Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle nous avoir offert cet univers merveilleux). Cette fanfiction, par contre, est à moi.

Rating : M pour language et violence

Pairing: plus tard dans l'histoire.


Chapitre 2 : Il doit attendre.

Harry regardait tendrement les photographies de ses parents. Il scrutait leurs visages inlassablement. Parfois, l'émotion montait et il refermait lentement l'album pour prendre quelques inspirations et penser à autres choses.

Après son réveil, le passage du professeur Dumbledore l'avait laissé apathique. L'idée de retourner chez les Dursleys lui nouait l'estomac. Contre toute attente, Hermione et Ron n'étaient pas venus le voir. Heureusement que Hagrid était passé le lendemain matin. Il songea avec émotion aux excuses du garde-chasse et à son magnifique cadeau… Le garçon grignota quelques sucreries que lui avaient envoyées les autres élèves.

"Harry ?"

Il releva brusquement la tête et vit Hermione.

"Tu vas bien ?" Demande-t-il immédiatement.

Il n'avait pas réalisé à quel point il était tendu. Elle lui sourit doucement. On était loin de l'étreinte inquiète juste avant qu'ils ne se séparent.

- C'est plutôt moi qui devrais te poser la question.

- Ça va mieux. Je vais au banquet ce soir. J'ai manqué le match de Quidditch, par contre, répondit Harry en plissant le nez. Le score est effroyable.

Son amie eut un petit rire, Quelque chose d'un peu faux.

- Le Quidditch. Non mais vraiment Harry… Tu as failli mourir. Alors un match…

- où est Ron ? Coupa-t-il. Mme pomfresh m'a dit qu'il allait bien. Tu l'as vu ?

Elle pinça les lèvres et Harry n'eut pas besoin de plus pour comprendre qu'il y avait un problème.

- dis-moi, dit-il résigné.

- Écoute, ce n'est pas aussi...

-Dis-moi.

- Sa mère lui a interdit de venir. Elle est furieuse. Elle ne veut plus qu'il te fréquente.

Un sentiment proche de la nausée monta.

- Mais, je…

- Harry, ne t'inquiète pas. Les parents se mettent en colère et après ça passe. Ron m'a dit de te prévenir. Il ne va pas t'écrire des vacances et il espère que cela se sera tassé pour la rentrée.

Mal à l'aise, Le Gryffondor préféra changer de sujet. Il lui fit un récit détaillé de son combat avec Quirel. C'était si étrange et invraisemblable.

- Et toi, qu'est-il arrivé ?

- Je suis revenue sur mes pas et j'ai ranimé Ron. Ça m'a pris un bout de temps…

Le cœur de Harry se serra à l'évocation de son ami. Il écouta distraitement la suite de l'histoire.

- ... Dumbledore était déjà au courant que tu étais là-bas. Il a dit "Harry est allé le retrouver ?" Et il a foncé au deuxième étage.

Un doute s'instillât dans l'esprit du petit brun.

- Tu crois qu'il voulait vraiment que j'y aille ?

- Si jamais, c'est vrai, ce serait terrible Harry, s'écria Hermione. Tu aurais pu te faire tuer.

- oui... je…

Il pensa à la cape, au miroir et même au jour de son anniversaire, quand Hagrid avait récupéré la pierre avec lui. Cela faisait beaucoup. Comme si Dumbledore cherchait à croiser leurs chemins, Voldemort et lui. Il préféra ne pas formuler ses doutes à voix haute.

Il sourit doucement.

- J'ai hâte d'être au banquet… Ça va dans la tour des Gryffondors ? Pas trop déprimés par le Quidditch et la coupe des quatre maisons ?

La jeune fille cilla et parla de la dernière farce des jumeaux qui avait coûté 25 points. Donc il y a autre chose, conclut amèrement Harry.

Ils continuèrent de discuter, puis madame Pomfresh chassa Hermione hors de l'infirmerie quand cette dernière entreprit d'expliquer au jeune malade son planning de révision pour cet été.

Après son départ, Harry soupira. Il aurait aimé la croire à propos de mme Weasley mais son expérience passée ne lui avait laissé aucune illusion. Il avait connu des enfants qui avaient essayé d'être son ami. Dudley les frappaient ou les remarques bien senties de tante Pétunia aux parents de ses camarades eurent raison de toute amitié naissante. Il ne comptait plus ceux lui promirent monts et merveilles pour finalement rallier la bande de Dudley.

Harry savait que les promesses ne valaient rien. Pire, selon lui, plus vite on lui promettait quelque chose, plus forte était sa certitude que cela n'arriverait jamais.

Dumbledore lui avait promis la vérité, mais avait éludé avec "quand tu seras grand...". Cela ne voulait rien dire. C'était du vent. Tais-toi, ne pose pas de question. Voilà, on en revenait toujours au bon vieux crédo des Dursleys.

Il pressentait les conséquences de la défection de Ron. Bien sûr que cela aurait un impact sur sa vie à Gryffondor. Comment allaient-ils partager le même dortoir ? Et qui choisiront les autres garçons ?

