Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle nous avoir offert cet univers merveilleux). Cette fanfiction, par contre, est à moi.

Pairing: plus tard dans l'histoire.

Bêta lectrice : Audelie


Dans le chapitre précédent (résumé d'Audelie, merci à elle !): Après avoir été relooké par la famille Granger, Harry retourne à Poudlard. A bord du Poudlard express il retrouve un Ronald jaloux et un Percy désagréable. Dans l'espace étroit des toilettes une nouvelle amitié semble possible avec Draco Malfoy qui lui explique la signification de Sang-de-bourbe.


Chapitre 8 : il doit être gêné

Minerva regardait les frères Weasley assis devant son bureau. Ce n'était pas ceux-là qu'elle avait l'habitude de convoquer. Perceval avait une posture rigide et le regard enflammé, tandis que son plus jeune frère était ratatiné sur sa chaise.

- Monsieur Hilliard m'a informée de vos conduites dans le train. Je suis déçue. Je connais suffisamment vos parents pour savoir que ce n'est ni le comportement ni le langage qu'ils vous ont appris.

- Professeure, je vous assure que ma mission de préfet...

- Ne consiste pas à harceler et rabaisser les enfants de 12 ans, termina la sous-directrice. Votre père a déjà suffisamment d'ennuis avec les Malfoy pour ne pas en rajouter. De plus votre attitude vis-à-vis d'un membre de notre honorable maison est encore pire. Je vous rappelle que Harry Potter est un orphelin qui a beaucoup donné à notre communauté, j'attends que vous vous conduisiez en préfet et non en membre de la brigade inquisitoriale. N'oubliez pas que je peux vous démettre de vos fonctions, jeune homme. Et nous savons tous les deux les conséquences que cela aurait pour votre vie après Poudlard.

Percy rougit et lutta pour ne pas répondre. Être démis de son titre de préfet, c'était rare et généralement dû à un manque d'honneur et d'éthique. Une telle tache sur un dossier fermait bien des portes au ministère de la Magie. La femme se tourna ensuite vers Ronald.

- Quant à vous...

- Je sais, murmura le garçon. C'était vraiment mal de lui dire cela à Hermione. Et très bête.

Il regrettait vraiment, et pas seulement pour avoir été pris. Minerva avait eu assez d'élèves à réprimander pour reconnaître la repentance sincère.

- Vous devrez vous excuser auprès de mademoiselle Granger et je ne veux plus jamais que vous utilisiez ce terme que ce soit dans ou en dehors de cette école, vous m'avez comprise ?

- Oui, professeure, fit-il d'une voix honteuse.

- Vous aurez une retenue chacun et j'informerais vos parents.

Ils gémirent tous les deux. Molly Wealsey était bien capable de leur envoyer une beuglante, Minerva comprenait leur détresse.

- Concernant les points...

- L'année n'avait pas encore commencé alors ... rétorqua précipitamment Perceval Weasley.

- Vous faites erreur. A partir du moment où vous avez utilisé votre insigne de préfet dans ce train, vous représentiez l'école. Vingt points de moins pour Gryffondor pour conduite indigne d'un préfet. Gryffondor commencera l'année avec un nombre de points négatif grâce à vous.

Elle se tourna vers le plus jeune.

- Par contre, vous n'étiez pas en uniforme. Par conséquent, je ne retire rien.

L'enfant parut soulagé. Dans les faits, elle aurait pu lui retirer des points, mais il avait montré un réel remord à l'inverse de son frère et pour la professeur cela comptait. Au contraire, Un préfet incompétent pouvait mettre en danger les plus jeunes et si le troisième fils Weasley continuait sur cette pente, Minerva doutait de son avenir en tant que préfet-en-chef.

- Allez au banquet, dit-elle d'une voix froide.

L'année commençait mal : un recadrage avant même la répartition, il ne fallait pas être Sybille Trelawney pour y voir un mauvais présage.


Installé à la gauche d'Hermione, Harry lui donna un coup de coude quand il vit les deux frères revenir. Au comportement du plus âgé, on avait l'impression qu'il n'avait fait qu'escorter son petit frère.

Hypocrite.

Ron s'arrêta juste devant Hermione. Il se racla la gorge et marmonna un " Chuisdésoléesskusemooi" qui semblait plus proche d'un étrange cri d'oiseau plutôt que de réelles excuses. Son amie toisa le grand roux avec colère et déception.

- Va. Loin. De. Moi, répondit-elle sèchement en détournant le regard.

