Bonjour,
Je vous retrouve aujourd'hui avec la suite de mon OS "Je peux... Pas" j'espère que cette suite va vous plaire
Bonne Lecture
Elle pouvait entendre la sonnerie encore et encore priant pour qu'il finisse par décrocher, pour qu'il ne lui en veuille pas trop… Seulement elle tomba une première fois sur sa messagerie.
Alors, ne voulant pas perdre espoir, ni le courage et encore moins la force qu'elle avait enfin accumulé pour être honnête avec lui, Hélène essaya de nouveau de l'appeler et encore une fois, elle tomba sur sa messagerie. Elle sentait son espoir et son courage diminuer, mais il n'était pas question d'abandonner et de reculer cette fois-ci. Non, la blonde était déterminée à enfin se battre pour ce qu'elle voulait, pour eux…
Pour la troisième fois, elle appela le légiste, et pour la troisième fois, elle tomba sur sa messagerie. Ok il devait vraiment lui en vouloir pour l'ignorer délibérément comme cela… Et ça lui faisait mal… Elle l'avait un peu mi dans la merde, mais il fallait dire que lui, l'avait mise face à un choix impossible pour elle…
Un choix qu'elle avait dû faire, avant finalement, de faire marche arrière… Elle ne pouvait pas se faire autant de mal. Elle tenait à lui, plus que de raison et elle avait tant qu'assez souffert… Mais visiblement le répit ce n'était pas pour tout de suite…
Mais elle ne voulait pas abandonner, pas cette fois. Elle avait déjà abandonné par le passé, mais cette fois, elle voulait vraiment tout lui dire. Alors, si il ne voulait pas lui répondre, et bien elle allait le voir directement, face à face, là où, il ne pourrait délibérément pas la fuir… Et tant pis si il lui en voulait encore plus après cela.
Hélène était déterminée quand elle quitta la DPJ pour l'IML, portée par une force dont elle ignorait tout ou presque. Dans le fond, elle savait que la force qui la portait n'était autre que celle de l'amour qu'elle lui portait ainsi que son envie d'être honnête avec lui.
Quand elle arriva dans la cour de l'IML après avoir fait le trajet entre les deux bâtiments, la flic ne voyait que la porte, persuadée qu'il était derrière, dans ce bâtiment, à lui faire la tête et à l'ignorer parce qu'elle lui avait finalement dit non.
Par automatisme, elle se dirigea directement vers son bureau, s'occupant peu de l'environnement qui l'entourait, elle avait, au fond d'elle, peur de faire marche arrière, peur que ses démons ne la rattrape et qu'elle ne renonce à faire ce que son coeur lui hurlait de faire depuis si longtemps. Elle avait peur, une nouvelle fois, d'écouter sa tête et de faire la chose à faire plutôt que ce qu'elle voulait.
Pourtant, en arrivant dans le bureau de Balthazar, elle le trouva vide, il n'était pas là, il n'était pas non plus dans sa salle d'autopsie sinon, elle l'aurait vu. Elle se demanda où il pouvait se cacher puis, soudainement, l'idée de l'appeler pour le repérer lui apparut comme la chose à faire.
Alors, machinalement, elle composa son numéro, et porta le téléphone à son oreille. Cependant, bien vite, elle l'entendis sonner et elle le vit sur son bureau… Intriguée, elle raccrocha avant de s'approcher du bureau. Elle se demanda vraiment où il était, il ne pouvait pas être parti sans son téléphone, c'était impossible…
Elle réfléchissait à toute vitesse, mais rien ne lui semblait logique, rien du tout, et elle n'arrivait pas à savoir sur quel pied danser… Peut-être que Eddy et Fatim pourraient lui en dire plus… De toute façon, elle n'avait qu'un seul moyen de le savoir…
C'est alors qu'elle se dirigea vers le bureau des assistants de son légiste pour savoir où il pouvait bien être passé, comme cela, en plein milieu de la journée… Quand elle arriva, ils étaient là, en train de se chamailler comme à leur habitude… Alors, pour se faire remarquer, elle se racla la gorge et deux paires d'yeux se tournèrent vers elle.
"Oh, Capitaine. En quoi peut-on vous aider ?" demanda Fatim en la regardant. Elle était un peu surprise de voir la flic là… Surtout qu'elle l'avait vu venir plutôt, puis repartir, assez rapidement…
"Je cherche Balthazar, il faut que je lui parle" commença Hélène, et comme il ne répond pas au téléphone, je suis venue jusqu'ici. Sauf qu'il est pas dans son bureau…" ajouta-t-elle "Vous ne seriez pas où il a pu aller ?"
"Ah euh bah, non aucune idée… On l'a pas vu partir en tout cas" soupira Eddy "Mais on peut lui passer le message si besoin non ?" ajouta-t-il en regardant la flic souriant.
"Euh, c'est à dire que c'est assez personnel…" murmura la flic mal à l'aise "Il faut que je lui dise moi-même" ajouta la blonde "Mais c'était gentil de proposer"
Elle baissa la tête, eux non plus ne savaient pas où il pouvait être… Elle ne savait pas si elle allait avoir le courage de tout lui dire, finalement, parce que si elle ne pouvait pas le trouver, elle allait finir par perdre tout son courage.
Le silence prit place. Hélène regardait toujours ses pieds, se demandant où son légiste pouvait bien avoir disparu, comme ça, en plein milieu de la journée… Cela ne lui ressemblait pas du tout… Finalement, peut-être qu'il lui en voulait beaucoup plus qu'elle ne l'avait imaginé…
"Peut-être qu'il est rentré chez lui?" fini par proposer Eddy face au silence qui devenait pesant. "Profiter de Maya, préparer le mariage…" continua le jeune homme "Chercher un témoin… Comme il ne veut pas de nous, peut-être qu'il est allé demander à un vieil ami dont on ne connait même pas l'existence" ajouta-t-il amer, sans savoir qu'il remuait un couteau dans une des plaies que portait la flic…
"Eddy ça suffit" coupa Fatim en voyant qu'un certain malaise était en train de s'installer "Peut-être qu'il est juste parti faire un tour" ajouta la jeune femme essayant de dédramatiser la situation
"Sans son téléphone ?" demanda finalement Hélène "Il serait parti sans son téléphone ?" ajouta la blonde "Parce qu'il l'a laissé dans son bureau…" ajouta-t-elle
"Alors là…" soupira Fatim "C'est quand même un peu bizarre" continua la jeune métisse "Mais peut-être qu'il avait besoin d'être seul" ajouta-t-elle "De faire le point, avant ce week-end" continua la légiste, "Quoi qu'il en soit, dès qu'on le voit, on lui dira de vous rappeler, Capitaine…"
"Merci" murmura Hélène avant de faire demi-tour pour quitter le bâtiment… Elle était déçue de ne pas avoir pu lui parler, enfin lui avouer la vérité sur ce qu'elle ressentait pour lui… Elle avait l'impression qu'il lui en voulait, beaucoup, et ça lui faisait du mal…
En sortant elle regarda sur le parking pour espérer voir sa voiture et qu'il soit en train de jouer à cache cache dans le bâtiment pour elle ne savait quelle raison si ce n'est, l'éviter parce qu'il lui en veut d'avoir fait marche arrière, mais aucune trace de la porche jaune de son collègue.
