Hello à tous ! je suis ravie de vous retrouver avec la suite du 3ème volet de ma fiction après une très longue absence.

Je ne vous le cacherai pas, ce ne fut pas facile pour moi de reprendre l'écriture. Bien sûr mon rôle de maman accaparait tout mon temps et ce n'est pas terminé mais j'ai également eu le syndrome de la page blanche pendant très longtemps. J'avais les idées mais j'avais du mal à les formuler et encore moins les pencher sur papier bref, j'ai du relire toute ma fiction et ainsi que vos commentaires pour retrouver l'inspiration, l'énergie et le courage de poursuivre.

Aujourd'hui, j'ai comme défi d'enfin la terminer et j'irai jusqu'au bout car je me le dois et je vous le dois également. J'espère avoir votre soutien :)

Merci à tous ceux qui ont attendu patiemment la suite, j'espère qu'elle vous plaira et que vous serez au rendez-vous.

Chapitre 27 : Révélations

PDV Aria

Enfin le week-end ! Enfin samedi ! Aujourd'hui nous célébrons officiellement mes 10 ans ! Je dis officiellement car le jour de mon anniversaire était passé d'une bonne semaine. Être née en pleine rentrée scolaire était toujours un peu compliqué pour organiser une fête. Les parents étaient généralement en mode « fini les vacances et l'amusement », cependant mes pères n'avaient jamais manqué de m'organiser un super anniversaire et cette fois encore, la journée risquait d'être mémorable pour plusieurs raisons et la première tout en haut de ma liste était que ma mère fera partie des invités.

Je n'y croyais pas moi-même quand papa me l'avait annoncé hier soir, c'était le plus beau cadeau que Daddy et lui pouvait me faire, surtout Daddy...l'amour qu'il me témoignait à travers ce geste était indescriptible.

Je sautai de mon lit puis me dirigeai dans mon dressing admirer la tenue que m'avait créée Mia — la mère de Drew, pour l'occasion. Le thème de mon anniversaire était l'Opéra. L'idée m'était venue soudainement. J'avais eu envie de changer de décor et de siècle pour le coup, j'avais envie que tout le monde, le temps d'une journée, se crée un personnage qui reflèterait peut-être la personne qu'il désirait secrètement être.

Mes pères avaient halluciné quand je leur avais faite cette suggestion il y a tout juste 3 semaines mais ils avaient immédiatement accepté, quand bien même cette idée représentait un véritable challenge.

J'avais décidé de me déguiser en danseuse étoile pour l'occasion tout comme Manon. Pour moi, une danseuse étoile représentait la force et la grâce. La force car son corps était mis à rude épreuve pour atteindre la perfection et la grâce de par les mouvements voluptueux qu'elle réalisait sur scène. Drew avait choisi d'incarner le célèbre fantôme du fantôme de l'opéra, Côme un bourgeois du 17e siècle, Aaron et Sofiane des Barons de l'époque, ils avaient même acheté de fausses moustaches ! Les adultes aussi avaient décidé de jouer le jeu mais en misant surtout sur des masques car il est vrai que le temps manquait pour constituer des tenues dignes de ce nom pour tout le monde.

C'était le premier anniversaire avec toute ma famille réunie. J'étais un peu stressée et espérais que tout se passerait bien. Il me tardait de revoir mes mamies et papis, mes tantes et oncles ainsi que mon cousin Enzo. Oncle Simon et tante Izzy vivaient à deux pâtés de maisons et pourtant, on les voyait rarement. Tout le monde était toujours très occupé entre le travail, l'école et la gestion du quotidien. Je réalisais peu à peu à quel point s'éloigner les uns des autres était aisé et qu'au contraire, garder le contact était ce qui était le plus difficile. Aujourd'hui était une chance merveilleuse d'être tous réunis.

En dépit de toute mon euphorie liée à mon anniversaire, une chose entachait mon bonheur et pesait lourd sur ma poitrine...l'enveloppe remise par ce David.

Contre toute attente, je ne m'étais pas précipitée dessus. Je l'avais au contraire cachée aussi loin que possible, c'est-à-dire sous notre scène de répétition au sous sol...comme si ça allait la faire disparaître...faire disparaître son existence et son contenu, ce qui était une chose inutile car j'y pensais jour et nuit.

