Cet OS a été écrit pendant la 112ème nuit d'écriture du FoF. Il fallait le rédiger sur le thème "chéri" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un MP.

Il y a un sommaire en tête du recueil pour vous guider à travers les textes. Comme ça, vous pourrez découvrir uniquement ceux qui vous intéressent.

/!\ Âmes sensibles s'abstenir. Le titre devrait vous faire peur, surtout si je dis que ça parle d'Ombrage ! /!\

Bonne lecture quand même !


Cinquante nuances de rose :

Severus avait l'impression de s'être fait avoir une fois encore. Certes, il ne portait pas exactement Minerva dans son cœur mais c'était la seule personne fréquentable du corps enseignant. Elle n'avait pas cette agaçante bonne humeur à la Filius, ni cette écœurante naïveté de Pomona. Bathsheba Babling avait le bon goût de ne jamais sortir la tête de ses manuscrits aux runes à demi-effacées, Vector de ses formules, Sinistra de sa tour. Minerva n'avait aucun points communs avec la folie alcoolisée de Trelawney ou pire ! la folie citronnée du dangereux barbu qui leur tenait de lieu de patron. Tout ça pour dire que Minerva était la seule enseignante à peu près supportable et qu'elle allait quand même lui manquer. Et c'était à cause du crapaud rose qui lui avait arraché une fois de plus le poste de défense. Minerva était à Ste-Mangouste depuis qu'elle s'était coura… stupidement interposée entre Ombrage, ses larbins et Hagrid.

Comme il était le dernier membre officiel de l'Ordre à Poudlard, Severus avait reçu la consigne de tenir à l'œil la grande Inquisitrice et désormais directrice de l'école. Après tout, il n'avait que ça à faire ! Il devait juste fournir une cascade de potions à L'Ordre et aux mangemorts, tenir cet abominable Potter à l'œil, maintenir les protections de l'école à leur maximum et assurer quelques cours au passage. Merlin merci, ces fichus jumeaux avaient déserté Poudlard mais maintenant il lui fallait aussi surveiller Ombrage.

Le professeur de potions avait déjà découvert qu'elle employait des plumes de sang illégalement. Il avait terrifié un Poufouffle déjà en larmes pour obtenir l'information. Heureusement que le sortilège d'amnésie avait été inventé. L'usage de telles plumes était assez grave – elles étaient réservées à la signatures des contrats magiques – et bien que ce soit utilisé sur ces petits cornichons d'élèves, c'était clairement insuffisant pour déclencher un scandale. Il fallait plus. Il en avait de bonnes le vieux citronné !

Heureusement le sadisme naturel que Severus partageait avec Rusard lui permettait d'avoir des informations de premières mains sur les projets disciplinaires d'Ombrage. Apparemment elle tentait de réintroduire les châtiments corporels abandonnés une trentaine d'année plus tôt. Une bonne chose. Severus avait déploré cet abandon lui aussi, sans quoi Potter et Black auraient été moins contraignants lors de sa scolarité. Ah ça on pouvait faire confiance au laxisme de Dumbledore !

Severus se souvenait d'Ombrage à Poudlard. Elle avait quatre ou cinq ans d'avance sur lui. Comme lui elle était haïe, méprisée et parfois ridiculisée. Son sang n'était pas assez pur pour être respectable. Son talent pas assez intéressant pour Slughorn. Elle s'était rabattue vers le préfet-en-chef Lucius Malefoy pour exécuter quelques punitions et le conseiller en mauvais coups. Apparemment elle avait fait son chemin au ministère en appliquant les mêmes techniques.

