Chapitre troisième :
« C'est avec la surprise qu'on trompe la vigilance. » - Le-Balaise.
« Vous avez encore besoin de soins. Laissez-nous faire notre travail ! Gronda Sablina McOssick.
- Je m'en fous ! Lança Hermione. 6 mois ! Ça fait 6 mois que vous me retenez pour vos stupides soins. Et que vous ne trouvez rien. Je veux partir loin de cet hôpital! Je veux qu'on me laisse tranquille. C'est clair ?
- Soyez raisonnable. Qu'allez-vous devenir ? Depuis que cette Mangemort vous a tortu…
- LA FERME ! Hurla Hermione, s'attirant au passage les regards de quelques personnes dans le couloir. Je sais très bien ce que j'ai subi. Je vous interdis d'en parler. Je vous interdis de m'approcher ! Allez au diable ! »
Elle tourna les talons en direction de sa chambre, laissant derrière elle la médicomage en chef. Elle claqua la porte, furieuse, faisant sursauter le hibou qui l'attendait au pied de son lit. Un grand-duc aux yeux orange tenait une lettre dans son bec. Hermione la lui prit sans ménagement, provoquant le mécontentement du hibou. Il ébouriffa ses plumes et s'en alla par la fenêtre ouverte, outré par le comportement de la sorcière. Hermione reconnu le sceau du ministère. Sans même ouvrir l'énième lettre du premier ministre, elle la déchira et la laissa tomber par terre.
XXXXX
Depuis qu'elle avait repris connaissance à l'hôpital, chaque nuit, elle faisait des cauchemars où elle voyait Bellatrix Lestrange la torturer encore et encore. Le jour, les soins magiques la faisaient hurler de douleur, provoquant de nombreuses convulsions. Alors plusieurs sorciers, savants et guérisseurs étaient venus apporter leur aide. Ils firent rapidement le même constat que Kingsley : le contact avec la magie provoquait le calvaire de la jeune femme. Après de nombreuses observations et analyses, tous s'étaient mis d'accord : la marque sur la hanche d'Hermione n'était pas une flétrissure au nom de la Mangemort. Mais une rune, « Berkano », symbole de la régénération et de la naissance, associée par de la magie noire à un puissant Endoloris. Personne ne savait quoi faire. En attendant de trouver une meilleure solution, ils avaient conclu leurs recherches par : « interdiction formelle de faire usage de la magie sur et autour de Miss Granger. »
Les semaines s'étaient écoulées, et même si ses blessures cicatrisaient, les expositions prolongées au sortilège impardonnable avait entamé le mental d'Hermione. Plusieurs fois elle avait tenté de mettre fin à ses jours il lui arrivait, dans des accès de rage, de briser tout ce qui se trouvait autour d'elle, obligeant les médicomages à prendre des mesures pour la protéger. Les visites étaient formellement interdites, tous les objets dangereux lui avaient été retirés, les autres patients de la chambre avaient été placés ailleurs et une équipe réduite s'occupait du soin de ses blessures à la manière des moldus.
Après plusieurs mois, elle avait repris un semblant de contrôle d'elle-même, laissant le désir de vengeance prendre le pas sur son désespoir. Et elle avait un plan : tuer Bellatrix.
XXXXX
Déterminée à en finir, elle arracha le drap du lit et jeta ses affaires dedans : vêtements, brosse à dent, dentifrice, le savon de l'hôpital et quelques autres affaires personnelles. Elle ouvrit le tiroir de sa table de chevet pour en sortir les lettres de Ron, elle hésita un moment puis les glissa avec le reste. Il ne restait que sa baguette magique. Elle ne l'avait pas touchée depuis longtemps. En approchant sa main à quelques millimètres, elle sentit des picotements dans sa hanche. Elle soupira et préféra l'emballer dans un vêtement que de prendre le risque. Après avoir refermé son sac de fortune, elle attacha ses cheveux rapidement et enfila son blouson et ses chaussures.
Hermione prit une grande inspiration et sortit dans le couloir. Ne voyant personne, elle en profita pour filer en direction des escaliers. Elle arriva au deuxième étage sans encombre lorsqu'elle entendit la voix de la médicomage en chef quelques marches plus bas. Elle poussa la porte du service des virus et microbes magiques et courut à l'autre bout du couloir sans s'arrêter. Une porte s'ouvrit devant elle et elle n'eut d'autre choix que de rentrer dans la chambre la plus proche pour éviter de se faire prendre. Sur les quatre lits de la pièce, seul celui du fond était occupé par un enfant d'environ 6 ans :
« T'es qui ? lui demanda le petit garçon d'un air surpris.
