Bonjour tout le monde et bonne lecture ! (Non, je n'abandonne absolument pas cette traduction, promis.)
« Allez Dawlish. » s'écria Scrimgeour.
John ajusta sa robe, rendit son expression plus neutre et entra.
« Je peux vous aider ? » demanda Scrimgeour sur un ton glacial.
John ne chercha pas à croiser le regard du responsable des Aurors. Le plan de Malefoy pour lier le destin de Scrimgeour à celui de Black avait réussi, il ne s'était juste pas déroulé comme espéré avec Black déclaré innocent, Scrimgeour passait désormais pour quelqu'un qui excellait à juger les gens et avait sécurisé sa position. Il était également plutôt mécontent de John, qui avait témoigner de son attitude amicale envers Black.
« Juste mon rapport. » dit John en montrant son parchemin.
Scrimgeour eut l'air de ne pas comprendre.
« Concernant l'incident avec les Détraqueurs. » ajouta John.
« Robards vous a confié l'affaire ? »
Scrimgeour eut l'air surpris par cela et John dissimula une grimace. Robards ne lui avait rien confié. John l'avait demandé, Robards était si occupé avec son affaire de personne disparue qu'il la lui avait confié de suite. Malefoy avait ordonné à John de s'occuper de l'enquête. Ombrage était derrière cela, avait-il dit, et avoir un moyen de pression sur elle était une chose importante. Il avait aussi dit que Fudge ne devait jamais savoir.
« Deux jours après le procès. » dit John en posant son parchemin sur le bureau de Scrimgeour.
Scrimgeour n'y toucha pas.
« Et ? »
« Et quoi ? » demanda John.
Scrimgeour leva les yeux au ciel.
« Et qui est responsable ? » demanda Scrimgeour avec beaucoup de patience.
« Pettigrow. »
C'était l'idée de John, car il était presque trop simple de condamner un homme qui avait déjà admis avoir essayer de tuer les deux victimes présumés.
« Il ne voulait pas que la vérité sorte, apparemment. Même sans preuves, le témoignage de Black lui aurait rendu les choses difficiles. »
« Je vois, dit Scrimgeour sur un ton qui n'indiquait rien. Et comment a-t-il fait pour obtenir l'aide des Détraqueurs ? »
« Il a dit avoir une aide interne, dit John. Il ne nous a pas donné de nous, mais je fouille. »
« Je vois, répéta Scrimgeour. Des pistes ? »
« On pense à McKinnon, l'apprentie disparue de Robards. Une source m'a dit qu'elle et Black ont une histoire- »
Dawlish remercia silencieusement Malefoy, à nouveau.
« -et puisque Robards a dit qu'il les avait trouvé ensemble, elle et Pettigrow, avant qu'il arrête Pettigrow … Et bien, ça semble logique, n'est-ce pas ? »
« Certainement. » murmura Scrimgeour.
« Tout est là, en tout cas. » murmura John en désignant son rapport de la main.
Scrimgeour fit glisser le parchemin vers lui, l'air à présent intéressé.
« Je vous tiendrais au courant pour McKinnon. »
« Excellent, dit Scrimgeour en parcourant le rapport. Merci Dawlish. »
John quitta le bureau et se dirigea droit vers l'ascenseur, qu'il prit jusqu'au Niveau Neuf avant de marcher jusqu'au Niveau Dix, juste pour s'assurer de ne pas être suivi. Il frappa une fois à la porte du bureau.
« C'est John. » annonça-t-il.
Un instant plus tard, Ombrage ouvrit la porte et le fit entrer rapidement. Dawlish fit apparaître une chaise et s'assit Ombrage s'était déjà installée au bureau.
« Où est Malefoy ? »
Avant qu'elle ait pu répondre, cependant, il y eut un autre coup à la porte et Malefoy entra.
« Désolé, je suis en retard, dit-il en faisant apparaître une chaise pour lui. Robards m'a coincé, il voulait me dire un mot. Je suis la dernière personne – autre que lui et Pettigrow – à avoir vu McKinnon. »
« Je viens juste d'arriver. » dit John en haussant les épaules.
« Je suis là depuis dix minutes. » indiqua sèchement Ombrage.
John murmura une excuse, mais Malefoy n'en prit pas la peine.
« Alors elle n'a toujours pas été trouvée ? » demanda John.
« Visiblement non. Franchement, elle n'a qu'à rester là où elle- »
« Alors, lui faire porter le chapeau de l'affaire Pettigrow-Détraqueurs est un mauvaise idée, non ? » demanda John.
« L'affaire Pettigrow- la quoi ? » demanda Ombrage.
John et Malefoy décidèrent de l'ignorer.
« Devrais-je- »
« Non, que ça reste ainsi, lui répondit Malefoy. Une fois que les rumeurs seront dans les journaux, elle aura une raison de rester caché et alors, il sera d'autant moins probable qu'on la retrouve. »
John ignorait pourquoi Malefoy détestait autant McKinnon, mais il savait qu'il ne valait mieux pas demander. Tout le monde avait des passions, après tout.
