Résumé des chapitres précédents : Katsuki s'est fait défoncer sa voiture par un suicidaire ayant sauté du haut d'un immeuble. La police et Katsuki ont fait mumuse. Fat Gum et Mirio ont mangé des hamburgers. Et le suicidaire a demandé un prêtre.

Bonne lecture.

Lili


~ 3. Les mariages, c'est à l'étage du dessous, mon fils. ~

Tenya soupira lourdement et se pinça le haut du nez, faisant remonter ses lunettes de quelques centimètres sur son front. Il était là, chez lui, à attendre des nouvelles du Président Aizawa, sans pouvoir rien faire. Et il était totalement dépité. Sauver le monde, c'était sa mission. Mais il avait échoué. Les Mondoshawans avaient été attaqués et s'étaient crashés, emportant avec eux tout espoir de survie pour l'humanité toute entière.

Il posa un regard désolé sur la porte derrière laquelle son disciple, Shoto, brodait soigneusement les insignes de leur ordre sur de nouvelles soutanes. Et Tenya n'avait pas le cœur de lui expliquer que cela ne servait plus à rien, vu qu'ils seraient tous morts dans moins de quarante-huit heures. Trois cents ans d'attente pour rien... Ses prédécesseurs devaient se retourner dans leurs tombes.

Le bruit strident de la sonnette le fit soupirer. Là, maintenant, il n'avait ni l'envie, ni la foi pour répondre et encore moins avoir une quelconque interaction sociale. Mais Tenya était un homme droit, poli et bien élevé, qui ne laissait pas les gens attendre sur son seuil en faisant le mort. Aussi ouvrit-il sa porte en soufflant avec lassitude :

- Oui ?

Il fixa l'homme devant lui, un grand gaillard blond, vêtu d'un pantalon noir et d'un débardeur orange. Il tenait dans ses bras un autre jeune homme, visiblement endormi, vêtu d'un simple slip blanc et de quelques bandes immaculées s'enroulant ici et là sur son corps.

- Bonjour, le salua le blond. Je cherche un prêtre.

Tenya s'attarda à peine sur le couple, devinant déjà la raison de leur venue.

- Les mariages, c'est à l'étage du dessous, mon fils. Félicitations.

Sans attendre, il se retourna et referma sa porte. Non, il ne faisait pas les mariages ! Il était expert en astrophénomènes ! Pas marieur ! Et à l'heure actuelle, l'amour et les mariages étaient bien le dernier de ses soucis. Il espérait d'ailleurs que son collègue demanderait bien le consentement des deux avant de les unir. Après tout, l'un d'eux n'avait pas l'air en état de dire oui... ou non.

Un grand bruit dans son dos le fit sursauter. Effaré, il vit sa porte osciller dangereusement sur ses gonds dévoilant son palier, le grand blond, son pied botté encore levé. Tenya eut à peine le temps de comprendre que ce type venait d'enfoncer sa porte à grand coup de tatane, que ce dernier entrait chez lui d'un pas rageur.

- C'est pas mon fiancé, claqua-t-il en se dirigeant vers le salon. C'est mon client. Il cherche un prêtre du nom de Tenya Ilda. L'annuaire dit qu'il habite ici.

Suivant son invité impromptu, Tenya bafouilla, encore sous le choc du traitement imposé à sa pauvre et innocente porte.

- Oui... C'est... C'est moi. Mais je ne le connais pas !

Non, il n'avait jamais vu le jeune homme inconscient dans les bras du blond. Maintenant qu'il le voyait de plus près, Tenya constata qu'il semblait plutôt mal en point. Il devrait d'ailleurs aller voir un médecin au lieu d'un prêtre.

La voix grave du blond le sortit rapidement de ses pensées.

- Mais personne ne le connaît ! Il n'est pas fiché, il n'a pas de pièce d'identité. Il a juste un tatouage, là... Sur le bras.

Tout en parlant, il tenta de montrer ledit tatouage, sans faire tomber son précieux chargement.

- Un tatouage ? s'étonna Tenya en s'approchant.

Effectivement, là, à l'intérieur du poignet pâle, il y avait bien ce qui ressemblait à un tatouage. Quatre carrés de tailles parfaitement identiques, disposés pour former un carré plus grand, chacun d'eux composé de quelques lignes ondulées. Tenya écarquilla les yeux et leva brusquement la tête vers le blond qui le fixa d'un air interrogateur. Incrédule, il examina de nouveau les lignes couleur bronze courant sur la peau pâle.

Katsuki leva un sourcil dubitatif quand le prêtre devant lui releva une nouvelle fois la tête, remontant ses lunettes d'un geste nerveux. C'était quoi le problème avec ce tatouage ? Il le trouvait plutôt joli, lui, ce tatouage. Face à lui, le prêtre bafouilla :

- Oh... C'est... C'est... le... le... Cinquième... élément.

Et sous les yeux éberlués de l'ancien Major, Tenya s'évanouit.

Debout au milieu d'un salon cosy, un inconnu quasi nu dans les bras, un prêtre inconscient à ses pieds, Katsuki soupira lourdement. Mais dans quoi il s'était encore fourré ? C'était quoi ce cinquième élément ? Et pourquoi ça tombait forcément sur sa gueule ? Mais bizarrement, une seule pensée le traversa :

- Neito va m'assassiner, souffla-t-il, dépité.

Décidant qu'il ne pouvait quand même pas rester là à attendre pendant une éternité que le prêtre se réveille ou que quelqu'un d'autre vienne, il déposa soigneusement son passager clandestin sur le canapé du salon. Puis, avec bien moins de douceur, il installa le corps inconscient du prêtre dans un fauteuil avant de le gifler fermement.

- Mon Père ! Debout ! ordonna-t-il.

Tenya ouvrit brutalement les yeux et Katsuki recula, lui laissant de l'espace pour qu'il puisse se relever.

- Qui êtes-vous ? demanda le prêtre en dardant un regard inquisiteur sur lui.

Super ! Un prêtre amnésique ! Manquait plus que ça ! pensa Katsuki.

- C'est moi qui ait amené le mec... le brocoli, précisa-t-il en désignant ledit brocoli inanimé étendu sur le canapé. Il est tombé sur ma banquette arrière et s'est mis à me parler dans une langue bizarre.

Pendant ses explications, Tenya s'approcha de l'inconscient, l'observant avec un respect teinté d'admiration incrédule.

- Elle n'a rien de bizarre, répondit-il machinalement. C'est la langue sacrée que parlaient les anciens.

- Ok, souffla Katsuki, songeant que si seuls les anciens la parlaient cette langue, il ne devait plus y avoir grand monde pour la comprendre.

Son peu d'enthousiasme sembla vexer le prêtre qui lui lança un regard désapprobateur avant de lui répondre d'un ton lui reprochant clairement son ignorance :

- Elle était parlée dans tout l'univers depuis la nuit des temps !

Tout en protestant, il tourna à nouveau la tête vers le jeune homme allongé sur son canapé.

- Elle... Il... C'est un garçon, bafouilla-t-il en pointant un index tremblant vers ledit garçon.

- Vous avez remarqué, se moqua Katsuki.

S'il lui fallait autant de temps pour voir ça, Katsuki devrait peut-être lui suggérer de changer de lunettes. Mais ce serait se montrer magnanime et vu la manière dont le prêtre venait de le prendre de haut, il n'en avait pas envie. Mais alors pas du tout ! Qu'il se démerde tout seul le bigleux de service !

Totalement insensible à l'ironie de son invité impromptu, Tenya hocha la tête avec conviction.

- Oui, bien sûr !

Il admira de longues secondes l'inconnu endormi devant lui, soufflant avec révérence :

- C'est un miracle !

