Je tiens à remercier Pouik et Sexyspectrum pour avoir bêta mes conneries et Genny237 pour avoir encourager le "Cocky Remus" agenda ! Vous êtes des perles et ma vie serait franchement à chier sans vous

J'espère que ça vous plaira, moi j'me suis éclatée à l'écrire en tout cas N'hésitez pas à laisser un petit commentaire et un kudos, ça fait toujours super plaisir ** !

PS : Mem : tout ça c'est en partie de ta faute, alors j'espère que ça t'enjaillera mdr !


JAMES.

La soirée avait commencé comme toutes les soirées qu'ils organisaient.

James avait enfilé sa chemise rouge, trop petite depuis deux ans, mais qu'il continuait de garder exclusivement pour ces occasions. La façon dont le tissu soyeux embrassait ses biceps et ses pectoraux était tout à fait immorale et, conjuguée à son jean noir tout neuf, il était bon à manger. Il le savait. Sirius le lui avait assez répété.

Remus avait accepté, après l'insistance de James et Sirius, de porter une chemise par-dessus son jean bleu sombre. Sirius avait enfilé son jean le plus destroy et un t-shirt sans manches qu'il avait coupé lui-même et personne n'avait rien trouvé à y redire. Remus avait serré les dents quand il avait noirci ses cils d'une couche de mascara et d'un trait de liner. Tout était normal dans le meilleur des mondes et James était, comme toujours, excessivement heureux d'avoir tout son petit groupe chez lui.

La musique pulsait déjà dans la pièce et les garçons ainsi que Dorcas et Marlene, étaient avachis dans le canapé quand James ouvrit la porte pour accueillir les derniers arrivants. Lily, Mary, Emmeline et Pandora attendaient derrière le battant et Lily aurait tout aussi bien pu être seule vu la manière dont les yeux de James s'accrochèrent à elle.

Elle avait mis une jupe en cuir. Noire et si courte qu'il loucha sur la quantité de peau pâle, couverte de taches de rousseurs, ainsi dévoilée. Elle l'avait associé à un top sans manches, bleu nuit, qui révélait ses épaules et son ventre. Ses cheveux étaient remontés en un chignon dont plusieurs mèches s'échappaient et elle portait une paire de sandales compensée dont les lanières s'enroulaient autour de la cheville d'une façon qui fit à nouveau loucher James. Elle était… délicieuse, incroyablement sexy et elle allait le rendre complètement fou. Il accepta son sort avec un soupir et un petit couinement dépité.

— Mesdames… les accueillit-il en s'inclinant.

Lily leva les yeux au ciel, posa une main sur son épaule et embrassa sa joue avec légèreté. Son parfum floral l'enveloppa et James inspira profondément en effleurant la sienne en retour. Il laissa sa paume reposer une seconde contre sa hanche, ses doigts pressant doucement dans la peau moelleuse.

— Bouge, Jamie, les filles m'attendent !
— Si t'arrives à déloger la langue de Marls du fond du gosier de Cas', Mary… Franchement j'te file un bifton.
— Deal ! Tu le feras de toute façon, une fois que j't'aurai plumé au poker, répondit la brune en lui tirant la langue avec un clin d'œil.

Ses créoles dorées accrochèrent la lumière d'un des spots alors qu'elle traînait Lily à sa suite. Pandora passa silencieusement à côté de James, un sourire secret aux lèvres et Regulus – qui avait passé la tête par la porte du balcon en entendant la sonnette – l'accueillit en enroulant un bras autour de ses épaules. Ils disparurent à l'extérieur presque immédiatement. Remus se leva, délogeant au passage Sirius qui était appuyé contre lui, pour venir serrer Lily dans ses bras et James s'étouffa avec sa salive quand les doigts de son meilleur ami effleurèrent le creux de son dos dénudé. OK. Il fallait qu'il boive. Il fallait qu'il picole, maintenant et vite. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Sirius apparut près de lui, un verre plein à la main.

— C'est quoi ?
— Le punch de Rem'.
— Ouh ! Déjà ?
— Ça a l'air parti pour dégénérer rapidement, répondit Sirius en indiquant la partie de poker qui se mettait en place autour de la table.

Sirius n'avait pas tort. Le son de la musique avait déjà augmenté. Peter mélangeait les cartes comme un croupier de casino, Mary perchée sur l'accoudoir de son fauteuil, les doigts enfouis dans ses cheveux clairs. Dorcas et Marlène avaient enfin arrêté de se rouler des pelles pour se concentrer sur les cartes. Alice et Frank, assis sur des coussins, comptaient participer aussi et c'était lancé dans une conversation intense avec Peter sur la meilleure façon de distribuer. Sur le balcon, Pandora, Regulus, Emmeline et Benjy étaient occupés à fumer en parlant à voix basse et Remus avait entraîné Lily dans la cuisine pour lui servir un verre.

Tout le monde était là. James hocha la tête avant de descendre la moitié de son verre. Il fronça le nez. Les cocktails de Remus étaient toujours meurtriers. Il ne percevait pas la moindre goutte d'alcool dans sa boisson et pourtant il savait qu'au moins deux bouteilles de rhum différentes avaient été versées dans le saladier. Son gobelet, désormais vide, toujours à la main, James enroula un bras autour de la taille de Sirius et le traîna au milieu du salon.

L'appartement d'Alphard avait changé drastiquement depuis qu'ils y avaient emménagé tous les quatre, cinq ans plus tôt. Les papiers peints vieillots avaient été arrachés, les parquets refaits à neuf, des tapis avaient été balancés un peu partout dans le salon au milieu duquel trônait la monstruosité qui leur servait de canapé.

James l'avait trouvé dans un marché aux puces, avec Sirius, une semaine avant d'emménager. Ils l'avaient planqué des deux autres jusqu'au jour J. Orange vif, en velours, il permettait d'accueillir les quatre locataires de l'appartement confortablement. En incluant les cuisses comme des troncs d'arbre de James, les jambes de douze kilomètres de Remus, la brioche de Peter et les genoux et coudes trop pointus de Sirius.

Peter et Remus l'avaient détesté immédiatement. Remus l'avait recouvert de plaids douillets et Peter y avait jeté tous les coussins qu'il possédait. Il ne ressemblait plus tant à un canapé qu'à une pile informe de décorations d'intérieur moelleuses.

La table basse, poussée dans un coin, avait laissée une place suffisante pour pouvoir danser. Il glissa une cuisse entre les jambes de son meilleur ami qui rejeta la tête en arrière et entoura son cou de ses bras.

— Yeaaah… Fais-moi danser, Jamie !
— Toujours, Pads !

Sans aucune forme de gêne, James ondula contre la taille de son meilleur ami avec abandon. Sirius dansait comme une fille. Il avait la même souplesse dans les hanches, la même fluidité dans les jambes, James avait toujours aimé danser avec lui. Il repoussa une mèche sombre derrière l'oreille de Sirius et embrassa sa tempe distraitement au moment où Lily ressortait de la cuisine avec Remus, qui leva les yeux au ciel en les voyant faire. Sirius lui tira la langue en enfonçant la main dans une des poches arrière de James qui se laissa faire avec un sourire indulgent. Ces deux-là se tournaient autour depuis tellement longtemps qu'il attendait juste, avec impatience, que la corde craque. Peut-être ce soir… Avec suffisamment d'alcool, tout était possible.

Quelques secondes plus tard, la sonnette résonna à nouveau et Remus ouvrit la porte pour accueillir l'habituel troupeau de personnes qui n'avaient pas été officiellement invitées, mais qui finissaient toujours par débarquer. Reg' passa la tête par la fenêtre du balcon pour siffler Barty et Evan qui se précipitèrent vers lui après avoir tapoté l'omoplate de Remus. Caradoc, un bras autour des épaules de Fabian et Gideon, se glissa dans la pièce avec un clin d'œil vers James.

Maintenant, tout le monde était vraiment arrivé.

Quatre heures plus tard, Peter remportait sa troisième partie de poker avec un sourire narquois. Mary avait depuis longtemps abandonné l'accoudoir de son fauteuil. Elle s'était installée en travers des genoux du dernier des Maraudeurs, qui caressait distraitement sa cuisse de la pointe d'un doigt pendant qu'elle comptait les billets qu'il avait gagnés. Dorcas et Marlène avaient recommencé à se rouler des pelles – sur le dancefloor cette fois – les jumeaux avaient rejoint Barty, Evan et Regulus sur le balcon. Pandora et Emma discutaient sur un coin de canapé et Lily dansait avec Remus. James les observait depuis son poste à la table de poker. Il avait perdu deux mains magnifiques parce que Remus avait décidé de coller ses grandes paluches partout sur Lily.