« Y-a-t-il des nouvelles de Black ? » demanda-t-il en se tournant vers Ombrage.
« Aucune. » répondit-elle, franchement énervée.
Malefoy tourna les yeux vers John, qui secoua la tête.
« Bones est embêtée – ça fait une semaine et ils auraient du la contacter concernant le second procès. »
« Quand est-ce que Black a déjà fait ce qu'il devait ? gronda Malefoy. Par chance, cela nous arrange. La position de Fudge est précaire, comme vous le savez sûrement, et nous avons besoin d'autant de temps que possible pour consolider la seconde affaire- »
« Seconde affaire ? demanda Ombrage d'une voix stridente. Vous ne pensez-vous pas que nous avons assez souffert de la première ? »
« Aucune allégation sérieuse ne sera faite, lui assura Malefoy. Essayer de le renvoyer à Azkaban serait désastreux. Non, nous devons juste faire en sorte que Black ressemble moins à une victime. »
« Comment ? » demanda John.
Malefoy s'adossa à sa chaise et réfléchit pendant un instant.
« Et bien, pour commencer, les Animagi, dit Malefoy. Et nous pourrions probablement accuser Lupin d'enlèvement à Sainte-Mangouste. Mon avocate est actuellement en train d'y travailler et je suis sûr qu'elle trouvera quelque chose que nous pourrons utiliser. »
« Et qu'en est-il de Cornelius ? » demanda Ombrage.
« Oui ? »
« Et bien, il n'est pas très populaire en ce moment. » répliqua Ombrage, visiblement frustrée.
Les yeux de John croisèrent ceux de Malefoy l'espace d'un instant, avant qu'ils regardèrent tous deux ailleurs. Ils pensaient visiblement la même chose Fudge était inutile et n'avait pas la moindre idée de comment gérer le Ministère. Sans eux trois lui soufflant des idées à l'oreille, il se serait crashé et aurait disparu depuis un long moment. Merlin, même avec leur aide, il se débrouillait quand même très bien pour tout ruiner.
La seule raison pour laquelle ils avaient gardé Fudge si longtemps, c'était, car en tant que Ministre, il pouvait leur donner des choses. John attendait de l'argent et une promotion. Ombrage voulait la même chose, mais portait en plus une sorte d'affection pour leur malchanceux Ministre. Malefoy – aussi loin que John pouvait le dire – était là seulement car il aimait jouer au marionnettiste et sentir qu'il avait le contrôle.
« C'est un euphémisme. » murmura John, s'attirant un regard noir d'Ombrage.
« Les gens retrouveront foi en lui en temps voulu, dit Malefoy. Fudge est loin d'être innocent dans tout cela, mais il n'était pas aux responsabilités lorsque Black a été arrêté ou quand il s'est échappé. Je pense que les gens se rappelleront de ça ... »
« Ils lui reprochent l'attaque des Détraqueurs dans les cellules, cela dit. » dit John.
« Si Black s'était tu, commença Ombrage. Personne n'aurait su- »
« Le Ministre avait réussi à convaincre Scrimgeour d'être discret, mais ça aurait fini par fuiter. Deux Aurors ont été Embrassés cette nuit-là, souvenez-vous. »
Ombrage s'affaissa et Malefoy lui lança un regard sévère.
« Black a rendu l'affaire publique, ce qui est ennuyeux, mais en ce qui me concerne, le plus embêtant fut que ce soit simplement arrivé. »
« Oui, dit Ombrage en rougissant. Et bien. Je suis sûre- »
« Nous savons que c'était vous. » dit John.
« Moi ? couina Ombrage. Non- je- D'où tirez-vous cette idée ? »
« Nous ne sommes pas aussi aveugles que Fudge. » lui répondit Malefoy.
Elle s'affaissa à nouveau, ayant la décence de paraître embarrassée.
« J'avais les meilleures intentions quand- »
« J'en suis sûr, dit sèchement Malefoy. Dawlish a affirmé dans son rapport que Pettigrow était l'instigateur et c'est une explication parfaitement raisonnable. »
« Oui, confirma-t-elle en réajustant l'horrible nœud qu'elle portait dans les cheveux. Parfaitement raisonnable. »
« Vous êtes chanceuses. » lui dit John.
« Très. » confirma Malefoy.
Ombrage, qui fusillait John du regard, afficha un air penaud.
« Je vous conseille de conseiller l'un de nous avant d'essayer quelque chose de fou à nouveau. »
« Bien sûr. » répondit Ombrage avec une voix mielleuse, les dents apparentes.
« Bien. En attendant, faites en sorte que Fudge reçoive le soutien dont il a besoin. Votre rôle en tant que sous-secrétaire vous place en bonne position pour faire cela. »
En d'autres termes, elle devait rester proche de Fudge et non dans le chemin des autres.
« Dawlish, continuez à m'informer de tout ce qui attrait à Black ou McKinnon et essayer d'empêcher Scrimgeour de trop fouiner dans votre rapport. »
John étouffa son mécontentement à l'idée qu'on lui dise ce qu'il devait faire et acquiesça.
