Chapitre 377 : Lord of Chaos

"Pourrais-tu encore t'en passer, Sebastian ?..." tournant sur le ventre, cherchant le contact visuel tandis qu'il gît, nu, dans le lit, drap recouvrant la hauteur de ses cuisses superbes.

Il m'avise, passant un bras derrière sa tête, petit sourire flottant sur les lèvres. "Vous aimeriez que ce soit le cas, n'est-ce pas ?"

"Tu ne réponds pas à la question." avisant un sein pale avant de le prendre voluptueusement en bouche, lui offrant quelques tressaillements terminés par un rire.

"Tout comme pour un dîner, il faut que la table en vaille la peine."

"Je note que tu penses de la même façon avec ton estomac qu'avec ton sexe." amusée.

"Je conserve quelques besoins primaires à satisfaire, même en étant un démon porté sur l'esthétisme."

"Je t'ai donc immédiatement donné envie de t'attabler ?..."

"Vous êtes venue me chercher !... Tout en connaissant ma véritable nature. Je n'ai pas résisté au goût inédit du mets que vous prépariez."

"Bonne cuisinière, donc ?..."

"Excellente. Un véritable cordon-bleu."

"Me diras-tu un jour ton véritable nom, démon ?..."

"Peut-être, qui sait." amusé par ma curiosité.

"Dois-je venir te l'arracher ?..."

"A votre guise. Je demeure ouvert à toutes les suggestions."

Je me hisse jusqu'à lui, bouche capturant la sienne, langue à la recherche de confessions.

Il en vacille, captivé par mon audace.

Nos langues bataillent un moment hors de nos cavités.

"Mmm... j'apprécie la façon dont vous me donnez la chasse, Mademoiselle." régalé jusqu'en ses reins.

Mes lèvres vont saluer ses cils dont la ligne est remarquable.

Petit rire de ma part. "Où donc avais-je les yeux voilà quelques années, démon ?..."

"Souhaitez-vous que j'argumente ? Je préfère vous prévenir que mes propos risquent fort de vous paraître acides."

"Tu le jalouses donc à ce point ?..." évoquant clairement Undy.

"Il m'est passé devant. Et je déteste cela." sec.

"Il me semble qu'aujourd'hui tu signes une belle revanche, non ?" me hissant sur lui, bougeant des hanches contre ce que j'éveille. "Tu sais mieux que moi qu'un démon demeure incapable d'amour, au contraire d'un Shinigami."

"Qu'en savez-vous ? Depuis quand vous autoproclamez-vous sachante en ce domaine ?"

"Voilà une déclaration que je ne souhaite jamais entendre franchir tes lèvres."

"Vu l'accueil que vous lui réserverez, je pense effectivement que je m'en abstiendrai."

"Le sexe nous réussit bien mieux que tout le reste, Michaelis."

"Vous semblez l'avoir arrêté pour deux."

Je l'avise, bras tendus, mains de part et d'autre de son visage reposant sur l'oreiller, sur un petit rire nerveux. "Tu... m'aimes ?..."

Il abaisse les paupières. "Je passe mon tour."

"Je sais que... ton cœur de démon se consume pour moi..." caressant l'endroit d'un revers doux. "L'amour... n'est-ce point là un sentiment que tu méprises, démon ?"

"Je vous conseille de vous pencher sur la façon dont nous, les démons, avons été créés. Vous y trouverez peut-être des réponses à vos questionnements. A présent, veuillez m'excuser, le devoir m'appelle au manoir." se levant pour se vêtir.

Je m'allonge à la place qu'il vient de quitter. "Je t'ai fâché, on dirait..."

"Fâché ? Haha. Voilà bien une idée toute féminine." terminant d'enfiler les manches de sa chemise claire, y fixant les attaches, la boutonnant.

Je sors le pied du lit pour caresser l'arrière de ses jambes. "Tu reviendras me voir ?..."

"Pour du sexe ? Bien entendu." piquant. "C'est ce que vous savez offrir de mieux."

"Tu n'es pas obligé d'être cassant, Bessy."

Il passe ses chaussettes sombres, les fixant aux attaches puis son pantalon, s'installant dans le fauteuil voisin pour nouer ses vernies.

"Je t'ai vraiment vexé..." me relevant, drap couvrant ma nudité.

"Cela prouve au moins qu'il me reste un minimum d'ego." se levant pour enfiler sa lourde veste.

Mais je me refuse à des excuses. Pas envers une telle créature, ce qui ne fait que manifester mon mépris pour ses semblables.

"Je vous souhaite une agréable journée, Mademoiselle. La mienne sera chargée." ajustant son gilet boutonné et sa veste.