Il ferma les yeux puis soupira encore.

Au moins Hermione était là. Il doutait que Ron eut le moindre envie de devenir son meilleur ami à elle. Harry allait devoir passer beaucoup de temps à la bibliothèque désormais.

Il grimaça et se blottit un peu plus dans le lit chaud et douillet. Autant en profiter avant de rentrer à Privet drive.


Dans la vie, tout était question de timing.

Hermione en était dépourvue.

Elle n'avait aucun instinct et était incapable de saisir une opportunité au bon moment. Elle avait toutefois assez d'objectivité pour en avoir conscience.

Son amitié avec Harry et Ron tenaient de la chance et de la défaite d'un troll. Et de Harry. Surtout de Harry en fait.

Jamais elle n'avait rencontré de personne de son âge aussi délicat. Et pas dans le sens efféminé. Non. Harry était fin et d'une sensibilité remarquable. Il paraissait sentir les changements d'humeur, la moindre intonation et s'adapter. Plus d'une fois, elle l'avait vu manœuvrer la mauvaise humeur de Ron ou dévier les plaintes de Neville. Il semblait expert dans l'évitement. Une véritable seconde nature.

Elle reconnaissait parfois ses manœuvres, toujours après coup bien sûr.

Elle avait voulu lui dire pour la revendication de Serpentard et Poufsouffle. La plupart des gryffondors avaient signé. Certains avaient même poussé le vice à signer pour Serpentard mais pas poufsouffle. Percy notamment, faisait un prosélytisme enthousiaste. Selon lui, Harry était mauvais, infecté.

Hermione était hésitante. Une partie d'elle désirait envoyer son ami à poufsouffle. Les dernières semaines avaient été dures. Ils n'avaient que douze ans, non pire, Harry n'avait que onze ans ! Ça n'avait pas empêché les brimades des élèves plus grands, même les préfets. Mais l'autre partie d'Hermione espérait que cela s'arrange.

Pourtant, sans le soutien des frères Weasley, cette option paraissait de moins en moins réaliste. Fred et George adoraient Harry. Ils avaient beaucoup aidé à désamorcer la tension suite à la perte des points. Elle ne savait pas Si Mrs Weasley arriverait à les convaincre. Ron était influençable et Percy était déjà tout acquis à la cause de la matriarche. Toutefois, les jumeaux paraissaient bien plus déterminants. Leur popularité pouvait finir de faire basculer les signatures.

Alors la petite magicienne oscillait. Bien que sensible, Harry n'en était pas moins ignorant, d'une inculture inconcevable, aussi bien sorcière que moldue. Normalement les enfants de famille moldue recevaient deux livres pour comprendre leur nouvel environnement, Harry ne les avaient même pas. Quand elle lui avait proposé de les lire, Ron avait immédiatement dissuadé l'autre garçon. Quant à la culture moldue, elle avait cru comprendre qu'il n'était jamais allé au cinéma où la piscine. Il connaissait quelques histoires, mais n'avait jamais lu un roman entier. Et comme il ne posait pratiquement jamais de question, il semblait peu vraisemblable que Harry découvre quoique ce soit : il ne lira certainement pas l'histoire de Poudlard et ne demandera rien, même s'il sent la tension. Personne n'ira lui dire en face.

Elle avait failli lui révéler, mais avait raté l'occasion plusieurs fois. Il avait changé de sujet systématiquement. Peut-être qu'il ne préférait pas savoir, ou peut-être qu'il avait tout découvert, contre toute attente.

Ce soir, il y avait le banquet et après les vacances. L'impression qui resterait après le repas donnera le ton pour les semaines à venir.

Harry entra dans la grande salle sous le regard intense des autres élèves et un silence assourdissant. Il fit semblant de ne pas remarquer les élèves plus âgés qui se levaient pour mieux le voir. Il voulut s'installer entre Neville et Hermione, mais son amie se décala brusquement, poussant le garçon plus loin. Autour d'eux, les conversations reprirent.

- Mets-toi plutôt de ce côté.

Il chercha Ron du regard en s'asseyant. Il était bien plus long avec Dean et Seamus, Percy face à lui. Il chercha à croiser le regard de son ami, sans succès. Par contre, le clin d'œil de Fred et le petit signe de tête de George lui firent chaud au cœur.

A son plus grand soulagement, Dumbledore arriva et les voix s'étouffèrent.

- Une autre année se termine, déclara gaiement le directeur. Je vais retarder le repas quelques instants avec mes bavardages de vieillard...

Harry écouta distraitement le directeur, incapable de détacher ses yeux de Percy. Le préfet semblait donner des coups de pieds sous la table dès que son petit frère paraissait vouloir regarder dans sa direction. Il sursauta à la clameur des Serpentards. Dumbledore venait d'annoncer leur score. Harry, lui, était malade de voir la réaction de Percy. On pouvait nettement voir la fureur et le ressentiment.