- Je… euh…, hésita-t-elle, ne sachant que répondre.
- Moi, j'ai 6 ans et demi. Et comme je suis malade, je dois rester ici. C'est nul ici ! Toi aussi t'es malade ?
- Non, enfin oui, enfin pas vraiment. Tu es tout seul dans cette chambre ?
- Ma maman est partie manger en bas. Elle m'a dit que si j'étais sage, elle me rapporterait du gâteau au chocolat.
- Merde ! Lâcha la sorcière.
- Haan, t'as dit un gros mot, c'est pas bien.
- Chut… S'il te plait. S'agaça Hermione. J'essaye de réfléchir.
- Tu aimes le gâteau au chocolat toi ? Poursuivit le petit garçon sans tenir compte de la dernière phrase d'Hermione.
- Mmh… répondit-elle distraitement. » Elle avait pointé son regard sur la fenêtre et se demandait si elle s'ouvrait. Elle s'en approcha et, constatant qu'elle n'était pas verrouillée, l'ouvrit en grand. Elle passa la tête pour regarder autour d'elle et en bas :
« Fais pas ça ! Tu vas tomber, cria le petit garçon.
- Chut, tu veux bien te taire, gronda Hermione plus fort qu'elle ne le souhaitait, j'essaye de… trouver une cachette ! Ajouta-t-elle en lançant un clin d'œil au petit garçon.
- Tu joues à cache-cache ? S'émerveilla-t-il.
- Oui, il y a une vilaine médicomage qui veut me faire boire une horrible potion, alors je me cache pour lui faire une blague ! » Expliqua-t-elle rapidement en refermant la fenêtre. Elle avait trouvé ce qu'elle cherchait : deux chambres plus loin il y avait un escalier de secours.
« Je peux me cacher avec toi ? Moi aussi, ils veulent me donner une potion. Hier, ils m'ont fait croire que c'était du jus de citrouille. Mais le jus de citrouille c'est pas violet ! S'indigna le petit garçon en croisant les bras sur sa poitrine.
- Je ne peux pas me cacher avec toi. S'il nous trouve tous les deux, on aura perdu. Toi cache toi sous ta couverture. Et moi je vais trouver une autre cachette ailleurs. Et si je me fais attraper, je te promets que je ne leur dirai jamais où tu t'es caché !
- Promis ?
- Promis.
- Promis promis ? Insista le petit garçon.
- Promis, promis ! Maintenant cache toi sous ta couette. Je vais aller me cacher aussi. » Elle tourna les talons et s'apprêtait à partir quand le petit garçon ajouta :
« Au fait, je m'appelle Gabby. Et toi ?
- Hermione… Mais c'est un secret ! » Chuchota-t-elle accompagné d'un nouveau clin d'œil avant de sortir de la chambre.
Heureusement, le couloir était vide. Elle se dirigea vers la chambre d'où partait l'escalier de secours. Plus prudente cette fois, elle entrouvrit d'abord doucement la porte puis regarda à l'intérieur : vide. Elle ne put s'empêcher de soupirer avant d'entrer dans la pièce. Elle parcourut les quelques mètres qui la séparait de la fenêtre, l'ouvrit en grand et descendit l'escalier jusque dans la rue.
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« Et maintenant ? Pensa Hermione. Mmh… Le chaudron baveur, juste pour cette nuit. »
La nuit était claire et malgré la fraicheur automnale, elle décida de marcher jusqu'au pub. Elle ferma son blouson, remonta son col et mis sa capuche. Elle se retournait régulièrement pour vérifier que personne ne la suivait. Quand elle aperçut la devanture, son cœur battit plus fort dans sa poitrine. Elle ferma les yeux quelques secondes et respira profondément :
« Juste pour cette nuit. Fais-toi discrète. Respire ma vieille. Juste pour cette nuit » Se dit-elle pour retrouver son courage.
Elle rouvrit les yeux et, d'un pas décidé, franchit le seuil du Chaudron baveur. Elle se dirigea droit vers le comptoir :
« J'ai besoin d'une chambre pour cette nuit. Lança-t-elle à l'aubergiste qui lui tournait le dos.
- Bien sûr. Quelle chambre vous fau… Par le caleçon de Merlin ! Hurla quasiment le tenancier en découvrant la jeune femme.
- Chut ! Lui ordonna Hermione. Personne ne doit savoir que je suis là ! »
Les yeux ronds comme des billes, l'aubergiste acquiesça en silence.