Il avait devant lui la clé de la sauvegarde de l'humanité, clé qu'il croyait perdue à jamais. C'était tellement...

- Oui, un miracle qu'il soit entier, s'agaça Katsuki sortant le prêtre de son admiration respectueuse.

- Il n'y a pas de temps à perdre ! s'exclama celui-ci d'un ton décidé.

Se tournant vers Katsuki, il ordonna :

- Réveillez-le !

En voyant le blond face à lui froncer les sourcils, et la douleur lancinante sur sa joue lui rappelant la manière plus que brutale dont il avait lui-même été réveillé, Tenya s'empressa de préciser :

- Mais doucement !

Voyant clairement que le regard écarlate du grand blond se teintait de moquerie, il ajouta, son excitation parfaitement audible :

- Je veux dire... Ce jeune homme est le bien le plus précieux de l'humanité... Il... Il est parfait !

Et sans attendre, il tourna les talons, se précipitant dans la pièce à côté du salon. Il fit brutalement sursauter Shoto, tranquillement assis à broder, et se précipita dans son dressing. Il ne pouvait quand même pas recevoir le Cinquième élément chez lui, vêtu de sa soutane de tous les jours. Il avait besoin de quelque chose... quelque chose de plus solennel ! Oui, voilà ! C'était ça ! Un truc plus solennel ! C'était le Cinquième élément tout de même !

Resté seul dans le salon, Katsuki se rapprocha de son passager toujours évanoui sur le canapé. "Il est parfait" avait dit le prêtre binoclard... Et Katsuki ne pouvait qu'être d'accord avec ça. Se baissant, il se pencha sur l'endormi, son regard détaillant chaque trait du visage apaisé et serein. Oui, définitivement, il était tout à fait d'accord avec le prêtre...

- Parfait, souffla-t-il pour lui-même.

Avec une douceur infinie, il caressa l'une des joues parsemée de taches de rousseurs, se retenant de les compter maintenant. Plus tard, s'il en avait l'occasion, il ne s'en priverait pas. Mais là, maintenant, il devait le réveiller.

- Hey, chuchota-t-il. Réveille-toi !

Mais, l'inconnu ne bougea pas, restant résolument dans les bras de Morphée.

Un souvenir revint brutalement à l'esprit de Katsuki. Un vieux conte que sa mère lui racontait quand il était petit. Une histoire de princesse endormie, réveillée par le baiser d'un prince. Ah... Finalement, peut-être que Neito n'avait pas tort quand il lui disait qu'il croyait un peu trop aux contes de fées. Parce que là, il avait vraiment très envie de voir s'il pouvait réveiller son mystérieux passager en l'embrassant.

Ses yeux se posèrent sur les lèvres roses et closes à quelques centimètres de lui. Elles étaient bien dessinées, semblaient douces et l'appelaient en silence. Jetant un coup d'œil autour de lui, Katsuki s'assura qu'il était bel et bien seul dans la pièce avant de se pencher vers la bouche tentatrice. Il y posa la sienne avec tendresse, ses paupières s'abaissant jusqu'à se clore pour mieux en savourer la douceur.

Katsuki rouvrit brutalement les yeux quand le bruit caractéristique d'un flingue se chargeant se fit entendre, le métal froid se posant sur sa tempe l'informant qu'il était clairement visé par celui-ci. Voyant les yeux verts de celui qui avait volé son cœur sans le savoir le fixer aussi hargneusement, il recula en s'excusant, levant les mains en l'air en signe de paix.

- Oh ! Ok... Tu as raison ! J'ai eu tort ! J'aurai pas dû faire ça. J'aurai pas dû t'embrasser... Ok ! Mais il...

Tout en parlant, il se releva, l'inconnu l'imitant, pointant toujours l'arme chargée vers lui.

- Ectogamma ! claqua celui-ci d'un ton dur.

Bien conscient que, sur ce coup-là, il avait merdé, Katsuki tenta d'apaiser la situation.

- Tu te souviens ? Tu es tombé dans mon taxi. Tu te rappelles ?

Voyant l'expression confuse de son interlocuteur, il soupira lourdement :

- Tu te rappelles pas... Génial...

Mais il n'allait pas s'avouer vaincu pour autant. Merde ! Il refusait que ce mec qui avait chamboulé toute sa journée en flinguant son taxi et en foudroyant son cœur l'oublie. Pas moyen ! Se souvenant de leur première et unique conversation, assez surréaliste, il dit :

- Badaboum ! Big Badaboum !

- Boum, répondit timidement l'inconnu.

- Boum. Big Badaboum. C'est ça ! sourit Katsuki soulagé. Dans mon taxi... Regarde... Je suis chauffeur de taxi.

Lentement, il sortit de la poche arrière de son pantalon une carte de visite et la montra à celui qui le menaçait toujours d'un flingue. De son flingue d'ailleurs ! Katsuki enrageait intérieurement de ne même pas l'avoir senti le lui prendre.

- Tiens, c'est moi. Katsuki Bakugo. Katsuki. Tu comprends ?

Tendant la petite plaque de métal à son passager clandestin, il poursuivit :

- Tiens, je te la donne. Tu m'appelleras quand tu auras appris la langue.

Oui, s'il pouvait attendre d'avoir appris la langue pour l'appeler, ce serait bien. Parce que sinon, la conversation risquait d'être fortement limitée. Mais s'il l'appelait avant, Katsuki se ferait un plaisir de lui servir d'enseignant. L'essentiel, c'était qu'il l'appelle ! Pour n'importe quelle raison ! Katsuki voulait le revoir. Le revoir pour le séduire et avoir à nouveau l'occasion de l'embrasser. Avec son consentement cette fois.

L'inconnu tendit la main vers la carte de visite pour la prendre. Voulant d'étendre un peu l'atmosphère électrique par une petite blague à la con, Katsuki éloigna la carte en ricanant :

- Hop ! Non !

Mais sa petite blagounette ne fut pas du tout au goût de son passager qui lui arracha la carte des mains sans aucune douceur et avec une expression vexée.

- Je rigole, je plaisante, se justifia Katsuki, les mains toujours en l'air.

Après tout, il était toujours menacé par sa propre arme. Mais Katsuki avait une idée précise en tête et il reprit :

- Et toi ? Comment tu t'appelles ? Toi ?

Voyant que son interlocuteur ne comprenait pas, il se désigna d'un doigt en disant son prénom avant de tendre le même doigt vers le jeune homme face à lui, le fixant d'un regard interrogateur.

Il vit clairement l'hésitation dans les yeux verts de son passager. Patiemment, Katsuki attendit que celui-ci se décide à lui répondre, tout en espérant qu'il ait compris ce qu'il lui demandait.

- Izukumidoriyaoneforall, finit par souffler l'inconnu.

- Bien d'accord... Tout ça, c'est ton nom, dit Katsuki avec dépit. Et t'as pas un nom... plus court ? Tu comprends ?

Avec ses mains, il mima comme il put "court" rapprochant ses deux paumes l'une de l'autre.

- Plus court... Reprit-il. Katsuki Bakugo...

Parce que clairement, il n'avait pas tout compris au charabia de son interlocuteur. Donc, s'il avait plus simple, Katsuki était preneur.

- Izuku... répondit avec hésitation le jeune homme.

- Izuku, sourit Katsuki avant de reprendre, désignant tour à tour son passager et lui-même. Katsuki, Izuku. Izuku, Katsuki.

Il n'eut pas le temps de poursuivre cette conversation qui prenait une tournure si prometteuse, le prêtre surgissant brusquement à ses côtés, un mec habillé d'une soutane et les cheveux blancs et rouges sur ses talons. Surpris par leur arrivée soudaine, Izuku tourna immédiatement son arme vers les nouveaux venus qui s'arrêtèrent brutalement.