« Je continue de chercher de quoi coincer Black et je ferais ce qu'il faut pour réparer la réputation de Fudge. »
Malefoy se leva et fit disparaître sa chaise. Dawlish l'imita.
« Avec un peu de chance, nous traverserons cette épreuve. »
Dora, je suis en vie.
Tonks avait reçu ce message une semaine après que Remus eut quitté le tribunal avec Harry et Sirius. Il avait été délivré par une chouette blanche qui était juste restée suffisamment de temps pour Tonks détache le parchemin avant de disparaître par la fenêtre. Cela faisait une semaine depuis lors et Tonks avait gardé cette note sur elle tout ce temps.
Elle n'avait pas répondu. Elle commençait à comprendre ce que Remus voulait dire quand il avait dit ne pas savoir quoi répondre, et elle était terrifiée qu'il prenne son silence pour du ressentiment, mais elle ne trouvait vraiment pas les mots pour exprimer ce qu'elle ressentait il y avait de la colère bien sûr et une sorte de trahison, mais logiquement – et il lui avait fallu plusieurs jours pour atteindre le stade de la logique – s'il lui avait dit la vérité, elle aurait été obligé de le dénoncer au Département des Aurors et cela aurait été désastreux.
Elle aimait penser qu'elle pouvait garder un secret, mais c'était facile à dire et elle devait admettre qu'il y aurait eu de grandes choses qu'elle l'aurait dénoncé. Remus ne l'avait pas forcé à choisir entre son travail et son ami et elle lui était reconnaissante, mais elle était aussi ennuyée qu'il ait fait ce choix pour elle. Ses sentiments étaient extrêmement confus et elle avait été trop occupée pour réussir à les démêler.
Cependant, elle avait réussi à passer au cottage plusieurs fois, espérant le trouver là, qu'ils puissent éclaircir les choses. Il n'y était pas, mais elle était rentrée dans Monsieur Diggory du Département de Régulation et de Contrôle des Créatures Magiques, qui lui avait donné le numéro de son bureau et lui avait dit d'y envoyer Remus lorsqu'elle le trouverait. Elle avait rencontré un sorcier qui l'avait attaché avec une corde d'argent.
Elle s'était transformée pour s'échapper, avait désarmé et stupéfixé l'homme, avant d'appeler Fol-Oeil pour l'arrêter. Officiellement pour avoir attaqué une Auror et être entré sur une propriété privée, mais le plus gros problème de Tonks avec cet homme était son évident préjugé et sa volonté manifeste de blesser Remus.
La veille, Fol-Oeil l'avait aidé à placer des protections – ce qui rentrait parfaitement dans le programme de formation – et également un sort pour les informer si Remus rentrait à la maison, mais depuis lors, tout était calme.
Tout était aussi calme concernant McKinnon. Aucune déclaration officielle n'avait été faite dans la Gazette, mais quand McKinnon ne se présenta pas à la première session de formation après le procès (durant lequel elle avait été dispensé en raison de la surveillance de Harry), ni à ceux qui suivirent, Tonks, Florence, Ben et Yaxley – qui était maintenant sous la supervision de Shacklebolt après ce qui était arrivé à Louisson – étaient allés parler à Robards et il leur avait expliqué qu'elle avait disparu. Il avait été très vague sur les raisons qui l'avaient poussé à fuir, mais Tonks avait eu l'impression qu'il pensait qu'elle avait fait quelque chose de stupide et qu'il était inquiet de son état.
Et bien que Yaxley était maintenant bel et bien membre à part entière de leur groupe, Tonks ne pouvait s'empêcher de ressentir qu'ils perdaient des membres d'abord Melvin et maintenant, McKinnon … Elle savait que la formation était difficile, mais elle n'avait jamais imaginé qu'ils auraient perdu deux apprentis avant la fin de la première année.
Tonks se débrouillait pour coincer Robards dès qu'elle le voyait pour lui demander des nouvelles, mais jusque là, rien de neuf. Elle avait, cependant, réussi à dégoter une photo de McKinnnon, qu'elle avait demandé à Papa de passer dans les informations moldues selon Robards, McKinnon avait laissé sa baguette, ce qui faisait penser à Tonks qu'elle utilisait probablement des méthodes moldues pour se cacher.
L'enquête concernant le meurtre de Greyback n'avançait pas non plus, même si elle et Fol-Oeil avaient réussi à éclaircir la chronologie des événements de la nuit de sa mort ils savaient grâce à Parkinson – l'un des gardes d'Azkaban – que Greyback était bien vivant à seize heures lorsque Parkinson lui avait amené à dîner et qu'il avait été retrouvé mort juste après minuit.
Carrow et Jordan avaient confirmé en témoignant du fait que Greyback avait crié et hurlé à partir de dix-huit heures et qu'il s'était arrêté vers vingt-trois heures. Ils savaient également qu'il était mort d'un empoisonnement à l'argent – un empoisonnement très lent, car l'argent n'avait pas traversé sa peau et rejoint son sang – mais le sort qui avait transformé sa cellule était inconnu de tous. Il n'était même pas enregistré comme sortilège et Fol-Oeil avait exprimé l'hypothèse que quelqu'un l'avait créé spécifiquement pour tuer Greyback.
