Disclaimer : Les personnes trans sont tous·tes merveilleux·euses. Celleux qui oeuvrent contre leurs droits méritent qu'on leur crache au visage.

Attention: Rated T pour le langage et les scènes violentes.


RàR :

mh: Salut ! Merci beaucoup pour ta review ! Contente que la vengeance des filles envers Deloris t'ait plu ! Promis, plus de détails sur l'enfance de Crystal arrivent bientôt ! Stay tuned ! Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !

Almayen : Hey ! Merci beaucoup pour ta review (sur le chaptre 6) ! Je suis très contente que cette histoire continue à te plaire:) Je pense aussi que c'est une excellente chose que Crystal soit au courant pour le secret de Maellyn. Outre le fait qu'elle puisse surveiller ses arrières, Maellyn a besoin de quelqu'un à qui se confier qui soit un peu moins dramatique que le duo Pansy/Draco. Et puis, comme tu dis, quand elle est seule avec Crystal, elle peut vraiment être elle-même, ce qui est un vrai luxe !
Oui, si Maellyn n'avait pas 13 ans, ses « symptômes » colleraient assez bien avec une grossesse (#scandale).
A très vite et bonne lecture !


Merci à feufollet, Almayen, Sun Dae V (x2), lune patronusTiph l'Andouille et mh pour leur review. Ça fait toujours plaisir !


Bonjour à toutes et à tous !

Oyez oyez oyez !

La forme ou bien ?

De mon côté, c'est la forme et c'est les vacances (non confinées en plus, ce luxe!) alors que demander de plus ? En vrai, heureusement qu'on peut bouger pendant les vacances d'hiver, parce que ça commence à être carrément pesant cette pandémie mondiale… (j'ai une riche vie intérieure, m'enfin bon quand même!)

A part ça, j'ai bien avancé niveau écriture (l'avantage de pas avoir grand-chose d'autre à faire). J'ai rajouté un chapitre à mon Spin-Off (à peine 18k dit donc, c'est qu'ils peuvent être raisonnables quand ils veulent!). En théorie, je suis censée me rapprocher de la fin que j'avais prévue mais comment vous dire que je le sens gros comme une maison qu'ils vont pas être d'accord ? J'ai profité d'être entre deux chapitres pour corriger des trucs qui n'allaient pas à gauche et à droite. Je devrais retrouver mon ado terrible pour les vacances ! (histoire de ne pas perdre la main).

Nouveau chapitre ici, du coup, d'une longueur raisonnable pour une fois, parce qu'un peu de transition. Il y a quelques scènes que j'aime bien et un peu de canon. Bonne lecture !


Un grand merci à Sun Dae V pour la relecture et les retours ! Et je ne le dis peut-être pas assez, mais sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !


Pour info : si vous ne m'avez pas encore mis en « alert author », je ne saurais que vous conseiller de le faire, au risque de louper une surprise ! (Jdçjdr)


Black Sunset

Partie IV : Supernova

Chapitre 11


Supernova: cataclysmic explosion caused when a star exhausts its fuel and ends its life. Supernovae are the most powerful forces in the universe.


Mercredi 4 Février 1995, Résidence de Ted et Androméda Tonks, Angleterre.

- Je l'ai vue, tu sais ?

Narcissa abandonna la contemplation de sa tasse et releva les yeux vers Androméda. Elle lui avait proposée qu'elles prennent le thé aujourd'hui pour la tenir au courant de la signature du contrat magique avec Gloria Ngozi. La réponse de sa sœur n'avait été qu'une date et une heure et l'accueil était tout juste cordial. Le thé était un mélange venu d'Inde, Andy avait réalisé elle-même de petits sandwichs et, comme d'habitude, Ted Tonks était absent.

Une part d'elle regrettait d'avoir envoyé sa lettre, et encore plus d'être venue. L'animosité d'Androméda n'avait pas diminué depuis l'été dernier, et il était évident qu'elle lui reprochait encore ce qu'elle avait fait aux Adler. D'ordinaire, elle aurait tout mis en œuvre pour ne pas la fréquenter plus que nécessaire.

Pourtant, elle était là.

Elle aurait aimé que la seule raison soit qu'il lui fallait regagner les bonnes grâces de son aînée si elle souhaitait arranger les choses entre Maellyn et elle, mais elle savait que ce n'était pas aussi simple.

- Maellyn ? A quelle occasion ?

- Minerva McGonagall avait organisé une petite réunion de famille pour Sirius. Je crois qu'elle fait son possible pour maintenir son moral.

Elle ignora de son mieux le fait qu'elle ne faisait pas partie de cette famille-là.

- Comment va-t-elle ?

Elle l'avait vue deux semaines plus tôt et elle avait été rassurée de lui trouver un teint moins pâle et quelques kilos en plus. Toutefois, Maellyn avait difficilement croisé son regard et elle ne lui avait pas adressé plus de trois mots.

- Je dirais plutôt bien. Elle excelle en métamorphose humaine, ses notes sont tout à fait honorables dans toutes les disciplines, même les nouvelles options. Son amitié avec Deloris Yaxley est consumée… Elle doit être l'une des rares élèves de Poudlard à être ennuyée par le Tournoi.

Elle savait pour les notes puisqu'elle continuait de recevoir ses bulletins. Tous ses professeurs saluaient son sérieux et son travail. Elle avait progressé en sortilèges et, contre toute attente, Maugrey Fol-Œil soutenait qu'elle avait un véritable potentiel en duel.

Rien de très surprenant concernant Deloris. Anthea avait plaidé pour sa fille lors d'une réception chez les Parkinson un mois plus tôt, l'incitant à intervenir auprès de Maellyn pour qu'elle lui laisse une seconde chance de lui prouver son amitié. Selon elle, Deloris était très affectée par leur dispute et elle ne comprenait pas pourquoi Maellyn refusait d'accepter ses excuses.

- Que reproche-t-elle à Deloris ?

- D'avoir insulté Crystal Malhorne de « sale négresse ». Entre autres choses.

Elle serra les lèvres. Elle était prête à mettre sa baguette à brûler qu'Anthea n'était pas au courant de ce détail.

- Elle a donc de la chance de ne pas avoir terminé à l'infirmerie.

Androméda eut un sourire en coin.

- Oh, elle s'est montrée plus subtile que ça.

En quelques mots, sa sœur lui expliqua la punition imaginée par Maellyn – sans doute aidée par Crystal Malhorne – et elle sentit son cœur sombrer dans sa poitrine. Un an de cela, Maellyn lui aurait tout raconté dans une lettre – sans doute aurait-elle même détaillé la réaction de Deloris – mais aujourd'hui, elle se confiait plus facilement à une femme qui avait été une étrangère pour elle pendant douze ans.

Elle ravala ses larmes et força un sourire à ses lèvres.

- Sirius devait être fier d'elle.

- Évidemment. Pour lui, sa fille se comporte comme la digne héritière des Maraudeurs, et il l'a encouragée à recommencer.

- C'est sans doute une chance que Crystal Malhorne ne soit pas de la même trempe que James Potter.

Elle n'avait pas le moindre doute sur le fait que Crystal soit une jeune femme brillante et réfléchie. Selon toute vraisemblance, elle réussissait sans mal à tempérer Maellyn, ce qui était une excellente chose.

Si elle avait réussi à influencer Alya Lestrange de telle sorte qu'elle contrôle ses impulsions et ses humeurs, Maellyn risquait de faire l'exact contraire de ce qu'elle pourrait bien lui dire, oubliant au passage que sa place dans le monde Sang-Pur était en jeu et qu'il s'agissait de sa meilleure protection.

Même si Deloris était une petite peste imbue d'elle-même, il aurait été plus avisé que Maellyn conserve un semblant d'amitié avec elle, juste assez pour limiter les risques d'être trahie ou poignardée dans le dos au moment où elle ne serait pas sur ses gardes.

- Elle est différente quand Sirius est là. Elle laisse tomber son masque et ce n'est plus du tout la même personne.

Sa gorge se serra et elle détourna le regard pour qu'Androméda ne voit pas que ses yeux brillaient. Le souvenir de leur croisière sur la rivière Arno, un an et demi de cela, et de Maellyn discutant de Métamorphose avec Christopher, lui revint. C'était sans doute la dernière fois où elle avait revu la petite fille insouciante que sa filleule avait été.

- Je sais…

- Je vois difficilement comment.

Elle serra les dents une brève seconde.

- Je sais parce qu'avant, c'était en ma présence qu'elle baissait sa garde.

Androméda eut un sourire dur.

- Encore un privilège que tu as perdu, n'est-ce pas ?

Elle aurait aimé pouvoir lui lancer un maléfice pour la remercier de remuer le couteau dans la plaie – Androméda n'avait pas non plus voler sa place à Serpentard – mais elle se contenta d'un regard sombre.

- Tu as du nouveau concernant Burt et Grant ?

L'espace d'une folle seconde, elle faillit ne rien dire. Un contrat magique impliquait un minimum de discrétion et Androméda en savait déjà trop.

Androméda était aussi la seule personne qui voulait bien lui parler un peu de Maellyn quand elle obtenait des nouvelles, et l'une de ses rares conditions était d'être tenue au courant de l'avancée de ses recherches.

- Plus ou moins. J'ai réussi à acheter les services de quelqu'un qui a des liens avec leur réseau. Il y a de bonnes chances pour qu'ils trouvent une piste dans les mois à venir.

Androméda resta impassible.

- Comment as-tu réussi une telle chose ? D'après Dora, le gérant du bar dont je t'ai parlé ne sait rien et n'est pas très commode.

- J'ai mes méthodes.

Cette fois, sa sœur plissa les yeux, et elle faillit bien sortir sa baguette.

- Il vaudrait mieux pour toi que tu aies appris de tes erreurs, Narcissa, parce que je n'hésiterais pas à te dénoncer si tu as encore utilisé un Impardonnable sur des moldus !

