Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle nous avoir offert cet univers merveilleux). Cette fanfiction, par contre, est à moi.

Pairing: plus tard dans l'histoire.


Chapitre 6 : il doit faire bonne impression

Brandi était une femme orgueilleuse. La lettre de Molly Weasley l'avait mise dans une rage folle.

Bien entendu, je comprends que vous ne perceviez pas la menace du jeune Potter. Qui pourrait vous blâmer ? Vous n'avez pas conscience du monde de votre fille, de notre monde à nous sorciers. Je vous assure que le danger est réel.

Rien que de repenser à chaque ligne infusée de condescendance, Brandi avait envie de hurler.

Elle ne possédait que peu d'armes pour riposter à une telle attaque. Elle comptait bien en abuser. Elle savait les Weasley pauvres. Jusqu'ici elle avait permis à sa fille de rester discrète sur leur situation financière, pour ne pas mettre mal à l'aise le malheureux petit Ron. Désormais Hermione détenait les vêtements les plus chers, les accessoires sorciers derniers cris et Harry aussi.

Les magiciens pensaient les enfants de Moldus démunis, elle allait leur prouver que ses enfants pouvaient accéder à autant que les autres petits morveux, voir bien plus.

Elle plissa le nez. Inconsciemment elle avait pensé au pluriel. Othenio déteignait dangereusement. Elle soupira et rectifia son maquillage.

Elle comptait sur Hermione pour rester en tête du tableau d'honneur.Elle était moins sûre des capacités de Harry. Elle doutait de sa constance, néanmoins elle connaissait suffisamment sa fille : son ami serait dans le top de son année. Probablement pas second, mais le top dix sera atteint, c'était certain.

Et enfin, le physique. Car oui ça comptait. Avec le relooking de Harry et la promesse d'Hermione se soigner ses cheveux, les deux adolescents causeraient bien des émois. Brandi avait même cédé à la demande et pris un rendez-vous chez un médicomage pour corriger les dents de la jeune fille. C'était une entorse à ses principes dentaires. Elle aurait aimé qu'Hermione utilise ce qu'elle avait créé, par ego.

Mais jamais son enfant serait lésée,elle avait les mêmes chances que ceux avec des parents sorciers.

Ça aurait été stupide de craquer à cause d'une lettre, mais dans le fond c'était plus que ça. Brandi acceptait enfin pleinement la nature magique d'Hermione et, surtout, elle comprenait que des solutions sorcières existaient pour elle. L'adolescente voulait soigner ses dents et avait choisi l'option la plus avantageuse. Ce n'était pas grâce à ses produits innovateurs moldus mais avec un sortilège. Elle avait ravalé sa fierté et c'était tout aussi bien. Brandi devait inclure la magie dans les choix de sa fille. Elle devait la soutenir même dans une voie qu'elle ne maîtrisait pas. Être mère, c'était aussi accepter de ne pas tout contrôler.

Brandi sourit en se contemplant dans le miroir. Elle portait une tenue renversante. Un corsage blanc lisse légèrement plus large que sa poitrine avec une jupe haute jaune pastel, l'écart entre les vêtements dévoiler une petite partie de son ventre parfait. Elle complémenta avec des talons hauts. Le tout agrémenté d'une bague avec un énorme diamant jaune et de boucles d'oreilles. Elle était superbe.

Othenio arborait une chemise rose pâle avec un pantalon beige. Réticent à participer à son jeu mesquin, il avait accepté de porter une montre hors de prix. Le modèle était animé, elle savait les sorciers friands des objets en mouvement.

Les enfants seraient adorables. Hermione serait radieuse dans sa robe bleu céruléen et la chemisette couleur menthe d'Harry accentuera son bronzage caramel.

Molly Weasley allait en crever de jalousie. La femme rousse était bien trop fière de sa progéniture pour ne pas prendre ombrage de la réussite des autres. Tout ce qui ternissait l'éclat de sa famille était un ennemi. Et Brandi Granger comptait bien briller de mille feux sur le quai de la gare.


Harry arriva avec appréhension devant l'accès de la voie 9 3/4. Brandi tenait le chariot avec lui. Sept hommes avaient proposé leur aide avant même qu'ils n'aient atteint leur destination.

