Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous avoir offert cet univers merveilleux). Cette fanfiction, par contre, est à moi.

Pairing: plus tard dans l'histoire.

Bêta lectrice : Audelie


Dans le chapitre précédent: Après un été fabuleux chez les Granger, Harry retourne à Poudlard. Il découvre avec horreur son mentor autoproclamé, Lockhart et son premier fan, Colin Creevey. Submergé par ses problèmes familiaux, Ron insulte ses amis et se morfond. MacGonagall remet en cause la position de préfet de Percy. Draco compte bien saisir l'opportunité d'impressionner Harry.


Chapitre 9 : il doit dormir

Groggy de sommeil, Harry regardait sans conviction Olivier expliquer des combinaisons compliquées. Le capitaine l'avait arraché du lit à l'aube et son cerveau luttait pour comprendre le moindre mot.

- Alors, si c'est clair pour tout le monde, allons-y ! brama le sixième année.

En chemin pour le terrain, il ne put s'empêcher de rire à cause des jumeaux : ayant l'interdiction de lui parler, ils communiquaient en gesticulant. D'après son interprétation Fred était une mouette et Georges avait mal au pied quand il valsait.

Il attendait avec impatience de montrer ses progrès. Il jeta un œil au gradin et vit que Colin Creevey le scrutait. Ce garçon était une plaie. Toutefois, il fut ragaillardi en voyant Hermione un peu plus haut. Elle lisait un énorme livre, montrant clairement qu'elle venait le soutenir par amitié et non par passion sportive.

Il avait encore du travail pour la convaincre d'intégrer l'équipe.

Le bruit d'un déclencheur, amplifié par le stade, l'agaça. Son jeune fan le photographiait sans cesse. Ignorant Colin qui lui hurlait de regarder dans sa direction, Harry s'élança dans les airs. Le vent frais le réveilla. Voler en plein air était tellement plus grisant que le sport en salle sur le Chemin de Traverse.

Il avait pu voler avec Hermione, cependant ils étaient limités à un Demi-terrain de quidditch, avec une hauteur de plafond de dix mètres. Cela avait frustré Harry de devoir de restreindre. Il avait travaillé ses changements de direction et ses feintes. Le jeune attrapeur avait aussi invité Hermione au poste de poursuiveuse. Ils s'étaient bien amusés tous les après-midi, toutefois cela ne valait pas le vertigineux ciel d'Écosse et le vent frais sur son visage.

Il commença par monter très haut, si haut que l'air devint froid et douloureux quand il respirait. Satisfait de la distance, il entama la manœuvre pour un piqué d'une vitesse infernale, faisant d'abord des cercles de plus en plus serré pour finir en vrille. Il redressa son balai à quelques centimètres du sol et manqua de percuter un groupe d'élèves sur le terrain, puis s'arrêta in extremis.

A peine les pieds au sol, il hurla sur les inconscients.

- Non mais qu'est ce qui vous prend d'entrer sur le terrain en plein entraînement ?

Angelina posa la main sur son épaule pour le calmer et dévisageait le groupe l'air grave. Le plus grand d'entre eux, qu'Harry reconnut comme étant Marcus Flint, parla d'une voix hautaine.

- Comme je l'ai déjà dit, nous avons l'autorisation du professeur Rogue pour entraîner notre nouvel attrapeur.

- Vous avez un nouvel attrapeur ? Rétorqua immédiatement Olivier. Où ça ?

Le groupe se sépara en deux, dévoilant Draco Malfoy.


La bouche sèche, Draco souriait avec une assurance qu'il ne ressentait pas. Ses coéquipiers se tenaient bien droit dans leurs tenues rutilantes. Sous l'ordre de leur capitaine, ils étaient venus délibérément troubler les gryffondors avant leur premier match.

Lui se retenait tant bien que mal de dévisager Potter. Le petit brun avait tressé ses cheveux sur les tempes et avait rassemblé les longueurs au niveau de sa nuque. Après avoir été tourmentées par ses voltiges et le vent, quelques mèches éparses s'étaient échappées de la coiffure. Il portait des lunettes rouges et noires qui semblaient faites pour le sport.

Il avait été époustouflant. Jamais il n'avait vu quelqu'un voler avec tant de facilité et de précision. S'il n'avait pas été son rival, il l'aurait applaudi.

- C'est toi, le fils de Lucius Malfoy ? Demanda l'un des fils Weasley écœuré.