- Voilà, je... bredouilla Tenya avant de fouiller frénétiquement dans ses manches.

Le sourire éclatant qui illumina le visage d'Izuku à la vue du prêtre binoclard tordit les entrailles de Katsuki d'une jalousie malvenue. Merde ! Bien sûr qu'Izuku avait le droit de sourire à qui il voulait. En plus, visiblement, il reconnaissait le prêtre. Il l'avait même demandé avant de tomber dans les pommes sur sa banquette arrière. Il n'avait aucune foutue raison d'être jaloux !

Tenya réussit à mettre la main sur ce qu'il cherchait et tendit avec un soulagement bien visible, une petite clé dorée vers son invité surprise.

- Vous êtes sûr que c'est l'être suprême ? lui souffla discrètement Shoto dans son dos.

- Absolument certain, lui répondit Tenya sur le même ton.

Shoto ne dit rien, gardant ses doutes pour lui. Il l'imaginait autrement, l'être suprême. Certes, le jeune homme face à eux était... bien. Mais, il semblait fragile. Sûrement à cause des hématomes visibles ici et là et le sang des égratignures tachant sa peau pâle.

Profitant que l'attention d'Izuku soit tournée ailleurs, Katsuki se rapprocha un peu de lui. Mais ce dernier pointa immédiatement à nouveau son arme vers lui, le faisant reculer.

- Ah oui, c'est vrai, grogna le blond qui en avait presque oublié son flingue entre les mains d'Izuku.

S'il pouvait récupérer son arme d'ailleurs, il ne serait pas contre. Songeant que si le prêtre savait quelle langue parlait Izuku, c'était qu'il devait sans doute la maîtriser, au moins un peu, alors il s'adressa directement à lui :

- Dites, vous pourriez pas lui demander de me rendre mon flingue ?

Pas qu'il n'en ait pas plein d'autres chez lui. Mais justement, elles étaient sagement rangées chez lui. Et il en était loin, de chez lui. Et vu comment sa journée se déroulait, il pourrait bien avoir besoin de son arme avant d'être rentré. Et il n'en avait pas d'autres dans son taxi. En plus, ce flingue, c'était un cadeau, il y tenait l'air de rien. En plus d'être discret et efficace, il avait une valeur sentimentale. Bref, c'était son flingue préféré, alors hors de question de partir sans lui.

- Comment vous appelez-vous ? demanda Tenya.

- Katsuki Bakugo, répondit le chauffeur de taxi sans lâcher Izuku des yeux.

Il se sentit être agrippé par le bras et entraîné vers la sortie par Tenya, son disciple ouvrant la porte d'entrée et la maintenant ouverte.

- Merci de votre aide, Monsieur Bakugo, lui dit Tenya en le poussant sans douceur vers la sortie. Merci infiniment. Vous avez été très aimable. Mais maintenant, il faut qu'il se repose. Il arrive d'un très long voyage.

Un peu surpris d'être mis dehors comme un malpropre, Katsuki bougonna :

- Ouais, je sais ! J'ai assisté à son atterrissage, hein !

Ceci dit, il comprenait que le prêtre veuille être tranquille chez lui, sans plus d'étrangers que nécessaire. De toute façon, Izuku avait son numéro, et lui avait celui du prêtre. Il pourrait toujours reprendre contact sans trop de mal.

Alors que Tenya allait fermer la porte, le laissant sur son seuil, Katsuki se souvint d'une question qu'il voulait poser. Retenant la porte d'une main, juste avant qu'elle ne se referme complètement, il interpella le prêtre :

- Ah oui ! Oh Mon Père ! Attendez ! Il a dit un truc que je n'ai pas saisi tout à l'heure. Je ne comprends rien de ce qu'il dit mais... Ectogamma... ça veut dire quoi ?

- Jamais sans ma permission, lui répondit sans hésitation Tenya.

- C'est bien ce que je pensais, admit Katsuki alors que le battant se fermait, le laissant sur le palier sans d'autre choix que de rentrer chez lui.

Presque une heure plus tard, Katsuki gara son taxi salement amoché sur sa place de parking attitrée. Vu l'heure, il n'avait pas même cherché à rejoindre le garage, conscient qu'il serait fermé. De toute façon, il n'avait cessé de penser à une immense paire d'yeux verts fascinants de beauté et à un sourire éblouissant. Laissant lourdement tomber son front sur son volant, il soupira :

- J'ai eu tort...

Oui, il avait eu tort. Tort de se laisser mettre dehors par ce foutu prêtre bigleux et son disciple bicolore. Tort de ne pas avoir insisté pour rester un peu plus, au moins le temps de faire un peu mieux connaissance avec Izuku. Rien que le fait de penser à son prénom faisait s'envoler une nuée de papillons dans le bide de l'ancien Major. Et savoir Izuku seul avec les deux hommes de foi ne le rassurait pas.

Il avait ce foutu pressentiment de merde... Cette certitude que les choses allaient mal tourner. Qu'Izuku était en danger... Il aurait dû rester pour le protéger. La dernière fois qu'il avait eu ce genre de pressentiment... Il en faisait encore des cauchemars putain ! Ça avait été un véritable enfer ! Et il avait bien failli y rester. Il avait quitté l'armée après cette putain de mission. Ça avait été la dernière... Il n'avait plus jamais eu ce sentiment angoissant de fin du monde imminente, cette certitude absolue que les choses allaient tourner au vinaigre. Jusqu'à aujourd'hui…

Dépité par son propre comportement, Katsuki sortit de son taxi et regagna son appartement minable. Dès qu'il franchit la porte, son chat miaula, réclamant sa pâtée.

- Oh non ! Je suis désolé, s'excusa Katsuki en posant sa veste sur la banquette et en fermant la porte. J'ai oublié de t'acheter à manger. Je vais demander au Thaï de venir pour me faire pardonner, ok ?

Il caressa son chat qui ronronna sous l'attention, Katsuki traduisant cela comme un accord pour le Thaï. Tant mieux, il avait la flemme de faire à bouffer. Son téléphone fixe se mit à sonner, l'agaçant.

- Ouais, ouais, une seconde, râla-t-il avant de décrocher. Ouais ?

- Je t'ai attendu toute la journée au garage, attaqua d'entrée de jeu son interlocuteur.

- Neito, soupira Katsuki blasé en se laissant tomber sur sa banquette.

Évidemment que Neito allait lui sauter sur le poil dès qu'il franchirait la porte de son studio. Ce type avait un talent certain pour savoir quand Katsuki rentrait chez lui, à la minute près. À croire qu'il l'espionnait.

- Où est mon taxi ? demanda le mécano.

- Il ronronne comme un chat, assura Katsuki en s'allumant une clope. Impeccable.

Merde... il n'aurait pas dû dire ça. Neito le connaissait trop bien. Il grimaça quand son meilleur ami ricana :

- Impeccable ? Ça veut dire quoi ça ? Je te connais Katsuki. Impeccable, ça fait vraiment pas partie de ton vocabulaire. Alors, vas-y, dis-moi tout. Raconte à ton vieux pote ce qui t'est arrivé. T'as encore voulu sauver la planète ?

Se laissant tomber sur le dos, Katsuki grogna :

- Neito...

Mais Neito ne le laissa pas dire un mot de plus, enchainant directement, son ton devenant plus colérique :

- Tu m'as bousillé le pare-choc ? C'est ça, hein ? Tu m'as encore bousillé le pare-choc ! Vas-y ! Dis-moi !

