Bonjour à tous, et bien au début j'étais timide de poster cette histoire mais elle semble bien accueillit. Je vous remercie tous pour vos lectures !

Clems17 : Merci pour ta première review, c'est motivant ! Je suis contente que tu trouves que Zoro est respecté, j'avais très peur de mal faire le personnage... J'espère que la suite de l'histoire va te plaire ! 3


La face cachée des Sélections

« Mes bons concitoyens ! Je suis navré de vous réveiller en pleine nuit mais la sélection est là ! Moi Sir Commode, je vais vous offrir la vie à la ville ! » Déclare-t-il dans l'escargophone qui résonne dans tout le village.

Il recommence à crier dans son micro et petit à petit les villageois sortent de leur maison, groggy. Lucey et Zoro peuvent voir sur leur visage la peur face à cet individu ainsi que leur regard remplis de haine. Ils s'approchent de la carriole mais avec méfiance. Les hommes en avant pour protéger leur femme ou enfants. Pourtant sur certain visage, la Révolutionnaire arrive à lire un certain espoir, créer par l'envie de gagner à la loterie. Zoro aperçoit Zumiyo sortir de chez elle avec ses deux garçons. Elle regarde discrètement autour d'elle car elle n'avait pas pu louper que ses invités ne dormaient plus dans sa salle à manger. Lorsque son regard croise celui de Lucey, cette dernière lui fait signe de se taire.

« Allons, allons ! Approchez ! La sélection va commencer ! Deux d'entre vous va avoir l'honneur de partir vivre à la Capital Floraison. Comme d'habitude, tous vos prénoms sont dans la boite aux trésors et je vais tirer votre nom au hasard ! »

Le cocher récupère une boite en marbre dans la carriole. Il s'approche de son maitre qui est toujours debout sur l'homme qui s'est mis à plat ventre tout en ouvrant la boite. Commode plonge la main dedans et en tire plusieurs papiers. Les villageois retiennent leur souffle alors que le noble s'approche de nouveau de l'escargophone.

« Les gagnants sont Anewa, Aureza, Mylar, Ryndal et Raru ! On les applaudit ! »

Des applaudissements forcés s'élèvent parmi les habitants. Certain baisse la tête, déçu de ne pas avoir été sélectionné. D'autre veulent déjà repartir. Commode continu de féliciter les gagnants et Lucey peut voir les grimaces de douleur sur le visage de l'homme qu'il piétine. Un premier homme se détache du groupe alors qu'une femme s'accroche à sa taille.

« Je suis Aureza ! Je suis prêt à aller à la ville !

-Non mon amour reste avec moi !

-Je ne connais pas cette femme ! Laisse-moi tranquille !

-Comment ça tu ne me connais pas ? Tu vis chez moi depuis un an !»

Aureza la repousse et s'approche de Commode, son papier d'identité à la main. Il s'agenouille devant lui et le supplie de l'emmener à la ville. Le noble lui tapote la tête en signe de bonne fois déguisée.

« Allons, monte dans la carriole !

-Merci mon seigneur, merci !

-Aureza, comment peux-tu me faire ça ! Je t'ai hébergé pendant un an, je t'ai aidé à payer l'impôt ! »

Mais la femme s'effondre à genoux, n'ayant que ses yeux pour pleurer, visiblement ignoré par son amant. Les habitants ne disent rien, sûrement habitués à cette situation. Les pleures de la femme désormais célibataire sont vite étouffés par des brouhahas. Un autre homme se détache de la foule.

« Je suis Anewa. Je refuse d'aller à la ville.

-Comme tu voudras, si tu veux rester ici à survivre c'est ton problème. Répond Commode sans le regarder.

-Je suis Ryndal et je refuse aussi d'y aller.

-Pff reste donc un déchet. »

Zumiyo qui recule doucement, ses enfants derrière elle ne peut s'empêcher de ressentir du dégoût face à cette homme qui les prends de haut. Elle voit son aîné Chichi tourner la tête dans tous les sens alors elle se met à genoux et chuchote :

« Ne les cherche pas et ne dis pas leur nom. Tu ne les vois pas, mais eux nous voient. »

Alors que Chichi acquiesce, un mouvement de foule attire Zumiyo qui se redresse. Elle voit un homme s'avancer, sa femme à ses bras et deux enfants qui pleurent à ses jambes.

« Raru non !

