Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle nous avoir offert cet univers merveilleux). Cette fanfiction, par contre, est à moi.

Pairing: plus tard dans l'histoire.


Chapitre 7 : il doit être dingue

Narcissa observa attentivement les moldus en face d'elle. Ils étaient riches et charmants. Elle sut immédiatement à quel genre d'oiseaux elle avait affaire. C'était la moins mauvaise des configurations. Ils émanaient de l'élégance et le luxe, elle appréciait cela.

- Bien sûr, mon époux et moi serions ravis de partager notre expérience. Nous sommes les Granger, répondit la femme.

Draco s'était raidi au nom de famille. L'imbécile de journaliste se pâma devant le couple. L'époux avait une belle voix grave et, malgré elle, la blonde lui trouva beaucoup de charisme. Elle évalua chacun des parents, tentant de repérer...

- Cela risque d'être une année difficile pour notre Hermione. Elle a été première de sa promotion, maintenir de tels résultats n'est jamais évident mais nous comptons sur elle, dit la moldue.

Les entrailles de Narcissa se contractèrent brusquement. Elle évita de regarder Lucius qui fixait la jeune fille avec un air féroce. C'était donc elle qui avait ravi la première place à leur fils. La fierté de son mari en avait pris un coup et tout l'été, il avait rabâché à Draco que ses résultats n'étaient pas suffisants.

Narcissa avait trouvé cela profondément injuste, connaissant le parcours scolaire de Lucius. Leur enfant était excellent, mieux que ses parents avant lui. Mais ce n'était pas à la hauteur des attentes grandioses de Lucius. Foutue arrogance. Elle sentait la nervosité de son garçon et elle fut heureuse de ne pas le ramener au manoir après la rencontre. Au moins, il évitera les foudres de son père.

- Ma parole, Harry Potter !

Elle se concentra sur la conversation et découvrit avec émerveillement l'enfant sur le quai. Il était ravissant. Merlin, il n'avait rien à voir avec le descriptif qu'en avait fait Draco. Il était petit et fin, toutefois on voyait clairement qu'il était athlétique et en bonne santé. Ses cheveux, noués en demi-queue, laissaient libres des mèches sur la nuque. Elles partaient en boucle délicate autour du cou. Pas étonnant que Draco soit intarissable à son sujet. Par contre, elle fut surprise qu'il en parla si mal à chaque fois.

- Le plus jeune attrapeur ! Monsieur Potter, vous continuez à faire de grandes choses.

Lucius grinça des dents, presque imperceptiblement. Draco les avait tannés toutes les vacances. Son père avait cru à une rivalité Serpentards-gryffondors et était presque convaincu d'acheter des balais à toute l'équipe de Quidditch pour asseoir la domination des Serpents. Désormais, face à un petit Malfoy tétanisé et un Potter mignon comme tout, ils comprenaient que ce n'était pas de la compétition. Il voulait impressionner son béguin. Comment avaient-ils pu être aussi aveugles ?

- Pour être franc, c'est grâce à Draco si j'ai été pris dès ma première année, rétorqua le jeune Potter au journaliste.

Narcissa sentit son fils rougir à ses côtés. Même le comportement du gryffondor n'avait rien à voir avec le rustre arrogant dépeint ses dernières semaines.

- Oh vraiment, s'étonna Tourdesac.

Comme sa tante, le reporter était friand des célébrités. Il parlerait de cette rencontre dans ses mémoires, sans aucun doute.

- Oui, fit le petit attrapeur.

A la grande surprise des Malfoy, il ne parla pas de l'humiliante lutte pour le rapeltout que Draco leur avait conté. Il dévia directement sur un sujet surprenant.

- D'ailleurs tu es bon toi-aussi sur un balai. Tu vas passer les sélections à Serpentard ?

La blonde nota le regard rieur de la gamine Granger. Les deux gryffondors s'amusaient de la réaction du blondinet. Son fils était malheureusement trop surpris ou intimidé par son père pour savoir comment réagir.

- Draco s'est préparé cet été, expliqua-t-elle à la place de son garçon.

L'immobilisme de son enfant était une catastrophe. Lucius allait en faire une maladie. Comment un Malfoy pouvait perdre sa langue ?