- Tout ira bien Harry. Par contre, marche moins vite. Mes chaussures ne sont pas faites pour courir et je n'ai pas envie de renverser quelqu'un de l'autre côté. Nous sommes à l'avance, détends-toi.

Il regarda Hermione et Othenio disparaître.

Quand ce fut leur tour, ils se dirigèrent lentement vers le passage. Le chariot percuta la barrière avec un son sourd et Harry s'écrasa contre la barre. Brandi, légère comme une plume, s'arrêta à temps. En tant que moldue, elle restait dubitative vis-à-vis de la magie. Elle ne parut même pas surprise, s'attendant certainement à être rejetée par le monde sorcier.

Le garçon, lui, paniqua immédiatement.

- Comment vais-je faire ? J'y vais en balai ?

La femme roula des yeux.

- Mais non, on va attendre qu'Hermione revienne. Elle va bien comprendre qu'il y a un souci.

- Et si cela ne marche pas ?

- Elle demandera au chef de gare. Franchement Harry, il va falloir apprendre à penser la tête froide.

Il se mordit la lèvre. Elle avait raison. Il y avait des employés. Quelqu'un saura forcément les aider.

Hermione arriva quelques instants plus tard.

- Vous attendez quoi ?

- On est coincé. Essayons à trois, rétorqua sa mère.

- Coincé ? C'est bizarre... Murmura Hermione.

Ils avançaient lentement vers l'entrée de la voie. Le chariot toucha en douceur le mur. Ils étaient là comme trois idiots.

- Reculons et attendons papa. Il ne peut pas passer seul, il trouvera bien un sorcier pour l'aider.

Pour être franc, Harry ne comprenait pas comment elles pouvaient rester si calmes. Il était à l'agonie. Il s'imaginait déjà renvoyé chez les Dursleys. Cinq minutes plus tard, Othenio apparut avec un homme en costume couleur pêche. Maigre comme un clou, ses vêtements plissaient de manière ridicule à chaque pas.

- Bon, c'quoi l'problème ? grogna-t-il.

- On arrive pas à passer, dit Hermione.

- C't à qui l'chariot ?

- A moi.

- T'as rien d'interdit d'dans, bonhomme ?

Harry secoua la tête négativement.

- Bon, vous trois, essayez d'passer. Toi, bonhomme, t'viens avec moi.

Quand il prit la barre aux côtés de Harry, ce dernier sentit son odeur âcre de transpiration et de choux. Il déglutit et essaya de respirer le moins possible. Il regarda avec appréhension les Granger disparaître. Au moins ça marchait pour eux.

- T'es prêt ? Fit l'homme.

Il hocha la tête, peu enclin à ouvrir la bouche.

- Go !

Ils coururent vers le passage. Chaque mouvement, le costume orange se déformait bizarrement et la pestilence de l'employé le suffoquait. Ils percutèrent violemment le mur. La cage d'Hedwige se fracassa au sol. Les hululements indignés de la chouette firent suivis par ceux des voyageurs.

Écarlate, Harry la ramassa.

- C'bizarre, gronda l'homme.

Il sortit sa baguette et tapota le mur. Il passa au travers et revint. Le jeune garçon agonisait intérieurement.

- Donne ton chariot.

Il disparut et ne revint pas. Harry se sentit stupide. Il s'approcha du passage, tenta d'entrer sans succès. Il commençait à paniquer.

- Bonhomme !

Il se tourna et vit l'employé derrière lui.

- Viens, je vais t'faire transplanter d'dans.

Il tira Harry par le bras vers un coin isolé. L'esprit tournant à toute vitesse, il envisagea de fuir plutôt que de suivre un inconnu. Il capitula finalement en pensant aux Granger qui savaient où il était et avec qui.

- T'as déjà transplané ?

- Non ?

- Accroche-toi et bouge pas.

L'homme eut un mouvement étrange et Harry se sentit partir. Il ferma les yeux un instant et quand il les ouvrit, étourdi, ils étaient dans des toilettes.

- Bonhomme, y a un elfe d'maison qui bloque l'passage. J'l'ai jeté un sort d'confusion pour transplaner tranquille. Sais pas quel sang-pur t'as mis en rogne, méfie-toi. Y déconnent pas ces gens-là.

- Merci monsieur ..., commença le petit sorcier.

- Patrick Deauclaire.