Que pouvait-elle contenir ? Allais-je enfin avoir les réponses à mes questions ? Allais-je être soulagée ou au contraire anéantie ? Allais-je anéantir ma famille à cause de ma curiosité ? Mais était-ce insensé de vouloir connaître sa propre histoire ? Il y avait encore tant de zone floue concernant l'histoire qui unissait mes pères, ma mère et ma naissance.

Tant de questions m'assaillaient tel un tourbillon et je ne savais pas si je devais résister ou au contraire me laisser entrainer dans cette danse folle. Aujourd'hui était comme un nouveau départ pour moi, un départ positif avec toute ma famille réunie.

Voulais-je commencer cette nouvelle étape de ma vie ainsi avec tant de doutes, d'incertitudes, de questions et ce secret assourdissant planqué dans le sous-sol ?

Non, il fallait que j'en finisse et que je mette tout ceci derrière-moi. Puis, si ça se trouvait, je m'étais laissé torturer pendant des jours à l'idée d'ouvrir cette enveloppe qui peut-être n'était qu'un canular et ne contenait rien, même si l'étudiant de mon père avait l'air très sûr de lui en me la remettant.

Prenant une profonde inspiration, je quittai mon dressing, attrapai mon téléphone sur mon bureau puis descendis au sous-sol. Côme était dans sa chambre entrain de peaufiner son costume, Daddy était en pleine discussion avec les différents prestataires qui devaient nous aider pendant la fête : animateur, traiteur, barman, serveurs et j'en passe. Papa quant à lui rattrapait quelques heures de sommeil après son service de nuit d'hier soir.

Sans perdre de temps, je me dirigeai vers le fond de la scène puis soulevait les deux dernières lattes afin d'en sortir l'enveloppe qui était complètement froissée. Je m'assis au même endroit, tout en regardant encore avec hésitation la raison de ma présence ici.

Pas un bruit ne régnait au sous-sol, tout était calme et silencieux, presque solennel...comme si les anges savaient que je m'apprêtais à vivre un grand moment.

Inspirant un bon coup, je me lançai puis l'ouvris prudemment afin d'en sortir son contenu.

Quoi ? Incroyable...tout est plastifié, remarquai-je surprise.

Il y avait plusieurs documents, certains ressemblaient à des rapports médiaux. Vérifiant de plus près, je compris que j'avais vu juste car le logo de l'hôpital où travaillait mon père était porté dessus mais ce qui était étrange était que les documents semblaient avoir été coupés...le format était étrange.

Je les mis de côté pour le moment puis m'intéressai au reste du contenu. Je trouvai également des rapports de police. Un petit livret format A4 d'à peine 3 pages attira mon attention.

Oh...qu'est-ce que c'était que ça ? me demandai-je en attrapant l'objet de mon interrogation.

Sur la première page il y avait d'écrit :« Témoignages des N.N.N » source page FaceBook du groupe.

Les N.N.N ? l'ancien groupe de mes pères ? pensai-je surprise.

Évidemment, j'en avais entendu parler des millions de fois, j'avais également visionné tous leurs concerts grâce aux vidéos que possédaient mes pères mais sur les réseaux sociaux, il n'y avait plus de trace d'eux car ils ne faisaient plus de prestations et n'avaient plus de quoi alimenter leurs pages respectives. C'était mes tantes Clary et Izzy qui s'occupaient de la communication du groupe, alors à l'époque, quand tout s'était arrêté pour le groupe et que tante Catarina et oncle Ragnor avaient pu lancer leur carrière et percer de leur côté, ils avaient tous décidé qu'il était temps de clôturer ce chapitre de leur vie. C'est à cette période qu'ils avaient supprimé leur compte Facebook et Instagram...je ne devais avoir que 4 ou 5 ans à l'époque.

Les yeux pétillants, j'ouvris le livret, curieuse d'en apprendre plus sur le phénomène que représentait le groupe de musique de mes pères à l'époque. À cet instant, j'en avais oublié tout le reste, j'étais juste excitée à l'idée de découvrir une partie de leur histoire quand ils étaient encore que des lycées passionnés et fou de musique.

J'entrepris ma lecture, un énorme sourire aux lèvres.

N.N.N
Groupe de Musique

« Here we are les amis...nous démarrons notre semaine spéciale avec les témoignages vidéo du groupe. L'hashtag #moiaussijecompte est lancé ! »

« Lundi

Témoignage de Simon Lewis - claviériste des N.N.N. »

— Oncle Simon ! m'exclamai-je aux anges.