Une colère sourde s'empara de lui, mais avant même que Draco ait pu réagir, son capitaine prit les devants.

- Tiens, c'est drôle que tu parles du père de Draco, répondit Marcus tandis que le sourire des joueurs Serpentards s'accentuait. Ses parents nous ont fait un magnifique cadeau.

D'un geste élégant, il épousseta une saleté imaginaire sur ses protections flambant neuves.

- Quand sa mère a su que l'équipe de Serpentard allait jouer contre ton frère et toi, elle a décidé de nous protéger. On sait tous de quelle violence gratuite vous êtes capables dans votre famille. Des vrais sauvages...

Marcus faisait clairement référence aux articles de la Gazette sur la dispute entre Lucius Malfoy et leur père Arthur Weasley. Une poursuiveuse de Gryffondor retint l'un des jumeaux par le bras et leur capitaine Dubois se plaça devant l'autre.

Pendant un bon moment les gryffondors restèrent silencieux. Les deux équipes se toisèrent, essayant de prendre l'ascendant pour avoir le terrain. Draco aurait aimé que Potter le regarde, mais le petit attrapeur se contentait de faire tourner le manche de son balai dans sa paume. Granger descendit sur le terrain.

- Pourquoi vous ne jouez pas ?

Potter haussa les épaules et soupira.

- Les Serpentards essaient de nous déstabiliser en prévision du prochain match.

- Oh, fit la jeune fille d'un air vaguement intéressé, et ça marche ?

Il y eu des murmures outrés des deux côtés.

- Non, répondit le petit brun, plongeant brusquement ses beaux yeux verts dans ceux argentés de Draco.

- Bravo Harry, belle mentalité. Vous avez entendu les autres ? S'exclama Olivier Dubois.

Draco ne pouvait couper le contact visuel avec son adversaire.

- Cassez-vous ou j'appelle le professeur Rogue, gronda Marcus.

- On avait réservé ! Tu verras ce que dira le professeur MacGonagall, rugit son homologue gryffondor.

Draco enfourcha son balai et s'éleva dans les airs. Il fut immédiatement imité par le reste du groupe et profita de leur soutien pour chambrer les frères Weasley. Comment osaient ils parler de son père ainsi ?

- Et les Weas-moche, il paraît que vos parents ont demandé un étalement de 12 mois pour payer Fleury & Bott.

- Ferme ta gueule ! Hurla l'un des rouquins.

- Tsss... Pour 18 gallions, c'est juste pathétique, siffla Draco.

Les Serpentards explosèrent de rire. Ils ne comprirent que trop tard que les jumeaux venaient de lâcher les cognards en leur direction.

Le premier partit en direction de Draco et fut arrêté in-extremis par Lucian Bole. Le second frappa Adrian Pucey au torse. Protègé par l'équipement dernier cri, la balle ne fit aucun dégât, et rebondit vers les gryffondors.

Le cognard vola droit sur Granger et, avant même que quiconque ne réagisse, Potter s'interposa. La balle frappa avec violence son bassin et il fut éjecté de son balai.

Peregrine Derrick, leur second batteur, attrapa le cognard.

Si deux secondes avant ils étaient tous ennemis, cela changea immédiatement à la surprise de Draco. Marcus se posa immédiatement pour s'occuper de Potter avec Dubois.

- Allez chercher Mme Pomfresh ! Vite ! crièrent-ils d'une même voix.

Adrian et une poursuiveuse de Gryffondor partirent en courant. Lucian rangea les cognards, en grognant des insultes. Granger, en larmes, tenait la main de Potter.

- Oh Harry, je suis désolée. Je... Je n'aurais pas dû venir sur le terrain.

- Ça... Va... Aller. Pomfresh va... Me rafistoler, haleta Potter, un sourire forcé sur ses lèvres pâles.

Draco resta un instant figé sur son balai, à quelques mètres du sol. Il avait provoqué les jumeaux et avait obtenu ce qu'il voulait. Cependant voir Potter au sol, le visage crispé de douleurs était loin de satisfaire l'attrapeur Serpentard.

Soudain, un bruit attira son attention et son sang ne fit qu'un tour.

- Espèce de petite raclure !

Tel un oiseau de proie, il fondit sur Colin Creevey et lui arracha son appareil.

- Comment oses-tu photographier un blessé ?

- Rends-moi mon appareil !

- Tu le récupéreras auprès du professeur Rogue, tu verras bien ce qu'il pensera son utilisation.