- En tant joueur accompli, vous avez un conseil pour le jeune Malfoy ? Susurra le reporter de Sorcière hebdo.

Potter extirpa de sa sacoche -une marque de luxe sorcière nota Narcissa avec approbation- un bracelet tressé. Elle s'efforça de demeurer impassible. Dans le monde magique, un cadeau tissé à la main a une grande valeur. Selon l'intention que l'on insuffle dans l'ouvrage, il peut influencer le porteur. On peut inspirer la loyauté, l'amitié voir même les prémices de l'amour. Accepter de porter un tel présent, c'est à double tranchant si on ne connaît pas les motivations de celui qui l'a réalisé.

- Au quidditch, tout le monde pense que le meilleur balai donnera la meilleure performance... Passe-moi ton bras

Lucius faillit retenir sa progéniture mais s'abstînt après un coup d'œil dans la direction de sa femme. Ils contemplèrent le célèbre sorcier passer les liens autour du poignet de Draco. Le journaliste ne perdait pas une miette.

- En vrai, c'est les cognards qui changent tout. Une fois que tu as reçu un mauvais coup, ta concentration et tes mouvements en pâtissent. Alors procure-toi de bonnes protections et ...

Pour ne pas finir d'étonner les adultes, il ponctua ses derniers mots en nouant les fils de laine.

- ... un porte-bonheur pour ton premier match. C'est un premier pas vers le succès.

Il avait raison. Lucius n'avait jamais été dans l'équipe, cependant Narcissa oui. Draco n'écoutait que son père, entendre le brun donner le même conseil qu'elle a essayé de prodiguer à ses deux hommes la rassura. Par Circé, Potter avait suffisant bon cœur pour guider le Serpentard vers la raison. En bonus, la méthode était adorable. Elle pouvait lui pardonner les taquineries.

Elle n'avait jamais croisé d'enfant aussi délicieux. Juste ce qu'il faut d'espièglerie et de gaieté.

Ils feront un couple sublime.

C'était stupide de penser à cela, toutefois l'idée venait de rentrer dans le crâne têtu d'une Black et il y avait peu de probabilité qu'elle en sorte.

- C'est très fair-play, monsieur Potter. C'est un bon conseil pour un adversaire, loua Narcissa.

Le gryffondor rit joyeusement. Elle pouvait percevoir l'absence d'arrière-pensée. Elle doutait de la maturité de Draco pour saisir cette subtilité. Avec sa fierté mal placée, héritage paternel, Narcissa craignait les piques perfides et les coups bas. Pas vraiment les bons outils pour séduire un gryffondor.

- Si je perds pour ça, c'est que je ne suis pas à la hauteur. Et crois-moi, Draco, il te faudra beaucoup de chance pour voler sans dommage, vu les batteurs de mon équipe.

- Si tu crois que j'ai peur des jumeaux Weasley, siffla le garçon blond.

Il allait probablement dire une ineptie et elle le coupa en plaçant une main sur son épaule. Il ne valait mieux pas raviver la dispute à Fleury & Bott. La presse en avait assez parlé avec l'intervention indélicate de Lockhart.

- Merci monsieur Potter pour vos sages conseils. J'espère que Draco saura en faire bon usage. Nous allons devoir vous laisser, mon fils doit monter dans le train, indiqua-t-elle à Tourdesac.

Le reporter était en extase. Sérieusement si ça ne finissait pas en double page... Comme pour confirmer sa pensée, il demanda une photo et tous prirent la pause. Lucius fit une syncope en voyant Potter accoler leur fils. Trop occupé à ravaler sa hargne, il ne remarqua pas le discret mouvement de doigts du gryffondor sur la manche de son camarade de classe.

Narcissa se retint de pouffer. Elle se remémorera un autre séducteur de gryffondor. Sirius avait toujours su dérober le cœur des gens. Le souvenir aigre-doux de son cousin préféré la fit soupirer.

Elle aurait voulu une grande famille, toutefois le destin en avait décidé autrement. Elle était peu fertile et Lucius réticent à diviser la fortune ancestrale entre plusieurs héritiers. Une mauvaise combinaison.

Puis ses cousins et ses sœurs avaient pris des chemins différents, et finalement, elle n'eut pas la consolation d'être entourée par des neveux et nièces pour combler le vide.

