Salut à tous ! Toujours un gros merci pour les commentaires, ça motive énormément ! Aussi, pour pouvoir poster rapidement et ce depuis quelques temps, je ne me relis plus (oui, je sais, c'est pas terrible, mais je ne suis pas une pro ni l'écriture, ni de la traduction) et je voulais donc vous demander de ne pas hésiter à me dire s'il y a trop de fautes ou si elles sont dérangeantes pour la lecture. Ce serait quand même triste. Et attendant, je vous souhaite une très bonne lecture et une bonne journée tant qu'à faire !
Florence fit son apparition à la moitié du cours – Savage venait juste de commencer à parler des protections activées par le sang – l'air fatigué et franchement malade. Elle était plus pâle que d'habitude, portait une coupure sur la joue et son bras était maintenu par une attelle. Elle s'approcha immédiatement de Finch et Ben s'empressa de les rejoindre. Florence l'enlaça et repéra Tonks. Elle agita la main dans sa direction et Tonks répondit de la même façon. Ce fut la seule chose qu'ils eurent le temps de faire car Finch entraîna Florence dans les escaliers elle avait probablement des questions qui avaient besoin de réponses.
Tonks les regarda partir, la culpabilité et l'inquiétude lui tordant les entrailles, essayant de savoir ce qu'il convenait de faire. Elle avait rendez-vous avec Fol-Oeil dans moins de dix minutes et elle n'avait toujours aucune idée de ce qu'elle allait lui dire. C'était son travail d'attraper les gens qui faisaient du tort – et Florence en faisait techniquement partie – mais Tonks ne se sentait pas très bien à l'idée de dénoncer une de ses amis au Ministère.
Je ne dirais rien, décida-t-elle. Ni aujourd'hui, ni demain. Pas avant d'être sûre de prendre la bonne décision – ou la moins pire.
Le second procès de Sirius ne fut pas aussi animé que le premier. Il se déroula trois jours après la pleine lune de juin – une fois que Remus se fut parfaitement rétabli – et ce fut une affaire très calme, avec seulement Fudge, Amélia, Rattler et Ombrage pour le Ministère et Sirius, Remus et Harry de l'autre côté.
L'affaire prit une demi-heure, à la fin de laquelle Sirius avait réussi à empêcher diverses condamnations à la prison pour Remus, ainsi qu'une amende – les préjugés d'Ombrage envers les loups-garous avaient été si apparents que Sirius avait tout du long voulu étrangler la femme. Autant que Remus qui n'avait fait que tendre et détendre ses doigts. Sirius lui-même avait abandonné de mauvaise grâce et les avait laissé lui infliger une grosse amende pour être devenu illégalement un Animagus.
« C'est vrai que j'ai enfreint la loi, se plaignit-il, tandis que lui, Remus et Harry se rendaient au Niveau Deux pour qu'il puisse s'enregistrer. Mais on aurait pu dire que mon temps à Azkaban avait annulé cette foutue amende ! »
« Ce n'est pas comme si tu ne pouvais pas te le permettre. » lança Harry.
Sirius lui tira la langue. Harry lui répondit de la même façon, avant de se presser davantage contre Sirius et d'aplatir nerveusement sa frange une sorcière venait juste d'entrer dans l'ascenseur et avait laissé tomber la pile de papiers qu'elle portait.
« Mmm. » dit Sirius en fixant la femme aussi intensément qu'elle les fixait.
Il lui fallut un moment pour qu'elle le remarque et alors, elle se mit à sourire nerveusement et commença enfin à avoir l'air mal à l'aise. Elle sortit à l'étage d'après et Sirius s'adossa contre la paroi de l'ascenseur, l'air plutôt satisfait de lui-même.
« Crétin. » dit Remus en riant.
« Pas du tout. Elle le méritait. »
Sirius se mit à sourire à Remus, qui fit de son mieux pour dissimuler son sourire bien visible, et à Harry, qui avait l'air amusé, mais aussi plutôt résigné.
« Mais franchement, continua Sirius, c'est sûr qu'Azkaban remplace- »
« Si ça t'ennuie tant que ça, répondit Remus sur un ton fatigué. Alors vas-y et dis-leur. »
Sirius examina la réflexion pendant un instant avant de secouer la tête.
« Ça ne vaut pas le coup, soupira-t-il, avant de se mettre à sourire à Harry. Je crois qu'on leur a causé assez de soucis. »
« Probablement. » confirma Harry en riant.
Remus secoua la tête en les regardant tous les deux et sortit de l'ascenseur. Sirius conduisit Harry en dehors de l'ascenseur après lui et prit la tête, les menant à travers le Niveau Deux qui lui était toujours familier certaines choses avaient changé, mais globalement, l'étage n'avait pas changé depuis le temps de Sirius en tant qu'Auror.
Remus fut intercepté par Dora – qui était en route pour aller manger et les accueillit joyeusement, bien qu'avec une légère prudence – tandis qu'ils traversaient le Département des Aurors. Il les quitta avec un sourire penaud et la promesse d'être à la maison à l'heure pour le dîner.
« Il est aveugle. » dit Sirius en cognant l'épaule de Harry, tout en souriant d'un air narquois aux dos de Remus et Dora.
« Pourquoi ? » demanda Harry, en agitant la main avec hésitation en direction de deux Aurors qu'il reconnaissait.