Creevey pâlit considérablement.

- Je... Non..

- Qu'il est noble, le petit gryffondor, cingla Draco. Allez barre-toi.

Le première année s'enfuit à toutes jambes. L'attrapeur Serpentard se posa au moment même où la poursuiveuse gryffondor arrivait avec un homme dans une robe couleur lila.

- Pucey cherche Mme Pomfresh. Le professeur Lockhart a voulu venir...

Potter essaya de se reculer.

- Non...gémit-il. Je veux Mme Pomfresh.

- Harry, Harry, Harry, enfin ! Je suis un professionnel.

- Je... Non...

Lockhart sortit sa baguette. Il fit des mouvements compliqués et lança le sortilège.

- Brackium Emendo !

Potter poussa un cri déchirant. Jamais Draco n'avait entendu un tel cri. C'était terrifiant. A la fin du hurlement, le blessé parut perdre connaissance. Granger pleura de plus belles.

- Harry ! Au mon Dieu !..., sanglota-t-elle.

Lockhart resta un instant figé. Il leva les yeux vers les élèves, comme s'il évaluait leur réaction. Il fronça les sourcils et fit tourner sa baguette entre ses doigts. Draco frissonna. A son plus grand soulagement, Pomfresh apparut hors d'haleine, Lucian sur les talons. L'expression menaçante du professeur de défense disparut aussitôt.

- Je suis là ! Qu'est ce que...

- Je l'ai soigné mais il y a eu une petite interférence. Sûrement sa cicatrice avec Vous-savez-qui, expliqua aussitôt Lockhart.

- Vous me dites que vous avez réalisé un sortilège de soin sur un mineur gravement blessé ? S'exclama l'infirmière incrédule en s'agenouillant devant Potter.

- Bon, je vois que vous prenez le relais... Je l'ai stabilisé, je vous laisse la partie administrative, rétorqua t'il avec un sourire éclatant avant de tourner les talons.

Consterné, Draco assista au départ du professeur de défense.

- Mais quel connard, souffla Marcus.

- Merlin, non... Murmura l'infirmière horrifiée en examinant Potter. Pourquoi... Oh, non...

Elle inspira profondément et Draco remarqua ses mains trembler.

- Je ne peux pas le transporter seule... Allez chercher des professeurs. Bole, Rogue. Johnson, professeur Flitwick et Bell, MacGonagall. Pucey, Chourave. Ne ramenez personne d'autre.

- Que devons-nous dire ? Souffla Adrian.

- Dites-leur que... Que.. - La voix de la femme se hacha. - Que Harry Potter n'a plus aucun os dans le bassin.

Draco gémit comme tous les autres. Granger pleura encore plus fort. Les élèves missionnés pour aller chercher de l'aide partirent tous en courant.

- Les enfants, tout va bien se passer. Vous pouvez rentrer au château.

- Je... Non... sanglota Granger.

- Tout ira bien Miss Granger. Je ferais repousser ses os.

- Est ce qu'il remit pour le match ? Demanda Dubois.

Incrédules, ses coéquipiers et les Serpentards le dévisagèrent bouche bée.

- C'est tout ce qui vous importe ? Vraiment ? Rugit l'infirmière. Quand tout sera fini, j'aurais une conversation avec votre directrice...

Le capitaine des Gryffondors se ratatina, honteux, et marmonna des phrases inintelligibles.

- Maintenant, rentrez tous ! fit Mme Pomfresh d'une voix dure. Elle s'adoucit en se tournant vers la gryffondor agenouillée au sol : Miss Granger, venez dans deux heures à l'infirmerie.

Les jumeaux Weasley prirent chacun un bras de l'élève de deuxième année et l'emmenèrent, suivis par le reste de leur équipe. Draco fut entraîné par Miles Bletchley, leur gardien. Il quitta à contre cœur le terrain. Seul Marcus resta avec l'infirmière.

- Mon père est chef de service à St Mangouste, avait-il insisté. Je connais les premiers soins.

Draco regagna la salle commune des Serpentards vidé de toutes émotions. Il y a encore une heure, le blond rêvait de son entrée dans l'équipe et de battre Potter dès son premier match. A présent, il regrettait d'avoir défié les jumeaux. Il était en colère contre les Weasley, mais encore plus contre lui-même.

Père serait sûrement heureux d'entendre cette histoire.

Il le féliciterait certainement : d'une pierre deux coups ! Bravo Draco.

