Chapitre 29 - Conspirations
PDV Aria
À quel moment la situation avait-elle autant dégénéré ? Tout avait si bien commencé... J'avais rencontré David au parc, nous avions discuté longuement et il m'avait raconté en détail toute mon histoire et celle de ma famille...histoire qui lui avait racontée à son tour par nul autre que mon père...Alec. C'était ses dires mais je n'y avais pas cru au début. C'était absurde ! Pourquoi un professeur se confierait-il à son étudiant sur sa vie intime et personnelle ? Alors, je m'étais énervée et l'avait traité de menteur et c'était là, pour m'achever et me faire taire une bonne fois qu'il m'avait annoncé que Daddy et lui entretenaient plus qu'une simple relation d'étudiant et de professeur...qu'ils étaient amoureux.
Cette nouvelle-là, je ne m'y attendais pas. J'étais venue à sa rencontre afin d'en savoir plus sur les documents qu'il m'avait remis et non pas pour entendre de telles conneries ! Convaincue qu'il était fou, je m'étais levée, prête à le laisser planter-là, lui et ses hallucinations, quand il m'a dit avoir des preuves et que mon père était aussi au courant. Il avait alors sorti son téléphone et m'avait montré des centaines de messages qu'ils s'étaient échangés avec Daddy, des messages où Daddy se confiait à lui sur notre vie, sur le fait que ma mère était de retour, qu'il en voulait à Papa d'avoir accepté que je la rencontre..qu'il m'en voulait à moi aussi. Tout. Il avait tout raconté à David. Horrifiée par ce que je lisais, je m'étais laissé retomber sur le banc, complètement abattue.
Je venais de sombrer en enfer. Tout avait commencé bien avant que je ne vienne au monde. Mon père et ma mère sortaient ensemble au lycée, Alec et mon père étaient meilleurs amis. Ça, je le savais déjà mais ce que je ne savais pas, c'était que ma mère était celle derrière l'agression d'Alec, celui dont il avait parlé dans son témoignage. Il avait failli mourir, avait été dans le coma, avait eu de nombreuses fractures et membres cassés, la violence de l'agression était palpable et me donnait des frissons. Ce que je ne savais pas, c'était que ma mère avait voulu se venger de lui par cet acte. Il avait essayé de lui faire du mal pendant sa grossesse...pendant qu'elle m'attendait moi.
Je n'arrivais pas à croire que ma mère et Daddy avaient pu commettre des choses aussi monstrueuses les unes que les autres. Daddy avait attenté à sa vie et la mienne et ma mère à celle de Daddy...ma famille n'était pas celle que je pensais être. Selon David, Daddy était jaloux de la relation qu'entretenait mon père et ma mère et avait tout fait pour les séparer. Il avait réussi mais ne s'attendait pas à ce que ma mère soit enceinte de moi, alors il avait essayé encore une fois, de l'évincer.
Ma mère avait failli mourir à de multiples reprises pendant la grossesse. Séquestration, drogues, d'alcool, accident de voiture, hypothermie. Sans parler du fait qu'elle avait développé sa maladie mentale à ce même moment. Je me demandais comment j'avais pu survivre à tout ça et venir au monde. L'histoire de ma naissance était un cauchemar vivant. J'étais un accident de parcours, je n'aurai pas dû exister.
Alors oui, mon père avait pris soin de moi et je savais qu'il m'aimait de toute son âme aujourd'hui mais je lui avais tout de même gâché sa jeunesse, rendu ses études encore plus compliquées et par-dessus tout, je lui rappelais ce lien incassable qui existaient entre lui et ma mère. En était-il heureux ? Aimait-il toujours ma mère ? Il semblait vraiment la détester mais pourquoi ? À cause de ce qu'elle avait fait à Alec ? Mais comment pouvait-il en vouloir à ma mère et ne pas en vouloir à Alec pour toutes les monstruosités qu'il avait faite ? Était-il informé de toute la vérité ? Savait-il exactement avec qui il était réellement marié depuis toutes ces années ?
Allongé au sol, sur ce qui semblait être un matelas. J'avais horriblement mal à la tête et ma bouche était pâteuse.
Où étais-je ?
Il faisait très sombre, seul un faisceau de lumière s'échappant de dessous la porte me permettait de ne pas être complètement aveugle.