« Salut tout le monde, je suis Simon Lewis, membre officiel des N.N.N depuis trois ans déjà. Intégrer le groupe fut la meilleure chose que j'ai faite de toute ma vie, j'y ai trouvé plus que je ne l'aurais pensé, j'y ai trouvé une seconde famille. Je ne vais pas avoir la prétention de dire que je sais ce que ça fait que de toucher le fond...la vie m'a bien épargné jusqu'à maintenant, j'ai la chance de pouvoir être un ado heureux et épanoui entouré de personnes aimantes mais je sais qu'il n'en est pas toujours le cas et que beaucoup de jeunes de mon âge ont déjà dû subir et traversé pour leur jeune âge des moments atroces et difficiles. J'ai vécu certaines choses à travers la vie de mes amis et je peux vous assurer que quand on voit un ami souffrir, on se sent en colère car on a l'impression d'être inutile et impuissant mais c'est faux. Peut-être que vous aussi avez déjà expérimenté ça mais sachez que le soutien que vous apportez dans ces moments est capital, parfois il ne faut pas grand-chose, une tape amicale, une oreille attentive, un sourire ou dans notre cas se perdre dans la musique pendant des heures. Peu importe le moyen que vous choisirez, n'ayez pas peur de montrer à vos amis que vous êtes présents pour eux et que vous les soutenez quoiqu'il en coûte parce que vous aussi vous comptez #moiaussijecompte ».

Après la fin de ce premier témoignage, mon excitation et ma bonne humeur étaient retombées en flèche. J'avais l'impression que ce que j'allais découvrir à travers ces témoignages, n'allait pas être joyeux du tout. Visiblement ils étaient comme des confessions, un cri du cœur...je ne comprenais pas vraiment le contexte dans lequel ils avaient été écrits mais une chose que je savais sur les N.N.N, était qu'ils étaient un groupe engagé et défendait de nombreuses causes.

De quels amis parlaient oncle Simon ? Et de quelle souffrance ? J'étais de plus en plus intriguée.

« Mardi

Témoignage de Catarina Loss – Chanteuse des N.N.N.

Bonjour chers fans, je suis Catarina Loss membre officiel du groupe N.N.N depuis deux ans. Quand on a vécu certains drames dans notre vie, généralement deux réactions sont possibles. La première, on se replie sur soi-même, on intériorise tout et on souffre en silence. La seconde on extériorise, on cherche un exutoire, on se confie à des proches. Dans mon cas, j'ai fait les deux. J'ai perdu mon petit-ami dans un accident de voiture il y a deux ans et demi, on était tous sous l'emprise d'alcool ce soir-là mais insouciants, on avait quand même pris la route...on se pensait invincible. Quand on est jeune, souvent, on ne réalise pas que nous sommes notre propre danger, que nous sommes notre pire ennemi. La vie n'est pas un jeu et en une fraction de seconde tout peut s'arrêter. Pour réussir à en parler ouvertement il m'a fallu du temps...beaucoup de temps et si aujourd'hui je me livre à vous c'est pour que mon histoire élève les consciences et éduque les comportements. La consommation d'alcool est un fléau, ne tombez pas dans le piège pour faire comme tout le monde ou pour paraître cool. Vous êtes unique, vous êtes cool, soyez fiers de qui vous êtes, ne cherchez pas à ressembler aux autres. La semaine dernière, j'ai avoué ce lourd secret à la totalité du groupe et ça m'a fait un bien immense. J'avais peur qu'ils me jugent pour mes erreurs passées mais ce ne fut pas le cas, au contraire ils m'ont donné leur soutien inconditionnel et le réconfort dont j'avais besoin. La culpabilité et la honte me rongent encore mais comme me l'a si bien dit un ami proche, il faut que j'apprenne à me pardonner parce que #moiaussijecompte »

Oh mon Dieu...j'étais loin de le douter que tante Catarina avait dû affronter une telle tragédie.

Une larme coula sur mes joues. J'avais l'impression que je n'avais pas le droit de lire tout ça, que je violais d'une certaine manière leur intimité. Malgré tout, plus que jamais, il y avait deux témoignages que je souhaitais absolument lire, alors sans plus tarder, je cherchais celui de mon père.

