Salut et comme toujours, bonne lecture !
John Fisher avait arrêté les patrouilles en raison de son âge et de son grade. Il passait maintenant la majorité de son temps derrière un bureau, à remplir de la paperasse et à s'assurer que les membres plus jeunes et plus fougueux des forces de police londonienne se tenaient à carreaux.
Les seules fois où il devait encore patrouiller – et seulement quelques heures pour montrer qu'il n'était pas si déconnecté du terrain que ça – c'était le jeudi matin. C'était un bon moment ce n'était pas un matin de week-end, alors il ne n'avait pas à gérer ceux qui avaient fait des excès dans un pub et ce n'était pas un après-midi de week-end, où il fallait gérer les hooligans aux pubs ou en route pour la maison.
Tous ceux qui avaient un travail s'y trouvaient déjà à l'heure où il commençait sa promenade dans les rues et l'école ayant déjà commencé, la jeunesse de Londres n'était donc pas non plus sur son chemin. Les routes étaient raisonnablement calmes et les rues étaient souvent vides, si l'on ne comptait pas les étudiants de l'université qui se promenaient dans la ville entre leurs cours.
Il y avait très peu d'accidents de voiture le jeudi matin, très peu de cambriolages et jamais, jamais, aucun meurtre.
Sauf ce jeudi-là.
John venait de sortir de la boulangerie du quartier le couple qui la tenait était ami avec sa femme Sue et lui offrait généralement une petite remise. Il tenait dans la main une tourte à la viande, un cake à l'orange et un jus de fruits et montait dans sa voiture lorsqu'il entendit un cri déchirant, suivi juste après par d'autres cris.
John ressortit de la voiture, remontant son pantalon d'une main et attrapant ses clés de voiture de l'autre. Il se mit à courir en direction des cris et se retrouva deux rues plus loin, dans une zone commerciale bien remplie. Haletant et sentant son cœur prêt à sortir de sa poitrine, si par chance il ne s'arrêtait pas avant, il écarta des curieux de son chemin.
« Ecartez-vous ! s'écria-t-il, écartant une femme et son bambin. Excusez-moi- Officier John Fisher de- de la police municipale ! »
Il prit une inspiration pour calmer ses poumons douloureux et tandis qu'il se tenait la poitrine, sa main tomba sur son sifflet. Il souffla un coup et les gens s'écartèrent rapidement. John s'avança et fut soulagé de ne pas avoir mangé.
Allongée là, près d'un container, dans une mare de sang – son propre sang – se trouvait une femme. Son visage était lugubre et ses yeux étaient ouverts et ne bougeaient plus. Sa poitrine était tâchée de sang et arborait deux grandes plaies horribles. Un homme, penché sur elle, avait posé ses doigts sur son cou – à la recherche d'un pouls – et secoua la tête en regardant John.
John attrapa sa radio et adressa rapidement un message à n'importe quel autre collègue qui se trouvait dans le coin il avait besoin de renfort et il avait besoin que quelqu'un s'occupe du corps. John posa sa veste sur sa tête et sa poitrine en attendant, couvrant le pire des dommages, bien qu'il ne pouvait pas faire grand chose pour le sang.
« Que s'est-il passé ? » demanda John, réussissant finalement à reprendre une respiration suffisante pour pouvoir parler sans haleter.
« Une femme l'a poignardé, expliqua quelqu'un. Elles se battaient et ensuite- c'était horrible. »
Plusieurs personnes sanglotaient.
« La femme, dit John. Où est-elle allée ? »
John parvint à obtenir suffisamment d'informations – une description et une direction – pour envoyer un autre message à travers la radio. John resta avec les témoins, prenant les témoignages de chacun d'entre eux, avec l'aide de l'Officier Hopkins qui avait débarqué quelques minutes après le premier appel.
« -portait un jean et- »
« Fisher, c'est Lockett, dit la radio de John. Jones et moi- »
La radio bourdonna et se coupa.
« -femme correspondant à la description, monsieur. »
« Vous l'avez attrapé ? »
« On est presque sûr. » dit Lockett.
« Comment vous pouvez être sûr ? »
« Et bien, dit Lockett. Elle est couverte de sang, monsieur. »
Il fallut encore une heure et demi pour gérer la situation dans la zone commerciale – le corps de la victime était parti pour la morgue, dans l'espoir d'être identifié – et une autre demi-heure pour que John puisse retourner à sa voiture, puis aux bâtiments de la police.