-On en a discuté Rika, on a failli se faire arrêter ces six derniers moi ça ne peut plus durer.

-Comme tu dis on a failli ! On y arrive à chaque fois ! La ville n'est pas une solution !

-Je vais y aller et je vous enverrai de l'argent tous les mois jusqu'à ce que vous soyez sélectionné !

-On ne veut pas de cet argent ! On veut que tu sois avec ta famille !

-Papa n'y va pas s'il te plait !

-Et moi je veux que ma famille reste en vie !

-Papa non !

-Raru je t'en supplie ! »

L'homme embrasse sa femme et la force à la lâcher. Il essaye d'ignorer les pleurs de ses enfants même si son visage traduit son désespoir. Sa femme, Rika tombe à genoux, anéanti. Raru préfère ne pas se retourner et monte dans la carriole sous les applaudissements de Commode.

« Quel lâche.

-Mhh ? Réagit Lucey en tournant la tête vers Zoro.

-Il dit qu'il fait ça pour les sauver mais il les abandonne en attendant.

-Si on te proposait de quitter ton équipage pour tous les sauver, tu ne le ferais pas ?

-C'est hors de question ! Je reste dans mon équipage et on se défend mutuellement.

-Tout le monde n'a pas ta force Zoro... »

Et encore Lucey ne savait pas ce que Zoro était capable de faire pour protéger son équipage. Elle qui avait fait son deuil de son allier Kuma, ce dernier avait bien des secrets à propos de Zoro deux ans en arrière. Elle sourit malgré la situation dramatique face à la loyauté de l'épéiste. Elle s'apprête à lui dire quelque chose mais elle est interrompue par un mouvement de foule. Elle voit certains villageois s'approcher de Sir Commode avec insistance.

« Je suis Mylar !

-Non c'est moi Mylar !

-Qu'est-ce que tu racontes c'est moi ! »

Une dizaine d'hommes se bousculent entre eux pour clamer être l'authentique. La bataille monte dans les tons, ce qui permet à Zumiyo et ses enfants de rejoindre Zoro et Lucey. Le plus jeune, Yori lâche sa maman pour s'accrocher à la jambe de Zoro, surprenant ce dernier. Il baisse la tête et croise les yeux plein de larme du garçon. Sur la place, Commode commence à s'énerver face à ces hommes qui essayent d'être reconnu comme le vrai Mylar. Mais ils se taisent tous d'un coup en voyant la nouvelle personne descendre de la carriole.

« C'est Bloodclaw Jake ! Gaspe Chichi en se cachant derrière Zoro à son tour.

-Qui ?

-Le garde du corps principal de Saint Néron. Répond Lucey. »

L'homme qui porte le nom de Bloodclaw Jake est grand, fin, la peau sur les os et très pâle. Ses yeux rouges contrastent avec la blancheur de sa peau. Il porte une armure de style empereur romain noire de jais, une couronne de laurier dorée gravée dans son dos. Le petit groupe d'homme prend quelques pas de recul face à Jake. Celui-ci pointe ses yeux sanglant vers eux.

« Je vous laisse une chance, le vrai Mylar se présente et les autres se taisent. »

Une fois de plus, ils ont un mouvement de recul et leur bouche reste fermée, paralysés par la peur. Jake soupire, blasé. Il avance et attrape le premier qui lui passe sous la main. L'homme hurle, les larmes aux yeux.

« Je suis désolé ! Je ne suis pas Mylar ! J'étais désespéré ! Je vais payer double impôt ce mois-ci ! Je vais argh... »

Lucey et Zoro ouvrent grand les yeux, choqués de voir l'homme blanchir à vue d'œil, sa peau se contracte sur ses os et ses yeux se voiler. Jack le lâche, la respiration de l'homme s'accélère et il finit par s'effondrer, raide, les yeux mi-clos. Des cris retentissent dans la foule, un des hommes qui se faisait passer pour Mylar tombe sur ses fesses, tétanisé. Quant à Lucey, la peau de Jake qui reprends un peu de couleur ne lui échappe pas. Jake attrape un deuxième homme qui se débat en disant qu'il n'est pas Mylar et subit le même sort que son défunt voisin. Il s'apprête à attraper l'homme toujours par terre quand un autre s'avance, une carte dans sa main tremblante et le visage bas.

« Je suis Mylar. S'il vous plait Sir Bloodclaw, je n'ai pas voulu que ces hommes se fassent passer pour moi... Je suis désolé de cet inconvénient...