Je ne savais pas comment j'avais fini par me retrouver enfermée dans cette pièce. Après ma conversation avec David, j'avais été complètement désemparée. Je lui avais dis que je voulais être seule, ce qu'il avait compris. Il était donc parti et m'avait laissé avec mes pensées mais le parc était bondé et j'avais besoin d'un endroit calme pour exprimer ma tristesse et aussi réfléchir. C'est ainsi que je m'étais isolée à la lisière des bois qui bordait le parc. Assise sur des lierres, le dos appuyés contre un chêne, j'avais encore vue sur le parc mais au moins, les cris et les exclamations de joie incessants ne me dérangeaient plus.
Côme et moi avions l'habitude de faire des randonnées dans ces bois quand nous venions au parc, les sentiers à emprunter étaient bien indiqués, tout m'était familier. Ces moments ici ensemble avaient toujours été merveilleux, mais aujourd'hui, j'étais malheureuse et en colère, j'étais aussi déboussolée et me sentais anéantie, plus je repassais ma conversation avec David, plus mon cœur me faisait mal. Je ne savais pas quoi faire et me sentais très seule.
L'alarme de mon téléphone s'était mise à retentir m'indiquant que cela faisait une heure que j'avais quitté la maison. Côme allait finir par s'inquiéter mais je n'étais pas en état de rentrer, en état d'affronter mon père...de voir Daddy et son hypocrisie, de voir ma mère, de fêter mon anniversaire, j'avais juste envie de continuer à pleurer encore et encore, jusqu'à ne plus pouvoir.
Sans y réfléchir d'avantage, j'avais écrit un message à mon frère, un simple S.O.S. Je savais qu'il viendrait à moi aussi vite que possible et m'aiderait à sortir de la torpeur dans laquelle je me trouvais actuellement. Je me souviens avoir rangé ensuite mon téléphone puis fermer les yeux un instant afin de me reposer. Je me souviens m'être sentie très épuisée, épuisée par mes larmes intarissables et c'est tout, ensuite, je m'étais réveillée dans cet endroit avec un mal de tête atroce.
Regardant de nouveau autour de moi, je ne distinguais pas grand chose. L'endroit ne semblait pas délabré pour autant. Il y avait une odeur floral dans l'air, je sentais du parquet sous mes doigts, le matelas était recouvert d'un drap qui sentais la lessive...je ne comprenais rien à rien. Avais-je était kidnappée ?
— Au secours ! Il y a-t-il quelqu'un ? criai-je de toutes mes forces. Au secours ! Au secours !
J'entendis la porte se déverrouiller. Plissant des yeux, je tentai de discerner la silhouette qui pénétrait dans la pièce...ma surprise se faisait plus grande, à mesure que je reconnaissais de qui il s'agissait.
— Mais...mais quoi ? Maman ?!
— Aria ! s'exclama-t-elle en courant vers moi.
Elle me releva puis me serra très fort dans ses bras, je la repoussai violemment.
— Alors c'est toi qui est derrière tout ça ! Tu as décidé de m'enlever de nouveau ! l'accusai-je.
Elle me regarda d'un air interdit.
— Aria...calme-toi, ce n'est pas ce que tu crois.
— Pourquoi faut-il toujours que tu commettes des actes aussi horribles !
— Ma fille, je t'assure que je n'y suis pour rien ! J'ai reçu un message anonyme avec une photo de toi attachée et bâillonnée, me disant que tu étais en danger et que si je ne venais pas à cette adresse, je risquais de ne plus jamais te voir !
— Tu mens ! Ai-je l'air d'être bâillonnée et attachée ? lui dis-je en lui montrant mes poignets.
— Je...écoute, c'est la vérité Aria, je te le jure ! Je n'ai aucune raison de te mentir. Viens, nous devons partir d'ici...
J'étais méfiante. Et si elle avait décidé de me faire quitter le pays et que je ne revoyais plus jamais mon père...non, je ne pouvais pas lui faire confiance.
— Non, je ne te suivrais pas. Je sais que tu m'as déjà enlevé quand j'étais bébé.
— Comment es-tu au courant de ça ? C'est ton père qui te l'a dit ? Ou peut-être Alec...
— Donc...tu ne le nies même pas
— Aria, j'ai commis de nombreuses erreurs et celle-ci en fait partie...je le reconnais, je ne vais pas te mentir.