Julie le trouva dans son bureau, l'air agité, et le conduisit jusqu'aux cellules – qui avaient pour habitude d'accueillir des voleurs ou des conducteurs alcoolisés. Leur meurtrière était détenue là-bas jusqu'à ce qu'ils puissent l'identifier et prévoir un groupe de policiers pour l'emmener dans une prison adaptée.
John secoua la tête d'abord cette femme, Star, voilà quelques mois et maintenant celle-ci … Les femmes de Londres devenaient folles !
Lui et Lockett se serrèrent la main et Jones lui adressa un étrange signe de la main depuis son siège près du mur à barreaux des cellules, avant de retourner son attention sur la captive. Jones était une femme raisonnablement austère – des cheveux poivre et sel, des lèvres pincées et des yeux plissés – mais même elle paraissait aujourd'hui anormalement sombre et désapprobatrice.
« Elle s'appelle Ebony Hunt, ou du moins, c'est ce qu'elle dit, dit Lockett, en jetant un œil par-dessus son épaule. Aucune pièce d'identité sur elle. »
« J'imagine que vous devrez juste me faire confiance, pas vrai ? »
John croisa le regard de Lockett et passa devant lui. Hunt le regardait calmement depuis le petit banc au fond de sa cellule, l'air parfaitement à l'aise, malgré les menottes autour de ses petits poignets et les tâches de sang séché sur sa chemise et son jean.
« Elle a avoué. » dit Jones sans tourner la tête.
Un autre aveu ? se demanda John, incrédule. Pas que ça le dérangeait, mais en général, les criminels préféraient mentir.
« Officier. » dit-elle d'une voix étonnamment grave.
« Mme Hunt, dit froidement John. Vous avez assuré le spectacle aujourd'hui. »
« Je sais. »
Les yeux de Hunt – d'un gris d'acier – se mirent à briller. Ils se dévisagèrent – John retroussant la lèvre, Hunt l'air ennuyé – jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole.
« J'ai toujours aimé le spectacle. »
« Alors vous avez tué quelqu'un, en plein jour, pour le spectacle ? » s'exclama Jones.
Hunt la regarda en restant impassible.
« Je n'irais pas jusqu'à dire en plein jour, dit Hunt d'un ton songeur. C'était plutôt couvert ce matin. »
Elle sourit aux trois personnes et commença à fredonner légèrement, tout en les ignorant.
Sirius fut déplacé dans une prison de haute sécurité dans l'heure et ne pouvait s'empêcher d'être fier de lui, bien que la majorité des félicitations devrait aller – et irait, la prochaine fois qu'il la verrait – à Dora.
Sirius était allé faire un tour sur le Chemin de Traverse la veille au soir pour acheter du sang de dragon et Dora avait créé une poche de peau pour l'y ranger. Quand Sirius l'avait 'poignardé' – avec un couteau émoussé qu'il avait trouvé dans le coffre des Black – elle avait rapidement modifié son ventre pour éviter d'être blessé et pour arborer deux grandes plaies horribles, tout en relâchant le sang.
Alors – en supposant qu'elle avait fait ce qu'ils avaient répété la veille – elle était devenue très pâle et avait durci son cou et sa poitrine – pour bloquer son pouls et les battements de son cœur – avait rétréci ses poumons – pour dissimuler sa respiration – et avait créé des trous d'air entre ses clavicules pour l'aider à respirer. A ce moment-là, Sirius avait déjà fui, mais si sa performance était à moitié aussi bonne que lors de leur entraînement, elle avait sûrement fait un cadavre très convaincant.
Et elle avait fait de lui une femme étrangement convaincante – même le médecin qui l'avait examiné, avant de l'admettre en prison, n'avait rien trouvé à redire sur son déguisement. Sirius trouvait son corps métamorphosé très étrange – il était beaucoup plus petit d'abord, mais surtout, ses larges épaules lui manquaient – et il avait décidé de ne pas trop penser au reste.
Sa cellule était bien plus sympa que celle qu'il avait à Azkaban. Elle disposait d'un lit superposé avec une petite pile de vêtements sur le lit du haut, un bureau – qui était fixé au sol et au mur – et une chaise qui était également attachée, tout comme ses propres toilettes et son évier, à moitié cachés derrière un mur bas. Comme dans les cellules du Ministère, il y avait quelqu'un d'autre avec lui elle avait été envoyé se tenir face au mur par l'un des gardes, lorsque Sirius était entré.