« Jeudi

Témoignage de Magnus Bane – Guitariste, pianiste et membre fondateur des N.N.N.

Chers Fans, c'est avec beaucoup d'émotions que je poste ce témoignage aujourd'hui. Vous avez l'habitude de me voir me livrer à vous sur scène caché dernière ma guitare et mon piano mais dans cette vidéo c'est à nu que je m'adresse à vous. Si nous avons décidez de partager avec vous certains aspects moins glorieux de nos vies personnelles, ce n'est pas pour vous émouvoir. L'objectif est de faire bouger les choses. C'est de faire changer les comportements, c'est de mobiliser toutes les communautés et œuvrer dans la même direction. Ce que l'on désir, c'est que chaque être humain se sente libre et en sécurité dans le pays où il vit et ce, peu importe sa couleur de peau, ses croyances, ses préférences sexuelles ou son handicap. »

Comme je m'en doutais, il y avait bien une cause à défendre derrière tout ceci. Je n'étais qu'au début du témoignage de mon père et pourtant, je sentais d'ores et déjà, que je n'allais pas m'en sortir indemne.

« La vie m'a sacrément mal mené ces derniers mois et je peux vous jurer que sans le soutien de mes amis, de ma famille et de l'homme de ma vie, j'aurais touché le fond sans aucune chance de remonter à la surface.

L'homme de ma vie. Il parlait de Daddy. Il m'avait dit qu'ils avaient entamé leur relation amoureuse lors de leur dernière année de lycée...juste après avoir rompu avec Maman.

« Comme nombreux d'entre vous, je sais ce que ça fait que de se sentir désarmer, d'avoir peur pour sa vie et pour celle de ses proches, de devoir lutter pour survivre alors que tout espoir semble perdu, d'être en vie mais de se sentir mort à l'intérieur, d'être victime de chantage, de menaces, de souffrir à s'en rendre malade, de pleurer toutes les larmes de son corps. Parfois, on se retrouve coincé dans une spirale infernale qui peu à peu nous prend toute notre force vitale jusqu'à ce qui n'en reste plus rien et nous finissons par baisser les bras et nous laisser engloutir. Dans ces moments, si vous voulez vous en sortir il vous faut absolument trouver de l'aide. Si votre famille ne vous comprend pas, chercher de l'aide prêt de vos amis, si ça ne suffit pas tournez-vous vers des associations. Elles sont si nombreuses, vous n'imaginez même pas. Ne vous isolez pas car croyez-moi, peu importe ce que vous vivez, vous n'êtes pas seul, dites-vous bien que vous n'êtes jamais seul. Il y aura toujours des obstacles à affronter et des défis à relever mais la clé c'est de trouver votre pilier, votre arche de Noé, votre bouée de sauvetage pour que vous ayez la force de continuer à lutter...de continuer à vous battre...sans relâche. Dans quelques mois je vais devoir relever le plus grand défi de toute ma vie : devenir père. Quand j'y pense j'en ai le tournis mais je sais que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas échouer car j'ai tout le soutien nécessaire que je puisse rêver d'avoir. Je suis entouré et je suis aimé.

Je suis Magnus Bane, je suis bisexuel, j'ai 18 ans, et pour rien au monde je changerai ce que je suis car c'est mon identité #moiaussijecompte. »

Je terminai de lire le témoignage de mon père les mains tremblantes mais replongeai dedans néanmoins tant j'étais abasourdie.

Il a écrit qu'il sait ce que c'est que d'être menacé ? D'être victime de chantage ? De souffrir à s'en rendre malade...mais enfin, qui avait pu lui faire vivre de telles horreurs ?

Mon père était le plus gentil des pères, le plus tolérant, le plus attentionné des êtres humains. Qui avait pu lui rendre la vie aussi injuste et difficile ? Même quand il était adolescent, je sais de source sûre qu'il avait toujours été ainsi, droit, sincère, honnête, défendant des valeurs justes et louables. Grand-père et grand-mère n'arrêtaient de me répéter à quel point mon père avait toujours été un être aussi formidable alors je n'avais pas besoin de preuves pour comprendre ce qu'il avait été à cette époque : Une victime...

Sa souffrance était palpable, je pouvais encore la sentir et elle me fendait le cœur même 10 ans plus tard.

— Papa...sanglotai-je.

