Titre: Un Noël Inespéré

Disclaimer: Les personnages appartiennent à JKR et je ne fais que les emprunter.

Rated: T

Résumé: [UA] Hermione est sûre d'elle et travailleuse mais ne trouve aucun intérêt aux fêtes de fin d'année. Elle est une femme occupée mais soudainement stoppée par la maladie de sa mère qui l'oblige à revenir auprès des siens dans sa ville natale. Malheureusement, elle se retrouve contrainte de côtoyer régulièrement un certain Draco qui l'agace au plus haut point. [Fanfiction Calendar]

Note de l'auteure: Chose promise, chose due ! J'ai bien ri en écrivant ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira.

Merci à ma Beta qui gère comme jamais !


Un Noël inespéré

Chapitre 8: La bonne aventure

Draco était à deux doigts de craquer. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas senti un tel sentiment de honte. Il était assis à son bureau et pouvait voir les immenses lettres orange affichées sur la glace de sa devanture. Elles avaient dégouliné par endroit et rien que de les regarder, un nouveau sentiment pris possession de son être : celui du désespoir.

En plus, comme prévu, sa mère était déjà au courant. Elle était passée en ville tôt dans la matinée et avait failli frôler la crise cardiaque en voyant les actes de vandalisme dont il avait été victime. Evidemment, elle s'était tout de suite inquiétée, même s'il ne s'agissait que d'une insulte et non d'une menace. Il avait tenté de la rassurer du mieux qu'il pouvait et lui avait dit qu'il la rappellerait plus tard.

Il savait pourquoi les mots étaient affichés à son intention et ils savaient que les gens avaient encore des aprioris sur lui mais il ne se doutait pas que c'était encore si vif. L'histoire en question remontait à plus de 10 ans quand même. Il n'était pas du tout fier de ce qui s'était passé mais il avait espéré que les esprits n'étaient plus aussi échauffés et visiblement il s'était trompé sur toute la ligne. Il ne savait pas ce qu'il faisait là, dans cette ville, d'autant plus en cette période de fête. Il aurait dû se terrer, quitte à repousser ses projets.

Toutefois, il savait au fond de lui qu'il n'avait pas de honte à ressentir, ce qui était arrivé n'était pas de sa faute ou pas entièrement en tout cas. Il avait bien le droit d'être ici comme tout un chacun. Il était innocent et il était temps que les gens de ce bled paumé se rendent à l'évidence.

Enfin, il était agacé qu'on le prenne toujours pour ce qu'il n'était pas. Un flambeur peut-être, un dragueur pour sûr mais un criminel certainement pas. Il se souvenait de cette fameuse nuit, il avait certes participé à l'activité illicite mais ce qui s'en était suivi n'était en rien de sa faute.

A l'époque, Vincent, un autre de ses amis, avait bien tenté de plaider en sa faveur mais d'une manière tellement maladroite que ça ne l'avait aidé en rien. Désormais il était coincé ici, sans argent, sans petite-copine, sans amis. Il était plus seul que jamais.

« Ça ne doit pas être ton fort la déco » constata une voix en entrant dans la boutique.

Pansy venait de passer le pas de la porte et essuyait ses chaussures pleines de neige sur le paillasson.

« Que me vaut l'honneur de ta visite ? »

« J'ai remarqué cette horrible couleur criarde et je me suis dit que ça ne devait pas aller fort. »

« C'est le moins qu'on puisse dire » avoua Draco en se massant les tempes.

La brune s'assit sur le bureau et lui ébouriffa les cheveux, ce qui l'agaça.

« Tu te doutais bien que ça arriverait quand même ? »

« Non pas du tout, mais apparemment le droit à l'oubli n'existe pas ici. »

« Dans les vieilles villes, on n'oublie jamais rien. Je pense que personne n'oubliera jamais le jour où la femme du boulanger est tombée du Char de la fanfare. »

« En même temps, quelle idée de monter là-dessus, ça se voyait à des kilomètres que ce n'était pas adapté à son poids. »

« Tu vois, même toi tu t'en souviens. »

« J'en conclus que personne ne va oublier ce qui s'est passé et que je n'ai plus qu'à me foutre en l'air » pleurnicha-t-il.

« Je sais que je n'ai pas fini mes études supérieures mais je pense que je suis assez intelligente donc écoutes-moi si je te dis que c'est une très mauvaise idée. »

« Alors qu'est-ce que tu as d'autres à me proposer, hein ? »

« Attends, laisse-moi réfléchir ! »

Draco avait sincèrement envie de la croire mais il n'arrivait pas à se projeter de manière positive. Il devenait de plus en plus paranoïaque et avait du mal à croire que quelqu'un sur cette terre lui voulait sincèrement du bien. La nature humaine le dégoûtait.

Granger choisit justement ce moment pour passer devant la boutique, elle baissa la tête en voyant qu'il l'avait remarqué. Elle continua ensuite son chemin et Draco souffla d'exaspération. Il avait vraiment la terrible sensation qu'il n'était pas nécessaire de continuer à lutter et qu'il ferait mieux d'abandonner et d'aller refaire sa vie à Tombouctou.