Amer, il monta se changer. Il rangea le petit bracelet en coton de Potter, qu'il avait mis à son poignet pour son premier entrainement, dissimulé dans sa manche. Le grigri avait fonctionné, malgré le cognard dirigé vers son visage, il était indemne.

Il caressa les fils doux et soupira.

Maintenant, je fais quoi ?


Harry se réveilla dans un état cotonneux. Il ressentait une telle souffrance dans le bas du dos qu'il arrivait à peine à ouvrir les yeux. Des visages flous penchés sur lui parlaient sans cesse, un homme et une femme. Il gémit.

- Il est conscient.

- Il faut le rendormir, sinon il...

- Non, la priorité est sa colonne vertébrale... on commence la première prise de Poussos.

Quelqu'un poussa un juron et une main ferme glissa sous sa nuque.

- Buvez, Potter.

Il reconnut l'intonation de Rogue.

- Non... Pomfresh... gémit-il

Son corps pesait mille tonnes et il n'arrivait pas à bouger les jambes.

- Harry, c'est moi. Je suis là, le rassura l'infirmière.

Elle lui mit ses lunettes.

- Je ne sens pas mes pieds...

- Tout ira bien... Bois la potion.

Il accepta la fiole à ses lèvres et but tout ce qu'on lui donna. Aussitôt une vague de douleur submergea son corps et il poussa un cri d'agonie. Ses yeux se fixèrent sur Rogue. Le professeur avait le visage encore plus fermé que dans ses habitudes, ses lèvres ne formaient qu'une fine ligne et ses yeux semblaient capable de lancer la foudre.

- Lockhart... murmura Harry.

- Calmez-vous... Répondit l'infirmière.

- Lockhart m'a jeté un sort.

Un silence accueillit son affirmation et il le brisa par un autre gémissement.

- Il va falloir être fort, murmura Pomfresh en lui caressant les cheveux.

Il se mordit la lèvre pour empêcher une autre plainte de s'échapper.

- Nous allons devoir faire repousser tes os un par un, pour être sûr que tout se remette bien en place.

- Pourquoi... Il feula de douleur et continua : pourquoi ne... ne pas les réparer ?

- Le professeur Lockhart a fait disparaître les os de ton bassin en essayant de te soigner.

Un poids tomba dans l'estomac de Harry.

- Quoi ?

- Je suis désolée, mon garçon. Ça va être long et douloureux. Pour que tout soit à la bonne taille et à la bonne place, nous devons faire pousser les os progressivement.

- Et je serais... To...totalement guéri ?

L'infirmière déglutit.

- On pourra en parler plus tard, pour le moment on va se concentrer sur ta première poussée.

Pomfresh jeta un coup d'œil gêné en direction de Rogue. Ce dernier restait silencieux, organisant les fioles de potions sur la desserte à côté du lit. Il tendit une fiole bleue à Pomfresh.

- Il doit dormir, dit-il sans regarder Harry.

Le jeune garçon comprit que son état devait être grave car même Rogue était inquiet : il n'avait pas encore dit la moindre vacherie. Le blessé but la seconde potion et se sentit sombrer. Dans un demi-sommeil, entendit tout de même l'infirmière parler à Rogue :

- Il en a pour une semaine de poussos. Il devrait être à Ste Mangouste.

- Dumbledore a été catégorique. A part le soigner, il n'y a rien que vous puissiez faire de plus.

Indigné, il lutta pour écouter la conversation mais malgré lui, il s'endormit profondément.


Draco hésita longuement. Mère avait envoyé un cadeau à Potter et il comptait lui déposer à l'infirmerie. Il regarda une énième fois son reflet dans le miroir.

Avec ou sans cravate ?

Il ne savait pas comment qualifier sa visite. Était-elle formelle ou amicale ? Il repensa aux conseils de sa mère.

Mieux vaut être trop habillé et compenser par une attitude amicale plutôt que d'être ridiculement décontracté face à une personne austère.

Il décida de garder sa cravate et emporta l'encombrant paquet. Crabbe et Goyle étaient en retenues avec Lockhart. Ils n'avaient répondu à aucune question correctement à l'interrogation sur son livre "Voyages avec les vampires". Cela arrangeait bien Draco. Il pouvait plus facilement se déplacer en toute discrétion.

Il arriva devant l'infirmerie et s'arrêta net.

Et si Potter refuse le cadeau ?