Harry sentit un pincement à l'estomac en voyant le garçon s'installer à l'autre bout de la table, à côté de Neville. Il ne savait pas comment pardonner de tels mots et, à l'évidence, Hermione non plus. Pourtant Ron lui avait énormément manqué cet été, et il avait attendu la rentrée scolaire avec impatience pour tout lui raconter tout ce qu'il a avait vécu durant ces deux mois séparés.

- Il ne comptait pas s'asseoir ici, c'est évident, répliqua Percy d'un ton pédant en ignorant outrageusement Harry.

La méthode de Brandi avait des limites. Venir rajouter une couche alors qu'il savait ce que Ron avait dit, c'était trop. Le visage virant au pourpre, Harry se leva, mais son amie l'agrippa pour le forcer à se rasseoir.

- Laisse-le, supplia-t-elle. Je ne veux pas d'esclandres ici.

Les conversations s'étaient tues autour d'eux, et même les élèves des autres tables les scrutaient. Harry comprit soudainement qu'il ne faisait qu'aggraver la situation. Son amie n'avait pas envie que toute l'école sache l'affront qu'elle venait de subir et en particulier les sang-purs. Ron avait ouvert une porte et ce qui se cachait derrière était révulsant. Il était préférable de refermer cela, et vite.

- Pardon, lui dit-il tout bas.

- Alors les enfants, impatients de voir les premières années répartis ? Clama une voix enthousiaste qu'il n'eut aucune peine à reconnaitre.

Le fringant professeur Lockhart passait entre les tables en faisant des sourires éclatants. Il stoppa pile devant le petit brun, pour sa plus grande horreur.

- Harry Potter, j'ai hâte de vous avoir dans ma classe, jeune homme. Vous verrez, vous avez encore beaucoup, beaucoup de choses à apprendre...

Sidéré, il resta muet et hocha la tête vaguement. Fort heureusement, la professeure MacGonagall entra dans la grande salle, suivie par les premières années aussi émerveillés que terrifiés. Il reconnut immédiatement Ginny Weasley avec sa chevelure de feu. Lockhart retourna à la salle des professeurs, souriant comme jamais.

Il écouta la chanson du choixpeau, différente de l'année précédente, et acclama comme il se doit tout nouvel élève à Gryffondor. Sa gaieté en prit un coup quand un garçon fraîchement réparti s'installa près de lui et l'inonda de questions. Comme Harry, il était de petite taille, mais avec des cheveux clairs.

- Ça va, Harry ? Je... Je m'appelle Colin Crivey, balbutia-t-il le souffle court. J'ai... J'ai amené mon appareil à photo à Poudlard et... Je... Tu crois que... Ça ne te dérangerait pas si... Si je prenais une photo de toi ?

- Quoi ?

- Pour prouver que je t'ai rencontré, dit Colin. Je sais tout sur toi.

Le jeune garçon était sur le point de raconter tout ce qu'il savait quand Il fut coupé par l'arrivée de Draco Malfoy. Harry n'avait jamais été aussi reconnaissant de le voir.

- Potter, Milli voudrait savoir si tu pouvais lui procurer d'autres boites, comme celle que tu m'as donnée dans le train , fit-il de sa voix traînante.

Harry bondit de son banc, ignorant les regards de ses camarades.

- Je..

- On en a, s'interposa Hermione.

Elle avait son air de femme d'affaires.

- Nous voulons sa place en cours de Potion, en échange, proposa la brune.

Harry ouvrit la bouche et la referma. Il recula, profitant de la distraction pour s'éloigner la table. Autant laisser son amie gérer, il ne connaissait pas l'enjeu et s'en fichait. Son objectif était d'éviter l'illuminé qui venait de débarquer à Gryffondor.

- Pour deux cours, proposa le Serpentard.

- Le trimestre, contra-t-elle immédiatement.

- Pour des boites ?

- Je peux rajouter des jeux moldus pour chat...

- Pff, franchement Granger...

Malfoy s'arrêta de parler pour fixer durement Colin Crivey qui, de l'autre côté de la table, essayait d'attirer l'attention de Harry.

- Tu ne vois pas qu'on parle, le campagnard ? Cingla-t-il.

Écarlate, Crivey bafouilla :

- Mais... Mais... Je discutais avec Harry... et...

Il s'écrasait au fur et à mesure de sa tentative désespérée de rétablir une connexion avec le survivant.

- C'est ça, vos petits nouveaux ? Coupa dédaigneusement le blond. Vous n'êtes pas près de gagner la coupe cette année.