Elle salua poliment les Granger et Tourdesac, bien plus aimablement que son mari. Elle pouvait percevoir sa colère et décida de dévier son courroux.

- C'était judicieux comme remarque. Pourquoi ne pas prendre des protections pour toute l'équipe, plutôt que des nouveaux balais ?

Draco pinça les lèvres.

- Ta mère a raison. De l'équipement sera bien suffisant, grinça son père.

La rencontre avait froissé Lucius. L'idée que son héritier veuille épater Harry Potter avait anéanti sa motivation à financer des balais.

- Donne-moi le nom de tes coéquipiers quand tu seras pris, je verrais avec leurs mères pour acheter le matériel à la bonne taille.

Dans les faits, ça serait bien plus cher que des Nimbus 2001, pourtant Narcissa avait la certitude que cela rendrait la démarche bien plus populaire auprès des parents des joueurs. Il valait mieux assurer la sécurité des enfants plutôt que de fournir des engins trop dangereux pour des sportifs débutants.

Elle remercia intérieurement l'adorable Potter.

- Retire-moi cette horreur, grogna son époux en désignant le porte-bonheur.

- Je vais t'aider mon chéri.

Elle ôta délicatement le bracelet, ignorant délibérément la détresse dans les yeux de son garçon. Puis elle le prit dans les bras et glissa furtivement dans sa poche d'écolier la petite bande en coton.

- Fais bon voyage et écris-nous dès ce soir. J'ai hâte de savoir dans quelle maison est Luna.

Lucius renifla dédaigneusement à l'évocation de sa filleule. Pandora et lui ne s'était jamais entendu, et l'animosité s'était étendu à la fille de celle-ci. Il manqua le geste de Potter vers Draco. Conscient de la présence de son père, l'enfant ignora son amourette.

Narcissa aurait voulu rester jusqu'au départ du train, cependant Lucius jugea cela trop sentimental.

- Notre fils doit montrer son leadership, explique-t-il.

On parlait du même Draco qui, pas plus tard que samedi dernier, pleurait parce qu'il avait été mordu par un doxy.

- Allons-y, concéda-t-elle.

Le train démarrerait d'ici à quelques instants, ils partirent en direction de la zone de transplanage. Dobby apparut brusquement.

- Te voilà, où étais-tu ?

- A la barrière, Maitre.

Dobby était le souffre-douleur de son époux aussi loin que Narcissa s'en rappelle. Suivant les conseils de son père Abraxas, il le martyrisait afin d'instaurer la terreur chez les autres. Cette pratique écœurait la maîtresse de maison. Plus faible que ses serviteurs, Lucius n'avait d'autres moyens que d'inspirer la peur pour éviter la rébellion.

Parfois elle enviait Andromeda. Puis elle se souvenait que le Manoir était si grand qu'elle pouvait passer ses journées sans jamais croiser son époux.

Soudainement, une nuée de rouquins passa en courant. Les Weasleys, comme à leur habitude, circulaient n'importe comment dans l'espace publique. Elle pouffa lorsque l'un des garçons percuta un muret avec son chariot, trop occupé à reluquer le postérieur -sensationnel il faut bien l'avouer- de madame Granger.

Même Lucius laissa échapper un ricanement quand sa mère vint le houspiller et l'aider à ramasser ses affaires. Elles étaient dans un piètre état.

En même temps, après l'incartade entre son époux et Arthur Weasley à Fleury & Bott, la famille de traitres étaient à sec. Le petit employé de bureau avait perdu son sang-froid et attaqué Lucius. Personne ne s'était interposé et cela avait dégénéré. Naturellement Lucius s'était fait ratatiner (selon ses dires, il l'avait fait exprès) et les dégâts dans la librairie avaient été attribués Arthur Weasley, ayant commencé et terminé les hostilités.

Avec sa dernière entrant à Poudlard, Molly Weasley allait probablement prendre un travail pour compenser le maigre salaire de son époux raté.

Elle jeta un dernier regard en direction du wagon de son fils.

- Donne-moi le bracelet.

- Je l'ai jeté.

Il n'était pas de taille à la contredire. Frustré il transplana sans un mot. Elle s'attarda un instant et fit un signe au train, espérant que son enfant capterait son mouvement lointain.