« J'ai trouvé ! » clama Pansy en sautillant sur place. « Oh c'est génial, tu vas adorer ! »

« Parle femme ou tais-toi à jamais. »

La brune le frappa sur l'épaule, un air réprobateur sur le visage. Elle n'avait jamais aimé ses propos sexistes mais, lui, ne pouvait s'empêcher de la taquiner.

« Aïe, tes coups ne m'ont pas manqué. »

« Tu veux entendre ce que je te propose ou pas ? »

« Vas-y je t'en prie. »

Elle se racla la gorge comme si elle s'apprêtait à faire un discours et se lança :

« Réfléchis, il reste quoi ? Une quinzaine de jours avant Noël. Je pense que tu as tout intérêt à faire un concentré d'actions positives pour la ville, ses habitants... Et tu verras, en un rien de temps pour le dire, tes mauvaises actions seront effacées. »

« Cela à l'air simplet. »

« Aussi simplet que les gens d'ici, on n'oublie rien dans les petites villes je te dis. Il faut donc que tu frappes fort. »

« Que je frappe fort mais tu penses à quoi ? »

Pansy lui décrivit son plan dans le détail. Elle avait fait son enquête, enfin plutôt sa commère, un peu plus tôt dans la semaine elle avait appris beaucoup de choses sur les habitants. Sa mère l'avait aidé en lui racontant tous les potins. Au début, elle n'y prêtait pas attention mais comme il n'y avait tellement rien à faire, elle s'était prise au jeu. Une téléréalité en version réelle.

Alors, Draco se laissa convaincre par le plan de Pansy. Il n'avait pas vraiment d'autres choix. Il fallait au moins qu'il tente de se donner au maximum avant de songer à laisser tomber.

En sortant de la boutique en fin d'après-midi, il remarqua un étrange van aux allures hippies sur le bord du trottoir. Bizarre, il n'avait pas remarqué sa présence en arrivant. Il allait partir quand il tomba nez à nez avec une mystérieuse femme.

« Bonjour mon grand, je suis Sybille Trelawney » se présenta-t-elle en le regardant fixement.

Elle avait d'horribles bijoux tchip sur les doigts et autour du cou. Elle portait une grande robe de style bohème et ses cheveux partaient dans tous les sens mais, ce qui choqua le plus Draco, fût la grandeur de ses lunettes qui lui mangeaient la moitié du visage. Le blond eut un mouvement de recul et elle n'hésita pas à se rapprocher.

« Je suis voyante ! Serais-tu intéressé de connaître ton avenir ? Es-tu prêt à faire un pas dans le futur ? »

« Euh non, je vais décliner » répondit poliment Draco.

Il était sceptique, il ne croyait pas en ces choses-là et il avait autre chose à faire que de perdre son temps avec une illuminée de plus.

« Je ne vous fais payer la consultation que si vous êtes convaincu par ma prestation » tenta-t-elle de le convaincre par son argument de vente.

Draco réfléchit. Après tout, si c'était gratuit il n'avait pas de raison de refuser. Certes, il avait mieux à faire mais en même temps, elle allait sûrement le divertir pour quelques minutes. Alors, il prit la décision de la suivre. Elle avait l'air inoffensif et frêle. Ils prirent la direction de son van et Draco se retrouva dans un univers psychédélique à base de lampe à lave et d'encens.

Il était toujours dubitatif et commençait à avoir peur d'elle. Elle n'arrêtait pas de le regarder et cela devenait inconvenant. Elle finit par sortir un paquet de cartes, étala quelques-unes sur la table. A chaque fois qu'elle en posait une, elle poussait un petit cri et Draco était de plus en plus mal à l'aise. Il n'osait pas bouger et était tiraillé entre un mélange de curiosité et d'inquiétude.

Finalement, la voyante soupira, acquiesça dans le vide avant de revenir vers Draco.

« Les cartes sont formelles : Le jour de Noël les étoiles s'aligneront, le pardon sera de mise et des cœurs s'ouvriront. »

Qu'est-ce qu'elle lui racontait ? Ça devait encore être une blague. A ce stade, Draco se demandait réellement où étaient les caméras cachées.

« Ah je vois, c'est encore une supercherie, une foutue connerie ! »

« Mon garçon, ne vous ai-je pas convaincu ? » demanda Trelawney, les yeux remplis d'incompréhension.

Clairement ulcéré, Draco ouvrit la porte du van à la volée et sortit. Il n'avait jamais entendu des âneries pareilles. Il n'arrivait pas à croire qu'il s'était fait avoir par cette débile propagande de Noël, il détestait cette satanée fête et avait marre qu'on lui rabâche sans cesse les oreilles avec.

« Joyeux Noël ! » lui cria-t-elle alors qu'il s'éloignait le plus possible.

Draco lui fit un geste des plus grossiers. Il avait passé une horrible journée et tout ce qu'il avait envie de faire était de se mettre dans son lit. Si seulement il arrivait à se mettre la fille Granger dans la poche pour pouvoir faire cette vente. C'était la seule chose qu'il voulait.