Le faite qu'elle me confirmait que c'était la vérité me faisait encore plus mal car cela signifiait que David ne m'avait pas menti...tout était vrai...
— Maman, je te comprends...je te le promets. Je suis au courant de tout ce que t'a fait subir Daddy, tu as riposté comme tu le pouvais mais ça reste mal. Papa me dit toujours qu'on ne doit pas résoudre la violence par la violence.
Ma mère me regardait avec méfiance à son tour.
— Tu...commença-t-elle. Que sais-tu exactement ?
Tout à coup, la porte s'ouvrit de nouveau. Ma mère et moi nous figeâmes.
— Elle sait tout...dit une voix, tandis que la lumière illuminait la pièce comme par magie.
Choquée, David se matérialisa. Il avait un sourire carnassier sur le visage.
— David...fis-je abasourdie.
— Toi qui voulais tant rencontrer ta mère et qui avait tant de questions, je vous ai organisé cette petite rencontre.
— C'est donc toi qui m'a emmené ici, compris-je.
— Évidemment !
— Qui êtes-vous et que voulez-vous ? lui demanda ma mère.
— Qui je suis n'a pas beaucoup d'importance, ce que je veux en l'occurrence...
Il s'humecta les lèvres puis sortit son téléphone. Quelques secondes plus tard, une photo se matérialisa sur son écran. Ma mère éclata de rire.
— Lightwood ! Ce que vous voulez c'est Lightwood ! fit-elle avec incrédulité.
— Oui...tu dois bien connaître ce sentiment Camille MILANO...vouloir quelque chose à tout prix et commettre l'impensable pour l'avoir.
J'observais ma mère attentivement. Une aura étrange émanait d'elle tout à coup. Son regard devint sombre, il était comme empreint de folie et elle semblait s'en délecter.
— Oui...fit David, tu vois parfaitement savoir de quoi je parle lui dit-il en la regardant avec cette même folie dans le regard.
— Peut-être bien mais je ne vous laisserai pas mettre ma fille en danger pour autant.
— Ce n'était pas mon intention, d'ailleurs, c'est pour cette raison que je t'ai fait venir...pour qu'elle ne soit pas seule et que tu lui tiennes compagnie et veille sur elle pendant que je mets à exécution mon plan. Alors, vas-tu coopérer ? Vous avez tout le confort ici. Restez-là toutes les deux et le moment venu, je vous libérerai.
Ma mère me regarda longuement.
— Entendu, si vous me promettez qu'il ne sera plus en travers de ma route, accepta-t-elle.
Je n'en revenais pas. Je me laissai retomber sur le matelas.
— Alors cette guerre ne cessera donc jamais ? dis-je au bord des larmes.
— Aria, notre vie sera meilleure quand Alec ne sera plus dans les parages. Il n'est pas celui que tu penses être, il ne te mérite pas et ne mérite pas ton père.
— Hey, doucement, je n'ai pas l'intention de le faire disparaître ! intervient David.
— Faîtes-en ce que vous voulez, du moment que vous l'éloignez de ma fille.
— C'est parfait, accepta David.
Je devais bien admettre que ma mère avait raison, Daddy n'était pas celui que je pensais. Il m'avait menti et trahi pendant toutes ses années. Il avait trahi la confiance et l'amour que j'avais pour lui. Probablement qu'il mentait aussi à mon père...je l'espérais car je refusais de penser qu'en dépit de tout ce que Daddy avait fait, il avait décidé de l'épouser et de faire de lui mon père. Je refusais de penser qu'il avait permis à celui qui avait tenté de tuer sa propre fille d'entrer dans notre vie.
PDV Alec
C'était l'effervescence à la maison, tout le monde s'activait pour que la fête d'anniversaire d'Aria soit une réussite, j'avais mis les petits plats dans les grands et était ravi du résultat. Le séjour ressemblait désormais à un salon de manoir du 17e siècle. Sergio avait fait des merveilles. Chandelles et chandeliers, tableaux anciens, vases en porcelaines, fausses colonnes en marbre, tout y était. Ma fille n'allait pas en croire ses yeux.
En parlant de ma princesse, elle brillait par son absence tout comme Côme et Drew qui était arrivé il y a une heure déjà.
Étrange...
— Alec, il faut absolument que tu goûtes ce cocktail ! me dit Malik, qui se dirigeait vers moi avec un verre en forme de coupe incrusté de faux rubis.