Elle transplana directement sur le chemin de traverse, et se dirigea vers le magasin de Quidditch. Elle pourrait même acheter un petit quelque chose au joli brun, si elle était assez inspirée.


Le visage écarlate, Ron se laissa tomber sur la banquette près de Percy. Il leva les yeux et son expression s'assombrit en avisant son bagage déglingué. Il avait probablement perdu un ou deux livres et il n'était pas question de prévenir sa mère. Il était plus inquiet pour sa baguette. Dans la chute, elle s'était fendue et faisait continuellement des suintements bizarres.

- Je vais à la réunion des préfets. Tu restes ici avec Ginny, ordonna Percy.

Il grommela une vague réponse qui parut satisfaire son aîné. Il connaissait suffisant son frère pour ne pas tenter de sortir tout de suite. Il regarda le paysage défiler quelques minutes, ressassant ses problèmes.

- Ne t'inquiète pas, tu peux rejoindre tes amis, je te couvre, le rassura sa sœur.

Il eut été moins énervé, il aurait certainement apprécié la proposition. Il ne prit pas la peine de la remercier. Il se leva, époussetta ses vêtements et quitta le compartiment. Il se dirigea vers les toilettes et vérifia son apparence. Il ne manquerait plus que Hermione lui remarque une tâche.

Il croisa Dean qu'il l'informa de la localisation du compartiment de ses amis. Il se hâta, afin d'éviter Percy. Avant d'ouvrir la porte, il inspira profondément. Il était inquiet de leur réaction après autant de semaines sans se communiquer.

La première chose qu'il pensa en voyant les deux personnes installées fut de maudire Dean pour ses mauvaises indications.

Le garçon sauta sur ses pieds et poussa une exclamation de voix joyeuse.

- Ron ! Tu as pu venir.

Hébété il dévisagea Hermione et Harry. Ils étaient méconnaissables, enfin surtout le petit brun.

- Je ... oui... Percy est avec les autres préfets.

Toujours aussi brillante, Hermione se leva brusquement.

- Vite la cape d'invisibilité, je suis sûre qu'il va venir contrôler si tu es là.

Il loua intérieurement sa vivacité d'esprit, il allait même vraiment la complimenter quand il posa les yeux sur la malle qu'elle ouvrait. C'était un très beau bagage, d'une marque très connue et très chère. Toutes les fournitures scolaires de sa fratrie n'avaient probablement pas coûté plus d'un millième du prix. Il accepta la cape et s'installa prêt de la fenêtre aux côtés de Harry. Il était totalement refroidi.

- Il vous ait arrivé quoi ? Pourquoi tu as les cheveux longs ? Et ta peau ?

Il eut envie de lui demander où était passé ses vêtements trop grands, hérités de Dudley, et ses lunettes rafistolées. Harry avait toujours paru dépenaillé et pauvre dans ses habits moldus. Il avait certes de belles robes d'école et des fournitures neuves, toutefois le reste était dans un piteux état.

- Oh, Ron, on a tellement de choses à te raconter ! S'exclama l'autre garçon avec enthousiasme. La mère d'Hermione est venu me chercher chez les Dursleys début d'août.

- Tu aurais vu son aspect, ces gens devraient être en prison, gronda Hermione. Maman était catastrophée.

- Bref... coupa Harry, j'ai passé ces dernières semaines avec la famille d'Hermione, c'était génial. On est allé à la mer.

Il souriait comme un gamin. S'il avait vu l'expression de Ron, il aurait certainement minimisé sa joie et dévié sur un sujet plus neutre. Harry avait toujours su jusqu'ici apaiser la gêne ou la jalousie de son ami. Pourtant, à ce moment-là, sans les signaux habituels (les oreilles rouges ou les yeux furieux), le jeune garçon oublia les défauts de Ron. Totalement dissimulé, ce dernier ne laissait rien transparaître et pourtant il brûlait d'envie et de rancoeur. Tout l'été, ses parents s'étaient disputés à propos du survivant. Son père pensait qu'il fallait maintenir l'amitié entre les deux garçons. Selon lui, un ami puissant, c'était toujours un atout. De plus, rejeter un orphelin pour son manque de chance était un acte bien cruel.