Crivey se décomposait littéralement. Harry n'avait pas envie d'encourager un fan enragé, cependant, il ne voulait pas humilier un première année dès le premier soir.

- Tout le monde a besoin d'un temps d'adaptation... Oh, Olivier me fait signe. Écoute, règle tes boîtes avec Mione.

Il fit une tape légère sur l'épaule du Serpentard et il se faufila agilement pour arriver jusqu'à son capitaine. Il discuta de la reprise des entraînements. Il en fallait peu pour que l'élève de sixième année soit lancé sur le sujet : il était en train de monter le planning jusqu'à avril quand Hermione les rejoint pour le dessert.

En bout de table, Ginny à ses côtés, Ron le dévisagea l'air sombre durant toute la soirée. Mal à l'aise, Harry écouta distraitement Dumbledore présenter le professeur Lockhart, dissuader les premières années d'aller dans la forêt interdite et rappeler les consignes de Rusard. Il chanta sans conviction l'hymne de l'école et prit soin d'éviter Crivey en montant à la tour.


Allongé dans son lit les rideaux fermés, Ron avait envie de pleurer. Sa colère était retombée et il se sentait vide. Honteux aussi.

- Oh Harry, elle est magnifique ta nouvelle malle, complimenta Neville.

Il n'écouta pas la vague réponse de son ami... Pouvait-il encore l'appeler ainsi ? L'estomac contracté, Ron s'enfouit sous ses draps.

Tout allait mal depuis l'incident de la pierre philosophale. Ses parents se disputaient constamment, l'argent manquait et aucun de ses frères ne se souciait de lui. Il avait souvent l'impression d'être de trop. Sa mère voulait une fille et, à peine remise de sa naissance à lui, elle avait conçu Ginny.

Tous les autres avaient leur place dans la famille : Bill était l'ainé, le modèle, le fils préféré, puis Charlie avec sa passion pour les animaux et son talent pour le Quidditch, Percy le parfait petit soldat qui surveillait les plus jeunes, les pétulants jumeaux amenaient la joie partout et Ginny, la princesse, le joyau choyé par tous. Ron, lui, n'était le meilleur en rien, il était banal et il n'avait jamais rien de neuf. La nouveauté était une récompense qui n'était jamais pour lui. Le pire à ses yeux était la vieille baguette de Charlie. L'objet qui faisait de lui un sorcier était de la seconde main. Il était le seul à ne pas avoir eu sa baguette neuve. Parce que Percy avait eu un hibou l'année d'avant, sa récompense de préfet. Et Avec amertume, cet été, il avait vu ses frères se cotiser pour Ginny, étant donné les problèmes financiers de leur parent.

La baguette de Charlie avait été malmenée lors de soins aux créatures magiques, des traces de dents et de griffes des animaux la parsemaient. Charlie s'en était achetée une nouvelle avec son premier salaire...

Et maintenant elle était fendue. Sa mère ne voudrait jamais croire que ce n'était pas de sa faute. Pourtant, vu son état pitoyable, il n'y avait rien de surprenant qu'elle se casse au moindre choc.

Maman ne m'écoutera jamais, pensa-t-il avec désespoir. Elle partait du principe que si ses frères réussissaient très bien, c'était parce que ses méthodes et ses choix étaient irréprochables. Charlie vivait en Roumanie et Bill en Egypte. Ça en disait long sur leur besoin de s'éloigner, à peine majeur. Mais ça, personne n'en parlait. Surtout pas papa, ajouta une petite voix dans sa tête.

Et puis il y avait eu Harry. Être le meilleur ami du Survivant lui avait donné un certain statut, même dans sa famille. Surtout que malgré son argent et sa célébrité, le garçon était gentil. Il ne se moquait jamais, à l'instar des autres.

Mais même ça, sa mère ne lui avait pas laissé. En quelques semaines, Hermione avait pris toute la place. Et Malfoy essayait de ramper sournoisement auprès du petit sorcier. Que Harry soit capable de l'accueillir, après tout ce que le vicieux serpent avait fait, était au-delà de son entendement. Peut-être que n'importe qui suffisait à Harry. Ron avait juste eu la chance de le croiser en premier.

Il pensa avec amertume que Draco Malfoy devait jubiler à l'heure qu'il est dans son lit.

La gorge serrée, Ron s'imagina une autre vie, très loin d'ici. Et comme tous les soirs, il souhaita être seul au monde.

Malheureusement, le lendemain matin, rien n'avait changé. Il quitta silencieusement le dortoir et s'installa avec Neville au petit déjeuner. Alors qu'il mangeait sans conviction ses œufs brouillés, le courrier arriva et causa un grand fracas.