— Merci, lui dis-je en portant la coupe à mes lèvres.
Un large sourire illumina son visage, montrant ainsi ses dents impeccablement blanches.
— Waouh...fis-je en toussant légèrement. C'est incroyablement bon ! Mais très fort. Combien d'alcools différents il y a-t-il là dans ?
— Trois ! fit-il fier de lui. Je l'ai baptisé le Cocktail Opéra.
Je fronçai les sourcils.
— Pourquoi cela ? lui demandai-je franchement curieux.
— Parce qu'une fois que tu l'auras terminé, tu ne pourras pas t'empêcher de chanter, me dit-il en explosant de rire.
Visiblement, il avait préparé cette petite réplique !
— Dans ce cas, tiens, je vais m'abstenir de le terminer mais il est délicieux.
— Merci, me dit-il en reprenant le cocktail. J'ai fait une version mocktail pour les enfants.
— Parfait. En parlant d'enfants, je vais regarder ce qu'ils font, c'est étrangement calme. Je monte une minute, je reviens, l'informai-je.
Il acquiesça puis retourna au bar. Je m'apprêtai à monter au premier quand mon regard tomba sur la porte d'entrée de notre suite parentale, où mon homme dormait paisiblement. Je rebroussai chemin puis me dirigeai vers elle. Je voulais m'assurer qu'il n'était pas dérangé par le bruit même si je savais que notre chambre disposait d'une isolation phonique. J'entrai doucement puis refermai derrière moi. Il était toujours endormi, allongé sur le dos, la respiration régulière, la couette recouvrant que la partie supérieur de ses cuisses. Je m'approchai puis déposai un baiser sur son torse nu puis un autre sur le petit cœur rouge qu'il s'était fait tatouer pour moi, avant de remonter la couette jusqu'à son cou. Je restai là à le contempler un moment.
Magnus me manquait terriblement. Notre relation était toujours très fragile et il était toujours distant. Plus je redoublais d'efforts afin de reconstruire ce qui avait été brisé, plus je paniquais car je le sentais s'éloigner de jours en jours. Je ne savais plus quoi faire, j'étais perdu mais je ne perdais pas espoir pour autant car il m'avait juré qu'il essaierait, qu'il m'aimait toujours et qu'il ne souhaitait pas me perdre. Je m'accrochais à ces quelques mots comme à une bouée de sauvetage...c'est tout ce qu'il me restait.
Je déposai un dernier baiser sur ses lèvres puis quittai la chambre.
En arrivant au premier, j'allai dans la chambre de Côme sans perdre de temps mais la retrouvais vide. De plus en plus intrigué, je me dirigeai vers celle d'Aria. Je frappai puis entrai dans le même élan. Côme et Drew étaient bien présents mais sans ma fille, ils arboraient tous les deux une drôle d'expression.
— Que faites-vous ici les garçons? Où est Aria ?
Drew et Côme échangèrent un regard. Sans dire un mot, mon fils me tendit une grosse enveloppe marron en papier kraft. J'avais un mauvais pressentiment. J'ouvris précipitamment l'enveloppe puis renversai le contenu sur le lit de ma fille. Au fur et mesure que je comprenais de quoi il s'agissait, la panique m'envahissait.
— Côme...où est ta sœur actuellement.
— Elle est partie retrouver un certain David au parc. J'ai essayé de l'en empêcher, je te le jure mais elle est partie sans que je m'en aperçoive...me dit Côme dont les larmes coulaient désormais sur ses joues.
— David...dis-je les poings serrés. Il ne comprendra donc jamais ! m'énervai-je en balançant la pile de document sur le sol.
— Oncle Alec...calme-toi. Aria est en danger, me dit Drew.
— Quoi ? dis-je abasourdi.
— Elle m'a envoyé ce message il y a quelques minutes, me dit Côme en me tendant son téléphone.
D'Aria : S.O.S
Hors de moi, je sortis mon téléphone puis composai le numéro de David. Je tombai directement sur la messagerie.
— Écoutez-moi bien tous les deux. Je vais partir chercher Aria, vous ne devez rien dire à Magnus.
— Alec...se plaignit aussitôt Côme qui était contre de toute évidence.
— Côme, je sais, mais la situation avec Magnus est délicate, je peux régler ça tout seul, fais-moi confiance, je vais la ramener sain et sauve.
Côme et Drew échangèrent un nouveau regard. Ils me faisaient penser à Magnus et moi.
