Bonjour,
Je vous poste ce chapitre avec un peu d'avance parce que je ne vais pas avoir le temps demain. Beaucoup de lemon au programme…
Le dernier chapitre, qui fera plutôt effet d'épilogue, arrivera dans une semaine seulement.
N'oubliez pas de me laisser des reviews ! Merci ^^
Bonne lecture.
Chapitre 6
« Je t'aime, Robin.
- Je t'aime aussi, Franky, arrête de douter à ce sujet, tu es celui que j'ai choisi. »
Il ouvrit les yeux pour croiser ceux, si sereins, de la jeune femme. Puis il senti que l'action des mains sur son sexe se modifiait et Robin se redressa pour s'empaler lentement sur lui. Toutes les fleurs disparurent et il n'y eut plus qu'elle, la tête légèrement en arrière, magnifique au dessus de lui. Il émit un râle de plaisir pour accompagner son soupir et bientôt la chambre résonna de leurs halètements mêlés.
Ils n'en savaient rien car Franky avait fait un bon travail sur l'isolation, mais la chambre voisine était nettement plus bruyante. Les mains fermement accrochées aux cuisses de son amant, Usopp était en train de pilonner Zoro avec force. Le sabreur, les yeux clos, criait son plaisir sans aucune retenue alors que le sexe de son partenaire s'enfonçait plus profondément en lui à chaque coup de rein. Concentré sur ce qu'il faisait, Usopp ahanait bruyamment tout en admirant le visage abandonné de son compagnon.
Leur étreinte était brutale et passionnée, ils n'avaient jamais vraiment expérimenté le sexe tendre entre eux, c'était probablement une manière de se préserver de ces choses qu'on appelle sentiments. En leur donnant cette chambre, Franky avait officialisé leur couple alors qu'ils n'avaient pas encore discuté des conséquences de leur rapprochement. Donc ils continuaient à en profiter, reportant à plus tard les discutions trop sérieuses. Leurs râles à tous les deux ne laissaient aucun doute sur le fait qu'ils étaient parfaitement compatibles, absolument capables de se donner l'un à l'autre un plaisir important. C'était tout ce qui comptait pour l'instant. Qu'importe ce qu'en pensaient les autres tant qu'ils ne regardaient pas de trop près ce que eux pouvait en penser et en attendre réellement…
Dans la pièce du fond, la question n'était pas exactement la même. Luffy se tortillait sous les attentions poussées de Law, soupirant d'aise en sentant ses doigts aller et venir en lui. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés, leurs échanges physiques avaient beaucoup évolué et, ce soir là, le capitaine tatoué avait bien envie d'explorer plus en profondeur le corps de son partenaire. Il retira ses phalanges de l'antre chaude et caressa doucement le ventre tremblant de son amant. Luffy était totalement éperdu de plaisir et il n'avait plus vraiment de prise avec la réalité, haletant et gémissant sans discontinuer. La voix rendue rauque par le désir, Law se pencha à son oreille.
« Luffy… J'ai envie de toi.
- Je t'aime, Law.
- Ce n'est pas exactement ce que je dis, mais je t'aime aussi. Je voudrais juste te demander…
- Tu crois vraiment que c'est le moment de parler, Law ? J'ai pas tout à fait l'esprit à ça… Pourquoi tu t'es arrêté ?
- Je voudrais aller plus loin… »
Le bras de Luffy lâcha subitement les draps pour venir s'enrouler autour de son épaule et des lèvres avides vinrent se presser contre les siennes pour un baiser brutal et passionné. Quand ils s'éloignèrent, Trafalgar put voir que les yeux de son amant étaient toujours voilés par le plaisir, il était encore ailleurs. Le souffle court, celui-ci murmura.
« Fais ce que tu veux, Law. Je t'aime, je te fais confiance. Mais s'il te plaît… s'il te plaît… ne t'arrête pas… »
Un sourire étira les lèvres du médecin. C'était un consentement, n'est-ce pas ? Même si quelque chose lui disait que Luffy n'avait aucune idée de ce à quoi il venait de dire oui, Law décida qu'il avait tout de même son accord. Il se redressa alors lentement et pressa son sexe à l'entrée du corps de son amant. Quand il commença à le pénétrer, il vit le visage de Luffy se transformer. Les yeux fixement ouverts sur le plafond, la bouche arrondie dans un O de surprise, il était immobile comme s'il retenait sa respiration.
« Je te fais mal ?