Elle soupira à nouveau, elle se sentait comme abandonnée… Seule face à quelque chose qu'il lui semblait insurmontable… Elle sentait aussi son courage et sa détermination fondre comme neige au soleil… Peut-être qu'elle avait eu raison en voulant garder au plus profond d'elle ses sentiments pour lui, ça aurait évité beaucoup de problèmes…
Elle ne savait pas où il était, mais elle avait mal, mal au ventre, mal à la tête, et même, mal au cœur… Elle sentait que quelque chose n'allait pas, et tout ce qu'elle espérait, c'était que cette fois, il n'avait pas pris la fuite…
Elle était encore marquée par la dernière fois, au fer rouge… Même si jamais elle ne le dirait à haute voix, quand il était parti pendant six mois, abandonnant tout derrière lui, elle avait senti un vide immense se creuser en elle. Et quand elle l'avait retrouvé, elle s'était juré de ne plus jamais laisser cela se produire. De ne plus jamais rien laisser les séparer… Parce qu'elle tenait trop à lui et qu'elle se sentait incomplète sans lui…
Pourtant, tout semblait se répéter, et elle espérait vraiment qu'elle était en train de se faire des films, et que, cette fois, il n'avait pas choisi la fuite… Quitte à avoir une bonne engueulade avec lui, un coeur un peu plus brisé, elle prenait… Parce que cela signifiait tout simplement, qu'il n'allait pas quitter sa vie…
La flic rentra finalement à la DPJ, dépitée… Elle se sentait mal et surtout, elle se sentait responsable de sa soudaine disparition et de son soudain silence… Mais pourquoi elle avait fait ça ? Tout allait plutôt bien avant qu'elle ne décide de renoncer à être son témoin, même si, elle, elle était au plus mal, au moins, elle savait où trouver son légiste…
Sans un mot, la flic s'enferma dans son bureau et travailla jusque tard dans la nuit. Son téléphone resta désespérément silencieux et son cœur se serrait un peu plus à chaque minute qui passait. Il devait vraiment lui en vouloir pour lui offrir ce traitement silencieux.
Finalement, la flic finit par s'endormir sur son bureau, une chose qu'elle n'avait pas fait depuis qu'il était revenu après les avoir abandonné pendant six longs mois… Voilà qu'elle reprenait déjà de mauvaises habitudes… Il ne lui avait pas fallu longtemps pour le faire… La seule chose qu'elle espérait, c'était que cette fois, il n'avait pas pris la fuite…
De son côté, Balthazar avait longuement roulé en direction du sud de la France avant de s'arrêter dans un hôtel pour la nuit. Il n'avait pas pensé à ses proches, à leur laisser quelque chose ni même une explication. Non, de toute façon, il valait mieux partir comme cela, sans laisser de traces…
Enfin, pour le moment, il avait une trace qui le suivait, sa voiture, et il savait qu'il devrait s'en débarrasser pour ne pas se faire repérer. Quand il était parti, la première fois, elle avait mis une alerte sur son nom, c'était comme ça qu'elle l'avait retrouvé… Et cette fois ? Elle allait faire quoi ? Il ne le savait pas et il n'avait pas envie de le savoir…
Il n'avait surtout pas envie qu'elle se fasse du mal, encore une fois, pour lui… Il ne le méritait pas. Pas une seule seconde… Pourtant, quand il pensait à elle, son coeur se serrait un peu plus que d'habitude… Hélène avait laissé son empreinte dans sa vie, et il n'allait jamais pouvoir l'oublier. Oublier son nom, son visage, son odeur, son regard doux et bienveillant et tout ce qu'elle avait fait pour lui…
La flic avait fait plus que n'importe qui d'autre pour lui, plus qu'il était sans doute humainement possible et elle avait tout supporté avec lui. Il ne la méritait pas, il ne la mériterait jamais… Elle était un ange venu du ciel, et son départ lui serait plus que bénéfique…
"Et voilà que tu te torture avec son souvenir" commença Lise qui venait de faire son apparition. "Arrêtes de penser à elle, t'as pris ta décision, assume maintenant" ajouta-t-elle
"Je suis parti, sans aucune explication" lâcha le légiste "J'ai laissé mon téléphone pour pas qu'on me trouve, ou qu'un message, un appel me fasse changer d'avis" continua t'il "Mais j'aurai au moins pu leur laisser un mot, rien qu'un tout petit mot, pour leur demander de ne pas me chercher"
"Ouais, enfin, t'es parti sans réfléchir, comme d'hab" repris Lise "Et maintenant, tu te torture, tu penses à eux…" ajouta la tatoueuse "Rien de nouveau sous le soleil hein…"
"Arrêtes d'être sarcastique tu veux ?" demanda le légiste à l'apparition de son amour défunt "C'est loin de m'aider… Et puis, oui, je pense à eux, ils sont ma famille, celle que j'ai choisie et que j'ai eu tant de mal à construire après ta mort…" continua t'il "Et je fais quoi, je les abandonne sans un mot, sans un au revoir…"
"Tu sais, tu peux leur dire au revoir" commença la brune et le légiste fronça les sourcils "Pas en passant un coup de fil, espèce d'idiot, mais en écrivant une lettre, ou tu t'excuses et tu leur dit simplement que tu es parti et que tu ne reviendra pas… Fin de l'histoire"
"Ouais c'est pas bête ça" répondit le légiste "Je leur demande de ne pas me chercher, et puis voilà quoi…" continua t'il "Et pour Maya, bah, je leur dit de lui dire que c'est fini, j'ai pas la force de me confronter à elle…"
"Puis c'est un peu à cause d'elle, de ce mariage que t'es partit aussi…" repris Lise "Parce que ça blessait Hélène et que tu ne supportais plus de lui faire du mal" ajouta-t-elle "Ca aurait été plus simple d'en parler avec elle… Après tout, tu ne sais pas vraiment ce qu'elle, elle ressent… C'est triste"
"J'ai fait mon deuil d'une histoire avec elle" lâcha Balthazar "C'était fini avant même d'avoir commencé… Et puis, je suis pas sûr que ça aurait fonctionné, elle et moi…"
"Si ça te rassure de te dire ça…" lâcha Lise juste avant de disparaître, laissant le légiste seul avec ses pensées qui partaient dans tous les sens… Mais surtout, le laissant seul, essayer de se convaincre qu'il avait fait la bonne chose en partant et que jamais, lui et Hélène, ça aurait pu fonctionner…
Balthazar retourna le problème dans tous les sens pendant de longues minutes avant d'attraper un papier ainsi qu'un crayon et de commencer à écrire sa lettre. Il expliqua qu'il était parti, et que cette fois, il n'allait jamais revenir, il avait fait assez de dégâts comme cela dans leurs vies à tous et il était temps qu'il arrête là les frais.
