Pour cette nouvelle semaine du calendrier, j'ai décidé de la débuter avec un duo atypique mais pourrait avoir une merveilleuse dynamique: Camus et Ikki.

Je ne sais pas pourquoi mais j'apprécie ce duo. Et j'insiste sur duo et non couple parce que je ne ne mets pas ensemble un adulte et un adolescent.

Merci ShaSei pour ton commentaire. Je te rassure, je suis plus pour les couples hétéros chez les Bronzes donc Shun je le vois plus avec June. Je passerais sûrement à l'occasion te lire sur Wattpad.


Ikki n'avait jamais été un grand bavard. Il préférait garder sa douleur pour lui. Néanmoins, cela le rongeait plus qu'il ne le pensait. Parfois, il avait l'impression qu'un immense poids écrasait sa poitrine. Il tentait de l'ignorer mais il revenait toujours. Encore et encore et jour après jour, le saint du Phénix le sentait devenir de plus en plus pesant. Il avait l'impression qu'il allait imploser tellement cela devenait douloureux et inconfortable.

En parler. Il devait confier sa peine à quelqu'un. Ikki le savait mais il ne savait pas à qui se livrer. En fait, il savait surtout à qui ne pas se confier. C'est à dire à ses frères d'armes. Il ne voulait pas les accabler alors qu'ils avaient eux-même leur propre douleur.

Bien sûr, il avait pensé à Shaka mais il n'avait pas trop envie de lui parler de ça. Il sentait que le saint de la Vierge ne saurait pas comment le conseiller. Mais alors, qui ? Il n'avait personne.

Assis dans les gradins d'une arène vide, le saint du Phénix regardait dans le vague en refoulant sa souffrance quand il entendit des pas dans son dos. Il se tourna et son regard croisa celui de Camus.

- Tu peux rester, lui dit le saint du Verseau en s'installant un peu à l'écart. Je ne te dérangeais pas.

Il ouvrit le livre qu'il avait en main et se plongea dans sa lecture en faisant fit de l'adolescent. Ikki le regarda, un peu surpris, un instant. Il n'avait presque jamais vu le maître de Hyoga. Généralement, il était soit dans la maison du Verseau ou dans la bibliothèque du Treizième pour aider Shion à trier les archives et vieux manuscrits qui s'accumulaient depuis des siècles.

- Un problème ? demanda Camus en levant les yeux de son livre en sentant le regard d'Ikki sur lui.

- Non, c'est juste que je ne m'attendais pas à te croiser dans une arène.

Le chevalier d'or haussa les épaules. Il regarda Ikki un court moment avant de refermer son roman.

- Tu es sûr que tu vas bien ?

- Pourquoi tu me demandes ça ?

Camus croisa les bras.

- Sans me vanter, vu que j'ai dû m'occuper de deux jeunes enfants, je suis plutôt doué pour remarquer quand quelqu'un ne va pas bien. Et même si tu essayes de le cacher, je peux sentir que tu n'es pas en forme ces derniers temps.

Il était bien plus perspicace que Ikki le pensait. Il voyait plus en Camus un professeur sévère et peu attentif au bien-être des autres qu'une personne pouvant ressentir si quelque chose n'allait pas. Mais sa perception des choses semblait être fausse concernant cet homme. Et puis si Hyoga l'adorait c'était sans doute pour une bonne raison.

- Bon, peut-être qu'effectivement je ne suis pas très bien ces derniers temps, admit le saint du Phénix après un instant de silence. Mais ça ira mieux.

Le regard que lui lança Camus lui fit comprendre clairement que le saint du Verseau n'y croyait pas une seule seconde.

- Inutile de tenter de mettre ton masque d'insensible, ça ne fonctionne pas sur moi, lui dit le chevalier d'or.

Ikki soupira. Il n'allait pas se débarrasser de Camus aussi facilement qu'il le pensait. Il posa sa tête dans ses mains.

- Qui te dis que je me cache derrière un masque ?

- Parce que ce n'est pas ce que tu fais en permanence ?

Touché. Le chevalier divin grogna en guise de réponse. Comprenant qu'il avait visé juste, Camus s'autorisa un léger sourire.

- Je fais pareil, avoua-t-il. Je n'aime pas montrer ouvertement mes sentiments et je préfère porter un masque d'impassibilité mais ça ne veut pas dire que je ne ressens rien. Et je sais que c'est la même chose pour toi.

Devant le silence de l'adolescent, Camus finit par se lever.

- Je ne prétends pas comprendre tes sentiments. En revanche, laisse-moi te donner un conseil: ne garde pas tout pour toi. Sinon, tu en souffriras.

Ikki regarda à nouveau Camus. Il n'avait pas tort et le chevalier de bronze le savait. Mais il ne sentait pas prêt à se confier.

- C'est facile à dire, répliqua-t-il. Contrairement à toi, je n'ai pas de scorpion doré avec qui discuter.

Le maître de Hyoga se figea en entendant la remarque d'Ikki.

- Pardon ? fit-il en fronçant les sourcils.

- Désolé mais le regard glacial ne fonctionne pas sur moi, sourit Ikki.

Ah, il était fier d'avoir réussi à déstabiliser Camus. Tester les limites était encore et toujours son passe-temps favori.

Le chevalier d'or soupira, visiblement agacé mais aussi au fond amusé par la témérité de l'adolescent.

- J'imagine que tu es fier de ta remarque.

- Un peu, admit Ikki. Mais je sais que tu ne l'as pas si mal pris que ça.

- Et qu'est-ce qui te fais dire ça avec autant d'assurance ?

- Si tu avais vraiment été froissé, tu aurais utilisé tes pouvoirs de glace pour me le faire comprendre.

Camus leva un sourcil interrogateur avant de légèrement sourire.

- Ne me tente pas d'essayer de te geler.

- Parce que tu le ferais ?

Le saint du Verseau haussa les épaules.

- Peut-être. Mais ce serait parce que tu m'as vraiment mis en colère.

- Alors ça va, j'ai encore de la marge.

Sa remarque amusa Camus. Ikki était plus provocateur que Hyoga mais au fond, il n'était pas si différent de son élève.

- En tout cas, si un jour tu sens que tu es prêt à parler, je serais là pour t'écouter.

Sur ces mots, il s'éloigna laissant dans son sillage un air glacial qui disparu aussi subitement qu'il était apparu. Ikki s'autorisa un sourire. Camus était très difficile à cerner mais il était digne de confiance et c'était tout ce qui comptait pour lui.