Si on pouvait lui reprocher d'être à la botte de Fudge et de gêner considérablement la résistance au Seigneur des Ténèbres, Severus n'avait rien à redire sur ses méthodes répressives. Vis-à-vis de l'éducation, il était plus mitigé. De mémoire, Ombrage n'avait pas eu son ASPIC en défense. Il avait vérifié par acquis de conscience dans les archives et effectivement elle n'avait aucune formation validée en défense. Mais pour faire de la lecture forcée c'est sûr qu'il n'y en avait pas besoin. Le petit Nott lui avait expliqué avec horreur la pauvreté du contenu de ses cours et supplié pour avoir des leçons particulières auprès de lui. Severus avait été flatté mais n'avait pu donner suite à cause de la surveillance d'Ombrage. Et il ne pouvait pas déguiser ses leçons en punitions, déjà ce n'était pas crédible pour un Serpentard, alors pour Nott. Il lui établit quand même une liste d'ouvrages à consulter obligatoirement pour progresser et passa à autre chose.

Dumbledore devenait de plus en plus pressant pour faire tomber Ombrage. Severus se résolut à s'introduire chez la nouvelle directrice. Peut-être qu'il trouverait au moins de quoi la faire chanter. Le barbu serait peut-être réticent mais c'était pour le plus grand bien, n'est-ce pas ?

Les tableaux l'informèrent que les Poufsouffle préparaient un mauvais coups en hommage aux jumeaux Weasley. Cela surprit quelques peu le directeur de Serpentard mais après tout pourquoi pas. Il envoya Lovegood prévenir Ombrage du drame. La joyeuse Serdaigle fut ravie de lui rendre service. La voie était libre !

Délier les alarmes et les protections d'Ombrage prit quelques minutes. Apparemment les aurors avaient dû lui donner un coup de main. Les protections avaient des failles de partout. Quels idiots ! songeait Severus. En même temps, ils ne goûtaient pas au Doloris quand le travail manquait de rigueur. Un des rares bienfaits de la discipline du Seigneur des ténèbres.

Severus fouilla donc le bureau sans rien trouver de nouveau. Les plumes semblaient déjà bien usagées. Les chatons étaient toujours aussi affreux. Et ce rose ! Cet horrible rose ! Déjà que le rouge des Gryffondor donnait mal à la tête…

Où donc ce maudit crapaud dissimulait sa correspondance ? Le directeur de Serpentard entra dans les appartements d'Ombrage. Il commença par la penderie et s'arrêta net. Un justaucorps en cuir rose était suspendu. Le masque et le fouet soigneusement enroulé se trouvait à côté. Le crapaud avait tout l'attirail pour faire de la domination. Certains objets étaient vraiment très louches. Une seule pensée vint à l'esprit de Severus : pauvre Rusard ! Le cracmol devait souffrir le martyr. À la réflexion cela pouvait peut-être servir à briser la réputation de cette sangsue. C'était une politicienne après tout et en politique la réputation était importante.

Rogue continua activement son exploration des lieux. Il fallait faire vite. Quelques sortilèges d'espionnage lui révélèrent que le chevet contenait un compartiment secret. Enfin quelque chose d'intéressant ! Quelle ne fut pas sa déception lorsqu'il réussit à extraire un carnet rosâtre avec un titre soigneusement écrit à la plume : « À mon chéri ».

Severus ouvrit le carnet en ricanant et commença à lire les descriptions, les comptes-rendus, les illustrations. Dès la première page, il était question de trouver comment séduire ce sexy-vampire des cachots. Les rêves érotiques étaient décrits avec un réalisme terrifiant. Le directeur de Serpentard était à la fois sonné, révolté et écœuré. Il avait besoin d'air pour réfléchir à l'horreur qu'il venait de découvrir. Il replaça tout comme à son arrivée. Finalement la mission de Dumbledore lui paraissait maintenant d'un intérêt capital ! Il fallait trouver quelque chose et vite. Dans le pire des cas, il restait l'option d'une intoxication alimentaire. Un drame déplorable mais qui s'était, hélas, déjà vu. Un accident est si vite arrivé.


Hum hum ! Comment dire ? Je sais ce n'est pas très glorieux mais on m'avait défié d'écrire un truc pareil et puis le thème ''chéri'' était un appel à la mièvrerie, je ne pouvais rester sans réagir.

Et vous qu'est-ce que vous en pensez ? ^^