- Non… continue… »
La réponse lui était parvenue dans un souffle, presque inaudible mais il put voir que Luffy se remettait à respirer alors il reprit sa progression savourant la douceur de la peau qu'il frottait et la chaleur qui l'accueillait. Il s'arrêta encore, étouffant un gémissement, quand il réalisa qu'il avançait vite, plus vite qu'il n'aurait dû et que Luffy ne semblait pas en être dérangé. Celui-ci, étonné de cette subite immobilité, plongea son regard chocolat dans le sien.
« Quoi ?
- Tu es sûr que je ne te fais pas mal ? Ça ne tire pas ?
- Law… je suis élastique.
- Oh bon sang ! »
Jusque là ? Réalisant ce que cela pouvait impliquer, Law s'enfonça en Luffy d'un coup sec et celui-ci se cambra en criant de surprise et, assurément, de plaisir. Pourquoi donc avait-il pris des semaines à habituer Luffy à l'idée de sa présence en lui, à son intrusion et à chercher à l'étirer petit à petit ? C'était inutile ! Luffy n'avait pas besoin d'être préparé, ou à peine. Jamais, aussi empressé soit-il, il ne le blesserait en le pénétrant. Law ressorti entièrement du corps de son amant et, serrant les dents pour se donner plus de puissance, il s'y enfonça de nouveau, profondément.
Dans la dernière nouvelle chambre occupée, la tension était palpable. Cela faisait près d'une heure que Yamato étirait le muscle anal de son amant. Les deux hommes avaient décidé que ça serait pour ce soir. Enfin, Sanji surtout avait annoncé qu'il se pensait prêt. Yamato avait d'abord passé un bon moment à le laisser profiter de sa poitrine tout en le masturbant jusqu'à le faire jouir. Il avait alors attentivement léché le sperme de son amant avant de migrer avec assurance en direction de son anus qu'il avait couvert d'attentions jusqu'à le pénétrer de sa langue. Puis s'en était suivi une longue, très longue, séance de préparation où il avait vidé une bonne partie la bouteille de lubrifiant pour détendre son amant jusqu'à pouvoir entrer plusieurs doigts en lui.
À cet instant, Sanji, tremblant et transpirant, était étendu sur le lit, les mains crispées sur les draps alors que Yamato glissait précautionneusement sa main entière dans son corps. La partie large passa l'anneau de chair et le muscle se resserra autour du poignet du démon. Celui-ci soupira et prit soin de caresser l'intérieur du corps de son amant, visant spécifiquement cette glande si sensible sur la parois avant. Sanji gémit de plaisir et des larmes coulèrent de ses yeux bleus, dévalant ses tempes pour se perdre dans ses cheveux. Yamato l'observait en silence, il n'osait plus bouger. Ils restèrent immobile jusqu'à ce qu'il ose demander :
« Tu as mal ?
- Non. Je… c'est étrange mais je n'ai pas mal…
- Pourquoi tu pleures ?
- C'est rien… c'est juste que… je suis soulagé. »
Il avait cru ne pas y arriver, il avait cru que jamais son corps n'allait être capable d'accepter son amant entièrement. Il avait angoissé, il était stressé… Et cet état de tension n'avait pas aidé les choses. Mais maintenant qu'il sentait la main de son partenaire entièrement en lui, il savait qu'il avait réussi, il savait qu'il pouvait l'accueillir. Dans un murmure, il l'encouragea.
« Recommence. »
Alors, lentement, Yamato sorti sa main, remit du lubrifiant dessus et l'entra à nouveau. Pendant encore près d'une dizaine de minutes il continua à assouplir l'entrée du corps de Sanji jusqu'à ce que ses mouvements se fassent en douceur sans plus aucune résistance. Il retira alors une dernière fois sa main et admira un instant l'anus dilaté, palpitant, offert. Il en avait le souffle coupé de réaliser ce que le cuistot faisait pour lui. Il se pencha alors au dessus de lui pour l'embrasser tendrement, dans un baiser doux et reconnaissant. Puis, il murmura :
« Tu es prêt ? »
Sanji réagit alors enfin, l'attirant à lui, le serrant contre lui, savourant la pression de sa poitrine sur son torse. Il l'embrassa encore et Yamato, hésitant, lui demanda s'il voulait toujours continuer. Sanji se mit à rire, lui répliquant qu'il ne venait pas de passer une heure à s'y préparer pour reculer au dernier moment. Alors, reconnaissant et impatient, Yamato s'installa correctement entre ses jambes et, sans le quitter des yeux une seconde, entra en lui. Alors que son gland progressait doucement dans l'antre de Sanji, Yamato sentait un plaisir incroyable s'emparer de lui. Quand le muscle se referma autour de son extrémité, il soupira d'aise et laissa sa tête tomber en arrière alors que, les yeux clos, il savourait la sensation. Sanji, lui, était assez étonné de ne pas avoir mal, il ressentait plutôt une grande fierté de pouvoir offrir à son amant un plaisir au moins aussi grand que tout ce qu'il lui avait fait ressentir jusqu'à présent. Il admirait le spectacle de cet homme au corps partiellement féminin se laissant envahir par les sensations.