-Monte. Ordonne-t-il sans le regarder. »

Mylar ne laisse pas Jake répéter et monte dans la carriole, il n'ose pas croiser les regards de Raru et Aureza. Commode applaudit de nouveau et prends l'escargophone.

« Ne désespérez pas mes chers concitoyens, le mois prochain la sélection sera de nouveau là ! Et le soleil va se lever, une belle journée vous attends !

-Une journée de labeur vous voulez dire !

-Donnez-nous de l'élixir d'Edelweiss ! Certain de nos agriculteurs ont attrapé la maladie ! Ils vont mourir !

-On est tous en train de mourir !

-SILENCE ! Cri Jake alors qu'une lame rouge sort de sa main et se plante dans l'épaule d'un des agriculteurs. »

Immédiatement les protestations s'éteignent. Zoro sent Chichi et Yori resserrer leur prise sur ses jambes alors qu'une de ses mains se pose sur un de ses sabres. La main de Lucey sur son bras lui dissuader de faire quelque chose. Elle récolte un regard noir.

« Tu ne comptes vraiment rien faire ? Je croyais que tu voulais aider cette île !

-Je veux ! Mais ce sont des nobles ! Tu les attaque maintenant et on se retrouve avec la marine sur le dos, amiral en prime ! On va les suivre.

-Tu vas les suivre ! Cette histoire n'est pas mon problème ! Je veux bien trancher ce gars car Zumiyo nous a accueilli mais après ça j'ai mon équipage à retrouver ! »

Lucey voit Jake retourner dans la carriole, suivit de Sir Commode. L'esclave qui tenait l'escargophone retourne à sa place à l'arrière du véhicule et celui qui était à plat ventre se relève doucement et titube aussi jusqu'à l'arrière, le corps endolori. Le cocher monte à l'avant et ordonne aux chevaux de partir. Ils quittent le village alors que le soleil pointe le bout de son nez à l'horizon.

« Grand frère Zoro s'il te plait aide nous ! Pleure Yori.

-Commode a emmené notre papa en prison ! S'il te plait... je suis désolé d'avoir dit que tu étais pas beau, aides-nous grand frère ! »

Zoro serre les dents et essaye de se débarrasser des enfants, gêné de la situation. Zumiyo baisse les yeux en voyant la tristesse de ses enfants et attrape Yori pour laisser de l'espace à l'épéiste. Le petit garçon pleure davantage alors Lucey s'approche de lui et pose une main affectueuse dans ses cheveux. En quelques secondes, les larmes de Yori s'arrêtent et il semble apaisé, un petit sourire apparaît même sur son visage. Elle se tourne vers Chichi et pose ses mains sur ses joues pour essuyer ses larmes et très vite, il arrête aussi de pleurer et ses épaules se redresse. Lucey se tourne vers Zumiyo et pose une main sur son épaule.

« Je vais les suivre et essayer de voir ce que je peux faire, en attendant vous avez de quoi survivre le prochain impôt. »

La tristesse sur le visage de la femme disparait petit à petit et l'espoir apparaît de nouveau. Elle acquiesce avec un sourire. Lucey lui rend son sourire et se tourne vers Zoro.

« Je te propose un marché. Tu m'aides sur cette île et je t'aiderai à retrouver ton équipage. J'utiliserai le réseau des Révolutionnaires et d'autres moyens pour les chercher avec toi. »

Zoro prends quelques secondes pour réfléchir, l'aider ne l'enchante pas mais il n'a aucune idée d'où se trouve ses camarades. Lucey peut lui apporter de l'aide, c'est mieux que rien mais depuis qu'il a perçu son haki, sa méfiance envers elle avait augmenté. Alors il décide de faire ça à sa manière. Il pose une main sur le manche d'un de ses sabres et la fixe droit dans les yeux.

« Très bien, je t'aide mais si tu ne tiens pas ton engagement je n'hésiterais pas à te découper.

-Ne t'inquiète pas, je n'ai qu'une parole.

-Marché conclu alors. »

Lucey lui offre un sourire et se tourne vers Zumiyo.

« On va vous laisser là, je ne veux pas qu'on perde la carriole de vue.

-Je comprends, faites attention à vous s'il vous plait. Et quand vous revenez, vous pouvez dormir de nouveau chez moi, vous êtes les bienvenues.