- Harry Potter, répondait Harry en lui tendant la main.

L'homme ouvrit la bouche, aucun son de sortit. Ses dents étaient en mauvais état et l'odeur était pire que tout. Harry sera la main, impassable malgré l'affreuse moiteur de Patrick Deauclair.

- Je vais rejoindre mes amis. Merci encore.

- Bah, c'explique tout -l'employé avait recouvré ses esprits - allez, file bonhomme. Et méfie-toi des sang-purs.

Harry sortit rapidement des toilettes et retrouva les Granger. La fumée de la locomotive était un parfum nettement plus agréable que ce qu'il venait se subir. Il inspira à plein poumons.

- Harry ! C'est super, on va pouvoir s'installer.

Il restait encore trente minutes avant le départ. Il ne vit nulle part les Weasley. Ils se dirigeaient vers le milieu du train et s'arrêtèrent près d'une famille interviewée par un reporter avec un énorme appareil photo.

- Notre fils est dans les meilleurs de son année, naturellement nous sommes très fiers de lui.

Le journaliste ne regardait plus son interlocuteur, un homme grand, très blond avec un air dédaigneux, il suivait des yeux Brandi.

- Excusez-moi un instant, Monsieur Malfoy... Madame ? Je fais un reportage sur la rentrée à Poudlard, seriez-vous intéressée ?

D'un mouvement de tête gracieux, Brandi fit un sourire ravageur au reporter. Harry le vit rougir et se tenir un peu plus droit.

- Bien sûrs, mon époux et moi serions ravis de partager notre expérience. Nous sommes les Granger.

Les Malfoy, eux, ne parurent pas apprécier l'interruption. Ils se gardèrent toutefois parler devant un journaliste.

- Vos enfants sont en quelle année ?

- C'est ma fille et son meilleur ami, ils sont en deuxième année, répondit Othenio de sa voix la plus grave.

Étrangement, le reporter semblait aussi charmé par monsieur Granger.

- Et cela se passe bien ?

- Cela risque d'être une année difficile pour notre Hermione. Elle a été première de sa promotion, maintenir de tels résultats n'est jamais évident mais nous comptons sur elle, dit Brandi sereinement.

Le journaliste parut impressionné. Il avait des cheveux bouclés châtains et un visage très avenant.

- Vous avez été dans le top des élèves ?

Hermione sourit doucement.

- Oui, je suis première dans toutes les matières sauf le vol -elle prit le bras d'Harry- en même temps comment battre le plus jeune attrapeur depuis un siècle ?

L'intervieweur posa enfin son regard sur le petit brun, plus précisément sur son front.

- Ma parole, Harry Potter !

Il ne put que rougir. Il perçut le regard de la mère de Malfoy sur lui mais c'était surtout son fils qui le dévisageait. Il semblait ébahi en reconnaissant Harry.

- Le plus jeune attrapeur ! Monsieur Potter, vous continuez à faire de grandes choses.

Il se rappela les conseils de Brandi avant de parler : complimenter les autres et les encourager.

- Pour être franc, c'est grâce à Draco si j'ai été pris dès ma première année.

Le blond rosit.

- Oh vraiment, fit le reporter.

- Oui, écourta Harry en enchaînant directement à l'attention de son adversaire, d'ailleurs tu es bon toi-aussi sur un balai. Tu vas passer les sélections à Serpentard ?

L'âme de Malfoy avait quitté son corps. Incapable de répondre, sa mère prit la parole à sa place.

- Draco s'est préparé cet été.

Harry retint un sourire en coin à l'intention d'Hermione. Malfoy n'avait pas passé ses dernières semaines à réviser. La victoire modeste, il resta concentré sur la conversation.

- En tant joueur accompli, vous avez un conseil pour le jeune Malfoy ? Questionna le journaliste.

Les gens aiment se sentir spéciaux, chuchota la voix de Brandi dans sa tête. Mu d'une soudaine inspiration, Harry sortit de sa besace un bracelet brésilien, il en avait fait des tonnes avec les petites cousines d'Hermione et ne savait plus quoi en faire.

- Au quidditch, tout le monde pense que le meilleur balai donnera la meilleure performance... Passe-moi ton bras.

Comme un automate, Malfoy tendit la main. Jamais il n'avait été aussi silencieux de sa vie. Délicatement Harry déplia le bracelet pour le passer autour du poignet blanc laiteux et le nouer.