Sa mère avait commencé à céder après l'incident du libraire. Elle était trop préoccupée par l'argent avec le remboursement des dégâts. Son père était désormais dans une mauvaise passe au ministère. Son enquête sur les potentiels artefacts de magie noire chez les Malfoy avait été déboutée. On parlait de harcèlement injustifié et d'obsession malsaine. Sa famille était humiliée, même la gazette du sorcier se moquait d'eux. La fin des vacances fut horrible.

Devant lui, ses amis riaient et plaisantaient, à mille lieues de ses pensées noires.

- Maman a rhabillé Harry ! Tu aurais vu sa tête devant les paquets. Il ne savait plus où...

- Tes parents lui ont tout acheté ? Lâcha le rouquin incrédule.

Il y eut un instant de flottement.

- Oui. Ca a été vraiment compliqué à la maison, expliqua Harry, mal à l'aise.

Et moi, alors ? C'est pas compliqué ? Pensa Ron.

Avec amertume, il se demanda si, lui aussi, aurait eu une belle malle et des vêtements neufs s'il avait été chez Hermione. Probablement pas. Il n'était que Ron. C'était injuste, Harry avait déjà plein d'argent. Il n'avait pas besoin de tout ça.

- Quand j'étais chez les Dursleys, un elfe ... Commença le survivant.

La porte du compartiment s'ouvrit brusquement et, à leur grande surprise, ce n'était pas Percy.

- Alors Potter, heureux de faire la Une des journaux demain ? Dit Draco Malfoy de son horrible voix traînante.

Ron se retint de justesse : il avait une telle envie de le frapper. Il était seul, sans ses sous-fifres. C'était inespéré.

- Oui, répondit Harry gaiement, j'espère que la photo sera belle.

Une sensation proche de la nausée assaillit le grand roux. Depuis quand Harry était gentil avec le Serpentard ?

- Tu as perdu ton bracelet, ajouta Hermione d'un air moqueur.

Malfoy ouvrit la bouche et s'arrêta quand le petit brun se leva d'un bond.

- Oh mince, fit-il en attrapant le poignet du sang-pur. Tu en veux un autre ?

Le blond se dégagea brusquement, les joues roses. Ron était trop choqué pour réagir et fort heureusement pour lui. Il ne manquait plus qu'éventer le secret de la cape d'invisibilité devant le vicieux serpent.

- J'ai pas besoin de tes babioles pour jouer au Quidditch, cracha Malfoy avec hargne.

L'impensable se produisit. Harry sourit doucement.

- Je sais. Tu veux un cookie ? J'en ai fait plein pour le voyage.

Il sortit de sa sacoche une grosse boîte en plastique rose fuchsia. A l'instant même où Ron allait exploser, Percy passa la tête.

- Vous faites quoi, ici ?

Il regarda partout, cherchant évidemment son jeune frère. Celui-ci arrêta de respirer et pria pour que la cape le couvre bien entièrement. Le préfet observa longuement les élèves.

- Pas de disputes dans le train. Malfoy, retournes dans ton compartiment.

- Potter me proposait à manger, pas de quoi en faire une montagne.

Percy vira immédiatement au rouge écarlate.

- Garde ton attitude de gosse gâté pour Serpentard, sinon tu finiras avec une retenue.

Revêche, Malfoy attrapa la boîte et sortit du compartiment.

- J'avais dit un gâteau, Draco ! Cria Harry.

Il s'apprêtait à poursuivre le voleur quand le roux à lunettes s'en prit à leur amie.

- Et toi, Granger, tu ferais mieux de faire attention avec qui tu traines, siffla Percy. Il essaie de s'allier avec les pires familles possibles, tu ferais mieux de t'éloigner de lui.

Le préfet ignora délibérément le visage outré d'Harry et quitta à son tour le compartiment.

Dès la porte fermée, Ron arracha la cape.

- Non mais c'était quoi ça ?

- Franchement, il abuse ! Un préfet qui parle ainsi aux deuxièmes années, le professeur MacGonagall ... Commença la jeune fille.

- Hermione ! Je parle de Harry et Malfoy ! On s'en fout de Percy, répliqua le rouquin.

- Brandi, la mère de Mione, m'a conseillé de répondre à l'agressivité par la sympathie. Ça permet de...

