Petit bug de publication la dernière fois, voici le véritable chapitre 12 !


Chapitre 12 : l'AD

Il en eut le cœur net deux jours après la rentrée. Ce fut évidemment Ron qui vint le voir (il semblait le plus à l'aise de tous pour lui adresser la parole). Draco traînait dans un couloir avec ses amis, après la fin des cours, mais largement avant le couvre-feu, quand il se fit interpeller :

— Malfoy !

Pansy et Blaise furent aussitôt sur la défensive, ne sachant pas comment réagir face à l'approche du rouquin.

— Tu as un moment ?

— Pour ?

— Pour me suivre sans poser de questions.

Blaise s'interposa, tentant de rouler des muscles comme le faisaient Vincent et Gregory, même s'il en était bien moins pourvu.

— Écoute, Weasley…

Draco posa une main sur son bras pour le calmer.

— Ça va, Blaise. On se retrouve dans la salle commune ce soir.

Blaise semblait abasourdi, mais hocha finalement la tête avec réticence. Draco lui fit un sourire d'excuse. Il suivit le Gryffondor qu'il n'avait pas tout à fait appris à apprécier, mais qu'il supportait cependant bien mieux que ce qu'il aurait cru un an plus tôt.

Une fois qu'ils furent suffisamment éloignés, Draco lança un regard lourd jusqu'à ce que son compagnon de marche se décide à parler :

— Tu te souviens que je t'avais dit que je te révélerais sans doute plus de choses quand tu seras marié à un membre de ma famille ?

— Je ne suis pas encore marié à tes frères, fit remarquer Draco.

— On va considérer que tu es quand même fiable, si ça te va. D'une part, ça assouvira ta curiosité, et d'autre part, ça sera utile à mon plan. Gagnant-gagnant, pas vrai ?

Comme la curiosité de Draco était effectivement à fleur de peau depuis presque deux mois, il pouvait difficilement s'opposer à cet argumentaire.

— La Salle sur Demande ? s'étonna-t-il lorsque Ron s'arrêta devant la tapisserie bien connue.

Draco avait participé à la forcer quand il faisait partie de la brigade inquisitoriale, à la fin de l'année précédente.

— Avant d'entrer, s'il te plait, essaie d'être poli avec tous ceux qui se trouvent à l'intérieur. Ils sont d'accord pour te rencontrer, mais ils se méfient également.

— Je sais me comporter, Weasley.

Le roux leva les yeux au ciel face à son ton méprisant qui n'appuyait guère ses propos.

— C'est ce que nous verrons.

Il entreprit alors de faire les trois allées retours réglementaires devant le mur, jusqu'à faire apparaître une petite porte en bois sombre. D'un geste de la main, il invita Draco à passer en premier.

Un mauvais pressentiment étreint aussitôt le blond… Mais comme il ne pouvait pas faire demi-tour maintenant alors qu'il allait enfin en savoir plus sur les magouilles de son futur beau-frère, Draco avança et posa sa main sur la poignée. Après avoir pris une profonde inspiration, il se décida à pénétrer dans la fameuse Salle du Demande.

Il eut tout juste le temps de faire un pas à l'intérieur avant que deux bras se referment sur ses hanches et le soulève littéralement de terre.

Il glapit de surprise et se débâtit vivement.

— Aïe ! Tu nous as manqué beau-blond ! Ouille ! Tu peux juste arrêter de… Aïe !

— Pose-moi immédiatement, espèce de dingue !

L'un des jumeaux qui l'avait attrapé contre son grès s'exécuta et frotta son plexus que Draco avait frappé sans délicatesse.

— Je vous ai déjà dit de ne pas faire ça !

— Nous aussi on est contents de te voir, fit l'autre fiancé avec un grand sourire (il n'avait reçu aucun coup, pour le moment).

— Qu'est-ce que vous foutez à Poudlard ?

— On est des membres de l'AD.

Draco remarqua alors que les Weasley n'étaient pas les seuls présents dans la pièce. Dans ce qui ressemblait à une salle d'entraînement couplée à une bibliothèque, une flopée entière d'élèves se tenaient là, issus de plusieurs années et de plusieurs Maisons différentes. Et bien entendu, Draco était l'unique Serpentard (la discrimination entre les Maisons dépassait le Quidditch, ce n'était pas une nouveauté). Tout le monde le regardait avec suspicion, regard que Draco leur rendait également. Il ne comprenait pas ce qu'il fichait ici.