Il y avait quelques traces de magie bleu pâle – selon Fol-Oeil, qui pouvait voir de telles choses grâce à son œil magique – mais elles avaient tant diminué qu'il n'avait pas été capable de dire si elles avaient étincelantes, en bandes, brumeuses, pointues ou quoi que ce soit d'autre. Tonks avait fait des recherches là-dessus et trouvé que ce n'était pas inhabituel que les traces liées à la métamorphose disparaissent plus rapidement que celles des autres sorts et cela était intéressant, mais pas très utile. La seule chose qu'ils pouvaient en conclure était que soit le tueur était très chanceux, soit il avait préparé son plan à la perfection. Tonks était presque sûre que c'était la seconde hypothèse.
Elle bailla et ferma le dossier qu'elle lisait elle et Fol-Oeil se trouvaient dans une petite salle ennuyeuse du Département des Dossiers Magiques, à la recherche de la moindre trace de bleu pâle dans la signature d'une sorcière, d'un sorcier ou de n'importe quelle créature magique toutes les personnes travaillant au Ministère avaient du soumettre cette information – Tonks se souvenait de la question posée à son entretien d'entrée en formation d'Auror concernant la magie qui était sortie de sa baguette lorsqu'elle l'avait choisi – et il y avait aussi pas mal d'autres membres de la communauté sorcière qui avaient enregistré cette information ceux qui avaient été emprisonnés à Azkaban s'étaient vus examiner leur signature magique, puis ajouter à un dossier, ainsi que ceux – de tout âge – qui avaient été admis à Sainte-Mangouste.
« On ne risque pas de manquer une énorme partie de la population ? avait demandé Tonks lorsque Fol-Oeil l'avait emmené l'aider avec les dossiers pour la première fois. Si tout ce qu'on a, ce sont les employés du Ministère et les gens qui ont été à Azkaban ou à Sainte-Mangouste, alors- »
« C'est un meurtre que nous traitons. Bien possible que le tueur ait déjà passé du temps en prison, répliqua Fol-Oeil. Et si c'est pas le cas, il a été capable d'entrer et de sortir sans être détecté et de trouver Greyback, alors il doit soit appartenir au Ministère, soit avoir des connexions ici. Et s'il a vraiment inventé ce sort qui l'a tué, bien possible aussi qu'il ait été admis à Sainte-Mangouste pour blessure lié au sortilèges ou quelque chose comme ça. »
« Mmph. »
C'était plein de bon sens, supposa Tonks, mais ce plan semblait toujours contenir beaucoup d'inutiles défauts.
« Et ils ne peuvent pas simplement enregistrer les signatures magiques des bébés à Sainte-Mangouste parce que … ? »
« Ce n'est pas tout le monde qui a son bébé à l'hôpital. Ça aurait plus de sens de les enregistrer quand on leur place la Trace- »
« -mais le Ministère n'est pas si logique ? » suggéra Tonks, s'attirant un petit sourire amusé.
« Ils ne sont pas logiques, mais ce n'est pas la raison. Les enfants n'ont pas de signatures magiques avant au moins plusieurs semaines. La magie est présente, mais elle est … dormante. Ensuite, à un moment pendant les sept premières années du gamin, quelque chose se passe et la déclenche. Si ça n'arrive pas, la magie va commencer à s'effacer et c'est là qu'on détecte un cracmol. »
« Wow. » dit Tonks en se demandant comment un vieil Auror puisse en savoir autant sur la magie et ses manifestations.
« Ma mère en était une. » dit-il, mal à l'aise.
« Était ? » demanda Tonks avec douceur.
« Grindelwald n'aimait pas les cracmols plus que les moldus. Il n'a pas touché à la Grande-Bretagne, mais la France ... »
« Tu vivais en France ? » demanda Tonks en dévisageant son mentor.
« Est-ce que je dois te raconter toute ma vie ? » demanda sarcastiquement Fol-Oeil.
Tonks se maudit de l'avoir interrompu.
« Je suis simplement curieuse. » répondit Tonks en rougissant.
Fol-Oeil grogna et retourna à ses dossiers. Tonks soupira et fit de même.
« Mon père était un tireur d'élite de baguette. » finit par dire Fol-Oeil.
Tonks garda résolument la bouche fermée, bien qu'elle ait des centaines de questions à poser.
« Un fou insouciant, grogna-t-il avec affection. Il a aidé les moldus en utilisant leurs méthodes – aussi bon avec une arme qu'il l'était avec une baguette … Il était toujours absent. C'était à moi de protéger ma mère. Vigilance constante, me disait toujours mon père avant de partir. »
Fol-Oeil grogna encore et Tonks se mordit la lèvre pour s'empêcher de dire quoi que ce soit elle avait pensé que la favorite expression de Fol-Oeil avait un lien avec sa paranoïa, mais elle n'avait jamais imaginé que c'était un comportement acquis, pas seulement enseigné. Ce n'était pas une habitude c'était un réflexe.