Se sentant fatiguée, Hermione se massa les tempes et profita de l'état de choc de son interlocuteur :
« Je n'ai pas besoin d'une suite, juste d'un lit où dormir. Je… Je n'ai malheureusement pas d'argent pour payer cette chambre aujourd'hui. Mais je vous promets de vous payer dès que je le pourrai. Je veux juste dormir. J'ai des…
- Miss, l'interrompit l'aubergiste. Après c'que vous avez fait, vous pourriez dormir ici toute vot' vie que je vous f'rai pas payer une seule noise ! Tenez, la chambre au fond du couloir. Je vous fais monter un r'pas chaud. Vous avez une tite mine, tombez pas malade. Ajouta-t-il en lui tendant une petite clef rouillée.
- Merci infiniment. » Soupira Hermione en tournant les talons et montant les escaliers.
Arrivée au fond du couloir, elle glissa la clef dans la serrure et tourna la poignée. En ouvrant la porte, elle découvrit une chambre modeste avec un grand lit à baldaquin, une table avec fauteuil et une commode. Un hibou grand-duc aux yeux orange l'attendait sur le rebord du lit avec une lettre dans son bec.
« Bordel ! Déjà au courant. C'est pas possible ! Pesta Hermione en direction du hibou. Donne-moi ça toi et file de là ! » Grogna-t-elle en lui arrachant le courrier. Le hibou mécontent ébouriffa ses plumes en hululant son agacement envers cette sorcière peu respectueuse. Mais il ne décolla pas du lit.
Voyant le sceau du premier ministre, elle ne prit même pas la peine d'ouvrir la lettre. Elle la déchira et la jeta en l'air sous le regard réprobateur du hibou qui, s'il l'avait pu, aurait levé les yeux au ciel.
« Quoi ? S'insurgea la jeune femme. Un problème le sac de plumes ? »
Pour toute réponse, le hibou regarda la lettre par terre. Hermione suivit son regard et constata qu'elle se réparait toute seule. Elle recula d'un pas en sentant la rune piquer sa hanche.
« Qu'est-ce que… » Marmonna-t-elle. Elle ramassa la missive intacte et la déchira une nouvelle fois. Le courrier rassembla ses morceaux qui se recollèrent entièrement, comme si de rien n'était. De colère, la sorcière le déchiqueta en dizaines de petits bouts qu'elle éparpilla aux quatre coins de la pièce.
Le hibou, toujours présent, dodelina de la tête semblant très amusé par la situation. Hermione lui lança un regard noir avant de voir chaque fragment du courrier s'agiter. Ils se mirent à vibrer au sol de plus en plus rapidement dans un bruit sourd. Soudain, ils se regroupèrent dans un nuage de poussière et s'imbriquèrent les uns aux autres, reconstituant la lettre du premier ministre. Le courrier se posa alors délicatement sur le sol.
« Ça va ! Ça va j'ai compris, râla Hermione en prenant le papier. Je vais te lire, maudit premier ministre ! »
Elle décacheta l'enveloppe et lut son contenu :
Miss Granger,
Je ne peux pas dire que j'ai été surpris lorsque Miss McOssick m'a informé de votre départ précipité de Sainte Mangouste un peu plus tôt dans la soirée. Je dois dire que je suis plutôt étonné que vous soyez restée si longtemps.
Néanmoins, aucune véritable solution n'ayant été trouvée pour vous soigner du mal dont vous souffrez, je vous prie de ne rien faire de dangereux et de prendre grand soin de vous.
Sachez que le ministère vous soutiendra toujours et que pour vous aider à reprendre la vie quotidienne, une somme de 600 gallions vous attendra chaque mois dans votre coffre à Gringotts. A vous d'en faire usage comme il vous plaira.
Il me semble plus qu'évident que vous avez besoin de repos. Cependant, souvenez-vous que vous avez des amis qui tiennent à vous.
La guerre est finie, Miss Granger, je vous souhaite à présent de trouver la paix.
Chaleureusement,
Kingsley Shacklebolt
« Tissu de conneries ! Il ferait bien d'investir cet argent pour traquer les Mangemorts au lieu de se mêler de ma vie, proféra Hermione. Et toi, l'emplumé ! Si tu te casses pas c'est parce qu'il veut une réponse j'imagine ! Lança-t-elle au hibou qui semblait beaucoup moins s'amuser à présent. Très bien, il va l'avoir sa réponse. »
Il y avait sur la table parchemins, encre et plume laissés à la disposition des clients. Elle s'assit donc et griffonna sa réponse.
Monsieur le premier ministre,
Je n'ai pas besoin de votre argent.