- En vrai, c'est les cognards qui changent tout. Une fois que tu as reçu un mauvais coup, ta concentration et tes mouvements en pâtissent. Alors procure-toi de bonnes protections et ...

Il ponctua ses derniers mots en nouant les fils de laine.

- ... un porte-bonheur pour ton premier match. C'est un premier pas vers le succès.

Il leva les yeux vers le Serpentard. Le blond était comme statufié le regard rivé sur son poignet. Harry avait pris le bracelet au hasard et les couleurs rose, or et noir étaient loin de palette de la maison des serpents.

- C'est très fair-play, monsieur Potter. C'est un bon conseil pour un adversaire.

Le gryffondor eut un rire.

- Si je perds pour ça, c'est que je ne suis pas à la hauteur. Et crois-moi, Draco, il te faudra beaucoup de chance pour voler sans dommage, vu les batteurs de mon équipe.

Malfoy se réveilla enfin.

- Si tu crois que j'ai peur des jumeaux Weasley, rétorqua-t-il avec une pointe d'agressivité.

Sa mère posa une main sur son épaule.

- Merci monsieur Potter pour vos sages conseils. J'espère que Draco saura en faire bon usage. Nous allons devoir vous laisser, mon fils doit monter dans le train, ajouta madame Malfoy à l'attention du journaliste.

- Une photo et je vous libère tous.

Il fit un mouvement de main et Harry réalisa qu'il voulait prendre les trois élèves ensemble, encadrés par les couples de parents. Les Granger parurent ravis par la proposition et tout le monde se plaça. Le petit brun se trouva donc au milieu du groupe, Malfoy d'un côté avec ses parents dans son dos et Hermione de l'autre avec Othenio et Brandi. Joueur, Harry attrapa le bras de ses camarades et prit gaiement la pause. Il sentit Malfoy raide comme un piquet et Hermione retenir un éclat de rire.

- Détends-toi, Draco, chuchota-t-il.

Du bout des doigts il frotta le bracelet au poignet du garçon. Ce dernier poussa un petit cri indigné. Harry ne put s'empêcher de le regarder et faire un clin d'œil. Les joues du blond étaient d'un rose vif et ses yeux lui hurlaient de le lâcher. Seule la présence de ses parents le retenaient de vociférer sur Harry toute sa rage.

C'était vraiment drôle. Brandi avait raison. Pourquoi s'embêter à être agressif alors que d'être amical et sympathique permettait de torturer ses ennemis subtilement. Malfoy était désarçonné et c'était fantastique de le voir muet comme une carpe.

Une fois le journaliste satisfait, les adultes se saluèrent et les enfants montèrent dans le train dans des wagons séparés. Harry s'amusa à faire un petit mouvement de la main au Serpentard en grimpant. Ce dernier leva le nez et l'ignora. Les deux gryffondors s'installèrent et firent un dernier signe aux Granger. Ils préfèreraient partir avant le départ, Brandi ayant une réunion importante.

Beaucoup de têtes mais se tournèrent sur leur passage. Agacée par l'attention provoquée par ses parents, son amie trouva bien vite un sujet de conversation.

- Tu es le diable en personne, ricana Hermione. Malfoy était prêt à en découdre et toi tu le complimentes, l'appelles par son prénom... Il était dévasté.

- Tu crois qu'il va garder le bracelet, fit Harry d'un ton narquois.

- Soit il l'a déjà jeté, soit il va le garder toute sa vie, je ne vois pas d'autres possibilités.

- Il peut le vendre à mes fans.

La jeune fille plissa le nez. Harry observait la foule, tentant de voir Ron.

- Non, c'est pour la plèbe. Il va en faire don à une enchère caritative.

- Ou faire un rituel vaudou pour me faire perdre mes cheveux...

Il se tut brusquement, la bouche sèche. Au côté de monsieur Malfoy, il venait de reconnaître l'elfe Dobby.


J'espère que vous avez aimé la rencontré Harry / Draco. Le prochain chapitre sera du point de vue des autres protagonistes...

D'habitude je publie une semaine sur deux mais, avec ma panne de 3 semaines, je rattrape le retard. J'avais très envie de vous raconter cette premier interaction avec Draco.