« Une nuit, quand j'avais huit ans, mon père est rentré sans que ce soit prévu. J'étais doué, mais j'étais fatigué et jeune et je n'ai pas réalisé qu'il agissait étrangement. J'aurais du, dit-il en hochant la tête vers Tonks. Sortilège de l'Imperium. J'ai vu les deux autres Impardonnables cette nuit-là, les deux sur ma mère. Mon père s'est tiré une balle après ça. »
Fol-Oeil tapa sur la table avec ses doigts et jeta un œil à Tonks.
« Pour faire court, Dumbledore m'a trouvé après la bataille finale … M'a ramené ici, dans la famille de mon père. »
Tonks essaya de faire disparaître son air triste de son visage, mais il l'avait déjà vu. Il lui adressa un regard sévère.
« Satisfaite ou veux-tu aussi le récit de mes études ? »
Tonks secoua la tête elle sentait qu'elle avait probablement déjà obtenu bien plus qu'elle n'aurait du. Fol-Oeil semblait mal à l'aise.
« Alors pourquoi peut-on placer la Trace sur un bébé s'il n'y a pas encore de magie ? » demanda-t-elle en lui offrant un sujet plus sûr.
Fol-Oeil acquiesça avant de la fusiller du regard.
« Il y a toujours de la magie tu n'écoutais pas ?! »
Elle grimaça.
« Elle est juste invisible – sous toutes ses formes. La Trace marche car elle détecte l'activité magique, pas l'utilisation de la magie de l'enfant. C'est une erreur commune de croire que la Trace est liée à la magie de la personne. »
« Elle ne l'est pas ? »
« C'est ce que je viens de dire. » grommela-t-il, avant qu'ils ne replongent dans le silence.
Trier des dossiers était un travail fastidieux. Bien que les dossiers étaient classés en fonction de la couleur de la magie (ou les couleurs), il n'y avait aucune distinction entre le bleu marine et le bleu ciel, et donc tous les dossiers 'bleu' nécessitaient d'être vérifiés et classés. Chacun nom exigeait la lecture d'autres dossiers et potentiellement aussi des interrogatoires des suspects, car il y avait tant de choses dans la vie d'une personne qu'il était impossible de trouver dans un dossier.
Bleu, royal, mélange de doré. Apparence sirupeuse. Sonja Parkinson, née Rosier. 15 mai 1954 – 12 mars 1990- Elle soupira et referma le dossier.
Elle jeta un œil aux trois piles que Fol-Oeil avait faite en essayant de se souvenir laquelle correspondait à quoi. Elle jeta son dossier sur la dernière pile et en attrapa un nouveau. Fol-Oeil ajouta un autre nom à la liste de son horrible écriture Tonks pensait que son écriture était si affreuse que quiconque essayerait de lui voler une information qu'il avait écrite à la main abandonnerait en essayant de comprendre.
« Ahoole Fbowomls ? » demanda Tonks en butant sur la prononciation.
Fol-Oeil lui lança un regard noir, ajoutant encore quelques traits au nom déjà illisible. Tonks plissa les yeux, puis se mit à grimacer. Il griffonna le nom et écrit avec soin en lettres majuscules. Nicole Edwards.
« Tu penses que Edwards est suspecte ? demanda Tonks. C'est une apprentie Auror c'est ridi- »
« Aucune exception. » dit Fol-Oeil sur un ton borné, en feuilletant quelques parchemins.
Une heure plus tard, Tonks commençait à le croire Burt Bulkes et Florence avaient été ajouté à la liste – tous les deux étaient porteurs de magie bleu pâle – tout comme Peter Blackburn qui était un Auror à part entière. Il y avait d'autres noms bien sûr, mais ceux que Tonks connaissait ressortaient particulièrement.
Aucune exception, pensa-t-elle d'un air triste. Même si elle était quasiment certaine que ce n'était aucun d'eux – particulièrement pas Florence, la petite endormie – le fait qu'ils soient même suspectés rendait Tonks mal à l'aise, car il y avait une part d'incertitude. Elle en avait assez de ne pas être sûre de pouvoir avoir confiance dans ses amis. Elle tapota sa poche, où se trouvait le message de Remus, et attrapa la liste et une plume pour pouvoir ajouter Aislinne Lovegood, née Gamp.
« Qu'est-ce que tu lis ? » demanda Remus depuis l'autre côté de la bibliothèque.
« Le compagnon du Kelpie. » répondit Sirius.
« Quelque chose en latin. C'est ennuyeux. » répondit Harry en même temps.
Sirius, depuis sa place sur le sol, leva les yeux et Harry fit de même depuis sa place sur le canapé. Les yeux de Remus passèrent de l'un à l'autre et il se mit à rire. Sirius regarda Harry, qui haussa les épaules.
« Qu'est-ce qui est drôle ? » demanda Sirius, en même temps que son filleul.