- Je n'ai rien fait de tel. Ilyas Khan m'a donné un nom et la personne a accepté en échange d'une coquette somme d'argent. La magie n'est pas toujours indispensable.

- Ce n'est pas à moi que tu apprends quelque chose.

Elle préféra boire une gorgée de thé plutôt que de répondre au reproche – l'attitude de Maellyn envers elle lui donnait assez l'occasion de regretter sa décision concernant les Adler – et cela ne servait à rien de le rappeler à Androméda.

La dernière fois qu'elle s'y était risqué, elle n'avait pas manqué de lui dire qu'elle méritait les reproches éternels de sa filleule.

- Dans tous les cas, c'est une bonne nouvelle. J'espère que cette personne les retrouvera avant le retour de Tu-Sais-Qui. Maellyn sera plus en sécurité aux États-Unis.

Cette fois, son cœur lui donna l'impression d'exploser tandis que ses entrailles se glaçaient.

- Tu es sans doute mieux placée que moi pour savoir que l'ancien maître de ton mari est sur le retour, n'est-ce pas ? Sirius, Remus et beaucoup d'autres pensent que ce n'est plus qu'une question de mois, un an tout au plus. Et tu sais très bien ce qui arrivera ensuite.

Elle déglutit.

Bellatrix.

Merlin, qui pouvait prédire l'état mental de leur sœur ? Ce dont elle serait capable si elle retrouvait la liberté ? Ce qu'elle pourrait faire subir à Maellyn si elle découvrait la vérité ?

- Sirius n'osera jamais te le demander parce qu'il considère qu'il ne peut plus te faire confiance, mais tu dois me promettre qu'au moment où tu sauras où sont Grant Adler et Burt White, tu feras en sorte qu'elle les rejoigne.

Une larme roula sur sa joue.

- Bellatrix a déjà tué Judy Adler. Je ne laisserai pas Maellyn subir le même sort. Elle sera en sécurité aux États-Unis.

Même si elle avait l'impression de mourir de l'intérieur à la seule idée d'exiler sa filleule, elle hocha la tête.

- Je te le promets.

Mardi 14 Février 1995, Poudlard, Ecosse.

A mesure que nous approchions de la Grande Salle, mon envie de faire demi-tour pour m'enfermer dans mon dortoir pour y passer la journée – et espérer que les hiboux chargés d'une missive pour moi se perdraient – devenait de plus en plus forte.

Je n'étais pas d'humeur à jouer cette farce-là, pas à peine réveillée et un an plus tôt que prévu.

Pansy m'avait toutefois déconseillée de me cacher. Selon elle, les hiboux finissaient toujours pas trouver leur destinataire et cela ne pourrait paraître que suspect aux yeux de beaucoup. Draco, lui, m'avait promis d'être le plus possible à mes côtés pour dissuader des approches directes et rappeler à mes soupirants potentiels que je n'avais pas encore quatorze ans.

Si Crystal trouvait la situation très drôle – elle oubliait sans doute qu'elle serait sujette au même cirque tôt ou tard si elle faisait son entrée dans le monde Sang-Pur – elle avait quand même promis de m'aider.

Ça ne changerait pas les événements de la journée, mais au moins ne les affronterai-je pas seule.

Ce fut donc de bien mauvaise humeur que je me laissai tomber sur le banc à nos places habituelles, à gauche de celles occupées par les amis de Draco et Pansy.

J'eus à peine le temps de me servir du thé que mon cousin déposait une assiette devant moi au contenu parfaitement équilibré – des œufs, des champignons et des pommes de terre – ainsi qu'une orange déjà épluchée. Millicent m'adressa un sourire un brin provocateur quand je croisai son regard et je ne pus que saisir ma fourchette.

Je n'arrivais pas à me rappeler avec précision quand Millicent avait pris en main mon petit-déjeuner – quelque part pendant les vacances – mais j'étais désormais seule face à quatre tortionnaires qui veillaient à tour de rôle à ce que je mange, de préférence des plats équilibrés et de façon régulière. Si je me fiais à mon dernier rendez-vous avec Madame Pomfresh, leurs efforts portaient leurs fruits puisque j'avais pris deux kilos depuis Noël, me rapprochant du poids que je faisais avant les vacances d'été.

Je me forçai donc à grignoter un peu, mes pensées tournées vers les entités supérieures de ce monde afin qu'elles m'épargnent, leur promettant de sacrifier une poule ou tout autre animal en échange s'il le fallait.

Je ne fus pas exaucée.

A l'heure du courrier, une petite dizaine de hiboux – et de chouettes – se posèrent devant moi, s'ajoutant à ceux qui apportaient une lettre à Pansy, Millicent ou Daphnée. Dans la confusion, je faillis y laisser ma tasse de thé, un autre piétina mon assiette, Draco se fit voler tout son bacon et la carafe de jus de citrouille se renversa, noyant le plat de scones ainsi que deux de mes lettres.

Je fus particulièrement tentée de faire subir le même sort à celles que j'avais dans la main, mais Crystal avait insisté pour les récupérer afin de parfaire ses connaissances sur les mœurs Sang-Pur.

Ça, et Pansy m'avait conseillée de donner les noms de ces malappris à Narcissa afin qu'elle les remette à leur place. Je n'aimais pas trop l'idée de lui demander de l'aide, mais puisqu'on m'avait gentiment rappelée que c'était de sa faute si j'étais dans cette situation pour commencer, ça ne comptait pas vraiment.

A la différence de l'année passée, Pansy, Daphnée et Millicent avaient reçu des cadeaux en plus des lettres. Il y avait des fleurs, ce qui semblaient être des boîtes de chocolats, quelques livres et au moins une boîte à bijoux.

- Draco, il ne fallait pas ! s'extasia Pansy face à son bracelet en argent – trop simple par rapport à ce qu'elle affectionnait d'ordinaire –.

- Je ne t'ai rien offert.

- J'étais certaine que tu oublierais que c'était précisément celui que je voulais. Vraiment, tu es un amour.

- Mais…

Le regard dangereux de Pansy et mon coup de coude le firent taire.

Merlin, pouvait-il seulement être plus obtus ?

- Alors, petite ?

Je lui tendis mon paquet d'enveloppes et j'entrepris de terminer mon thé. Il était hors de question que je retouche à mon assiette.

Puisque nous devions rejoindre la serre numéro 3 – ce qui impliquait de traverser une partie du parc – Crystal accepta de couper court à sa lecture consciencieuse de son exemplaire de La Gazette, et je fis mine de ne pas voir le signe de main de Sullivan Fawley.

- Ils pensent vraiment qu'une lettre et un bracelet vont suffire à vous séduire ? me demanda Crystal.

- Il ne s'agit pas encore de séduction. L'idée, c'est de nous rappeler leur existence et les liens qui unissent nos familles. En théorie, ils ne peuvent nous courtiser que pendant les bals suivant celui qui marque notre quatorzième anniversaire. D'après Pansy, cela consiste à beaucoup d'invitations à danser et à une conversation superficielle de la part de ceux qui jouent le jeu.

- C'est-à-dire ?

- Draco trouve tout ça au moins aussi pénible que moi, alors il se contente d'inviter Daphnée, Pansy et Millicent à danser pour le moment. Il n'est pas le seul à ne pas jouer le jeu. Ça se compliquera quand il se rapprochera de ses dix-sept ans.

- Il n'y a pas que les filles qui ont la pression, alors ?

- Non, mais on demande plus leur avis aux garçons qu'aux filles…

Elle éclata de rire.

- J'ai hâte de les voir essayer ça avec ma grand-mère.

Je me contentai d'un sourire amusé. Pour avoir été témoin des talents de négociatrice de Gloria Ngozi, je ne doutais pas que certaines familles Sang-Pur allaient tomber sur un os, mais Crystal devrait sans doute faire des concessions si elle souhaitait intégrer les rangs des plus puissants. Le fait qu'elle soit une fille n'avait pas fini de lui mettre des bâtons dans les roues.

Ginny Weasley était déjà devant la serre numéro 3 avec Colin Crivey et Astrid Stimpson. Comme souvent, leurs conversations moururent à notre approche et je pris une profonde inspiration.

En comparaison avec mes deux premières années, je n'avais eu quasiment aucun accrochage avec les Gryffondors depuis la rentrée, tout juste quelques répliques sèches pour Ginny Weasley quand elle provoquait la discussion.

Selon toute vraisemblance, ma journée était en passe d'atteindre des sommets de pénibilité de très bonne heure, et j'aurais mieux fait de feindre un accès de fièvre.

En menaçant de ne pas me nourrir, Pomfresh m'aurait sans doute gardée dans l'infirmerie.

- C'était quoi cette attaque de hiboux à Serpentard, Malhorne ? demanda Stimpson tandis qu'elle rassemblait ses nombreuses tresses en une queue de cheval.

Crystal haussa un sourcil.

- La livraison du courrier, Stimpson. J'aurais cru qu'après deux ans et demi à Poudlard, tu avais au moins intégré l'idée.

Son ton sarcastique lui valut un regard noir de la part des Gryffondors.

J'appréciais d'autant plus le sens de la formule de Crystal quand je n'étais pas la cible de ses remarques cinglantes.

- Quelque chose que tu aimerais dire, Lestrange ? attaqua Weasley, sa main droite glissant déjà vers sa baguette, me montrant sans le savoir une porte de sortie, que j'avais bien l'intention d'ouvrir en grand si cela me permettait de passer la journée au calme.

Je forçai un éclat de rire moqueur.

- Si la famille Weasley était respectable, tu aurais pu expliquer à Stimpson pourquoi il y avait autant de courrier pour les jeunes filles de Serpentard ce matin, mais peut-être que ce n'est que clémence que tu ignores cela. Entre le manque d'argent des Weasley, tes sauvages de frères, ta laideur et le fait que tu as bien failli tuer une dizaine de personnes l'année dernière, je doute que les prétendants se seraient bousculés.

Weasley devint livide, puis carmin, et elle sortit sa baguette d'un geste flou.