Il se força à ignorer la scène, mais le haut pailleté de Lily ne cessait de refléter la lumière des spots et ramenait inlassablement son regard sur elle. Même quand c'était les mains de Remus qui caressaient sa peau pâle, elle restait la plus belle créature sur laquelle James n'ait jamais posé les yeux.

Et c'était beaucoup dire quand il avait la chance de vivre avec Sirius Black depuis bientôt quinze ans. Le gars semblait sortir de la couverture d'un magazine de mode même au réveil, mais Lily Evans possédait une beauté presque hypnotisante.

Elle ressemblait à une déesse celte, les joues rouges et les iris brillants, ses longs bras enroulés autour du cou de Remus et son dos plaqué contre son torse. Quand la main de son meilleur ami se posa sur le ventre dénudé de Lily, James perdit patience. Il sauta sur ses pieds et, en essayant de conserver une expression avenante, s'empara du poignet de Lily. Il se pencha ensuite sur elle pour qu'elle l'entende par-dessus le brouhaha ambiant. L'inspiration qu'il prit avant d'ouvrir la bouche lui apporta son parfum et il s'en gorgea. Elle sentait le chèvrefeuille, le soleil et l'eau de toilette de Remus.

— J'peux te parler, Evans ?

Remus éclata de rire et Lily lui jeta un regard amusé avant de hocher la tête et de suivre James. Il l'entraîna dans le couloir qui menait aux chambres et à la salle de bain. Il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait lui dire. Enfin si, il avait un milliard d'idées. J'peux t'embrasser ? Nan. Est-ce que tu peux m'embrasser plutôt ? Est-ce que je peux toucher tes cheveux, ils ont l'air ultra doux ? Est-ce que je peux lécher les taches de rousseur sur tes joues ? Est-ce que j'peux croquer celles sur ton épaule ? On dirait qu'on t'a saupoudré de poudre de noisettes et j'adore les noisettes. Est-ce que j'peux te garder avec moi pour toujours ?

Heureusement pour lui, il ne dit rien et resta planté là, la bouche entrouverte, alors que Lily s'appuyait d'une épaule contre le mur, les bras croisés sous sa poitrine. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle le suive avec autant de facilité et il était un peu perdu. Il loucha presque en essayant de ne pas plonger les yeux dans son décolleté et échoua lamentablement. Elle avait des taches de rousseurs jusque sur le dessus des seins. Il ne remarqua pas de bretelles sur ses épaules.

— Tu portes pas de soutif ? lâcha-t-il.

James resta la bouche ouverte à la fin de sa question. Il était mortifié. Il bafouilla une excuse qui ne passa pas ses lèvres et Lily éclata de rire. James cligna des yeux à plusieurs reprises, surpris. C'était un son qu'il avait entendu des milliers de fois, un son qu'il avait réussi à produire quatre fois jusqu'ici. Trois fois en se ridiculisant et maintenant. Les joues écarlates, il frotta sa nuque et observa avec attention la pointe plastifiée de ses Converses.

— J'suis…
— ... Non, j'en porte pas, répondit Lily avec un sourire.

La mâchoire de James se décrocha sous l'aveu et ses yeux se braquèrent sur la poitrine enveloppée de satin pailleté de Lily. Comme si, en fixant le tissu avec assez d'insistance, il finirait par disparaître et lui dévoiler ce qu'il crevait d'envie de voir. Il resta figé suffisamment longtemps pour que Lily glisse un doigt sous son menton, fermant sa bouche et redressant sa tête d'un même geste. Un sourire espiègle étirait ses lèvres et il trembla quand elle planta son regard dans le sien.

— T'as beaucoup de taches de rousseur, ânnona-t-il en battant des paupières pour reprendre contenance.
— J'en ai partout, Potter. Absolument partout. Si t'as de la chance p'tet que tu découvriras ça plus tard.

Il ouvrit les yeux tout grand derrière ses lunettes et s'étouffa avec sa salive. Elle venait vraiment de dire ça ?

— BODY SHOT ! hurla Mary.

Les images qui défilaient dans son esprit le firent haleter et Lily s'éloigna vers le salon avec un clin d'œil qui le laissa aussi sonné que si elle lui avait asséné un coup de poing en pleine figure.


SIRIUS.

Appuyé au mur près de la porte-fenêtre qui menait au balcon, Sirius hochait la tête en rythme. Il avait envie de danser, mais était incapable de quitter des yeux la silhouette de son meilleur ami. Remus ne dansait pour ainsi dire jamais. Pourtant, il savait le faire. Il enroula une grande main – bon dieu, ses doigts étaient si longs – autour de la taille de Lily pour l'inviter à se retourner. Dos à lui, elle était si petite que Remus devait se pencher pour atteindre son oreille.

La musique pulsait, lourde et entêtante. Un rythme lancinant qui agitait les molécules jusqu'au creux des veines de Sirius et son regard ne quittait pas la piste de danse improvisée au milieu du salon.

Les lumières changeantes des spots allaient bien à Remus. L'odeur, épaisse, de la weed qui couvrait les lieux aussi. La sueur qui luisait sur son front, les boucles accrochées dedans, le rouge sur ses joues et sur ses lèvres, la façon dont les trois premiers boutons de sa chemise avaient sauté, étaient autant de détails familiers que Sirius dévorait des yeux. Tout lui allait bien et Sirius était affamé. Son regard suivait le balancier des hanches de Remus et les mouvements, gracieux, de ses bras, la manière dont il avait laissé sa tête tomber en arrière et dont l'humidité sur sa gorge captait la lumière.

Lily éclata de rire et Sirius suivit son regard jusqu'à trouver James qui observait la scène avec autant d'intérêt que lui. Il était supposé faire un poker avec Marlène, Dorcas, Peter et les Longbottom, mais aucun des participants n'était vraiment concentré. Marlène était trop occupée à faire de la spéléologie dans la bouche de sa petite amie pour se rendre compte que ses cartes étaient visibles sur la table. Peter comptait ses billets et James avait les lèvres entrouvertes ,ses cartes menaçant de lui tomber des doigts.

Sirius reporta son attention sur Remus dont la main recouvrait la quasi-totalité du ventre de Lily alors qu'il la plaquait contre lui avec un sourire paresseux. Sirius aurait tué père et mère – les vrais, pas ceux qui l'avaient mis au monde, pardon Effie et Monty – pour être sa place. Il se demanda si la main était chaude avant de renifler avec dédain. Bien sûr qu'elle l'était. Moony était toujours brûlant.

Sirius se força à quitter les phalanges de Remus des yeux pour tirer sur le joint qu'il pinçait entre son pouce et son index. La fumée, grasse, envahit ses poumons et il la garda là quelques longues secondes avant d'expirer une volute grise par la fenêtre entrouverte. Une gorgée de bière chassa le goût âpre sur sa langue et il s'autorisa un nouveau coup d'œil.

Le regard de Remus le trouva immédiatement et la mâchoire de Sirius manqua de se décrocher. Il y avait quelque chose de nouveau dans les iris de Remus.

Pas si nouveau que ça, s'il était honnête. Quelque chose de rarement présent aurait été une description plus juste. Un quelque chose de sombre, qui puait le stupre et qui faisait se hérisser les poils le long des bras et de la nuque de Sirius. Un truc presque animal qui lui donnait envie de rouler sur le dos juste pour voir ce que Remus ferait de lui.

Sous les paupières rendues tombantes par l'alcool et le THC, le doré s'était fait manger par le noir et Remus le fixait avec… envie. Sirius ne savait pas quoi en faire. Il avait passé tellement longtemps à regarder Remus de la même façon, sans jamais oser rien dire, bien sûr. La première fois qu'il avait aperçu ce regard – alors qu'il sortait de la douche, une serviette basse sur les hanches presque deux ans plus tôt – il s'était enfui en courant vers sa chambre. La simple notion que Remus puisse avoir lui aussi envie de lui était risible. Sirius savait qu'il était beau, les gens le lui répétaient assez souvent, mais c'était Moony. Moony qui le connaissait depuis qu'il avait onze ans, qui avait tout vu de lui, le bon comme le mauvais. Moony ne pouvait pas avoir envie de lui.