Agacé par la colère, pas totalement illégitime, de Neito qui ferait probablement une attaque cardiaque quand il verrait l'état du taxi, Katsuki l'interrompit sèchement :

- Neito putain ! J'étais en route pour le garage, ok ? Une course m'est tombée dessus par hasard ! Le genre de course que tu peux pas refuser, si tu vois ce que je veux dire !

Ce n'était pas un mensonge, c'était même la stricte vérité ! Même si Katsuki aurait pu éviter la course poursuite avec la police, mais ça il n'allait pas le dire à Neito.

- Et à quoi elle ressemblait cette course ? demanda Neito suspicieux.

- Un mètre soixante-cinq, souffla Katsuki un doux sourire aux lèvres, son esprit revoyant avec précision son passager imprévu. Des yeux verts... Des taches de rousseurs... La peau douce... Tout ! Parfait !

Ouais, Izuku était parfait ! Parfait pour lui en tout cas.

Neito se radoucit, son rire moqueur se teintant d'une certaine tendresse.

- Je vois, dit-il. Et cette perfection a un nom ?

- Ouais, répondit Katsuki d'un ton rêveur. Izuku.

Et c'était le plus beau prénom du monde de son humble avis. Il allait parfaitement à l'ange tombé avec fracas sur sa banquette arrière.

~oOo~

Shoto observa, dubitatif, le jeune homme assis devant le PC de Tenya, un énorme plat de poulet sur les genoux. Sur l'écran, les pages défilaient à une vitesse hallucinante, empêchant Shoto de deviner de quoi elles parlaient.

- Que fait-il ? demanda-t-il à son mentor.

- Il étudie notre histoire, les cinq mille ans qu'il a manqués. Puisqu'il dormait pendant tout ce temps, expliqua Tenya en remontant d'un geste nerveux ses lunettes sur son nez.

Les mots Kung Fu interpellèrent Izuku qui cliqua sur le lien d'une vidéo. Sur celle-ci, un homme faisait des mouvements de bras et de jambes en émettant un bruit ressemblant vaguement à un miaulement énervé. Amusé, il imita l'homme de la vidéo puis, constatant que son plat était vide, se leva pour se refaire à manger. Il versa quelques gélules vertes dans le récipient et le mit au micro-ondes. Dix secondes plus tard, il le ressortit, débordant de poulet cuisiné.

- Chicken good, dit-il avec un grand sourire avant de retourner devant le PC reprendre son étude de l'histoire de l'humanité.

Il rajusta, d'un geste machinal, la veste prêtée par Tenya, ne portant toujours que les bandes blanches et le slip blanc qu'il avait à son réveil. Il faudrait qu'il songe à demander d'autres vêtements, plus couvrants. Mais l'urgence du moment, c'était d'en apprendre un maximum sur les cinq mille ans précédant son retour sur Terre. Pour ça, il apprenait chaque mot du dictionnaire, lisant les définitions et cliquant sur les liens vidéos présentant l'histoire de l'humanité.

Il avait hâte de parler correctement le Terrien. Il pourrait alors appeler Katsuki et le remercier pour son aide. Sans le chauffeur de taxi, il ne s'en serait pas sorti à si bon compte, c'était certain. Au final, quelques heures de repos et les bons soins de Tenya avaient suffi à lui faire retrouver la forme. Mais sans Katsuki, la police l'aurait arrêté et enfermé, l'empêchant de mener à bien sa mission. Il devrait donc remercier le blond.

Izuku était sûr et certain qu'il reverrait Katsuki. Il le sentait, son sauveur avait un rôle à jouer dans ce combat contre le mal absolu. Il ignorait lequel, mais n'avait aucun doute sur la question. Il allait revoir Katsuki ! Il devait absolument parler correctement pour discuter avec lui. Il avait tellement hâte... À cette simple idée, son cœur accélérait et il avait envie de sourire et de rire de joie. Il ignorait pourquoi et ne cherchait pas particulièrement à comprendre. Après tout, il avait une mission. Il devait sauver le monde ! Les détails n'avaient pas la moindre importance.

À quelques pas de lui, Shoto se pencha vers Tenya pour lui souffler discrètement :

- Mon père, je sais qu'il revient de loin. Mais, il nous reste très peu de temps.

Tenya sursauta, sorti de sa contemplation béate du cinquième élément par les propos de son disciple.

- C'est vrai, confirma-t-il.

Shoto observa Tenya s'approcher d'Izuku et se gratter la gorge pour l'interpeller. Il ne croyait qu'à moitié à toute cette histoire de mal absolu et d'arme suprême. Et le jeune homme devant lui ne le convainquait nullement en tant qu'arme suprême. Il était certes beau et avait l'air gentil. Mais Shoto ne voyait pas bien comment il allait pouvoir se battre contre quoi que ce soit. Il avait l'air fragile et faible. Rien de bien rassurant pour la survie de l'humanité, si elle dépendait vraiment de lui. Le chauffeur de taxi blond était bien plus impressionnant que ce soi-disant être suprême.

- Je suis navré de vous interrompre, mais la valise qui contient les pierres ? Où est-elle ? demanda Tenya à Izuku, après avoir attiré son attention.

Shoto ne comprit pas un traître mot de la réponse donnée par Izuku, lequel parlant très vite, marmonnant parfois, et faisant de grands gestes par-dessus le marché. Le jeune prêtre avait visiblement fort à faire avant de maîtriser pleinement la langue ancienne.

- Elle a été volée ? s'offusqua Tenya.

Izuku hocha la tête et le prêtre souffla, horrifié :

- Qui a osé faire une telle chose ?

~oOo~

Dabi se dirigeait vers son usine, usant des souterrains reliant son bureau aux divers bâtiments, quand l'un de ses assistants se précipita vers lui.

- Excusez-moi Monsieur, l'interpella le nouveau venu. Le conseil est très inquiet de la situation économique et se demande s'il ne serait pas opportun de procéder à cinq cent mille licenciements. Nous pourrions faire ça discrètement en licenciant dans les petites entreprises, comme les compagnies de taxi par exemple.

- Licenciez un million, ordonna-t-il d'un ton sec tout en continuant d'avancer.

- Mais cinq cent mille, ce serait suffisant pour...

Dabi tourna la tête pour fixer un regard peu amène sur son assistant qui s'interrompit avant de déglutir difficilement.

- Un million, bien Monsieur. Pardon de vous avoir dérangé, souffla ce dernier.

Il partit aussi vite qu'il était arrivé, faisant jubiler Dabi. Il aimait sentir le pouvoir qu'il avait sur les gens. Rien n'était plus grisant que le pouvoir !

~oOo~

Sortant du dressing, des vêtements pleins les bras, Shoto s'approcha de Tenya en désignant son chargement :

- C'est pour l'être suprême.

- Oui, oui, répondit machinalement son mentor plongé en pleine réflexion.

N'en demandant pas plus, Shoto se dirigea vers Izuku, trébuchant au passage sur un pied de table et manquant de s'étaler sur ladite table.

Il se rattrapa au dernier moment, lâchant les vêtements sur l'objet qui avait provoqué sa chute. Izuku sursauta, extirpé de son apprentissage accéléré par le bruit causé par Shoto et sa maladroite précipitation.

- Oh ! Pardon, s'excusa Shoto avant de désigner le tas de tissus posé devant lui sur la table. Je ne connaissais pas votre taille. Alors... j'ai... je vous ai trouvé une boîte de maquillage.

Prenant ladite boîte, il fit semblant de la poser sur son visage en expliquant :

- Il suffit de mettre ça comme ça.

- Danke, lui sourit Izuku.

Shoto se recula, rejoignant son mentor. C'était lui qui avait eu l'idée d'aller trouver des vêtements pour couvrir le corps presque nu de l'être suprême. Il avait trouvé cette boîte de maquillage dans l'un des tiroirs du dressing.

