Bonjour à tous !

Petit OS cadeau pour Miss Macaronii qui a laissé plein de review sur ce recueil.

Quand je lui ai demandé quel personnage elle voulait voir, elle m'a demandé… Dudley. C'est un personnage que je n'ai jamais utilisé donc c'est une expérience intéressante pour moi aussi.

Merci à Lycoris pour sa relecture.

Bonne lecture !


Dudley se gara facilement dans une petite rue parallèle à l'étude. Il s'extirpa avec difficulté de son bolide, une vraie voiture d'occasion toute cabossée. Les temps étaient durs. Le jeune Dursley se rendait à un énième entretien d'embauche. Il soupira en essayant de ne pas penser aux précédents échecs, tous cuisants. Après avoir verrouillé la portière, il rajusta sa cravate, lissa son costume et revint dans la rue principale.

Pendant leur fuite éperdue à travers l'Europe, la Grunnings avait connu des difficultés et finalement s'était fait racheter et démanteler. Les Dursley avaient certes de l'argent placé mais il fallait continuer à en faire rentrer pour vivre. Se mettre à travailler sérieusement avait été compliqué pour Dudley mais il n'avait pas eu le choix. Le jeune homme avait fait son droit et travaillait le soir chez divers notaires et avocats.

Il pénétra dans l'établissement à l'heure exacte. La ponctualité était une valeur Dursley auquel il convenait de faire honneur. Le mobilier de l'accueil était minimaliste mais Dudley apprécia l'atmosphère qu'apportaient les lambris. Il fut incapable de reconnaitre le bois utilisé. La secrétaire l'arracha à sa contemplation en l'introduisant immédiatement auprès de deux associés, une brune vêtue d'un tailleur stricte et un blond décoiffé mais souriant. Les deux associés étaient sensiblement du même âge que Dudley, ce qui ne manqua pas de le surprendre. L'avocate sortit un CV que Dudley reconnut tout de suite comme étant le sien. Le document avait été annoté de haut en bas et des questions avaient été griffonnées dans les marges. Au moins sa candidature avait été étudiée cette fois-ci.

« Monsieur Dursley, certains de nos contacts nous ont parlé de vos démêlés avec la justice, assena la brune dès le départ. Vous semblez avoir été impliqué dans des rixes de bars, ainsi que du vandalisme. Ce qui vous a conduit à fréquenter la prison à deux reprises.

— C'est exact, reconnut Dudley. Je faisais parti à l'époque d'une bande de jeunes terreurs. Mais j'ai fait en sorte de me détacher d'eux. Justement à cause de ces séjours carcéraux, heureusement très courts. C'est à ce moment que je me suis orienté vers le droit.

— Je vois. Vous êtes conscient que nous ne pouvons pas nous permettre d'engager des personnes ayant un tel comportement. »

Dudley se raidit mais ne se démonta pas.

« Puisque vous semblez bien informés, vous avez sans doute constaté que les faits remontent à trois ans et qu'il n'y a rien eu depuis lors.

— C'est exact mais…

— Si j'en crois les valeurs que vous affichez, vous vous battez pour que chacun puisse obtenir un traitement juste.

— Où voulez-vous en venir ? demanda sèchement le blond.

— Chaque infraction mérite punition mais la société doit aussi donner une chance à la réinsertion. Vous ne croyez pas ? »

La brune le gratifia d'un regard approbateur.

« Il marque un point, Justin » remarqua-t-elle.

Le dénommé Justin s'agita mal à l'aise mais hocha finalement la tête.

« Avez-vous des regrets ? Sur votre conduite passée ? enchaîna la femme.

— A l'époque nous avons brutalisé plusieurs enfants et adolescents. Un en particulier. Je ne l'ai jamais revu. Je n'ai jamais eu l'opportunité de m'excuser. Depuis je fais mon possible pour rattraper mes torts et surtout éviter à d'autres de faire mes erreurs.

— Apparemment vous entrainez des adolescents maintenant ? poursuivit-elle.

— C'est exact. Ils apprennent la boxe avec des règles de conduite strictes et encadrées. Mieux vaut cela plutôt que les abandonner à eux-mêmes dans la rue, sans cadre parental.