-Merci Zumiyo-san. »

Lucey s'incline et prends la direction de la carriole, suivit par Zoro. L'épéiste croit apercevoir une larme rouler sur la joue de la jeune femme et alors que son haki est activé, il discerne soudainement une profonde tristesse en elle mais cela ne l'arrête pas.


Lucey et Zoro sont de nouveau dans la ville, l'épéiste perçoit qu'elle a retrouvé son calme et sa sérénité. Ils suivent la carriole de loin, ne voulant pas se faire repérer. Le soleil est enfin levé et la capitale de la Fleuraison se réveille doucement. Les commerces s'ouvrent, certaines personnes installent les terrasses et d'autres mettent en place leur vitrine. Des gens font la queue pour un petit déjeuner ou pour un nouveau bijou qui venait d'arriver. Quand certain croissent la carriole, ils s'inclinent poliment, les fleuristes jettent même une rose.

« Ils ont oubliés qu'ils étaient dans la misère...

-Ils ont été tiré de l'enfer, on leur a offert le paradis et on leur fait croire qu'ils sont importants... et ils doivent sûrement savoir que s'ils font un écart, ils retournent en enfer. C'est comme ça que tu manipules une foule...

-Tu aurais dû voir la situation à Wano... ils mourraient tous de faim et de soif. Kaido et Orochi leurs ont offert des Smiles, leur faisant croire qu'ils leurs donnaient de la nourriture et résultats ils se sont retrouvés avec comme seule émotion le rire. J'ai vu une gamine rire alors que son père se faisait exécuter devant une foule.

-La marine ne faisait rien j'imagine... vu que c'était le territoire de Kaido.

-D'après Robin, le gouvernement profitait du commerce des Smiles.

-Et après ce sont les pirates les méchants... Pas étonnant que Zumiyo-san t'a supplié toi et ton équipage plutôt que le gouvernement et la marine. »

Lucey tourne à l'angle d'une rue quand elle aperçoit une échelle, elle y grimpe, suivit par Zoro et tous deux marchent sur les toits des maisons, celles-ci sont assez collées entre elles, donc ils peuvent continuer de suivre la carriole de loin. Après quelques minutes de filature, elle s'arrête à une boutique fermée. L'esclave à l'arrière se remet à plat ventre et le cocher ouvre la porte. Commode descend en marchant sur l'homme suivit de Aureza. Le noble ouvre la porte de la boutique et rentre avec hâte. Lucey se met à plat ventre sur le tout de la bâtisse et pose un escargophone contre les tuiles. Elle pose ensuite un écouteur proche de son oreille et fait signe à Zoro de se coller à son oreille, ce qu'il fait.

« Et voilà très cher... quel est ton nom déjà ?

-Aureza mon seigneur.

-Aureka ! Voici ton nouveau commerce. Un commerce de tapis de luxe ! Tu peux désormais t'alimenter en soie et broder les plus beaux tapis du monde.

-Oh je... Commence-t-il visiblement déçu.

-Je suis ravi que ça te plaise Aureba ! Voici également ton capital de base offert pour commencer ta nouvelle vie ! Répond Commode en lui tendant un sac rempli d'une grosse somme de Berry.

-Oh merci monseigneur ! Merci !

-Bien ! Maintenant laisse-moi te dire les règles.

-Les-les règles ?

-Oui mon petit Aureta ! Règle numéro 1, tu honores un culte à Saint Néron. La statuette doit être dans ta pièce principale et chaque soir tu viens t'incliner devant sa statue au centre de la ville. Règle numéro 2, tu as toujours vécu à la capitale de Floraison et tu es heureux ici. Règle numéro 3, les nobles sont prioritaires sur tes biens et s'ils les veulent gratuit tu leur offre ! Le client est roi après tout ! Et enfin règle numéro 4, tu n'envoies pas d'argent à autrui et surtout pas aux pauvres. Tu as bien compris Aurela ! Ça serait dommage que tu ailles en prison alors que tu viens d'être sélectionné pour vivre comme un riche.

-Euh o-oui mon Seigneur. Bien s-sûr, vous avez ma parole.