Enfin, Yamato sembla reprendre contact à la réalité et ses yeux rouges, brillants de luxure, se plongèrent dans ceux de Sanji alors qu'il ressortait entièrement de lui pour y revenir, gémissant sous la sensation. Le cuisinier ne se lassait pas de l'admirer, si beau et sensuel. Puis, lentement, le démon pressa d'avantage son sexe en lui et s'enfonça de plus en plus. La sensation était de plus en plus forte pour Sanji et, soudain, il eut un geste de recul. Sans hésiter, Yamato sorti de lui. Sanji n'avait pas eu mal mais la pénétration avait été tellement profonde qu'il avait ressenti comme une brûlure, une chaleur trop forte. Il haletait, ça avait été trop intense. Finalement, il reprit son souffle et fit un signe de tête à Yamato qui revint en lui. Le jeune démon savait, malheureusement, que c'était un risque avec son membre trop imposant. D'un coup, le plaisir pouvait devenir insupportable pour son partenaire et il fallait sortir aussitôt. Cela se reproduisit plusieurs fois mais ils réussirent à profiter de l'échange lent et doux pendant de longues minutes.
Plus il entrait et sortait du corps de Sanji, plus Yamato sentait l'orgasme arriver. Sanji s'en rendit compte et commença à se branler vigoureusement alors que son amant, toujours attentif à ne pas venir trop profondément, accélérait un peu le rythme. Chacun monta de plus en plus vers l'orgasme jusqu'à ce que Yamato signifie qu'il allait jouir. Il eut un mouvement pour sortir mais Sanji agrippa son poignet, l'empêchant de le faire et son partenaire se déversa donc en lui dans de longs jets brûlants qu'il senti parfaitement. Sanji était totalement concentré sur le plaisir que prenait son amant et le voir ainsi transporté par l'orgasme l'envoya lui-même dans un autre plan et il se libéra à son tour sur son ventre, arrachant d'autres cris de plaisir à Yamato quand il se contracta autour de lui.
Yamato sorti finalement du corps de Sanji et s'étendit près de lui. Il avait les yeux clos, savourant encore les vagues de l'orgasme. Le cuisinier attrapa une serviette près du lit, nettoya le sperme sur son ventre, et vint se blottir contre son amant, la tête dans sa poitrine, sa place préférée pour dormir. Mais la sensation du liquide coulant sur ses cuisses le ramena à la réalité. Il venait de coucher avec un homme, de laisser un homme le prendre et… d'y prendre plaisir. Lui l'amoureux des femmes, lui le gentleman, lui l'hétéro convaincu. Il soupira. Il serra d'avantage ses bras autour du corps doux de Yamato et il senti comme un énorme pincement dans ses entrailles, une sensation tellement forte qu'il avait besoin de l'exprimer, de l'affirmer. Mais les mots qui se bousculaient au bord de ses lèvres, lui faisaient peur. Alors qu'il avait, à peine quelques jours avant, décidé de ne pas trop s'attacher, voilà qu'il sentait au plus profond de lui même que son attirance pour Yamato n'était pas uniquement physique, que ce qui l'avait poussé à se donner à lui était quelque chose de très fort, de trop fort, qui ne demandait qu'à s'exprimer en cet instant.