Sirius éclata de rire et secoua la tête.
« Peu importe. »
S'enregistrer en tant qu'Animagus était aussi drôle que Sirius s'y était attendu – il s'agissait d'un formulaire de trois pieds de long, plein de questions stupides à propos de l'apparence et de la personnalité de Patmol – et il fut soulagé une fois fait. Ça y est, plus de secret apparemment, hein Cornedrue ? pensa-t-il avec amertume. Il était parfaitement capable d'imaginer James qui ricanait en lui rappelant que c'était déjà le cas depuis le premier procès. Il se sourit à lui-même et rendit le formulaire à une sorcière miteuse derrière le bureau, avant de faire signe à Harry de le suivre.
« Tu voudrais aller voler demain ? » demanda Sirius lorsqu'ils rentraient à nouveau dans l'ascenseur.
Le visage de Harry s'éclaira largement.
« Ce serait génial. » répondit-il joyeusement.
Harry avait véritablement hérité de l'amour de James pour le vol, mais Sirius soupçonnait qu'une partie de sa joie venait du fait qu'il allait pouvoir éviter ses recherches concernant les Animagi il s'était légèrement amélioré en latin, alors Sirius l'avait aidé à passer à une nouvelle étape, qui était d'essayer de trouver une incantation qui lui permettrait de se transformer. C'était la partie qui prenait le plus de temps dans toute la démarche de transformation – ce n'était pas simple de capturer une personnalité et une description physique entière en utilisant seulement quelques phrases. C'était également la partie avec laquelle Harry aurait sans doute le plus de mal, à l'avis de Sirius, car elle nécessitait beaucoup d'introspection. Tout ce qu'il avait trouvé jusque là, c'était de la frustration.
« Chez Lun- »
Quelqu'un s'éclaircit la gorge derrière Sirius. Il reconnut le propriétaire de la voix et se raidit.
« Harry. » dit une voix douce.
« Bonjour Monsieur. » dit Harry avec un sourire agréable et un geste de la main.
Dumbledore lui rendit son sourire, avant de tourner les yeux vers Sirius. La tentative de Sirius de paraître distant échoua et fut remplacé par un choc Dumbledore avait l'air nerveux.
« Sirius. » dit-il prudemment.
« Bonjour. » répondit Sirius, sans offrir aucune autre parole.
Dumbledore ouvrit la bouche comme s'il voulait dire quelque chose, avant d'incliner la tête, se retenant visiblement. Sirius n'arrivait pas à savoir s'il se sentait soulagé ou déçu.
« Remus est avec vous ? » demanda finalement Dumbledore en croisant les mains.
« Il l'était, dit Sirius en croisant les bras. Pourquoi ? »
« J'aimerais lui par- »
« Il est parti manger. » dit Sirius.
Harry posa les yeux sur Sirius, puis sur Dumbledore, l'air un peu déconcerté. Sirius soupira, réalisant qu'il devait avoir l'air d'un con à fusiller son ancien directeur des yeux, et décroisa les bras. Au lieu de ça, il posa une main sur l'épaule de Harry. Celui-ci lui sourit, mais avait toujours l'air inquiet.
« Je ne sais pas pour combien de temps il en a. »
Dumbledore eut l'air déçu et quelque chose en Sirius se contracta. Il détestait toujours cet air et l'impact qu'il avait sur lui. Il laissa échapper un grognement.
« Il retourne vivre chez lui demain, cela dit, dit Sirius. Je ne sais pas si ça peut aider, mais- »
« Ça aide, mon garçon. » dit Dumbledore, rayonnant.
Sirius était incapable de dire s'il était heureux d'avoir obtenu une réponse ou s'il était heureux que Sirius lui ait offert l'information. Il pensait que c'était plutôt la dernière option … Enfin, il espérait que ce fut celle-là. Et alors, il se maudit pour penser cela, car il était toujours en colère … Sauf qu'il ne l'était pas il pensait juste qu'il devrait l'être.
« Sarah et Ethan, vous dites ? » demanda Remus.
Dumbledore acquiesça et lui tendit une tasse de thé. Remus grogna et se tapa le front.
« Vous les connaissez, j'imagine ? » demanda Dumbledore en ajoutant du sucre à son propre thé.
« Sarah se fait habituellement appeler autrement. » dit Remus.
Greentooth. Il soupira.
« Mais oui, je la connais. Et Ethan aussi, je pense. »
Selon la description de Dumbledore, Ethan ne pouvait être que Silverear.
« Ils viennent du camp. »
Dumbledore lui adressa un regard interrogateur.
« Je suppose que vous êtes en mauvaises termes avec elle. »
« On peut dire ça. » soupira Remus.
« Je l'ai trouvé un peu troublante, avoua Dumbledore. Elle n'est pas au niveau de Tom Jedusor, mais j'ai plus de réserve à son propos qu'avec n'importe quel autre étudiant … Mon inquiétude principale est qu'elle pourrait être dangereuse. »
« Bien sûr qu'elle est dangereuse c'est un loup-garou, dit Remus en prenant une gorgée de thé. Nous nous sommes pas vraiment mignons. »
Dumbledore se mit à rire, mais se calma rapidement.