Il expliqua aussi, qu'il ne fallait pas le chercher, et qu'au moment où cette lettre allait les trouver, il serait déjà loin d'où elle avait été envoyée. Et puis, il ne voulait pas être retrouvé, il allait commencer une nouvelle vie, bien différente de celle qu'il avait vécu toute ces années, et surtout, loin d'eux, là où il ne pourrait plus jamais leur faire du mal.
Il demanda de dire à Maya que c'était fini, qu'il n'allait pas l'épouser, que de toute façon, il ne pouvait pas le faire. Elle ne devait pas le chercher, elle aussi, elle devait faire sa vie, avec un autre qui serait capable de lui apporter tout ce que lui ne le pouvait pas… Et puis, de toute façon, il n'était même pas sûr de l'aimer réellement, de l'aimer assez pour l'épouser en tout cas… Mais ça, elle ne devait pas le savoir…
Il finit sa lettre sur un long pavé, destiné à Hélène… Il ne savait pas quoi dire au départ, puis il commença par des excuses, pour le mal qu'il avait fait, qu'il lui avait fait. Il savait bien que cela ne changerait jamais rien, que le mal était fait, mais c'était la moindre des choses à faire. Il lui rendait enfin sa liberté et la remerciait pour tout ce qu'elle avait fait pour lui…
Après son long paragraphe, il écrivit finalement que cela devait lui être dit oralement, qu'elle ne devait jamais lire cette lettre, parce que sinon, elle allait devenir folle et l'analyser dans tous les sens. Non, la solution, c'était de la brûler une fois la lecture finie, comme cela, jamais la blonde ne pourrait mettre la main dessus.
Il était un peu tard pour sortir acheter une enveloppe et un timbre, tant pis, il le ferait demain, il mettrai l'adresse de l'IML pour que ce courrier arrive directement à Eddy et Fatim, les seuls qui la liraient avant qu'elle ne devienne que poussière… C'était vraiment la chose à faire, du moins, il essayait de s'en persuader…
Le lendemain, Hélène se réveilla en ayant mal partout… Ce n'était vraiment pas confortable de dormir sur son bureau… En plus, elle avait pensé à Balthazar toute la nuit… Elle espérait qu'il allait la rappeler aujourd'hui, qu'il avait eu le temps de digérer la nouvelle et qu'il ne lui en voulait plus…
Elle se retenait de l'appeler elle-même, non cette fois elle allait le laisser faire le premier pas, elle en avait marre d'être la seule à faire des efforts pour eux… C'était fini, elle n'en pouvait plus de se battre, seule contre tout, et contre tous… Cette fois, c'était aux autres de le faire…
Pourtant, à la seconde où le téléphone sonna, elle se jeta sur ce dernier sans même regarder le numéro qui l'appelait… Et quelle ne fût pas sa déception quand, à l'autre bout du fil, elle entendit la voix de Maya, celle qu'elle détestait plus que tout… Cette dernière était inquiète car Balthazar n'était pas rentré de la nuit et elle pensait que la flic pouvait éventuellement savoir où il était…
Hélène, qui n'avait qu'une seule hâte, raccrocher, lui répondit qu'elle n'en savait rien et qu'elle ne l'avait pas vu depuis la veille… Elle ne put s'empêcher d'ajouter qu'il ignorait aussi ses appels et que donc, cela ne servirait à rien qu'elle essaye… De toute façon, elle commençait à se dire qu'il avait recommencer et que ce n'était pas pour rien qu'il avait laissé son téléphone sur son bureau… Il était parti, une nouvelle fois, et cette fois elle n'était pas sûre de pouvoir le retrouver…
La blonde avait fini par se dire qu'il reviendrait quand il aurait fini de jouer au con… La date du mariage était passée et Maya était dans tous ses états, mais en toute honnêteté, elle s'en fichait… Elle se concentrait sur ses états d'âme à elle, la douleur et le vide qu'elle ressentait, elle en avait marre de penser aux autres, et puis, elle n'avait même pas envie de le chercher…. Tout simplement parce qu'elle savait déjà qu'il ne voulait pas être trouvé…
Et elle avait raison, parce que quelques jours après la disparition de son légiste, ses assistants l'appelèrent pour lui demander de passer à l'IML. Ils avaient reçu la lettre et avaient suivi les indications laissées par leur patron et ami… La lire, la brûler, et ensuite, appeler Hélène pour lui parler… Ensuite, ils allaient devoir parler à Maya, mais ils préféraient garder cette douloureuse épreuve pour plus tard, sachant parfaitement que la brune n'allait pas du tout aimer…
Bon, pas que cela allait être facile avec Hélène, loin de là même, ils le savaient, mais c'était sans doute plus facile avec cette dernière, tant elle semblait avoir accepter la réalité des choses… Elle semblait si détachée par rapport à lui, qu'ils s'étaient tous les deux persuadés qu'avec elle, ça serait beaucoup plus facile…
C'était faux, bien sûr… Hélène n'avait pas du tout accepté le départ de Balthazar, pire, elle se blâmait pour ce dernier, se disant qu'elle avait encore tout foiré avec lui… De toute façon, elle ne savait faire que ça avec le légiste… Si seulement elle lui avait parlé plutôt, peut-être qu'elle serait dans ses bras… Elle savait qu'avec des si, elle pourrait refaire le monde, mais malheureusement, elle ne pouvait pas changer le passé, alors elle essayait tant bien que mal d'écrire l'avenir.
Mais rien ne pouvait la préparer à la bombe qui allait tomber, parce que, malgré tout, elle se persuadait qu'il allait finir par revenir, quand sa crise serait passée et qu'il serait prêt à lui reparler… Elle était loin de s'imaginer que les deux jeunes légistes avaient reçu une lettre d'adieu de la part de celui qui, malgré tout, faisait battre son cœur. Non, bien au contraire, elle était pleine d'espoirs, l'espoir qu'il soit enfin revenu après avoir encore jouer au con… Elle n'était pas du tout prête pour ce qui allait arriver et elle allait, tomber de haut…
En arrivant, la jolie blonde avait le sourire, mais celui-ci s'effaça rapidement devant l'air grave qu'adoptaient les deux jeunes légistes en face d'elle. Elle n'avait pas besoin de mots, elle savait déjà que cela allait lui déplaire… Pourtant, elle s'accrochait à la dernière once d'espoir qui lui restait, parce qu'elle ne pouvait pas croire que cette fois, le départ était bel et bien définitif.
