11 décembre
« Cher Harry,
J'ai été agréablement surpris de constater que tu ne juges pas les personnes selon la Maison à laquelle ils appartiennent. Pas que j'en doutais, mais c'est toujours confortable de voir que la personne que l'on aime est si merveilleuse.
Ce que je pense des Serpentard ? Eh bien, je suppose que ce n'est pas parce qu'ils sont de cette maison qu'ils sont forcément méchants. Tout comme les autres ne sont pas tous forcément gentils non plus.
Je te laisse tranquille avec mes questions pour aujourd'hui.
Juste : je t'aime.
Merci de continuer de m'écrire.
TCS »
— Merveilleuse...
Harry laissa échapper un petit rire qu'il n'avait pas su retenir. Il ne se pensait pas du tout merveilleux, loin de là. Il trouvait ça à la fois marrant et touchant que l'autre le caractérise ainsi.
Il rangea son parchemin. Pour l'heure, il avait un autre projet en tête.
Le Gryffondor entra dans la Bibliothèque et alla directement s'asseoir face à Malfoy.
— Plaît-il ? l'interrogea l'autre en lui offrant une grimace dédaigneuse.
— Comptes-tu devenir un Mangemort ?
L'autre se redressa.
— Qu'est-ce que ça peut te faire ?
— Il était là, tu sais...
— Qui ? De quoi tu parles ?
Harry planta son regard dans le sien.
— Ton père, ce soir-là, quand IL est revenu. Il a appelé tous ses fidèles à travers la Marque des Ténèbres.
Le blond soupira, mais ne cilla pas.
— Dis-moi, Potter, d'après toi : que serait-il arrivé à mon père s'il n'avait pas répondu à SON appel ? Penses-tu qu'il ait réellement eu le choix ?
Harry continua de soutenir son regard.
Draco finit par détourner le sien et récupéra ses affaires. Il se sentait troublé par l'autre élève et avait peur de se laisser noyer dans son regard émeraude. Peur qu'Harry découvre qu'il était à l'origine des lettres qu'il recevait. Peur de se laisser emporter et de le bloquer là, contre sa chaise, pour l'embrasser à pleine bouche. Draco inspira profondément et s'empressa de quitter la pièce.
Loin de se douter du tumulte intérieur du Serpentard, Harry réfléchissait à la réponse que venait de lui fournir son rival.
« Cher CS,
Merci à toi aussi d'être là. Cette correspondance était une bonne idée. Je réalise à quel point discuter avec toi me fait du bien et me permet de prendre parfois un peu de distance par rapport à tout ce que je vis.
Et merci de m'aimer.
Harry »
Dans son lit, Draco soupira. Ç'a avait été difficile pour lui de tenir son rôle face à Harry. Il se demandait ce que l'autre pensait vraiment de lui. Doutait-il de ses intentions ? Serait-il venu le confronter comme il l'avait fait si tel n'était pas le cas ? Draco était-il en train de croire des choses pour rien ? Alors que l'autre lui annonçait que cette correspondance était une bonne idée, lui commençait à en douter. Oui, ça lui permettait de partager des choses avec celui qu'il aimait, mais d'un autre côté, il réalisait qu'Harry le prendrait très mal s'il se rendait compte que la personne à laquelle il se confiait se révélait être son rival du premier jour.
