Hey !
On a dépassé la moitié de cette fanfic. Qui est définitivement beaucoup plus longue que ce que j'avais prévu. Sans blague, je pensais que cette histoire ferait genre 50k mots. J'étais un peu à côté de la plaque.
(Aaaah j'ai encore préparé le document en oubliant de le poster. Oups. Desolé ?)
Bonne lecture !
Rien n'est jamais assez
.
L'amour est une question futile pour Neo. Dehors, il n'avait pas le temps de se soucier de ça. La faim, la pluie et le froid étaient des problèmes autrement plus importants que le garçon de la ruelle d'à côté.
Le garçon, oui. Ça n'a jamais été ni un doute, ni un problème. Les filles ne l'intéressaient pas. Les hommes, c'était autre chose. Il les avait vu, les aînés de l'orphelinat qui se tripotaient en douce. Homo ou pas, enfermé à cinquante dans le même vieux bâtiment, on se débrouillait comme on pouvait.
Mais le fait est que du temps, il en a désormais à loisir. Et qu'il le passe principalement aux côtés de Vanitas.
— Tes cheveux.
— Relève-les toi-même.
Vanitas qui rit à ses ordres de chaton.
Il sent ses doigts légers dans son cou venus dégager les longues mèches d'argent. La pulpe de l'index qui passe sur sa peau comme la pointe d'un crayon, douce et aiguisée. Il frissonne.
Quatre mois. Ça fait quatre mois qu'il est ici. L'hiver se termine et Vanitas appuie sa bouche contre sa gorge. Neo a vu faire, les autres vampires préfèrent généralement le poignet de leur victime. Plus accessible, une peau fine et transparente. Moins de contact avec leur repas, aussi. Mais Vanitas colle son torse contre son dos et il se penche pour étancher sa soif.
— Pourquoi tu te laisses mordre si tu ne veux pas servir de garde-manger ? il demande, une fois son casse-croûte terminé. Tu gagnerais des avantages à accepter la proposition d'Aqua.
— Parce que je ne suis pas un repas sur patte.
— Loin de moi l'idée de vouloir te contredire, mais ça fait des années que tu agis tout comme.
— C'est pas pareil.
Avant, il en avait besoin. Il fallait qu'il mange, lui aussi, et c'était un travail bien peu fatiguant que celui que Vanitas proposait.
Maintenant, c'est un moyen de sentir le vampire tout proche. Un pouvoir qu'il a sur lui, aussi. Alors il laisse faire. Ça ne fait pas plus mal que la pointe d'une aiguille.
— Et pourquoi ?
— Je peux partir quand je veux.
— Tu penses que je t'empêcherais de filer, si on était liés ?
— Qui sait.
Il pense ? Non, il voudrait. Il voudrait que Vanitas le retienne pour toujours. Qu'il le serre et le garde jalousement, comme s'approprie un trésor. Il veut être à Vanitas comme il veut que Vanitas soit à lui. Entièrement, et pas au titre de repas.
— Réfléchis-y encore. Aqua me presse.
— J'ai déjà refusé sa proposition.
Il a bien compris les avantages qu'un contrat représentait. Mais quelle protection supplémentaire obtiendrait-il ? Neo jouit déjà de celle de cet étrange compagnon qui a surveillé ses nuits. Il sait qu'il est en sécurité. Du reste, il n'aime pas les bijoux.
Sans se décoller de lui, il penche la tête en arrière et attrape son regard. Devine le frisson qui passe le long de son dos.
— Je dis ça pour toi.
Sa bouche porte l'odeur du sang. Son sang. S'il l'embrassait, Neo saurait quel goût il a. Cette saveur rouillée qui plaît assez à Vanitas pour le pousser vers lui depuis des années. Mais ces années ne représentent sûrement rien pour lui, il en a tant vécu. Des siècles. Qu'est-ce qu'une vie d'humain, contre cinq cent années d'existence qui s'allongeront encore ?
Il serre les dents.
— Tu me protègeras de toute façon, Neo déclare. J'ai pas besoin de ça.
— Ah ? Et comment peux-tu en être aussi sûr ?
Il ne peut pas. C'est un terrain glissant, où l'humain n'a pour preuve que les quelque trois années tranquilles qu'il a eu. Pas de vol, pas de coups. Des nuits étrangement calmes. Et son regard qu'il était persuadé de sentir dans son dos alors qu'il se couchait, la mémoire de leurs rencontres troublée.
— Et si c'était moi, le danger ?