Ce ne fut étonnamment pas Ron, mais Londubat qui prit la parole :

— Comme nous vous l'avons annoncé, Draco Malfoy a quitté sa famille et le clan de V-Voldemort pour nous rejoindre.

Draco tourna brutalement la tête vers lui, autant parce que Londubat avait prononcé le nom maudit que parce qu'il se permettait d'étaler sa vie en public ! Le Gryffondor ne le laissa cependant pas l'interrompre et reprit :

— Il a déjà commencé à nous aider en nous donnant des informations cet été. Aujourd'hui, il va décider s'il nous rejoint dans la lutte ou s'il reste dans l'inconfortable position de n'être protégé par aucun clan.

Draco se crispa, comprenant bien qu'ils essayaient de le mettre au pied du mur. Quels amateurs ! La phrase ne pouvait pas manquer davantage de subtilité !

— Déjà, j'aimerais bien savoir qui vous êtes et à quoi vous jouez ici, exactement.

Ce fut Granger qui répondit cette fois :

— Tu es à une réunion de l'AD.

— L'Armée de Dumbledore, se rappela Draco.

— Non, le détrompa aussitôt Granger : l'Association de Défense. Nous avons changé de nom, après avoir vu le comportement du directeur à la disparition d'Harry. De toute manière, Dumbledore ne nous a jamais guidés depuis notre création.

Il acquiesça pour l'encourager à continuer plutôt que lui poser les dix mille questions qui se pressaient dans sa tête. Elle s'exécuta sans tarder, ravie de pouvoir faire son petit cours :

— L'AD a été mise en place à l'origine par Harry, Ron et moi pour avoir des cours de DCFM quand Ombrage était professeure. L'un de nos objectifs, en plus de réussir nos BUSES, était de nous préparer à un éventuel combat contre des mangemorts. Combat qui a bien eu lieu pour cinq d'entre nous, et qui peut toujours avoir lieu par la suite pour les autres. C'est pourquoi nous continuons l'AD, même si nous avons changé de professeur en Défense.

Draco capta quelques grimaces dans l'assemblée. Il se doutait que Severus ne devait pas faire l'unanimité ici. Il fallait bien avouer que son parrain n'était pas l'enseignant le plus pédagogue de Poudlard… Au moins avait-il l'intention de leur inculquer de la pratique, lui.

Granger reprit son discours :

— En plus de nous entraîner pour cette éventualité, l'AD a désormais une nouvelle mission. Celle à laquelle tu as déjà commencé à participer.

Draco leva un sourcil curieux, ne voyant pas à quoi il avait participé pour l'instant. Les petits interrogatoires de Ron semblaient tellement dépourvus de sens qu'il n'en avait pas encore compris le but.

Comme s'il suivait le cours de ses pensées, ce fut le dernier fils Weasley qui termina la présentation :

— La mission, c'est d'infiltrer la cachette de Voldemort et libérer Harry.

Draco ne réagit pas tout de suite.

C'était une blague, se dit-il tout d'abord. « Infiltrer la cachette de Voldemort », c'était forcément une plaisanterie. De mauvais goût, comme toutes les blagues de Ron. D'ailleurs, personne ne riait. Pas même Ron lui-même…

Il soupira profondément.

Ils étaient sérieux : ils comptaient bien attaquer le mage noir en personne alors qu'ils étaient quasiment tous élèves de premier cycle.

Quelle plaie.

— Tu l'as dit toi-même, Draco : Harry est notre meilleure chance de vaincre Voldemort. Et c'est bien ce que tu veux, pas vrai ?

— C'est vrai…

Urg, il détestait tellement donner raison à ce mec…

— Alors, tu nous rejoins ?

Granger lui tendit un parchemin où plusieurs dizaines de noms étaient listés, accompagnés de signatures. Draco ne prit pas la plume, observant ses camarades avec attention. Pas ceux qui avaient parlé, non : les autres.

— Et vous, ça vous va vraiment ?

Ils s'agitèrent, mais ne répondirent pas tout de suite, ce qui agaça Draco.

— Soyez honnêtes. Je suis sûr que la plupart d'entre vous me détestent autant que vous détestez tous les Serpentard. Je ne vois personne de ma Maison parmi vous après tout. Si je vous rejoins pour que personne ne me parle ou ne me fasse participer, autant vous dire que ce n'est pas la peine !