— D'accord, finit par dire Drew. Mais tu as deux heures. Si dans deux heures tu n'es pas de retour, on informera Oncle Magnus.
— Entendu, deux heures.
Je redescendis en trombe, attrapai mes clés de voiture puis me précipitai au garage tout en essayant de rappeler cet enfoiré de David. Il décrocha enfin.
« — David ! Bordel à quoi joues-tu ? m'emportai-je
— On se détend Alec ! J'allai justement t'appeler. Tu en as mis du temps à me contacter. Viens-tu seulement de réaliser qu'un de tes enfants manquait à l'appel ? »
J'inspirai un bon coup puis repris plus doucement
« — Qu'est-ce que tu veux ?
— Toi...c'est simple.
— Tu peux rêver, jamais ça ne se produira.
— Penses-tu être en position de négocier ?
— David...
— Voici le deal, tu me rejoins à l'adresse que je vais t'envoyer et je relâche ta fille.
— Tu es un bel enfoiré en fait !
— Non, je suis un homme qui peut enfin se considérer comme tel grâce à toi et à tout ce que tu as fait naître en moi. Tu as ouvert la boîte de pandore et maintenant j'en veux plus. Tu as trente minutes ».
Il raccrocha. Mon téléphone bipa aussitôt m'annonçant l'arrivé d'un message...c'était l'adresse. Je montai en voiture puis l'entrai dans le GPS avant de me mettre en route. J'en avais pour vingt minutes. »
Je ne réalisai toujours pas ce qui était en train de se produire. David avait kidnappé Aria, il lui avait également donné un dossier truffé de mensonges. Je n'avais lu entièrement tous les documents mais suffisamment pour réaliser que la vérité avait été modifiée et pas en ma faveur. Que cherchait-il à faire ? Monter ma fille contre moi ? Me faire passer pour un monstre sans cœur ? Il a dit qu'il me voulait. Qu'attendait-il de moi ? Je préférais ne pas y penser...David était tordu, je le savais maintenant.
J'arrivai à l'adresse indiquée...
— Un putain d'hôtel ? fis-je surpris.
Il m'avait donné rendez-vous dans un hôtel mais ne m'avait donné aucun numéro de chambre ou autre ?
J'étais pommé. Mon téléphone bipa au même moment.
David : Tu es très ponctuel...présente toi à l'accueil.
Je regardai autour de moi. Il m'avait vu arriver c'était certain. Je rangeai mon téléphone puis entrain à l'intérieur. L'hôtel était très luxueux mais pas pompeux, la décoration était chic et élégante avec des tons blancs dorés. Je me dirigeai vers l'accueil ou une hôtesse se trouvait. Je ne savais même pas ce que j'allais lui dire.
— Euh...bonjour, dis-je hésitant.
— Bonjour Mr Lightwood, nous sommes ravis de vous accueillir. Mr Saint-James vous attend dans la suite 312.
Hochant la tête, je partis en direction des ascenseurs sans même la remercier tant j'étais choqué.
Je savais que David était riche mais cet hôtel lui appartenait-il ? Ou appartenait-il à sa famille ? Comment l'hôtesse me connaîtrait-elle autrement ?
Tandis que l'ascenseur me conduisait à la suite, je me demandais quelles étaient ses intentions et surtout j'étais inquiet de ce que j'allais devoir sacrifier pour sauver ma fille. Peu importait, j'étais prêt à tout. Magnus ne me le pardonnera jamais si quoique ce soit arrivait à Aria. Notre relation ne tenait déjà qu'à un fil, je savais qu'avec cet incident en plus, je le perdrai définitivement.
L'ascenseur s'arrêta enfin. Je descendis d'un pas nerveux et constatai qu'il n'y avait que deux portes à cet étage. Je me dirigeai vers la 312 puis sonnai. David m'ouvrit dans la seconde puis m'attirai à l'intérieur avant de me plaquer aussitôt contre mur et de plonger sur mes lèvres. Il m'embrassa sauvagement, sa salive avait un goût de vodka, je le repoussai violemment, puis m'avançant, collai mon poing dans son visage.
Il éclata de rire.
— Ça c'est pour avoir osé poser tes mains sur ma fille !
— C'est sur toi que j'ai envie de les poser, me dit-il en s'essuyant les lèvres.
— David, où est Aria dis-je en la cherchant des yeux.