"Je..." m'en pinçant les lèvres.

"Ne vous donnez pas cette peine." passant la porte sans toutefois la claquer.


La journée a filé à toute allure pour Sebastian. Voici arriver l'heure fatidique où il lui faut trancher : me rejoindre ou s'atteler à une occupation annexe. Il se pose un instant, avisant l'horloge murale de la cuisine, focalisant sur le mouvement du balancier.

S'il écoutait son corps, il se trouverait déjà sur le rebord de ma fenêtre voire même dans mon lit !...

S'il venait à écouter sa raison...


Je me suis attelée à ma correspondance pour m'occuper l'esprit. Plus l'heure avance, plus je doute qu'il s'annonce à ma fenêtre.

Une présence, pourtant, qui semble rôder autour du domaine, me met le doute...

J'ouvre un instant la fenêtre pour observer la lune qui semble prendre plaisir à se voiler derrière quelques nuages.

"Bonsoir." m'adresse une voix des plus suaves.

J'en souris, m'écartant de la fenêtre pour le laisser entrer.

Il se pose souplement sur le tapis, vernies toujours aussi bien cirées et immaculées.

"Je ne pensais pas que tu allais m'honorer d'une visite..."

"Ma présence vous honore, à présent ?" m'offrant une brève expression cynique.

"Arrête. Tu sais très bien que j'attends ta venue avec impatience."

"Vous possédez décidément une curieuse façon de me... fidéliser." haussant son sourcil fin.

Il n'y a pas ; il est une splendeur de démon faite homme !...

Je prends ses mains gantées dans les miennes, passant les doigts entre les siens.

"Laisse-moi te regarder, Sebastian." le parcourant du regard, lentement.

Il en frissonne, secret.

"Vous ne semblez pas avoir renoncé à ce que je vous inspire."

"Jamais !..."

L'envie de presser mon corps contre le sien lui devient impérative. Son pouls s'accélère.

Il libère ses mains pour les monter le long de ma poitrine, se rejoignant au niveau du cou, pouce me faisant lever le menton. Petit sourire avant de fondre sur mes lèvres.

Dire que d'ordinaire, il n'a aucun goût pour le sexe. Un mafieux lui avait d'ailleurs proposé une place à son service, lui promettant un salaire bien supérieur à celui offert par son jeune maître, les meilleurs vins et toutes les femmes qu'il souhaite. Offre déclinée poliment. Le pacte tient Sebastian comme la meilleures des promesses de festin final.

"Aaaah. Ce que vous me faites commettre..." retournant à mes lèvres, langue passant la frontière qui la sépare de la mienne, la cherchant pour cette danse orchestrée.

"Cela te... régale, dis-moi, petit démon ?..."

"Cela fait bien plus... que me régaler... cela me remue. Jusqu'au tréfonds de l'âme." liant sa langue plus vivement à la mienne.

Nos mains s'emploient à faire tomber nos vêtements.

Nus. Littéralement plaqués l'un à l'autre, mes jambes s'ouvrant naturellement pour l'accueillir.

L'intrusion nous arrache une salve de bonheur crié.

"God ! Sebastian !..."

Il vient de se poser sur ses genoux avec la ferme intention de me travailler durement, soutenant tout le haut de mon corps des bras passés sous moi, hanches donnant vertement, nous arrachant des expressions envolées à chaque ferme poussée.

Il connaît diablement son affaire. Merci à cette existence de siècles passés à frayer et observer les humains !...


"Tes œufs brouillés sont toujours aussi délicieux." lui accorde son Maître.

"Je vous en remercie, jeune Maître." posant la main sur sa poitrine.

"Dire que ce que tu me servais au début de ta carrière était proprement infect."

La remarque est loin de tordre l'estomac de Sebastian tant elle demeure fondée.

Le palais des démons étant très différent de celui des humains, Sebastian a dû s'adapter à leurs goûts.


Il penche la tête. "Voilà une petite mine..."

"Je dois partir avec mon père pour un court séjour." soupirant, me laissant choir sur le lit.

"Oh. Pour combien de temps ?..."

"Ce devrait être court mais... c'est déjà trop."

"Et..." s'installant à mes côtés. "... papa a vraiment besoin de vous ?..."

"Oui. C'est quelque chose que je ne me vois pas lui refuser mais... ça me barbe !..."

"Vous n'êtes donc pas aussi indépendante que vous voulez bien le faire croire." retirant son gant pour glisser ses doigts entre les miens. "N'est-ce pas, Mademoiselle ?..." baisant le dos de ma main.

"Tu ne peux pas comprendre."