« Habituellement, je lui donnerais une chance sans hésitation, de la même façon que je l'ai fait pour vous, mais en raison de sa propre confession de l'amour qu'elle porte à son 'père', j'ai senti qu'il serait plus sage d'avoir votre avis. J'aimerais les aider, bien sûr, mais s'ils s'avèrent dangereux pour les autres élèves en raison de leur enfance ... »
Remus n'était pas sûr de savoir que répondre si ce que Dumbledore avait dit était vrai, alors Greentooth et Silverear étaient venus à Poudlard pour tenter leur chance et bénéficier d'une vie sorcière plutôt normale. Il ne les aimait pas, mais ils n'étaient que des enfants et méritaient la chance d'un nouveau départ … N'est-ce pas ?
« Donnez-leur une chance, soupira Remus, après un instant de réflexion. Une chance. »
Il espérait, pour leur bien, qu'ils en tireraient le meilleur parti.
« Très bien. » dit Dumbledore.
Remus se détendit un peu.
« Merci pour votre opinion. »
Remus vida sa tasse et se leva.
« En vérité, dit Dumbledore sur un ton un peu inquiet. Je me demandais si je pourrais encore abuser de votre temps … C'est à propos de Sirius. »
« A propos de Sirius ? » demanda simplement Remus et Dumbledore secoua la tête.
« Je- il … »
Dumbledore laissa échapper un soupir.
« Est-il heureux ? »
« Raisonnablement. » répondit Remus.
« Et en sécurité ? Lui et Harry ? »
« Oui, ils sont tous les deux en sécurité. » lui assura Remus.
Et alors, parce qu'il en voulait toujours à Sirius de l'avoir abandonné à Dora après la pleine lune – et même si cela s'était finalement bien passé – il continua de parler.
« Ils habitent dans la vieille maison des parents de Sirius et les protections sont- »
« Oui, en effet, dit Dumbledore, tout sourire. Je pensais qu'il allait pleuvoir tout l'été. »
« Pardon ? »
« J'ai dit- »
« Oui, j'ai entendu, répondit impatiemment Remus. Mais c'est un peu soudain comme changement de conversation. »
« Vraiment ? »
« Et bien, j'ai dit qu'ils étaient dans l'ancienne maison de- »
« Oui, j'ai bien entendu et j'ai répondu que c'était une belle journée, en effet. »
« Vous ne pensez pas que c'est un peu hors-sujet ? »
« Mon garçon, je suis d'accord avec vous. »
« Je n'ai rien dit qui implique qu'on soit d'accord. »
« Pardon ? » demanda Dumbledore.
« Je vous ai dit où ils habitaient et vous me répondez en parlant de la pluie en été. »
« Vous m'avez dit que le temps était beau aujourd'hui. » dit Dumbledore en souriant légèrement.
« Pas du tout. J'ai dit qu'ils vivaient dans l'ancienne maison de Sirius. »
« Vous vous contredisez vous-même, Remus. »
Remus soupira, frustré.
« Ils vivent au Square Grimmaurd. »
« Je sais que votre hibou s'appelle Strix, dit Dumbledore en fronçant les sourcils. Quel rapport avec Sirius ou le temps ? »
« Pourquoi vous parlez de mon hibou ? » demanda Remus, décontenancé au point de se mettre à rire.
« C'est vous qui venez d'en parler. » dit Dumbledore.
« Sirius et Harry vivent au Douze, Square Grimmaurd. » dit Remus, raisonnablement confiant maintenant que ces mots ne sortiraient pas de sa bouche ainsi, pour une étrange raison.
« Oui, je suppose que je peux vous apporter des biscuits, dit Dumbledore. Donnez-moi juste- »
« Des biscuits ?! murmura Remus. Je ne veux pas de biscuits ! »
« Alors pourquoi en demander ? » dit Dumbledore.
« Sirius, dit lentement Remus. Vit. Au. Narine- Attendez, quoi ? »
« Narine ? »
« Non, dit Remus en prenant une grande inspiration. Ils vivent au. Num. Ero. Doseur- Non, désolé, Dentifrice- NON ! Dormir- Non ! Le nombre avant onglet. NON ! »
Dumbledore semblait s'amuser énormément.
« Savez-vous si, peut-être, il y a des sortilèges de sécurité sur la maison de Sirius ? »
« Des centaines, dit Remus. J'imagine que c'est le sortilège de Fidelitas … Si ça ne répond pas à votre question concernant la sécurité, je ne sais pas ce qu'il vous faudra. »
Bordel, Patmol, pensa-t-il, amusé.
« Au moins, nous savons qu'ils sont bien protégés, répondit Dumbledore, avant de reprendre un air prudent. Dites-moi, Remus, pourrais-je leur écrire une lettre ? »
« Bien sûr, Monsieur, répondit Remus, avant de faire une proposition. Mais peut-être … que je pourrais les inviter ici. »
Dumbledore avait certainement une réconciliation en tête et Sirius serait un hypocrite de ne pas venir, alors qu'il avait forcé Remus à faire la même chose seulement quelques jours plus tôt.
« Je pense que lui et Harry ne faisaient rien de particulier aujourd'hui. »
Dumbledore rayonnait.
« Vous pouvez utiliser la cheminée. »
Remus jeta une poignée de poudre de Cheminette dans la cheminée de Dumbledore, s'accroupit et ouvrit la bouche.