J'étais déjà au 36e dessous émotionnellement quand j'entrepris la lecture du témoignage de Daddy et jamais je n'aurai pensé avoir le cœur encore plus en miette après cela...rien ne m'avait préparé à ce qui allait suivre.

« Vendredi

Témoignage d' Alexander Lightwood – Guitariste et membre fondateur des N.N.N.

Chers fans, vous êtes incroyables. Le nombre de vus, de likes et de commentaires sous chaque témoignage fait chaud au cœur. L'hashtag #moiaussijecompte est en train de devenir viral et ce, en seulement quatre jours. À partir de la semaine prochaine, on choisira un témoignage par jour parmi les nombreux que vous avez posté et on le publiera sur la page du groupe. Merci de votre engagement car il n'y a qu'ensemble que l'on réussira à faire changer les mentalités et les comportements.

Aujourd'hui c'est à mon tour de vous livrer une partie de ma vie. Je me suis fait violemment agresser il y a quelque mois, et bien qu'aujourd'hui je sois conscient que cette agression n'était pas directement liée à un acte homophobe, je dois vous avouer que la première chose à laquelle j'ai pensé, c'est celle-là. Oui je suis gay et je sais qu'on aura beau essayer de s'affirmer et de faire évoluer les mentalités sur notre sexualité, on restera toujours des cibles faciles et c'est précisément ce que je ne veux plus. Je ne veux plus avoir peur, je ne veux plus être une victime et être stigmatisé à causes de ce que je suis fondamentalement. Je suis un être humain avant toute chose et j'ai le droit comme tout le monde de tomber amoureux de la personne de mon choix. J'ai traversé l'enfer suite à mon agression, cette pure violence gratuite qui a failli me tuer à également failli me briser mentalement et moralement et j'ai dû apprendre à me reconstruire avec l'aide de ma famille, de mes amis et avec l'aide de mon meilleur ami, qui pour mon plus grand bonheur, est devenu mon petit-ami il y a deux mois. Ma force, je la puise incontestablement en lui, en son amour inconditionnel, en sa confiance et en son soutien infaillible. On luttera jusqu'au bout pour notre bonheur car nous aussi on y a droit. Ne laissez personne vous faire croire le contraire et battez-vous, oui battez-vous de toutes vos forces pour accéder à ce bonheur que vous méritez et surtout soyez fiers de ce que vous êtes, marchez la tête haute car vous comptez autant que les autres.

Je suis Alec Lightwood, je suis homosexuel, j'ai 17 ans et je sais que #moiaussijecompte. »

Je n'étais pas stupide, je savais que nous vivions dans un monde effrayant. Mes pères essayaient de me protéger, ils souhaitaient préserver mon innocence aussi longtemps de possible, toutefois, jamais ils n'avaient enjolivé les choses et ne m'avaient caché qu'aussi beau l'être humain puisse t'être, aussi moche il peut le devenir en commettant des actes ignobles contre ceux qu'il estime — selon des idéaux archaïques et infondés — ne pas mériter d'exister tout simplement. Je connaissais très bien la communauté LGBTQ+, évidemment, je connaissais ce pourquoi elle se battait au quotidien. Je savais que c'était grâce à elle et tous ceux qui s'étaient sacrifiés à l'époque, que j'avais la chance de pouvoir vivre aujourd'hui avec mes deux pères comme une famille normale, que j'avais la chance d'avoir des parents du même sexe, mariés. Pour ce droit, beaucoup se sont sacrifiés et battus, je le savais mais là, de lire que Daddy avait été victime d'une agression, jamais je ne l'avais imaginé. Jamais. Il dit que ce n'était pas un acte homophobe pour autant, alors qu'était-ce ? Qui avait osé s'en prendre à lui ? Et pourquoi ?

Un tas de question se bousculaient dans mon esprit, j'avais besoin de réponses. Je me désintéressai des témoignages un instant, puis reportai mon attention sur les autres documents qui composaient l'enveloppe. Je pris un rapport de police puis commençai à le lire.