-Alors c'est parfait ! Apprécie ta nouvelle vie Aureda ! »

Commode ne prends même pas le temps d'écouter les remerciements d'Aureza que déjà il quitte la boutique, marchant sur son esclave pour remonter dans la carriole. Lucey éteint l'escargophone et le range avant de soupirer. À ses côtés Zoro n'en pense pas moins. Pas étonnant que les habitants font tout pour faire croire qu'ils vénèrent Saint Néron et prétendre au bonheur, à peine arrivé, on leur fait la menace d'aller en prison sans même retourner à leur statut de pauvre. Lucey reprends la marche sur les toits et confie à Zoro :

« J'ai un mauvais présentiment pour Raru.

-Celui qui a abandonné sa famille ?

-Mh-mh. Il a promis à sa femme qu'il enverrait de l'argent. Mais tu as entendu comme moi qu'envoyer de l'argent aux personnes en dehors de la ville constitue un délit.

-Si tu le fais discrètement ?

-Justement... je ne pense pas qu'ils vont prendre le risque. »

Et Lucey ne pouvait pas mieux dire car la carriole était en train de quitter la ville. Zoro saute du toit en premier et se retourne pour offrir un coup de main à Lucey mais celle-ci a déjà sauté à son tour, elle le remercie quand même avec un sourire. Ils continuent de suivre la carriole qui se dirige vers la montagne de l'île.

« Zumiyo-san a dit que la prison était sous la montagne ! Déclare Lucey. »

Zoro fronce les sourcils en comprenant que Lucey avait raison de s'inquiéter. Cette histoire de sélection était bien plus sombre que la manière dont elle était présentée. Ils marchent loin derrière la carriole pendant presque une heure, le soleil commençait même à être chaud. Zoro sent son nouveau t-shirt lui coller à la peau et il remarque que Lucey est dans le même état, bien qu'attachés, ses longs cheveux noirs lui tiennent chaud à la nuque. La carriole finit par arriver au pied de la montagne devant une lourde porte en pierre fermée. Le duo s'arrête, assez loin pour voir et ne pas être vu. De cette position, ils voient la carriole être ouverte par le cocher et Commode, Bloodclaw Jake, Raru et Mylar sortir. La porte de pierre s'ouvre et ils rentrent tous. Lucey et Zoro perçoivent sans difficulté avec leur haki de l'observation que les deux citoyens sont terrifiés.

« On fait quoi, on prend aussi la grande porte ?

-Non. Quand tu faisais la belle au bois dormant pendant quatre jours je t'ai dit que j'avais fouillé l'île. Il y a une autre entrée de l'autre côté de la montagne.

-D'accord, c'est quoi ton plan ?

-Restez discret et avoir le fin mot de l'histoire de cette sélection. »

Lucey ouvre donc la marche et s'enfonce dans la forêt pour contourner la montagne. La brise d'air qui les accueille générée par les arbres est plus que bienvenue. La jeune femme soulève un peu ses cheveux pour rafraîchir sa nuque. Zoro étire ses bras en bayant la bouche grande ouverte avant de grimacer, sa fracture à la côte lui envoyant une douleur.

« Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi tu m'avais aidé.

-Si je te l'ai dit ! C'est parce que je suis sympa !

-T'es chiante...

-Hey ! Pas cool pour celle qui t'as soigné et veillé pendant quatre jours, payé ton sake et ta nourriture !

-J'AI COMPRIS ARRETES AVEC CA ! T'es pire que Nami...

-Ahah j'ai hâte de la voir alors pour lui raconter tout ça !

-Si tu fais ça...

-Oui oui je sais tu vas me découper. »

Zoro grogne un coup, agacé par cette femme qui le tient par la culpabilité de le nourrir alors qu'il n'a pas d'argent. Il décide de ne plus lui parler alors qu'elle chantonne toute joyeuse, exagérant sa moquerie envers l'épéiste. Ils marchent pendant encore une heure et finalement ils arrivent de l'autre côté de la montagne. Là ils descendent un ensemble de falaise rocheuse jusqu'à voir une grotte, pas très haute de plafond et large d'à peine un homme et demi. La mer s'y engouffre et Zoro commence à avancer, l'eau lui arrive au niveau des genoux. Seulement il se rend compte que Lucey ne le suit pas.

« Tu ne viens pas ?

-Je suis une utilisatrice de fruit du démon...