« Numismate Dodu, Sacré Gabarit. »
« C'est une très bonne chose que vous ne cherchiez pas à voyager par la cheminée et que vous vous vouliez seulement appeler. Les charmants propriétaires de sacrés gabarits auraient été surpris, s'exclama Dumbledore. Peut-être devrais-je quitter la pièce. »
« Oui, s'il vous plaît. » répondit Remus, le visage rouge.
« Parle très, très clairement. » dit Patmol, l'air nerveux et un peu agacé.
Remus l'avait appelé par la cheminée quelques minutes plus tôt, avait dit quelque chose à propos de Dumbledore, puis quelque chose à propos de Tonks et de Patmol qui serait un hypocrite, et maintenant, apparemment, ils partaient pour Poudlard.
« Et vas-y en premier, juste au cas où. »
Harry posa les pieds dans les flammes vertes.
« Le bureau du Directeur, Poudlard. » dit-il.
Le feu s'enroula autour de lui, il vit des briques passer tout près de son visage, il sentit la suie dans ses yeux et vit du vert, beaucoup de vert. Il cogna à nouveau son coude, ses lunettes se mirent à glisser et alors, il s'effondra sur un tapis moelleux.
« Bonjour Harry. » dit Lunard en l'aidant à se relever.
« Salut, répondit Harry. Bonjour Professeur Dumbledore. »
« Bonjour Harry. »
« P-Sirius arrive. » dit Harry en balayant la grande pièce circulaire du regard.
Les murs du bureaux étaient recouverts d'étagères et de livres. Au-dessus et entre chaque étagère, il y avait des portraits de sorciers et de sorcières. Harry traversa la pièce pour inspecter une table d'instruments étranges et argentés, la plupart bourdonnaient doucement, clignotaient ou émettaient de petits nuages de fumée. Il n'osa pas y toucher. Derrière le bureau de Dumbledore se trouvait un vieux chapeau miteux, Harry pensa qu'il aurait du être jeté depuis de nombreuses années.
Il y avait un grand placard d'un côté de la pièce, contenant un grand bol. Un doux son attira le regard de Harry vers la porte du bureau. Posé sur un perchoir doré, se trouvait ce qui ne pouvait être qu'un phénix il faisait la taille d'un cygne avec des yeux brillants et malins et des plumes rouges et or. Il chanta encore et Harry agita la main dans sa direction, avant de reprendre sa place initiale près de Lunard qui marmonnait pour lui-même des choses à propos de gabarits, de grammages, de squales et de sable. Dumbledore sifflotait. Une minute plus tard, le feu devint vert à nouveau et recracha Patmol.
« Ah, dit-il en repérant Harry. T'as réussi. »
Gentiment, Harry le fusilla des yeux.
« Bonjour. » dit Patmol à Dumbledore et Lunard.
« Bonjour Sirius, dit Dumbledore. Comment ça va ? »
« Bien. » répondit Sirius en haussant les épaules.
Il foudroya Lunard du regard, celui-ci avait l'air hautain.
« J'espère que je ne dérange aucun projet. » dit Dumbledore, sur un ton que Harry aurait pu qualifié de timide.
« On pensait aller se promener, dit Patmol en haussant les épaules. Jouer à lancer et aller chercher. Rien qu'on ne pourra faire plus tard. »
Sa voix était particulièrement polie.
« En tant que chien ? » demanda Dumbledore, l'air amusé.
« Bien sûr. » acquiesça Patmol.
« Aucun de nous n'avons jamais compris ça. » murmura Dumbledore, pour lui-même.
« Compris quoi ? » demanda Harry.
Dumbledore se tourna vers lui, les yeux rieurs.
« J'ai été distrait, je le crains, dit-il. En réfléchissant à propos de Patmol, en fait quand les surnoms sont apparus – en troisième année, je crois – »
Lunard et Patmol hochèrent la tête.
« -le staff a commencé à prendre des paris sur la raison derrière les surnoms. »
« Ils ont vraiment fait ça ?! » s'exclama Lunard en riant.
Dumbledore inclina la tête.
« Je comprends mieux pourquoi Minnie insistait autant pour essayer de comprendre. » dit Patmol, l'air amusé.
La tension dans la pièce s'était affaiblie considérablement.
« Elle nous a énormément ralenti, parce qu'on est devenu complètement paranoïaque ! »
« Elle serait ravie de l'entendre, j'en sûr sûr, dit Dumbledore, tout sourire. Les paris de tout le monde ont décoré la salle des professeurs pendant un bon moment, mais je ne sais pas comment ça s'est terminé. »
« Cinq Gallions pour Minnie. » lança Sirius en souriant largement.
Ensuite, il sembla retomber dans une étrange humeur et se calma. Lunard les regarda tous les deux, croisa le regard de Harry et indiqua la porte du bureau d'un geste du menton. Harry acquiesça et ils s'excusèrent tous les deux.
« Mieux qu'on les laisse régler leurs problèmes entre eux. » dit Lunard en conduisant Harry dans l'escalier.
Ils se retrouvèrent dans un couloir – une fille en robe bleue passa devant eux en leur adressant un regard intrigué, bien qu'elle ne soit heureusement pas assez proche pour reconnaître Harry – et prirent place sur un banc en pierre près d'une grande fenêtre qui donnait sur le parc de Poudlard. Patmol, Lunard et Kreattur allaient manquer à Harry quand il irait à Poudlard l'année prochaine, mais cela semblait être un endroit agréable pour y vivre, particulièrement lorsqu'il était illuminé par le soleil de l'été.