Sirius se consumait depuis des années. Dans un silence pesant, il avait laissé ses sentiments pour Remus le dévorer sans jamais réussir à éteindre l'incendie qui le ravageait. Si Remus devait lui rendre ne serait-ce qu'une once de son désir… L'idée était terrifiante.

La moindre erreur de sa part ferait voler en éclats presque quinze ans d'une amitié qui avait survécu à tout. Le déshéritement de Sirius, la mort du père de Remus, le cancer d'Euphémia, les mariages successifs de la mère de Pete, les jérémiades de James qui courait après Lily. Ils avaient tout traversé ensemble, s'étaient reposés les uns sur les autres dans toutes les épreuves. Demander plus, prendre plus, désirer plus, voulait dire prendre le risque de se retrouver sans rien. De dire adieu à quinze ans de secrets, de soutiens et de souvenirs pour ne garder qu'une poignée de cendre.

Sirius n'était pas prêt à accepter ce risque. Pas prêt à mettre en danger la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée dans l'espoir d'obtenir plus.

Pourtant, ce soir, Remus ne détourna pas les yeux.

Le doré coula du visage de Sirius jusqu'à son torse nu. Il avait perdu son t-shirt plus tôt, Mary devait toujours l'avoir, d'ailleurs. Remus traça les multiples tatouages qui couvraient sa peau, en incluant son propre surnom. Imposant, en lettres épaisses et noires, juste entre les os de ses hanches. Il avait dû le faire suite à un pari deux ans plus tôt. En réalité, il avait précisément été mis au défi, suite à sa défaite, de se tatouer le surnom de Remus à l'endroit de son choix. C'est lui qui avait choisi la police, la taille et le placement. Arial Black, gigantesque, juste au-dessus du bouton de son jean. C'était une idée stupide, comme beaucoup de celles qu'il avait quand personne n'était là pour l'arrêter. Il le regrettait parfois. Quand Remus se renfermait sur lui-même et que l'équilibre, précaire, qu'ils avaient réussi à instaurer entre eux, chavirait.

James avait hurlé de rire en le découvrant, Peter s'était frappé la tête trois fois sur la table de la cuisine et Remus avait simplement fixé les cinq lettres en silence, les mâchoires tellement crispées qu'à l'autre bout de la pièce Sirius avait vu le muscles près de ses tempes tressauter. Puis, il avait quitté la pièce avec une expiration excédée. Sirius ne l'avait pas revu de la journée après ça.

Les abdominaux de Sirius se contractèrent quand il porta la bouteille à sa bouche et les yeux de Remus remontèrent le long de son corps. Sirius enroula ses lèvres autour du goulot et avala trois longues gorgées sans rien perdre de la façon dont Remus dévora le mouvement. Il s'essuya la bouche du dos de la main et la langue de Remus vint humecter sa lèvre inférieure comme s'il pouvait goûter la saveur amère de l'IPA sur les siennes. Son piercing, une simple boule argentée au creux de sa langue, capta les rayons bleus d'un spot et Sirius grogna. Il avait été au cœur d'un nombre incertain de fantasmes, surtout après qu'il ait entendu Fabian en vanter les mérites à Mary quelques semaines après que Remus l'ait fait faire trois ans plus tôt. Des heures à se caresser, l'esprit plein de boucles et d'yeux dorés, de peau tannée, de cicatrices argentées et d'une voix rauque. Des heures à se retenir de gémir les cinq lettres encrées sur son bas-ventre.

Les dents de Remus se dévoilèrent quand il sourit avant d'articuler silencieusement l'une des phrases de la chanson. Come on dance with me.

Sirius grogna – un son sourd dans le fond de sa gorge – secoua la tête en signe de négation et tira une fois de plus sur le joint. Il ne craquerait pas. Pas ce soir, pas demain, pas dans une semaine. Il. Ne. Craquerait. Pas. Il luttait depuis des années de toute façon. Remus était un grand « non » qu'il allait devoir admettre, lui qui peinait à l'accepter d'ordinaire.

James se leva brutalement et vint arracher Lily des bras de Remus qui éclata de rire. Le son résonna par-dessus les basses du morceau et Sirius aurait voulu pouvoir le foutre en bouteille. Pouvoir l'entendre à chaque fois qu'il le souhaitait dans le secret de sa chambre. Le rire de Remus n'était pas joli, il était agressif, comme le claquement sec d'un coup de fouet. C'était l'un des sons préférés de Sirius. Suivi d'extrêmement près par sa voix rauque au réveil, à la table du petit déjeuner, quand ses boucles étaient encore toutes ébouriffées par la nuit et que ses yeux peinaient à rester ouvert.

Remus continua à danser seul alors que James entraînait Lily dans le couloir qui menait aux chambres. Ils seraient tous chanceux si James et Lily parvenaient à atteindre la sienne. Ils finiraient plus probablement dans la salle de bain ou dans la piaule de Sirius dont la porte était plus proche.

À nouveau, Remus se tourna vers Sirius et il n'y avait plus rien pour le séparer de la vision qu'était Remus Lupin quand il arrêtait de réfléchir et s'abandonnait à la musique. Sa chemise était désormais ouverte en entier et dévoilait la longue plaine de son torse dont les muscles ondulaient au rythme de ses mouvements. Les cicatrices qui parsemaient sa peau attrapaient les lumières des spots aussi sûrement que la barre argentée qui traversait son téton gauche. Une autre star des nuits solitaires de Sirius, qui se demanda un instant quel goût aurait le métal une fois pincé entre ses incisives.

Une fois de plus, le regard de Remus le trouva alors qu'il laissait sa paume glisser sur son torse nu. Sirius manqua de s'étouffer avec une gorgée de sa bière quand Remus effleura l'une des billes qui maintenaient la barre en place. Une plainte aiguë – et franchement pitoyable – échappa à Sirius et il avala péniblement l'alcool tiède.

Remus Fucking Lupin.

Come on dance with me. Move your body, you like the beat.


REMUS .

Il avait chaud. Il avait chaud à en crever. Lily, aussi petite et bourrée soit-elle, l'avait épuisée. Pourtant, il n'arrêta pas de danser. Il n'arrêterait pour rien au monde. Pas quand Sirius le regardait comme ça. Pas quand il avait cette tension dans la mâchoire et dans les yeux, que le gris de ses prunelles s'était fait bouffer par le noir de ses pupilles et qu'il restait la bouche entrouverte devant lui.

Remus inspira profondément, se gorgeant de l'odeur typique d'une soirée bien entamée. Alcools divers et variés, fumée et transpiration post-adolescente, un cocktail familier. Il glissa une main dans sa nuque, puis sur son front pour chasser les cheveux qui s'agglutinaient dans le voile de sueur qui commençait à le couvrir intégralement. Sirius était là, à se pavaner torse nu comme si ce n'était pas la pire chose qu'il pouvait faire à Remus. Les paillettes qui tapissaient les joues de Mary s'étaient transférées sur sa peau laiteuse au fil de la soirée et il scintillait dans la lumière changeante des spots.

On aurait dit une putain de statue après la pluie avec ses cheveux plaqués contre ses pommettes et sa gorge, avec sa bière et son pétard et toute la putain d'encre qui marquait son épiderme. Les yeux de Remus n'arrêtaient pas de revenir sur son propre surnom, tatoué en lettre de cinq centimètres de haut sur un de large, juste entre les os saillants des hanches de Sirius.

Il avait passé un temps considérable à se branler, l'image de l'encre encore fraîche tatouée derrière ses paupières closes. Il s'était imaginé mordre dans la peau fine, prête à craquer, sur les os du bassin de Sirius, avait visualisé les traînées blanches de ses orgasmes contrastant délicieusement avec l'encre noire.

Une nouvelle contraction des abdominaux de Sirius ramena son regard vers le haut. Il ne l'avait pas quitté des yeux et Remus laissa à nouveau son pouce frotter contre la barre de son piercing. La sensation était infernale tant il aurait aimé y sentir la langue de celui qui lui faisait face.

Remus était intimement familier avec la fascination de Sirius pour le métal qui traversait sa peau. Il n'avait pas manqué les regards lourds que son meilleur ami faisait peser sur la barre qui transperçait sa langue ou sur la protubérance qui se dessinait sous ses t-shirts quand il remplaçait la barre sur son pectoral par un anneau. Sirius avait été avec lui pour chacun de ses piercings, sauf un.