-Autrement dis il faut que je te porte. »

Lucey se gratte la tête, gênée mais Zoro ne dit rien ou ne montre pas d'agacement car il a l'habitude de devoir surveiller trois idiots d'utilisateurs de fruit du démon qui s'arrangent toujours pour tomber à la mer. Surtout un. Et le pire c'est que c'est son capitaine... L'épéiste se baisse un peu pour laisser Lucey grimper sur ses épaules, une jambe de chaque côté de sa tête. Il n'est même pas surpris de son poids plume, après tout elle fait une tête de moins que lui et il a l'habitude de soulever des altères de plus d'une tonne au réveil. Il avance dans la grotte en faisant tout de même attention à ce que Lucey ne percute pas le plafond.

« Tu as mangé quoi comme fruit ?

-Le Senshi senshi no mi. Fruit de l'esprit.

-Ne me dis pas que tu peux lire dans mon esprit là !

-Si ! Tu es en train de penser que tu veux me jeter à la mer et me noyer dans cette grotte et laisser mon corps se décomposer ici.

-Mais pas du tout !

-Ah ah ! Non je ne peux pas lire dans les pensées. Cependant je peux voir quelles émotions tu ressens, si tu te sens bien et l'état de ton âme.

-L'état de mon âme ?

-Oui je vois ton âme briller en toi et de manière assez vive ! Tu es en pleine forme ! Mais je vois aussi que tu es inquiet et très sur tes gardes. Après ce n'est pas difficile à comprendre, juste avec mon Haki je le vois... »

Zoro grimace en sentant le sol descendre sous ses pieds, il attrape ses sabres à sa ceinture et les soulève pour éviter qu'ils touchent l'eau. Il assimile les mots de Lucey et une question lui trotte dans la tête.

« C'est quoi une âme ... en mauvaise santé ?

-Elle va très peu brillée, si elle ne brille plus alors la personne meurt.

-Plus de volonté de vivre donc.

-Entre autres, traumas, tristesse, blessure, manque d'amour, abandon... tant de chose. »

Ils arrivent enfin à une grande ouverture dans la grotte et Zoro pose Lucey sur un sol sec. Elle l'attend et tous deux avancent doucement, haki en alerte. Ils repèrent très vite un attroupement de personne en dessous d'eux ainsi que la présence de garde et de personnes hostiles. Ils arrivent à la fin du courant d'eau qui chute en cascade vers un lac en contrebas. C'est là qu'ils voient une grande grille probablement en granite marin avec les gens à l'intérieur, prisonnier. Lucey observe la grotte et voit un pont au loin, probablement par-là que les prisonniers passent avant de se faire enfermer. Lucey réfléchis un instant avant de se tourner vers Zoro.

« Peux-tu garder mon corps ? Je vais m'infiltrer.

-Garder ton corps ?

-Senshi Senshi no Astral form ! »

Le corps de Lucey tombe dans les bras de Zoro, inerte, alors que celui-ci ouvre grand la bouche en une protestation de surprise. Il ferme les yeux, prends une grande inspiration et force son Haki de l'observation, là il ressent l'âme de Lucey sortir de son corps et se déplacer vers le pont.

« Mais elle est vraiment sortie de son corps ? »

Flottant librement, Lucey pénètre les murs massifs de cette forteresse de pierre, franchissant les barrières physiques sans effort. Sa silhouette luminescente glisse entre les espaces étroits et les passages secrets, évitant avec agilité les regards des gardiens vigilants qui ne se doutent pas une seconde qu'elle est là. Son esprit aiguisé capte chaque détail, chaque murmure étouffé par les murs de cette prison impitoyable. Lucey, telle une lumière bienveillante, explore avec curiosité chaque cellule, chaque recoin obscur, à la recherche d'informations cruciales. Les gardes, inconscients de sa présence astrale, poursuivent leur routine, tandis qu'elle s'avance. Elle contourne les pièges dissimulés, utilise sa capacité astrale pour éviter les dispositifs de sécurité les plus sophistiqués. Son regard scrutateur ne laisse aucun détail lui échapper, captant chaque indice, chaque parcelle de vérité enfouie dans l'enceinte de ce bastion carcéral.