— Vous pensez que cela fonctionne ? demanda le blond.

— C'est ce dont j'aurais eu besoin en tout cas. J'aime à croire que cela marche, au moins pour quelques-uns. Et même quelque unes aussi.

— Revenons-en à votre CV voulez-vous ? recentra l'avocate.

— Quel point voulez-vous développer ? » répliqua aussitôt Dudley.

L'avocat blond parcourut rapidement le CV et retrouva une question griffonnée à la hâte.

« Apparemment, vous avez travaillé dans différentes études, les soirs en semaine et parfois même le week-end. C'était volontaire ? Vous semblez pourtant venir d'une famille aisée.

— C'était contraint. Ma famille et moi-même avons dû fuir car nous avions reçu des menaces. Elles étaient très sérieuses. Enfin sans rentrer dans les détails, mon père a dû abandonner la direction de son entreprise. La firme s'est retrouvée en difficulté et a été rachetée par un fond d'investissements.

— Comme ça ? Juste rachetée ?

— En fait c'est une situation particulière. Nous n'avons pas bien compris. Mon père s'est battu pour avoir des informations à notre retour mais nous ne savons pas grand-chose.

— Développez, encouragea la brune intriguée.

— Un fond dormant qui était inactif depuis plus de 40 ans s'est réveillé. Il a conclu des arrangements avec les fournisseurs de la Grunnings pour accentuer les difficultés et forcer les actionnaires à lâcher leurs parts. »

Les deux avocats échangèrent des regards interloqués.

« C'est illégal, commenta la brune.

— Effectivement mais nous n'avons rien pu prouver et puis l'entreprise a été dissoute. Ses activités ont été éclatées et revendues à des concurrents. Il n'y a plus aucun recours de toutes manières. Voilà pourquoi je me suis mis à travailler le soir. Pour emprunter moins.

— Monsieur Dursley, c'est juste de la curiosité malsaine mais… ce fond d'investissements semble si… particulier. Un fond dormant qui se réveille juste pour une opération de démantèlement. C'est assez inhabituel.

— Ne m'en parlez pas, grogna Dudley

— Comment s'appelle ce fond ?

— Abraxas Trust Fund » soupira Dudley.

Un silence gêné s'abattit sur la pièce.

« Bon écoutez, reprit Dudley. Je sais que mon dossier est imparfait. Mais je ne vous demande qu'une période d'essai. Vous semblez faire en sorte de combattre les injustices de ce monde. J'imagine que vous pouvez bien me donner une chance de faire mes preuves.

— Nous voulions surtout évaluer si vous étiez passé à autre chose, reconnut Justin.

— Que savez-vous de notre cabinet ? demanda brusquement l'avocate.

— Pas grand-chose de plus que ce qu'indique votre brochure car vous ne faites pas dans le médiatisé. Vous êtes orienté sur le droit de la famille, le droit du travail et le droit constitutionnel. Ce qui, il faut le dire, semble vraiment très vaste.

— Surtout pour un petit cabinet. Vous avez raison. Néanmoins nous avons une approche très particulière et nous sélectionnons très soigneusement les affaires que nous acceptons. Croyez-le ou non, vous pouvez nous apporter beaucoup monsieur Dursley.

Dudley se redressa, intrigué, et reprit un peu d'espoir.

« Il vous faudra faire preuve d'ouverture d'esprit. Apparemment vous avez évolué. Nous verrons bien. Vous êtes à l'essai pour trois mois, rémunéré au minimum. Si cela vous convient. »

Dudley ne pouvait pas se permettre de refuser et encore moins le cacher. Il hocha lentement la tête.

« Alors bienvenue chez Finch-Fletchey, Granger et Nott. Avocats spécialisés en droit familial, professionnel et constitutionnel avec un goût prononcé pour le droit mixte. C'est-à-dire à cheval entre les mondes magiques et moldus » expliqua Hermione en souriant.


Et voilà, pas facile de recruter des gens qui connaissent le monde moldu sur le bout des doigts sans briser la loi du secret. J'aime l'idée que les gens puissent changer et s'en sortir.

Merci d'avoir lu et j'espère que ça vous a plu.

A la prochaine