Sirius arqua un sourcil en le regardant et Harry lui répondit en grimaçant.
« Vous deux. » répondit Remus en secouant la tête.
Sirius se mit à sourire largement et reporta son attention sur son livre, mais il semblait que la petite pause avait éloigné la motivation de Harry il referma son propre livre et s'en alla, en parlant de thé.
Sirius sourit sans lever la tête.
« Tu sais, si tu continues à remettre au lendemain, tu attendras mon âge avant de pouvoir te transformer ! » s'écria-t-il.
Harry passa la tête dans l'encadrement de la porte, tira la langue en direction de Sirius et repartit à nouveau. Sirius éclata de rire.
« En parlant de remettre les choses au lendemain, d'ailleurs, Lunard ... »
Le sourire de Remus s'affaiblit et Sirius marqua sa page, ferma son livre et se rassit.
« Il va falloir qu'on y retourne un jour. »
« Je sais. » soupira Remus.
Sirius connaissait Remus depuis très longtemps et savait qu'il n'avait jamais aimé les confrontations – autre que les duels – mais constata que ça s'empirait avec l'âge. Si Sirius avait réussi à le convaincre, ils auraient déjà écrit à Amélia la semaine passée et seraient probablement déjà complètement innocentés. Remus avait préféré attendre. D'abord, il avait suggéré qu'ils se remettent tous – également une priorité pour Sirius – mais il n'avait trouvé depuis que des excuses honteuses.
« C'est juste … la pleine lune arrive seulement dans deux jours et je préfère attendre que ce soit passé- »
« Ouais, bien sûr ... » dit Sirius.
Il pensait que c'était plutôt compréhensible, mais suspectait que Remus trouverait une autre excuse une fois que celle de la pleine lune ne serait plus d'actualité. Ils restèrent assis là en silence pendant un moment – Remus fixait la fenêtre et Sirius fixait Remus.
« Tu ne veux pas rentrer chez toi ? C'est ça ? » demanda Sirius.
Remus n'était pas rentré une seule fois les vêtements et tout ce dont il avait besoin avaient été ramené par Kreattur la nuit suivant le procès.
« Tu n'es pas beaucoup sorti non plus. » répondit Remus.
Sirius remarqua qu'il n'avait même pas tenté de répondre à la question.
« On a été voir Keira. » fit remarquer Sirius.
Ils avaient découvert que le médaillon était toujours, malheureusement, en une seule pièce, mais que Keira l'avait gardé en sûreté pendant tout ce temps, ce qui était un soulagement. Sirius ignorait ce qu'il aurait pu faire si le Ministère avait réussi à mettre la main dessus. Et en dehors de tout lien avec le médaillon, voir Keira avait aussi été agréable.
« Et on est allés voler- »
« Je suis venu avec vous- »
« A contrecœur. » répliqua Sirius.
Il y eut un CRACK et Kreattur apparut en tenant un plateau à thé dans une de ses mains décharnées et le bras de Harry dans l'autre.
« J'aurais pu marcher, tu sais. » dit Harry, à la fois un peu ennuyé et un peu amusé.
Kreattur avait eu du mal à accepter d'être séparé d'eux. Par chance, il n'avait pas recommencé à obéir aux ordres des portraits dans son placard, mais semblait penser que Harry et Sirius risquaient de disparaître s'il les lâchait des yeux pendant plusieurs heures quand ils s'installaient dans une pièce, il venait les surveiller à intervalles réguliers et s'ils bougeaient dans la maison, soit il les suivaient, soit il les emmenaient à destination, comme s'il avait peur qu'ils ne se perdent.
Le plus étrange comportement qu'il manifestât, cependant, fut de les regarder dormir pendant les trois premières nuits, Kreattur se réveilla toutes les heures pour surveiller Harry. Sirius avait trouvé cela à la fois mignon et glauque, mais au-dessus de tout ça, très drôle … Du moins jusqu'à ce qu'il se réveille et trouve Kreattur debout au pied de son lit. Il avait mis un stop à cette situation et depuis lors, par chance, ce n'avait plus été un problème.
« Du thé pour le Maître ? » demanda Kreattur en levant la main.
La bague autour de son doigt squelettique brilla Kreattur avait décidé de se mettre à porter la bague avec le blason des Black pendant leur absence.
Sirius croisa le regard de Remus pour lui faire comprendre que leur discussion n'était pas terminée, tout juste ajournée, et accepta une tasse et une tranche de gâteau de la part de Kreattur.
« Alors Harry Potter est venu vivre ici ? » demanda Astoria en regardant autour d'elle avec révérence.
Drago pensa qu'elle s'attendait presque à voir Potter débarquer et s'asseoir à côté d'elle.
« Tu ne lis pas les journaux ? » s'exclama Pansy.
Drago l'observa prudemment il ne l'avait pas vu depuis un mois, mais pendant ce temps, elle semblait avoir retrouvé son habituelle nature audacieuse et provocante. C'était un changement agréable par rapport à la Pansy pleurnicheuse et grincheuse qu'il avait connu après la mort de Mme Parkinson. Elle avait passé la plupart de ses nuits chez les Shafiq, pendant que M. Parkinson travaillait, et cela semblait lui avoir fait du bien.