Il y eut un BANG retentissant, je fus projetée au sol avec force et j'eus tout juste le temps de protéger mon visage de mes avant-bras quand une espèce de bestiole ailée entrepris de m'arracher les yeux.

J'eus beau me débattre et essayer de me rouler en boule pour échapper aux griffes, la création de Weasley était à l'aulne de son sale caractère et mes cris de douleur étaient sincères.

Douce Circée, peut-être avais-je fait une erreur.

Aussi soudainement que la créature m'avait attaquée, elle disparut. Je mis quelques secondes à retrouver mes esprits. J'étais allongée sur le sol, mon visage et mes avant-bras pulsaient douloureusement tandis qu'un liquide poisseux coulait dans mon cou. Le professeur Chourave se tenait entre une Ginny Weasley toute ébouriffée et toujours autant en colère, et Crystal. Mon amie avait sa baguette à la main et semblait furieuse.

- C'est inadmissible ! I-NA-DMI-SSIBLE ! Je suis profondément déçue par votre comportement à toutes les deux, et par celui de vous autres qui n'avez rien trouvé de mieux que les encourager au lieu d'aller chercher un professeur ! Cinq points en moins pour chacun d'entre vous. Miss Weasley, Miss Malhorne, nous réglerons cet incident à la fin de l'heure. En attendant, Miss Wan, accompagnez Miss Lestrange à l'infirmerie.

Jin se précipita sur moi et m'aida à me relever.

- Ça va aller, Alya ?

Le monde tourna un peu autour de moi, mais je ne ressentis pas de nausée et mes jambes étaient solides. Je la laissai toutefois passer un bras autour de mes épaules tandis qu'elle me guidait vers le château.

- Weasley ne t'a pas loupée, m'apprit-elle.

Mon visage continuait de pulser et vu les lacérations que je pouvais voir sur mes mains, je devinai un peu pourquoi.

- J'y suis peut-être allée un peu fort quand je l'ai insultée, admis-je.

Elle me dévisagea.

- Tu as insulté Weasley ?

- Elle avait l'air d'avoir envie d'en découdre et, avec un peu de chance, je vais pouvoir passer la journée à l'infirmerie.

- Avec un peu de chance, tu ne seras pas défigurée à vie.

- Si seulement…

Je doutais qu'une balafre à la hauteur de celle de Potter réussirait à décourager tous mes prétendants, mais certaines familles plaçaient l'esthétique au-dessus de l'argent. Il n'y avait pas de petite victoire.

La cloche signalant le début des cours sonna au moment où nous rejoignions le Grand Hall. De nombreux élèves quittaient encore la Grande Salle. Mon état suscita de nombreux murmures et certains pâlirent nettement à la vue du sang.

Il y avait fort à parier que le nombre de rumeurs à mon sujet allait encore exploser d'ici à la fin de la journée.

A l'exception de rideaux tirés autour d'un lit au fond de la pièce, l'infirmerie était vide – ce qui était remarquable en plein milieu du mois de février – et j'eus une pensée reconnaissante envers les déités de l'univers.

- Merlin tout puissant, Miss Lestrange ! Que vous est-il arrivé ?!

- Elle s'est faite attaquer par une Gryffondor, répondit Jin pour moi.

- Évidemment… Merci, Miss Wan, je vais prendre le relais. Vous pouvez retourner en classe.

Elle me guida jusqu'au lit le plus proche et m'aida à ôter ma cape ainsi que mon pull. Les manches de mon chemisier étaient encore plus déchirées que ce que j'avais cru, et Madame Pomfresh dût les juger irrécupérables, car elle les découpa d'un geste de baguette au niveau de mes épaules.

- Une fois de plus, vous vous êtes bien arrangée… Je vais chercher ce qu'il faut. Tâchez de ne pas vous évanouir.

Contrairement à Draco qui n'aimait pas la vue du sang, je n'avais jamais eu ce problème quand je me blessais petite. Certaines lacérations étaient toutefois profondes et je n'aimais pas trop la vision de la partie jaunâtre sous la peau.

Madame Pomfresh commença par nettoyer les plaies de mon visage, ses gestes secs mais efficaces, avant d'utiliser la magie pour les refermer. Elle les recouvrit ensuite avec un baume épais dont l'odeur me rappela celle de l'essence de Dictame.

Mes bras subirent le même traitement, un bandage en prime.

- Vous avez eu le bon réflexe de protéger votre visage, et je doute que vous gardiez la moindre marque. Je ne suis pas aussi optimiste concernant vos bras.

Je haussai les épaules. Mes jambes avaient leur lot de cicatrices datant de mes aventures, enfant. Je n'étais pas à une ou deux près.

- Vous avez beaucoup saigné, ce qui n'est vraiment pas une bonne chose pour vous. Vous allez prendre quelques potions et vous reposer.

- Quand pourrais-je sortir ?

- Quand votre bilan me plaira, ce qui ne sera pas avant ce soir. Enfilez-ça en attendant.

J'attendis qu'elle me tourne le dos pour aller chercher ses infâmes potions pour sourire et enfiler un pyjama. Je doutais que les Elfes de maison parviennent à récupérer mes vêtements, magie ou non, et j'avais bien fait de ne pas mettre mes bottines en daim ce matin.

Puisque l'infirmerie était particulièrement calme et que je n'avais rien d'autre à faire que de rester allongée dans un lit douillé, je ne tardai pas à m'endormir. A mon réveil, Madame Pomfresh insista pour que je reprenne une dose de potion, puis m'obligea à manger, quand bien même il était à peine onze heures.

Cela s'avéra être une bonne idée de sa part, puisque Draco, Pansy et Crystal profitèrent de la pause du déjeuner pour venir me voir.

- Comment tu vas, Ely' ? me demanda Draco en s'installant à mes pieds.

Je ne pus retenir un sourire.

- Parfaitement bien. A vrai dire, je passe une excellente journée, et chacune des cicatrices que je garderais en vaudra la peine.

Draco se rembrunit.

- Tu as vraiment provoqué Weasley ? souffla-t-il.

- J'ai saisi une opportunité.

Ils échangèrent une série de regards, puis Pansy me dévisagea, avant de lever les yeux au ciel.

- Tu aurais pu te montrer plus subtile, et éviter de te vider de ton sang, mais je suppose que c'est le seul génie dont tu es capable…

- Du génie ? C'était particulièrement stupide de sa part ! Si elle était restée au fond de son lit, ça aurait été beaucoup plus simple !

La hargne de Crystal me fit hausser un sourcil.

- Je te déteste, précisa-t-elle. J'ai été obligée de me jeter sur Weasley pour éviter que tu sois égorgée par cette bestiole qu'elle avait conjuré, et je suis en retenue samedi avec Rogue.

- Tu n'étais pas obligée de défendre mon honneur, Malhorne. J'avais la situation sous contrôle.

Crystal plissa les yeux, Pansy fit claquer sa langue et Draco se racla la gorge.

- Essaie autre chose, Adler, siffla-t-elle, juste assez fort pour que je l'entende.

Je grimaçai. Ce n'était jamais bon signe quand elle m'appelait Adler et puisqu'elle s'était encore portée à mon secours – ce qui était en passe de devenir une habitude –, sans doute avait-elle raison.

- Merci quand même pour ton aide, marmonnai-je. Je te laisserai copier sur les prochains devoirs de Métamorphose.

- Et d'Astronomie.

- Si tu veux.

La cloche ne tarda pas à retentir, et ils me promirent de venir me voir après les cours pour me tenir au courant des dernières rumeur sur mon compte. Mon apparition du matin avait déjà fait le tour du château, tout comme mon altercation avec Weasley, et les rumeurs s'en tenaient à la version officielle pour le moment. J'étais toutefois bien placée pour savoir que cela ne durerait pas.

Puisque j'avais prévu de me faire discrète pour la journée – et de me cacher pendant les récréations et les temps libres – j'avais pensé à emporter le livre de Raistlin Majere – La Métamorphose de L'esprit – que Christopher m'avait offert à Noël. Mes nombreux devoirs ne m'avaient guère laissé le temps de me pencher dessus, d'autant que j'avais préféré lire les livres sur les Animagus qui avaient servi aux Maraudeurs. Je n'avais guère appris de choses nouvelles, mais j'aimais ce que représentait les deux livres.

Au bout de quelques pages, je compris que, malgré mes progrès considérables en Métamorphose, j'étais loin d'avoir toutes les connaissances nécessaires pour suivre le propos de Majere, aussi sortis-je un morceau de parchemin pour noter ce qui mériterait des recherches complémentaires.

A ma plus grande surprise, Madame Pomfresh me laissa travailler, ne m'interrompant que deux fois – pour me redonner des potions et m'imposer un en-cas –.

- J'ai presque l'impression que vous aviez prévu de passer la journée avec moi, Miss Lestrange.

Je mordis dans ma pomme.

- C'est juste une impression, Madame Pomfresh. Vous savez bien que j'ai horreur d'être ici.

Elle secoua la tête, et je regrettai de ne pas être Legilimens pour deviner ce que cachait son petit sourire en coin.

Ce fut justement au moment où elle distribua les plateaux repas qu'un Elfe de Maison avait dû lui remonter des cuisines que je réalisai que le deuxième patient n'était personne d'autre qu'Alexis Delacour.

Quatre lits nous séparaient, et je ne le connaissais pas si bien que cela, mais il me sembla plus pâle que d'habitude. Les cernes violettes qui soulignaient son regard étaient, elles, nouvelles.

Il leva son verre de jus de citrouilles dans ma direction, ce que je refusai d'imiter. Je ne lui avais toujours pas pardonné d'avoir été trouvé Avelina Odgen après ma discussion avec Roksana Mesyats.

Il leva les yeux au ciel.

- Que t'est-il arrivé ?