Les gryffondors plus âgés s'étaient rassemblés autour d'Harry et d'Hermione avec des exemplaires de Sorcière Hebdo, Ron découvrit avec effroi que la superbe femme qui avait distrait son attention à la gare était madame Granger, la même qu'il avait traitée d'idiote dans le train. Elle était aussi belle qu'en vrai et faisait un sourire ravageur à l'objectif. Son mari était coupé : on ne voyait qu'un bras passé autour de sa taille. Clairement le photographe avait choisi de mettre en avant le couple Malfoy pour leur prestige, les enfants, car c'était le sujet de l'article, et Mme Granger. Elle n'avait rien à voir avec les sorcières dans sa tenue moulante, on voyait clairement ses courbes parfaites...

- C'est vraiment ta mère ? S'exclama Lee Jordan, en scrutant la photo en couverture de Sorcière hebdo.

Il regardait la seconde année avec un air calculateur, essayant de prévoir à quel point elle ressemblerait à sa mère en grandissant. Ron aussi ne pouvait s'empêcher d'y penser.

- Comment avez-vous pu poser avec les Malfoy ? Ajouta incrédule Lavande.

- Je suis major de notre promotion, ce sont plutôt eux qui ont posé avec nous, corrigea Hermione sans décrocher les yeux de son exemplaire de Voyages avec les vampires.

Harry écoutait Lee lire l'article les sourcils froncés. Il avait de quoi être perturbé : Ron ne doutait pas que sa mère serait folle de rage en le lisant.

"Quelle rentrée 1992 !

Les premières années de cette année ont bien de la chance. Outre le bonheur d'intégrer la prestigieuse école de Poudlard, ils pourront cotoyer de grandes célébrités. Comme vous le savez déjà, grâce au numéro spécial paru la semaine dernière, Mr Lockhart est désormais le nouveau professeur de Défense contre les forces du mal. La nouvelle génération aura la chance d'être formée auprès d'un des plus valeureux sorciers de notre pays. Comme si cela n'était pas suffisant, ils auront parmi eux le jeune Harry Potter (au centre de la photographie). Promis à un brillant avenir, ce jeune sorcier montre précocement des qualités hors normes : il est attrappeur de Gryffondor depuis son arrivée à l'école, le plus jeune en cent ans ! Il faudra toutefois que les nouveaux élèves soient préparés : monsieur Potter est déjà bien entouré avec Miss Hermione Granger (à droite) majore de leur promotion et Draco Malfoy (à gauche) fils d'une des plus influentes familles..."

Mac Gonagall coupa la parole du commentateur de match pour leur donner les plannings. Elle fut rejointe par Lockhart.

- Oh, impatient d'avoir mes cours ?

Hermione, comme à son habitude, s'empressa de répondre avec enthousiasme au nouveau professeur.

- Oh oui ! Je suis en train de relire votre carnet de voyages. J'avais quelques questions ...

- Chaque chose en son temps, rétorqua-t-il avec un sourire charmeur.

Son comportement révolta Ron et, à en croire le visage crispé de la sous-directrice, il n'était pas le seul.

- Harry, Harry, Harry... Quand j'ai vu... Bien sûr, c'est entièrement ma faute. Je me serais donné des gifles.

Personne à table ne semblait savoir où il voulait en venir, surtout pas Harry apparemment.

- Je t'ai donné le goût de la publicité, c'est bien cela ?

Ses dents brillaient tellement que Ron était certain qu'il portait un glamour.

- Oh, mais non, professeur, simplement ...

- Harry, Harry, Harry, coupa Lockhart. C'est normal de vouloir de l'attention. Et je m'en veux de t'avoir inspiré cette envie. Tu auras tout le temps pour cela quand tu seras plus âgé. Je sais que voir un sorcier aussi célèbre que moi est inspirant mais ...

- Gilderoy, c'est adorable, vraiment adorable, de vouloir prévenir à Harry Potter à propos des dangers de la presse. Ceci étant ...

- Oh mais...

- Ceci étant, continua le professeur Mac gonagall plus fermement, cela concerne une affaire privée qui a eu lieue en dehors du cadre scolaire. Le personnel de Poudlard ne doit pas émettre de jugement sur le mode de vie des élèves en dehors de ces murs.

Lockhart parut un instant décontenancé de voir son beau sourire et ses manières inefficaces sur la sous-directrice, mais se reprit très rapidement.