« J'aurais pensé qu'une future faiblarde – je veux dire, Serdaigle – comme toi était du genre à faire des choses ennuyantes comme ça. »
Habituellement, Théodore serait venu à la défense d'Astoria, mais Catherine avait décidé qu'elle avait quatre ans et qu'elle était donc assez âgée pour s'asseoir avec eux et l'attention de Théodore était donc entièrement absorbée. Vivienne, Daphné et Millicent parlaient entre elles et manquèrent aussi l'échange. Elles ne virent donc pas à sa rescousse et personne d'autre ne s'en donna la peine.
« Je suis impressionnée que tu saches même ce qu'est un journal, Pansy, répliqua Astoria, ressemblant beaucoup à Daphné tout à coup. Et encore plus impressionnée que tu saches que ça se lit. »
Drago planta sa fourchette dans une carotte rôtie et balaya la scène du regard, pas très heureux du plan de table. Il aurait encore préféré se trouver à côté de Millicent, plutôt qu'entre ces deux-là. Pansy eut l'air stupéfaite qu'Astoria lui ait répondu et ne put rien faire d'autre que d'ouvrir la bouche.
« Je veux dire, poursuivit Astoria. On sait tous que tu n'es pas une Serdaigle, mais peut-être qu'on devrait t'accorder un peu plus de crédit. »
Un peu plus loin, Hydrus laissa échapper une expression ravie lui, Crabbe, Goyle et Nadia observaient tous l'échange avec intérêt. Drago croisa le regard de Nadia et fronça les sourcils, se demandant pourquoi elle n'était pas venue à l'aide de sa cousine. Elle se contenta de lui sourire d'un air narquois.
« Arrêtez. » dit Drago en regardant à nouveau Astoria et Pansy.
La dernière était presque en larmes et l'autre avait l'air plutôt satisfaite d'elle-même. Drago se demanda ce qui lui prenait d'habitude, Astoria ne s'embêtait pas à poursuivre les disputes et ne cherchait jamais à vraiment blesser les gens.
« Arrêtez ? » répéta Astoria, en lançant à Drago un regard mi-curieux, mi-moqueur. Pas d'intervention maligne ou de chantage, juste 'arrêtez' ? Vraiment, Drago ? »
« Et c'est moi que tu prends pour une Poufsouffle. » dit Daphné en lui riant au nez.
Il semblait qu'elle ait entendu cette partie de la conversation et que cela avait suscité son intérêt. Drago rougit et posa bruyamment sa fourchette.
« Je ne suis pas un Poufsouffle ! » s'écria-t-il.
Mère lui lança un regard depuis la table des adultes, mais Drago l'ignora.
« Tu sembles un peu sur la défensive. » dit Daphné.
Astoria observait sa grande sœur avec une expression pleine de ruse et Drago supposa que c'était là qu'elle avait appris sa méchanceté.
« Je ne le suis pas ! » répliqua Drago sans réfléchir.
Aucun des autres ne semblait savoir que faire de cette réponse hâtive et inutile. Drago lui-même ne savait pas vraiment quoi en faire c'était pratiquement un suicide de dire quelque chose sans réfléchir à ce genre d'événements.
« Je suis malin, dit-il rapidement, essayant de se remettre sur pied. Et j'ai des ambitions- »
« Oui, celle d'entrer à Poufsouffle ! »
Drago fronça les sourcils en regardant Pansy il était dans cette sale histoire parce qu'il était venu à son secours et en remerciement, elle se retournait contre lui.
Nadia et Daphné se mirent à rire, tout comme Astoria après un moment de silence. Vivienne regardait sa jumelle d'un air mécontent. Théodore était toujours occupé et Millicent regardait également Catherine. Hydrus avait l'air en colère et embarrassé. Personne n'allait venir aider Drago et réaliser cela faisait mal.
Potter l'aurait fait, pensa-t-il en fusillant ses camarades du regard.
« -Maison des nullards ! » poursuivit Pansy en laissant échapper un rire strident.
Daphné leva la main et repoussa l'assiette de Drago loin de lui. Il tendit la main pour la rattraper et elle secoua la tête.
« Uh uh, dit-elle. Les blaireaux n'aiment pas la viande. »
Pansy gloussa et lui lança un morceau de laitue.
« Oh, c'est une bonne idée, Parkinson. Donne sa verdure au blaireau. »
Ils se mirent à rire. Tous. Drago pensa, misérablement, que c'était le pire des anniversaires.
« Rends son assiette à Drago avant que je le dise à Père. » dit froidement Hydrus.
Daphné et Pansy se figèrent et Astoria poussa l'assiette de Drago vers lui, tout penaude.
« Bien mieux, dit sèchement Hydrus. Si vous voulez bien nous excuser ... »
Hydrus se leva et se plaça derrière Drago.
« Lève-toi. »
Drago, trop choqué pour discuter, se leva.
