Bonsoir !

J'ai choisi de changer d'Univers et de plonger dans les Fanfictions sur Chicago Fire.

Bien entendu, à moins qu'il y ait la mention d'un OC, tous les personnages appartiennent à la franchise One Chicago!

Le texte se situe dans les environs de la saison 11, donc il y a la possibilités de quelques spoilers vous êtes avertis ^^

J'espère que cette courte nouvelle sur le couple Violet Mikami x Blake Gallo vous plaira ! 3

Bonne lecture,

Jess-la-Lune 3


L'incertitude et les doutes font partie intégrante de mon quotidien depuis que j'ai décidé de devenir paramédic dans une caserne. Je n'ai jamais fait partie de ces personnes qui sont effrayées par l'existence. Puis, je l'ai rencontré, sans réaliser qu'il allait bouleverser toute ma vie. Aujourd'hui, plus que n'importe quel moment, je ne suis sûre de rien et ça me fait peur. Je ne le montrerai jamais. Chaque soir, je m'endors tard dans la nuit, mon cerveau créant mille et un scénarios plus improbables les uns que les autres. Chaque soir, je rêve qu'il est prisonnier des flammes, il meurt sous mes yeux impuissants. Je tente de l'aider, mais mes jambes refusent de bouger. Chaque soir, en fermant les yeux, je vois les êtres chers à mon cœur, torturés devant moi. Mutilés, déchirés, croulant sous les plus abjects feux, et je ne peux rien faire. Insuffisante, je ne peux qu'assister à leur descente en enfer. Dieu sait que je n'aime pas rester inactive et démunie. À tour de rôle, ils m'accusent :

« Tu ne fais rien pour nous aider. » Lui dit Brett.

« Tu avais promis de me protéger. » Lui reproche Blake.

« Tu nous as livrés aux flammes, sans pitié. Tu nous regardes, impassible. Toujours impassible. » Renchérissent Stella et Ritter.

Je ne me fais pas au silence de mon appartement. En peu de temps, je m'étais familiarisée à la présence tranquille d'Evan Hawkins. Je m'étais habituée à entendre son rire et à me réveiller en croisant aussitôt son sourire. Je l'embrassais et on s'embrasait juste avant de partir pour notre travail ou nos activités respectives.

Mais Evan n'est plus là pour me rassurer. Je l'ai perdu. Il est mort en sauvant la vie d'un autre. Il est mort en héros et depuis, je plonge dans le désespoir. Il n'est plus là pour accueillir quelques-unes de mes étranges secousses. J'ai pleuré, dans la pénombre de ma chambre, les rideaux tirés tout comme mes traits. Mais devant les rares personnes qui perçaient ma carapace de douleur, je n'ai pas tremblé. J'ai montré une indifférence trompeuse. En moi, bouillonne pourtant un amalgame d'émotions : la colère, d'abord, puis la peur, omniprésente et flottante dans les airs. Mais je reviens à l'apathie. Je refoule mes larmes, lasse de m'apitoyer, et je serre les poings. Je ne dois pas m'effondrer.

Grâce à Kelly Severide, j'ai trouvé la force de retourner au travail. Il m'a parlé de Leslie Shay et d'Anna. Il a abordé avec émotion la douleur qu'il a ressentie. Il a effleuré le sujet de son père et l'espace d'un instant, j'ai cru percevoir, chez lui, un sentiment brut qui m'est tristement familier. Malgré cette souffrance qui lui gruge le coeur par moment, il est parvenu à refaire sa vie avec Stella. Il a peur du bonheur, parfois, mais il sait qu'elle sera là pour lui, peu importe à quel point il peut fuir.

Les mois sont passés et mon cœur s'est réparé. Je m'autorise à rire et à sourire. En apparence, ma joie de vivre communicative est revenue, même si je ne la sens plus comme avant. Dans la noirceur de ma chambre, c'est une autre chose. Je suis seule avec mes pensées. À ce moment seulement, je me permets de pleurer. Parce que le soir, personne n'est spectateur de cette chute. Personne ne peut voir mon masque qui se fissure, un peu plus chaque jour.

