Chapitre 27
Edward et moi nous rendons au lycée ensemble. Ça n'échappe pas à nos camarades qui nous regardent avec intérêt quand nous sortons de la Volvo. Personne n'est au courant que nous nous sommes mariés mais Charlie doit passer ce matin pour régler les choses administratives qu'entraînent mon changement de nom. Bella Cullen. C'est un peu étrange d'avoir changé de nom alors que je suis la même personne.
Le lycée a des oreilles partout et si quelqu'un entend Charlie demander à la secrétaire de changer mon nom pour Cullen, l'information fera le tour très vite. Il y a aussi nos alliances autour de nos annulaires qui ne laissent pas vraiment de doute, s'ils sont suffisamment observateurs.
« Tu n'échapperas pas à leur examen complet maintenant qu'ils t'ont vue sortir de ma voiture, me chuchote Edward à l'oreille. C'est considéré comme une officialisation de notre couple, dans le règlement des ados alors ils vont chercher à en savoir plus. Ah, ça y est, quelqu'un a notifié nos alliances. Encore quelques secondes et... c'est bon, elle sait que nous nous sommes mariés.
Edward se redresse et je lui souris.
« Tellement pratique d'être télépathe, marmonné-je.
Je sors à peine de mon deuxième cours que je suis attrapée et menée un peu plus à l'écart. Lauren me fait face, elle a l'air furieuse.
« Tu t'es mariée avec Edward ? Dis-moi que c'est une blague !
Je lui souris.
« On voulait officialiser notre amour sérieusement.
« T'es folle ma pauvre fille. Tu ne crois pas qu'il va te jeter une fois qu'il se sera lassé de toi ?
« Il ne peut pas, nous avons un contrat de mariage qui stipule que le divorce est impossible, ricané-je. Nous nous aimerons pour l'éternité et l'éternité et pour l'éternité qui suit ensuite. Et jamais... jamais tu n'auras ta chance avec lui mais... c'est pas grave, n'est-ce pas ? Puisque c'est Tyler qui t'intéresse. Non ? Ah oui, c'est vrai, il est plutôt prof d'anglais, lui.
Elle est devenu toute rouge le temps de ma réplique puis elle siffle entre ses dents avec mépris.
« Plus personne ne vous parle alors que moi, tout le monde m'aime, m'assène-t-elle.
« C'est faux et tu le sais. Enfin, personne ne nous parle, ça c'est vrai mais est-ce important ? J'ai un mec, non pardon, j'ai un mari qui est fou de moi alors que toi, les gens sont gentils avec toi parce qu'ils ont peur que tu ruines leur réputation. Ils ne t'aiment pas et tu le sais. Je n'ai pas besoin que tout le monde m'aime, j'ai juste besoin d'Edward. Et il est à moi.
D'ailleurs le voilà qui arrive, il entoure son bras autour de mes épaules.
« Sois gentille, mon cœur, me rabroue-t-il. Inutile d'être méchante avec les gens sans importance.
Il m'entraîne avec lui. Je souris sournoisement à Lauren avant qu'elle ne soit hors de ma vue et me laisse guider par Edward.
« C'était inutilement méchant, me fait-il remarquer.
« Désolée.
« Menteuse, sourit-il.
Edward et moi lisons dans sa chambre à la villa, il est installé sur le divan, je suis allongée sur le ventre sur la couette. Enfin, lui lit, moi je fais semblant et je m'ennuie. Je suis à deux doigts d'imaginer des plans de vengeance pour cet ennui qu'Edward m'oblige à supporter sans le savoir. J'attends, encore et encore et finalement, Edward ferme enfin son livre. Je ferme le mien immédiatement et me redresse.
« Tu veux faire quelque-chose d'autre ? Lui demandé-je.
« Tu n'es pas obligée d'arrêter de lire, si tu veux continuer, me dit-il.
« Nah t'inquiète, je ne veux pas que tu t'ennuies. Alors ?
« Eh bien, nous pouvons écouter de la musique, si tu veux ?
« Oui, bonne idée.