Je fus tentée de lui répondre que cela ne le regardait pas – ce qui était le cas –. Toutefois, je savais que Pansy ne pardonnerait pas un tel manque de tact. En s'interposant entre Mesyats et moi, Alexis Delacour avait attiré son attention. Avec l'aide de Crystal, elle avait essayé de glaner des informations à son sujet – principalement parce qu'elle voulait être certaine qu'il ne risquait pas de passer du statut de sauveteur à celui d'agresseur – sans véritable succès. Au-delà du fait qu'il était le cousin de Fleur Delacour, qu'il avait quelques mois de plus qu'elle, que l'on ne les voyait que très rarement l'un sans l'autre et qu'il était apprécié par ses camarades de Beauxbâtons, il n'y avait pas grand-chose de plus à dire.

- Je me suis faite agressée par une Gryffondor, admis-je du bout des lèvres.

Cela me coûtait de le reconnaître – surtout devant lui – mais, de toute façon, ce n'était déjà plus un secret pour personne. Il finirait par le découvrir par lui-même.

- Ne sont-ils pas censés attaqués uniquement une fois provoqués ?

Sa voix semblait alourdie par la fatigue, comme si parler lui demandait un véritable effort. Cela ne l'empêcha pas de réussir à se montrer moqueur.

Je résistai difficilement à l'envie de lui jeter le trognon de ma pomme.

- Il ne faut vraiment pas grand-chose pour leur faire perdre leur sang froid, dans ce cas. Que fais-tu ici, toi ?

Il tapota sa tempe gauche du bout des doigts.

- Migraine.

Il devait avoir un sacré mal de tête pour que Pomfresh ne se soit pas contentée de lui donner une dose de potion et de le renvoyer en cours comme elle le faisait avec tous ceux qui venaient la trouver pour ce genre de chose.

- Qu'est-ce que tu lis ?

Il était décidément bien curieux.

- La Métamorphose de l'Esprit de Raistlin Majere.

Sans que je ne comprenne pourquoi, il secoua la tête, un bref sourire amusé aux lèvres.

- Je connais quelqu'un avec qui tu t'entendrais très bien…

Je ne trouvais rien à redire à cela, parce que j'ignorai de qui il pouvait bien parler. Il me glissa un dernier clin d'oeil, puis il s'affaissa un peu plus contre ses oreillers, les yeux fermés.

J'allais te demander de me faire la lecture pour passer le temps mais je suis presque sûr que je ne comprendrais pas un traître mot de ce que ce type raconte. Je vais faire une petite sieste. Tâche de ne pas t'attirer d'autres ennuis.

Il ne vit pas mon rictus mauvais. Pomfresh ne tarda pas à refermer les rideaux autour de son lit et je repris ma lecture en silence.

J'étais particulièrement concentrée sur un passage plus âpre que les précédents – Majere détaillait sa théorie selon laquelle il était possible de créer des souvenirs de toute pièce –, quand quelqu'un se racla la gorge à ma gauche.

Je sursautai et je faillis bien renverser de l'encre sur les draps.

Nott haussa un sourcil moqueur.

Il me fallut de longues secondes pour me convaincre que je n'étais pas en train d'halluciner.

- Que fais-tu ici ? grognai-je.

- Je rends visite à ma fiancée.

Son ton était moqueur ce qui, assorti à son sourire satisfait, me donna envie de le jeter en pâture à Weasley.

- Redis-ça encore une fois et je t'arrache les yeux.

Il éclata d'un rire mauvais.

- Étant donné que tu n'as pas été en mesure de te débarrasser d'un simple Chauve-Furie, tu m'excuseras si je ne tremble pas d'effroi à l'idée, Lestrange.

Il n'avait pas tout à fait tort, mais il oubliait sans doute que mes sortilèges étaient imprévisibles et que je pourrais bien réussir à conjurer un dragon en me frottant au Chauve-Furie.

A vrai dire, la table de chevet était parfaite pour recevoir un Draconiflor, et j'étais presque sûre que je pourrais réussir à en obtenir un cracheur de feu.

Il était plus que regrettable que Madame Pomfresh ne soit pas dans son bureau.

- N'aurait-il pas été plus simple que tu acceptes ma proposition, un mois plus tôt ?

- Je préfère encore être défigurée que prétendre être ta petite-amie, Nott.

- A ta place, je commencerais à me faire une raison. Je ne serais pas surpris d'apprendre que les négociations du contrat de mariage battent leur plein.

- Et à ta place, je ne crierais pas victoire trop vite, conclus-je avant de retourner à ma lecture. Maintenant, je suis très occupée et j'aimerais pouvoir profiter du calme que Weasley m'a si gracieusement offert.

Je le vis hésiter du coin de l'œil, puis il se leva, pour finalement quitter la pièce. J'eus un soupir soulagé. C'était bien digne de lui de profiter de la récréation pour tenter sa chance à nouveau. Son père s'était sans doute montré insistant – Archibald Nott n'était pas homme à contrarier –.

Tout cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : les enchères sur mon dos étaient plus d'actualité que jamais et Lord Nott était toujours décidé à les remporter.

J'allais devoir me résigner à écrire à Narcissa pour qu'elle mette le holà à toute cette histoire.

Dimanche 19 Février 1995, Poudlard, Ecosse.

- Tu n'as toujours pas terminé ?!

Je décidai de l'ignorer, mais j'aurais dû me douter que cette stratégie était vouée à l'échec avec Pansy comme avec Crystal. Cette dernière s'installa en face de moi et attrapa le morceau de parchemin presque vierge.

Pour ainsi dire vierge.

Je doutais que les deux mots que j'avais écrit comptent beaucoup.

- « Lady Malefoy » ? Vraiment ? Ça fait plus d'une heure que tu es enfermée ici, et c'est tout ce que tu as réussi à trouver ?

J'eus un soupir.

- Je ne suis toujours pas convaincue que ce soit une bonne idée !

Elle haussa un sourcil.

- Lui écrire ne revient pas à signer un traité de paix, Lestrange. Elle t'a mise dans cette situation, la moindre des choses serait qu'elle limite la casse. Weasley ne va pas t'envoyer à l'infirmerie à chaque Saint-Valentin.

- Je suis presque sûre qu'elle serait d'accord.

- Elle n'a pas plus apprécié que moi de devoir mettre des crapauds en bocal hier.

Je passai une main lasse sur mon front.

Ce n'était qu'une lettre – que j'entendais courte et formelle – mais elle avait le goût de la défaite. Depuis la rentrée de Septembre, j'avais réussi à éviter d'envoyer le moindre hibou à Narcissa. Les rares fois où nous avions dû la contacter, Draco s'en était chargé, ce qui m'avait parfaitement convenue.

Cette fois, le sujet me concernait trop pour que je passe par lui et je ne voyais pas d'autre issue à mon problème. Le jour de la Saint-Valentin, Madame Pomfresh m'avait libérée juste avant le dîner, et les quelques heures qui me séparaient alors du couvre-feu avaient été interminables.

C'était comme si chaque garçon bien né avait reçu la consigne de m'aborder, au moins pour me saluer – et s'enquérir de ma santé – ou – pour les plus âgés – faire une tentative – plus ou moins adroite – de séduction. J'avais eu beau dîner rapidement et m'empresser de trouver refuge dans mon dortoir, cela avait suffi à beaucoup.

Tout cela alors que je n'avais que treize ans !

Je n'osais même pas imaginer ce qui pouvait m'attendre dans les années à venir. Puisque mes promesses de castration proférées avant le bal de Noël n'avaient pas eu le moindre effet, il fallait que Narcissa intervienne.

- Sinon, il te reste toujours la solution de mon oncle, reprit Crystal. Christopher serait le parfait coupable et, vu ce qu'il pense des Sang-Purs, il serait même content de t'aider.

- Hors de question !

- Alors écris cette foutue lettre !

- Langage, Malhorne !

Elle éclata d'un rire moqueur et reposa la lettre devant mes jambes croisées.

- Dépêche-toi un peu. A ce rythme, le hibou de Draco va avoir le temps de faire un aller-retour à Durmstrang !

Je la maudis en silence – sachant pertinemment qu'elle me rétorquerait quelque chose de plus désagréable – puis je replongeai ma plume dans l'encre pour la millième fois ce matin.

L'alternative de Crystal – lancer la rumeur selon laquelle j'aurais déjà perdu ma vertu – n'était simplement pas envisageable.

Mensonge ou pas, Lucius me tuerait.

Je pris une profonde inspiration, essayant – sans vraiment y parvenir – de me convaincre que c'était la meilleure chose à faire.

A nouveau, ma plume s'arrêta à quelques millimètre du parchemin et une goutte d'encre tomba.

Je n'avais pas envie de lui demander de l'aide, surtout pas quand je n'avais aucune garantie qu'elle accepterait d'intercéder sans réclamer de contrepartie.

Elle était la dernière personne vers laquelle j'avais envie de me tourner, pour quoi que ce soit.

Avec un grognement agacé, je remis ma plume sur son support et je froissai le morceau de parchemin.

- Oh non… Tous tes efforts…

Mon regard noir la fit éclater de rire et je décidai qu'il valait mieux que j'aille prendre l'air.

Mieux que ça, j'avais besoin de faire le vide si je voulais prendre une décision censée.

J'attrapai mon balai et ma cape d'hiver.

- Il pleut des cordes !

- Tant mieux !

Je rejoignis le raccourci menant aux serres d'un bon pas, sans croiser grand monde, mais sans manquer d'interpeller avec mon balai sur mon épaule.

Je compris un peu mieux en actionnant le pan de mur qui dissimulait le passage.

Crystal n'avait pas menti. Un véritable déluge s'abattait sur le parc, accompagné de fortes bourrasques de vent qui firent claquer ma cape dans mon dos.

Au manoir, je n'avais jamais eu le droit de sortir par un temps pareil, encore moins de voler.

Ma raison me soufflait de renoncer, non seulement parce que c'était dangereux de sortir par tempête, mais en plus parce que je ne pourrais jamais voler comme j'en avais envie.

