Cet texte a été écrit pendant la 160ème nuit d'écriture du Forum Francophone de site (le FoF). Il fallait le rédiger sur les thèmes «jouer» et « jaune ». Pour plus de précisions sur le jeu ou le forum vous pouvez m'envoyer un MP.

Bon le texte est publié plus tard, mais il a été écrit le premier avril quand même :)

Bonne lecture !


Poissons d'avril entre enseignants :


C'était le premier avril.

Une date qui signifiait des émotions très contradictoires pour l'austère maître des potions qui remontait des cachots vers la grande salle.

D'abord de la jubilation à jouer des tours à ses collègues. C'était une occasion en or d'expérimenter et de déployer sa maitrise de la magie. Rien à voir avec les préparations élémentaires qu'il devait enseigner toute l'année à ses infects petits cancres.

Et bien évidemment une certaine appréhension car les autres enseignants (et quelques rares étudiants aux tendances suicidaires) profitaient eux aussi de l'occasion pour inventer des farces.

Chaque année et pendant une journée c'était la guerre.

Les appartements du professeur Rogue étaient devenu un véritable bunker magique depuis le début de la semaine. Plus aucun être vivant (ou mort) ne pouvait y pénétrer, et aucun ne l'avait tenté. Même le courageux Dobby qui y faisait habituellement le ménage s'était prudemment tenu à l'écart.

Depuis que Rogue était sorti pour se rendre au petit déjeuner, tous ses sorts de diagnostique étaient revenus négatifs.

Le maître des potions franchit le hall avec impatience, mais avec un degré de paranoïa digne d'Alastor Maugrey. Il fit son entrée dans la grande salle avec un tourbillon de cape toujours à l'affût.

— Ah mon cher Severus ! l'accueillit le directeur rayonnant. Vous êtes bien matinal.

— Tout comme vous mon cher Albus, susurra Rogue en lui adressant un sourire crispé.

— C'est une merveilleuse journée qui s'annonce et j'avais faim donc me voici, mais ne restez pas planté là, installez-vous mon cher, l'invita t-il avec un regard calculateur qui alarma Rogue.

Rogue obéit mais fit disparaître la chaise confortable et invoqua un simple tabouret avant de prendre place aux côté de son meilleur ennemi.

Le sourire du directeur s'élargit.

Le potionniste jeta un œil à aux deux autres enseignants qui déjeunaient. McGonagall avait un sens de l'humour très limité à cette date, tout comme Madame Pomfresh qui se préparait déjà recevoir des étudiants à l'infirmerie à cause des farces qui pleuvaient chaque année.

Il y avait déjà une dizaine d'étudiants dans la grande salle, très attentifs entre eux et qui surveillaient également la table des professeurs avec l'espoir qu'un enseignant se fasse piéger.

— Severus détendez-vous voyons. Puis-je vous faire découvrir cette délicieuse marmelade au citron qui nous vient d'un petit producteur espagnol ?

Rogue jeta un œil méfiant à la préparation d'un jaune douteux. Il n'allait pas tomber dans un piège aussi simple.

— Albus depuis toutes ces années vous devez savoir que mon petit déjeuner se résume à deux tasses d'un excellent café. Deux tasses, ni plus ni moins. Un café noir, corsé, sans sucre et amer.

— Un peu trop à votre image hélas

— Ce qui m'évite ce pic d'insuline provoqué par l'ingestion de ces atroces aliments sucrés. De ce fait je peux tranquillement martyriser enfin enseigner correctement à nos charmants étudiants.

— C'est un tort, vous ne savez pas ce que vous perdez.

— Je m'en remettrai.

— Permettez que je vous serve votre café ?

— Seulement si vous me permettez de vous resservir en thé au citron.

Les deux professeurs échangèrent un regard calculateur sous les regard consternés de McGonagall et Pomfresh.

— Mais pour une fois, je prends moi aussi la liberté d'essayer le produit d'un autre fournisseur. Un ancien associé exilé enfin émigré en Colombie. Il s'est lancé justement dans le café. Un café encore plus noir, encore plus corsé et encore plus amer.

— encore plus à votre image, commenta Dumbledore.

— Exactement. Essayons donc ce fameux café des ténèbres, répliqua Rogue en invoquant ledit café directement depuis ses appartements.