Ça permettra d'occuper mes oreilles à défaut d'occuper mon corps avec des choses intéressantes comme le sexe ou toute activité qui ne soit pas de la lecture. Edward sourit, range son livre et allume son poste-CD. Une musique retentit dans la pièce et je perds mon sourire en entendant la musique classique. Je n'aime pas la musique classique, il n'y a pas de paroles sur lesquels se focaliser. Edward s'allonge à mes côtés et ferme les yeux pour profiter des mélodies ennuyantes. Quand le CD se termine, je suis soulagée mais bien sûr, je ne le montre pas.
« Tu as aimé ?
« Oui, dommage que ça soit fini.
« Je veux te montrer quelque-chose, viens.
Il se lève, je le suis jusqu'à l'autre bout de la villa. Il m'emmène dans une pièce et je me fige quand je découvre un piano. Je mets un sourire sur mon visage quand il se tourne.
« Tu joues ? M'intéressé-je faussement.
« C'est une passion, me dit-il en hochant la tête. Tu veux m'écouter ?
Je hoche la tête. Il relève le couvercle et s'assoit sur le large tabouret.
« Viens à côté de moi.
Je m'assois sur le bout de tabouret qu'il me laisse et il commence à jouer. Continuant ainsi ma soirée infernale. Je préférerais être dans le vrai enfer. Il joue bien, il n'y a aucun doute là-dessus mais la musique est tellement ennuyante. Où sont les paroles ? Il termine de jouer et à nouveau, je suis soulagée.
« Tu as aimé ?
« Oui, c'était magnifique, soufflé-je.
J'ai détesté. Encore un mensonge qui me revient en pleine face, ce soir est la soirée de mes faux centres d'intérêts. Si c'est un test, je l'ai réussi haut la main.
« Tu sais, commence-t-il. On est marié maintenant, tu n'es plus obligée de mentir.
"Mhpf" sort de ma bouche alors que je me ratatine. Il a senti le mensonge mais c'est vrai, il a raison. Je n'ai plus besoin de mentir parce qu'il est coincé avec moi, maintenant. Il se lève, prend ma jambe pour la faire passer par dessus le tabouret pour que je sois à cheval dessus, il s'assoit de la même façon devant moi.
« Tu oublies que tu es toute autant coincée avec moi, sourit-il malicieusement.
Il fait passer mes jambes par-dessus ses cuisses tout en tirant dessus pour m'imbriquer sur lui. Une position que serait intéressante si nous étions nus.
« Ouais je sais mais... attends.
Je le fixe, les yeux plissés.
« Depuis quand tu lis dans mes pensées ?
Ses lèvres s'étirent à nouveau.
« Depuis toujours.
Mes yeux s'écarquillent, ma lèvre inférieure se désolidarise de celle supérieure. Je repense à tout ce que j'ai pensé, tous les mensonges, tous mes plans pour le manipuler.
« Tu savais tout depuis le début, réalisé-je.
Il hoche la tête, tout à fait sérieux maintenant, il attend ma réaction.
« Tu savais que je te mentais, que je te manipulais et tu m'as laissée faire. Tu m'as manipulée.
Il me sourit.
« Je me suis dit que ça marcherait mieux si je parlais ton langage. Tu voulais me coincer avec toi et c'est toi qui te retrouve coincée avec moi, maintenant.
Je pensais être douée, tout marchait tellement bien mais je me suis attaquée à plus fort que moi. À un vampire plus malin que moi. J'ai participé activement à ma propre manipulation. Pas lui. C'est moi qui me suis fait piéger.
« Je sais pourquoi je voulais te coincer avec moi mais toi... pourquoi ? Où est le piège ? Qu'est-ce que ça t'a apporté ?
« Je n'ai que peu utilisé le mensonge pour te manipuler, j'ai profité de tes manipulations, la plupart du temps. Je t'aime, c'est vrai. Tu es mon âme-sœur et je ne cesserai jamais de t'aimer, peu importe tes agissements. J'ai menti pour tes pensées et j'ai utilisé ta peur de faire du mal aux autres pour que tu acceptes de m'épouser. Même si le simple fait que je te sois redevable aurait suffit mais je ne pensais pas à ce moment que c'est ça qui te ferait accepter.