S'il lui arrivait malheur, est-ce que Vanitas l'oublierait ?
— Tu me sous estimes, le vampire poursuit. Je pourrais te briser la nuque, si je voulais.
Tout en parlant, il la caresse du bout des doigts.
— Je n'aurais besoin que d'une seconde. Tu ne sentirais rien.
Comme il parle, son souffle passe dans son cou abîmé et Neo frémit. Pas de peur.
— Je pourrais te vider de ton sang, la prochaine fois que je te mordrai. Qu'est-ce que tu ferais ?
— Rien. Tu ne me videras pas.
— Tu n'en sais rien.
Vanitas perd son rictus. Il le sent qui serre les lèvres sur une grimace mécontente. S'il pensait pouvoir lui faire peur, c'est raté. Est-ce qu'il est frustré ?
Pour une fois, Neo sourit. Vanitas a peut-être ses pouvoirs de sombre créature, mais les failles demeurent sous cet assurance tranchante.
— Fais-le, alors.
Les mots sortent trop vite. Neo sait qu'il joue avec le feu. Il a l'impression de marcher sur la lame d'un couteau. Et c'est grisant.
— C'est un défi ?
— Oui.
— Tu demandes à une créature hautement plus puissante que toi de t'éliminer ? Dis-moi, tu as des pensées suicidaires ?
— Tu tournes autour du pot pour gagner du temps.
Vanitas est à la fois un mur opaque et un lac limpide. Il en sait si peu sur lui, son esprit est une forteresse impénétrable. Mais il connaît chacune de ses mimiques. Ses techniques vicieuses quand il s'agit de prendre l'ascendant sur les autres. Ça ne marchera pas sur lui.
— Qu'est-ce que tu veux, le corbeau déclare, contrarié.
— Tu vois ? J'ai raison.
— Je n'ai pas envie de salir cette chambre. Ce serait du gâchis. Et Aqua ne me ratera pas.
— T'as peur d'Aqua, maintenant ?
Il l'entend siffler. Et sans comprendre comment, il se sent jeté à l'autre bout du lit, enfoncé dans le long traversin bleu. Le choc n'est pas douloureux mais la surprise est grande alors qu'il observe Vanitas dressé contre le mur, bras croisés.
— Certainement pas.
— Alors c'est pas ce qui te retient.
— Et qu'est-ce qui me retient, d'après toi ?
Neo déglutit. Sa petite démonstration ne l'effraie pas le moins du monde. La créature aurait pu lui faire traverser la fenêtre s'il l'avait voulu, la galipette en travers du lit est une démonstration minable en comparaison. Mais ce regard qu'il pose sur lui. Cette absence de sourire.
— A toi de me le dire.
Il sait. Il croit savoir. Il voudrait avoir vu juste. Oui, il veut que le Vanitas tienne à lui. Ça lui tord les boyaux comme il y pense, tout le temps.
Mais Vanitas quitte la pièce les dents serrées, et si Neo y voit une confirmation de ce qu'il désire, il n'en reste pas moins frustré.
xoxoxox
Les jours passent, ils se croisent. Vanitas mime des fantômes de conversations, mais l'invité n'est pas dupe. Il devine que son bienfaiteur est préoccupé.
— Neo ?
Aqua l'interpelle un soir, alors que les derniers rayons de soleil s'enfoncent sous la terre. La nuit tombe, il se balade dans le jardin étrangement bien entretenu. L'odeur fraîche des fleurs lui plait.
— Quoi ?
— Tu as réfléchi à ma proposition ?
— C'est toujours non.
Il la laisse approcher sans se méfier. Aqua n'est pas un danger, il le sait. C'est la vampiresse la plus droite de ce manoir. Son sens moral l'étonne d'ailleurs. Pour une créature aux pouvoirs insoupçonnables, elle a conservé un profond respect pour l'humanité. Ça l'impressionne. Il l'apprécie, en un sens. Mais cette espèce de tristesse qui l'habite parfois l'effraie. C'est sans doute le lot de ceux qui ont vécu trop longtemps, mais il a l'impression qu'elle voit chez les autres ce qu'ils eux-même incapable de deviner. Cette lucidité éveille sa méfiance.
— Ça m'intéresse pas, il poursuit.
— Le lien ne sera pas une contrainte pour toi, tu sais ? Il est là pour éviter que les vampires s'en prennent à toi, qu'il s'agisse de Vanitas ou de n'importe qui d'autre.