« La victime, Camille MILANO âgée de 18 ans et enceinte de 3 semaines, a été victime de séquestration à son domicile. Des substances illicites lui ont été injectées sous la contrainte. La victime a été retrouvée par son ex petit-ami et père de son enfant, Magnus Bane, seul témoin de l'affaire. La victime se souvient avoir été bâillonnée et eu les yeux bandés avant qu'on ne lui injecte les drogues. Bien que la victime ne soit pas en mesure de nous donner une description précise de son ravisseur, elle est convaincue qu'il s'agissait d'un homme et soupçonne le petit-ami actuel de son ex, avec qui elle entretient une relation conflictuelle. Ce dernier l'ayant déjà menacé à de multiples reprises selon la victime »

Le quoi ? Le petit-ami de son ex ? Le petit-ami de son ex...Da...non...

Je m'arrêtai de lire puis déposai le rapport de police lentement...mais mains tremblaient, mes jambes tremblaient...mon cerveau ne fonctionnait plus.

Je saisi le premier rapport d'hôpital puis commençai à le lire.

« Camille MILANO, âgée 18 ans, a été admise aux urgences en arrêt cardio respiratoire du a une overdose. De la benzoylecgonine et de la morphine ont été retrouvé dans son sang ce qui laisse diagnostiquer que la patiente à ingéré de la cocaïne et de l'héroïne... »

Je poursuivis ma lecture, le cœur battant à la recherche d'un indice qui ferait mentir le compte rendu du rapport de police.

« La patiente enceinte de 3 semaines, a été retrouvée en arrêt cardio respiratoire à son domicile par son ex petit-ami, Magnus Bane... »

Tout était là...écrit là...encore une fois...noir sur blanc.

Je déposai le rapport d'hôpital puis en pris un autre. Des larmes silencieuses commencèrent à couler sur mes joues.

« Camille MILANO, enceinte de 13 semaines a été admises aux urgences suite à un accident de la route...la patiente était en hypothermie... »

Je m'arrêtai de lire aussitôt puis commençai à chercher frénétiquement dans la pile de document.

— Non...je refuse d'y croire...je refuse d'y croire...je refuse d'y croire, me répétai-je inlassablement.

Je trouvai enfin un second rapport de police que je commençai à lire en diagonale immédiatement.

« accident de voiture d'ordre criminelle...sabotage des freins...attentat... »

La séquestration...l'accident...quelqu'un avait tout fait pour que ma mère meurt et moi avec elle, j'en étais sûre maintenant. Quelqu'un qui ne souhaitait pas que ma mère et mon père ne soient liés à jamais à travers moi...quelqu'un qui souhaitait que l'on disparaisse de ce monde car nous représentions une menace pour lui...

Tout devenait claire. La raison pour laquelle il détestait ma mère et ne souhaitait pas qu'elle revienne dans ma vie. La raison pour laquelle il avait essayé de l'éloigner de moi n'était pas parce qu'elle représentait un danger pour moi mais bien parce qu'elle représentait un danger pour lui ! Il avait peur que je découvre cette monstrueuse vérité ! Cette vérité qui n'était autre qu'il ne m'avait jamais aimé, qu'il n'avait jamais voulu que je ne vienne au monde !

Ça n'a pas de sens Aria, il était le premier à vouloir que tu découvres la vérité au sujet de ta mère ! me souffla ma conscience.

— Probablement qu'il avait prévu de me mentir ! hurlai-je de rage et de souffrance.

Des larmes recommencèrent à couler sur mes joues. J'étais anéantie et déboussolée.

Mon père savait-il tout ça ? Ou refusait-il d'y croire ? Ma mère avait-elle essayé de lui faire voir la vérité ? Était-ce à cause de ça qu'elle avait fini par être internée ?

Alec a pris soin de toi depuis ta naissance, il t'aime Aria, tu fais forcément fausse route ! me souffla de nouveau ma conscience.

Mes yeux tombèrent sur des coupures de presse.

« Kidnapping d'une petite fille de 18 mois par sa mère... »

Kidnapping ? Non...impossible...il ne pouvait pas s'agir de moi...j'avais été kidnappée ? Moi ? Et par ma mère ?

Avait-elle essayé de me récupérer ? Mon père et Daddy ne voulant pas, peut-être n'avait-elle pas eu d'autres choix que ce geste extrême. D'ailleurs, m'avait-elle vraiment abandonné à la naissance ? Ou était-ce encore une manigance de Daddy ? Un mensonge de plus ?

J'étais complètement perdue et avait la sensation de suffoquer...

de l'air...j'avais besoin d'air.

Je rassemblais précipitamment les documents puis sortis du garage en courant. L'air frais me fit du bien, j'avais l'impression de respirer de nouveau même si mon cœur et mon âme étaient toujours en miettes.