Le dernier en date, il ne le connaissait pas. Il se demanda l'espace d'une seconde quelle tête ferait Sirius s'il venait à le découvrir. Il avait presque envie de se taper Fabian pour s'assurer que l'information remonte jusqu'à Mary et fasse le tour du groupe pour atteindre les oreilles de Sirius.

Y penser n'aida pas Remus à calmer la tension qui enflait dans le creux de son ventre et qui menaçait de se rendre visible sous la ceinture de son jean. Malgré ses appels, ses supplications, Sirius ne s'était toujours pas approché. Il tendit une main en désespoir de cause et articula une dernière fois, à l'intention de Sirius.

Come on dance with me.

Par un miracle quelconque, Sirius abandonna sa bouteille vide sur le rebord de la fenêtre, aspira l'ultime bouffée de son joint, qu'il jeta par l'ouverture et s'avança. Ses narines palpitèrent au moment où il s'arrêta devant Remus et laissa l'une de ses paumes serpenter jusqu'à sa nuque alors que celle de Remus trouvait la hanche nue de Sirius. La peau y était moite, mais fraîche, caressée par l'air extérieur. Remus se pencha en avant pour placer sa bouche près de celle de Sirius. La fumée passa de l'un à l'autre en un geste effectué mille fois entre eux. Un simulacre de baiser qu'ils s'autorisaient quand l'alcool et la weed avaient fait un trop bon travail. Les doigts de Remus se crispèrent contre la taille de Sirius, son pouce trouva l'os saillant et le haut du M alors que son auriculaire se frayait un chemin sous la ceinture de son jean trop serré. Celle de Sirius s'enfouit dans les mèches humides à l'arrière de sa tête.

Un temps d'hésitation, quelques secondes de silence le temps que la chanson change, une question silencieuse et Sirius raffermit sa prise. Juste assez pour que la traction contre le crâne de Remus le force à ouvrir la bouche pour laisser filer un grondement sourd et un nuage de fumée. Il planta son pouce dans la peau moelleuse à côté de l'os et Sirius se cambra contre lui.

Yeah, I want you to get nasty, nasty.

La musique continuait de pulser autour d'eux et la cuisse de Remus se fraya un chemin entre les jambes de Sirius. La main relâcha ses cheveux et l'avant-bras s'abandonna sur son trapèze. Un battement, deux, le temps de trouver le rythme et ils dansaient.

Les hanches de Sirius de la lave en fusion entre ses paumes. Son torse une vague brûlante contre le sien. Les basses qui pulsaient à un rythme languide alors qu'ils se frottaient l'un à l'autre avec une impudeur totale. Juste sous le nez de Remus, à la jonction entre le cou et l'épaule, la peau soyeuse, sensible, fragile, le narguait. Il claqua des dents dans le vide pour s'empêcher de les refermer sur le tendon qu'il voyait régulièrement saillir sur la gorge de Sirius. Remus étouffa un halètement précipité quand la sensation humide d'une langue contre sa clavicule le prit de court.

Sirius ne s'embarrassa pas des mêmes indécisions que lui et ses lèvres se refermèrent sur l'épiderme. La sensation de succion fit tourner la tête de Remus. Sirius le rendait ivre plus sûrement que tout ce qu'il avait consommé depuis le début de la soirée. Il glissa une main le long de son dos, ses doigts dansèrent sur chacune des vertèbres avant de venir s'enfouir dans les mèches sombres contre sa nuque. Il maintint en place la tête de Sirius alors qu'il s'appliquait à apposer une marque sur sa peau et l'idée le rendit à moitié fou. Il finit, à regret, par tirer doucement sur les cheveux dans lesquels ses phalanges s'étaient emmêlés et Sirius le relâcha avec un petit pop. Sa bouche était luisante de salive et Remus, pour s'empêcher de faire une bêtise encore plus grande, le força à se retourner.

Les reins de Sirius appuyèrent contre son entrejambe et Remus grogna quand son érection frotta contre l'arrondi du cul le plus parfait de la création. Il plaqua sa paume sur le ventre de Sirius et ondula en rythme avec lui alors que Sirius laissait retomber sa tête en arrière. Les ongles de Remus s'enfoncèrent doucement dans la chair et il traça trois lignes écarlates du tatouage entre ses hanches jusqu'à son plexus solaire. Il approcha ses lèvres de l'oreille de Sirius et souffla les paroles d'une voix rauque.

There ain't nothin' like that moan when the tip's in… Good God… Look at you, you're doin' such a good job…

Un frisson secoua Sirius qui inspira d'un coup sec en étouffant ce qui ressembla étrangement à un soupir. Un sourire étira ses lèvres en voyant la peau laiteuse marquer avec autant de facilité. Il se sentait tout puissant, libéré des entraves qui l'empêchait d'ordinaire de faire ce qu'il voulait avec Sirius. Il se pencha pour refermer les dents sur le tendon qui le torturait depuis des années quand la voix de Mary résonna.

— BODY SHOT !

Remus grogna de dépit et se contenta d'effleurer la peau moite de Sirius du bout des lèvres et de la langue. Avec tout le courage qu'il possédait, il plaqua ses lèvres contre l'oreille de Sirius et referma les doigts sur la boucle de sa ceinture qu'il tira légèrement.

— Plus tard, souffla-t-il d'une voix rauque.

Un frisson secoua l'échine de Sirius qui laissa échapper un couinement pitoyable. Remus se pressa une dernière fois contre lui et se força à reculer. Quand Sirius se retourna pour lui faire face, Remus agrippa ostensiblement son érection pour l'installer dans une position plus confortable et la bouche de Sirius resta entrouverte, sa langue et ses lèvres humides reflétant la lumière.


JAMES.

La voix criarde de Mary passa par-dessus la musique et la proposition fut accueillie par une variété d'assentiments plus ou moins enthousiastes. James se reprit et se dirigea comme un automate jusqu'à la cuisine pour récupérer la bouteille de téquila qu'ils avaient mise au frais plus tôt. Il la tendit silencieusement derrière lui et ricana quand une main s'en empara.

— Mare Bear, la salière est…
— Dans le placard, au-dessus de l'évier à droite, je sais, chaton, lui répondit Mary en se saisissant de la bouteille.
— Parfait, j'ramène les agrumes, alors.

Il attrapa le saladier plein des citrons qu'il avait passé une demi-heure à couper en quartiers avec Sirius dans l'après-midi et prit la direction du salon. La table basse avait retrouvé sa place centrale et Mary agitait deux verres pleins de petits papiers sous le nez des invités.

— Allez hop ! On pioche, on pioche !

James fourra deux doigts dans le gobelet et en extirpa un papier plié en quatre. Un reniflement amusé lui échappa.

— Paaads, j't'ai encore pioché !
— Oh, nice, toujours un plaisir de te laisser me baver dessus !
— T'as eu qui toi ?
— Panda.
— Oh, dommage, répondit James en jetant un regard en direction de la jeune femme.

Pandora était jolie, mais elle n'était pas Remus. Pandora était une femme et Sirius aimait les hommes. Non, Sirius aimait Remus .

— Boarf, répondit Sirius en passant une main dans ses cheveux avec un haussement d'épaule. C'est le jeu !

James ne releva pas le regard de Sirius qui glissa par-dessus son épaule vers Remus qui agitait son papier sous le nez de Caradoc. Il ne dit rien non plus quand les sourcils de Sirius se froncèrent en entendant Benjy héler Remus. Non, il ne releva rien parce qu'à l'autre bout du salon, appuyé contre Dorcas, Lily avait les yeux braqués sur lui, un sourcil haussé.

Il allait imploser, ici et maintenant.

— Pads. Pads. PADS !
— QUOI ?
— Je crois que Lily m'a pioché.
— Ouuuh ! ENFIN ! MOONY !

Sirius l'abandonna pour sautiller jusqu'à Remus. Il se pendit à son bras et le regard qu'ils échangèrent quand Sirius lui annonça la nouvelle fit se hérisser les poils sur la nuque de James. C'était jamais bon quand ils se regardaient comme ça. Jamais bon pour lui, en tout cas.

Cinq minutes plus tard, tout le monde était réuni en cercle autour de la table pour le premier body-shot de la soirée. Mary s'était allongée après avoir retiré sa blouse et Marlène ricanait au-dessus d'elle. Le sel trouva le creux près de l'épaule de la jeune femme, la téquila son nombril et Remus lui planta le quartier de citron entre les dents. Avec une rapidité forgée par l'habitude, Marlène lapa le ventre de Mary, lécha sa clavicule et vint récupérer le fruit dont elle arracha la chair avec un petit couinement amusé.