« T'as vu cet arbre ? demanda Lunard. C'est le- »
« Saule Cogneur. » termina une voix sarcastique.
Harry étouffa un grognement et Lunard ferma les yeux.
« Rogue. » dirent-ils à l'unisson.
« Potter. Lupin. »
Rogue balaya le couloir du regard, essayant apparemment de repérer Patmol.
« Il est dans le bureau de Dumbledore. » dit Lunard, qui était semble-t-il arrivé à la même conclusion que Harry.
« Bien sûr, lâcha Rogue, l'air ennuyé. Black réussit toujours à avoir le pire timing. »
Rogue lança un sort rapide pour connaître l'heure, avant de froncer les sourcils et de cracher un mot à la statue près du mur que Harry et Remus avaient traversé quelques instants plus tôt.
Lunard – qui pointait des choses du doigt – et Harry continuèrent à parler pendant un moment encore, jusqu'au moment où des voix leur parvinrent depuis le bureau.
Lunard grogna et sauta sur ses pieds. Il ne demanda pas à Harry de le suivre, mais ne lui dit pas de rester derrière non plus, Harry s'empressa donc de le suivre. Lunard poussa la porte du bureau, révélant Patmol et Rogue qui se foudroyaient des yeux et Dumbledore qui se levait, l'air impatient.
« -suspect, Black. Ça a quelque chose à voir avec une tentative raté de meurtre- »
Harry attendit, n'osant même pas respirer. Lunard s'était également immobilisé, près de lui, et Dumbledore observait la scène avec une expression méfiante.
« James t'a sauvé et tu le sais ! » s'écria Patmol.
Il … il ne nie pas, réalisa Harry, en se sentant malade. Il a vraiment essayé de le tuer ! Rogue disait la vérité !
« Seulement pour te défendre, Black ! cracha Rogue. Un rôle que sa progéniture a gracieusement repris. »
« Ne mêle pas Harry à tout ça ! » cria Patmol en sautant sur ses pieds.
« Sirius ! » dit Lunard en essayant de repousser Patmol pour qu'il se rassoit.
« C'est toi qui a mêlé Potter à tout ça quand tu l'as kidnappé, Black, alors ne viens pas me dire- »
« Ils le traitaient comme tu traitais Lily ! dit Patmol. Comme de la poussière ! Comme quelque chose qui valait moins qu'eux ! »
« Professeur- » dit Harry en essayant d'attirer l'attention de Dumbledore.
Rogue avait l'air dangereux. Il savait à quel point Patmol et Rogue se détestaient, mais que ce se soit envenimé si rapidement … Harry frissonna et l'un des instruments sur le bureau de Dumbledore explosa.
« -père. » disait Rogue.
« Je ne le garde pas près de moi pour prétendre que c'est James ! » rugit Patmol, faisant sursauter Lunard.
Il agita sa baguette et les cheveux gras de Rogue devinrent roses. Rogue siffla et des furoncles apparurent sur le front de Patmol. Lunard essayait toujours de se placer entre eux et Dumbledore essayait verbalement de les calmer.
Harry, qui d'ordinaire aurait trouvé ça drôle, était prêt à exploser. Rogue – le crétin – avait lancé un sort à son parrain, dit des choses affreuses à propos des deux parents de Harry et avait été impoli envers Harry lui-même. Patmol – encore plus crétin – l'avait cherché. Harry avait défendu Patmol, avait dit qu'il n'était pas un meurtrier et avait été récompensé par le fait de découvrir que son parrain avait vraiment essayé de tuer Rogue, puis ce duel puéril.
Harry trouva sa magie et la laissa éclater, avec l'intention de les faire taire. Ils furent tous les deux projeter dans leurs sièges et leurs voix s'éteignirent brusquement.
« Harry- » dit Lunard en relâchant le bras de Patmol pour placer une main sur l'épaule de Harry.
« Arrête. » dit simplement Harry en s'éloignant de lui.
Il savait juste qu'il voulait sortir de là, rentrer à la maison, alors il transplana, sa magie s'enroulant autour de lui, recollant Patmol à sa chaise lorsqu'il essaya de se lever.
Severus observa l'endroit d'où le fils Potter avait disparu. Plusieurs des instruments que Dumbledore voulait absolument gardé s'emballèrent l'un d'eux clignotait violemment alors qu'habituellement, il éclairait à peine, un autre – qui ressemblait à une sorte de toupie moldue – tournait sans arrêt et celle qui avait éclaté était toujours cassé – reposant en centaines de pièces sur la table et le tapis.
Dumbledore se leva, tapa sur la toupie pour l'immobiliser, répara la jauge émotionnelle en adressant un regard d'avertissement à Severus et Black, comme s'ils risquaient de le casser à nouveau, et attrapa celui qui clignotait, murmurant dans une langue étrange que Severus ne comprenait pas.
« Fascinant. » murmura-t-il en le reposant.
Black sembla sortir de sa stupeur. Il agita les mains en direction de Lupin qui lui tapota sur l'épaule avec sa baguette.
« Il faut que j'y aille. » dit urgemment Black.