"Asseyez-vous Hélène, ça sera mieux pour ce qu'on a à vous dire" commença Fatim avec douceur invitant la flic à s'asseoir "Vraiment j'ai pas envie de vous ramasser sur le sol" ajouta-t-elle en voyant que la blonde ne s'asseyait toujours pas
"C'est bon je ne vais pas tomber sur le sol" répondit Hélène "Alors dites moi pourquoi vous m'avez fait venir" ajouta la blonde, en restant debout, les bras croisés sur sa poitrine.
Fatim soupira, si elle ne voulait pas s'asseoir, c'était son choix… Elle ne remettait pas en cause la force et la capacité de résistance de la flic, loin de là, mais elle n'était pas du tout sûre que cette dernière allait rester debout après le tsunami qui allait lui tomber dessus…
"C'est à propos de Balthazar" repris la jeune métisse, et Hélène haussa un sourcil. Elle s'en doutait, évidement, est-ce-que la jeune femme pouvait lui dire la raison de sa venue ? Et sans tergiverser comme son patron, ça serait bien "On a reçu une lettre" repris la légiste "Une lettre dans laquelle, il s'excuse, d'être parti comme ça, dans laquelle il nous dit qu'il ne pouvait pas rester, qu'il vous remercie pour ce que vous avez fait pour lui…" énuméra la jeune femme sans vraiment regarder la flic, elle était mal à l'aise et cela se voyait
"Oui et donc ?" demanda Hélène "Il revient quand ?" ajouta la blonde "Parce que c'est bien beau d'être désolé, et de me remercier, mais il a quand même planté sa fiancée, qui se demande où il est et qui m'appelle tous les jours pour savoir si j'ai des nouvelles…" continua-t-elle, elle n'en pouvait plus des appels de Maya, mais elle ne pouvait pas ne pas lui répondre, elle était humaine
"C'est ça le truc…" commença Eddy mal à l'aise, il ne savait pas comment le dire, comment l'annoncer, parce que Hélène semblait penser qu'il allait revenir, comme la dernière fois… Alors comment lui dire, que cette fois, ça ne serait pas le cas…
"Jamais" lâcha Fatim… "Il ne compte pas revenir à Paris" ajouta-t-elle voyant qu'Eddy n'allait définitivement pas arracher le pansement. "Et il nous demande de pas le chercher… De toute façon, il n'est plus là où il a envoyé la lettre"
Hélène encaissa le coup, ses jambes commencèrent à trembler sous son poids mais elle ne vacilla point. Elle ne voulait pas tomber, pas maintenant, elle ne voulait pas montrer combien cela l'affectait… Elle avait pourtant envie de tomber sur le sol et de ne pas se relever, mais elle allait rester droite jusqu'au bout
"Elle est où, cette lettre ?" demanda Hélène, décontenançant les deux jeunes légistes qui s'attendaient à tout, sauf à cette réaction. En tout cas, pas en premier lieu… Parce que bien sûr, qu'elle allait vouloir la lire, cette lettre… Mais elle ne la lirait jamais, parce que, comme demandé, après l'avoir lu une fois, après avoir été sûr de mémoriser toutes les infos, ils l'avaient bel et bien brûlé…
"Euh… Et bien…" commença Eddy mal à l'aise… Dans le fond, le jeune homme savait parfaitement que la réponse n'allait pas plaire à la flic, pas du tout même, et il n'avait pas vraiment envie de se faire fusiller sur place…
"On l'a brûlé" lâcha rapidement Fatim et Hélène se contenta de la fixer de son regard persan et noir. Non, ils ne pouvaient pas avoir fait ça, il fallait qu'elle lise cette lettre, si elle voulait le retrouver, il fallait qu'elle la lise… "Il nous a demandé de le faire" ajouta-t-elle précipitamment avant que la blonde ne finisse par exploser "Désolée…"
"Il a vraiment tout prévu cet enfoiré" lâcha la blonde "Il savait qu'avec cette lettre j'allais le traquer, il sait ce que j'ai fais la première fois…" ajouta-t-elle "Il ne perd rien pour attendre, avec où sans cette lettre, et encore plus avec où sans vous, je vais le retrouver et il va revenir à Paris…" elle était dans une phase de déni, mais elle ne pouvait envisager une seule seconde ne pas le revoir.
Ce n'était qu'une façade, bien sûr, parce que intérieurement, elle s'écroulait… Elle venait de prendre un coup de couteau en plein cœur et elle n'allait pas pouvoir se relever. Mais il était hors de question pour elle de se montrer faible devant les assistants de Balthazar, elle ne le pouvait pas, et sa tristesse n'appartenait qu'à elle…
Elle les remercia brièvement pour les informations quand le silence se prolongea avant de quitter rapidement l'IML. En sortant, la vague de larmes qu'elle retenait depuis qu'elle avait appris qu'il ne comptait pas revenir la submergea et elle s'écroula sur le sol dans un cri de douleur que personne ne pouvait manquer…
Instinctivement, en l'entendant, Eddy voulut se précipiter à l'extérieur pour lui offrir une forme de réconfort dont elle semblait avoir réellement besoin, mais Fatim le stoppa avant même qu'il n'ait pu faire un pas en direction de la sortie
"Non, laisses là" commença la jeune femme et il la regarda surpris "Elle a besoin d'être seule, elle a tout retenu devant nous alors qu'elle était sur le point de s'écrouler…" expliqua doucement la métisse "Elle ne veut pas nous montrer que ça ne va pas, mais c'est trop pour elle" ajouta-t-elle
"Mais on peut pas la laisser comme ça" répondit Eddy "On peut pas la laisser seule… Baltha est notre ami aussi… Il faut qu'on la rassure, il faut qu'on l'aide… On va pas la laisser faire ça toute seule… C'est pas humain…" ajouta-t-il "Une seule personne ne peut pas être aussi forte que ça"
"Je sais que tu veux bien faire, crois moi" repris Fatim "Mais elle a besoin d'être seule, là, maintenant… Si tu y vas, elle va te repousser le plus loin possible" ajouta-t-elle "Je suis d'accord sur le fait de l'aider à retrouver Baltha, parce que je crois qu'il réalise pas bien les conséquences de son acte, mais, sa peine, elle doit la gérer seule… Parce qu'on peut pas la comprendre pleinement…"
"Comment ça ?" lâcha Eddy "Baltha c'est comme un deuxième père pour moi, il a toujours été là pour moi, c'est un membre de ma famille, Fatim" lâcha le jeune homme "Alors sa peine, crois moi que je la comprends…"
"Non, Eddy, tu peux pas la comprendre parce que tu ne peux pas ressentir la même" reprit Fatim "Il est bien plus qu'un ami pour elle, bien plus que ce qu'il représente pour toi, et même pour moi…" expliqua la jeune légiste "Il est tout ce qu'elle a et elle ne peut pas vivre sans lui…"
"Attends…" commença le jeune homme "Tu veux dire que…" il fit des gestes pour expliquer où il voulait en venir parce que, dans le fond, il ne savait pas vraiment comment le formuler… "Tu veux dire qu'elle est amoureuse de lui ?" fini par formuler le jeune homme "Genre vraiment ? Genre plus que Maya ?"