« Je ne peux même pas t'en vouloir, déjà parce que je ne me sens pas trahie et ensuite parce que, j'avoue, je l'ai bien cherché.
« Tu ne m'en veux pas ?
« Regarde où nos machinations nous ont menés ? Le résultat est au-delà de mes plans et de mes espérances initiales. Bien sûr que je ne t'en veux pas, j'ai ce que je veux.
« Et j'ai ce que je veux, chuchote-t-il.
« Tu savais que je n'avais pas tué Will ? Ou t'y a cru parce que j'y croyais ?
« J'ai vu la scène dans ton esprit quand tu es venu me voir, ce soir-là. Nous ne savions pas que des nomades étaient dans le coin mais ce que tu as vu était trop proche de la réalité pour que ce soit des hallucinations mais je ne pouvais pas te dire que ce n'était pas toi, pas encore du moins. C'est pour ça que tu m'as vu furieux, j'avais une conversation avec Carlisle que tu ne pouvais pas entendre. Finalement, ça m'a bien servi pour que tu m'épouses et t'empêcher de m'abandonner, ce que tu voulais faire jusqu'à ce moment-là.
« Vilain manipulateur.
« Tu m'as tout appris, susurre-t-il, mais je peux me faire pardonner de la même façon que tu le peux.
Je hoche la tête et lui souris.
« Ici, soufflé-je.
« Ici ? Répète-t-il en arquant un sourcil.
Après les cours, mardi soir, je rentre à la maison, enfin, à l'ancienne maison pour passer du temps avec ma mère.
« Ma chérie, s'enjoue-t-elle en me voyant entrer dans le salon. Je n'ai pas entendu ton camion.
« J'ai volé la voiture d'Edward, souris-je. Puisque maintenant, ce qui est à lui est à moi.
Je m'assois à ses côtés.
« Tu as pu te reposer, hier et avant-hier ? Demandai-je. Samedi a été épuisant, même pour moi.
« Je passe mon temps à ne rien faire alors oui mais même comme ça, je suis épuisée comme si j'avais couru le marathon. J'ai des courbatures et je n'arrive plus à bouger aussi librement qu'avant, je ne peux même plus plier mes doigts entièrement. J'ai l'impression d'avoir 99 ans.
Je prends la main gantée de ma mère dans la mienne. C'est peut-être bientôt la fin.
« Je t'aime maman. Même si je ne ressens rien à cause de ma maladie, je sais que je t'aime, n'en doute jamais. Et ce n'est pas un adieu, ce ne sera pas un adieu, je ne veux pas qu'on se dise adieu alors...
« Bella, me coupe-t-elle. Ma chérie.
Elle me prend dans ses bras.
« Je n'ai jamais douté de toi, m'assure-t-elle. Jamais.
« Je vais rester là, je n'irais pas à l'école, tant pis, je peux redoubler s'il le faut. C'est juste un an, c'est rien dans une vie.
« Je ne dois pas t'encourager dans cette voix mais tu as raison, la situation est exceptionnelle. Je n'ai clairement pas profiter de toi, je n'aurais jamais dû t'envoyer chez ton père mais en même temps, tu as trouvé ce garçon qui t'aime malgré tout alors je ne peux pas le regretter vraiment.
« Il est coincé avec moi, maintenant, souris-je.
Renée secoue la tête mais son sourire dévoile son amusement. Je préviens Edward que je reste avec ma mère parce que je pense qu'il ne reste plus beaucoup de temps, qu'il ne s'inquiète pas de ne pas me voir rentrer.
Les huit jours qui suivent, je les passe avec Renée devant la télé ou je l'écoute me raconter ses histoires de jeunesse. Parfois, Charlie ou Phil sont avec nous mais la plupart du temps, ils nous laissent entre filles. Je me sens injuste parce que eux, ils sont vraiment accablés par le chagrin de la perdre alors que moi, je ne le ressens pas.