« Tu vas rester où tu es, dit fermement Dumbledore. Et si tu dis un autre mot avant que je t'y autorise, je te ferais taire moi-même. Ça compte pour vous aussi, Severus. »
Severus abandonna tout esprit de sortir d'ici sans dommage quand il entendit la déception dans la voix du Directeur. Il acquiesça, bien conscient qu'il se ridiculiserait s'il essayait de parler le sortilège de Mutisme du morveux l'affectait sûrement encore. Dumbledore était à présent en train de faire les cent pas autour de son bureau, la baguette levée au-dessus de sa tête tout en marmonnant divers enchantements.
« Monsieur ? » dit Lupin, stupéfait.
« Il semblerait, commença Dumbledore en marchant toujours en cercles. Que votre comportement a causé à Harry suffisamment de détresse pour qu'il soit capable d'annuler une partie des protections en voulant rentrer à la maison. »
Severus s'en trouva bouche bée.
« C'est impossible ! » s'exclama Lupin.
« Oh, je vous assure que ça l'est. » dit Dumbledore.
Il avait l'air enjoué, mais ses yeux ne paraissaient pas rieurs pour le moins du monde. Typique de Potter aucune considération pour l'école. Peu importe que ces protections soient en place pour protéger les élèves et le staff. Du moment qu'elles l'ennuient, il les fait disparaître et fait ce qu'il veut … Dumbledore ne semblait pas s'en soucier. Il n'était pas en colère contre Potter, mais bien agacé par Black et Severus. Le pire, c'est que Severus avait bien l'impression de le mériter. Mais seulement un peu. Et Black le méritait bien plus le garçon était sous la responsabilité de Black, il devait s'en occuper, ne pas le bouleverser et le placer dans une position de détresse magique.
« Il a neuf ans ! » dit Black, l'air confus, fier et inquiet à la fois.
« Et dans une détresse considérable, dit Dumbledore sur un ton aussi froid que l'acier. Il ne pourrait pas le faire en essayant et je doute qu'il puisse de nouveau recommencer, mais c'est arrivé malgré tout. Hélas, la magie accidentelle arrive souvent de cette façon imprévisible et puissante, dévastatrice lorsqu'elle s'exprime. »
Potter n'était évidemment pas aussi puissant que Dumbledore, mais il était encore jeune et il n'était pas un sorcier moyen, si l'on pouvait croire les histoires de Drago. S'il apprenait à contrôler ce pouvoir, le Seigneur des Ténèbres aurait une raison valable de le craindre finalement.
Le garçon avait disparu, après tout ! Avait-il un portoloin que Severus n'avait pas vu ? Ou avait-il transplané. Cela devrait être impossible – en raison de son âge et de toutes les lois magiques qui disent que personne ne pouvait transplaner depuis le château – mais s'il avait modifié les protections, alors peut-être que non …
Curieux, Severus tenta un peu de Légilimancie en direction de Black. Sa tentative devait juste effleurer son esprit et peut-être éclairer Severus sur ce qu'il venait de se passer, mais quelque chose d'autre se passa la tentative lui fut renvoyé en pleine tête et percuta les murs du donjon mental de Severus avec un bruit sourd qui le grimacer.
Au nom de Merlin …
« Tu permets ? » cracha Black, sans même une grimace.
Dumbledore et Lupin échangèrent un regard, perplexes. Severus leva la main à sa tempe et fusilla Black des yeux, Black qui semblait-il l'avait bloqué, sans même sembler faire le moindre effort. L'homme fixait toujours l'endroit où Potter avait disparu.
« Sirius- »
« Non, monsieur, s'écria Black. Je ne suis plus élève ici et bien sûr, je suis plus jeune que vous, mais je n'ai aucune obligation de vous écouter si je ne le veux pas. Je suis un homme libre. Je suis désolé pour ce que j'ai dit aujourd'hui- »
Black se tourna un peu, l'air sincèrement désolé.
« -et je serais plus qu'heureux d'apaiser vos regrets plus tard. »
Ses yeux tombèrent finalement sur Severus.
« Mais si vous pensez que ça va passer avant Harry, alors vous avez foutrement tort, parce qu'actuellement, la personne qui mérite une excuse de ma part n'est pas ici, et je pense plutôt que je devrais me rendre là où il est. »
Severus laissa échapper un petit bruit de dégoût – dans le but de provoquer un peu Black, mais Black lui adressa juste un regard contenant autant de haine pour Severus que pour lui-même.
« Je suis prêt à vous donner une seconde chance, annonça sèchement Black en regardant Dumbledore. Vous allez devoir y travailler, mais il y a une chance. »
Dumbledore, étrangement, eut l'air satisfait, comme si l'opinion que Black avait de lui importait.
« Si vous avez besoin de me contacter, envoyez une lettre à Remus et il fera en sorte de me la transmettre. »
Black et Lupin échangèrent un regard pensif, avant que Lupin ne hoche la tête.
« Je dois y aller. Je te vois demain, Lunard. »
Lupin acquiesça.
« Quand tu veux. »
« Et Serv- Rog- »
Black déglutit bruyamment, comme s'il était absolument dégoûté par quelque chose.
« Severu- Crétin. » finit-il par lâcher.
Dumbledore ne sembla pas avoir entendu les dernières syllabes, mais Lupin l'entendit et soupira.