« Je t'aime »
Les mots lui avaient échappé et il se mordit fortement la lèvre en sentant le corps entre ses bras se raidir. Il savait qu'il était un éternel fleur bleu, il savait qu'il était outrageusement romantique mais de là à tomber amoureux, comme ça… aussi fort. Il serra davantage et murmura comme pour s'excuser :
« J'avais besoin de le dire, n'y prête pas attention, d'accord. Ça ne change rien. »
Une main vint se perdre dans ses cheveux mais aucun mot ne plus ne fut prononcé. Sanji se demandait quand il était tombé amoureux. Était-ce de le voir si beau en prenant du plaisir ? Était-ce quand il avait décidé de se donner à lui ce soir ou il y a une semaine dans la ruelle ? Était-ce quand ils s'étaient retrouvés dans la cale ? Non, c'était déjà le cas avant. Quand il avait vu son corps nu, il avait été subjugué, depuis cet instant Yamato occupait toutes ces pensées. Bon sang, il aimait cet homme plus qu'il ne le pensait. Et alors qu'il allait s'endormir, une voix émue s'éleva dans la pièce.
« Tu me dis que tu m'aimes, je ne peux pas… je ne peux pas l'ignorer, Sanji. Tu t'es offert à moi comme personne ne l'avait vraiment fait auparavant. Tu m'as accueilli en toi, et tu ne prends pas la fuite après… Je me suis senti accepté, comme si j'étais enfin entier. Je n'ai jamais vécu ça, tout est nouveau avec toi. Nouveau et agréable. Mais quand tu me dis ça, je… je me sens coupable parce que je ne sais pas quoi te répondre… Je ne sais pas de quoi tu parles, Sanji, je ne l'ai jamais ressenti et jamais reçu. Je ne sais pas ce qu'est l'amour… Je suis désolé…
- Vraiment, ne t'inquiète pas. Le jour où ça arrivera, que ça soit avec moi ou avec quelqu'un d'autre, je t'assure que tu sauras.
- J'espère que ça sera avec toi… »
Ils ne dirent pas un mot de plus et finirent par s'endormir, épuisés de leurs ébats. Dans les cabines voisines, leurs amis dormaient aussi avec la même satisfaction du désir assouvi.
Quand il se réveilla le lendemain, Sanji jura aussitôt. Le soleil était levé, hors ils étaient de retour sur le Sunny, il devait donc prendre en charge le petit déjeuner pantagruélique de son équipage. Il était en retard. De plus, il était seul dans le lit, preuve que Yamato s'était déjà levé sans penser à le réveiller. Il grogna et se retourna dans le lit. Un autre juron lui échappa quand il réalisa qu'il était particulièrement sale et poisseux. Il se souvint alors que la bouteille de lubrifiant y était presque passée la veille.
Il eut un moment d'arrêt en repensant à leur soirée et ferma les yeux en gémissant. Ça avait été long, certes, mais ça valait incroyablement le coup. La sensation d'avoir son amant en lui et le spectacle de Yamato pendant l'orgasme avaient été absolument incroyables. Un soupir lui échappa quand il réalisa qu'il était de nouveau dur rien que d'y penser. Sa main errait déjà sur son sexe quand il se rappela qu'il n'avait pas que ça à faire. Ses yeux se posèrent alors sur une minuscule cabine de douche que Franky avait réussi à placer dans un coin de la pièce. Ça ne faisait plus de doute, le charpentier avait créé ces chambres pour que ses nakamas puissent tranquillement s'envoyer en l'air.
Il quitta le lit pour aller se nettoyer mais il n'avait pas fait deux pas qu'un troisième juron lui échappa. Bordel qu'est-ce que c'était que ça ! Il ne s'agissait pas vraiment d'une douleur mais plutôt d'une sensation puissante dans ses fesses et entre ses reins. Il ne pouvait pas nier qu'il s'était passé quelque chose par là, ses entrailles semblaient encore chamboulées. Il ne serait pas capable de marcher normalement aujourd'hui. Il ferma les yeux et, lentement, reprit sa marche. Un soupir de bien être lui échappa quand l'eau chaude se mit à couler sur son corps. Il entreprit alors activement de se nettoyer en se disant qu'aussi agréable que soit le moment, il ne pourrait pas faire ça plus d'une fois par semaine.
Quand il émergea du nouveau couloir des chambres une quinzaine de minutes plus tard, il prit le temps d'allumer une cigarette avant d'entamer la traversée du pont herbeux en direction de la cuisine. Il progressait très lentement et jamais le trajet entre ces deux points ne lui avait semblé si long. Il se sentait ridicule mais n'arrivait pas à se mouvoir avec plus d'entrain. Soudain, un grand rire le glaça sur place. Il se retourna précautionneusement pour découvrir le visage hilare de Zoro. Mortifié, il le fusilla du regard en tentant de se donner une contenance avec sa cigarette.