Avais-je raison de croire tout ce qui se trouvait dans cette enveloppe ? Mais en même temps, pourquoi ce David me mentirait ?

Pourquoi te dirait-il la vérité s'il est ami avec ton père ? me souffla ma conscience.

C'est vrai...si Daddy et lui se connaissaient et étaient suffisamment proches pour que ce dernier lui dévoile ce lourd secret, pourquoi le trahissait-il aujourd'hui ? Qu'étais-je sensée faire ? Discuter de tout ça avec mon père ? Non...certainement pas, il se presserait d'en parler à Daddy et pour le moment, je ne savais plus quoi penser de lui.

À qui pouvais-je faire confiance ?

J'avais besoin de connaître mon histoire et visiblement le seul qui était prêt à m'aider et à tout me dire était l'étudiant de mon père mais encore une fois pourquoi ? Qui était-il vraiment ? Comment avait-il eu accès à tous ces documents confidentiels ?

J'ouvris de nouveau l'enveloppe puis cherchai à l'intérieur quelque chose de précis...une carte...avec un numéro de téléphone. Je la trouvai puis sortis mon téléphone. Je composai le numéro. Une voix me répondit au bout de deux tonalités.

« — David, j'écoute.
— Sa-salut. C'est Aria...
— Oh ! Salut...quel appel inattendu.
— Tu m'avais dit de t'appeler...
— C'est vrai mais étant donné que ça fait déjà plus d'une semaine que je t'ai remis l'enveloppe...
— Je sais. On peut se voir ? J'ai des questions...une tonne.
— Bien sûr.
— Parfait, je t'envoie une adresse. On se retrouve dans une demie heure.
— J'ai hâte »

Je raccrochai en soupirant. J'avais réussi à prendre un air détaché ce qui était une victoire, je n'avais aucune confiance en ce David, il était hors de question que je lui montre mes faiblesses. Ce mec était un parfait inconnu...je me m'étais peut-être en danger en y allant.

— Tant pis...tu dois y aller coûte que coûte ! m'encourageai-je.

— Allez où ? me questionna une voix qui venait de surgir derrière-moi.

Je fis un bond en me retournant. Mon grand-frère se tenait là, un air inquisiteur sur le visage. Il retira un élastique de sa poche arrière puis s'appliqua à nouer ses cheveux — qui étaient blonds cendrés désormais— au-dessus de sa tête, quelques mèches retombèrent devant ses yeux malgré tout.

— Comment se fait-il que tes cheveux repoussent aussi vite ? Tu les as fait couper il y a tout juste deux semaines, remarquai-je impressionnée.

— Oui je sais et d'ailleurs, c'est plutôt contraignant. Alors où comptais-tu partir en douce ?

— En douce ? Mais nulle part voyons, mentis-je.

— Qu'est-ce que c'est que cette enveloppe ? Et pourquoi as-tu les yeux rouges ? Tu as pleuré ? m'interrogea-t-il de nouveau.

Je serrai un peu plus les documents contre moi.

— Je... je vais bien et ceci...c'est...ce n'est rien d'important. J'ai fait un peu de rangement dans mon bureau, je m'apprêtais à m'en débarrasser, inventai-je.

— Laisse-les-moi, je vais m'en occuper. Daddy te cherche, il est dans le patio.

J'étais de plus en plus nerveuse, je sentais que m'éclipser de la maison n'allait pas être une mince affaire.

— Oh...d'a-ccord. Je vais aller le retrouver alors, dis-je en pivotant en direction du patio.

Je n'avais aucune envie de le voir...je savais que j'allais avoir du mal à lui cacher mes émotions.

Côme à mes côtés continuait de m'observer. Tout à coup, sans avoir eu le temps de réagir, il me prit l'enveloppe des mains.

— Rends-moi ça Côme ! m'énervai-je aussitôt

— Je vais t'aider à t'en débarrasser, me dit-il une lueur étrange dans le regard.

Ok...il n'avait pas cru à mon excuse.

— Non ! Je peux le faire moi-même ! Rends-là moi ! insistai-je au bord de la crise de nerfs.

Mon frère regarda l'enveloppe puis me dévisagea.

— Sais-tu que ton attitude est très suspicieuse ? Avec qui étais-tu au téléphone avant que je n'arrive ?