"Oui" répondit simplement Fatim "Et je pense que lui aussi, est amoureux d'elle, mais qu'il a du mal à se l'avouer… C'est pour ça qu'il a choisi Maya, parce que Hélène, ça lui fait peur et que du coup, bah Maya lui donne un peu une excuse pour ne pas avancer avec elle" ajouta-t-elle
"Bah putain" lâcha Eddy avant de se laisser tomber sur la chaise à côté de lui… "En tout cas, elle est carrément mieux que Maya… J'comprends pas pourquoi Baltha il à choisi l'autre…" ajouta-t-il
"Moi aussi… Moi aussi" répondit Fatim en regardant toujours la porte… "Mais il fait ce qu'il veut, et ce qu'il pense être bien pour lui… On ne peut rien faire pour ça…" lâcha-t-elle…
Elle avait depuis longtemps remarqué les regards entre eux et elle s'était demandée pourquoi ils n'avaient jamais passé la vitesse supérieure… Dans le fond, elle savait, ils avaient peur, mais pour elle, la flic était celle qui pouvait rendre son patron et ami, heureux, réellement heureux…
Quelques jours étaient passés, et personne n'avait de nouvelles du légiste… Maya avait fini par les laisser tranquille, arguant qu'elle ne voulait plus jamais entendre parler de Balthazar et cela faisait beaucoup de bien aux proches de ce dernier… De leur côté, Eddy et Fatim essayaient tant bien que mal de gérer l'IML et les enquêtes sans lui, mais ce n'était pas simple…
En fait, c'était même pire que la première fois… Parce que, la dernière fois, Hélène était en pleine possession de ses moyens, et elle arrivait à calmer le jeu entre eux quand ils se prenaient trop la tête… Cette fois, en revanche, la belle flic était tombée dans une tristesse sans nom, elle ne bronchait même plus quand tout partait en sucette… Non, elle était comme absente, simple spectatrice du déroulé de sa vie..;
Cela leur faisait du mal, mais personne n'y pouvait rien… Elle passait sa vie dans son bureau, la tête plongée continuellement dans une nouvelle enquête. Et rien à faire pour lui changer les idées… Non, Hélène était au plus mal et rien ne pouvait faire revenir son joli sourire sur son visage…
En fait, une chose, ou plutôt une personne le pouvait, mais cette personne avait décidé de sortir de sa vie sans lui dire au revoir correctement… Cette personne était introuvable, enfin surtout, elle ne voulait pas être trouvée et de plus, elle ignorait tout de l'état de celle qui avait rendu sa vie un peu plus simple…
En effet, Balthazar avait tout laisser tomber et essayait de ne pas penser à eux, même si, en pleine nuit, ils revenaient tous les quatre dans son esprit… Il ne voulait pas penser à eux, à la peine qu'il avait causé et à tout le reste. Non, il voulait se concentrer sur sa nouvelle vie…
Il ne le savait pas, mais Hélène était au plus mal, lui qui voulait lui rendre sa vie mais surtout sa liberté, lui qui voulait arrêter de l'embêter tout le temps, lui qui ne voulait plus s'incruster quand bon lui semblait dans sa vie et surtout qui ne voulait plus la faire souffrir comme il avait pu le faire, la faisait en réalité souffrir comme il ne l'avait jamais fait…
Hélène était malheureuse et surtout seule, elle avait besoin de lui dans sa vie, de le voir… Elle était amoureuse de lui, elle avait voulu lui dire ce qu'elle ressentait, enfin saisir sa chance avec lui, mais il s'était volatilisé et elle se retrouvait seule…
Ses sentiments la rendait dingue, elle pensait à lui le jour, la nuit, tout le temps… Elle avait encore envie de lui dire qu'elle l'aime, qu'elle est amoureuse mais elle ne peut pas le faire, parce qu'elle n'a aucun moyen de le joindre et, si elle était honnête, ça la rendait un peu folle…
Elle faisait des recherches, tout le temps, elle traquait la moindre information pour le retrouver et le ramener, si il le fallait, par la peau des fesses dans sa vie… Elle ne pouvait pas imaginer qu'il ne soit pas là, à lui sourire, qu'elle était vraiment prête à tout pour le retrouver.
Mais rien, elle ne trouvait rien, il ne se passait rien… Le légiste, son légiste c'était comme volatilisé dans la nature et elle doutait un jour de pouvoir le retrouver… Pourtant, elle y croyait encore, même si, plus les jours passaient, plus ses espoirs diminuaient jusqu'à devenir inexistants…
C'était devenu beaucoup trop dur de continuer sans lui… Tellement dur qu'elle se demandait comment elle avait tenu six mois la première fois… Peut-être parce qu'elle n'était pas aussi amoureuse de lui, ou tout simplement qu'elle n'en avait pas pleinement conscience… Là, elle se savait très amoureuse, elle avait même fini par accepter ses sentiments… Elle avait voulu les enfouir au plus profond d'elle, mais ils étaient là, et ils se rappelaient souvent à elle…
Son état ne pouvait échapper à personne et tous espéraient un signe du légiste, rien qu'un tout petit qui permettrait à Hélène de le retrouver et d'enfin retrouver son sourire lumineux que tous avaient eut tant de mal à obtenir de la jolie blonde au tout début…. Après, elle avait fini par sourire plus souvent, Balthazar en étant souvent à l'origine, et maintenant, la flic était devenue triste, morose… Elle avait retrouvé son cancer du sourire et personne ne pouvait la soigner…
De son côté, Balthazar vivait sa vie, il semblait heureux loin de Paris et de ceux qu'il avait considéré, fut un temps, comme sa famille… Cependant, cela n'était qu'une apparence, parce que, une fois le soir venu, il pensait toujours à eux, se demandait comment il allait, et quelles enquêtes ils avaient…
"Si tu tiens tant à avoir de leurs nouvelles, de ses nouvelles, tu prends le téléphone que tu t'es acheté et tu le passes ce coup de fil" lâcha Lise en apparaissant… C'était la même chose tous les soirs, ils avaient la même conversation, qui menait à la même conclusion, à chaque fois…