« Black. »
« Je suis désolé, dit-il, l'air de quelqu'un qui souffrait. Je ne retire rien de ce que j'ai fait aujourd'hui- »
Lupin grogna légèrement, se massant les tempes.
« -mais si je devais refaire l'après-midi, alors peut-être que je me serais montré … euh … moins enthousiaste avec les insultes. »
Severus le regarda à peine, souhaitant avoir la capacité d'infliger aux gens (Black) de la douleur – une douleur sévère – juste avec ses yeux. Black hocha une fois la tête et s'éloigna en direction de la cheminée. Il murmura une adresse que Severus n'entendit pas – et n'avait pas besoin d'entendre – avant de disparaître.
Lupin s'excusa et s'en alla peu de temps après, laissant Severus seul avec Dumbledore.
« J'ai des devoirs à corriger. » dit-il en se dirigeant vers la porte.
« Pas si vite, Severus. » dit le Directeur en désignant les trois sièges en face de lui.
Severus soupira et se laissa tomber sur celui que le fils Potter avait utilisé. Sa peau le brûlait à cette idée, mais il préférait encore s'asseoir là où le fils Potter s'était assis plutôt que sur la chaise de Lupin ou de Black.
« Dites ce que vous devez dire alors, dit Severus avec audace. J'ai peu de temps et ma patience a expiré depuis longtemps. »
« J'attendais davantage de vous. »
« J'ai été provoqué. » répliqua Severus.
« J'ai vu, dit Dumbledore. Mais vous n'êtes pas non plus innocent. Vous êtes adulte- »
« -tout comme Black. » dit Severus en croisant les bras.
Il refusait de se sentir coupable à propos de tout ça.
« Harry Potter n'est qu'un enfant et même lui pensait que votre comportement était inappro- »
« Harry Potter est le gamin le plus pourri gâté, irrespectueux- »
« Vous avez décidé de le détester, dit doucement Dumbledore. Pour aucune autre raison que le fait qu'il existe. »
« Aucune autre raison ? répéta Severus. Vous, Directeur, mieux que quiconque, devriez comprendre qu'il n'y a pas de meilleure raison. »
« Pas pour vous, soupira Dumbledore. Souvenez-vous, Severus, que Lily Potter a sacrifié sa vie pour son fils. Elle croyait qu'il y avait quelque chose en lui, qu'il serait capable de grandes- »
« Le fait est, Directeur, qu'elle est morte pour lui, dit sèchement Severus. Et que c'est impardonnable. »
Il tourna les talons et sortit du bureau, soulagé que Dumbledore n'essaye pas de le rappeler.
Ce fut avec le cœur lourd qu'elle salua Yaxley et se dirigea vers le bureau de Fol-Oeil. Elle se mordit la lèvre, essayant de penser à la meilleure façon de présenter ses suspicions à son mentor, et frappa à la porte.
« Je suis occupé ! » grogna Fol-Oeil.
Tonks entra malgré tout et Fol-Oeil se retourna sur sa chaise. Elle grimaça il avait enlevé son œil et celui-ci reposait dans un verre d'eau sur son bureau.
« C'est dégoûtant ! » dit-elle en détournant le regard.
« Parfait, dit-il en ignorant son commentaire. Exactement la personne que j'attendais – je pense que j'ai trouvé notre tueur. »
Tonks laissa glisser son sac le long de son bras et le déposa dans le coin.
« Vraiment ? » demanda Tonks, à la fois effrayée – que Fol-Oeil soit arrivé à la même conclusion qu'elle – et pleine d'espoir que ce soit quelqu'un d'autre.
« Aislinne Lovegood. » dit-il.
Tonks cligna des yeux. J'avais tort ? se demanda-t-elle, en sentant pleine d'espoir, mais aussi confuse. C'était logique, pourtant … toutes ces fois où elle a été malade ou qu'elle ne s'est pas réveillée … même si j'imagine que toutes ces fois n'avaient pas lieu pendant les pleines lunes – la semaine dernière, ce n'était pas la pleine lune, après tout … Peut-être qu'elle est juste incroyablement malchanceuse. Peut-être qu'elle a été vraiment kidnappé la nuit dernière … Peut-être qu'elle ne s'est pas attaquée elle-même peut-être qu'elle s'est blessée en essayant de se libérer. Elle était pourtant convaincue presque certaine, en vérité, mais Fol-Oeil faisait ce boulot depuis plus longtemps qu'elle et il savait reconnaître un suspect quand il en voyait un.
Et c'est Lovegood apparemment. Pas Florence. Elle se détendit un peu et secoua la tête. Idiote. Bien sûr que ce n'était pas Florence. Florence était trop petite et fragile … elle ne pouvait pas être un loup … et sûrement que quelqu'un l'aurait remarqué depuis le temps. Le Département des Aurors n'était pas parfait, mais ils faisaient sûrement des recherches avant de nous recruter. Elle acquiesça pour elle-même et accepta le dossier Lovegood des mains de Fol-Oeil.
« Lis-le, dit-il en essayant d'attraper son œil dans son verre d'eau. Et dis-moi ce que tu en penses. »
Tonks tira une chaise et prit place, ses yeux parcourant déjà le parchemin. A la fin de la lecture, elle fut elle-même convaincue que c'était bien Lovegood.
« Elle créé des sortilèges ? » demanda Tonks, le sourcil arqué.