Il ne voyait pas bien pourquoi son mentor avait ça, mais avait jugé que l'être suprême pourrait en avoir l'utilité. Après tout, le maquillage était à la mode pour les hommes en ce moment. Et si Shoto n'était lui-même pas un grand adepte de la mode, peut-être qu'Izuku l'était lui. Être le cinquième élément n'empêchait sûrement pas de prendre soin de son apparence.

- Oui... ça me revient à présent... s'exclama soudainement Tenya, attirant l'attention de son disciple. Un homme qui boitait est venu, il y a un mois, me voir pour me questionner sur les pierres. Il disait qu'il était antiquaire. Comment a-t-il dit qu'il s'appelait ?

Il réfléchit, se frottant le haut du nez, mais finit par abandonner en soupirant :

- Ah ! Je n'ai jamais eu la mémoire des noms.

Juste devant lui, Izuku se débarrassa des bandes blanches et du slip le couvrant encore, dévoilant son corps entièrement nu, un tee-shirt et un pantalon posés sur le dos de sa chaise, prêts à être enfilés. Shoto et Tenya se retournèrent d'un seul bloc, laissant un peu d'intimité à leur invité, même si celui-ci ne semblait pas en avoir besoin.

- Il est vraiment... commença Shoto légèrement rougissant.

- Parfait, je sais, conclut Tenya avec embarras.

Tellement parfait, que même eux, hommes de foi ayant juré de consacrer leur vie à leur culte, ne pouvaient rester totalement insensibles aux charmes de l'être suprême. Ce dernier se mit soudainement à parler, faisant se retourner à nouveau les deux prêtres vers lui. Heureusement pour eux, Izuku avait enfilé le pantalon noir et le court débardeur blanc. Il était d'ailleurs en train d'ajuster sur son torse une paire de larges bretelles oranges en matière caoutchouteuse afin de compléter sa tenue.

- Que dit-il ? s'enquit Shoto.

- Il dit qu'il sait exactement où sont les pierres, traduisit Tenya.

Izuku hocha la tête avec un grand sourire, avant de se saisir d'une paire de bottes noires qu'il enfila prestement. Sa tenue lui convenait très bien. Simple, pratique, confortable, dans des couleurs basiques et passe partout. Seules les bretelles oranges tranchaient sur l'ensemble, mais en les voyant, il s'était souvenu du débardeur orange de Katsuki et n'avait pas résisté à l'envie de les mettre.

~oOo~

La porte s'ouvrit, laissant apparaître un groupe de créatures étranges mené par un homme à l'allure douteuse. Avec leurs peaux verdâtres, leurs grosses têtes, leurs bouches sans lèvres laissant voir de grandes dents jaunes, leurs oreilles pointues pendant mollement sur le dessus de leurs têtes et leurs petits yeux noirs, ils n'avaient rien de très avenant. Pourtant, Dabi les accueillit avec joie.

- Mon cher Shigaraki ! Comment trouvez-vous ces deux petits vaisseaux que je vous ai prêtés ?

Il fronça les sourcils en voyant le meneur du groupe hocher la tête avec satisfaction.

- C'est vous Shigaraki ? Quelle horrible tête ! Ça ne vous va pas du tout. Enlevez-la, ordonna-t-il.

L'homme aux longs cheveux blancs et au teint blafard secoua plusieurs fois la tête, devenant alors semblable à ses camarades.

- C'est mieux, approuva Dabi avec un léger rictus. Il n'y a pas à avoir honte de ce que vous êtes, ajouta-t-il d'un ton moralisateur. Vous êtes des guerriers ! Soyez fiers ! Quelle importance que le gouvernement fédéral ait disséminé votre peuple ? Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. L'heure de votre vengeance a sonné !

D'un geste grandiloquent, l'homme d'affaires désigna l'un des containers posés près de lui.

- Voilà le DF One !

Il sortit l'une des armes ainsi nommées du container, glissant son bras dans l'espace prévu à cet effet. Il sourit à ses interlocuteurs, se gorgeant de l'avide attention dont il était l'objet. Dabi savoura chaque seconde de l'instant avec délectation.

Il savait parfaitement que Shigaraki et ses hommes utiliseraient ces armes pour se venger du gouvernement. Sûrement qu'ils tenteraient de tuer le Président lui-même. Mais Dabi s'en foutait complètement. Lui, il était un homme d'affaires. Il payait des gens, une misère souvent, pour concevoir et construire des appareils qu'il vendrait à prix d'or. Son catalogue allait du simple robot ménager au vaisseau spatial le plus perfectionné, en passant par les armes et le matériel médical. Tant que ça lui rapportait des sous, Dabi vendait.

Sa société avait aussi racheté tout un tas d'autres petites entreprises, dans pleins de domaines différents. Du fast-food au taxi, en passant par les salons de coiffure et la construction, Dabi était partout. Aussi faisait-il preuve d'une grande générosité en payant aussi chèrement Shigaraki et ses hommes, du moins de son point de vue. Il entreprit de leur faire l'article du DF One, dernière arme de poing sortie de son usine.

- Léger, extrêmement maniable, adapté aux gauchers comme aux droitiers, commença-t-il à un débit rapide, connaissant son discours par cœur. Démontable en quatre pièces. Indétectable aux rayons X. Idéale pour les interventions rapides et discrètes.

Pointant une à une les différentes parties de l'arme, il poursuivit :

- Un mot sur sa puissance de feu : batterie en titane, magasin rotatif permettant de tirer trois mille coups d'une puissance de trois à trois cents. Et grâce au bouton replay, autre invention de Crématorium Industrie, c'est encore plus facile.

Avec un sourire entendu, il poursuivit.

- Un coup, un seul... Une pression sur le replay et tous les coups suivants atteindrons la même cible.

Une cible de forme humaine surgit du mur dans son dos et Dabi tira dessus, la touchant en plein milieu du torse. Avec un clin d'œil à Shigaraki, il appuya sur le bouton replay et tira droit sur le groupe de mercenaires.

Ceux-ci protestèrent et tentèrent d'esquiver les balles avant de se rendre compte qu'aucune d'entre elles ne se dirigeait vers eux, toutes atteignant la cible dans le dos de Dabi. Une vague d'admiration approbatrice se fit entendre et Dabi sourit largement.

- Et pour achever le travail, reprit-il, les grands classiques de la maison : lance-roquette, arbalète à flèches explosives ou empoisonnées, notre célèbre lance filet, le bon vieux lance-flamme, toujours efficace.

À chaque outil énuméré, Dabi en fit la démonstration sur l'innocente cible qui se prit donc une roquette, une flèche explosive et une empoisonnée, puis un filet avant de se retrouver sous une flamme brûlante.

- Mon préféré, avoua Dabi avec connivence à Shigaraki et ses sbires. Et enfin, l'apothéose, le tout nouveau Ice Cube Système !

La cible se retrouva soudainement couverte d'une brume glacée qui éteignit efficacement les flammes, mais la gela complètement. Les mercenaires applaudirent bruyamment la démonstration, se satisfaisant d'avance d'avoir bientôt entre leurs mains ces armes si perfectionnées. Reposant le DF One dans le container, Dabi donna une tape sur ce dernier, mettant fin aux applaudissements.

- Quatre containers complets, livrés en temps et en heure, affirma-t-il. Et de votre côté, mon cher Shigaraki, est-ce que vous m'apportez ce que j'ai demandé ?

L'avidité était parfaitement audible dans sa voix et ses yeux bleus brillèrent d'impatience quand Shigaraki lui assura que c'était le cas. Black Mist, le bras droit du meneur, approcha avec une valise qu'il remit à Dabi.