Je fis un pas en avant et j'enfourchai mon Eclair de Feu. Le sol était meuble et mon décollage manqua de vitesse, mais je réussis toutefois à gagner de la hauteur, peinant à maintenir la direction du terrain de Quidditch et à gagner de la vitesse. Pour le moment, je me trouvais à contre-vent et la pluie m'alourdissait puisque j'étais déjà trempée.

Une fois éloignée des bâtiments, je réussis enfin à faire une accélération digne de ce nom, la puissance de l'Eclair de Feu et ses nombreux sortilèges de stabilisation me permettant de prendre le vent de vitesse.

Je m'allongeai pour limiter ma prise d'air, enroulant mes mollets autour du manche pour me permettre de mieux gérer mes trajectoires et de ne pas tomber si je faisais un tonneau non voulu.

Le vent sifflait dans mes oreilles, la pluie me giflait le visage, m'obligeant à seulement plisser les yeux, et ma cape claquait derrière moi.

Je sentais le froid se diffuser dans mes muscles, puis dans mes os, mes doigts étaient déjà engourdis et sans doute mes pieds suivraient, mais l'adrénaline maintenait mes entrailles au chaud.

Je n'étais pas sortie voler depuis trop longtemps et j'avais presque oublié le sentiment de liberté que cela me procurait. Si je le voulais, je pourrais sans doute mettre le cap plein ouest et je finirais par rejoindre les États-Unis.

Je secouai la tête.

J'étais là pour faire le vide.

Si cela était encore possible, la pluie redoubla, tout comme le vent et je ne pus que me concentrer sur ce que j'étais en train de faire. Il n'était plus question de prendre de la vitesse, juste de conserver celle que j'avais déjà, de ne pas me laisser emporter par les bourrasques et, surtout, ne pas perdre ma prise sur le manche de mon balai.

La chute suivrait et, même si le sol était meuble, l'atterrissage serait douloureux.

Je revenais vers le terrain de Quidditch quand j'aperçus le panache d'étincelles rouge. En baissant les yeux, je compris qu'elles avaient été lancées par la personne à l'abri sous son parapluie.

Une personne qui semblait être un adulte.

Je grimaçai.

Je voulus tenter une accélération en direction des serres – je doutais d'être reconnue, entre la pluie et la semi-obscurité qui allait avec – mais avec la puissance du vent, il y avait de bonnes chances pour que je percute un mur.

Une retenue était préférable à un séjour à l'infirmerie.

Je piquai vers le sol avec un soupir résigné, qui faillit bien se transformer en gémissement quand je reconnus le professeur McGonagall.

- J'étais certaine que c'était vous, Miss Black ! Par Godric, avez-vous perdu l'esprit ?!

Son cri me parvint à peine avec le vacarme de l'averse et je choisis de baisser les yeux vers mes chaussures maculées de boue.

J'étais bonne pour une semaine de retenue.

Elle me désigna le château d'un geste sec. Je fis de mon mieux pour suivre sa démarche soutenue, remarquant que si la boue s'accrochait un peu plus à chacun de mes pas, les vêtements du professeur McGonagall semblaient repousser la notion même d'humidité. Elle était parfaitement sèche quand nous eûmes rejoint les marches du Grand Hall, et elle agita sa baguette pour qu'il en soit de même pour moi.

Sans l'adrénaline du vol, cela ne suffit pas à me réchauffer et je me mis à claquer des dents.

- Vous avez l'air bien maligne maintenant ! Enfilez-ça et suivez-moi.

Elle fit apparaître une épaisse couverture aux motifs fleuris et sentant délicatement l'orange amère, dont le poids sur mes épaules chassa juste assez le froid pour que j'arrête de trembler comme une damnée.

Je reconnus le chemin vers son bureau sans vraiment de surprise. Elle me désigna le petit canapé près de la cheminée. La chaleur du foyer me donna l'impression de prendre feu et que ma peau se tendait bien trop sur mon visage mais, pour être tout à fait honnête, je serais bien entrée dans la cheminée pour m'asseoir dans les braises si j'avais pu.

La chaleur se diffusa peu à peu autour de moi, chassant les tremblements, redonnant vie à mes extrémités.

- Buvez cela. Ce n'est pas de la pimentine, mais ce qui s'en rapproche le plus.

Le thé était brûlant.

Et rehaussé d'une goutte d'alcool – sans doute du Whisky – si le goût amer qui manqua de m'arracher la gorge était bien cela.

Le professeur McGonagall me laissa boire en silence, ôta sa lourde cape d'hiver en tartan puis elle alla se poster devant la fenêtre de son bureau – qui lui donnait une vue parfaite sur la partie du parc où j'avais fait mes accélérations –. A la façon dont ses lèvres bougeaient, tandis qu'elle secouait la tête, son index battant un rythme saccadé sur son bras gauche, je ne pus qu'imaginer à quel point je m'étais enfoncée dans les ennuis.

Malheureusement, aucune tasse de thé n'était assez grande pour laisser le temps à sa colère de redescendre.

A un moment, je dus donc me résigner à poser ma tasse sur le manteau de la cheminée et à me préparer à un sermon mémorable, sans doute plus cuisant que ceux dont Lucius avait le secret.

- J'ai promis à votre père de veiller sur vous et sur Monsieur Potter, Miss Black. Il m'est assez difficile de faire en sorte que Monsieur Potter survive à chacune de ses années scolaires vu son talent pour trouver les ennuis, aussi apprécierais-je l'intention si vous pouviez éviter de vous engager dans une sorte de compétition avec lui. Parce qu'entre cela et le retour imminent de Voldemort, je risque de devoir prendre ma retraite plus tôt que prévu.

Je me ratatinai sur le canapé au nom du Seigneur des Ténèbres et je ne pus que hocher la tête faiblement.

- Je suis désolée, professeur, marmonnai-je.

Elle se retourna.

- Que vous est-il passé par la tête, Maellyn ?

J'haussai les épaules.

- J'avais vraiment besoin de voler.

Malgré moi, ma voix se brisa et je serrai les lèvres pour retenir mes larmes.

C'était stupide. Je ne savais même pas pourquoi je pleurais et j'avais horreur de cela. J'entendis le soupir du professeur McGonagall, puis elle vint s'asseoir à côté de moi.

- Que se passe-t-il, Miss Black ?

Je reniflai sèchement, maîtrisant difficilement la brûlure derrière mes paupières.

- C'est stupide.

- Le contraire m'étonnerait beaucoup, mais vous pouvez essayer de me surprendre.

Sa répliqua affable m'arracha un sourire humide, ce qui permit à une larme de glisser le long de ma joue, ouvrant la voie pour les autres.

- Certains jours, être Alya Lestrange est presque insupportable, soufflai-je, la voix tremblante.

J'essuyai mes joues avec la couverture, ce qui était peine perdue puisqu'elle fut aussitôt inondée. Le professeur McGonagall conjura un mouchoir en tissu – aux motifs écossais – et je l'acceptai sans un mot.

- Cela a-t-il un rapport avec l'attaque de Miss Weasley ? Elle m'a assurée que vous l'aviez provoquée, et Pomona a eu l'impression que vous étiez un peu trop contente de vous retrouver dans son infirmerie pour la journée.

Minerva McGonagall n'était pas douée en Métamorphose pour rien. Sa logique était implacable et c'était sans doute peine perdue que d'essayer de brouiller les pistes maintenant.

- Elle semblait vouloir en découdre. Je lui ai juste donné une excuse pour le faire. J'espérais qu'une fois à l'infirmerie, les héritiers de bonne famille me laisseraient tranquille.

Elle se redressa vivement, comme si elle venait d'être piquée par quelque chose.

- Plaît-il ?

Les larmes, qui avaient tout juste commencé à se tarir, repartirent de plus belle, et mes malédictions n'y changèrent rien.

- Je vais bientôt avoir quatorze ans, professeur… Dans le monde Sang-Pur, c'est l'âge à laquelle une jeune héritière peut commencer à être courtisée. J'ai peur de devoir signer un contrat de mariage avant même ma majorité.

Un sanglot déchira ma gorge et les tremblements qui se mirent à me secouer n'avaient plus rien à voir avec le froid.

Le professeur McGonagall serra mon épaule avec force, attendant que je croise son regard pour reprendre.

- Cessez de vous inquiéter à ce sujet, Miss Black. Je vais avoir une petite discussion avec Narcissa Malefoy et je peux vous assurer qu'une telle chose n'adviendra pas. Vous êtes une personne, pas une parure de diamants mise aux enchères. Je vais vous préparer une autre tasse de thé.

...

Vendredi 24 Février 1995, Poudlard, Ecosse.

Le jour de la deuxième tâche arriva bien plus vite que prévu. Durant la semaine qui l'avait précédée, les spéculations sur sa nature n'avaient cessé de devenir de plus en plus improbables – je doutais que quiconque sain d'esprit laisserait quatre jeunes sorciers tuer un Demiguise ou affronter un Kappa – mais je devais reconnaître que la première tâche avait mis la barre très haute en termes de danger.

Comme nous ignorions combien de temps la deuxième tâche allait durer, Millie m'obligea à prendre un copieux petit-déjeuner, puis nous prîmes la direction du Lac Noir où nous étions apparemment attendus, ce qui faisait un point en faveur de la théorie des Kappas.

Les tribunes installées autour de l'arène de la première tâche avaient été déplacées sur la rive nord du lac, ce qui nous promettait au moins une demi-heure de promenade dans un parc détrempé par les derniers intempéries.

J'eus un soupir résigné.

La veille, j'avais essayé d'échapper à la compétition, arguant que j'avais des devoirs – notamment en Métamorphose – et que le rhume qui avait suivi ma dernière séance de vol n'était pas encore guéri.

Pansy et Draco s'étaient insurgés à l'idée, m'expliquant qu'il était de mon devoir de soutenir Diggory et que le Tournoi des Trois Sorciers n'avait pas été remis au goût du jour depuis plusieurs siècles pour que je lui préfère une journée à la bibliothèque.

J'avais très vite compris que j'avais autant de chance d'éviter la corvée que d'échapper à un match dans lequel Serpentard jouait.