Derrière les barreaux de la cellule, on pouvait voir un couloir où s'alignaient d'autres cellules quelques-unes des autres prisonnières criaient sur les policiers qui encadraient Sirius. Le plus âgé – son badge affichait Fisher – lança à Sirius un regard dédaigneux.
« Vous serez informés des dates de votre procès. » dit-il avant de faire signe aux quatre autres et de partir.
Un officier – un garde – resta suffisamment longtemps pour verrouiller la cellule avant de s'en aller dans le couloir, en soupirant.
La femme contre le mur croisa les bras et s'éclaircit la gorge. Elle devait avoir entre quarante et cinquante ans, supposa Sirius. Elle était très grande, mais aussi très mince. Elle lui rappelait un peu la tante de Harry, Pétunia, avec ses coudes osseux et son cou étroit, bien que Sirius la trouve bien plus intimidante cette femme avait probablement tué quelqu'un.
« Carol. » dit-elle, de but en blanc.
« Ebony. » lui répondit Sirius, en grimpant sur le lit du haut.
Il ne comptait pas être trop impoli – ce genre d'attitudes pouvaient marcher avec des hommes, mais sans doute pas avec des femmes, et encore moins avec une femme si grande. Il comptait juste se fondre dans le décor et se faire oublier.
Il posa la tête sur son oreiller – qui n'était pas si inconfortable – et ferma les yeux, en pleine réflexion c'était la partie qu'il n'avait pas planifié à la perfection il n'avait pas sa baguette sur lui (ou elle lui aurait été confisqué dès son arrivée) et il avait prévu d'appeler Kreattur pour qu'il la lui ramène … Seulement Sirius n'avait pas réalisé qu'il partagerait sa cellule.
Ce qui pourrait compliquer les choses, pensa-t-il, avec mauvaise humeur. Je vais-
Sirius laissa échapper un grognement lorsque Carol lui attrapa les cheveux – que Dora avait rallongé et bouclé pour l'occasion – et le fit descendre pour lui faire face.
« Aïe. » dit Sirius en regardant sa main d'un air éloquent.
« Je n'ai pas eu de voisine de cellule depuis longtemps- »
Sirius faillit lui demander si c'était parce qu'elle n'était pas gentille avec les autres enfants, mais il se mordit la langue.
Je suis un adulte et je vais me comporter comme tel, se dit-il à lui-même. Ne pas provoquer. Sirius pouvait parfaitement se battre, mais il ne voulait pas spécialement frapper des femmes. Même s'il se lançait là-dedans, il était bien plus petit qu'à l'accoutumée, avec moins de poids et il comptait tant sur la magie pour régler ses problèmes qu'il sortirait sûrement perdant dans toute altercation physique avec quiconque ici c'étaient des moldus et ils se battraient comme tels.
« -et ça m'allait très bien, finit Carol. Alors toi, gamine, tu as intérêt à rester en dehors de mon chemin. »
« Je ne serais pas ici longtemps. » dit Sirius, faisant rire Carol.
Ce n'était pas un son très agréable.
« Tout le monde dit ça. » dit-elle en tirant à nouveau sur les cheveux de Sirius.
Il grimaça et alors, brusquement, elle lui tapota la tête. C'était un des gestes les plus condescendants que quiconque ait montré à son encontre, et même son côté canin désapprouvait.
« Ne m'ennuie pas, c'est clair ? »
« Bien sûr, connasse. » murmura-t-il.
Elle lui lança un regard suspicieux, mais décida apparemment qu'il avait dit son nom et ne l'avait pas insulté. Alors, elle sembla satisfaite. Sirius aurait voulu lui jeter un sort pour lui enlever cette expression du visage. Par chance, elle disparut dans le lit du bas et Sirius ne l'entendit plus jusqu'à l'heure du dîner.
Sirius avait réfléchi au plan le plus nul à cette heure-là. Il y avait une table avec de la nourriture (Sirius jeta un œil intéressé au système qu'utilisaient les moldus pour garder la nourriture chaude) et des gens qui la servaient d'un côté de la pièce, tandis que le reste de l'espace était occupé par des tables.