- oui, oui très bien Serpentard, reprit le directeur. Il convient cependant de prendre en compte les récents événements.

Un grand silence se fit. Harry sentit dés mouvement du côté des Serpentards, sans toutefois arriver à lâcher le préfet de cinquième année.

- J'ai quelques points de dernière minute à distribuer. Voyons... Oui, c'est Weasley. Pour la plus belle partie d'échecs qu'on ait jouée à Poudlard depuis de nombreuses années, je donne 50 points à Gryffondor.

Les acclamations montèrent jusqu'au plafond.

- C'est mon frère ! Disait Percy aux autres préfets. Mon plus jeune frère ! Il a réussi à traverser l'échiquier de MacGonagall !

Harry profita de son inattention pour croiser le regard de Ron. Il était écarlate et souriait à s'en fendre la bouche.

- Bravo, fit silencieusement Harry.

Le grand roux fit un signe de la tête, les yeux lumineux. Ils se sourirent puis Ron grimaça brusquement. Percy venait de le frapper sous la table. Le silence revint et Dumbledore continua.

-Pour la froide logique dont elle a fait preuve face à des flammes redoutables, j'attribue à miss Hermione Granger 50 points.

Tout autour de la table des cris de joie s'élevaient. Hermione enfouit sa tête dans ses bras. Harry la soupçonnait d'avoir fondu en larmes.

- Enfin, parlons de mr Harry Potter.

Un grand silence se fit dans la salle.

- Pour le sang-froid et le courage exceptionnel qu'il a manifestés, je donne 60 points à gryffondor.

Le tapage des rouge et or firent trembler les murs. Ex æquo avec les serpents ! Si seulement le directeur avait donné un point de plus. Percy oublia de surveiller Ron et le garçon en profita pour se faufiler près de Harry. Il se tassa un peu plus quand Dumbledore se remit à parler. Les amis se sourirent.

- Le courage peut prendre de nombreuses formes. Il faut beaucoup de bravoure pour faire face à ses ennemis mais il n'en faut pas moins pour affronter ses amis. Par conséquent, j'accorde 10 points à Neville Londubat.

Le garçon fut aussitôt noyé sous les embrassades. Même Hermione qui semblait si froide avec lui depuis le début du banquet se jeta à son cou. Jusqu'alors, Neville n'avait jamais gagné de point. Harry riait gaiement, alors que des applaudissements résonnaient.

- Maman est furieuse ! Mais ne t'inquiète pas, les jumeaux ont déjà fait bien pire, chuchota le rouquin, accroupi entre Hermione et lui.

Ils profitèrent de le tumulte pour parler. Ron lui promit de tout arranger d'ici la rentrée et s'excusa de ne pas pouvoir lui écrire ou le voir des vacances. Dumbledore métamorphosa la salle pour changer les couleurs. Gryffondor avait battu Serpentard !

Harry ne pensa même pas à narguer Draco Malfoy ou même à rire du sourire force de Snape quand il félicita le professeur MacGonagall.

Ron était toujours son ami. La soirée était merveilleuse. Harry ne pensa pas un seul instant que la promesse avait été faite bien vite. Dans l'euphorie du moment, il avait baissé sa garde. Ron retourna auprès de Percy et le survivant continua la fête de son côté avec Hermione.

Le petit attrapeur avait passé le retour dans le train avec Hermione. Elle était en effervescence suite aux résultats des examens. Elle leur avait fait un planning de révision qui laissa l'attraper dubitatif.

- Ma mère appellera ta tante pour que tu puisses venir à la maison. On pourra comparer nos devoirs.

Il avait été très réticent à lui donne le numéro de téléphone des Dursleys. Il lui avait répété plusieurs fois de ne pas parler de magie et de surtout, surtout, ne pas appeler le week-end. Il ne fallait surtout pas que l'oncle Vernon ne décroche. Le mieux était le matin ou le milieu d'après midi, quand Dudley était plongé devant la télévision.

Moins il y aurait d'interférence et mieux ce serait.

Tante pétunia détestait suffisamment Harry pour accepter de le laisser partir avec une inconnue, tant que cela ne lui coûtait rien et qu'elle n'avait aucun effort à faire. Elle ne savait pas que la magie était interdite à la maison et le garçon espérait que cela la motiverait.

Si Hermione pensait qu'il exagérait, elle se ravisa vite à la gare, en découvrant l'oncle Vernon. Odieux et agressif, il avait donné un meilleur argument que tout ce qu'Harry avait pu dire.

- J'espère que tu passeras de bonnes vacances, murmura son amie.

- Oh sûrement, répondit-il évasif.

Son regard croisa celui de la mère de Ron et il frissonna devant son air menaçant.

- et on se verra.. Ajoute-t-il avec un grand sourire.

Il quitta la gare sans remarquer Mrs Weasley qui n'attendait que son départ pour fondre sur les parents d'Hermione.

Harry n'avait que deux mois à attendre et il serait de retour à l'école. Il eut un pincement au cœur en pensant à la voie 9 3/4. C'était long, deux mois.