Faites votre travail au lieu de vous occuper de la vie des autres.
H. Granger
Elle roula le parchemin et l'accrocha à la pâte du hibou. Content de partir de la chambre, il ne se fit pas prier et sortit par la fenêtre sans demander son reste. Hermione ferma derrière lui, tira les rideaux et se laissa tomber sur le lit en soupirant. Elle s'endormit en quelques minutes.
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« Service d'étage ! »
Hermione se réveilla en sursaut, regarda sa montre lui indiquer 10h30 et se dirigea vers la porte.
« Mmh… ? Grommela-t-elle en découvrant une femme d'une quarantaine d'année devant elle.
- Je vous apporte votre petit déjeuner. »
Sans attendre d'y être invitée, la femme de chambre entra, déposa le plateau qu'elle tenait sur la table et ouvrit les rideaux en grand. Elle ressortit aussitôt de la pièce en claquant la porte.
« Quel toupet ! » Lança Hermione. Elle retrouva rapidement le sourire, en découvrant des œufs brouillés, des toasts grillés et du thé. Se rendant compte qu'elle n'avait rien avalé depuis la veille à midi, elle s'installa et dévora en quelques minutes la moitié du plateau.
Une fois terminé, elle attrapa son baluchon et quitta la chambre. Elle déposa la clef sur le comptoir en remerciant le tenancier :
« Vous partez d'jà miss ?
- Oui, c'était juste pour cette nuit. Je préfèrerai être chez moi. Bonne journée.
- Attendez. A la fin de la guerre, on a mis en place un tableau avec des offres. Les gens cherchaient leur famille ou un toit. Vous trouverez p't être vot' bonheur. »
Hermione regarda le panneau d'affichage et s'approcha pour lire les différentes propositions. Les quelques logements présentés était hors de prix. Sauf une qui attira son attention :
19 Leinster Garden
Appartement 7, quatrième étage
40 gallions par mois
Cherche colocataire calme et discret
Elle arracha l'annonce et quitta le Chaudron baveur. En regardant à nouveau l'adresse, elle remarqua que l'immeuble se trouvait à quelques rues d'ici. Il ne lui fallut qu'une quinzaine de minutes à pied pour rejoindre Leinster Garden.
Une fois sur place, elle monta directement au quatrième étage sans croiser personne. Elle frappa à la porte, mais personne ne vint lui ouvrir. Elle recommença et attendit quelques minutes : rien. Elle s'assit par terre, adossée contre le mur, et sortit parchemin, plume et encrier qu'elle avait emprunté au chaudron baveur.
Madame, Monsieur,
Je suis calme et discrète. Je cherche juste un toit. Vos conditions seront les miennes.
Michelle Fairley
Elle avait jugé plus judicieux de signer avec le nom de jeune fille de sa mère. Elle ne souhaitait pas que son nom soit crié sur tous les toits. Elle avait des raisons de vouloir rester discrète.
Satisfaite de son message, elle le plia et le glissa sous la porte. Décidée à ne pas attendre une réponse toute la journée, elle descendit les escaliers. A peine fut elle arrivée en bas qu'un papier vola jusqu'à elle et se coinça dans ses cheveux.
La porte est ouverte, un double des clefs vous attend sur la table de la cuisine.
Je travaille de nuit du mercredi au dimanche de 20h à 3h.
J'ai été assez dérangé par le précédent colocataire, merci d'être calme.
Hermione remonta les escaliers et ouvrit la porte de l'appartement 7 :
« Bonjour… » Dit-elle doucement en entrant.
Ne voyant personne, elle s'approcha de la table et vit les clefs ainsi qu'une note de son nouveau colocataire. Il expliquait en détail le partage du logement. Elle avait la chambre de gauche au fond du couloir, la moitié gauche du placard sous le lavabo de la salle de bain, la moitié supérieure de l'étagère dans la salle de bain et la moitié gauche du buffet dans l'entrée.
« Au moins, il est précis. » Ne put s'empêcher de penser Hermione, avant de poursuivre sa lecture.
Le vaisselier et les meubles de cuisine étaient, quand à eux, entièrement à sa disposition.
En relevant la tête, elle regarda en détail l'endroit où elle allait vivre pour les prochaines semaines. Elle se trouvait dans une grande pièce à vivre divisée en cuisine ouverte et salon. Elle était meublée simplement mais avec élégance, respectant le style victorien de l'appartement. Un grand canapé en cuir était posé devant la cheminée en pierre lui rappelant la salle commune de Gryffondor. Hermione remarqua les tisonniers posés à côté du foyer et frissonna en les regardant. Elle préféra détourner le regard pour se concentrer sur le reste du logement.