« En effet. Et si ce n'est pas suffisant, elle a un lien avec Greyback. »
« Lequel ? »
Tonks feuilleta à nouveau le dossier, mais ne trouva rien à propos de ça.
« Son mari. Publie lui-même un magazine – à propos de toutes sortes de choses – mais ils se concentrent surtout sur les créatures magiques … Ils ont parlé plusieurs fois de loups-garous ces dernières années et à mes yeux, les articles sont très détaillés et sûrement étayés par les réponses de quelqu'un – peut-être la Smoky de Lupin. »
« Donc Lovegood n'est pas Smoky ? » demanda Tonks en sentant son cœur se serrer à nouveau.
« A nous de le découvrir. »
Deux heures, deux vols, trois voyages en cheminée, un bus moldu et quatre portoloins plus tard, Tonks réussit enfin à convaincre Fol-Oeil que personne ne les suivait et ils arrivèrent enfin devant la porte de Lovegood. Fol-Oeil commença instantanément à lancer des sorts, tandis que Tonks jetait un œil aux environs. La maison était grande, noire et cylindrique et Tonks l'observa sous toutes les coutures, fascinée également par l'excentrique concentration de plantes dans le jardin. Elle fut surprise de n'être capable, malgré ses bonnes notes aux A.S.P.I.C. en herbologie, de reconnaître qu'une ou deux espèces.
« Vous avez déjà vu quelque chose comme ça avant ? » demanda-t-elle en donnant un coup de coude à Fol-Oeil.
Il l'ignora et ne se donna même pas la peine de regarder dans la direction de la plante qui portaient des fruits orangés. Au lieu de ça, il continua à jeter des sorts qui lui indiquaient sûrement toute sorte d'informations sur la maison et ses occupants. Des informations inutiles, pensa Tonks, en sachant que son mentor n'irait nulle part sans avoir une bonne idée de l'endroit où il mettait les pieds. Il se montrait juste paranoïaque et elle suspectait qu'il allait passer une heure à faire tout ça si elle le laissait faire.
Levant les yeux au ciel à cette pensée, Tonks s'approcha et frappa à la porte.
« Nymphadora ! » s'écria Fol-Oeil en s'immobilisant tout à coup.
Tonks entendit des voix dans la maison, puis de légers bruits de pas. La bouche de Fol-Oeil ne forma plus qu'une ligne mince et il sortit son Sidekick de la poche de sa robe. Tonks suivit son exemple, bien qu'elle le fit de manière bien plus détendue les jointures des mains de Fol-Oeil étaient blanches et son Sidekick aurait de la chance s'il ne finissait pas en miettes. Le sien tenait nonchalamment dans sa main et elle traça les lettres de son nom avec l'ongle de son pouce.
Tonks vit du coin des yeux Fol-Oeil redresser ses épaules et un moment plus tard, la porte s'ouvrit pour révéler une petite silhouette colorée, tenant un pinceau de peinture. Tonks apprécia la petite fille au premier coup d'œil, ce qui était embarrassant, vu qu'ils étaient là pour interroger sa mère elle portait de grandes bottes poilues, un jean vert étincelant et un tablier rose bonbon volontairement tâché de peinture.
Les yeux de la fillette passèrent de l'un à l'autre – elle sembla plus curieuse qu'impressionnée par l'œil de Fol-Oeil. Elle glissa son pinceau derrière son oreille et se mit à sourire.
« Bonjour. » dit-elle d'une voix rêveuse et haut perchée.
« Bonjour, grogna Fol-Oeil. Je suis l'Auror Maugrey et voici mon apprentie Tonks. »
« Je peux voir ça ? » demanda la fille en regardant leur Sidekick avec de grands yeux.
« Bien sûr. » dit Tonks en faisant tomber le sien dans les petites mains de la fille.
Elle réalisa trop tard qu'elle aurait probablement du proposer à la fillette de se laver les mains d'abord – elles étaient recouvertes de peinture, elles aussi – et fit de son mieux pour ignorer Fol-Oeil, qui la regardait comme si elle venait de faire quelque chose d'inexcusable.
La fillette leva le Sidekick de Tonks pour l'inspecter, avant de le renifler.
« Intéressant, dit-elle en plissant les yeux tout en regardant Tonks, qui lui adressa un regard perplexe. Je pensais que ça avait été fait à base d'or de leprechauns. »
« Euh, non. » répondit Tonks en reprenant son Sidekick.
Elle l'essuya sur sa robe et réussit à retirer la plupart de la peinture, avant de le ranger dans sa poche de nouveau.
« Pourquoi serait-il en or de leprechaun ? » ajouta-t-elle, curieuse.
« Oh, ça n'en est pas, je croyais juste que ça aurait pu … Peut-être en avez-vous entendu parler, dit-elle, l'air pensif. Rufus Scrimgeour est en partie leprechaun, alors- »
« Ta mère est à la maison ? » demanda Fol-Oeil en s'éclaircissant la voix.
Tonks se mordit l'intérieur de la joue et se força à métamorphoser son visage pour se retenir de rire.
« Oui, dit la fillette en les fixant tous les deux de nouveau. Vous voulez la voir ? »
« Oui, s'il te plaît. » dit Tonks.
Et – après un regard pour Fol-Oeil – elle entra dans la maison.