Elle vient s'asseoir sur le banc qu'il occupe.
— Si tu as un problème, peu importe où tu te trouves, il le saura. Et il ne pourra pas dépasser tes limites quand il te mordra.
— On a pas besoin de ça.
Elle hausse les épaules. Vanitas lui a dit qu'Aqua insisterait, elle n'est pas tranquille, ces derniers temps. Une histoire de tension entre les clans. Ce sont des histoires qu'il écoute de loin, perdues au milieu de ces relations qu'il peine à définir. Les guerres vampiriques ne l'intéressent pas plus que celles des humains.
— Tu es le premier humain que Vanitas ramène ici, elle constate. Je pensais qu'il voulait faire de toi son garde-manger.
Le premier ?
— Vraiment ?
— Oui.
Elle observe les fleurs face à eux. De longs entonnoirs rouges assombris par la nuit. Neo ne sait pas comment elles s'appellent. Sorti des boutons d'or et des pâquerettes, la flore lui est inconnue.
— C'est plutôt un chasseur, elle poursuit. Il sort, il mange et il rentre. Il y a des vampires qui préfèrent ce mode d'alimentation.
— Il chassait, avant de me ramener ?
— Avant de te rencontrer, en tout cas.
Elle se redresse pour observer le ciel où naissent les étoiles.
— Ne te méprends pas, il ne tuait personne. Nos lois sont strictes là-dessus. Mais Vanitas est plutôt du genre… Joueur, si tu vois ce que je veux dire.
— Je saisis l'idée.
La nuit est calme. C'est doux, le vent froid, quand il n'a pas à craindre les tremblements d'une longue nuit dehors. Le ciel noir est plus agréable quand on sait qu'un lit chaud nous attend.
Neo scrute les fenêtres. Est-ce que Vanitas l'observe, caché derrière un rideau ?
— Pourquoi est-ce qu'il m'aurait ramené, si c'est pas pour bouffer ?
— Ça, il est le seul à le savoir.
Non. Elle ment. Ou elle lui cache la vérité, mais il le sent. Elle détourne les yeux, croise les mains. Elle se lève et ça, ça pue la fuite.
— Fais attention à toi, Neo.
— Van me fera rien, il lâche.
Van. C'est la première fois qu'il l'appelle Van. C'est agréable de lui donner un surnom, comme si leur lien se resserrait. Est-ce qu'ils sont proches ? Neo ne saurait pas dire. Les amis lui ont toujours fait défauts - et Vanitas n'est pas mieux loti, de ce qu'il a compris.
— Je sais. Mais Vanitas n'est pas le seul danger qui court, ici.
L'humain tique. Des dangers ? C'est ironique, considérant l'endroit où il vit. Il est un repas sur patte, un agneau dans la tanière des loups. Pourtant il est encore envie et il sait qu'il ne lui arrivera rien. Parce qu'il remarque les prunelles dorées qui pointent par la fenêtre avant qu'elles ne se détournent
Aqua s'inquiète à tort. Mais il n'a pas le temps de le lui dire qu'elle a déjà disparu.
xoxoxox
Cinq mois. Vanitas lui parle comme si de rien était, mais Neo le sent dans chacun de ses gestes, dans ses regards qui fuit et ses mains qui se serrent. Il est perturbé. Préoccupé ? Pas tout à fait. Il n'a pas l'air inquiet. Mais il ne le regarde pas en face, et pourtant l'invité sent ses pupilles chaque fois qu'il se détourne. Leurs yeux se chassent et s'évitent. Son cœur palpite.
Plus les jours avancent, et plus sa patience s'abîme.
Au sixième mois, il n'y tient plus.
— Tu fuis.
— Tu penses vraiment que tu as de quoi faire peur à un vampire, Neo ? Adorable. Un chaton qui miaule face à un lion.
— Je suis pas un chaton.
Et si Vanitas a la grâce d'un lion, il est loin d'être aussi impitoyable qu'il veut bien le faire croire.
— Tu miaules fort, pourtant.
— Tu changes encore de sujet.
Vanitas souffle.
— Je peux manger sans que tu ne te sentes obligé de faire des remarques ?
— Pourquoi tu m'as amené ici, si c'est pas pour faire de moi ton garde-manger ?
— C'est toi qui refuse le lien. Et si tu pouvais te taire le temps que je te morde.