« Lorsque tu étais petite, tu disparaissais souvent dans la forêt, derrière la maison, me raconte-t-elle. Quand tu revenais, tu avais toujours un bouquet de fleurs dans la main et tu me l'offrais. L'hiver, quand il n'y avait pas de fleur, tu avais un bouquet de brins d'herbe et de branches cassées. J'ai toujours trouvé ça adorable alors je ne pouvais pas te gronder de m'avoir fait peur à ce point.
« Je me souviens, souris-je. Les fleurs, c'était... pour éviter que tu me grondes d'être partie me balader toute seule.
« Tu étais déjà maline, à l'époque, sourit-elle. Tu voudrais bien aller me cueillir quelques fleurs, en souvenir de ce temps-là ? Ça me manque.
« D'accord, accepté-je. Mais tu dois t'inquiéter de ne plus me voir et ne pas me gronder d'être partie toute seule dans la forêt parce que je t'offrirai ces fleurs.
Elle rit et hoche la tête. Je me lève pour sortir de la maison. Je m'enfonce dans la forêt, en passant par le jardin et cherche les plus jolies fleurs qui poussent ici et là. Quand ma main est remplie de fleurs colorées, je fais demi-tour. De retour à la maison, je me dirige vers le salon.
« Regarde, maman, les jolies...
Je me stoppe en relevant les yeux. La tête de ma mère est anormalement penchée alors qu'elle est toujours assise sur le canapé, elle est parfaitement immobile parce qu'elle ne respire plus.
« Fleurs, terminé-je dans un chuchotement à peine perceptible.
Elle ne voulait pas que je la vois mourir, elle savait que c'était terminé et je lui ai dit, il y a huit jours, que je ne voulais pas lui dire adieu.
« Je ne voulais pas que tu meurs.
C'est ce que j'aurais dû lui dire. Sauf qu'elle n'aurait pas pu me donner ça. Un mouvement attire mon attention sur le cadre accroché au mur, j'y vois mon reflet sur la vitre qui protège la toile en dessous. Mon reflet-zombie tape contre la vitre, il crie et il pleure mais je ne l'entends pas. Je ne m'entends pas. Parce que mon reflet, c'est moi. Il ferme les yeux et pose son front contre la vitre. Je le regarde, je me regarde pleurer alors que je reste impassible, debout à deux pas de l'entrée du salon sans rien ressentir. La tête de mon reflet se redresse et me fixe sombrement, les mâchoires serrées, les lèvres retroussées et j'entends un monstre gronder dans ma tête.
J'ai l'impression que mon reflet essaye de faire un truc... et qu'il réussit. Je sens quelque-chose de chaud et humide sur mes joues. Je touche l'un des endroits avec ma main. Le bouquet de fleurs tombent sur le sol, je prends mon téléphone et j'appelle Edward.
« Bella ?
« Je pleure.
« Tu... où es-tu ?
« Chez moi.
« J'arrive, ne bouge pas.
Elle le savait. Elle savait qu'elle allait mourir et elle ne voulait pas que j'assiste à sa mort parce que je ne voulais pas lui dire adieu.
« Je ne voulais pas que tu meurs, crié-je.
La porte s'ouvre derrière moi, Edward me coupe la vue et me serre dans ses bras.
« Je voulais pas qu'elle meurt.
Et ça m'énerve alors je le frappe.
« Je voulais pas ! Je voulais pas ! Je voulais pas !
Edward est un roc qui ne bouge pas, je me fais plus mal aux poignets et aux mains mais ce n'est rien parce que j'ai si mal à l'intérieur. Et je n'arrête pas de pleurer alors que je ne pleure jamais et je suis... je suis... je suis triste et je suis en colère. Je hurle pour retirer ça de moi mais ça ne veut pas partir alors je frappe Edward plus fort et je me fais mal encore un peu plus.
« Chht, chht, Bella. Je suis désolé, tellement désolé.
Je ne l'écoute pas parce que je continue de crier. Je sens Edward bouger mais je ne sais pas ce qu'il fait.
« Jasper, retrouve-moi chez les Swan, j'ai besoin de toi, l'entends-je dire.
Mais je continue de crier parce que tout ce qu'il y a en moi, c'est l'enfer sur Terre. J'ai l'impression que je vais mourir et en même temps que je vais exploser. Je dois retirer ça de moi, il me faut un couteau pour enlever ça de moi.