Quelques personnes étaient déjà assises par groupes – Sirius eut l'impression qu'il y avait une hiérarchie très stricte ici. Il repéra quelques jeunes femmes – probablement pas encore vingt ans – toutes regroupées ensemble et aussitôt qu'elles eurent reçu leurs plats (du rôti de bœuf et de la glace au chocolat en dessert), Carol quitta immédiatement Sirius pour aller rejoindre une table avec des femmes plus âgées.
Sirius serra sa prise sur son plateau et se mit à chercher une blonde il savait, grâce à Robards, que le dernier sortilège lancé par la baguette de Marlène lui avait changé sa couleur de cheveux. Il y avait malheureusement pas mal de femmes blondes dans les environs. Sirius renifla légèrement, mais n'arrivait pas à reconnaître son odeur à cause des odeurs fortes de nourriture et à cause du nombre de personnes dans la pièce. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir se transformer en Patmol et mener des recherches efficaces, mais il redeviendrait lui-même dès qu'il redeviendrait humain et cela ruinerait tout.
Alors, Sirius fit la chose la plus logique. Il s'assit à la table la plus proche de la porte et observa toutes les personnes qui entraient et toutes celles qui sortaient.
Sirius terminait sa glace quand il la repéra. Elle était seule, se dirigeant vers la sortie. Ses cheveux étaient bien plus longs que dans ses souvenirs, blonds et désordonnés. Elle était plus mince, mais elle semblait aussi étrangement plus apaisée elle n'avait, au moins, pas l'air d'être au bord des larmes, comme la dernière fois qu'il l'avait vu.
Sirius laissa son assiette et son bol où ils se trouvaient et la suivit.
« Pourquoi tu as fait ça ? » demanda Mondingus.
Peter l'entendit à peine au lieu de ça, il serra encore plus sa couverture et entreprit de s'appuyer encore davantage contre le mur de sa cellule. 'L'été' était un mot utilisé avec parcimonie à Azkaban, car il n'y faisait jamais vraiment chaud, mais il ne faisait pas aussi froid. Et Peter savait que Noël approchait – il avait entendu deux gardes en parler – et quel cela apporterait un temps glacial. C'était affreux. Il se demanda si Azkaban allait vraiment geler et espérait à moitié que ça arriverait pour qu'il puisse mourir de froid.
La mort aurait été plus tendre, dit doucement la voix de Sirius, et Peter acquiesça avec ferveur. Le Sirius dans sa tête renifla avec dédain. Enfin, Queudver, dit-il, et ce fut cela qui rappela à Peter que Sirius n'était pas vraiment dans sa tête le vrai Sirius ne l'appellerait jamais Queudver. Ne crois-tu pas que c'est normal que tu vives cette vie pour laquelle tu as tout vendu ?
« Non. » murmura Peter entre deux claquements de dents.
« Allez, Pettigrow, dit Mondingus en se rapprochant du coin de sa cellule. Aucun de nous ne va nulle part. Tout ce qu'on peut faire, c'est se parler … Pour rester sain d'esprit, t'sais ? »
« Tu vas sortir, marmonna Peter. Au bout d'un moment. C'est quoi – cinq ans ? »
Mondingus plissa des yeux en direction du ciel couvert et acquiesça avec hésitation.
« Et moi, je serais toujours là. A perpétuité. » dit amèrement Peter.
« Et ronchonner n'est pas la meilleure manière de s'y faire, lui dit Mondingus. J'ai déjà fait deux ans ici et je m'en suis sorti. Tu n'as même pas encore fait un an, alors je ne sais pas de quoi tu te plains. »
« C'est Azkaban. » s'écria Peter en espérant qu'il disparaisse.
Mondingus traînait dans le coin depuis un mois et l'état mental de Peter s'était drastiquement dégradé depuis lors. Il détestait ses questions incessantes endurer une solitude misérable n'était pas suffisant ? Quelqu'un sanglota dans une cellule lointaine et Peter frissonna avant de réajuster sa couverture.
« Alors pourquoi- »
« Pourquoi tu le ferais, toi ? » demanda Peter de mauvaise humeur, en se rendant compte que s'ils devaient vraiment parler, autant que ce soit selon ses propres termes.
« Pour l'argent. » dit Mondingus, l'air satisfait d'obtenir une réponse de la part de Peter.
Peter le fusilla du regard.
« Tu vois, je sais que je suis innocent, alors c'est pas un problème pour moi. Je n'ai rien fait – cette fois. Je veux dire, c'est désagréable les Détraqueurs, c'est le truc le plus emmerdant ici, pas vrai ? Mais ils ne peuvent pas me rendre fou, juste triste et mal à l'aise. »
Peter pensa intérieurement que Mondingus avait une image de lui si déformée que cela expliquait pourquoi les Détraqueurs n'arrivaient pas à venir à bout de lui.