Il aime l'entendre parler dans son cou. Ça fait courir sa voix le long de sa peau, son système nerveux s'affine. Mais Neo obtempère en sentant la pointe des canines de Vanitas. Elles s'enfoncent, réveillent une douleur familière. Une douleur qu'il accueille volontiers.
Il ferme les yeux. Alors qu'une des mains du vampire retient ses cheveux, l'autre empoigne sa hanche.
Une idée lui vient. Vanitas est joueur ? Ça tombe bien, Neo aussi, et il a de quoi miser.
— Très bien, il déclare.
— Quoi ?
Le buveur l'observe sans comprendre alors qu'il se lève les lèvres. Sa bouche est encore rouge. Plus le temps passe, et moins il se donne la peine de boire proprement.
— J'accepte. Pour le lien.
C'est bien la dernière chose dont il a envie.
Mais l'expression de Vanitas, celle qui déchire son visage à l'entente de ses mots, vaut bien cette réponse.
— Pardon ?
— C'est ce que tu veux non ? T'arrêtes pas d'en parler.
— C'est Aqua qui m'emmerde avec ça, je te l'ai déjà dit.
— Mais c'est toi qui ramène le sujet sur le tapis.
Une grimace frustrée déchire son joli minois. C'est bien ce qu'il pensait. Van a beau le titiller, il n'a pas plus envie que lui de céder à la demande de vampiresse.
— Si ça te tente, je t'en prie, va lui en parler. Elle sera aux anges. De super humeur pour le retour de mon frère.
— Ça te va ?
— Tant que j'ai à bouffer.
— C'est pas ma question.
Vanitas fait mine de s'éloigner, mais Neo le coupe dans son pas contrarié. Il se plante devant lui, bras croisés, ignorant le filet rouge qui vient tacher son pull.
— Et ce que t'as envie de ça ?
Il ne le laissera pas fuir.
C'est futil, sans doute. Si Vanitas veut se détourner, il filera en un clignement d'yeux. Mais il ne s'évapore pas. Neo l'attrape par le col et Vanitas ne fait rien pour se libérer.
Il sent au creux de sa paume les boutons du vêtement. Si petit qu'il soit, Vanitas est un mur de pierre. Froid. Solide. Lourd. Il n'aurait qu'à bouger, et la chemise céderait. Son poignet aussi, par la même occasion.
Mais Vanitas ne bouge pas. Ne sourit pas. Il relève le menton avec toute la dignité qu'il lui reste et les mots qu'il crache le défigurent.
— Non, j'ai pas envie de ça.
Sa langue claque.
Neo jubile.
— C'est bon, t'es content ?
Content. C'est sans doute le mot qui se rapproche le plus de ce qu'il ressent. Une joie sale et avide qui lui fait serrer les doigts. Vanitas ne l'a pas ramené pour faire de lui son repas. Vanitas ne veut pas de ce lien futile qui le réduirait à l'état de steak.
Neo n'a jamais fait attention, jusqu'à ce soir, mais le regard du vampire qui brille sous le sien lui fait réaliser qu'il l'a dépassé. Ça tient à quelques pauvres centimètres.
— Alors pourquoi tu m'as laissé venir ?
— Tu l'as demandé.
— Tu laisses entrer tous les mendiants qui toquent à la porte ? Quelle bonté d'âme.
— Très drôle. T'es sacrément con quand tu veux.
Non, Neo n'est pas con. Neo est de cette intelligence brute qui lui fait cerner les contours flous de Vanitas. Il voit les gens, il les comprend. Il sait ce qu'il peut tirer d'eux. Ce qu'il veut de Vanitas.
Vivre ici, c'est trop peu. Loin de le satisfaire, l'a proximité de Vanitas ouvre grand cet appétit qui se précise alors qu'il sent cette peau gelée sous la sienne.
— Toi t'es con. Tu te la joue alors que t'es juste flippé. Tu crois que je le vois pas ?
Le noiraud pourrait le virer, le briser. Il lui suffirait d'une bonne baffe pour décrocher sa tête du reste de son corps. Peut-être qu'il y pense. Peu importe, puisqu'il n'a pas le temps de développer l'idée.
Il n'attend pas. Il prend.
Sur sa bouche, celle de Vanitas a encore le goût du sang. Son sang. Du fer et du sel qui l'écœurent sans le faire reculer.
Deux mains puissantes attrapent sa taille. Ses propres os ne lui ont jamais semblé si petits qu'en sentant ceux de Vanitas taper contre ses hanches. Sa langue cherche la sienne. Son souffle de prédateur halète et se mêle au sien. C'est une danse – ou non, pas une danse, une guerre. Neo veut prendre, Vanitas récupère, ils attaquent et la terre peut bien trembler, ils ne s'arrêteront pas.
