Titre : Le pouvoir des mots

Auteur : Lady Zalia


Épilogue

Harry sortit de la zone destinée à accueillir les Portoloins internationaux et se présenta immédiatement à la guérite face à lui. Deux sorciers étaient en poste, sonde de sincérité pour l'un et baguette à la main pour l'autre, mais Harry ne se laissa pas impressionner, se contentant de leur sourire poliment.

- Bonjour messieurs. Je suis un citoyen britannique. Je reviens d'un voyage en Asie. Je n'ai rien à déclarer.

Il ouvrit largement sa sacoche pour permettre aux gardes-frontières d'en observer le contenu, mais ils se contentèrent d'un bref regard assorti d'un vague passage de sonde.

- Bien, tout semble en ordre, vous pouvez passer.

Le brun leur offrit un sourire amusé et rajusta sa capuche sur sa tête. Il voyageait fréquemment et était habitué à ces procédures. En réalité, son sac était enchanté pour masquer son véritable contenu, car il savait que les cadeaux destinés à son amant n'auraient pas été acceptés sur le sol britannique.

Quelques années plus tôt, il n'aurait jamais voulu avoir quoi que ce soit à voir avec la magie noire, mais à présent qu'il vivait aux côtés d'un ex-Seigneur des ténèbres reconvertit en seigneur féodal, il avait appris à relativiser.

Le Gryffondor salua les gardes une dernière fois avant de s'avancer dans la cour au dallage de pierres brut. Le Ministère de la Magie britannique n'était pas encore le bâtiment souterrain qu'il avait connu à son époque, cependant il y régnait déjà la même effervescence. Harry dû esquiver plusieurs sorciers en longues robes pour pouvoir se faufiler jusqu'à l'air de transplanage. Un instant plus tard, il était devant chez lui.

Il inspira avec bonheur l'air frais de la campagne irlandaise avant de tourner les talons, pressé de retrouver l'homme avec qui il partageait sa vie. Cela faisait 3 semaines qu'il ne l'avait pas vu, et il avait hâte de pouvoir lui raconter ses aventures, mais surtout aussi de le serrer dans ses bras.

Devant lui se trouvait un château fort digne des livres d'histoire et si l'idée lui avait paru dans un premier temps totalement absurde, il n'était aujourd'hui pas peu fier d'en être le propriétaire. Bien entendu, les gardes sur le chemin de ronde n'étaient que des armures enchantées (il avait formellement refusé d'utiliser des Inferi pour protéger leur demeure) et les remparts servaient avant tout à dissimuler les aménagements anachroniques des regards indiscrets.

Traversant la herse magique comme s'il ne s'était agi que d'un rideau, il déboucha dans une cour déserte, sa sacoche volant à côté de lui. Il était encore tôt et "William", comme il l'appelait désormais, pouvait être aussi bien enfermé dans son laboratoire de potion, en train de travailler dans son bureau ou occupé à lire dans le salon...

- Finn ! Je suis rentré !

Immédiatement, un elfe de maison apparut à ses côtés et s'inclina respectueusement.

- Bonsoir, maître. Bon retour à la maison. Le maître se trouve au salon, il vous attend.

Harry abandonna son sac au beau milieu du patio pour courir en direction du hall d'entrée. Il passa les doubles portes en bousculant les battants sans aucun égard, puis se précipita dans les escaliers qui leur faisaient face. Une fois au premier étage, il ne ralentit pas pour autant, traversant le couloir de quelques enjambées avant de débarquer dans la vaste et lumineuse pièce qui donnait sur la cour.

- William ! Je suis de retour !

- Il aurait fallu que je sois mort pour ne pas le savoir.

L'homme était positionné sur une méridienne et occupé à lire un grimoire, comme souvent. Il était vêtu assez sobrement, d'une longue robe sorcière uniformément noire, fermée par une série de boutons, avec un col serré et des manches amples. Mais malgré son austérité apparente, son visage était adouci par un sourire franc et un regard espiègle.

Loin de s'offusquer de cet accueil, Harry se débarrassa de sa cape qu'il jeta sur un siège à proximité, ainsi que de son écharpe, puis il retira ses bottes avant de venir s'installer directement sur les jambes de son amant.

- Tu m'as manqué !

Immédiatement, le grimoire alla s'envoler tandis que deux bras possessifs enserraient l'autre sorcier.

Le Serpentard embrassa son compagnon, transmettant par là tout ce qu'il ne disait que rarement à haute voix. Combien il l'aimait, combien il tenait à lui, combien il était précieux à ses yeux.

- Tu as fait bon voyage ?

- Excellent ! J'ai pu visiter l'école de Mahoutokoro ! Et j'ai rencontré M. Yukinari Okido ! C'est un spécialiste des créatures mythologiques. Et il avait entendu parler de moi ! Je commence à avoir une sérieuse réputation de traducteur et de mythologue. Je vais réunir la plus grande collection de mythes sorciers du monde entier !

Le mage noir secoua la tête, amusé par son enthousiasme enfantin.

- Tu n'as pas changé… J'ai hâte de lire ta nouvelle anthologie.

- Et moi j'ai hâte de l'écrire ! D'ailleurs je t'ai ramené quelques souvenirs. Ça va prendre un peu de temps avant que je ne les traduise, mais j'ai trouvé deux grimoires qui devraient t'intéresser.

À ces mots, Voldemort glissa sa main sous les vêtements du Gryffondor, comme s'il voulait s'assurer de l'intégrité de son corps.

- Quelle charmante attention. J'espère que tu n'as pas pris de risque pour les récupérer... Je me souviens d'un certain combat contre un Djinn en Algérie où tu avais bien failli perdre un bras…

Harry fit une moue espiègle.