Elle passa la porte de la cuisine donnant sur le couloir. Elle jeta un rapide coup d'œil à la salle de bain, une grande baignoire ne demandait qu'à être remplie pour y plonger. Elle trouva l'étagère mentionnée dans la note de son colocataire et se dit qu'elle reviendrait déposer ses affaires plus tard.
En face de la salle de bain, elle découvrit émerveillée un splendide bureau dont les deux tiers était occupé de bibliothèques allant jusqu'au plafond, absolument pleine à craquer de livres en tout genre. Livres de potion, Histoire de la magie et même romans et recueils de poésies garnissaient chaque étagère. Un fauteuil au dossier immense donnait envie à Hermione de dévorer chaque récit qui se présentait à elle.
Au bout de quelques minutes, elle finit par détacher ses yeux de la pièce et entra dans celle qui lui servira de chambre. Avec stupeur, elle découvrit que sa chambre était déjà meublée.
Hermione posa donc son baluchon sur le lit et entreprit de déballer ses affaires. En moins de dix minutes, elle avait rangé ses vêtements dans la commode et sa baguette dans le tiroir de la table de chevet avec les lettres de Ron.
Il n'était pas encore midi et elle décida d'en profiter pour commencer à mettre au point sa vengeance.
Vers 18h30, et après s'être arraché les cheveux pour trouver comment entrer à Azkaban sans magie, Hermione décréta qu'elle avait besoin d'une douche. Elle verrouilla la porte de la salle de bain, se déshabilla et fit couler l'eau. Elle entendit plusieurs portes claquer et comprit que son colocataire partait au travail. Elle resta un long moment sous l'eau chaude pour se vider la tête.
Une fois séchée et habillée, elle récupéra sa tasse et le nécessaire pour écrire dans sa chambre et se dirigea vers la cuisine. Son thé préparé, elle s'assit et commença à écrire sur un morceau de parchemin.
Merci infiniment pour les clefs.
Je n'ai pas encore de travail mais je vais tout faire pour en trouver un rapidement et payer mon loyer en temps et en heure.
Elle laissa le mot sur la table et partit se coucher.
XXXXX
Réveillée à l'aube avec la boule au ventre, elle s'habilla et se prépara mentalement à la longue discussion qui l'attendait. Elle n'avait pas pour habitude de mentir sur son identité mais les circonstances ne lui avaient pas trop laissé le choix. Elle prit une grande respiration et se dirigea vers la cuisine, vide.
« Il est sorti… » Constata Hermione, se sentant sotte d'avoir stressé pour une conversation qui n'aurait pas lieu aujourd'hui.
A la place, elle se fit un thé. Assise à table, elle fixait le grand vase vide à côté de l'évier quand elle remarqua une feuille pliée en deux. Elle l'attrapa et la lut.
Ne vous en faites pas. Si vous ne pouvez pas me payer ce mois-ci, vous pourrez tout payer le mois prochain.
J'ai oublié de vous préciser que, si vous aimez lire, vous pouvez profiter de la bibliothèque.
Cela ne me dérange pas.
Elle retourna la feuille et rédigea sa réponse.
J'avoue avoir été fascinée par le nombre de livres que vous possédez ! Je me ferai un plaisir d'en lire à l'occasion.
Sachez que je compte trouver un travail rapidement. Je ne voudrais pas commencer notre cohabitation avec un loyer de retard.
Hermione déposa le parchemin bien en vue, et décida de ranger les affaires de son colocataire laissées au sol. Bien décidée à trouver du travail, elle enfila son blouson et ses chaussures, glissa ses clefs dans sa poche et sortit faire le tour des entreprises moldues.
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Après avoir passé la journée à écumer tous les commerces à proximité, Hermione rentra bredouille en début de soirée. Des emplois, il y en avait. Mais tous demandaient trop d'heures. Elle ne voulait pas se laisser détourner de son objectif. Celui pour lequel elle avait fui Sainte Mangouste, celui pour lequel elle était prête à mourir.
Exténuée, elle prit une douche brulante et se glissa dans son lit. Elle ne parvint pas à trouver le sommeil, tournant dans sa tête encore et encore le problème d'Azkaban. Vers 4h du matin, elle finit par se lever et se dirigea naturellement vers la cuisine dans l'idée de se faire un thé. Elle ne supportait pas de rester sans solutions. Appuyée contre l'évier sa tasse en main, elle lut le petit mot laissé sur la table.