— Suivant ! hurla-t-elle en prenant la place de Mary.

Chacun leur tour, ils se couchèrent sur la table jusqu'à ce que ce soit celui de Sirius. Il s'affala sur le bois avec un regard faussement sulfureux en direction de James qui ricana. Ils l'avaient déjà fait tant de fois. Ils avaient déjà tant fait avec Sirius. Il connaissait son corps presque aussi bien que le sien maintenant. James retira ses lunettes, que Remus s'empressa de coincer dans le col grand ouvert de sa chemise, avant de grimper à califourchon sur les cuisses de Sirius.

Sans quitter son meilleur ami des yeux, il agita la main et quelqu'un lui glissa la bouteille encore fraîche entre les doigts. Trois minutes plus tard, sa langue effleurait celle de Sirius pour récupérer son morceau de citron et cet enfoiré fourrait la main dans les cheveux de James avant de l'embrasser à pleine bouche.

— Tain Pads, t'abuses ! C'est dèg la teq et le sel sans le citron, t'es censé me laisser le bouffer avant d'essayer de faire la carte topographique de mes molaires !
— Aaah, désolé Prongs ! Tu sais que j'suis faible.
— Connard, lâcha-t-il sans une once de méchanceté.
— Moi aussi, je t'aime. Allez, à ton tour, Roméo.

James déglutit si fort que Sirius haussa les sourcils avec un petit éclat de rire avant de se dépêtrer de l'étreinte dans laquelle ils se retrouvaient tous les deux. Remus rendit ses lunettes à James qui hésita à les prendre. Il n'était pas sûr de survivre à l'exercice s'il y voyait clair. Avec un soupir, il les jucha sur son nez et se laissa tomber sur la table.

— Ta chemise, Prongs, lui rappela Remus avec un rire.
— Ah… Ouais.

Il se débarrassa du vêtement qu'il envoya sur le dossier du canapé avant de s'installer sur les coudes. Il ferma les yeux, les rouvrit et les braqua quelque part sur le plafond. Il ne pouvait pas regarder Lily. Pas alors qu'elle s'apprêtait à grimper sur ses genoux habillée comme ça. Pas alors qu'ils arrivaient enfin à discuter normalement, pas alors qu'elle commençait enfin à le considérer comme autre chose qu'un sombre crétin.

Il prit une profonde inspiration, carra les épaules et serra les dents. Il allait laisser Lily boire de la téquila à même son ventre et il n'allait pas bander. Il souffla lentement par le nez et croisa le sourire narquois de Sirius et le regard taquin de Remus qui lui tendait un quartier de citron. Ses yeux revinrent sur le bout de la table. Entre ses jambes écartées, Lily dansait, les bras levés au ciel, la bouteille dans une main et la salière dans l'autre. Il l'observa, la bouche entrouverte. Bordel, ce qu'elle était belle !

Avec toute la souplesse et la confiance en elle, offertes par l'alcool et la beuh, elle s'installa à califourchon sur les cuisses de James. Le groupe autour d'eux se tut progressivement, mais James n'y prêta aucune attention. Lily Evans était assise sur lui. Son cerveau s'éteignit et se ralluma avec un bruit de modem 56k quand elle se pencha pour répartir le sel sur sa clavicule moite. Il mobilisa l'intégralité de ses neurones encore en activité pour contrecarrer les plans de sa queue qui n'était clairement pas sur la même longueur d'onde que sa cervelle. Bande pas, bande pas, bande pas. James perçut avec une acuité effroyable, la goutte de sueur qui glissa de sa tempe jusqu'au bord de sa mâchoire puis le long d'un tendon jusqu'au… creux de sa clavicule. Il déglutit en espérant que Lily ne l'avait pas remarquée, elle.

Si c'était le cas, elle ne s'en offusqua pas et laissa la téquila couler le long de son torse en fredonnant le morceau qui passait sur les enceintes. Le liquide lui parut bien plus frais que ce qu'il avait senti en le versant sur Sirius. James siffla et secoua la tête. Avec un petit claquement de langue désabusé, Remus s'accroupit pour enfoncer un quartier de citron entre ses dents. Il le poussa un peu trop loin avec un sourire mutin et se redressa. James aperçut une marque violacée dans le creux de son cou qu'il n'avait pas vue plus tôt. Il scanna le groupe autour d'eux en quête de Sirius. Son meilleur ami lui offrit un signe encourageant et James releva, enfin, les traces écarlates qui s'étiraient du tatouage sur son bas-ventre à son sternum. Les sourcils froncés, il reporta son attention sur Lily qui venait de bouger.

Sa déconcentration avait eu raison de ses efforts précédents si l'érection enthousiaste qui déformait l'avant de son jean était à prendre pour témoin. Il grogna de dépit. Il était foutu.

Lily Evans était sur ses genoux. Lily Evans allait lécher de la téquila sur les abdominaux qu'il entretenait religieusement. Lily Evans allait lécher sa clavicule et récupérer du citron dans sa bouche. Lily Evans allait surtout se rendre compte qu'il bandait comme un âne et lui coller un pain.

Le visage plissé en une grimace, il geignit doucement en attendant qu'elle se penche. Elle recula, juste assez pour pouvoir poser les lèvres sur son ventre. Ses seins pressèrent contre le sexe raide de James et il laissa sa tête retomber en arrière. Pas maintenant. Pas maintenant. Pas maintenant. Le bruit de succion qu'elle fit en recueillant la téquila lui transperça les oreilles et elle glissa sur lui, le tissu soyeux de son haut frottant contre son corps moite.

Elle s'arrêta au niveau de sa clavicule, les mains posées sur ses pectoraux. Elle se pencha et plaqua sa bouche contre la peau de James encore une fois. La sensation de sa langue qui récoltait le sel en plusieurs passages lui tira un gémissement sourd qu'elle ne put qu'entendre. Elle ne réagit pas. Pas de coup, pas d'insulte, c'était à la fois la chose la plus effroyable et la plus fantastique que James ait vécu dans sa courte existence. Quand elle se redressa pour venir récupérer son morceau de citron, James sentit sa mâchoire se décrocher à nouveau. Les lèvres de Lily luisaient d'un mélange d'alcool et de salive. Quelques grains brillaient sur l'arrondi de sa lèvre inférieure et elle les ramassa d'un coup de langue. James déglutit, la saveur amère et acide du citron tapissa ses papilles et Lily fondit sur lui. Le fruit avait glissé entre ses dents et elle plaqua ses lèvres contre les siennes avant de faufiler sa langue dans sa bouche.

Elle l'enroula autour du quartier, l'attira à elle et quand elle mordit dedans, quelques gouttes tombèrent sur celle de James. Il laissa filer une respiration tremblante et attendit. Elle tourna la tête, cracha la peau et fondit à nouveau sur lui. Elle avait un goût de téquila, de sel et de citron et James la dévora comme si elle avait été son dernier repas. Il se redressa avec un grognement qu'il étouffa contre sa bouche et referma ses bras sous les cuisses de Lily qu'il souleva de la table d'un geste souple. Il ne chercha même pas à regarder où il allait. Il connaissait l'appartement par cœur. Le groupe s'écarta et il avança d'un pas déterminé vers sa chambre, Lily dans les bras. Sirius poussa un sifflement aigu et il marmonna contre les lèvres de Lily qu'il n'avait pas quittées.

— Fais-lui un doigt pour moi, s'il te plait.

Un éclat de rire semblable à un aboiement résonna quelques secondes plus tard et Lily chuchota contre sa bouche alors que sa main revenait s'enfouir dans ses cheveux.

— C'est fait.
— T'es parfaite.


SIRIUS.

La bouche encore pleine du goût amer de la peau de son citron vert, Sirius observa James embarquer Lily vers sa chambre. Il était temps. Il éclata de rire quand elle lui adressa un doigt d'honneur par-dessus l'épaule de James et Sirius se tourna pour chercher Remus des yeux. Depuis le temps qu'ils attendaient ça, tous les deux. Mais Remus n'était pas derrière lui.

Remus était allongé sur la table basse, sa chemise ouverte le long de ses flancs, un quartier de fruit entre les dents et Benjy Fenwick à califourchon sur les cuisses.