« Un problème tête d'algue ?
- Non seulement tu te lèves en même temps que moi mais en plus… » il s'avança vers lui, oscillant étrangement à chaque pas « Tu as vu ta démarche, Sourcils en vrille ?
- Tu peux parler. »
Effectivement, Zoro ne semblait pas beaucoup plus souple, ce matin là. Il se figea à son tour et son sourire se fana. Les deux hommes se dévisagèrent et finalement Zoro explosa de rire.
« Un point partout. »
Sanji se détendit aussi et rit avec son nakama avant de se retourner vers son objectif pour reprendre son odyssée. Zoro néanmoins semblait moins gêné que lui et le rattrapa au moment où il allait passer la porte. Le cuisinier qui s'était demandé comment Usopp pouvait supporter ça tous les jours – car, une fois au courant de leur relation, il avait bien remarqué que c'était tous les soirs que les deux hommes se donnaient l'un à l'autre – réalisa que non seulement ils ne tenaient pas à chaque fois le même rôle mais en plus aucun n'était probablement aussi monstrueusement armé que Yamato. Fier de ses conclusions il poussa la porte de son antre pour y trouver tous ses nakamas attablés. Les boissons étaient servies, des toasts étaient déjà grillés et une belle salade de fruit trônait au milieu de la table. D'un coup, son manquement à son devoir lui revint en pleine face et il baissa les yeux, contrit.
« Je suis désolé…
- Ne t'inquiète pas, Sanji, tu peux dormir de temps en temps. Quand le capitaine est là, je t'épaulerai, Sachi dit qu'il n'a pas besoin de moi en bas. »
Le regard du cuisinier migra alors lentement vers l'homme qui avait pris possession de son domaine. Ryukin était l'un des survivants de l'équipage des Heart. Légèrement plus petit que Sanji, il portait de longs cheveux auburn qu'il retenait en catogan, ses yeux verts brillaient sur un visage fin taillé à la serpe. Le reste de son corps était bien sûr caché sous l'horrible combinaison blanche que Trafalgar imposait à tout son équipage. Lorsque les Heart étaient 20, Ryukin aidait Sachi en cuisine pour les repas et leur service mais maintenant qu'ils n'étaient plus que 7, le jeune homme n'était plus nécessaire, il avait donc décidé d'élire domicile dans SA cuisine pour, soi-disant, l'aider.
D'un regard perçant, Sanji analysa les plats déjà à table et le porridge que le jeune homme était occupé à apporter à ses compagnons. Il ne manqua pas la grimace d'Usopp mais ne dit rien, se dirigeant simplement vers le frigo. Il avait été en retard, il n'allait pas, en plus, critiquer le travail déjà fait. Il sorti des œufs et du bacon ainsi qu'une patte à crêpe qu'il avait faite la veille. Son regard perçant observa attentivement l'intérieur du frigo et il se tourna instinctivement vers le four. Mais celui-ci était vide.
« Où est le gigot ?
- Il était très bon, Sanji ! J'avais super faim après que Law et moi on ait…
- Je ne veux rien savoir des détails de ta nuit, Luffy !
- Pardon Nami, me tape pas ! Bref j'avais faim et Law l'a fait apparaître devant moi, c'était trop fort ! »
Lentement, le cuisinier tourna son regard vers Trafalgar et celui-ci se contenta de lui sourire avec arrogance avant de demander d'un air entendu :
« Tu aurais préféré que je le laisse venir dans ta chambre, peut être ? »
Sanji pâlit aussitôt.
« N-non… Je… je suppose que tu as bien fait… Mais… enfin… »
Sans un mot de plus et sur cette remarque très pertinente, il se tourna vers les fourneaux, alluma trois feux, lança les crêpes et jeta du bacon dans la dernière poêle. L'autre cuisinier était déjà dans ses pattes lui demandant pourquoi il faisait tout ça en plus et expliquant que le petit déjeuner qu'il avait servi était parfaitement équilibré avec des apports énergétiques savamment calculés par son capitaine. Ce à quoi Sanji lui répondit que son nutritionniste de capitaine n'avait eu aucun problème à ce que Luffy mange un gigot entier entre les repas et que s'il voulait cuisinier pour les Chapeau de Paille, il valait mieux qu'il commence par observer ce qu'il se passe pour comprendre l'ampleur de la tâche.