Pourriez-vous allumer la cheminée dans la journée ? Nous sommes bientôt en hiver.
Elle leva la tête vers le foyer éteint et vit le serviteur de cheminée, où reposait un ensemble d'outils. A la vue des tisonniers, des images de Bellatrix refirent surface et Hermione tressaillit. Elle froissa la feuille et la jeta par terre avant de sortir en claquant violemment la porte.
Réveillé par le bruit, son colocataire sortit de sa chambre rapidement. Il marcha sur la boule de papier et la ramassa en soupirant. Il l'utilisa pour allumer la cheminée encore froide.
Pendant presque deux heures, Hermione marcha. Quand enfin sa colère et sa panique se calmèrent, elle sentit le froid et une grande fatigue l'envahir. Elle rentra chez elle fourbue et fiévreuse. Sans voir les braises crépitant dans l'âtre, elle se mit au lit directement.
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Hermione se réveilla un peu avant midi avec une migraine carabinée. Elle s'extirpa de sa couette tant bien que mal et se fit couler un bain. Encore fébrile, elle préféra retourner se coucher.
Le bruit de la porte d'entrée la réveilla.
« Il est réglé comme un coucou suisse ! » Pensa-t-elle en regardant sa montre afficher 19h30.
En entrant dans la cuisine, elle vit le feu dans la cheminée et se prépara un thé. Assise dans le canapé, aussi loin que possible des tisonniers, elle ferma les yeux quelques secondes et s'assoupit doucement, bercée par la chaleur des flammes.
Le cliquetis de la serrure la fit bondir sur ses pieds. Prise de panique, elle en lâcha sa tasse qui se brisa par terre en dizaines de morceaux.
« Merde ! » Lâcha Hermione en courant dans sa chambre.
Une fois les battements de son cœur calmés, elle tendit l'oreille pendant plusieurs minutes. Quand des bruits de pas retentirent dans le couloir, elle retint sa respiration sans aucune raison. Les pas s'arrêtèrent dans la salle de bain. Soulagée, elle souffla un grand coup et ne put s'empêcher de s'injurier mentalement.
« Mais quelle gourde ! Il va falloir être plus prudente ma fille ! »
Attendant les premiers rayons du soleil pour ramasser les éclats de sa tasse, elle fut surprise de la trouver comme neuve posée sur la table, un papier enroulé à l'intérieur.
Je ne voulais pas vous effrayer, désolé. Je me suis permis de réparer votre tasse.
Malgré elle, Hermione serra sa tasse contre elle et attrapa un parchemin et une plume.
Je vous remercie du fond du cœur. Cette tasse appartenait à ma mère, j'y tiens énormément !
Excusez ma fuite soudaine, je ne voulais pas que vous me découvriez en pyjama.
Elle en profita pour ranger le manteau et les chaussures de son colocataire qui trainaient par terre et sortit. Elle rentra sans emploi, et dépitée, s'enferma dans sa chambre.
XXXXX
Une nouvelle journée débutait et Hermione commençait à trouver son rythme une douche, un thé et la correspondance avec son colocataire.
Je vous en prie.
Avez-vous trouvé du travail ?
Un peu honteuse, elle répondit rapidement en terminant sa tasse.
Je vous promets que je paierai le loyer de ce mois-ci sans une seule journée de retard.
Les affaires de son colocataire encore au milieu de la pièce, elle leva les yeux au ciel et les rangea. Puis, elle prit ses clefs et sortit.
En milieu d'après-midi, elle rentra à l'appartement en sifflotant. Elle avait enfin trouvé un travail, et il était parfait. C'était un petit boulot de deux jours par semaine chez Waitrose pour un peu plus de 330£ par mois, soit environ 65 gallions, juste assez pour payer son loyer.
Le cœur un peu plus léger aujourd'hui, elle s'attarda dans la bibliothèque et tomba sur un recueil de poésies qui retint son attention. Après plusieurs heures de lecture, elle prit parchemin et plume sur le bureau et commença à en recopier une.
XXXXX
Le soir venu, le colocataire se leva et découvrit le poème sur la table de la cuisine. Il esquissa un sourire en lisant la petite note en bas de page.
« Oh ! de l'air ! des parfums ! des fleurs pour me nourrir !
Il semble que les fleurs alimentent ma vie ;
Mais elles vont mourir... Ah ! je leur porte envie :
Mourir jeune, au soleil, Dieu ! que c'est bien mourir !
Pour éteindre une fleur il faut moins qu'un orage :
Moi, je sais qu'une larme effeuille le bonheur.
À la fleur qu'on va fuir qu'importe un long courage ?