Le Serpentard ne supporterait pas qu'il se moque de sa mère. Il allait faire demi-tour quand la porte s'ouvrît sur Granger.

Elle était très pâle et les yeux rougis. Elle parut surprise de le voir avec son énorme cadeau emballé dans du papier argenté et un gros ruban bleu clair. Il était ridicule et elle raillerait sa bêtise.

- Granger...

- Tu viens voir Harry ?

Il ne répondit pas, cependant cela n'empêcha pas la gryffondor de continuer.

- Il a vraiment très mal, donc si c'est pour le tourmenter, tu ferais mieux de retourner dans les cachots, déblatéra la jeune fille d'un ton sec.

- Ma mère lui a envoyé un cadeau.

Elle fixa un long moment l'élégant nœud sur le haut du paquet, puis soupira.

- Ça lui fera peut-être du bien... Ne reste pas trop longtemps, concéda-t-elle vaincue.

Elle s'éloigna quand il la héla soudainement.

- Granger ?

- Quoi ?

- Il va bien ?

Elle haussa les épaules.

- C'est Harry. Il s'en remet toujours.

Elle disparut, laissant Draco perplexe. Il inspira un grand coup et entra. Il avança entre les rangées de lit et arriva enfin à Potter. Il était loin de ce que le blond s'était imaginé comme entrevue.

Franchement avec ou sans cravate, quel abruti, pensa-t-il. Il ne va même pas me voir.

Le gryffondor était allongé sur le côté, le visage tendu et le teint crayeux. Ses cheveux étaient éparpillés autour de son crâne, et paraissaient sales. Il était visiblement amaigri, c'était inquiétant en considérant qu'il l'avait vu trois jours plus tôt en pleine santé. Il dormait, les lunettes de travers.

Draco posa le paquet à côté de la table de chevet, il tendit la main pour lui retirer ses lunettes avant qu'elles ne tombent quand Potter ouvrit brusquement les yeux.

- Salut... Je suis désolé. Je venais juste déposer un cadeau de Mère, expliqua très vite le Serpentard.

- Je ne dormais pas, rétorqua le petit brun.

Sa voix était rauque et de grosses cernes marquaient son minois.

- Bon je vais y...tenta Draco

- Tu peux l'ouvrir ? Je ne peux pas trop bouger.

Ses yeux vifs contrastaient avec son apparence malade. Le blond hocha la tête et détacha délicatement le ruban. Un coussin d'un mètre cinquante de long en forme de croissant se dévoila. Il était d'un tissu épais très doux, sa couleur blanche aux reflets nacrés était apaisante. Un énorme dragon endormi était brodé en fils allant du gris au bleu pastel, avec des touches argentées, son corps épousait parfaitement la forme du coussin. Sous l'animal était cousu "Draco dormiens nunquam titillandus".

C'était brillant.

Le jeune hériter Malfoy resta stupéfait par l'intelligence de sa mère. Elle avait su éviter de tomber dans l'évident cliché des maisons en utilisant la devise de Poudlard. C'était comme toujours totalement approprié et d'une élégance délicieuse. Le dragon avait la couleur des yeux de Draco et la blancheur du coussin lui rappelait le blason de la famille, un paon blanc. Sous couvert d'offrir un cadeau neutre sur le thème de Poudlard, elle avait choisi un design qui criait "Draco Malfoy".

Potter regardait le cadeau, décontenancé.

- Un coussin ? QuestionNa-t-il. pourquoi ?

- Mère a eu un accident de Quidditch durant sa jeunesse. Elle a reçu un cognard sur la dernière vertèbre, expliqua Draco. Le coussin aide à soulager les tensions.

Un petit sourire et un intérêt certain anima le visage du garçon blessé.

- Oh, et comment il fonctionne ?

Le sang-pur répéta avec précision les instructions de sa mère. Le petit brun paraissait confus. Draco hésita.

- Tu veux que je t'aide à l'installer ?

Il regrettait déjà sa proposition.

- Oui, je veux bien. Je... Les potions m'abrutissent.

Le Serpentard se mordit la langue, retenant de justesse une pique. Il n'y avait que Potter pour tendre ainsi le bâton pour se faire battre. Il s'approcha et guida l'autre élève qui était toujours couché sur le flan. Ils enlevèrent son oreiller, Draco glissa la tête du coussin sous le cou fin du gryffondor. Il ne put retenir un frémissement lorsqu'il souleva la couverture pour passer l'objet entre les bras et les jambes du blessé.