Peter, d'un autre côté, avait une perception très réaliste de sa propre valeur et les Détraqueurs avaient été prompts à détruire le peu de valeur que Peter pensait avoir.
La mort serait tellement, tellement plus tendre, pensa-t-il, agacé.
« -doit juste s'y faire, tu vois ? »
« Non. » dit Peter, parce qu'il ne voyait pas.
Il ne s'y faisait pas du tout. Il soupçonnait que Sirius avait été comme lui savoir qu'il était innocent avait du aider. Peter n'avait pas ce luxe et Azkaban le savait parfaitement.
« Ça ira très bien pour toi. » dit sagement Mondingus.
Peter le dévisagea.
« Tu n'aides pas beaucoup, t- tu- »
Peter s'interrompit, pris d'une quinte de toux.
« Désolé. » dit Mondingus, apparemment sincère.
Il fit une pause et Peter pensa qu'il devait réfléchir Mondingus était un Serpentard, mais il n'avait pas été réparti là-bas en raison de son habileté, seulement en raison de son ambition. Tout ce qui impliquait trop de réflexion n'appartenait pas au domaine de compétence de Mondingus et Peter avait entendu dire qu'il avait tout juste atteint les A pour ses A.S.P.I.C, bien que Dumbledore avait dit une fois qu'il avait écrit de bons devoirs.
Mais Dumbledore a toujours quelque chose à dire de gentil sur tout le monde, pensa vicieusement Peter, avant de s'affaisser. Sauf sur moi. Il me hait.
Tout le monde le détestait, à présent. Même Mondingus avait eu besoin de plusieurs semaines pour même accepter de parler à Peter et c'était probablement car il n'avait que deux choix : lui parler ou devenir fou. Peter renifla et laissa sa tête retomber contre la pierre froide.
Sirius le détestait pour … et bien, tout, et c'était probablement la même chose pour Remus. Tous ses anciens amis de l'Ordre le détestaient pour ce qu'il avait fait à James, Lily et Sirius, le fait qu'il leur ait menti pendant des années. L'ensemble de ses anciennes … connaissances Mangemorts – ceux qu'il connaissait, du moins – le détestaient pour avoir participer à la chute du Seigneur des Ténèbres. Plusieurs d'entre eux – Bellatrix en premier, la dingue – le lui avaient dit lorsque les gardes l'avaient emmené jusqu'à sa cellule le premier jour.
Peter n'avait personne. Personne à Azkaban – il ne comptait pas Mondingus, car Mondingus était faible et s'éloignerait de Peter à la première occasion, il en était certain, alors Peter ne comptait pas dépendre de lui – et personne à l'extérieur. Il était en vie – il avait au moins réussi ça – mais il ne vivait pas vraiment, et il ne partageait sa vie avec aucun ami.
La guerre me manque, pensa-t-il, misérablement.
Pendant un instant, Peter fut capable de se souvenir du visage rieur de tout le monde – il décida de fermer les yeux sur les rides de stress et sur la façon dont tout le monde sautait sur sa baguette au moindre mouvement – mais un Détraqueur s'approcha de la cellule, pour la deuxième fois de la journée, et le souvenir disparut dans le gris de sa cellule.
Marlène prit place au bureau dans sa cellule et attrapa le livre qu'elle était en train de lire – le cerveau humain et ses fonctions. Elle venait juste de s'installer sur la petite chaise quand il y eut un bruit métallique derrière elle.
Marlène fronça les sourcils – sa compagne de cellule Kathleen restait habituellement avec ses amies jusqu'à ce que les gardiens demandent le retour en cellule – et regarda par-dessus son épaule. Alors, elle se crispa. Elle ne reconnaissait pas la femme qui se tenait debout à l'intérieur de sa cellule et Marlène ne pensait pas que ce soit une bonne chose.
« Je peux t'aider ? » demanda-t-elle en se levant.
Elle était bien plus grande que l'étrangère et pas aussi mince, ce qui était rassurant. S'il fallait se battre, Marlène aurait sûrement sa chance, à moins que la femme dissimule une arme quelque part. Marlène laissa tomber son livre sur le bureau.