Je me remets du décès d'Evan. Brett, Ritter et même Severide m'aident beaucoup. En vérité, la personne qui me permet de rester les pieds sur Terre, c'est Blake Gallo. Je pensais que notre histoire était terminée. Elle n'avait jamais été sérieuse et on s'était mutuellement repoussés.

Pourtant, mes bras et mon corps réclament Blake avec une telle intensité que j'ai la sensation de perdre la tête. Lorsque le manque d'Evan se fait trop grand, quand le gouffre devient abyssal, je me surprends à espérer l'étreinte rassurante de Blake, comme s'il avait le pouvoir de tout régler et de tout rapiécer mon coeur. Tout comme s'il possédait la puissance de colmater les trous que la perte brutale de mon défunt copain avait laissés.

Je me doute bien que cette sensation resterait passagère et que cette journée ou cette nuit dans ses bras m'apaisera le temps que ça durera. Malgré tout, je ne peux m'empêcher d'y penser, d'y rêver, d'espérer qu'il fasse ce pas vers moi. Ai-je encore des sentiments pour Blake ? J'évite de m'attarder sur la question. En même temps, j'imagine que si je me la pose, c'est que la réponse apparaît évidente.

Je ne remets pas en doute les sentiments ressentis envers Evan. Je sais qu'ils étaient réels et que je ne retrouverai jamais un amour comme je vivais avec lui. C'était trop intense et trop précipité : un coup de foudre pour que ça se reproduise.

À la suite de la mort d'Evan, j'ai cru perdre Blake. Chaque soir, depuis, je me réveille en sueur. Le souffle erratique, je peine à calmer les battements de mon cœur. Je ne veux pas qu'il disparaisse de ma vie. J'ai besoin de lui et ça m'effraie.

Une main sur mon épaule me fait tressaillir et me sort aussitôt de mes pensées déviantes.

— Violet ? La Terre appelle Violet. Elle est bonne, ta paille ?

— Hum ? Oh…

— Tu la mordilles avec entrain depuis un moment en regardant Blake. Tout va bien ?

Je secoue la tête pour retrouver mes esprits et regarde Sylvie qui attend une réponse de ma part.

— Oui, ça va. Je réfléchissais. Je… Je reviens, OK ?

Du coin de l'œil, je vois Blake se lever. J'ignore l'œillade de mon amie et me dirige vers le court couloir où il a disparu. Je patiente pendant quelques instants avant de l'apercevoir à nouveau. Il m'observe et penche un peu la tête sur le côté. En dépit de l'appréhension qui parcourt mes veines, je ne tremble pas et redresse les épaules pour me donner une certaine confiance. Blake me scrute et esquisse un sourire moqueur.

— J'allais commencer par penser que tu avais été remplacée par une statue.

Même si sa phrase me déstabilise, je ne bronche pas. J'esquisse un sourire joueur.

— Tu me regardais.

Ce n'est pas vraiment une interrogation. Il pourrait me dire la même chose, mais je préfère « attaquer » en premier.

— Oui.

Il n'essaie même pas de nier. Je fais un pas vers lui et lève la tête pour croiser son regard.

— As-tu encore des sentiments pour moi, Blake ?

Je l'ai ébranlé avec ma question. Je pense que ma bouche a été plus vite que mon cerveau pour ça. J'attends pourtant sa réponse comme si ma vie en dépendait. Malgré l'anxiété qui grimpe en moi, je ne tremble pas.

Sans me répondre, il réduit la distance qui nous sépare. L'alcool aide sûrement notre audace, mais j'espère qu'elle n'en est pas la seule cause. J'aime Blake. Aussi insupportable qu'il soit et casse-cou qu'il puisse être. Je désire qu'il diminue l'écart entre nos lèvres et qu'il m'embrasse.

Lorsque ses lèvres se posent sur les miennes, je laisse échapper un soupir de bien-être. Le baiser ne dure pas assez longtemps à mon goût.

— Ça répond à ta question, miss insupportable ?

J'ai peur, mais je ne tremble pas. Je ne vacille jamais en présence d'autrui. Je suis plus forte que cela. Jamais je ne montre mes faiblesses. J'ose manifester qu'une fausse hardiesse. Je reste de marbre, attendant le soir venu pour permettre à mes petites secousses de faire surface.