Granger et Ron s'échangèrent un regard, mais gardèrent le silence, laissant les autres répondre.

Ce fut étonnamment Dennis Crivey, le môme le plus minuscule et frêle de Poudlard, même maintenant qu'il était en troisième année, qui prit la parole le premier :

— Si Fred et George se portent garants pour toi, moi je suis prêt pour t'accueillir.

Son frère renchérit aussitôt :

— Et puis, plus on est nombreux à vouloir sauver Harry, plus vite on le tirera des griffes de ce monstre !

Il reconnaissait bien là le fanboy numéro 1 de Potter…

— Moi je ne te fais pas confiance, intervint une Poufsouffle dont il ne connaissait pas le nom. Mais je suis sûre que tu sauras te tenir : les traîtres regrettent toute leur vie ce qu'ils nous font.

Draco leva un sourcil face à cette menace surprenante. La Poufsouffle lui fit un sourire qui n'augurait rien de bon.

— Est-ce que tu te rappelles comment a fini Marrieta Edgecombe ? À ton avis, pourquoi est-ce qu'elle n'est pas revenue à Poudlard ? Les malédictions de Granger ne sont pas à prendre à la légère.

Draco déglutit. Effectivement, avoir écrit « cafard » sur le nez n'était certainement pas quelque chose qui lui faisait envie… Mais le message était clair : s'il s'engageait aujourd'hui, il n'y aurait plus de marche arrière.

— Bon, et bien, c'est toujours mieux qu'un tatouage sur le bras gauche, j'imagine.

Il prit le parchemin de Granger et sortit une plume pour signer son nom d'un trait élégant.

Le jumeau souriant passa un bras autour des épaules de Draco qui leva les yeux au ciel. Ils ne pouvaient vraiment pas s'en empêcher ces deux-là.

— Bienvenu au club, mon petit Coco.

— Ah par contre, on va se calmer sur les surnoms, contesta aussitôt Draco en se dégageant. Et tout de suite !

— Oui oui, répondit le jeune homme sur un ton signifiant plutôt « cause toujours ».

— On t'en trouvera un plus à ton goût, promis ! rajouta l'autre jumeau.

Mouais…

— Bien, fit Granger en repliant son parchemin. Ton entrée dans le groupe étant la seule chose de prévue pour aujourd'hui, vous pouvez retourner dans vos dortoirs vous autres. Surveillez vos galions pour la prochaine séance !

Pendant que les élèves quittaient la Salle, Draco eut juste le temps de s'interroger sur l'évocation incongrue d'argent avant qu'elle ne lui tende une pièce.

— Tu sais que je n'ai pas besoin de monnaie, Granger ? demanda-t-il avec mépris.

Ce n'est pas parce qu'il vivait chez les Weasley qu'il était devenu un miséreux devant faire la manche !

— Tu n'as pas intérêt à dépenser cette pièce : elle est enchantée. Regarde mieux : sur la tranche, les chiffres indiquent la date et l'heure de nos réunions. Sur le côté pile, on peut aussi inscrire d'autres messages de façon exceptionnelle. Garde-la dans ta poche, la pièce chauffera quand nous la mettons à jour.

Il s'en saisit finalement, impressionné par le sortilège posé dessus. Granger reprit la parole d'un ton autoritaire :

— Tu as intérêt à être présent à chaque fois ! Tu fais partie du groupe maintenant.

— Très bien, j'ai compris.

— Parfait.

Elle n'insista pas plus et rejoignit Ron, Ginerva et Lovegood avant de quitter la pièce.

Draco, encore sous le choc de ce qui venait de lui arriver, n'avait hélas pas réagit assez vite. Il se rendit compte trop tard qu'il était désormais seul avec les jumeaux qui fermèrent la porte, lui bloquant toute sortie.

— Je vous préviens… !

— On sait, on ne te touche pas sinon tu nous découpes en morceau.

— Pour cette fois, nous ne sommes pas là pour quelque chose de désagréable, promis !

— En fait, on voulait juste discuter, si tu as le temps.

— Mais tu as le temps, pas vrai ?

Ils n'attendirent pas de réponse et la Salle sur Demande prit d'elle-même l'apparence d'une pièce cosy, ressemblant au salon des Weasley, en moins encombrée tout de même.