Il rigola de nouveau.
— Ne me dis pas que tu pensais la trouver ici ?!
— C'est pour ça que je suis venu ! Pour la ramener à la maison !
— Et ce sera le cas...si tu me satisfaits me dit-il en s'approchant de nouveau.
— N'avance pas...je te préviens David, si tu fais un pas de plus, je te remets mon poing dans la figure !
— De ce que je vois, tu n'es pas très motivé à sauver ta fille. Devrais-je te dire avec qui elle est en ce moment ?
— Que veux-tu dire par là ?
— C'est simple. En ce moment même Aria partage un moment mère-fille très agréable. Un mot de ma part et je les aide à quitter ce pays pour toujours...tu pourras expliquer à Magnus à cause de qui sa fille bien aimée lui a été enlevée.
Camille ? Était-elle de mèche avec David depuis le début ? Horrifié par la tournure que prenait la situation, je n'osai plus bouger ni parler. Les choses étaient plus graves que je ne le pensais, surtout si Camille était impliquée.
Le téléphone de la suite se mit à sonner.
— Ne bouge pas, m'avertit-il en partant décrocher.
"— Je t'avais demandé de ne pas me déranger Tamy, l'entendis-je dire "
J'étais de plus en plus convaincu que cet hôtel lui appartenait...
"— Oh vraiment ? C'est bon... »
Un sourire victorieux aux lèvres, David raccrocha puis se rapprocha de moi. Il me plaqua de nouveau contre le mur.
— Où en étions-nous Alec ? Ah oui...deux choix s'offrent à toi, me murmura-t-il. Me satisfaire ou la perdre...décide-toi, me dit-il en faisant glisser sa main le long de ma cuisse jusqu'à mon sexe.
— Fais ce que tu veux de moi David mais jamais je n'aurai une érection pour toi...jamais.
— Tu restes un homme Alec...même si tu ne le veux pas, ton sexe s'érigera pour moi...c'est physique.
Il commença à me caresser par-dessus mon jean tout en m'embrassant dans le cou...je fermai les yeux de dégouts.
Tu dois tenir Alec...pour Aria, pour Magnus . Tu dois faire ce qu'il faut pour sauver ta famille, me répétai-je inlassablement.
— Promets-moi que tu la laisseras repartir après, lui dis-je en posant ma main sur la sienne pour l'arrêter.
— Je te le promets elle sera libre, me dit-il en collant son corps contre le mien.
David était déjà dure, son érection était impressionnante, j'étais sur qu'elle était douloureuse.
— Fais-moi jouir Alec, toi seul le peut...me supplia-t-il presque.
Je regardais autour de moi et calculais les chances que j'avais de lui administrer un coup de pied dans son entre jambes avant de m'enfuir mais quelles en seraient les conséquences ? Il détenait Aria je ne sais où, cette dernière était avec sa mère...j'étais coincé.
Prenant une profonde inspiration, je défi la ceinture de la robe de chambre qu'il portait, elle retomba au sol exposant ainsi son corps nu et son sexe.
Je m'agenouillai devant lui.
— Très bien, je ferai ce que tu voudras; abdiquai-je.
Ravi, David plaça ses mains dans mes cheveux puis me guida vers son sexe. Il était tellement excité que son membre palpitait sans relâche, les veines étaient très apparentes, prêtes à exploser.
Avait-il déjà joui auparavant ? Étais-je sa première fois ?
Qu'est-ce que tu en as foutre Alec ? Suce-le qu'on en en finisse ! me pressa ma conscience.
Je fermai les yeux puis m'apprêtais à le prendre en bouche quand la porte de la suite s'ouvrit brusquement. Surpris, je pivotai la tête et me retrouvai projeter dans mon pire cauchemar.
Oh non...Magnus.
Fin du chapitre.
Mot de l'auteur : À ceux qui me lisent, j'espère que vous avez apprécié ce long chapitre !
Je tenais à vous informer que la suite arrivera plus lentement :(. Les prochains chapitres sont émotionnellement compliqué à écrire. Je préfère prendre mon temps afin de pouvoir vous faire vivre le plus justement possible chacune des émotions de nos personnages, j'espère que vous saurez être patients et que ma fiction vous plaît toujours !
À très vite et laissez moi vos commentaires ! Ça m'aidera à avoir plus d' inspiration et de motivation ;)