« Mona ? » demanda la femme avec une expression étrange.
« Je peux t'aider ? » répéta Marlène, avec un ton plus sec.
La femme eut l'air à la fois exaspéré et excité et avança un peu, hésitante.
« Qui es-tu ? » demanda Marlène.
« Je suis- »
La femme hésita et vu qu'elle restait silencieuse, Marlène réalisa qu'elle essayait de réfléchir à un qualificatif pour se décrire.
« Un ami, finit-elle par dire, hésitante. Ou du moins, je te considère comme mon amie. Plus ou moins. »
« Et bien, plus ou moins amie, dit Marlène, plutôt froidement. Tu veux quoi ? »
« Toi. » répondit la femme, l'air sûre cette fois.
Elle entra encore un peu plus dans la cellule – regardant le bureau avec curiosité – et Marlène s'approcha de la porte, essayant de décider si elle devait fuir ou rester.
« S'il te plaît, ne fuis pas encore. » dit calmement la femme.
« Encore ? demanda Marlène en arquant un sourcil. Que- »
« Tu viens avec moi ? » demanda brusquement la femme.
« Venir ? demanda Marlène, hébétée. Où ? »
« J'sais pas, dit la femme. Dans le coin. Un endroit plus calme. »
Elle passa devant Marlène et sortit dans le couloir.
« Tu viens ? »
« Tu rigoles, pas vrai ? » demanda Marlène, incrédule.
Même si le monde sorcier était différent du monde moldu, elle ne pensait pas que ce soit très intelligent de suivre une étrangère – qui avait un passé tumultueux, en plus – dans aucun des deux mondes.
« Non. » dit la femme.
Plus soudainement, ses yeux étincelèrent et un petit sourire passa sur son visage.
« Je suis sérieux. »
Marlène fixa la femme pendant un long moment.
« D'accord. »
Elle avait renié sa place dans le monde sorcier, mais elle avait été une Gryffondor par le passé. Courageuse.
« Mais nulle part de trop tranquille. »
Toutes les deux marchèrent en silence dans le couloir – l'autre femme n'arrêtait pas de regarder Marlène avant de regarder ailleurs quand Marlène tournait les yeux vers elle. Elles passèrent devant d'autres détenues et gardiens sur leur chemin dans la prison et pour la troisième fois, la femme regarda Marlène, mais ne détourna pas les yeux quand elle lui rendit son regard.
« Je n'ai aucune idée d'où je vais. » avoua-t-elle.
« Visiblement, lança Marlène. Tu débarques ? »
« Je suis arrivée cet après-midi. »
Marlène cligna des yeux.
« Je- je rigolais. »
« Pas moi. »
« La lingerie est juste là. » dit Marlène, étourdie par leur échange.
Elle s'empressa d'avancer et la femme la suivit rapidement, l'air amusé.
« Personne ne fait de lessive le soir, même si c'est autorisé, ajouta Marlène, l'air prête à faire la conversation. Alors ça devrait être tranquille. »
Ça l'était et la femme s'assit sur une machine à laver, tandis que Marlène traînait autour de la porte.
« Et bien ? » demanda-t-elle après un moment.
Elle ne s'était pas sentie si troublée depuis qu'elle était entrée dans le monde moldu et cette sensation ne lui avait pas manqué.
« Tu veux quoi ? »
« Je te l'ai déjà dit. »
« Moi ? demanda Marlène en levant les yeux au ciel. Je suis toute à toi – temporairement. Mais si tu ne commences pas à t'expliquer dans les prochaines secondes, tu vas me perdre. »
« Je te retrouverais encore. » dit la femme avec certitude.
« Je suis douée pour me cacher. »
« Je t'ai trouvé cette fois, pas vrai ? »
« J'étais assise dans ma cellule, dans une prison, dit Marlène en essayant de se montrer la plus condescendante possible. Je n'étais pas une cible difficile. »
« Non ? » demanda la femme, avec quelque chose dans la voix que Marlène n'arrivait pas à identifier.
Elle sauta de la machine à laver et s'appuya contre celle-ci en croisant ses bras.
« Tu es bien loin de la maison, Mona. Certains pourraient même penser que tu te cachais. »
« Certains pourraient avoir tort. » répliqua Marlène, avec des yeux durs.
Mais 'troublée' était désormais loin d'être un qualificatif suffisant pour décrire son état. Cette femme, qui qu'elle soit, lançait des piques avec lesquels Marlène n'était pas à l'aise. Elle se tourna sur ses talons, bien décidée à retourner dans sa cellule.