Draco choisit donc le petit fauteuil, certes peu confortable, mais qui au moins était moins comminatoire que le divan où les jumeaux le colleraient sans aucun doute. Ils ne s'en offusquèrent pas et prirent place en face de lui.

— Discuter de quoi ?

— De deux choses en réalité. La première est une question tout à fait simple : nous aimerions savoir ce que tu attends en termes d'exclusivité.

Draco se massa les tempes. Il sentait déjà que cette conversation serait fatigante et saugrenue.

— Qu'entendez-vous par là ? L'exclusivité sur quoi ?

— Sur le couple, bien sûr. Veux-tu le droit d'aller voir ailleurs ? Nous autorises-tu à aller voir ailleurs ?

Draco fronça les sourcils.

— Sexuellement vous voulez dire ?

Ils hochèrent la tête d'un mouvement identique.

En réalité, Draco ne s'était jamais posé ce type de question. L'exclusivité, comme ils l'appelaient, était censée être une évidence ! Un devoir ! … Mais il était vrai que ses fiancés n'étaient pas connus pour être des personnes qui suivent assidûment le règlement ou n'importe quelle règle sociale de base…

La proposition ne tomba assurément pas dans l'oreille d'un sourd : Draco était toujours prêt à exploiter toutes les opportunités qui s'offraient à lui, toujours ! S'il pouvait aller voir ailleurs, il s'en donnerait à cœur joie ! D'ailleurs, il se fichait totalement de ce que les jumeaux pourraient faire dans son d…

Il fronça les sourcils.

Non, il ne devait pas prendre de décision trop vite. C'était louche ! Il ne devait surtout pas baisser sa vigilance avec des fiancés pareils !

S'ils lui posaient cette question, c'est parce qu'ils avaient des attentes particulières. Ou pire : c'était peut-être un test, et Draco paierait cher s'il donnait la mauvaise réponse. Il devait réfléchir avant de prendre la parole. Récolter des indices.

Il analysa la posture faussement détendue de ses vis-à-vis, l'absence de sourire taquin, les yeux brillants, leurs mains à proximité l'une de l'autre… Bon, déjà, proposer « tout le monde baise avec qui il veut » semblait être à exclure. Mais cela signifiait-il « juste entre nous trois et personne d'autre » ? Si c'était le cas, pourquoi mettre le sujet sur le tapis ? Il devait y avoir un piège quelque part et Draco ne s'était pas préparé à l'affronter de ci tôt !

Préférant retarder le moment où il devrait dire ce qu'il pense lui, il demanda :

— Et vous ? Qu'aimeriez-vous ?

— Oh, nous, tu sais…

— … On s'adaptera à toi.

Merde ! Ils avaient esquivé !

Bon, il lui restait une dernière pirouette pour éviter une réponse définitive :

— Dans ce cas, commençons dans un premier temps par l'exclusivité mutuelle, et si l'un d'entre nous est tenté par autre chose, on en discute tous les trois pour décider quoi faire. Cela vous va ?

Pas de changement de posture, mais des sourires s'épanouirent sur les visages qui lui faisaient face.

— De la transparence !

— Quelle bonne idée !

— Très bien, faisons cela !

Draco hocha la tête. Apparemment, ce n'était pas la mauvaise réponse tant redoutée. Il n'oubliait pas, cependant, que ses fiancés lui avaient parlé de deux sujets à aborder lors de cette discussion.

Lorsqu'il les interrogea, il ne fut qu'à moitié surpris de voir leurs yeux se mettre à pétiller encore plus et leurs sourires devenir plus malins. Il déglutit.

— Toujours sur le thème de la sexualité, Draco…

— … tu préfères être dessus ou dessous ?

Les jumeaux eurent à peine le temps de cligner des paupières que Draco avait bondi de son fauteuil et avait atteint la porte. En un instant, il s'engouffrait dans les couloirs et prenait le premier passage secret sur son chemin pour disparaître.

Parce que là, vraiment, il n'était pas DU TOUT prêt à avoir cette conversation avec eux…


Le trouple Draco/jumeau, parfait rappel de l'importance de la communication sur les points qu'on pense évident mais qui ne le sont pas pour tout le monde ! Et de savoir attendre que tout le monde soit prêt à aborder les sujets sensibles^^

Merci d'avoir lu, j'espère que ça vous a plu :) N'hésitez pas à laisser une review si c'est le cas !

A bientôt pour la suite,

Yume u_u