Le spectacle avait plutôt intérêt à être au rendez-vous !

Nous réussîmes à trouver une bonne place – Vincent et Gregory avaient accepté de partir devant pour Draco – ce qui nous offrait un point de vue inédit sur le Lac Noir. La vaste étendue d'eau s'étendait des pieds du château à celui des montagnes au sud, et jouait le rôle d'un miroir à la démesure des environs.

J'eus un sourire en repensant à ma première rentrée et à la traversée en barque. Je me souvenais encore de l'apparition du château, sa silhouette comme découpée avec précision dans le ciel encore un peu pâle, et des dizaines de lumières aux fenêtres qui se reflétaient à l'infini sur les eaux du lac.

- Où est Potter ?

La remarque de Draco – légèrement inquiet – m'arracha à mes rêveries et je tournai la tête en direction de la table des juges – drapée d'or – pour ne trouver que Krum – vêtu seulement d'un maillot de bain – Delacour – dans une combinaison bleutée – et Diggory – dans son uniforme de Poudlard –.

- Peut-être qu'il a déclaré forfait ?

- Il ne peut pas déclarer forfait. Il est obligé de participer.

Le ton de mon cousin était cassant, tandis qu'il fouillait le parc du regard.

- Là-bas ! s'écria un Serdaigle à notre droite.

Il désignait le château et il me fallut quelques secondes pour trouver la silhouette qui courait à toutes jambes en direction de la table des juges.

- Tu penses qu'ils auraient commencé sans lui ? me souffla Crystal.

- C'est Potter. Ils auraient plus facilement reporté l'épreuve.

Il s'arrêta dans un dérapage boueux et resta plié en deux, ses mains sur les genoux.

Maintenant que les quatre champions étaient présents, Verpey put les disposer le long de la rive, laissant un espace significatif entre eux.

- Et voilà, dit-il, tous nos champions sont prêts à entreprendre la deuxième tâche qui commencera à mon coup de sifflet. Ils auront exactement une heure pour reprendre ce qui leur a été enlevé. Attention, à trois... Un... deux... trois !

Si Delacour, Krum et Diggory ne perdirent pas une seule seconde et se jetèrent immédiatement à l'eau – sans que je ne parvienne à deviner leur stratégie depuis la tribune –, Potter prit le temps d'enlever ses chaussures et ses chaussettes avant d'avancer maladroitement dans l'eau, donnant l'impression de peiner à garder son équilibre.

Une fois qu'il fut enfoncé dans l'eau jusqu'à la taille, il resta immobile pendant de longues secondes.

A ma droite, Draco éclata de rire.

- Ce crétin n'a rien prévu ! Que croyait-il ? Que Dumbledore allait l'aider ?!

Il n'était pas le seul à se faire cette réflexion. Les rires et les sifflets ne tardèrent pas à enfler, certains – dont bon nombre de Poufsouffles – encourageaient Potter à déclarer forfait.

- Il se passe quelque chose, souffla Crystal derrière sa paire de jumelles.

Même en plissant les yeux, je ne pus que voir Potter se dandiner, avant qu'il ne se jette dans le lac, qui ne tarda pas à retrouver son immuable tranquillité. Les acclamations moururent et nous nous retrouvâmes à fixer les eaux insondables à nos pieds, incapables pourtant de deviner ce qui se jouait dans les profondeurs.

- N'étions-nous pas censés assister à un spectacle grandiose ? ironisai-je, regrettant plus que jamais de ne pas avoir apporté un livre afin de passer le temps.

Si j'avais bien compris l'annonce de Verpey, nous avions une heure devant nous avant qu'il ne se passe la moindre chose. Comme pour appuyer l'ironie de la situation, un coup de vent glacé fit claquer nos vêtements.

Il ne manquerait plus qu'une bonne averse, et le tableau serait sans doute complet.

- Et voilà ! Nos quatre champions sont désormais en train d'affronter leur deuxième épreuve. Afin de pouvoir rester sous l'eau pendant une heure, Miss Delacour et Monsieur Diggory ont ingénieusement pensé au sortilège Têtenbulle, tandis que Monsieur Krum a utilisé la Métamorphose pour se transformer – partiellement – en requin. Le plus astucieux est à nouveau Monsieur Potter qui a utilisé les propriétés de la Branchiflore. Qu'importe la solution qu'ils ont préféré choisir, ils nagent tous les quatre en direction du village des êtres de l'eau afin de récupérer ce qui leur a été enlevé.

Si j'avais haussé un sourcil intéressé à la mention de la solution imaginée par Krum – je devais justement attaquer cette partie-là des Métamorphoses humaines la semaine prochaine avec le professeur McGonagall – le commentaire enthousiaste de Verpey ne parvint pas à me captiver.

La personne qui avait imaginé cette étape avait une bien mauvaise notion de ce qui était susceptible de fasciner une audience.

Une dizaine de minutes plus tard, un être de l'eau remonta à la surface afin de s'entretenir avec Dumbledore, ce qui me donna une fine idée du cerveau caché derrière la deuxième tâche.

Pour tout ce que je savais sur mon directeur, ça lui ressemblait beaucoup.

Une fois que l'être de l'eau fut reparti, Dumbledore se pencha vers Verpey.

- Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs… J'ai des nouvelles de Monsieur Diggory !

Pansy se mit à applaudir – comme une grande majorité de Poudlard – et elle me lança un regard aigu, comme pour m'inciter à plus d'enthousiasme.

- Ne criez pas victoire trop vite ! Il semblerait que Monsieur Diggory ne nage pas tout à fait dans la bonne direction pour le moment. Il n'y a qu'à espérer qu'il se rende compte de son erreur rapidement, ou il ne lui restera pas assez de temps pour terminer son épreuve…

Le sous-entendu de Verpey raviva les sifflets, auxquels il répondit par un éclat de rire.

- Ne soyez pas si mauvais joueur ! Rien n'est encore perdu, la deuxième tâche n'a commencé que depuis douze minutes !

Il ne fallut pas attendre si longtemps pour qu'un deuxième être de l'eau apparaisse à nouveau, différent du premier, et salué par les applaudissements cette fois.

Le même jeu de transmission se déroula entre Dumbledore et Verpey, ce dernier faisant monter la tension en souriant bêtement – d'après Crystal – sans pour autant prendre la parole.

- Cette fois, j'ai des nouvelles de…

La foule le siffla, sans vraiment lui en vouloir.

- Monsieur Potter !

L'accueil fut un peu plus mitigé, même s'il fallait reconnaître que les Gryffondors savaient s'y prendre quand il s'agissait de faire du bruit.

- Malgré son retard initial, Monsieur Potter semble nager dans la bonne direction. Il a affronté avec brio trois Strangulots et la Branchiflore lui confèrent une agilité certaine dans l'eau… Se pourrait-il que notre plus jeune champion soit le premier à remonter à la surface ?

A la seule possibilité, les Gryffondors explosèrent en vivats que les Poufsouffles se chargèrent de contrer avec virulence, hurlant « DIGGORY EST LE VRAI CHAMPION DE POUDLARD » en cœur.

Verpey riait encore de la réaction de son public qu'un nouvel être de l'eau remontait à la surface.

- Qui de Monsieur Krum ou Miss Delacour ?

Les élèves de Durmstrang et de Beauxbâtons se livrèrent une bataille d'applaudissements que Verpey encouragea avec de grands gestes.

- Miss Delacour !

Les applaudissements repartirent de plus belle et durèrent une bonne minute. Je secouai la tête : c'était une bonne chose que nous ayons quelques informations sur ce qui se passait sous l'eau, mais il était aussi évident que Verpey se devait de meubler l'attente.

Cela ne faisait que vingt-sept minutes que les quatre champions avaient plongé.

- Miss Delacour est pour le moment en bonne posture et ne devrait pas tarder à gagner le village des êtres de l'eau. Des Strangulots l'attendent toutefois sur le chemin et elle devra faire preuve de courage et de sang-froid si elle souhaite réussir !

- J'aimerais bien que ce soit elle qui gagne, me souffla Pansy. Juste pour en remettre certains à leur place quand ils soutiennent qu'on ne peut pas être jolie et intelligente.

- Évite que Draco l'apprenne, tu veux bien ?

Bien entendu, le suspens était nul à la quatrième apparition d'un être de l'eau. Durmstrang acclama son champion avec entrain.

- Voilà qui est intéressant… Monsieur Krum a semble-t-il effrayé notre aimable Calamar Géant avec sa tête de requin et il a bien fallu être attiré dans les profondeurs insondables du lac… Heureusement, ce jeune homme évite aussi bien les tentacules que les Cognards ! Ce petit incident a le mérite de l'avoir remis dans la bonne direction. Si tel est aussi le cas pour Monsieur Diggory, il semblerait que nos champions soient tous en bonne place pour réussir leur épreuve dans le temps imparti !

Malheureusement, cela ne se passa pas tout à fait comme prévu.

Une dizaine de minutes après sa déclaration optimiste, Fleur Delacour fut remontée à la surface par deux êtres de l'eau. L'eau semblait teintée de rouge autour d'elle, ce qui ne manqua pas de provoquer l'inquiétude du côté de Beauxbâtons. Madame Pomfresh intervint à la seconde où Delacour sortit de l'eau, l'enveloppant d'une couverture et la guidant dans la tente dressée à l'écart de la table des juges.

- Il semblerait que Miss Delacour n'ait pas su se débarrasser des Strangulots qui s'en sont pris à elle. Elle terminera quoi qu'il arrive dernière de cette épreuve, mais rien n'est encore joué ! Miss Delacour nous avait offert une très belle prestation lors de la première tâche et avait obtenu un score très honorable. Qui plus est, ses trois adversaires ne sont pas encore ressortis vainqueurs !

J'eus une grimace compatissante pour Pansy. Elle leva les yeux au ciel, et marmonna quelque chose qui ressemblait à « ces françaises ». Je doutais que Delacour puisse remonter le classement après un échec pareil, d'autant qu'elle n'était pas sortie première face aux Dragons.