« Oh, il a besoin d'un câlin ! » s'exclama Pansy derrière eux.
Le visage de Hydrus resta complètement impassible, du moins jusqu'à ce qu'ils atteignent le couloir.
« Que- »
« Qu'est-ce que tu crois que t'es en train de faire ? »
Hydrus avait l'air absolument furieux.
« Je- »
« 'Arrêtez' ?! Tu es un Poufsouffle ? »
« Non ! »
« Alors pourquoi tu leur as dit ça quand Pansy s'est mise à pleurer ? demanda Hydrus. Tu sais comment tout ça marche. »
S'ils te visent, désigne quelqu'un d'autre qui a fait quelque chose de pire, pensa Drago.
« Je ne peux pas faire ça à Pansy- »
« Oh Merlin, t'es vraiment un Poufsouffle ! » gémit Hydrus.
« Tais-toi ! répondit Drago. Je ne le suis pas ! »
« Alors fais-le, dit Hydrus, froid à nouveau. Elle peut se débrouiller seule et tu dois rattraper le fait de t'être humilié. Tu es un Malefoy et ils doivent s'en souvenir. »
Il s'arrêta un instant, songeur.
« Et les choses ont été bizarres entre Daphné et Astoria toute la soirée, alors si on se met Astoria de notre côté, on pourra aussi remettre Daphné à sa place- »
Drago s'en alla sans un autre mot. Père les avait assis tous les deux, lui et Hydrus, après que Potter soit parti, pour parler des nés-moldus et de combien ils étaient inférieurs. Drago avait suivi le conseil de Potter – en partie, du moins, car il n'avait toujours pas demandé à Mère à propos du mouton blanc – et avait fait avec, mais il avait interrogé Severus à propos de cela la fois où il l'avait vu et il avait davantage cru les réponses qu'il avait reçu plutôt que celles de Père.
Drago avait été très vigilant et avait gardé ses opinions pour lui, mais Hydrus s'était montré obsédé par l'idée des justes places depuis lors. Père avait encouragé cela en achetant à Hydrus un nouveau rat pour remplacer Bosworth Feta était mince, noir, magique et traité avec davantage d'égards que Roquefort. Feta avait le droit d'aller partout avec Hydrus – mais elle devait rester dans sa poche durant les repas ou les occasions officielles – tandis que Roquefort devait rester enfermé dans sa cage lorsque Drago prenait part à ce genre d'événements. Drago ne trouvait pas cela juste.
« Tu vas où ? demanda Hydrus. Tu dois revenir- »
« Je vais dans ma chambre. » dit Drago.
« Je dirais à Père- »
« Vas-y. » lui répondit Drago.
Ce ne fut pas Père qui vint le trouver, cependant. C'était Mère. Elle se glissa dans sa chambre et Drago s'était attendu à beaucoup d'émotions – de l'irritation, de la déception ou peut-être juste un masque froid – mais il ne s'était pas attendu à de la tristesse, ce qu'il obtenu.
« Je suis désolée, Drago. » dit-elle en venant s'asseoir près de lui sur le lit.
« Ce n'est pas votre faute, Mère. » dit-il.
Elle laissa échapper un gémissement étrange et le prit dans ses bras.
« Je ne suis juste pas un très bon Malefoy. »
Elle ne répondit rien et le cœur de Drago se serra, parce que cela voulait certainement dire qu'elle était d'accord avec lui.
« Je l'ai été, mais maintenant … Je suis différent, n'est-ce pas ? »
Il le savait et tout le monde dans cette salle à manger le savait aussi. Mère le savait aussi probablement à nouveau, elle ne dit rien.
« Je suis désolé. » dit-il.
« Tu n'as rien à te faire pardonner, dit Mère en caressant ses cheveux. Rien du tout, tu m'entends ? »
« Pas vraiment, dit Drago. Je veux dire, c'est ma faute si je suis différent et celle de personne d'autre, alors c'est moi qui devrais m'excuser- »
« Ce n'est pas ta faute- »
« Si, ça l'est. » dit Drago.
« Non- »
« Ce n'est rien, Mère. » répondit Drago.
Il voulait pleurer, mais il s'était déjà assez humilié ce soir sans ajouter des larmes en plus. Au lieu de ça, il se leva et se mit à sourire tristement.
« Personne ne m'a rendu différent, c'est juste … arrivé. J'en prends toute la responsabilité. »
« Oh, Drago. » murmura Mère.
Ensuite, étonnement, elle commença à pleurer. Drago l'avait déjà vu triste et l'avait déjà vu au bord des larmes pour arriver à ses fins, mais il ne l'avait jamais vu vraiment pleurer. Jamais sincèrement.
Et c'est de ma faute, pensa-t-il en se sentant très mal. Elle a sûrement si honte de moi, ce soir … Il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire, mais les câlins faisaient du bien, alors il se décida pour ça. Mère renifla et Drago lui tapota le dos jusqu'à ce qu'elle se calme.
« Je suis désolé, Mère. » dit-il, et elle se remit à pleurer de plus belle.