- Magnifique, souffla celui-ci en posant le bagage finement ouvragé sur l'un des containers.

Il l'ouvrit rapidement, pressé de voir de ses propres yeux l'objet de sa convoitise. Enfin, il les avait ! Mais, il referma brusquement la valise, un rictus indéfinissable tordant son visage aux cicatrices si apparentes.

- Shigaraki... Cette valise est vide ! lâcha-t-il sa voix, partant légèrement dans les aiguës.

Un rire nerveux sortit de sa bouche alors qu'il se retournait vers les mercenaires.

- Comment ça vide ? demanda Tenya à Izuku.

Il fronça les sourcils, surpris et dubitatif. Le contenu de la valise était indispensable ! Pourquoi les Mondoshawans n'auraient pas pris les pierres avec eux ? Izuku fit un sourire au prêtre, se lançant immédiatement dans les explications nécessaires, riant moqueusement de la tête du prêtre et de la tête que devait faire le voleur de valise en se rendant compte de la supercherie.

- Vide ! répéta Dabi d'un ton exaspéré. Le contraire de plein si vous préférez. Cette valise... devrait être pleine ! Quelqu'un a-t-il une explication ?

Face à lui, Shigaraki et ses hommes secouèrent la tête négativement. Ils n'avaient fait que ce qu'on leur avait demandé : attaquer les Mondoshawans et récupérer la valise qu'ils transportaient. Pourquoi elle était vide, ça ils n'en savaient strictement rien.

- Les gardiens ont confié les pierres à une personne de confiance, qui a pris une autre route, traduisit Tenya au fur et à mesure des explications d'Izuku. Il doit contacter cette personne dans un hôtel...

Voyant Izuku chercher quelque chose sur l'écran, Tenya dit à Shoto qui écoutait avec attention.

- Il est en train de chercher l'adresse. Facile, sourit le plus âgé des deux prêtres.

Izuku pointa soudainement un point précis sur l'écran, s'étonnant en voyant l'image se préciser sous son doigt.

- Thote ! affirma-t-il en regardant son index surpris.

- C'est la planète Fhloston dans la constellation de l'Ange, précisa Shoto en se penchant sur l'ordinateur.

- Nous sommes sauvés, soupira avec soulagement Tenya.

- Vous êtes nuls ! rugit Dabi à l'intention de Shigaraki et ses sbires.

- Vous vouliez une valise, protesta ce dernier. On vous apporte une valise.

- Oui, mais une valise contenant quatre pierres, d'accord ! s'énerva Dabi, sa voix montant de quelques octaves. Ce n'est pas une valise vide qu'il me faut ! Je voulais quatre pierres ! Je vous paye pour ça ! Dites-moi ce que je vais faire d'une valise vide, Shigaraki ?!

Mais Shigaraki ne sembla pas comprendre le problème au grand agacement de Dabi.

- Nous sommes des guerriers, pas des commerçants, râla le chef des mercenaires.

- Vous savez compter non ? C'est pas compliqué ! Tenez, regardez, s'énerva Dabi en levant les mains. Regardez bien mes doigts. Quatre pierres, quatre containers. Zéro pierre... ZÉRO CONTAINER !

Se tournant brutalement vers son homme de main, Mister Compress, il ordonna sèchement :

- Remballez tout ! On s'en va !

S'il n'avait pas ses pierres, Shigaraki et ses sbires n'auraient pas leurs armes. Mais ces derniers ne l'entendirent pas de cette oreille, braquant immédiatement leurs pistolets vers l'homme d'affaires.

- Nous avons risqué nos vies, s'insurgea Shigaraki. Nous avons droit à une petite compensation, il me semble, non ?

- Oh ? grogna Dabi frustré. Vous êtes un peu commerçants en fin de compte. Bien...

S'adressant à Mister Compress, il céda :

- Vous laissez un container...

Jetant un regard dégoûté à Shigaraki, il conclut avec mépris :

- Pour la cause.

Puis, il sortit, laissant les mercenaires s'extasier devant leurs nouveaux jouets mortels.

Tout en quittant son usine d'un pas vif et boitillant, Dabi fit part de son agacement à Mister Compress qui le suivait :

- Je déteste les guerriers. Ils ont l'esprit étroit. Ils n'ont aucune finesse. Pire ! Ils se battent pour des causes perdues. Pour l'honneur ! Ah ! L'honneur a fait des millions de morts, mais n'a jamais sauvé qui que ce soit.

Sans ralentir, il tourna légèrement la tête vers son homme de main.

- Je vais vous dire ce que j'aime en fait, dit-il sur le ton de la confidence. C'est un tueur ! Un véritable tueur ! Froid, hygiénique, méthodique et minutieux. Un vrai professionnel, en prenant en main le DF One, demanderait immédiatement à quoi sert le petit bouton rouge au bas du fusil.

Oui, un véritable tueur aurait posé la question. Dommage que Shigaraki ni aucun de ces incapables l'accompagnant n'y aient pensé. Tant pis pour eux !

Laissés seuls dans la salle avec le container d'armes, les mercenaires les prirent en main, les examinant sous toutes les coutures, se congratulant d'avoir réussi à négocier un container de ces petits bijoux technologiques. Muscular fixa, intrigué, un petit bouton rouge visible sur le fusil. Se demandant à quoi ça pouvait bien servir, il appuya dessus, déclenchant une immense explosion destructrice.

Dabi eut un rictus en entendant le bruit caractéristique d'un bâtiment déchiré par une déflagration dévastatrice. Voilà... Ces abrutis n'avaient que ce qu'ils méritaient. Il reprit sa marche, très satisfait du déroulement des choses. Ne restait qu'un problème à résoudre et pour ça, il savait exactement à qui s'adresser.

- Ramenez-moi le prêtre, ordonna-t-il à Mister Compress.

~oOo~

Tout en grignotant une barre de chocolat, Izuku farfouilla dans le tas de vêtements toujours posé sur la table. Trouvant la boîte de maquillage ramenée par Shoto, il l'examina avec curiosité se demandant ce que c'était exactement. Du maquillage... Il y a cinq mille ans, ça n'existait pas. Il fit comme Shoto lui avait montré, posant l'étrange boitier noir sur son visage. Un flash le surprit et il l'ôta, ne voyant rien de plus ni de moins. Déçu, il reposa l'objet, sans remarquer le léger fard à paupière irisé au-dessus de ses yeux soulignés par un trait de khôl noir.

- Voilà, j'ai toutes les informations concernant Fhloston Paradise, ainsi qu'un plan détaillé de l'hôtel, dit Shoto en montrant l'écran d'ordinateur devant lequel il était assis.

- Bravo mon garçon, le félicita Tenya debout derrière lui. Il ne nous reste plus qu'à trouver un moyen de nous y rendre.

- Ce ne sera pas facile, soupira Shoto. Un grand bal doit avoir lieu à Fhloston Paradise demain. Tous les vols sont complets depuis des mois et avec toutes les célébrités, l'hôtel ressemblera à une forteresse.

- Il doit bien y avoir un moyen d'y aller, assura Tenya, ses sourcils se fronçant sous la réflexion.

La sonnette de la porte d'entrée le sortit de ses pensées et il retint Shoto qui se levait déjà.

- Non, j'y vais.

Tout en réfléchissant aux moyens d'aller à Fhloston Paradise en temps et en heure, Tenya alla ouvrir sa porte. Surpris, il fixa le groupe de quatre hommes, tous vêtus de noir, sur son palier.

- C'est pour un mariage ? demanda-t-il.