- C'est le conseil le plus con de la terre, coupa froidement Ron. Mais tu t'es vu ? Tu t'es vu tout mielleux avec ce sale serpent ? Tu avais l'air débile.

Harry rougit, mais ne s'énerva pas.

- Je sais que ce n'est pas une solution que tu aurais choisi, mais il n'empêche que si on s'était battu on aurait été collé par Percy.

- Du coup, tu vas lécher le cul de toutes les personnes qui t'insultent.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, Ron, rétorqua le survivant.

Changeant d'angle, le grand roux attaqua Hermione.

- Mais qu'est-ce que tu lui as fait ? Ta mère lui a mis d'autres idées stupides ?

Si le brun avait gardé son sang-froid, son amie réagit immédiatement.

- C'est pas parce que tu ne comprends pas la subtilité de la méthode que c'est stupide. Tu es juste trop obtus pour le voir ! Et ma mère ne lui a rien appris de stupides. Elle est brillante.

- C'est rien qu'une grosse moldue débile qui...

Le poing d'Hermione s'abattît si soudainement sur son visage qui resta sonné un instant.

- T'es aussi folle que ta mère, siffla-t-il, prêt à se jeter sur elle.

- Ne la touche pas, gronda Harry, sa baguette dans la main.

- Elle m'a frappé ! Je saigne du nez, bordel ! Maman avait raison ! Tu es un monstre. Et toi, s'adressant maintenant à Hermione, t'es qu'une sale sang-de-Bourbe...

Trop occupé à vociférer, il n'avait pas entendu la porte du compartiment s'ouvrir dans son dos.

- Ronald Weasley, non mais quel langage ! Tu seras en retenue toute la semaine, je te le garantis.

Il ne connaissait pas le préfet de Serdaigle face à lui, pour autant tenta de plaider sa cause.

- Elle m'a frappé et ...

- Si une demoiselle de vingt centimètres de moins que toi ressent le besoin de t'exploser la tête, c'est certainement que tu ne l'as pas volé. Dehors. J'en parlerais à ta directrice.

Ulcéré, Ron retourna auprès de Ginny et entreprit de se plaindre en long, en large et en travers de l'injustice du monde et de la perfidie de ses anciens amis.


Draco avait fait surveiller Potter par Crabbe et Goyle tout l'après-midi, espérant la moindre occasion pour être seul avec lui. L'opportunité se présenta peu de temps avant l'arrivée : l'autre garçon alla aux toilettes. Il se posta devant et fit semblant d'attendre son tour.

Le comportement du balafré n'était pas normal. C'était sûrement une manigance pour le déstabiliser et se moquer de lui.

Vif, il s'élança quand la porte s'entrebailla et s'engouffra dans les toilettes étroites du train. Potter poussa un cri de surprise et bascula en arrière. Il tomba assis sur la cuve avec un gémissement sonore. Draco ferma le verrou et le toisa de toute sa hauteur. L'espace était si réduit que leurs genoux se touchaient.

- Mais qu'est ce qui te prend ? S'exclama le gryffondor.

- C'est plutôt à toi de me le dire !

- Je ne sais pas pourquoi tu me séquestres dans les toilettes, répliqua le brun. Je ne t'ai rien fait.

- Pourquoi tu te comportes comme ça ?

Le fait d'être juste au-dessus du visage du balafré était déstabilisant. Le Serpentard ne pouvait s'empêcher de contempler la paire d'émeraude qui ornait le charmant minois.

- Je suis fatigué de me battre tout le temps. J'ai juste envie de m'amuser, répondit-il.

- Ca n'a pas de sens.

La moue boudeuse se transforma en un léger sourire. La vision envoya des papillons dans l'estomac de blond.

- On peut avoir une entente cordiale ?

- C'est toi qui a refusé de serrer ma main.

- Je suis désolé de t'avoir causé de la peine.

Draco hésita. Il dut tergiverser trop longtemps, car Potter se leva et se tenait désormais dans un équilibre précaire, une jambe de chaque côté de la cuvette. Les cahots du train l'emportaient à chaque mouvement.

- Bon, je dois retourner auprès d'Hermione. Tu me rendras mes gâteaux ?

- On a tout mangé.

- Au moins la boîte...

- Le chat de Millicent s'est installé dedans, je ne pense pas qu'elle te la rendra.

Le petit brun soupira.