Sirius serra les poings quand la sensation habituelle lui broya les tripes. Il était familier de sa propre jalousie. Elle enflait quelque part sous ses côtes, sous son diaphragme, et gonflait jusqu'à ce qu'il devienne incapable de respirer. Dans ces moments, il était obligé de quitter la pièce, d'arracher ses yeux de la silhouette de Remus, d'oublier les regards étranges qu'ils partageaient. Il n'était rien pour Remus. Rien d'autre qu'un de ses meilleurs amis, qu'un de ses colocataires et ça aurait dû être suffisant. Ça aurait dû être assez pour lui. Ça ne l'était pas. Sirius se força à déglutir et récupéra la bouteille entre les mains de Benjy après qu'il eut fini de verser le liquide sur le ventre plat de Remus.

Sirius avala une gorgée de téquila pure avec une grimace et observa la façon dont l'alcool faisait scintiller les poils qui s'étiraient du nombril de Remus jusque sous la ceinture de son jean. Une nouvelle lampée quand la langue de Benjy récolta le sel dans la clavicule de Remus, celle sur laquelle Sirius avait laissé sa marque plus tôt. Un grognement peiné lui échappa et il se força à tourner la tête avant que les lèvres de Benjy arrivent là où il n'avait jamais eu l'occasion d'aller. Là où il n'irait jamais.

Il s'approcha de la porte du balcon et alluma une cigarette en silence. Il tira sur le filtre si fort qu'il s'en brûla les lèvres et jura en frottant son pouce contre la peau abîmée. Une main se referma sur son poignet et Remus le souleva jusqu'à pouvoir lui voler sa clope. Ses lèvres effleurèrent les phalanges de Sirius quand il la récupéra et la sensation lui remonta le long du bras comme un courant électrique. Remus tira sur la cigarette, les yeux plissés pour se protéger de la fumée, et expira par le nez avant de marmonner autour du filtre.

— Laisse-moi jeter un œil.

Sa voix était tellement grave, tellement rauque, qu'elle était plus proche d'une vibration que d'un son. Sirius trembla quand les doigts de Remus se refermèrent sur son menton avec calme. Son pouce pressa délicatement contre la commissure de ses lèvres et Sirius autorisa Remus à incliner sa tête vers la lampe. Remus fit claquer sa langue et ses sourcils se froncèrent. Sirius était familier de l'expression, de la façon si particulière dont ils se redressaient à peine avant de se rapprocher l'un de l'autre, dont la peau du front de Remus se froissait et dont son regard s'adoucissait toujours quand il s'inquiétait pour lui. Sirius l'avait vu tellement de fois, à l'époque où il vivait encore chez ses parents et qu'il revenait à l'école avec un coquard ou la trace des doigts d'Orion autour de son biceps. Il relâcha sa nuque et laissa Remus effleurer la zone légèrement brûlée du plat du pouce. Les yeux mi-clos, Sirius dériva en inspirant le parfum familier de son meilleur ami.

Il ne se sentait jamais plus en sécurité que quand les mains de Remus étaient sur lui.

— … Fait mal ?
— Hein ? Nan, nan, ça va…

Il avait connu pire. Sa lèvre inférieure avait connu pire. Elle avait été mordue, fendue, explosée contre ses dents, la lésion n'était qu'un inconfort qui aurait disparu quand le soleil se lèverait. Le pouce de Remus repassa sur la muqueuse et sans réfléchir, Sirius laissa le bout de sa langue l'effleurer. La respiration de Remus accrocha dans sa gorge et quand Sirius trouva le courage de soulever ses paupières, il croisa le regard de Remus. Une fois de plus, il s'était assombri et une certaine tension était visible au coin externe de ses yeux, comme s'il se retenait. Il se retenait toujours. Il se retenait de crier, de frapper, d'exprimer son opinion, mais d'ordinaire, il ne le faisait pas avec Sirius. Jamais avec lui.

Un frisson lui secoua l'échine alors qu'il se retrouvait à nouveau prisonnier du regard de Remus qui serra les dents. Les muscles de sa mâchoire tressautèrent et Sirius leva les doigts pour essayer d'effacer la crispation. Ils glissèrent de la maxillaire de Remus jusqu'à sa gorge, puis sa clavicule. Du bout de l'index, Sirius traça le pourtour de la marque qu'il avait eu l'audace d'appliquer là et les yeux de Remus quittèrent les siens pour se braquer sur sa bouche. Autour d'eux, le monde sembla disparaître, les sons s'adoucirent, les odeurs aussi, la lumière se fit moins agressive. Sirius ne percevait plus que d'une oreille distraite la musique, le vacarme des verres s'entrechoquant et les rires de leurs amis.

Il humecta sa lèvre inférieure d'un coup de langue rapide et un bruit sourd, similaire à un grondement animal, s'échappa de la poitrine de Remus. Il en discerna les vibrations sous sa paume, au travers de la peau, des muscles et des os de Remus. Il avait envie de s'enfouir là, sous ses côtes. Là où rien ni personne ne pourrait l'atteindre. Il ouvrit la bouche pour parler, mais Remus secoua doucement la tête.

— Pads…
— Quoi ?
— On peut pas, Pads…

Sirius grimaça et ferma les yeux. Bien sûr. Comme toujours, Remus était la voix de la raison, celui qui les empêchait de se lancer dans des plans trop foireux et les dirigeait, à la place, vers des idées plus réalisables. Même avec l'esprit embrumé par l'alcool, il était capable de résister à ce qui les traînait l'un vers l'autre. Sirius arracha son visage des doigts de Remus et se détourna brutalement.

— T'as raison, lâcha-t-il d'une voix morne qu'il détesta.

C'était pas la faute de Remus si Sirius était une prise de risque qu'il n'était pas prêt à prendre. Personne n'aurait parié sur Sirius, il était trop instable, trop volatile. Comme une solution chimique mal dosée, il était prêt à exploser à la moindre étincelle. Personne n'avait envie de prendre ce genre de risque.

Il s'éloigna, conscient du regard que Remus faisait peser sur lui. Sirius était fatigué de lutter contre Remus, de combattre l'attraction étouffante que son meilleur ami avait sur lui. Il était épuisé de résister. Il avait mis trop de temps à accepter son orientation sexuelle, il en avait assez de se battre contre lui-même.

Ses yeux tombèrent sur Caradoc, appuyé contre le dossier du canapé en pleine discussion avec Mary dont les doigts se perdaient dans les mèches paille de Peter. Les plus jeunes étaient déjà partis. Quand ? Il n'en avait aucune idée, son frère ne lui avait même pas dit au revoir. Il ne restait plus que leur groupe étendu. James et Lily n'étaient toujours pas ressortis de la chambre de James et, même si Sirius était heureux pour lui, il ne pouvait rien faire contre la pointe amère de jalousie qui pesait dans sa poitrine. James avait fini par obtenir ce après quoi il courait depuis des années. Pourquoi est-ce qu'il n'y avait pas le droit, lui ?

Les yeux de Remus comme un tison dans son dos, il s'approcha de Caradoc. Il se glissa fluidement entre ses cuisses et répondit au sourire surpris du garçon par l'un des siens. Caradoc était trop large, trop épais, son parfum n'était pas le bon, mais personne n'était jamais ce que Sirius cherchait de toute façon. Il ferait l'affaire. Sirius passa les bras autour du cou de Caradoc et frotta son nez contre sa mâchoire alors que sa main, tiède, s'enroulait sur sa hanche nue.

— Ça va, Siri ?

Le surnom que son frère lui donnait depuis l'enfance lui parut complètement déplacé dans la bouche de Caradoc, mais il grimaça en silence et secoua la tête, le visage planqué contre son épaule.

— Hmm… j'm'ennuie.
— J'peux faire quelque chose pour toi ? demanda Caradoc en l'invitant à reculer d'un petit mouvement.

Ses yeux brillaient d'un éclat curieux.

— P'tet bien, répondit Sirius avec un sourire mutin.

Sirius se mordilla la lèvre inférieure et retint une grimace quand ses dents s'enfoncèrent dans la peau abîmée. Il se hissa sur la pointe des pieds et approcha ses lèvres de celles de Caradoc. Si Remus refusait de flancher, Sirius n'allait pas non plus s'empêcher de vivre pour lui. Caradoc ferait l'affaire pour apaiser la démangeaison que Remus allumait toujours dans le creux de son ventre. Il ne serait pas le premier et certainement pas le dernier à servir de placebo quand ce qu'il cherchait était si près, mais demeurait hors d'atteinte.