Les crêpes sautaient dans les poêles, le bacon grésillait. Sanji ajouta les œufs alors que Ryukin courrait partout pour refaire des toasts et resservir du jus ou du café. Quand les œufs furent presque prêts, Sanji se tourna vers la table.
« Nami-chan, tu voudras un œuf ?
- Non, je pense que ça ira.
- Et toi, ma Robin d'amour.
- Je me réserve pour tes crêpes.
- Yama ?
- Oui, s'il te plaît. »
Il se détourna de la table pour servir et les autres rouspétèrent contre cette injustice. Sanji souriait. Plus personne ne disait rien qu'il serve les jeunes femmes en premier, ils s'habitueraient tous au fait que Yamato avait, lui aussi, un traitement de faveur. Il mit trois œufs dans une assiette et un dans une autre puis donna l'assiette la plus garnie à Ryukin pour qu'il serve Luffy avant d'apporter lui même la part de son amant, la poêle toujours à la main.
« Il en reste deux.
- J'en veux un, Cook.
- Et aussi un pour le Capitaine Usopp ! »
Il retourna aux fourneaux alors que Luffy engouffrait ses œufs et demanda qui en reprendrait pendant qu'il avait la bouche pleine. Inutile que son capitaine crie plus fort que les autres, il avait déjà prévu de lui en refaire. Brook et Franky manifestèrent leur intérêt et il lança six autres tranches de bacon dans la poêle pour eux, Luffy et lui. Quand la première assiette de crêpes fut prête, il alla chercher un plat de charcuterie dans le frigo et fit un signe à l'autre cuisinier pour qu'il observe bien la manœuvre : mettre de la viande à portée de main de Luffy et les crêpes de l'autre côté de la table pour donner une chance aux autres membres de l'équipage de manger un peu.
Quelques minutes plus tard, Ryukin servi les derniers œufs alors que Sanji s'installait à table en y déposant le second plat de crêpes. Il remarqua qu'il y avait un coussin sur son siège et lança un regard surpris à Yamato qui lui fit un petit signe vers Zoro. Le sabreur leva un sourcil en haussant les épaules. Lui aussi avait un coussin sous les fesses. Sanji remercia l'intention d'un signe de tête et s'installa enfin à la table du petit déjeuner pour profiter du repas avec ses nakamas.
Une demi-heure plus tard, la cuisine était déserte à l'exception de Sanji qui s'occupait de la vaisselle et de Zoro qui s'était étendu sur une banquette. Luffy avait annoncé qu'ils quitteraient l'île des fleurs dès que Sanji aurait terminé pour qu'il soit là lors des au revoir. Le sabreur, lui, comptait bien dormir une bonne partie de la journée pour compenser sa nuit agitée, comme d'habitude. Soudain, il prit la parole.
« Comment tu vas, Sourcils en vrille ?
- Depuis quand ça t'intéresse ?
- Tu préférerais avoir cette discussion avec Usopp ? »
Il y eut un long silence pendant lequel Sanji comprenait exactement de quoi Zoro voulait parler. Pourquoi donc la pelouse voulait-elle débriefer sa première fois avec Yamato ? Il était surpris mais à bien y réfléchir, s'il devait parler de ça avec quelqu'un, il préférait le sabreur à son amant. Ce souvenant de leurs rires sur le pont et du coussin sur son siège, il décida de croire que, peut-être, Zoro était réellement inquiet.
« Je vais bien. J'ai un peu de mal à marcher mais je vois bien que toi aussi.
- Tu ne saignes pas ? Si tu as un plaie à cet endroit là, il faut vraiment la soigner.
- Non, Yamato ne m'a pas fait mal. C'est juste… comme si je le sentais toujours en moi…
- Oh !»
Sanji ne savait pas vraiment où se mettre, cette conversation le mettait mal à l'aise. Il avait à chaque mouvement des sensations qui lui rappelaient la présence récente de son amant au plus profond de son corps. Zoro, de son côté, semblait sérieusement surpris que Sanji n'ait pas de séquelles physiques trop importantes de leurs ébats.
« Il a pris une heure pour te préparer ou quoi ?
- Quelque chose comme ça, oui.
- Eh ben ! » Sanji rougissait fortement, penché sur ses assiettes. « Franchement, je pensais pas que vous passeriez si rapidement à cette étape.