"Non" répondit Balthazar "J'ai pris la décision de partir, je dois les laisser tranquille, la laisser tranquille…" ajouta-t-il "J'allais continuer à lui faire du mal, elle doit être tellement mieux sans moi"
"Si ça te fais plaisir de te dire ça" répondit Lise "Comme ça, tu culpabilises pas de l'avoir laissée seule comme une conne" ajouta-t-elle "Parce que on sait, toi comme moi que c'est elle qui t'importe le plus…"
"Non, c'est un fait, elle est bien mieux sans moi… J'ai été une personne horrible…" répondit Balthazar "J'ai poussé le vice jusqu'à lui demander d'être mon témoin…"
"Oui, je sais, on l'a déjà eu, cette conversation, mon caramel" répondit Lise "Mais si tu penses qu'elle est mieux sans toi, pourquoi tu te torture chaque soir avec son souvenir ?" demanda la tatoueuse
Balthazar laissa le silence s'installer un long moment, en vérité, il ne savait pas quoi répondre à l'apparition de sa défunte femme… Hélène était tellement spéciale, elle lui avait fait beaucoup de bien, elle avait même remis de l'ordre dans sa vie, quand tout ce qu'il avait semé dans la sienne c'était le mal et le chaos… Non, il en était persuadé, elle devait être soulagée de ne plus l'avoir dans les pattes…
Et puis, comme à chaque fois qu'il pensait ça, il culpabilisa immédiatement… Parce qu'il entendait de nouveau Lise lui dire que la blonde était amoureuse de lui… Et il refusait de voir la vérité en face… Parce que pourquoi une femme aussi angélique qu'elle voudrait qu'un homme aussi mauvais que lui ? Il ne pouvait pas l'imaginer une seule seconde, parce qu'elle était trop bien pour lui, beaucoup trop bien pour lui…
Ce soir-là, il composa pourtant sur le nouveau téléphone qu'il avait acheté, un numéro qu'il connaissait par cœur, celui d'Hélène; Il le composa sans même réfléchir, puis il s'arrêta, n'osant pas appuyer sur le bouton d'appel. Il avait envie de le faire, mais il ne se sentait pas encore capable de l'appeler, et puis, il lui dirait quoi ,
Alors, il effaça le numéro en soupirant avant de le recomposer sans réfléchir et d'appuyer sur la touche d'appel; Quand la communication s'afficha sur l'écran, le légiste porta, machinalement, comme un réflexe, son téléphone à son oreille et écouta les sonneries…
Quand son téléphone sonna, Hélène fronça les sourcils, le numéro lui était totalement inconnu, mais porté par un élan bizarre qui mélangeait courage et espoir, elle décrocha son téléphone, une petite voix au fond d'elle lui disant qu'à l'autre bout, c'était l'homme qui avait éconduit son coeur et qui était responsable de la profonde tristesse dans laquelle elle se trouvait actuellement…
"Hélène Bach j'écoute" annonça la blonde machinalement, mais à l'autre bout, seul le silence lui répondit "Allô" renouvela la flic devant l'absence de réponse.
Pourtant elle pouvait entendre des respirations, signe qu'il y avait bien quelqu'un à l'autre bout du téléphone… Cependant, cette personne restait encore et toujours silencieuse…
En entendant le son de sa voix, Balthazar eut la sienne complètement coupée… Il n'était même pas sûr qu'elle décroche, et là, elle l'avait fait, et lui, ne savait plus quoi faire, et encore moi quoi lui dire… Si jamais il ouvrait la bouche, il avait, en toute honnêteté, 50% de chance qu'elle l'engueule bien comme il faut, le traitant sans doute d'égoïste, et il ne l'aurait pas du tout volé, et 50% de chance qu'elle lui raccroche au nez… Alors, il gardait le silence…
"Bon, écoutez, si vous ne dites rien je vais raccrocher…" repris Hélène "Les gens ont d'autre chose à faire que d'attendre au téléphone que leur interlocuteur, qui les a appelés, daigne dire quelque chose…" Et elle raccrocha, avant de poser son téléphone sur son bureau et de soupirer
"Att…" commença à murmurer Balthazar, mais trop tard, elle avait raccroché "Quel con" continua t'il à haute voix "T'es vraiment trop con" ajouta-t-il…
Et voilà, il ne savait plus quoi faire, mais il espérait du fond du cœur que sa flic adorée pense à lui et essaye de remonter le numéro pour faire ce qu'il n'avait pas le courage de faire, venir le retrouver… Et si c'était le cas, il la laisserait crier tout ce qu'elle avait en elle sur lui avant de la serrer dans ses bras… Lise avait raison, il ne pouvait pas la laisser, il ne pouvait pas, vivre sans elle…
Hélène ne savait pas qui l'avait appelée, mais au fond d'elle, l'infime espoir que cela soit Balthazar c'était allumé et elle allait avoir du mal à l'éteindre… Il fallait absolument qu'elle remonte ce numéro pour savoir qui avait essayé de la joindre. Si il s'agissait d'une mauvaise blague ou bien Balthazar…
Cependant, elle ne pouvait rien faire, il était bien trop tard et Delgado allait l'incendier si elle l'appelait à cette heure pour ça… Juste parce qu'elle pensait que c'était lui… Son ami essayait de lui remonter le moral tant bien que mal depuis le départ du légiste, mais c'était trop compliqué, parce que Hélène, elle tenait bien trop au légiste pour arriver à avancer sans lui…
Pas grave, cela attendrait le lendemain, et si c'était bien lui et bien, il n'y avait aucune raison qu'il prenne de nouveau la fuite… Il avait sans doute fait cela pour qu'elle le retrouve et qu'ils soient enfin réunis… Bon, elle savait qu'elle allait l'engueuler, parce que putain il était quand même vachement égoïste, mais après, après, elle ne répondait plus de rien…
La nuit ne passa pas assez vite pour elle, elle avait tellement hâte qu'on remonte ce numéro, qu'elle ait des réponses et peut-être, qu'elle parte à sa recherche, qu'elle le retrouve et qu'enfin, si elle en a le courage, elle lui avoue tout.