Delacour ne tarda pas à ressortir de la petite infirmerie et elle resta au bord du lac à fixer l'eau à son tour. Madame Maxime la rejoignit un bref instant, lui adressa quelques mots, avant de lui serrer l'épaule brièvement.

- Qu'ils se dépêchent un peu, grognai-je. Je commence à ne plus sentir mes orteils.

- C'est amusant, cela n'a pas semblé te gêner dimanche dernier, se moqua Crystal.

Cachée comme elle l'était derrière sa paire de jumelle – même si j'ignorais ce qu'il y avait de si fascinant à regarder – elle ne put voir mon regard noir.

Même si elle l'aurait sans doute salué d'un éclat de rire.

A mesure que le temps s'écoulait – lentement – la tension dans les tribunes ne cessait d'augmenter. Aucun autre être de l'eau n'était remonté à la surface pour nous tenir au courant de ce qui se passait sous l'eau, et tout ce que nous pouvions voir en contre bas était les petites vagues que le vent dessinait de temps en temps.

- Cela fait maintenant cinquante-sept minutes que nos quatre champions ont entamé leur deuxième tâche. Miss Delacour est remontée au bout de trente-trois minutes sans ce qui lui avait été enlevé, Monsieur Krum a failli être dévoré par le Calamar Géant, Monsieur Diggory a longuement erré et Monsieur Potter a, à nouveau, fait preuve de beaucoup d'ingéniosité malgré son jeune âge… Laissez-les entendre qu'ils ne sont pas seuls dans ce lac !

Je me refusai à applaudir et à hurler le nom de Diggory, doutant que quiconque puisse entendre quoique ce soit à la profondeur où ils étaient censés être. En partie aussi parce que j'avais été contrainte de venir et qu'il y avait certaines limites que je me refusais à franchir.

A la soixante-et-unième minute, Cédric Diggory émergea à la surface.

Nous nous étions tous attendus à ce que les organisateurs aient volé un objet à chacun des quatre champions.

Cela aurait sans doute été trop éthique pour Dumbledore.

Cho Chang semblait particulièrement surprise de se trouver au milieu du Lac Noir, et il lui fallut de longues secondes pour qu'elle se coordonne assez pour nager en direction de la rive. Diggory savoura les acclamations d'une belle majorité des élèves de Poudlard, menés par les Poufsouffles, qui n'auraient pas fait plus de bruit si leur maison avait remporté la Coupe des Quatre Maisons.

Madame Pomfresh réussissait enfin à lui faire accepter de s'envelopper dans une couverture quand Krum apparut à son tour.

Il retrouva forme humaine aussitôt – plus ou moins complètement d'après Crystal – et s'empressa d'aider Hermione Granger à nager.

- C'est pour ça qu'elle n'était pas au petit-déjeuner ce matin ! commenta Draco. Je pensais qu'elle était restée avec Potter jusqu'au dernier moment ! Je parie que Weasmoche est sous l'eau. Potter ne va jamais se pardonner s'il arrive trop tard pour le sauver.

- Parce que tu crois que Dumbledore ou quiconque va accepter de le laisser au fond du lac pour toujours ?!

Millicent le dévisageait avec incompréhension, comme si elle ne le côtoyait pas tous les jours depuis trois ans et demi.

Une fois sur la rive, Krum profita à son tour des applaudissement de Dumstrang, offrant sans le savoir un étrange spectacle aux yeux des élèves de Poudlard.

Personne – jamais – ne s'était tenu sur les bords du Lac en maillot de bain en plein milieu du mois de février !

Vingt-quatre minutes après la fin du temps imparti, Potter apparut enfin, avec non pas une, mais deux personnes. Si les cheveux oranges foncés de Weasley me permirent tout de suite de l'identifier, il me fallut quelques secondes pour comprendre que le deuxième jeune homme était le cousin de la championne de Beauxbâtons.
Alexis Delacour.

A côté de la table des juges, Madame Maxime semblait avoir des difficultés à empêcher son élève de replonger dans l'eau. Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'elle était en train de crier à l'adresse de sa directrice, mais ça ressemblait presque à une malédiction.

Dans l'eau, une vingtaine d'êtres de l'eau suivaient Potter à bonne distance en chantant leur chanson d'une voix criarde.

Potter, Weasley, et Delacour rejoignirent enfin la rive et Madame Pomfresh se jeta sur eux.

- Je paris deux Gallions que Potter va avoir des points bonus pour avoir joué les héros, ironisa Pansy, ce qui arracha un grognement mauvais à Draco.

Dumbledore s'entretint un long moment avec l'un des êtres de l'eau, et s'en suivit une encore plus longue concertation avec les trois autres juges.

- Je ne sais pas ce qu'ils sont en train de se dire, mais Karkaroff n'est pas du tout d'accord, s'amusa Crystal.

Sur la rive, Madame Pomfresh avait réussi à envelopper les trois derniers arrivants d'une couverture et distribuait des rasades de Pimentine. Fleur Delacour avait retrouvé son calme et semblait même plaisanter avec son cousin.

- Heureusement que Draco et moi ne participions pas en même temps, ou ils auraient été sacrément embêtés, me glissa Pansy, une moue moqueuse que je savais fausse.

Pansy avait un don pour faire des déclarations touchantes au moment où on s'y attendait de moins, et j'avais appris qu'elle avait horreur qu'on lui fasse remarquer qu'elle avait un coeur, finalement.

- Ils auraient toujours pu prendre Potter pour Draco, répondis-je.

Elle éclata de rire.

- Mesdames et messieurs, nous venons de prendre une décision. La sirène Murcus, chef des êtres de l'eau, nous a fait le compte rendu détaillé de ce qui s'est passé au fond du lac et, en conséquence, voici les notes, sur cinquante, que nous avons décidé d'accorder à chacun des champions : Miss Fleur Delacour, bien qu'elle ait fait un excellent usage du sortilège de Têtenbulle, a été attaquée par des Strangulots en approchant du but et n'a pas réussi à délivrer son prisonnier. Nous lui accordons vingt-cinq points.

Il y eut des applaudissements de la part de Beauxbâtons, et quelques sifflets par d'autres. Au regard de l'épreuve, c'était étonnant que Delacour ait reçu des points tout court. Madame Maxime avait sans doute fait en sorte que sa championne puisse toujours prétendre à la victoire.

- Monsieur Cedric Diggory, qui a également fait usage du sortilège de Têtenbulle, a été le premier à revenir avec sa prisonnière, bien qu'il ait dépassé d'une minute le temps imparti.

Poufsouffle fit à nouveau plus de bruit que tout le reste de Poudlard réuni.

- Nous lui accordons par conséquent quarante-sept points.

Diggory leva les bras au ciel pour acclamer la décision des juges et embrassa Cho Chang sur la joue avec enthousiasme.

Derrière moi,le rire de Pansy redoubla.

- Monsieur Viktor Krum, reprit Ludo Verpey, a eu recours à une forme incomplète de métamorphose, qui s'est quand même révélée efficace puisqu'il a été le deuxième à ramener sa prisonnière. Nous lui accordons quarante points.

L'air très supérieur, Karkaroff applaudit de toutes ses forces, ce qui fut repris par tout Durmstrang.

- Monsieur Harry Potter a utilisé d'une manière très judicieuse les propriétés de la Branchiflore, poursuivit Verpey. Il est revenu le dernier et bien après la limite de temps. Toutefois, la sirène Murcus nous a informés que Mr Potter a été le premier à arriver auprès des prisonniers et que son retard est dû à la détermination qu'il a manifestée de ramener tous les prisonniers, pas seulement le sien.

Je secouai la tête. Pour tout ce que j'en savais, cela lui ressemblait presque trop, et cela causerait sans doute sa perte, tôt ou tard.

- La plupart des juges pensent que cette attitude démontre une grande force morale et aurait mérité la note maximum. Il obtient cependant quarante-cinq points.

Les Gryffondors acclamèrent la performance de leur champion pendant de longues minutes, nous empêchant presque d'entendre la dernière annonce de Ludo Verpey.

- La troisième et dernière tâche se déroulera le 24 juin au coucher du soleil, reprit Verpey. Les champions seront informés de la nature de cette tâche un mois exactement avant sa date. Merci à tous du soutien que vous avez manifesté aux champions.

Je ne pus retenir une exclamation soulagée. Le 24 juin semblait si loin vu d'ici que j'étais certaine d'être tranquille pour un long moment !

Dimanche 5 Mars 1995, Reading, Angleterre.

Remus referma le grimoire sur lequel il était penché depuis le début de l'après-midi, et se frotta les yeux d'une main lasse, étouffant sans vraiment y parvenir un nouveau bâillement. Il avait oublié ce que signifiait faire des recherches.

A l'époque de Poudlard, il avait pourtant passé de longues journées à la bibliothèque, écumant les rayonnages et les livres avec méthodes en compagnie de James, Peter et Sirius, juste pour réaliser une blague de plus ou compléter leur Carte. Peut-être était-ce parce qu'il avait vieilli, peut-être était-ce l'absence des trois autres, mais il avait l'impression qu'il ne viendrait jamais à bout de tous les grimoires de Magie Noire que le contact de Madelyn lui avait prêté. La majorité d'entre eux étaient écrits à la plume, par des personnes qui n'avaient pas tous la plus lisible des calligraphies – quand ils n'utilisaient pas des runes – et il devait sans doute se sentir chanceux que la plupart soient écrits en anglais.

Il avait fait une pile de ceux qui exigeaient un dictionnaire et il espérait vraiment qu'il trouverait ce qu'il cherchait sans avoir besoin de les traduire.

S'il se fiait à sa chance jusqu'ici, il n'y couperait pas.

Un coup d'œil à l'horloge au-dessus de la petite cheminée lui apprit qu'il avait bien le temps d'en commencer un autre, même s'il ne le terminerait pas. Cela faisait presque un mois qu'il étudiait les grimoires en sa possession – le contact de Madelyn avait mis plusieurs semaines à rassembler une sélection pertinente et il avait fallu qu'Androméda se déplace à Paris pour les récupérer – et ils avaient perdu assez de temps comme ça.