Heureusement il portait un pyjama de l'infirmerie. Draco n'aurait certainement pas pu le toucher s'il avait été en sous-vêtements. Potter avait poussé des petits gémissements de douleurs tout au long du processus, cependant, il soupira de plénitude à la fin. Calé sur le côté, enlaçant le coussin de tout son corps, il pouvait ainsi répartir son poids sur toute la longueur et soulager ainsi son dos et ses hanches. La partie entre ses jambes permettait à son bassin de rester ouvert, sans contrainte.

Comme sa mère l'avait prédit, le cadeau était parfait.

Le petit brun lui fit un sourire heureux et incroyablement doux.

- Ça fait tellement de bien, murmura-t-il d'une voix détendue.

Troublé, Draco racla sa gorge.

- Bien ! ... Bon, je...

- Tu diras à ta mère merci de ma part ? Au fait, elle jouait quel poste au Quidditch ?

- Poursuiveuse, puis batteuse les deux dernières années.

- Batteuse ? Répéta Potter impressionné.

- Oui, elle était capitaine. Ils n'avaient aucun batteur potable alors elle a pris les choses en main...

Il réalisa que le blessé avait les paupières fermées. Il décida de partir quand Potter rouvrit ses beaux yeux.

- Continue, souffla-t-il, l'air vulnérable. Raconte-moi...

Le petit brun retira ses lunettes et les jeta sur la table de chevet. Il se cala douillettement dans son coussin et observait Draco avec l'expression attentive et sérieuse d'un enfant attendant son histoire avant de dormir.

Le Serpentard aurait sûrement refusé s'il n'avait pas été hypnotisé par le visage à découvert. Sans lunettes, les proportions du visage du gryffondor semblaient changées. La forme de ses yeux en amande et ses pommettes plus hautes lui donnaient une élégance naturelle qui surprit Draco. Il contemplait ce nouvel aspect de Potter avec une curiosité avide.

- Elle a été prise dès sa deuxième année ...

Il parla beaucoup et, à chaque fois qu'il se taisait croyant l'autre garçon endormi, ce dernier levait ses longs cils noires et lui réclamait la suite de son anecdote. Tant et si bien que Draco ne s'arrêta plus.

Ce n'est que bien plus tard, alors que l'infirmière Pomfresh arrivait qu'il réalisa que Potter dormait profondément, la bouche entrouverte et le corps relâché.

- Ma parole, que lui as-tu fait ? Il ne s'est pas reposé ainsi depuis son arrivée, malgré les potions, murmura la femme.

- Ma mère lui a fait parvenir un coussin, pour soulager son dos et son bassin, répondit tout aussi doucement Draco.

Ils échangèrent un regard et il se sentit rougir malgré lui. Pour son plus grand effroi, l'adulte lui sourit, attendrie.

- 10 points pour Serpentard pour avoir soulager un patient. Maintenant dehors, il ne faut surtout pas le réveiller.

Il quitta les lieux sans demander son reste. En chemin, il se remémora la figure endormie de son camarade. Potter était ridicule avec sa bouche ouverte... Toutefois Draco pouvait bien concéder qu'il était fort mignon, surtout quand il se taisait.

Il se hâta de retourner à son dortoir pour écrire à sa mère.

C'était étrange. Depuis qu'il était arrivé à Poudlard, en première année, il ne faisait que parler de son père.

Mais à présent, alors qu'il entamait à peine la seconde année, Mère lui apportait déjà une aide surprenante.

D'abord, l'équipe avait adoré son idée de protection. Marcus avait admis que cela lui retirait un grand stress durant les matchs, surtout qu'ils n'avaient pas de remplaçant pour tous les postes.

Et puis Potter... Le jeune orphelin avait adoré les histoires sur sa mère, lui qui n'avait jamais su attirer une attention positive de la part du petit gryffondor.

Sans compter le coussin, rien que de penser qu'il dormait en enlaçant un objet à son effigie, Draco se sentait pousser des ailes. Mère était brillante et il était le plus chanceux des fils.


Désolée pour le retard. Le chapitre m'a demandé beaucoup de réflexion et j'ai eu peu d'occasion pour écrire.

Que pensez vous de l'idée de Narcissa d'éviter les clichés des maisons ?

Je ne sais pas encore ce que je vais faire de Lockhart mais une chose est sure il ne va pas se bonifier.

Les reviews sont autant appréciées que les follows !

Bonnes vacances !