— Tu as peur.

Devant les autres, je montre une façade. Je dupe tout le monde. J'en viens même à croire que tout va bien : je n'ai jamais eu de sentiments pour Blake, je n'ai pas perdu Evan et je crains encore moins de parler de mes émotions. J'en arrive à penser que je ne tombe pas à chaque turbulence. Je n'ai qu'à me raisonner et je réaliserai que tout n'était qu'un long cauchemar éveillé. Pourtant, la nuit est invariablement accompagnée par mes acolytes les tremblements de terre. Les soubresauts de mon être me donnent la sensation de vivre sur un sol qui se fissure et qui, à tout instant, peut m'engloutir.

Sans que j'aie dit un seul mot, Blake m'ouvre ses bras et je m'y blottis comme si le creux qui s'y forme était fait pour moi. Je le laisse nous guider vers la terrasse extérieure et respire son odeur rassurante.

Dans ses bras, je laisse les larmes s'échapper de mes yeux clos. Je tremble. Je partage un peu de mes tremblements de terre avec le pompier. Je ne sais pas comment confier que mes tressaillements font partie de moi. Je ne sais pas comment avouer mes sentiments à Blake. Sa seule présence apaise mes turbulences et je me sens plus paisible, tout comme si j'avais retrouvé mon filet de sécurité. Mes secousses se calment et je trouve la force de parler.

— Je suis amoureuse de toi, Blake Gallo, et c'est la plus belle catastrophe qui pouvait m'arriver.

— Le premier qui tombe amoureux a perdu… Te souviens-tu de ce jeu stupide ?

— Oui…

— Gianna, Tracy, Cara… C'était pour…

— Blake, si tu te mets à me citer toutes tes conquêtes, on sera encore ici lorsque le soleil se couchera, demain.

— Ça ne voulait rien dire, Violet. C'est toi que j'aime. Quand je pense à mon futur, il n'est jamais sans toi. J'aurais souhaité passer à autre chose, garder notre lien précieux, mais je suis amoureux de toi, Violet Mikami. Tu es une miss Je-sais-tout et tu es insupportable, mais tu es ma miss insupportable. Ne pas entendre ton rire dans les derniers mois a été une épreuve épuisante. Tu es celle qui sait pourquoi je suis devenu pompier et celle qui sait pourquoi je suis casse-cou. Ton air rebelle camoufle un coeur grand comme l'univers. Je sais que tu as aimé Evan à en devenir presque malade. S'il y a bien quelque chose chez toi que je ne vais jamais remettre en doute, c'est la puissance avec laquelle tu chéris ton entourage. Tu pourrais en perdre l'esprit et en tuer ton état mental, si ça lui permettait de voir tout le potentiel qu'il contient. Tu aimes avec une intensité qui n'est pas écrasante, elle en vient même mignonne. Tu peux trembler autant que tu veux dans mes bras, tu peux t'y reposer le temps qu'il te faudra. Je ne vais plus te laisser partir. J'en ai assez d'agir comme un gamin idiot qui ressent de l'affection pour la première fois et qui tire la natte d'une fille pour attirer son attention. C'est toi que j'aime, et aucune autre personne. Et si tu penses que c'est une catastrophe, eh bien, ce sera la nôtre. Je t'ai perdue une fois, je ne veux pas te perdre encore.

Si Blake est à mes côtés, je suis persuadée que je pourrai affronter toutes les turbulences de mon monde. Je me sens complète, sereine et aimée à ma juste valeur. Je sais les efforts qu'il fournit pour avoir l'impression de sauver sa famille à chaque intervention. Je me doute que quelque part, il se demande constamment pourquoi il a survécu. Pourquoi lui ? Pourquoi pas Madeline et ses parents ? Pourquoi n'a-t-il pas péri dans cet incendie ? Je sais qu'il comprendra mes tremblements de terre parce qu'il en vit, lui aussi.

Notre histoire sera sûrement à notre image : imparfaite. Mais puisque nous revenons sans cesse l'un vers l'autre, je peux affirmer qu'elle restera solide. Ce n'est pas seulement un coup de foudre, c'est un coup d'âme qui apaise les nôtres.