milieu et à l'Ouest de Westeros. Comme tout Riverain, il est entraîné au combat et maîtrise quelques sortilèges types Aard, Igni, Quen, Lumos et Têtenbulle. Hermaphrodite, sa sensibilité à la magie est exacerbée, si bien qu'il a acquis la faculté de se téléporter sur de très courtes distances ; ce que Ciri dans The Witcher appelle des sauts de puce, quoique ceux de Lily soient différents dans leurs conditions de réalisation. Quel que soit notre contexte, Lily aura entre deux cents et cinq cents ans, mais il paraîtra entre seize et vingt. Aux yeux des Riverains, il demeure un enfant, alors ne vous attendez pas à un vieux sage. Pour ce qui est de Fauchelevant, il est plus proche, niveau comportement, des dragons de GoT que de ceux de Xadia. La faune des Rives reprend, en plus sauvage, une partie du bestiaire de HTTYD.