Dans cette forme, elle voit d'avantage les âmes des gens, leurs émotions et leurs tourments. Bien entendu ce qu'elle perçoit le plus c'est la fatigue psychologique et physique, l'abandon et le désespoir. Elle continu de se déplacer, cherchant Commode ou un autre noble et c'est là qu'elle s'arrête, flottant au-dessus du sol, choquée. Elle reconnait dans la foule de prisonnier Raru et Mylar. Les deux hommes sont au bout de leur vie, désabusé par ce qu'il leur arrive. Lucey avait eu raison, ils ne prendraient pas de risque. La jeune femme s'approche d'eux et laisse son âme entrer en contact avec la leur pour les apaiser. L'action est assez intense et fatigante et ça force Lucey à retourner vers son corps. Elle ouvre d'un coup les yeux et tombe sur le visage surpris de Zoro qui ne s'attendait pas à la voir revenir d'un coup .

« Hey ! Ça va ? Demande-t-il un peu inquiet.

-O-oui. Répond-elle un peu essoufflée.

-Tu as vu quoi ?

-Raru et Mylar...

-Quoi mais ils devaient...

-Je sais... Je n'ai pas eu le temps de regarder ailleurs.

-Tu peux y retourner ?

-Pas tout de suite... Cette technique est épuisante. Sortons d'ici et j'y retournerai plus tard. »

Zoro acquiesce et l'aide à se relever, elle repart vers le courant d'eau salée et une fois de plus le haki de Zoro lui permet de voir une tristesse en elle, cela dure une minute ou deux et ça disparait. Une fois de plus l'épéiste la porte sur ses épaules jusqu'à l'extérieur. Ils sont accueillis par le soleil qui est bien haut dans le ciel et le ventre de Lucey gargouille.

« Bon j'ai faim.

-Tu me rappelle vraiment quelqu'un... »


Zoro et Lucey sont assis à une nouvelle table de terrasse de restaurant, la jeune femme a eu la bonté de lui offrir de nouveau à boire alors qu'elle s'empiffre de sa cinquième assiette de côtelette d'agneau et troisième assiette de pâte bolognaise. Zoro lui mange des boulettes de riz et du poisson, son plat préféré.

« Serveur ! Je peux avoir une pièce de bœuf saignant s'il vous plait !

-Tu dois connaitre Luffy ce n'est pas possible !

-Pourquoi ?

-Il s'empiffre toujours de viande !

-Il a raison ça donne des forces ! Et c'est super bon !

-C'est pas vrai... »

Zoro avale une grande gorgée de sake pour noyer son désespoir et engloutit son riz gluant. Le serveur arrive avec une énorme entrecôte, les yeux grands ouverts en voyant une si jolie jeune femme manger autant.

« La même bouteille.

-Hey c'est pas toi qui paye !

-...

-...

-S'il te plait... ?

-D'accord. »

Le serveur soupire et repart alors que Zoro sourit comme un enfant. Bon l'addition qu'il allait devoir à Lucey allait être énorme mais au moins il avait à boire.

« Tu as vu quoi là-dedans ?

-Beaucoup de prisonniers et comme je t'ai dit Raru et Mylar. Et je ne crois pas que c'est un cas à part. Cette sélection, les impôts... je pense que la prison est le point de départ.

-Tu vas avoir besoin d'y retourner ?

-Peut-être, je vais y retourner cette après-midi une fois que j'ai repris des forces avec de la viande.

-Quelque chose ne va pas avec ce vampire.

-Qui ?

-Le gars aussi blanc qu'un cadavre qui a assassiné les villageois. Je fais que d'y penser depuis tout à l'heure et j'essaye de comprendre ses pouvoirs.

-Bloodckaw Jake... les seules infos que j'ai sur lui c'est qu'il est au service de Néron et son nom est réputé dans la noblesse, donc ce n'est pas n'importe qui. »

Zoro avale une gorgée de son sake tout en réfléchissant. Il se souvient de comment ceux qui avaient prétendu être Mylar étaient mort, palissant à vue d'œil. Jake leur avait aspiré quelque chose pour sûr mais quoi. Et puis cette lame qui était sorti de sa main... Le serveur revient et pose la nouvelle bouteille de sake devant Zoro et prend celle vide. L'épéiste sourit de bonheur et l'attrape avec hâte, seulement en la soulevant, il dévoile un petit papier plié qui était caché sous la bouteille. Cela n'échappe pas à l'œil de Lucey, devinant que le serveur l'avait déposé avec l'alcool. Zoro le prend et le déplie, son œil s'ouvre sous la surprise. Deux mots sont écrits, simples et clairs, il tend le papier à son amie qui le lie à son tour. « Aidez-nous ».

« Ouais le monde commence à comprendre que certains pirates ne sont pas les méchants... »