Sa bouche était sur le point de rencontrer celle de Caradoc quand un poing se referma dans ses cheveux et tira son crâne en arrière. Il se cassa la nuque et ses yeux tombèrent sur le menton de Remus qui fixait Caradoc en secouant la tête. Un sourire de chat étira les lèvres de Sirius.


JAMES.

James enfonça plus fermement ses doigts dans la peau moelleuse des fesses de Lily qui gloussa contre sa bouche et il ouvrit la porte de sa chambre d'un coup de pied.

— Evans…
— Oui, James ? répondit-elle en levant les yeux au ciel.
— Je…

Il la déposa sur le tapis avec douceur et inspira profondément. Il pouvait faire ça. Il pouvait refuser de coucher avec Lily si ça ne signifiait pas la même chose pour lui que pour elle. Il expira avec lenteur et la fixa droit dans les yeux. Il ignora l'alcool qui pulsait dans ses veines, son érection douloureuse et la bouche rougie de Lily.

— Evans, j'veux pas juste d'un coup d'un soir avec toi. Je… Ça fait des années que je rêve de toi. Et de ça, hein ! J'vais pas mentir, ça servirait à rien, dit-il dans un rire en haussant les épaules. Mais j'veux pas juste d'un coup d'un soir. Si on fait ça, tu dors ici ce soir et demain matin j't'achète des croissants et j't'invite au resto demain soir et…

Elle s'avança et posa un doigt sur ses lèvres avec un sourire plein de tendresse.

— James… Je sais.

Il l'observa, les yeux écarquillés, et s'empara de son poignet pour embrasser sa paume.

— OK…
— J'ai pas non plus envie d'un coup d'un soir, sinon j'aurais dit oui, il y a longtemps.

Elle aurait dit oui à l'époque où leurs deux groupes d'amis n'étaient pas aussi entrelacés. À l'époque où elle aurait pu disparaître de sa vie sans faire de vague. L'idée lui tordit le ventre. Lily faisait partie de son quotidien au même titre que les garçons, la simple évocation d'une réalité où elle aurait dit oui avant de s'évanouir au petit matin lui donnait envie de pleurer. Il hocha la tête et déglutit avec difficulté.

— Tu sais que j'suis amoureux de toi, hein ?
— Je sais, oui.
— OK.

Il fondit sur elle et la souleva à nouveau au creux de ses bras. Comme si elle l'avait déjà fait mille fois, elle enroula ses jambes autour de lui et enfouit les doigts dans ses cheveux. Il n'avait pas besoin qu'elle lui renvoie ses sentiments, il l'aimait en silence depuis si longtemps qu'avoir enfin le droit de le dire lui suffisait. Il caressa sa joue, l'angle de sa mâchoire, son cou de la pointe de son nez et quand ses lèvres trouvèrent la peau de son épaule, il l'embrassa avec tendresse avant d'y passer la langue. Des années qu'il ne rêvait que de ça. Lily soupira et enfonça les doigts dans ses cheveux. Elle le força à quitter son exploration et il ronchonna en levant les yeux vers elle.

— Tu sais que moi aussi, j'suis amoureuse de toi, non ?

Les genoux de James flageolèrent et il se laissa tomber sur son lit, Lily à cheval sur ses cuisses. C'était inespéré. Il aurait accepté une relation sans aveux, aurait accepté d'attendre de voir si avec le temps les sentiments qu'il avait pour elle auraient été suffisants pour qu'elle en développe à son tour. L'idée d'une réciprocité immédiate ne lui avait même pas traversé l'esprit.

— Vraiment ?

Il détesta la façon dont sa voix tremblota, la manière dont sa gorge s'était serrée et dont l'espoir devait être clairement visible sur son visage. Elle l'avait rejeté tant de fois qu'il peinait à la croire. Un sourire un peu triste étira les lèvres de Lily qui caressa sa joue du pouce.

— Oui, vraiment. Désolée d'avoir mis si longtemps à me rendre compte de qui tu étais, James… Tu sais que je suis têtue…

Le souffle de James lui échappa en une longue expiration et il laissa son front reposer sur l'épaule de Lily.

— Tu sais… Si ça avait pas été le cas, j'm'en serais foutu.
— Comment ça ?
— J'serais resté avec toi jusqu'à ce que t'en ai marre.
— Oh, James…

Elle se pencha et posa un baiser aussi léger qu'une plume sur sa joue.

— Espèce de crétin…

Il haussa les épaules et Lily tira à nouveau sur ses cheveux.

— James, regarde-moi.

Il obéit et comme toujours, il se perdit dans le vert de ses yeux. Il n'avait jamais vu personne avec des iris comme les siens. Ceux de Sirius étaient magnifiques, ceux de Remus intéressants, mais personne n'avait un regard aussi fascinant que Lily Evans. La teinte était si profonde, si intense, qu'il s'était demandé si elle ne portait pas des lentilles colorées à une époque. Il sourit en la fixant et elle secoua la tête. L'émeraude de ses prunelles débordait d'affection et de tendresse.

— Potter, fais-moi l'amour, s'il te plait.

Un couinement échappa à James qui hocha la tête avec précipitation avant d'enfouir les mains sous son haut satiné. Sa peau était moite, mais d'une douceur indécente et il gémit quand le bout de ses doigts effleura le dessous d'un sein.

— J'avais oublié que tu portais pas de soutif, souffla-t-il en laissant sa paume remonter jusqu'à pouvoir frôler un téton de la pointe du pouce.

Sa poitrine tenait parfaitement dans les paumes de James et la réalisation lui donna à nouveau envie de pleurer. Elle était parfaite. Parfaite en tout point, mais surtout, parfaite pour lui. Lily se mordit la lèvre inférieure et se cambra entre ses bras.

— Potter, j'ai besoin que tu me prennes et que tu le fasses vite. On pourra prendre tout notre temps plus tard, la prochaine fois, quand tu voudras, mais là, tout de suite…

Elle ondula et se pressa contre l'érection qui déformait l'avant de son jean et les mains de James se crispèrent sur elle. La première malaxa le sein qu'il effleurait jusqu'alors et la seconde l'encouragea à recommencer en appuyant sur sa hanche.

— OK… OK…

Les phalanges de Lily filèrent sur son torse et s'attaquèrent au bouton de son pantalon avec précipitation. Elle le fit sauter et enfouit sa petite main sous le coton du boxer de James qui expira brutalement.

— Merde…

Elle l'explora des doigts avec un son rempli de contentement et il ferma les yeux en luttant contre l'orgasme qui le menaçait déjà.

— S-Stop…

Elle retira sa main et le fixa avec de grands yeux.

— Qu'est-ce qu'il y a ?
— J'veux pas jouir sans m'être occupé de toi d'abord, souffla-t-il en dévorant sa bouche.

Il obtint un petit rire plein de fierté en récompense pour son honnêteté et il aurait pu vivre en n'entendant plus que ça jusqu'à la fin de ses jours.

— Les capotes sont dans la table de chevet, ajouta-t-il.

Elle sauta de ses genoux, attrapa un préservatif dans le tiroir et le lui lança avant de se débarrasser de son haut et de sa culotte avec des gestes sûrs. James s'arrêta, la queue à la main, prêt à dérouler le latex sur son érection, et il la fixa la bouche ouverte. Lily Evans était seins nus dans sa chambre. Il articula silencieusement une série de jurons quand elle haussa un sourcil dans sa direction et s'empressa d'installer la capote.

Elle s'assit à nouveau sur ses genoux, sa jupe s'étalant sur ses cuisses. James se jeta en avant et referma ses lèvres autour d'un mamelon rose qu'il caressa de la langue. Lily haleta et se hissa plus haut, sa main poussant celle de James pour s'emparer de son sexe. Elle se frotta contre lui, couvrant le latex de ses fluides et James s'étrangla alors qu'il broyait ses hanches des doigts. Elle inspira profondément et se laissa glisser sur lui.

La sensation n'avait rien de différent de toutes les autres fois. C'était chaud et ses muscles internes l'enserraient de la même façon que toutes les autres filles avec lesquelles il avait couché. Il souffla par le nez et referma délicatement ses dents sur la pointe de son sein. Lily poussa un petit cri surpris et se contracta autour de lui et James cru qu'il allait crever.