S'ils voulaient empêcher Voldemort de retrouver un corps – et ses pouvoirs – il fallait qu'ils aient une idée des ingrédients dont il avait besoin. Madelyn pourrait utiliser son réseau s'il était mention d'un ingrédient rare, ce qui leur fournirait une bien meilleure piste pour retrouver Peter.

Et donc Voldemort.

L'autre possibilité était d'empêcher Voldemort de mettre la main sur un des ingrédients majeurs pour commencer, ce qui le ralentirait peut-être assez longtemps pour qu'il succombe.

Il bailla à nouveau. Il se décida à se préparer une tasse de thé – et peut-être un sandwich léger pour terminer la soirée –. La bouilloire sifflait à peine quand deux coups furent portés à sa porte. Par habitude, il sortit sa baguette et ne défit pas la chaîne de sécurité sur sa porte.

Tonks haussa un sourcil rose fuchsia et lui montra un sac qui semblait contenir un plat à emporter.

Si ses sens de loup-garou ne le trompaient pas, elle était passée par le restaurant indien en bas de sa rue, celui qui faisait les meilleurs naans de tout le Pays de Galle.

Il la laissa entrer.

- On dirait bien que je sauve ta soirée, Lupin, ironisa-t-elle tandis qu'il débarrassait la table de tous les grimoires et autres dictionnaires de runes.

- Je croyais que tu étais venue m'aider...

Elle grimaça.

- Je te rappelle que j'ai assez des miens. McGonagall est fichtrement douée pour déléguer.

Elle déposa le sac en plastique sur la table et entreprit de sortir des couverts et des assiettes sans plus hésiter face aux placards. Il ne put retenir un sourire quand elle eut un cri de joie en trouvant deux bièraubeurres dans son frigo. En quelques minutes, il était assis devant un plat fumant de curry de poulet et de riz.

Une seule bouchée suffit à lui faire oublier que, jusqu'à maintenant, sa journée avait été particulièrement déprimante. Son visage devait parler pour lui, car Tonks lui adressa un clin d'œil assorti à un sourire en coin qu'il ne connaissait que trop bien.

Même si, dernièrement, il avait eu l'occasion de remarquer que celui de Tonks différait quand même de celui de Sirius. Il y avait plus d'espièglerie et de légèreté dans le sien, quand celui de Sirius avait toujours été moqueur, en plus d'être une sorte de masque que son enfance lui avait appris à porter.

- Alors, tu as trouvé quelque chose d'intéressant ?

- Toujours pas. J'ai toutefois un nouveau rituel qui permet d'augmenter la vigueur d'un sorcier et je suis à non moins de trente façons différentes de créer une pierre philosophale.

Elle ricana.

- Je me demande bien pourquoi je suis devenue Auror. Voldemort et Grindewald exceptés, la seule motivation de ces soit disant Mages Noirs n'est même pas punissable par la loi. Tu as trouvé un livre écrit par une femme ?

- Toujours pas.

Elle secoua la tête.

- J'ai passé les miens en revue une deuxième fois et je crois que je n'aurais jamais ce resto.

Sans surprise, Tonks n'était pas du genre à aimer passer une après-midi à faire des recherches, quand bien même elle avait épuisé toutes les autres pistes depuis longtemps et qu'il s'agissait de leur meilleure chance de retrouver Peter et d'empêcher Voldemort de revenir. Elle avait donc imaginé une liste de défi pour rendre leur corvée un peu plus supportable. Il était en bonne passe d'en gagner au moins trois, ce qui signifiait que ce serait à lui d'apporter un plat à emporter très prochainement.

C'était de bonne guerre.

- Tu as trouvé quelque chose sur Croupton ?

- Nada. Il serait mort que ça ne serait pas bien différent. Puisque Weasley refuse de me laisser lire les lettres qu'il lui envoie pour faire tourner son département, j'ai essayé de m'y introduire discrètement cette semaine, mais je n'ai rien trouvé. Je commence à me demander si Weasley n'a pas inventé l'existence de ces lettres pour pouvoir agir comme le directeur à sa guise.

- Ce n'est pas le genre des Weasley.

- Si tu veux mon avis, Percy est adopté.

- J'ai vu Molly à peine un mois avant sa naissance, il n'est pas adopté.

- Échangé à la naissance alors ? Je te jure, Remus, j'ai assez fréquenté les Weasley pour savoir qu'il n'est pas du tout comme ses frangins.

Puisqu'il n'avait pas eu le plaisir de l'avoir comme élève l'année dernière – comme beaucoup, Percy n'avait pas vu l'intérêt de poursuivre la Défense après les BUSES – il n'avait pas vraiment d'avis, à part sur le fait que Percy était réputé pour être un très bon élève et un Préfet-en-Chef zélé.

Il prit une gorgée de bièraubeurre.

- Dans tous les cas, Croupton ne peut pas être mort si Harry l'a vu à Poudlard.

Tonks haussa les épaules.

- Peut-être que Potter s'est trompé. Quand est-ce que Black en saura plus à ce sujet ?

- Bientôt.

Pour tout ce qu'il en savait, Sirius était censé avoir vu Harry hier, lors de la sortie à Pré-au-Lard. Sa lettre ne devrait pas tarder, mais si Harry avait vu le nom de Croupton sur la Carte, il n'y avait pas l'ombre d'un doute sur le fait qu'il avait bien été fouiller dans le bureau de Rogue.

Ce qui était vraiment étrange.

Il connaissait très bien la réputation de Bartémius Croupton, celle d'un homme à cheval sur les règles. Il n'avait pas hésité à enfermer son propre fils à vie pour acte Mangemort quand il aurait pu alléger sa peine avec la position qui était la sienne à l'époque. Si Croupton cherchait quelque chose dans le bureau de Severus Rogue – même s'il imaginait très mal quoi –, il serait passé par les Brigadiers ou les Aurors.

Quelque chose leur échappait, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

- Enfin, ce n'est même pas le plus grand mystère, n'est-ce pas ? Pourquoi McGonagall nous laisse gérer les recherches tout seuls ?

- Nous ne sommes pas tout seuls. Ta mère nous aide.

Elle leva les yeux au ciel, alors même qu'Andromèda était celle qui était la plus efficace entre eux trois. Elle avait le mérite d'avoir obtenu un Optimal à son ASPIC de Potion et de Runes.

- Même. McGonagall est la plus qualifiée pour ce genre de trucs. Elle était une des meilleurs briseuse de sortilèges que Gringotts a jamais eu !

Il était assez bien placé pour savoir que Madelyn McGonagall aurait pu entrer au Département des Mystères à sa sortie de Poudlard, et qu'elle aurait fini à sa tête en un temps record.

- Et de qui tu tiens ça ?

- De Bill Weasley. Je savais qu'elle avait travaillé là-bas, alors j'ai demandé à Charlie de creuser pour moi. Elle a un CV long comme le bras !

- Je croyais que tu devais concentrer tes efforts sur Croupton et Pettigrow ?

Elle porta sa bière à la bouche.

- Tonks ?

- Oh ça va ! Ce n'est pas comme si les pistes étaient récentes et brûlantes de ce côté ! Et j'ai essayé pour Croupton.

- C'est ça qu'on vous apprend à l'Académie ? Fouiller des bureaux en cachette et renoncer si vous ne trouvez rien ? Ce n'est pas étonnant qu'aucun d'entre vous n'ait réussi à retrouver Sirius.

Comme il l'espérait, elle se redressa, drapée dans sa fierté, et une expression scandalisée sur le visage.

- Black triche !

- Bien sûr. Et quelle est l'excuse de Croupton ? L'homme le plus prévisible au monde ?

C'étaient ses mots – elle avait fait une enquête très complète sur le personnage, remontant son arbre généalogique jusqu'à une branche commune aux Black – ce qui n'avait pas suffi.

Elle resta retranchée dans un silence buté pendant de longues minutes – le temps pour lui de terminer son riz froid – avant qu'elle son regard ne se perde au loin, ses yeux bougeant vite de droite à gauche.

- Il y a peut-être une autre solution, mais elle va m'attirer des ennuis si je me fais prendre…

Il se pencha vers elle.

- Et ?

Elle prit une profonde inspiration.

- Je peux essayer de m'introduire dans sa maison… Mais je vais avoir besoin d'aide sur ce coup.

Ce fut à son tour d'esquisser un sourire en coin. C'était une idée qui risquait de mal tourner – Croupton habitait dans un vieux manoir, protégé par des sortilèges qui étaient l'apanage de Madelyn, pas le sien – mais c'était sans doute pour cette raison qu'il valait mieux qu'il l'accompagne.

- Je t'écoute, Tonks.

A ce rythme, Tonks va terminer membre honoraire des Maraudeurs xD

J'avoue que j'ai pas mal hâte d'avoir votre retour sur :

- Narcissa qui n'en finit pas d'avoir des regrets (mais pas vraiment de remords, ce qui est peut-être le problème).

- La Saint-Valentin mouvementée de Maellyn, entre la myriade de courrier, son altercation avec Ginny et son passage à l'infirmerie (oui, cette petite ne recule devant aucune idée stupide. Tout son père).

- La séance de vol humide et Minnie qui veille, encore (je me répète, mais je l'adore tellement, vous avez pas idée).

- La seconde tâche (je vous cache pas que je galère pour rendre tout ça un peu visuel ! Ah, et un petit twist maison, just because).

- Le retour de Remadora (AKA mon duo préféré!).

Si une scène vous a plus marqué en particulier, n'hésitez pas à me le dire dans les commentaires !

Et si vous ne m'avez pas encore mis en « alert author », je ne saurais que vous conseiller de le faire, au risque de louper une surprise !

En attendant, prenez soin de vous !

Orlane.

Mis à jour le samedi 13/02/2021