Mister Compress tourna la tête vers ses sbires, se demandant ce qui pouvait bien faire croire au prêtre devant lui qu'ils venaient pour un mariage. Ils avaient l'air de jeunes tourtereaux ou quoi ? Vexé, il bougonna :

- Pas vraiment, non. Monsieur Dabi veut vous parler, ajouta-t-il.

- Monsieur... Monsieur qui ? s'étonna Tenya.

- Monsieur Dabi, répéta Mister Compress agacé.

En plus d'être myope, ce prêtre était sourd ou quoi ? Qui ne connaissait pas Monsieur Dabi ? D'un signe, il ordonna à ses hommes d'emmener Tenya qui protesta en vain. Il fut jeté sans douceur dans une voiture pour en être ressorti de la même façon une bonne heure plus tard. Deux des hommes le saisirent chacun par une aisselle et Tenya se retrouva ainsi transporté jusqu'à un immense bureau, passant devant une secrétaire blonde qui lui adressa un sourire flippant.

Reposé à terre, et sur ses deux pieds, Tenya se libéra d'un coup d'épaule de la prise des deux inconnus sur lui et fit face à celui qui, visiblement, l'attendait.

- Touya Todoroki Crématorium Dabi ! se présenta celui-ci. Je suis enchanté de vous revoir enfin !

Tenya fronça les sourcils, détaillant rapidement l'homme devant lui. Ses cheveux noirs ébouriffés sur son crâne, ses yeux bleus, ses cicatrices dignes d'un grand brûlé, son boitillement quand il s'avança...

- Ah ! Je me souviens de vous ! s'exclama Tenya ayant enfin reconnu l'homme. Le soi-disant antiquaire !

D'ailleurs, maintenant qu'il le revoyait, Tenya s'étonnait de n'avoir retenu que sa légère claudication plutôt que son visage pourtant assez marquant.

- Je me réjouis que vous ayez retrouvé la mémoire, se moqua Dabi. Vous allez en avoir grand besoin. Où sont les pierres ?

D'un geste, il chassa Mister Compress et les autres indésirables, souhaitant rester seul avec ce prêtre qui détenait sûrement la réponse à cette question essentielle. Tenya suivit des yeux les hommes quittant le bureau, s'amusant intérieurement de la curiosité plus qu'évidente de la secrétaire. Ses ravisseurs disparurent et Tenya se décida à répondre à son interlocuteur, fort déplaisant à son humble avis.

- Je ne sais pas, affirma-t-il. Et même si je le savais, je ne vous le dirais pas !

Il se retint de grimacer en voyant la mine faussement désolée de Dabi.

- Pourquoi ? demanda ce dernier. Qu'est-ce qui vous déplait en moi ?

Tenya aurait pu répondre par toute une liste de choses, à commencer par son faciès qui décidément le mettait très mal à l'aise, mais il préféra opter pour une réponse plus diplomate.

- J'essaie de défendre la vie, expliqua-t-il. Vous... vous... Vous voulez seulement la détruire !

Oui, cet homme ne pensait qu'à se faire de l'argent, sans se soucier le moins du monde des répercussions que cela aurait sur autrui. Nul doute que s'il s'intéressait à ces pierres, ce n'était certainement pas pour sauver le monde, mais bel et bien pour les revendre au plus offrant.

- Oh mon Père, comme vous vous trompez, soupira dramatiquement Dabi. Je vais vous expliquer.

D'une pression sur un bouton de son bureau, Dabi ferma la porte de la pièce, ignorant Himiko qui tendit le cou pour voir la scène le plus longtemps possible. Satisfait de l'absence de spectateurs, Dabi prit un verre vide et le posa sur son bureau avant de prendre place dans son fauteuil.

- La vie que vous défendez avec tant de noblesse a pour origine la destruction, le désordre et le chaos, commença-t-il à expliquer au prêtre tout en le fixant d'un air sombre. Prenez ce verre par exemple. Vide, serein, d'un ennui mortel. Mais si vous le détruisez...

D'un geste vif, Dabi poussa le verre qui glissa sur la surface plane du bureau avant de s'écraser au sol où il se brisa. Immédiatement, diverses machines sortirent du mur, allant balayer les débris de verre.

- Regardez alors toutes ces choses, comme elles s'affairent, sourit Dabi sans lâcher des yeux Tenya, lequel observait les robots à l'œuvre. Et notez que chacune à sa place, sa mission à accomplir. Quel ravissant ballet ! Quel enchantement des formes et des couleurs, hein ?!

Tenya lança un regard dégoûté à l'homme face à lui, mais celui-ci ne s'en formalisa pas, poursuivant son laïus.

- Alors, pensez à ceux qui ont mis au point tous ces appareils. Les techniciens, les ingénieurs, des centaines de personnes qui peuvent, grâce à cela, nourrir leurs enfants. Lesquels deviendront un jour de beaux et grands gaillards, qui feront, eux aussi, de ravissants rejetons, qui à leur tour se reproduiront, etc, etc. Perpétuant ainsi la grande chaîne de la vie.

Ayant fini leur travail, les robots retournèrent se ranger dans le mur. Un verre intact sortit du bureau de Dabi, un petit robinet le remplissant automatiquement d'un liquide aussi clair que de l'eau. Puis, une corbeille de fruits, bien garnie, apparut sur la table, juste devant l'homme d'affaires. Tenya devait l'admettre, il était impressionné. Cet homme n'avait même pas à lever le petit doigt pour être servi comme un roi. Avait-il aussi un robot pour lui curer le nez ?

Dabi se saisit du verre préparé pour lui et, tout en parlant, prit une cerise dans la corbeille, la mettant dans son verre.

- Ainsi, vous voyez, pour un acte de destruction, je favorise en fait la vie. En réalité, vous et moi, nous sommes dans le même business, conclut-il.

Avec un sourire affable, il leva son verre en direction du prêtre et lança un "Tchin Tchin" moqueur.

Les sourcils froncés, Tenya vit l'homme d'affaires avaler son verre cul sec. Il allait répondre au long monologue de son interlocuteur quand ce dernier s'étouffa. Une main posée sur sa gorge, l'autre tapant frénétiquement sur le bureau à la recherche de quelque chose, Dabi ouvrait et fermait la bouche telle une carpe hors de l'eau, cherchant à inspirer de l'air en vain.

Le prêtre jeta un rapide coup d'œil autour de lui, constatant non sans une certaine satisfaction qu'aucun robot ne semblait vouloir venir au secours du maître des lieux. Contournant l'immense bureau, il s'approcha de Dabi et, un léger sourire aux lèvres, demanda non sans ironie.

- Où est donc passé le robot qui vous tape dans le dos ? Ou les ingénieurs ? Ou leurs enfants, peut-être ?

Un léger bruit attira son attention sur la main tapant frénétiquement sur la surface lisse du meuble, notant qu'elle avait visiblement réussi à trouver le tableau de bord, appuyant aveuglément sur les touches rendues accessibles par l'ouverture d'un clapet. Le léger sourire de Tenya s'agrandit en voyant les diverses machines se mettre en route, sans pour autant rendre sa respiration à Dabi, lequel virait dangereusement au violet.

- Mais voilà, souffla Tenya, votre prétendu pouvoir ne vous est plus d'aucune utilité.

Une case sortit du bureau, s'ouvrant pour dévoiler un petit animal à trompe, lequel sembla très heureux de voir son propriétaire. Propriétaire qui tenta de se faire comprendre de la bestiole par des gestes frénétiques, en vain. Prenant son interlocuteur en pitié, Tenya releva soigneusement l'une de ses manches et se redressa en ironisant :

- Votre empire, fondé sur la destruction, s'écroule juste à cause de... d'une petite cerise.