« Sérieusement ? Tu vas fuir de nouveau ? »
« Je retourne dans ma cellule, dit Marlène avec toute la dignité dont elle était capable. C'est presque l'heure du couvre-feu. »
C'était un mensonge le couvre-feu n'aurait pas lieu avant encore une heure, mais si cette femme était nouvelle comme elle le disait, alors elle ne saurait pas ça.
« Attends ! »
Marlène ne s'arrêta même pas.
« Marlène, attends. »
Ces deux mots avaient été prononcé calmement, mais avec tant d'autorité que Marlène se mit à attendre. Elle ne s'arrêta cependant pas et fit volte-face.
« Qui- ? » s'étouffa-t-elle.
Tout ce qu'elle obtint en retour fut un sourire triste, mais c'était suffisant. Le nombre de fois qu'elle l'avait vu pendant la guerre, dirigé vers elle par-dessus l'épaule de James Potter ou Remus Lupin, ou par-dessus un verre de whisky Pur-Feu … Son cœur s'arrêta. Elle voulait fuir. Elle n'avait jamais autant voulu quelque chose, en vérité, mais elle savait que la femme – enfin, l'homme – face à elle la suivrait. Il avait réussi jusque là, n'est-ce pas ?
Elle s'assit sur le sol, à l'endroit où elle se trouvait. Sirius s'approcha pour s'asseoir près d'elle, sans hésitation.
« Dora a fait du bon boulot. » dit-il doucement, en montrant son visage.
Maintenant qu'elle savait que c'était lui, elle reconnaissait la couleur de ses yeux, même si la forme était différente, que les cils étaient plus épais et que les sourcils étaient plus fins. Son nez était plus long et plus fin, ses dents plus courtes et ses lèvres plus pleines.
« Je ne me suis même pas reconnu quand j'ai- »
« Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle. Et si tu réponds 'toi', je te jure que je te casse ta stupide tête méconnaissable. »
Sirius ne répondit pas.
« Réponds-moi ! »
« Je ne veux pas que tu me frappes. » murmura Sirius.
Un sanglot échappa des lèvres de Marlène.
« P- Pourquoi tu es venu ? demanda-t-elle, un peu hystérique. Je ne suis pas- je ne devrais pas compter ! »
« Bien sûr que tu comptes. » répondit-il doucement.
Elle se demanda comment elle ne l'avait pas reconnu même avec des cordes vocales métamorphosées, il avait toujours l'air d'être lui avec ce ton.
« Même- »
Il hésita en la regardant, puis en regardant ailleurs très rapidement. Il y eut une pause inconfortable et il reprit la parole.
« Nous- ce qui reste de l'Ordre- »
« C'était il y a longtemps. » répliqua-t-elle.
« Tout comme James et Lily, la contredit Sirius. Et tu étais prête à me tuer pour eux. »
Marlène sursauta et se serait levée et serait partie en courant si Sirius ne l'avait pas anticipé et n'avait pas attrapé son bras.
« Ne me dis pas que ça n'a pas d'importance. »
« Je ne m- m'excuserais pas. » dit Marlène.
« Pourquoi pas ? » demanda Sirius, les sourcils froncés.
« Parce que ça ne suffirait pas ! s'exclama Marlène. J'ai utilisé un Impardonnable sur toi- »
« Tu ne le voulais pas vraiment- »
« Si, murmura-t-elle. Et ce n'est pas- je ne peux pas- tu ne peux pas me pardonner pour- »
« Je ne peux pas ? ricana Sirius. Ça ressemble affreusement à un ordre. »
Marlène fronça les sourcils en le regardant.
« Je ne suis pas très bon pour suivre les ordres. »
« Tu aimes toujours te croire drôle. » fit-elle remarquer, avec tristesse, en le dévisageant.
« En effet, confirma Sirius avec un petit sourire. Donc il n'y eu aucun vrai dommage- »
« Arrête. Ne me dis pas qu'il n'y a eu aucun vrai dommage. »
Marlène essayait de défaire la prise de Sirius sur son bras, mais sa main resta là – pas serrée, mais bien là.
« J'ai essayé de te tuer et tu n'as pas le droit de débarquer sans vouloir entendre une excuse ou de me parler de ça et de dire que ça n'a pas d'importance ! »
« Tu as peur de t'excuser parce que tu penses que je ne te pardonnerais pas ou parce que tu penses que je le ferais ? » demanda-t-il.