De son côté, la nuit fut aussi très longue pour le légiste. Il savait parfaitement ce qu'il avait fait et que ce n'était qu'une question d'heure, tout au plus d'un ou deux jours avant qu'Hélène ne débarque… Il ne savait pas vraiment pourquoi il l'avait appelé, peut être juste pour entendre le son de sa voix, peut être parce qu'il voulait la retrouver, peut-être aussi parce que Lise avait raison et qu'il était amoureux d'elle, qu'il s'en voulait de ne pas s'être battu et surtout parce qu'elle était celle qui comptait le plus et qui rendait sa vie bien meilleure…
Le lendemain, la flic était prête à tout, si bien qu'à la seconde où elle aperçut Delgado, elle l'attrapa et lui demanda de traquer ce numéro sans vraiment lui laisser le temps de poser des questions. Déjà parce que, comment elle allait lui expliquer ce que son instinct lui criait, et ensuite, parce qu'elle ne voulait pas avoir cette conversation avec lui… Celle où il allait lui dire qu'elle se faisait des illusions, que Balthazar était parti définitivement et qu'ils n'étaient pas prêt de le revoir…
Elle ne laissait pas vraiment le choix à son ami, alors, de bonne grâce il s'exécuta. Il se doutait de ce qu'elle espérait, mais il ne dit rien, elle était déjà assez mal comme cela, alors si elle pouvait avoir un tout petit peu d'espoir, il n'était personne pour le ruiner… Et puis, après tout, lui aussi avait envie d'y croire, et lui aussi avait envie de voir de nouveau, un véritable sourire, couvrir les lèvres de son amie…
Alors, même si il avait peur de finir encore une fois dans le mur, il remonta le numéro de téléphone. Il trouva en premier la localisation de ce dernier, un hôtel, à Lille… Et ensuite, il chercha à avoir le nom du propriétaire de la ligne et quand, enfin, après de longues minutes, le nom s'afficha, le flic bondit de sa chaise et se précipita vers le bureau de sa supérieure et amie… Elle avait eu raison d'y croire…
"Hélène ?" commença le flic en entrant dans le bureau de sa supérieur après avoir frappé. "T'avais raison" continua t'il "La ligne, elle lui appartient" ajouta le flic "C'est bien lui qui t'as appelé hier soir"
"C'est vrai ?" demanda Hélène qui sentait que les larmes montaient doucement. Elle avait un peu du mal à y croire… "Il est où ?" demanda-t-elle en se levant. Elle était prête à partir pour aller le retrouver et lui botter les fesses, mais aussi, lui parler.
"Dans un hôtel, à Lille" répondit Jérôme "Je t'ai déjà écrit l'adresse sur un papier, tu n'as plus qu'à prendre le train pour le retrouver" ajouta-t-il en souriant tout en lui tendant ledit papier.
"Merci Jérôme" sourit Hélène en prenant le papier avant d'embrasser son ami sur la joue "Je vais aller le chercher et il va revenir" ajouta-t-elle "Même si je dois utiliser la force pour cela"
"Bonne chance" répondit Delgado en la regardant partir. Il espérait vraiment qu'elle allait réussir à le faire revenir, sinon, il savait qu'elle allait encore plus plonger, et elle n'avait pas besoin de cela, non, au contraire, il préférait quand elle était joyeuse, et surtout, heureuse.
Hélène se sentait galvanisée, portée par une force nouvelle. Il était à Lille, pas si loin que cela, et dans trois heures tout au plus, elle serait peut-être dans ses bras… Elle se sentait comme une ado, une ado amoureuse, mais c'était un peu ce qu'elle était quand il s'agissait de son beau légiste. Il lui avait complètement retourné le cœur, et le cerveau et elle avait bien du mal à faire la part des choses avec lui.
Elle sentait tout ce qu'elle avait mis de côté remonter en elle. Elle se sentait forte et courageuse, et elle avait envie de lui dire, d'être enfin honnête. La blonde espérait bien que son courage n'allait pas retomber comme un soufflet quand elle serait face à lui et qu'il allait la sonder de son regard sombre qui la faisait clairement fondre.
Dans le train, elle répétait encore et encore ce qu'elle allait lui dire, même si elle savait que c'était vain, parce que, une fois devant lui, elle allait perdre une partie de ses moyens et surtout, elle n'allait plus utiliser son cerveau, mais plutôt son cœur. Elle allait laisser la femme s'exprimer avant la flic…
Elle l'avait déjà fait, quand elle l'avait retrouvé en Bretagne, il y avait un petit moment déjà… Cela semblait faire une éternité, mais c'était il y a moins d'un an… Quand elle l'avait revu, sa colère avait pris le dessus, mais elle lui en voulait énormément d'être parti, comme ça… Là aussi, elle lui en voulait, mais la situation était différente…
En tout cas, c'était l'impression qu'elle avait. Que la situation était différente… Parce que, quand elle l'avait retrouvé en Bretagne, la jolie blonde n'avait pas pleinement conscience des sentiments qu'elle lui portait… Elle le voyait vraiment comme un ami, un pilier dans sa vie, mais elle n'avait pas vraiment conscience d'être amoureuse de lui, ou, du moins, elle refusait de se l'avouer…
Cette fois, elle s'était déjà avoué à elle-même qu'elle était amoureuse de lui, qu'elle avait des sentiments forts, qui allaient bien au-delà de la simple collaboration professionnelle, et même, bien au-delà de l'amitié… En même temps, leur relation n'avait jamais vraiment été professionnelle. Il y avait toujours eut ce petit plus entre eux qui avait fait que tout pouvait déraper à chaque instant. Que tout, avait fini par déraper, parce que, finalement, même si elle avait essayé de se l'interdire, elle était tombée amoureuse de lui.
Quand elle arriva en gare de Lille, elle était un peu perdue. Il est vrai qu'elle était partie sans réfléchir, et qu'elle avait foncé. Elle n'avait donc, absolument aucune idée d'où se situait l'hôtel. Elle n'avait même pas pensé à regarder sur internet lors de son voyage en train. Non, elle avait été bien trop préoccupée par leurs retrouvailles à venir et la centaine de scénarios possibles.
Alors, la flic prit un taxi et donna l'adresse de l'hôtel, c'était la meilleure solution. Elle n'avait, au moins, pas perdu toute capacité de réflexion, c'était déjà ça… Il l'embrouillait complètement, mais elle arrivait, un minimum, à garder les pieds sur terre, et la tête sur les épaules…
Pourtant, le trajet lui parut vraiment court. Elle était encore partie dans des hypothétiques scénarios de leurs retrouvailles. Sauf que là, ça n'allait plus être des hypothèses, mais bel et bien la réalité. Dans quelques minutes, elle allait frapper à la porte de sa chambre et le retrouver… En espérant que cette fois, il n'ai pas pris la fuite avant qu'elle n'arrive jusqu'à lui…
Tant bien que mal, elle avait fini par obtenir le numéro de la chambre dans laquelle était Balthazar. Si elle l'avait obtenue, cela voulait dire qu'il était encore là, qu'il n'avait pas pris la fuite et qu'elle allait le voir. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle allait lui dire, absolument aucune, mais de toute façon, elle ne pouvait plus reculer…
Quand elle arriva devant la chambre, Hélène prit une profonde inspiration avant de frapper. Il était peut être sorti, mais si c'était le cas, elle ferait le pied de grue devant sa chambre jusqu'à ce qu'il revienne. Il était absolument hors de question qu'elle fasse cela.
Cependant, elle n'allait pas avoir à le faire car elle pu entendre le son caractéristique d'une porte qu'on déverrouille. Ok, il était là et ce n'était plus qu'une question de secondes avant qu'ils se fassent de nouveau face après qu'il soit partit comme un voleur.