D'une grande et puissante tape dans le dos, Tenya délogea l'objet obstruant la trachée de Dabi, lui permettant de reprendre une profonde inspiration salutaire. S'il ne s'attendait pas à une gratitude éternelle, Tenya ne put que grincer des dents quand l'homme d'affaires le traîna jusqu'à la porte et le jeta dehors, laissant Mister Compress le réceptionner.

- Je vous dois la vie, grinça Dabi avec une mauvaise volonté évidente. Je vous épargnerai donc... pour l'instant.

- Vous êtes un monstre Dabi ! assena Tenya d'un ton péremptoire.

- Je sais, admit Dabi avec un faux sourire.

Une fois le prêtre parti avec de quelconques hommes de main, Dabi se tourna vers Mister Compress.

- Torturez qui vous voudrez, exigea-t-il. Le Président, s'il le faut ! Ça m'est égal. Mais ramenez-moi ces quatre pierres ! Je vous donne une heure !

~oOo~

- Cette planète est en train d'avaler tous nos satellites, informa un soldat via les hauts parleurs du quartier général

Assis à son bureau, Aizawa soupira lourdement en grognant :

- Pourquoi est-ce qu'elle les dévore comme ça tous ces satellites ?

- On est dessus, Monsieur le Président, assura Best Jeanist.

Décidément, c'était une très mauvaise journée, songea Aizawa. D'abord ce truc sorti de nulle part qui se transformait en planète tueuse. Ensuite, une attaque délibérée contre l'unique solution possible pour régler le problème. L'unique survivant de l'attaque qui s'enfuyait et s'évaporait dans la nature. Et maintenant, voilà que la planète tueuse avait la dalle et mangeait tout ce qu'elle trouvait sur sa route.

En plus, pour bien compléter le tout, il avait un caillou dans sa chaussure. Ce qui était fort désagréable. Bien décidé à régler au moins l'un de ses problèmes, le plus facile, Aizawa défit sa chaussure droite et l'agita pour en faire tomber le caillou indésirable. Depuis son poste de contrôle, Mister Compress haussa un sourcil amusé, voyant et entendant tout grâce à son robot espion aussi gros qu'un insecte. Ainsi le Président Aizawa portait des chaussettes rouges et jaunes à petits pois bleus ? Niveau prestance, on avait vu mieux.

Inconscient de l'intérêt d'un espion pour sa paire de chaussettes, Aizawa jeta un œil suspicieux dans sa chaussure, y cherchant le caillou.

- J'ai pu entrer en contact avec les Mondoshawans, l'informa le Général Kirishima. Ils déplorent l'incident, mais ont accepté nos excuses.

Tout en passant une main sur la semelle intérieure de son soulier, afin d'être sûr et certain de l'absence de caillou gênant, Aizawa demanda :

- Et les pierres ? On les a trouvés dans l'épave ?

- Elles n'étaient pas à bord de l'appareil, répondit Kirishima surprenant Aizawa.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? s'étonna ce dernier en dardant un regard suspicieux sur son Général.

Les Mondoshawans étaient supposés apporter l'arme ultime contre le mal, arme comprenant quatre pierres et un cinquième élément. À défaut de savoir ce qu'était le cinquième élément en question, Aizawa et ses généraux cherchaient les pierres. Mais si les Mondoshawans ne les avaient pas amenées, toutes ces recherches ne servaient à rien et le monde était foutu.

Kirishima pensait la même chose que le Président, même s'il l'ignorait. Il fit une moue légèrement vexée avant d'expliquer la situation à son supérieur direct :

- Les Mondoshawans n'ont jamais fait entièrement confiance aux êtres humains. Ils ont donc confié les pierres à une personne sur qui ils pouvaient compter. Elle s'appelle Jiro Kyouka. C'est une diva. Elle va chanter lors du grand bal de Fhloston Paradise dans quelques heures. Elle a les pierres avec elle. Les Mondoshawans ont accepté notre aide. Il suffit de contacter cette diva, de récupérer les pierres et de les ramener sur terre.

Dit comme ça, cela semblait si simple. Mais Eijiro n'était pas arrivé à ce poste en faisant des sourires et des courbettes. Il connaissait la réalité du terrain. Il savait que les choses ne seraient sûrement pas aussi faciles que prévu. Déjà, convaincre les Mondoshawans de leur faire confiance avait nécessité des trésors de patience et de persuasion. Et l'attaque dont avait été victime les Mondoshawans prouvait que d'autres, bien plus mal intentionnés, étaient sur le coup.

- Parfait, soupira Aizawa qui espérait que les pierres seraient vite récupérées.

Il fronça les sourcils en voyant un insecte posé innocemment sur son bureau. Profitant d'avoir encore sa chaussure en main, il l'écrasa d'un geste vif avec satisfaction. Dans sa salle de contrôle, Mister Compress hurla quand son robot espion explosa sous la semelle du Président, le bruit strident lui perçant un tympan. Mais peu importait... Il avait les informations qu'il voulait. Il savait où étaient les pierres !

Tout en remettant sa chaussure, après avoir nettoyé la semelle souillée par le cadavre de l'insecte indésirable, Aizawa ordonna d'un ton ne souffrant aucune réplique :

- Je veux que cette intervention soit la plus discrète possible. Aucune troupe ! Aucune grosse opération ! Le conseil ne doit rien savoir pour l'instant.

Non, le conseil devait être maintenu dans l'ignorance le plus longtemps possible. S'il s'en mêlait, la situation déjà épineuse deviendrait impossible à gérer.

- Je veux votre meilleur homme sur cette affaire, exigea-t-il en dardant un regard sévère sur le Général Kirishima.

Eijiro sourit de toutes ses dents, rassurant le Président. Si son Général souriait ainsi, c'était qu'il avait exactement ce qu'il fallait sous le coude.

- J'ai l'homme parfait pour ça ! confirma Eijiro.

À suivre...


Commentaire de l'auteure : J'aime tellement le passage chez le prêtre, avec Corben/Katsuki debout comme un con au milieu du salon. J'espère avoir bien rendu le truc et que ça vous plait.


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

- Pourquoi c'est pas moi le grand méchant ? boude Shigaraki.

- Je crois, sans vouloir te vexer, que Lili trouvait que tu manquais d'humour pour incarner le rôle, avoue Black Mist.

- J'ai BEAUCOUP d'humour ! rugit Shigaraki offusqué.

- Mais moins que moi, se vante Dabi.

- Moi, je te trouve très drôle Shigaraki, le rassure Twice. PAS DU TOUT !

- Pourquoi je suis une secrétaire et pas une mercenaire ? s'offusque Himiko.

- Il fallait une blonde pour le rôle, tu étais là, je t'ai mis là, explique Lili, inconsciente des couteaux qu'Himiko aiguise dans son dos.

Izuku arrive et sauve Lili d'une mort certaine sous le regard choqué de Katsuki.

- Mais pourquoi tu la sauves, sale nerd ?! On aurait été débarrassés !

- Mais Kacchan, proteste Deku, avec elle, on finit toujours ensemble ! Je veux la garder moi !

- On voit que c'est pas toi qui morfles le plus hein, ronchonne Katsuki.

- Dans le manga, c'est toi qui te fais attaquer par un gluant, kidnapper par la ligue, empaler par Shigaraki et... ah non, pas de spoil, se justifie Lili. Izuku, lui, il se fracture juste les bras et les jambes, sinon, on peut pas dire qu'il morfle beaucoup. Donc, je respecte l'ordre des choses imposé par l'auteur original : TU ES LA VICTIME ! IL EST TON HÉROS !


Dans le prochain chapitre : Où Katsuki se fera engueuler par sa mère et organisera une fête chez lui.