"Détrompez-vous. Vous aussi, vous allez me manquer. Où... est-ce exactement ?..."

"Dans la banlieue de Maidstone."

"Hmm." pensif. "Si j'avais disposé de quelques jours de congés je vous y aurai accompagné. Malheureusement..."


"Cette église est un joyau d'architecture." s'extasie le nouveau client de papa, foulant le seuil de l'édifice d'All Saints.

Je soupire. Encore un amateur de vieilles pierres. C'est d'un ennui !...

Je déteste l'allée centrale des églises. Aussi, j'erre sur les côtés, avisant les lieux dédiés aux saints, les confessionnaux. Soudain, une main surgit de la tenture et je me retrouve assise sur les genoux d'un homme d'église bien particulier. Son petit rire à mon oreille me confirme son identité.

"Je vous entendrai en confession... rien que pour le plaisir..." caressant mes cheveux, langue cherchant mon pendant d'oreille. "Je suis certain que vous avez... de très intéressantes choses à me raconter... Vous..." approchant la bouche de mon oreille. "... suintez le vice."

"Sebastian..." savourant mon fessier contre l'érection que dessine sa soutane sombre.

"Aaah, Mademoiselle... quels péchés inavouables vous m'inspirez... ceux dont même un démon pourrait rougir..." glissant la main entre mes jambes pour soulever jupe et jupon.

Je lève le menton, tête posée contre son épaule, chaud me montant au corps sous l'effet de sa main caressant l'intérieur de mes cuisses.

"Sebastian... dis-moi... ton véritable nom..."

"Serait-ce le décor qui vous inspire ?..." autre main passant de mon cou à mon décolleté, soulevant la voilette pour laisser ses doigts courir sur la rondeur des seins. "Je me laisse... pousser contre vos formes... aaaah... comme c'est délicieux, Mademoiselle..." tout au désir que je lui inspire.

"Tell me... your... real name..."

"Beg." doigt fouillant mon sexe, savourant les sons organiques réservés par l'accueil.

"Pl... please..." dodelinant de la tête.

"Mettez-y... plus de cœur... Mademoiselle." me fouillant davantage, s'aidant d'autres doigts.

"Seb... astian !..." plaquant les paumes contre les parois de bois massif, incapable de contenir les appels lascifs qu'il fait naître en moi.

Il cesse, me faisant me lever pour retrousser sa soutane, libérant un sexe fort gourmand, puis s'occupe de dégager l'accès du mien, m'invitant à reprendre place.

Sa longueur glisse en moi avec une aisance folle.

Sa paume plaque ma bouche. Lui-même écrase la sienne contre mon épaule.

Pieds en appui sur une barre transverse, je me soulève puis redescends, le faisant coulisser à merveille, mains en appui sur ses genoux ouverts.

"Mmm... haaah... Made... mois..." traversé de plaisir intense.

"Mi... chael..."

Il en faut peu pour appeler un orgasme dévastateur que nous peinons à masquer malgré nos efforts.

Nos souffles encore courts s'entremêlent dans des sourires épanouis et audibles.

"Sans doute... ma meilleure expérience... en matière d'usage détourné... d'un confessionnal." se félicite Michaelis.

Je lève la main pour caresser sa joue à l'aveugle. Il en embrasse la paume, fervent.


Il a repris ses habitudes, notamment celle de s'instruire pendant le sommeil de son Maître, ses tâches achevées.

Dormir ?... Quelle perte de temps pour un être dont le seul but est de tuer le temps qui le voue à sa propre éternité !...

Ses pensées, malgré les lectures de qualité qu'il s'octroie, vagabondent souvent de mon côté et son sexe y répond avec ferveur, s'érigeant naturellement entre ses jambes.

Le démon pourtant se refuse à en faire un usage solitaire, réservant ses pulsions à nos retrouvailles. La tension ainsi maintenue lui est délicieuse. Il demeure un esthète, définitivement, restant fidèle à ce qui compose le haut du panier des démons ; ceux qui constituent la classe la plus basse demeurant dans leur condition de gloutons invétérés.

"Aaaah... Mademoiselle... mon nom est aussi vieux que le monde..." s'amusant avec la flamme vacillante de la bougie, glissant la paume par-dessus sans frayeur d'être léché ou mordu. "Puisque vous insistez tant, je n'en ferai guère mystère lors de notre prochaine entrevue."


Je fais les cent pas devant la fenêtre, ventre dans un chamboulement inimaginable !...

Il finit par apparaître sur le large rebord de fenêtre, reposant sur ses jambes fléchies avec l'élégance et la souplesse d'un félin !...