Heureuse, elle succombe à son premier malheur !
Roseaux moins fortunés, les vents, dans leur furie,
Vous outragent longtemps sans briser votre sort ;
Ainsi, roseau qui marche en sa gloire flétrie,
L'homme achète longtemps le bienfait de la mort !
Et moi, je veux des fleurs pour appuyer ma vie ;
A leurs frêles parfums j'ai de quoi me nourrir :
Mais elles vont mourir... Ah ! je leur porte envie ;
Mourir jeune, au soleil, Dieu ! que c'est bien mourir !
(Marceline Desbordes-Valmore) »
PS : j'ai trouvé du travail !
Il écrivit sa réponse et partit travailler.
XXXXX
Hermione se réveilla étrangement de bonne humeur au petit matin. Après une rapide douche, elle sirota sa tasse de thé en lisant le billet laissé là à son attention.
Toutes mes félicitations pour votre travail. J'espère qu'il vous comblera.
Je vois que vous avez fait usage de la bibliothèque. Pourquoi ce poème en particulier ?
Après avoir déposé son mot sur la table, elle râla à la vue des chaussures et du manteau.
« Il est peut être toujours à l'heure, se dit-elle à voix haute. Mais bon sang, qu'il est bordélique ! »
Une fois les affaires rangées à leur place, devenue habituelle, Hermione s'enferma dans la bibliothèque jusqu'au soir.
XXXXX
Elle sursauta en entendant le réveil de son colocataire, et en consultant sa montre, elle vit qu'il était déjà 19h. Elle préféra esquiver la conversation sur son identité en filant dans la salle de bain. Au moment où Hermione ferma la porte de la salle d'eau, son colocataire sortit de sa chambre.
Il tendit l'oreille quelques secondes et entendit l'eau couler. Une fois dans la cuisine, il déplia le parchemin que sa colocataire avait laissé pour lui.
Tous les matins je bois mon thé en fixant ce pauvre vase vide.
Je suis tombée par hasard sur ce poème et il m'y a fait penser, tout simplement.
Bientôt, je pourrai acheter des fleurs pour l'orner.
Il fronça les sourcils en se demandant pourquoi sa colocataire ne lançait pas simplement un Orchideus. Mais n'ayant pas vraiment le temps de s'attarder là-dessus, il enfila ses chaussures et son manteau, puis partit au travail.
XXXXX
Hermione sauta de son lit et passa la journée enfermée dans la bibliothèque en pensant à sa première journée de travail qui l'attendait le lendemain. Voilà une semaine qu'elle était arrivée dans cet appartement. Elle ne put s'empêcher de penser que son objectif serait bien plus compliqué à atteindre que ce qu'elle croyait. Ne désespérant pas pour autant, elle se noya sous une montagne de livres et, notamment, de recueils de poésies. Elle se coucha tôt et s'endormit en se récitant mentalement les poèmes qui l'avaient marqué.
XXXXX
Hermione se leva tôt pour ne pas être en retard et passa plus de temps qu'elle ne l'aurait souhaité à coiffer ses cheveux indomptables. En entrant dans la cuisine pour avaler sa boisson chaude favorite, elle tomba sur un énorme bouquet de poinsettias ornant le vase. En équilibre sur un des pétales, un petit parchemin roulé sur lui-même l'attendait. Elle le déplia délicatement et sourit en lisant les mots qui lui étaient adressé.
Pour nourrir votre journée et vous souhaiter une bonne première journée de travail.
« Elles sont vraiment sublimes ! Se dit-elle. Bon, par contre, il ne sait toujours pas ranger ses affaires. » Ajouta-t-elle en les regardant par terre. Une fois à leur place, elle enfila ses propres chaussures et son blouson pour partir direction Waitrose.
Elle rentra vers 18h30 à l'appartement et entendit l'eau de la douche. Elle en profita pour griffonner rapidement une réponse à son colocataire avant de s'enfermer dans sa chambre pour lire.
Il sortit de la salle de bain et attrapa le parchemin sur la table.
Les fleurs sont absolument superbes ! Mon thé de ce matin n'en a été que meilleur.
Je vous souhaite une bonne « journée ».
Faites attention, il pleut à verse.
Il esquissa un sourire, ravi que le bouquet lui ait plu. Il s'installa dans le canapé avec un livre pour la soirée.
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Hermione aimait la pluie, depuis toujours. Elle fut donc heureuse à son réveil d'entendre l'eau ruisseler le long de sa fenêtre. Elle rejoignit la cuisine de bonne humeur et jeta un coup d'œil dehors.