« Je n'ai pas peur du tout ! Je ne m'excuserais pas parce que c'est superflu et inutile et- »
« J'aimerais quand même l'entendre, dit Sirius. Même si tu penses que c'est inutile. »
« J'en suis sûre. » murmura-t-elle.
Sirius resta silencieux un long moment. Sa main desserra sa prise sur son bras, mais ne se retira pas complètement et il ne fit aucun geste pour se lever, mais il bougea de façon à être dans une position où il serait plus à l'aise.
« Je t'ai pardonné, tu sais, dit-il, faisant contracter douloureusement le cœur de Marlène. Ça m'a pris un moment … J'étais en colère et déçu d'abord- »
Son estomac se tordit alors, en entendant 'déçu', mais elle le méritait et elle s'accrocha à ce mot, le gardant de côté pour y repenser plus tard.
« -et puis j'ai été libéré. J'étais occupé – avec Harry et Remus et un peu de tout – et j'ai reçu une lettre d'un de tes amis. Robards. »
« Gawain ? » croassa Marlène.
« Le seul et l'unique. »
Un sourire faible passa sur son sourire, avant de disparaître.
« Il était désespéré, Marly. Il ne dormait plus, il se nourrissait de thé et de pain et il était si désespéré qu'il a fait appel à moi pour l'aider, le type que t'as essayé de tuer. »
« Pourquoi tu l'as fait ? » demanda Marlène.
Sirius hésita un instant.
« Pour l'Ordre. On est une famille. »
Elle ne pensait pas que c'était l'entière vérité, mais elle n'allait pas insister. Elle ne pensait pas vouloir entendre la vérité. Il y eut un court silence et Sirius s'éclaircit la gorge, un peu de rose lui montant aux joues. Marlène fit mine de ne pas le remarquer.
« Les membres d'une famille n'essayent pas de s'entre-tuer- »
« Non, mais on a toujours été dysfonctionnels. » dit doucement Sirius.
Il serra son bras dans un geste d'affection. Elle retira son bras, mais ne fit aucun autre geste pour partir.
« C'est pas juste, dit-elle. Pour aucun de nous. »
« Je- »
« La raison pour laquelle tu es là – peu importe ce que tu veux – c'est bien plus que ce que je peux te donner. Je ne m'excuserais pas et je ne ferais pas ça- »
Elle lui attrapa le bras et le serra, dans une imitation moqueuse du geste qu'il venait de faire quelques secondes avant.
« -ou, ou- »
Elle se sentit faiblir.
« Et tu ne peux pas juste débarquer et tout ruiner ! Je suis heureuse ici – plus heureuse que je ne l'ai été depuis un long moment, parce que tout est simple et- et- »
Marlène sentit finalement les larmes débarquer, bien plus tard qu'elle ne s'y était attendue.
« -et maintenant, tu me fais pleurer ! »
Elle le fusilla du regard, à travers des yeux embués.
« Pourquoi tu ne me laisses pas te pardonner ? »
« Parce que je ne le m- mérite pas, dit-elle en essuyant ses joues. Je le voulais vraiment quand j'ai lancé le sort et ça n'a pas marché, mais je le voulais vraiment, Sirius ! »
Son nom sonnait étrangement à travers ses lèvres.
« Marly. » commença-t-il.
Et elle détestait la façon dont son nom sonnait si familier.
« C'est Mona. » dit-elle.
Sirius eut l'air blessé.
« Ebony. » croassa-t-il au bout d'un moment.
« Quoi ? »
« Ebony. C'est le nom que j'ai utilisé pour entrer. »
Il se leva et il y avait quelque chose dans sa voix, et dans la façon dont il bougeait, qui indiquait sa défaite.
« J'imagine que ce sera partout dans les journaux moldus demain, avec des hypothèses sur la façon dont je me suis échappé. »
« Tu pars ? » demanda Marlène, à moitié soulagée, à moitié-
Elle repoussa ses sentiments et les enterra.
« Ce soir ? »
« Maintenant. » lui répondit Sirius.
Il semblait en pleine lutte interne.
« L'invitation est lancée. » dit-il avec une petite voix.
Marlène ne s'autorisa pas à réfléchir à la question. Elle déglutit et se leva.
« Bon voyage. » murmura-t-elle, avant de partir.