J'ouvris la bouche, prête à sortir une autre histoire montée de toute pièce..

— Je te préviens petite sœur, m'avertit-il. Un mensonge de plus et j'apporte cette enveloppe aux parents, me menaça-t-il très sérieusement.

Des larmes de colère me montèrent aux yeux.

Pourquoi me faisait-il ça ? J'étais déjà suffisamment bouleversée et perturbée par tout ça. Je souhaitais juste connaitre la vérité et en finir mais le destin avait visiblement d'autre plan...et comme si le timing n'était pas déjà suffisamment mauvais, mon téléphone se mit à sonner. J'y jetai un coup d'œil et devinai aussitôt l'identité de l'appelant. Côme me jeta un regard qui ne présageait rien de bon puis me tendit la main. Je le regardais sans comprendre.

— Donne-le-moi, m'ordonna-t-il.

— Quoi ? Mais...mais non ! Tu exagères-là !

Sans attendre mon autorisation, il m'enleva le téléphone des mains comme un peu plutôt avec l'enveloppe puis décrocha en mettant le haut-parleur.

« — J'attends toujours l'adresse Princesse, dit David aussitôt.
— Princesse ?! S'indigna mon frère. Qui êtes-vous et que voulez-vous à ma petite sœur ? »

Il y eut un long silence.

« — Si tu es curieux, tu n'as qu'à l'accompagner...Côme. »

Mon frère et moi écarquillâmes les yeux.

« — Vous...vous me connaissez ?

David se mit à rigoler.

« — Je sens que cette rencontre va être très intéressante. Aria tu as 5 minutes pour m'envoyer l'adresse, autrement tu peux faire une croix sur ce que je sais. »

« — Quoi ? Attends... ! commençai-je. »

Il raccrocha.

— Aria, que se passe-t-il ? Qui est ce type ? On peut clairement entendre qu'il est plus âgé que nous. D'où le connais-tu ? Et comment me connait-il ?

Côme avait beaucoup de questions en ce moment mais moi aussi j'en avais et depuis longtemps.

— Je t'en supplie, il faut que je le rencontre, il est le seul à pouvoir me révéler la vérité sur mon enfance, sur ce qu'il s'est passé entre Papa, Daddy et ma mère.

— Quoi ? Mais enfin si tu as des questions tu dois les poser aux parents et non pas un étranger !

— Mais ils ne veulent rien dire et je comprends mieux pourquoi ! Ça fait des années que ça dure ! Tout ce qu'ils disent c'est qu'ils essaient de me protéger ! Mais c'est faux ! Le danger est sûrement parmi nous depuis des années !

— Quoi ? Mais que racontes-tu ? Aria, sois patiente. Les choses finiront par rentrer dans l'ordre.

— Patiente ? Tu le serais toi après avoir vu tout ça ! m'agaçai-je en pointant l'enveloppe.

Côme était de plus en plus confus, je le voyais à ses expressions. Je récupérai mon téléphone ainsi que l'enveloppe puis envoyai l'adresse de notre lieu de rencontre à David.

— Je dois y aller, je sais que tu ne comprends pas tout pour le moment mais c'est important pour moi, je t'en supplie, je n'aurai peut-être pas d'autres occasion, j'ai besoin de connaitre la vérité, aide-moi...

Mon frère soupira longuement.

— On sera vite de retour ! Allez, s'il te plait ! Insistai-je.

— Aria...aujourd'hui nous fêtons ton anniversaire. Les parents t'ont préparé une fête grandiose. Écoute, je te promets que demain, je t'accompagnerai où tu voudras mais pas aujourd'hui. Daddy te cherche, comment veux-tu que nous lui expliquions que nous devons quitter la maison ? Il nous posera de nombreuses questions et je ne veux pas lui mentir. Demain, nous irons faire un tour au parc, tu donneras rendez-vous à ce type à ce moment-là.

— Non Côme ! Comment veux-tu que j'ai la tête à faire la fête après avoir lu tout ça ! criai-je en lui balançant l'enveloppe dessus.

Il l'attrapa au vol.

Furieuse, blessée et peinée, je partis en courant en direction de la maison puis montai m'enfermer dans ma chambre où je pleurai toutes les larmes de mon corps. C'était officiel, aujourd'hui était le pire jour de ma vie.

Fin du chapitre