Quand il ouvrit la porte, il savait parfaitement qui était de l'autre côté, il n'avait aucun doute, c'était elle. Il était prêt à prendre la tempête, comme la dernière fois. Sauf que là, la petite voix au fond de lui, lui murmurait que ça allait être bien pire…
"Capi…" commença le légiste en voyant la flic en face de lui, mais il n'eut même pas le temps de prononcer le mot en entier. Non, la réaction d'Hélène ne s'était absolument pas fait attendre, elle venait de le gifler, et avec force.
"Ca va bien vous ?" demanda-t-elle en colère "Vous ne pensez pas un peu aux autres avant de partir comme un voleur ?" ajouta-t-elle "Vous n'êtes vraiment qu'un putain d'égoïste" cria la blonde
Elle leva les poings et commença à le frapper au torse, il fallait que ça sorte, et Balthazar la laissait faire. Il comprenait qu'elle ait besoin de cela, de se lâcher et de faire sortir sa colère… Après tout, il l'avait bien mérité….
"Un putain d'égoïste" recommença Hélène "Voilà ce que tu es, Raphaël Balthazar, un connard et un égoïste qui se fiche bien des gens qui tiennent à lui, des gens qu'il l'aime…" continua-t-elle
Elle lui donnait toujours des coups, et ils étaient de plus en plus fort et de plus en plus douloureux pour le légiste qui finit par attraper le poignet de sa collègue pour la stopper dans son élan avant de la tirer vers lui et de l'entourer de ses bras, espérant, comme la dernière fois, l'apaiser et la calmer…
"Chut, on se calme" commença doucement le légiste "J'ai compris, je suis égoïste, vous me l'avez déjà dit" ajouta-t-il "Je suis désolé, Hélène, la dernière chose que je voulais, c'était te faire du mal…"
"T'es égoïste" murmura Hélène contre son torse. Elle sentait ses défenses tomber une à une dans ses bras… Elle était certes fâchée contre lui, mais tellement soulagée de le retrouver et d'être dans ses bras "T'avais pas le droit de faire ça… De partir comme ça… De me laisser, toute seule, comme une conne, sans aucune explication…"
"Je suis désolé, Hélène" répéta le légiste "Mais j'avais surtout pas le droit de te faire souffrir comme je le faisais… Ca me rendait malade de te savoir comme ça à cause de moi…" ajouta-t-il "Je réalisais pas ce que je faisais, que ça allait te faire énormément de mal… Quand je l'ai compris, ma seule option, c'était de partir pour ne pas faire plus de dégâts…" continua Balthazar
"Non, il fallait juste me parler…" répondit Hélène "T'avais pas le droit de faire ça…" ajouta-t-elle "J'ai cru que tu m'en voulais à mort de t'avoir dit non, j'ai cru que c'était à cause de moi que tu étais partit parce que je t'avais déçue et que tu ne voulais plus être mon ami, que tu ne voulais plus de moi dans ta vie…" confia douloureusement la blonde
"T'es… Tu peux pas croire ça" repris le légiste en la serrant encore plus fort contre lui… "T'es celle qui compte le plus aujourd'hui" ajouta-t-il "T'es mon ange gardien, comment je pourrais ne plus vouloir de toi dans ma vie ?" demanda-t-il en se détachant un tout petit peu d'elle.
"J'veux pas être ton ange gardien" répondit franchement Hélène "Je veux pas être juste ta collègue, encore moins ton amie" ajouta-t-elle. Allez, c'était le moment ou jamais d'être enfin honnête avec lui et de tout lui dire "Je veux être plus que ça" avoua-t-elle "Je veux être tout ça la fois et bien plus… Je veux me réveiller chaque matin dans tes bras, vivre de folles aventures parce que avec toi, la vie, c'est clairement pas de tout repos. Je veux qu'on enquête ensemble, encore et encore, je veux assister à des autopsies, même si je dois avouer que parfois ça me dégoûte, je veux que tu me fasse rire, que tu me consoles. Je veux que tu sois mon partenaire dans le travail et dans la vie. Je veux m'endormir chaque soir dans tes bras et me dire que je suis enfin, à ma place"
Hélène reprit son souffle comme si, tout le temps de sa déclaration, elle n'avait pas respirer. Pourtant, après cela, elle ne regardait même pas Balthazar, mais plutôt son torse… Elle était mal à l'aise, et surtout, effrayée… Elle avait peur de ce qu'il avait à répondre à ça, et surtout, elle avait peur qu'il n'ait absolument pas les mêmes envies qu'elle.
"Hélène, regardes moi, s'il te plait" demanda doucement Balthazar en caressant la joue de la belle blonde "Regardes moi" demanda-t-il à nouveau "Parce que tu peux pas dire des choses aussi belles et ne pas me regarder après"
Hélène esquissa un petit sourire avant de relever ses yeux vers son légiste. Ils étaient brillants et ceux de Balthazar aussi. Elle avait vraiment envie de croire que ce qu'elle pouvait y lire, c'était qu'il voulait la même chose qu'elle, que lui aussi, voulait vivre cette vie, avec elle, remplie d'aventures, d'enquête, de rire, de larme aussi, mais surtout, d'amour.
"Ce que je veux" commença Balthazar "C'est pouvoir te regarder comme je veux, quand je veux, pouvoir te toucher, t'embrasser, te faire rire, sécher chaque larme qui pourrait couler sur ton beau visage…" continua le légiste "Je veux qu'on enquête, je veux voir ta tête durant les autopsies, tu sais, quand tu détourne le regard parce que la vue est pas agréable pour toi, je veux te voir passer à l'action, je veux te serrer dans mes bras matin, midi et soir et même la nuit" ajouta-t-il "Je te veux toi, Hélène Bach, comme tu me veux moi, Raphaël Balthazar" il sourit avant de s'approcher doucement d'elle
"J'ai cru que cela n'arriverait jamais" murmura Hélène alors que leurs lèvres se rapprochaient doucement "J'ai cru que…" continua-t-elle
"Tais toi, tais toi" murmura Balthazar alors qu'il unissait enfin leurs lèvres dans un tendre baiser qu'ils avaient tous les deux, tant attendu.
Quand le manque d'air les empêcha de continuer le baiser, ils se détachèrent avec douceur sans se lâcher du regard. Enfin leur moment était venu, et ils comptaient le faire durer le plus longtemps possible
"Du coup" commença Hélène après un silence "Tu comptes revenir à Paris avec moi ?" demanda-t-elle "Parce que, tu sais, je crois qu'il n'y a pas qu'à moi, que tu manque tu sais"
"Oui, madame, je rentre à Paris avec vous" répondit Balthazar avant de l'embrasser de nouveau. Il faisait le bon choix, cette fois, il en était persuadé.
Et voilà
Cette fois, on se retrouve exceptionnellement Mardi, à 14h pour un OS d'Halloween.
Kiss