« Ça me donne envie d'aller courir dans les flaques ! »
Elle sortit de sa rêverie en entendant la bouilloire siffler. Assise à table, elle regarda les fleurs et lut ce que son colocataire lui avait écrit. Elle fut étonnée de trouver un poème à la place des habituels petits messages.
« Allez, je prends la plume, il faut bien que j'écrive...
Mais à une inconnue ! Comment faire ? De quels mots ?
Quel esprit saugrenu ? Animateur cabot,
A donné l'amertume à ma plume en dérive ?
Si j'ai pris la coutume aux yeux que je captive,
D'ouvrir mon âme à nue pour déverser le flot,
De mes vers contenus sur votre bel îlot,
Faisant fuir l'amertume à mon âme oisive,
C'est pour laisser mon cœur parler comme jadis,
Pas pour me demander sous quel sombre ex libris,
Ma versification va être présentée ?
Mais je suis magnanime ! J'aime tant l'écriture,
Malgré l'aberration à ma lyre proposée,
Je ferai que ma rime soit de votre aventure.
Merci
D'avoir donné à mon cœur,
L'occasion de laisser ma plume,
Vous composer ce sonnet ! »
(A une inconnue - Gérard Sandifort)
Elle s'apprêtait à lui répondre quand elle trouva une nouvelle fois ses affaires traîner au sol. Après les avoir ramassées, elle se sentit inspirée et prit un parchemin et une plume pour composer ses propres vers. Elle se dépêcha ensuite pour ne pas rater sa prise de poste.
Son colocataire, n'arrivant pas à dormir, préféra se lever. Profitant que l'eau de la bouilloire soit encore chaude, il se prépara un thé et s'installa à table, dépliant le mot.
Ravie que mon statut d'inconnue
Vous apporte cette inspiration
Et, en un sens, une forme d'acceptation
Et non une certaine déconvenue.
Car partager son propre toit
Avec quelqu'un que l'on ne connaît pas
N'est sans doute pas chose aisée
En cette période troublée.
Mais puis-je oser demander, cher colocataire,
D'enfin soulager mes fins de journée
Que la guerre n'a fait que compliquer
En ramassant vos affaires laissées par terre ?
A la lecture de ce poème créé uniquement pour se plaindre de ses chaussures mal rangées, il ne put s'empêcher d'éclater de rire, manquant d'avaler de travers. Sans attendre une seule seconde, il attrapa la plume et le papier laissé là et commença sa réponse.
Les échanges entre Hermione et son colocataire durèrent ainsi toute la semaine. Poésies et mots du quotidien s'entremêlaient dans cet échange unique en son genre.
Malgré la douceur que cette cohabitation lui apportait, Hermione continuait à faire des cauchemars, revivant inlassablement les tortures qu'elle avait subies. Elle poursuivait dans l'ombre de ses journées l'élaboration de son plan.
Son corps avait guéri en surface. Mais elle gardait en elle les stigmates de cette magie incomprise, l'empêchant par moment de bouger ou de respirer normalement. La rune sur sa hanche lui rappelait constamment ce qui lui avait été volé par la force et se jura encore et encore d'obtenir vengeance à défaut d'obtenir un miracle.
XXXXX
En début de semaine, Hermione se réveilla en nage après un énième cauchemar. Elle grelotait à cause de la fièvre et avait de violentes quintes de toux. Elle prit sur elle et partit, malgré son état, au travail.
Sur ordre de son chef, elle rentra en début d'après-midi avec pour consigne d'aller se coucher et de se soigner. Ce qu'elle fit après avoir passé son pyjama.
Le colocataire se leva peu de temps après et s'installa dans le canapé devant un bon feu de cheminée.
En fin d'après-midi, Hermione se leva tant bien que mal. Elle se traîna dans le couloir jusqu'à la cuisine. Elle récupéra sa tasse dans l'évier et réussit à esquisser un timide sourire à la vue du bouquet toujours aussi beau. Elle voulut attraper la bouilloire sur la gazinière mais elle ne s'y trouvait pas.
« Pfff… Range jamais rien ! » Râla-t-elle après son colocataire.
Hermione se retourna vers la table et la vit posée là, bien en évidence. En mettant sa main sur la bouilloire, elle aperçut du coin de l'œil une silhouette près du canapé. Elle referma ses doigts sur l'anse, la silhouette devint un homme grand et mince. Elle souleva la bouilloire et discerna très clairement des cheveux blonds en bataille. Comme une ampoule, son cerveau s'alluma enfin :
« Male… Foy ? » Bégaya-t-elle.