« Chht. Bella arrête, tu ne peux pas faire ça, ça ne s'en ira pas comme ça.
Je hurle à pleins poumons parce que, putain, ça ne veut pas partir. Après peut-être une éternité d'enfer, ce qu'il y a en moi commence à glisser, quelque-chose s'insinue à la place, mes cris se transforment en gémissement plaintifs puis en respiration saccadée, je me sens moins... plus légère ou quelque-chose comme ça. Je serre le t-shirt d'Edward mais garde les yeux fermés pour profiter de ce calme absolu qui m'a recouverte.
« Elle ressent des émotions, relève Jasper.
Je sens Edward hocher la tête.
« Ça ne lui réussit pas vraiment, marmonne Edward.
« Elle n'a pas l'habitude, elle n'a pas appris à les gérer ni même à les ressentir, c'est normal que ça lui soit insupportable, surtout ces émotions-là.
Une sirène de police retentit au loin mais je ne veux pas bouger parce que là, je me sens bien et si je bouge, ça va peut-être revenir. La sirène se fait plus forte puis s'arrête.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Quelqu'un a appelé pour signaler des cris chez moi.
« Charlie, commence Edward. Je suis désolé mais Renée... Renée est morte.
La peine et la colère essayent de retrouver un chemin mais la sérénité le repousse.
« Bella, souffle Charlie.
« Elle ressent des émotions, explique Edward. Elle est triste et en colère, c'est la première fois qu'elle ressent des émotions, elle n'a pas supporté, c'est elle qui criait. Je pense que je suis arrivé à temps avant qu'elle ne cherche une solution pour retirer ça d'elle.
« Oh mon dieu, s'effare Charlie. Comment est-ce possible... avec ce qu'elle a ?
« Je ne sais pas, déclare Edward. Peut-être le choc a débloqué les connexions, je ne sais pas. C'est médicalement impossible. Mon père s'est peut-être trompé, c'est peut-être autre chose.
« Emmène-la chez vous, je vais m'occuper de Renée.
« Non, gémis-je.
« Si, Bells, murmure Edward. Tu n'es qu'artificiellement calme, c'est Jasper qui te maintient, tu dois apprendre à gérer. On reviendra plus tard.
« Non.
« C'est de ta santé mentale qu'il s'agit ici, respecte le contrat.
Je cède et le laisse m'emmener parce qu'il a raison, c'est dans notre contrat. Le trajet se fait dans une sorte de nuage de sérénité incroyable. Edward me guide jusque notre chambre où il m'allonge, je vois Jasper qui nous a suivi et s'adosse contre le mur.
« Essaye de diminuer la dose, demande Edward à Jasper.
Je grimace quand je sens la sérénité glisser et laisser la peine et la colère reprendre un peu plus d'espace, la sérénité revient et les repousse.
« Il lui faudra du temps pour apprivoiser ses émotions et pouvoir les supporter.
Je peux rester sous le joug du don de Jasper toute ma vie, s'il le faut. Ça ne me dérange pas de rester immobile sur mon lit pour toujours. Edward s'allonge à mes côtés et dessine des arabesques sur mes bras et sur mon ventre. Je me roule en boule en coinçant ma tête contre le torse d'Edward, son bras se pose sur moi et nous restons ainsi pendant un moment.
« Tu veux que j'appelle Carlisle ? Propose Jasper derrière moi mais je pense qu'il s'adresse à Edward.
« Pas pour l'instant, laissons-le trouver son ami, je pense qu'on a plus que jamais besoin de ses informations. Bella n'est pas une psychopathe, elle est autre chose et cette autre chose n'est pas naturelle.
« Pourquoi ?
« J'ai vu quelque-chose, dans le reflet d'un cadre, quelque-chose que Bella a déjà vu et qu'elle prenait pour une hallucination, je pensais aussi que ça l'était mais je l'ai vu. Ce n'était pas un don non plus, c'était réel.
« Alors l'homme-loup et l'homme-serpent ?
« Ils existent.