- Et moi je pensais pas que tu laisserais Usopp t'enculer. »
Le cuisinier avait lancé sa pique avec colère mais Zoro se contenta de sourire au souvenir de sa soirée et des précédentes. Voyant que Sanji terminait de ranger les derniers verres, il se releva et s'avança vers lui.
« Je ne vois pas pourquoi je me priverais d'un truc si agréable. Usopp est un bon coup.
- Je prends le compliment. »
Les deux hommes sursautèrent et se tournèrent vers la porte que le sniper venait d'ouvrir. Il observa le cuisinier, rouge de honte, et son amant, gêné d'avoir été entendu, puis il sourit largement.
« Luffy s'impatiente. »
Quelques minutes plus tôt, sur le pont, Law s'était approché de Nami qui observait le large.
« Vous allez prendre quelle direction ? » avait-il demandé.
La navigatrice lui avait jeté un regard en biais avant de lever son poignet où le log pose à trois aiguilles était fixé. La pointe centrale était fixe, nette, stable. Celle de gauche tremblotait un peu. Quant à la dernière… Elle senti un énorme poids sur ses épaules quand Luffy lui sauta dessus en riant.
« Elle bouge dans tous les sens l'aiguille de droite, c'est trop drôle.
- Oui, ça me semble compliqué de la suivre, je pense que nous devrions plutôt…
- Mais tu peux le faire, n'est-ce pas ?
- Quoi donc ?
- La suivre. »
Nami poussa un profond soupire en regardant le cadran qui excitait tant son capitaine. Serait-elle capable de suivre la route indiquée par cette aiguille ? D'une voix résignée, elle répondit à Luffy.
« Oui, je peux le faire, mais…
- Trop bien ! Ça sent l'aventure ! Ça sera génial ! C'est là qu'on va !
- Non Luffy, s'il te plaît, on devrait plutôt…
- J'ai décidé ! »
Et sur ces mots, il se décolla d'elle et s'éloigna en sautillant pour aller voir Usopp en se plaignant que Sanji était trop lent et qu'il était pressé de repartir à l'aventure. Dépité, Nami murmura pour elle même :
« À tes ordres, Capitaine…
- C'est toujours comme ça ? »
Elle leva les yeux vers Law qui avait regardé l'échange sans un mot et avec un certain dépit. Elle haussa les épaules et lui sourit, blasée.
« Tu t'attendais à quoi ?
- Mmm… Tu as raison…
- De toutes façons, il suit toujours son instinct. On a failli y passer plusieurs fois mais on a finalement tous survécu. » Elle se rendit compte de la bourde qu'elle venait de dire. « Désolée…
- Tu n'as pas à l'être. Malgré mes plans et mes stratégies, j'ai échoué en tant que capitaine, c'est un fait. » Il se tût un moment. « Il visait aussi l'aiguille la moins stable en quittant l'île des hommes-poissons ?
- Oui, mais on a été pris dans un grand courant marin qui nous a amenés à proximité de Punk Hazard.
- Son instinct, hein… Vous seriez arrivés sur une île où la foudre s'abat en permanence, vous n'auriez pas pu mettre pied à terre, il aurait été bien frustré.
- Tu déconnes ? Luffy est en caoutchouc, il ne craint pas l'électricité. Il aurait adoré explorer cette île. Ne lui en parle JAMAIS, s'il te plaît ! »
Le regard qu'elle lui lança le surpris puis il fit un sourire un coin et hocha la tête. Son amant était vraiment infernal. Mais Nami avait retiré de cet échange une information importante qui lui donnait un espoir pour la suite, elle se dirigea vers le jeune homme au chapeau de paille qui accueillait son cuisinier et son second en leur reprochant d'avoir pris leur temps. Law passa sa main dans ses cheveux et se téléporta ainsi que Penguin qui discutait encore avec Franky sur l'Asclépios pour prendre la mer eux aussi. Nami s'installa près de Luffy pour saluer les habitants du royaume des fleurs alors que Jimbei se mettait à la barre pour faire partir le navire.
« Tu sais Luffy, il n'y a peut être pas d'habitants sur les îles si instables. On ne pourra pas faire de ravitaillement. On prend le risque d'être en rupture de viande. »
Le visage de son capitaine s'arrondit plus qu'il ne l'était déjà sous la surprise et Luffy se pinça les lèvres, signe qu'il était contrarié et qu'il hésitait entre deux choses extrêmement attirantes. Finalement, il déclara :
« On y va quand même.
- J'aurai au moins essayé » soupira la navigatrice.
FIN ?