- Vous les avez adoré mes cookies, c'est déjà ça.

C'était vrai. Draco avait goûté tous les parfums... deux fois.

- Tu es un vrai elfe de maison, tu aurais ta place en cuisine.

La bouche de Potter se transforma en grimace.

- C'est un compliment ou une insulte ?

- Un compliment ! Même mon elfe Tilley ne saurait pas refaire ceux au goût de carot cake.

Le gryffondor battit plusieurs fois des cils.

- Oh, c'était elle que j'ai vu sur le quai de la gare avec tes parents ? C'est cool qu'elle soit venue te dire au revoir.

- Non, lui, c'est Dobby. C'est l'elfe de mon père.

Il y eut comme un flash dans les yeux verts, si bref que Draco se demanda s'il avait bien vu.

- Vous en avez chacun à votre service ? Demanda le brun.

- C'est courant chez les sangpurs, tu devrais savoir ça.

Ils sursautèrent quand quelqu'un de l'autre côté actionna la poignée.

- Il faut qu'on sorte, murmurera le plus petit.

- Oui...

- Je peux te demander quelque chose avant ? Demanda Potter d'une voix hésitante.

Il avait la tête penchée sur le côté, le regard incertain. Il se tenait à quelques centimètres et, à chaque mouvement du train, ils se frôlaient. Draco sentit des fourmillements dans tout son corps.

- Dis-moi, chuchota le Serpentard.

Le petit brun se mordilla la lèvre nerveusement.

- Quelqu'un a traité Hermione de sang-de-bourbe.

La phrase fut comme un coup de poing dans l'estomac. Il ne savait pas ce qu'il avait espéré entendre, mais ce n'était certainement pas cela.

- Tu ne dois pas dire ce mot, toi encore plus que tous les autres... Murmura-t-il.

Le gryffondor pâlit considérablement. Draco loua le ciel de n'avoir jamais dit ce mot devant lui.

- Je ne sais pas ce que cela veut dire. Explique-moi.

On tambourina à la cloison. Il déglutit et répondit rapidement.

- Ce terme désigne les sorciers nés moldus. C'est une insulte très grave. Ça signifie que son sang est sale, qu'elle est impure.

La détresse dans les grands yeux verts lui tordit le ventre.

- Qui vous a dit ça ? Siffla-t-il.

- C'est pas important, souffla Potter.

La porte s'ouvrît brusquement.

- Mais que se passe-t-il ? J'ai été obligé de prendre le passe-partout.

Robert Hilliard, un préfet de sixième année à Serdaigle, les fusillait du regard. Les joues rouges, le Serpentard sortit en premier. Avant même qu'il puisse se justifier, l'autre garçon avait déjà pris les devants.

- Je me suis senti mal et Draco m'a emmené aux toilettes.

Il était suffisamment pâle pour que ce soit vrai.

- Si un élève est malade, vous devez appeler un préfet.

- Potter ! Malfoy ! Encore en train de faire des histoires. Je vous avais prévenu ! Vociféra Percy en s'approchant à grand pas.

- Calme-toi, Weasley. Il n'y a rien de grave, tempéra Hilliard.

- Je les ai déjà séparés plus tôt, et...

- Potter me donnait des gâteaux, on avait rien fait de mal.

- Je t'avertis, Malfoy. Pas d'insolence avec moi...

- Je gère la situation, Weasley. Tout le monde retourne dans son compartiment. On va bientôt arriver...

- Tu contrôles rien du tout, il faut les discipliner, riposta le roux.

- Va plutôt t'occuper de ton petit frère, vu les mots qu'il utilise, il a plus besoin de discipline que ces deux-là, rétorqua durement le Serdaigle.

Draco se tourna immédiatement vers Potter. Ce dernier lui fit un hochement de tête dépité. C'était donc lui, le coupable.

Ronald Weasley, tu es le dernier des imbéciles, pensa-t-il.

Il profita de la dispute entre les deux préfets pour s'éclipser et rejoignit ses amis. Les choses allaient être très intéressantes cette année.


Ça fait du bien de démarrer enfin le cœur de l'histoire ! Ça doit se voir le chapitre est plus long.

Comment voyez-vous l'évolution des rapports entre les personnages ?

Que pensez-vous de Ron ?