À la grande surprise de tout le monde, le petit déjeuner se poursuivit sans incident à la table des professeurs. Le niveau de paranoïa des deux enseignants semblait empêcher tout débordement.

Rogue parvint même à terminer sa deuxième tasse de café avec délectation.

— En conclusion ? Ce café est réussi ?

— Il est mortel ! Je vous le conseille les yeux fermés.

— Peut-être une autre fois, déclina Dumbledore avec son amabilité dumbledorienne.

— Au fait Albus puisque j'ai terminé mon petit déjeuner, auriez l'amabilité de retirer le poisson que vous avez invoqué et attaché sans baguette dans mon dos ?

— Severus je doute sincèrement d'avoir le talent pour réaliser une telle prouesse sans baguette.

— Personne n'aurait pu déjouer aussi habilement les protections posées sur ma cape sans baguette à part vous et aucune baguette n'a été utilisée. Vous pensez bien que je l'aurais su.

— Vous êtes fort mon garçon, mais saurez-vous le faire disparaître par vous-même ?

— J'ai l'humilité de supposer que non, grimaça Rogue. Cependant j'ai une petite idée pour vous motiver à m'en libérer.

— De quoi s'agit-il ? répliqua Dumbledore avec un sourire satisfait.

Le maitre des potions plongea la main dans ses robes et en ressorti une petite pierre racornie.

— Un bézoard ? reconnut le directeur en haussant un sourcil intrigué.

— Le moyen le plus simple de contrer mon poison d'avril, expliqua Rogue avec un sourire cruel et très fier de son jeu de mot.

Le vieux mage frissonna.

— Le poison a été activé parce que j'ai reconnu le bézoard ? demanda Dumbledore.

— En effet, mais rassurez-vous l'agonie est assez lente pour vous permettre de retirer le poisson et de vous soigner.

— Je n'en doute pas, répliqua le directeur contrarié qui commençait à avoir des difficultés à respirer.

— Enfin si mes calculs sont corrects bien évidemment.

Dumbledore toussa et commença à cracher du sang sous le regard horrifié des autres professeurs.

— Severus donnez-lui immédiatement votre bézoard ! ordonna McGonagall plus sévère que jamais.

— C'est bon Severus je vous l'enlève, céda le directeur en agitant les doigts.

Rogue se détendit, sourit et servit généreusement une tasse de café à son supérieur.

— Ce poison d'avril n'est pas un vrai poison évidemment. Ce petit philtre sans danger se contente d'imiter quelque symptômes désagréable. L'antidote est un simple café. Je sais à quel point vous adorez ce divin breuvage.

Dumbledore vida la tasse d'un trait avec une grimace de dégoût.

— Charmante petite attention, commenta t-il.

— Toujours un plaisir de vous soigner, répliqua Rogue en faisant mine d'ignorer les regards noirs de ses collègues.

— Comment avez-vous fait ? Moi aussi j'ai invoqué mon propre thé au citron.

— Mais pas votre tasse.

— J'ai échangé ma tasse avec celle de Minerva avant votre arrivée.

— Pardon ?! s'indigna t-elle.

— Classique, mais toutes les tasses étaient piégées par quelques gouttes de philtres avec un seul ingrédient manquant : le citron, expliqua fièrement Rogue.

— Bon je vous ai eu l'année dernière. Cette année vous gagnez. Je vous écraserai l'année prochaine, promit le directeur.

— Il n'en est pas question ! s'exclama McGonagall furieuse.

— Ce n'est pas raisonnable en effet. Nous ne recommencerons pas, mentit Rogue.

— Je m'aligne, concéda Dumbledore tout aussi sincère.

Rogue adressa une courbette ironique à son supérieur et à ses collègues avant de se lever.

— Si vous voulez bien m'excuser, je dois aller préparer ma classe pour nos délicieux Gryffondor, dit-il en frottant les mains, prêt à se défouler.

Le terrible maître des potions pivota majestueusement et se dirigea fièrement vers la sortie sans remarquer qu'un deuxième poisson était encore accroché à sa cape.


Rogue a le niveau pour tenir tête à Dumbledore, mais il a encore beaucoup à apprendre xD

J'ai hésité à intituler ce texte : pois(s)ons d'avril

Sauf que cela gâchait l'une des plaisanteries. Cela restera le titre officieux avec celles et ceux qui liront les notes d'auteurs. En vrai ? Il y a des gens qui les lisent vraiment ?

À bientôt !