- Si peu… Mais ton cadeau en vaut le coup. Il est difficile de te satisfaire.

Le mage noir l'attira contre lui pour un nouveau baiser.

- Tu ne me dois rien, j'espère que tu le sais.

- Je sais. Mais c'est une… compensation. Tu as fait beaucoup de concessions pour moi, j'en suis conscient. Alors c'est ma manière de te remercier. Je veux te faire plaisir.

S'il devait être objectif, Harry devait bien reconnaître que Voldemort avait beaucoup changé. Années après années, il avait tenu son engagement de ne plus tuer ni torturer qui que ce soit, pour autant qu'il le savait. Bien entendu, il ne le suivait pas en permanence, mais il lui faisait confiance. C'était un peu la base du couple, après tout.

De son côté, le Serpentard lui avait appris de nombreuses connaissances et techniques pour faire de lui un sorcier émérite, et désormais il était capable d'affronter presque n'importe quel adversaire sans crainte. Cela lui avait permis de parcourir le monde avec une liberté nouvelle, sans jamais se poser la moindre limite. Voldemort lui avait appris à voler sans balais, à se rendre totalement invisible ou à créer toutes sortes d'illusions plus vraies que nature. Avec l'amour du mage noir, les voyages lui avaient permis de surmonter sa peine d'avoir perdu ses amis et sa mère, et désormais il pouvait dire honnêtement qu'il était heureux.

Harry haleta alors que les lèvres de son amant parcouraient sa gorge découverte. Il ferma les yeux et se colla un peu plus contre le torse de Voldemort, l'incitant par sa posture à le serrer dans ses bras. Cependant le mage noir l'invita bientôt à se reculer pour le regarder dans les yeux.

- Moi aussi j'ai un cadeau pour toi.

En un instant, sa baguette était apparue dans sa main, et Harry savoura l'impression familière que sa magie procurait. La seconde suivante, le Serpentard tenait une fiole d'un liquide rouge sang entre ses doigts.

Le Gryffondor lui jeta un regard intrigué.

- Une potion ? Qu'est-ce que c'est ?

- J'ai profité de ton absence pour rendre une petite visite à Nicolas Flamel…

- Tu ne lui as pas fait de mal, j'espère ?

Voldemort grogna face à son interruption et leva les yeux au ciel.

- Non, car il est toujours nécessaire, mais je l'ai mis sous Imperium et l'ai obligé à me révéler la recette de l'élixir d'immortalité.

Harry écarquilla les yeux.

- Tu l'as fait ?!

- Pour toi. J'ai acquis l'immortalité par des rituels extrêmement sombres et il est hors de question que tu abîmes ton âme de cette manière. Cependant, il est aussi hors de question que la mort nous sépare. De ce fait, j'ai reproduit la pierre philosophale et je brasserai moi-même régulièrement l'élixir qui t'offrira la vie éternelle.

Le mage noir était solennel, et son amant sentit l'émotion le gagner.

- Tu n'as pas peur de te lasser de moi un jour ?

- Harry, j'ai vécu près d'un siècle avant de te connaître et je sais qu'avec toi à mes côtés, je ne suis pas près de m'ennuyer. Bien que tu sois indépendant, rebelle et parfois même diablement insupportable, je continue de désirer ta présence avec la même intensité qu'au début. Malgré ce temps passé en ta compagnie, tu arrives toujours à me surprendre, à me charmer… Tu es plein de contradictions, à la fois candide et brillant, vulnérable et puissant, profondément bon et amoureux de moi. Tu me fascines et jamais je ne pourrais trouver quelqu'un qui puisse me rendre heureux comme tu le fais.

Le Gryffondor sentit confusément ses jours rougir sous les compliments, et il replongea dans le cou de son compagnon pour masquer sa gêne.

- Je t'aime William. Pour toi j'ai abandonné ma mère, mes amis, ma boutique et mon époque. Et pourtant, je ne regrette rien.

Il déposa un simple baiser sur les lèvres offertes puis déboucha la petite fiole avant d'en vider le contenu dans sa bouche. Le goût était plutôt minéral, ce qui n'était pas très étonnant pour un élixir fabriqué à base d'une pierre. Quoi qu'il en soit, s'il devait en boire tous les mois pour ne pas vieillir, il pourrait s'en accommoder…

- Alors ?

Il attendit quelques instants, mais ne sentant aucun effet particulier, il haussa les épaules avant de descendre des genoux du mage noir.

- Ça n'a aucun goût mais ça m'a donné une folle envie de crêpes. Tu viens ?

Il tira sur le bras de son amant avec insistance jusqu'à ce que celui-ci consente à se lever.

- Dis-moi, tu es au courant que nous avons un elfe de maison, n'est-ce pas ?

- Oui ! Mais j'ai envie de FAIRE des crêpes. Ça change le goût, tu vas voir. C'est comme faire une potion.

Voldemort secoua la tête tout en le suivant néanmoins, un sourire amusé au visage.

- Tu m'auras vraiment fait faire n'importe quoi…

***/+/***

"Les mots sont à mon avis, qui n'est pas si humble, notre plus inépuisable source de magie.

Ils peuvent à la fois infliger des blessures et y porter remède."

~ Albus Dumbledore - Les reliques de la mort 2e partie


FIN !

Et voilà une nouvelle histoire de terminée ! Ça me fait quelque chose. ^^ Héhéhé je suis contente d'avoir pu mener mon idée de cross-over Harry Potter / Cthulhu Mythos jusqu'à son terme. J'espère que vous avez aimé ! 😁 Je remercie tous les lecteurs fidèles qui m'ont motivé tout au long des chapitres par leurs adorables commentaires et les follows / favorites ! 😘

Dès dimanche, je commence l'OS de Noël ! 🎄