Je lui ouvre, l'invitant à entrer.

Il se pose sur la moquette persane.

Je me blottis derechef contre lui sur un soupir régalé.

"Aaah... vous aurais-je manqué, Mademoiselle ?..." tendrement moqueur.

"Shut up." tout aussi tendrement.

Je glisse l'index dans l'ouverture de son gant, au niveau de la naissance de la paume, m'y infiltrant d'une sensuelle façon, usant du pouce pour faire sauter l'attache boutonnée.

"Je note que... nous sommes de la même humeur." attrapant mon menton pour m'embrasser à pleine bouche.

"Sebastian... je sais que... mmm... tu appliques une... ooooh mmm... discipline de fer à tes subordonnés..."

"Ils méritent... mmm... ce qui leur... est... enseigné... avec... dureté et persévérance..." rendant le baiser plus endiablé encore, attrapant mes fesses pour me presser contre son corps qui s'éveille, finissant par passer à l'arrière des cuisses pour me soulever et me diriger jusqu'au lit tout en poursuivant le baiser, mes jambes allant se refermer autour de lui.

"Fais... mmm... preuve de la même... fermeté à mon... égard." nouant sa nuque de mes bras. "Fais-moi passer l'envie... de ramper à tes pieds... Sebastian..."

"Que dites-vous là ?..." cessant pour m'observer. "Bien au contraire. Pourquoi vous ferais-je passer pareil engouement ?..." caressant ma joue du pouce, glissant jusqu'à mes lèvres entrouvertes.

"Je ne... dois pas te désirer aussi... ardemment..."

"Puis-je savoir à quel titre vous vous y refusez ?" plissant le regard, démon grognant au fond de lui.

"Shh, shh... arrête..." me laissant couler en bas, mains remontant sous l'ourlet parfait de son pantalon, caressant les chevilles et les mollets, admirant la brillance des vernies ainsi que leur façon, y apposant un baiser sur chaque extrémité, le remuant ainsi des reins à la tête.

Il s'installe assis sur le lit, mots égarés au fond de sa gorge, m'invitant à me relever pour me défaire dans un silence tenant du religieux.

"Dis quelque chose..." égarant les doigts dans sa chevelure ébène.

Il s'y refuse, secouant la tête, perturbé par ce qui vient de se jouer voilà à peine quelques secondes.

"Je t'en supplie..." appuyant un baiser sur le haut de sa tête.

Il me tourne, dos face à lui, s'employant à défaire mon corsage, lien passant habilement entre les oeuillets.

"Sebastian..."

"Samaël."

J'écarquille les yeux.

"That's my real name."

"Sa... maël ?..." situant immédiatement la créature millénaire devant laquelle je viens de ployer les genoux.

Il se lève, faisant glisser le corsage, le déposant sur la commode.

"Vous faites gronder un tel feu en mes entrailles... voilà des siècles qu'une telle chose n'était plus arrivée." ployant à son tour devant moi, mains gantées grimpant le long de mes jambes.

"Seb... astian..." en perdant les sens, consumée. "Prends-moi... fort."

"As you wish." me soulevant pour me faire basculer sur le lit, m'y rejoignant, libérant un sexe gourmand d'un mouvement leste de la main, attrapant mes jambes pour les faire grimper sur ses épaules, me pénétrant d'un agile et franc coup de reins, lui faisant geindre, rauque, son plaisir de se sentir ainsi engoncé dans la moiteur organique.

"Mademoiselle... Mademoiselle... Mad... emois..." perdant toute notion de ce qui nous entoure, voué à son plaisir.

"Bou... ge !" frénétique, sous lui.

Il s'y emploie, nous faisant basculer en quelques instants, étouffant son grognement de bête infernale contre ma peau tandis que son sexe rend, généreux, dans mon creux qui contracte.


J'aime le sentir reposer sur ma poitrine, caressant la chevelure ébène.

"Tu me racontes ?..."

"Que souhaitez-vous entendre ?..."

"Une anecdote sur les flammes."

Il bascule pour observer le plafond clair.

"J'ai utilisé les flammes pour... renverser son empire. J'ai tout ravagé. Tout ce qui faisait sa richesse et sa gloire." évoquant sa maîtresse égyptienne.

"Pour quelles raisons ?... Si je puis me permettre..."

"Elle... était sur le point de découvrir la vérité à mon propos. C'était elle ou moi." sans ciller, fixant toujours le plafond. "La magie noire de l'époque était susceptible de m'anéantir. Fort heureusement ce savoir s'est éteint en même temps que l'empire qu'ils avaient mis plusieurs décennies à ériger."