- Bien sûr, bien sûr. Je comprends. C'est vrai qu'avec mon aura et mon talent, je ne ferais que fausser la donne avec un standard irréaliste. Avec mes cinq prix du sourire le plus charmeur de sorcière hebdo, j'oublie que...

- Merci, Gilderoy. Excuse-moi mais je dois terminer de distribuer mes plannings.

- Oh mais je vous accompagne. Vous savez après mon voyage Chine, où j'ai réorganisé le bureau des Aurora de Tianjin, que...

Ils s'éloignèrent, l'expression de la directrice des gryffondors devant plus sombre à chaque pas.

Ron pensa avec morosité que la journée ne pouvait pas être pire, cependant il eut bien tort.

Avec effroi, il vit Errol atterrir devant lui avec fracas. Il y eut des rires moqueurs autour de lui. Il avait deux lettres, une pour Ginny et une pour lui. Il donna son courrier à sa petite soeur et ouvrit sa propre missive. Ce n'était pas plaisant. D'abord, maman avait fait une lettre très énervée pour son comportement dans le train. Evidemment le Professeur Mac Gonagall avait prévenu sa famille, mais il semblerait que Percy aussi ! Le préfet avait accusé Ron de l'avoir entrainé dans une dispute. C'était profondément injuste. Il n'était même pas là quand Percy s'était disputé avec le Serdaigle. Maman croyait toujours Percy. Le reste de la lettre était encore pire, accusant Harry d'être un mage noir pour s'accoquiner avec les Malfoys et insultant madame Granger d'être une femme ingrate et sans éducation. Molly Weasley avait essayé d'aider la moldue à comprendre les risques du monde sorcier et la petite sotte ne voulait rien savoir, selon la matriarche Weasley. La lettre se concluait par une interdiction de parler ou s'approcher d'Harry et d'Hermione, ainsi que de ne pas causer plus de honte à la famille. Le plus vexant et le plus triste fut de constater que Arthur avait ajouté un petit mot pour soutenir sa mère.

Même papa est contre moi, pensa-t-il tristement.

La matinée passa au ralenti pour le rouquin, Il suivit mornement les cours de Botanique. Pendant que ses anciens amis se liaient avec des Poufsouffles, il resta avec Neville. Le cours de métamorphose lui horrible, sa baguette dégageant une odeur malodorante. Lorsque la journée se termina avec le cours catastrophique de Lockhart, Ron était persuadé que le professeur était le pire imposteur de la terre. Il se garda bien de le dire, car de toute façon personne ne se souciait de son opinion.


Draco jouait avec le petit bracelet en coton. La veille, il s'était retenu toute la journée de le sortir de sa poche. Ce soir, à l'abri dans son lit, il pouvait enfin l'observer à loisir. Mère était vraiment la meilleure. Elle avait un don pour désamorcer Père.

Il ferma les yeux et repensa à Potter. C'était étrange. Ça cachait quelque chose. Il avait eu du mal à dormir, surexcité par les événements. Tournant mille fois sur son matelas, il se remémorait le visage souriant et les doigts légers sur son poignet. Père lui avait souvent conseillé de montrer de l'admiration car le Survivant était adulé par la plupart des sorciers, toutefois la présence de ses amis avait systématiquement empêché tout rapprochement.

Enfin, peut-être que le problème était uniquement cet idiot de Ronald Weasley.

En réalité Il se fichait bien que Le roux ait insulté Granger, il utilisait lui-même ce terme régulièrement. Toutefois, il ferait attention maintenant. Il avait envie de voir où cela le mènerait avec Potter et, pour y arriver, il devait éviter de mettre en colère le petit brun.

Il relut encore la lettre de sa mère. Elle avait ajouté l'article à l'album familial et prévoyait de demander toutes les photos au journaliste. L'idée d'avoir des images de lui et Potter le ravissait sans qu'il puisse se l'expliquer.

"Avoir des amis puissants, c'est être puissant" disait toujours Père. Cela devait être cela.

Il joua encore avec le petit bracelet avant de le cacher. C'était dur de dormir alors qu'il y avait tant de choses à penser. La nuit dernière, il avait à peine fermé l'oeil.

Il se blottit dans ses draps et repensa encore au gryffondor touchant son poignet. Il sourit et s'imagina gagner la coupe de Quidditch avec Harry Potter en admiration totale face à ses exploits.


Merci encore pour vos reviews ! J'espère que cela vous aidera à mieux comprendre Ron.

Je vais essayer autant que possible de ne pas refaire toutes les scènes du livre mais plutôt de faire l'histoire autour. J'ai hâte qu'ils grandissent tous !