Ils sont la terre et ses tremblements.
Neo n'a jamais couché avec personne. Là encore, il avait d'autres préoccupations du temps de la rue. Mais ses mains trouvent toutes seules le chemin jusqu'aux boutons de la chemise du vampire. Il défait ceux qui cèdent, fait céder ceux qui résistent. Quelqu'un recoudra plus tard.
Sa bouche passe sur sa peau sans se poser de questions. C'est naturel. Il sait quoi faire quand il embrasse sa gorge, mord ses épaules, courbe le dos que Vanitas griffe longuement. C'est inscrit en lui, une évidence. Il ne se demande pas comment son pantalon glisse le long de ses jambes, ni pourquoi l'air lui manque alors que Vanitas l'embrasse encore, et encore, ni pourquoi sa nuque fait mal quand on tire ses cheveux. Ça hurle dans son ventre, de réaliser qu'il ne sait pas si c'est son sexe ou celui de l'autre qu'il sent aussi dur entre ses jambes.
Il embrasse encore et partout, tout le temps, il a le goût de Vanitas dans la bouche. Il a ses jambes autour de sa taille comme un ordre, ses cuisses incroyablement fortes qui le gardent contre lui mais c'est lui qui décide, lui qui entre et lui fait agripper les draps, c'est lui qui cogne et réclame tout à la fois.
Il ne sait pas combien de temps passe. ni s'il a joui une seule ou plusieurs fois. Mais même épuisé sur les draps sa tête sur le torse de son amant, la faim ne n'est pas calmée. Il en veut encore. Plus. Son odeur affole la chose qui cogne dans son torse, son souffle est trop loin du sien.
Neo a eu ce qu'il voulait, mais c'est trop peu. Il a besoin de plus, de mieux. De Vanitas en entier, pour lui.
Il ne comprend pas que pour lui, rien ne sera jamais assez.
xoxoxox
Le soleil se couche comme Neo se lève et descend au salon. Il a sa tasse de thé entre les mains. Pas une boisson qu'il apprécie particulièrement, mais d'en boire, il se sent comme les nobles qui traversaient sa rue. Et puis, avec une bonne dose de sucre, ça passe.
L'eau chaude contre les lèvres, il happe une gorgée et dépose la petite tasse fragile sur sa coupelle.
— Déjà debout ?
Comme les premières étoiles, Vanitas apparaît. Pas littéralement, Neo ne le voit pas. Mais il le sent, derrière lui. Il remarque son pas. Un tac plus fort que celui des autres habitants, régulier. Il aime se faire remarquer.
— Tu peux parler, le garçon rétorque.
— Je ne dors pas, moi.
Non, mais il était bien crevé hier, quand lui s'est endormi. Est-ce que son cou porte encore les marques de sa bouche ?
Il se penche en arrière pour vérifier. Sourit devant deux tâches mauves que Vanitas ne cache pas.
— Jamais ?
— Jamais.
Il ne dort pas, ne mange pas. Ne boit qu'à sa gorge. Qu'est-ce qu'il y a d'autre à apprendre sur lui ? A quoi ressemble son frère ? Et sa vie, sa longue vie de cinq siècles ?
Il y a trop de choses qu'il ignore. Des morceaux de l'autre qui flotte autour de lui pour le narguer.
L'autre qui s'approche et passe ses bras autour de ses épaules avant de se pencher. Pas pour le mordre, cette fois. Seulement pour le plaisir de le serrer.
— Du thé ? l'immortel souligne.
— C'est pas mal.
— Tu ne te contentes pas d'un Pas mal, d'habitude.
Vanitas rit, puis sa bouche l'étouffe et Neo ne peut faire autrement que d'agripper sa nuque. Au risque de tomber de sa chaise. Il ne devrait pas se pencher autant, mais qu'importe. Il ne glissera pas, son amant est là.
Il croit entendre quelqu'un d'autre. Des gens qui s'avancent dans les couloirs. Tant mieux. Que les vampires profitent du spectacle. Que tout le monde sache. Il ne prendra pas la peine de les regarder quand ils se détacheront.
Cette nuit, il n'a d'yeux que pour Vanitas.
Voilà. Bien bien. Je vous laisse avec ça, et je vais reprendre mes corrections !
A la semaine prochaine !