C'était tout, sauf la même chose qu'à l'ordinaire. C'était Lily Evans, à califourchon sur lui. C'était son sexe, enfoncé en elle. C'était sa poitrine, sous ses lèvres. C'était ses doigts à elle qui tirait sur les mèches ébouriffées de ses cheveux. Elle roula des hanches et c'était la queue de James qui lui inspira ces sons-là.

C'était lui en elle. Elle autour de lui. C'était tout et rien à la fois. L'acte le plus ordinaire de l'univers transformé en quelque chose d'unique et de précieux parce que c'était elle, enfin.

Un grondement sourd lui échappa et il abandonna sa taille pour refermer une de ses mains sur l'arrondi d'une fesse et accompagner ses mouvements. La seconde se faufila entre eux et il vient taquiner son clitoris du pouce.

— Ah… James…

Il délaissa son sein pour rejeter la tête en arrière et l'observer avec fascination. Son propre plaisir avait été relégué loin dans son esprit, parce que Lily Evans geignait son prénom. Parce que c'était le bassin de Lily qui accélérait la cadence et c'était sa respiration qui filait en une série de petits gémissements qu'il aurait pu entendre pour le reste de l'éternité.

— Comme ça ? demanda-t-il dans un souffle en caressant lentement son clitoris et en roulant des hanches au même rythme qu'elle.
— C-Continue…
— Tout c'que tu voudras…

Elle rejeta la tête en arrière et James accepta d'abandonner la vision qu'elle lui offrait pour pouvoir arrimer ses lèvres à sa gorge. Les ongles de Lily se plantèrent dans sa nuque et ses gémissements se firent plus sonores. La sueur perlait sur le front et le torse de James, sa propre respiration était précipitée, son avant-bras brûlait de supporter le poids de Lily, mais rien n'aurait pu l'interrompre. Au creux de son ventre, la tension ne faisait qu'enfler, le propulsant vite, trop vite, vers son orgasme.

— Allez, Evans… supplia-t-il d'une voix rauque en laissant ses lèvres glisser de son cou jusqu'à sa poitrine.

À nouveau, il referma les lèvres sur la pointe d'un sein qu'il maltraita gentiment de la langue avant d'y enfoncer les dents.

— J'vais… souffla-t-elle avant de se raidir contre lui.

Elle se cambra en arrière, la bouche ouverte sur un long cri tremblant et son corps tressauta entre les bras de James qui mit une bonne seconde à réaliser qu'il n'avait pas encore joui. Ses hanches s'activèrent sous Lily et il lui suffit de trois coups de reins pour la rejoindre. Il enfouit son visage contre sa gorge alors qu'il se déversait dans le préservatif avec un gémissement sourd.

Lily haletait au-dessus de lui et un petit rire surpris lui échappa alors que James essayait toujours de ramasser les morceaux épars de sa conscience.

— Wow… souffla-t-elle en caressant sa nuque avec tendresse. J'ai jamais joui aussi vite.

Un sourire plein de contentement étira les lèvres de James qui recula, les lunettes de travers et les paupières lourdes.

— Hm… promis, j'tiens plus longtemps que ça d'habitude.
— Pas besoin, soupira-t-elle en se laissant retomber sur le matelas près de lui.

Sa jupe était retroussée, dévoilant son sexe rose et humide. James s'empressa de se débarrasser du préservatif qu'il jeta dans la poubelle avant de se tourner vers elle. Ses doigts frôlèrent l'intérieur de la cuisse de Lily, rougie par le frottement du jean, avant de s'aventurer plus haut. Il gémit en caressant la peau soyeuse, trempée et brûlante de ses lèvres. Elle referma les jambes et bloqua son poignet entre ses genoux avec un petit couinement.

— Trop sensible !
— Pardon, s'excusa-t-il avec un sourire penaud.

Il abandonna sa main sur son pubis, son pouce effleurant doucement les poils roux avant de secouer la tête.

— Prochaine fois, je passe au moins vingt minutes la tête entre tes cuisses, souffla-t-il en l'observant.

Il n'arrivait pas à réaliser qu'il n'était pas juste en train de rêver comme il l'avait mille fois auparavant. Elle était vraiment là, dans son lit. Elle était tellement belle avec ses cheveux éparpillés sur l'oreiller et ses lèvres entrouvertes. Lily laissa un petit rire lui échapper et souleva le bras qui cachait ses yeux et ses joues rouges.

— Ça me va comme plan.
— Tu veux retourner avec les autres, ou tu préfères que je te laisse dormir ?
— J'veux que tu restes ici avec moi et que tu...

Au même moment, la porte de la chambre mitoyenne claqua, suivit du bruit sourd d'un corps rencontrant le mur et James se redressa en entendant la voix de Sirius. Il leva une main, interrompant Lily au passage et tendit l'oreille. Une voix plus grave répliqua à la première et James haussa les sourcils avec un sourire béat.

— Ooooh !

Lily lui jeta un regard curieux. Il pointa la cloison du doigt.

— Ça, c'est la piaule de Sirius.

Un grognement rauque traversa le mur.

— Et ça… C'est Remus. Dans la chambre de Sirius.
— Oh bordel… soupira-t-elle avant de rire franchement. Comment tu sais ?
— Que c'est Rem' ?
— Mhmh.
— Quand tu vis pendant presque quinze piges avec trois autres mecs… Tu finis par vite savoir comment bidule gémit et comment machin soupire, grimaça-t-il en passant une main dans ses cheveux.

Elle laissa fuser un rire.

— T'inquiète… C'est pas très différent quand tu partages un dortoir entre filles, répondit-elle avec un clin d'œil.

L'image étourdit James et il souffla par le nez.

— Tu peux pas me dire ce genre de truc, Evans…
— Ça te vend du rêve de m'imaginer dans mon dortoir ?
— T'imagines même pas à quel point.
— On y reviendra, Potter. Mais du coup… Black et Lupin ?
— Enfin, répondit James en se laissant tomber près d'elle. Il était temps. Ils sont amoureux de l'un de l'autre depuis… Pff j'sais pas, depuis qu'ils se sont rendu compte qu'ils aimaient tous les deux les mecs ?
— Ça se voyait, ouais, accorda-t-elle dans un bâillement sonore.
— C'est clair.

Il ramena la couette sur eux tandis que Lily se débarrassait de ses sandales et de sa jupe. Il l'attira contre lui et s'émerveilla de sentir sa peau nue contre la sienne, de la façon dont son corps se moulait parfaitement au sien. Il enfouit son nez contre le creux de sa nuque et inspira profondément. L'odeur de l'eau de toilette de Remus avait été remplacée par celle de son parfum à lui et un sourire débile étira ses lèvres.


REMUS.

Sirius allait finir par le tuer. Remus l'avait vu s'éloigner du coin de l'œil alors que Benjy se penchait contre son oreille.

— Va le chercher, Lupin.

Deux doigts avaient extirpé le citron d'entre ses lèvres et Benjy avait sauté de ses genoux avec un clin d'œil avant de croquer dans la pulpe en inclinant la tête dans la direction de Sirius. Remus s'était relevé, avait tangué et s'était approché de Sirius. Le sifflement douloureux qui avait jailli des lèvres de Sirius, il le connaissait par cœur. Tout comme le juron qui suivit.

Des années à soigner les plaies qu'avait infligées la main lourde de son père. Des années à l'observer avec trop d'attention pour pouvoir nier qu'il y avait toujours eu quelque chose de plus entre eux. Des années à pourtant enfermer ce qui différenciait Sirius de Peter ou de James dans une petite boîte. Trop petite. Elle menaçait d'exploser depuis longtemps, et il sentait en lui les morceaux épars de ce qu'il ressentait pour son meilleur ami s'agiter dans l'espoir d'enfin voir leur heure arriver.

La peau de Sirius sous ses doigts, comme de la soie. Il observa la marque d'un rouge soutenu sur le rose de sa lèvre inférieure et lutta de toutes ses forces pour ne pas y passer la langue. Il n'avait pas le droit de faire ça. Il n'avait pas le droit de réduire à néant quinze ans d'une amitié qui avait tout traversé. Il souffla sa fumée par le nez et écrasa du talon les sentiments qui griffaient l'intérieur de sa poitrine et de sa gorge. Il ne pouvait pas.

Il tira sur la clope qu'il venait de lui voler en l'observant s'éloigner. C'était la même chose à chaque fois. Sirius s'offrait sur un plateau, prenait tous les risques et Remus reculait et s'enfermait derrière ses murs en secouant la tête. Il caressa des yeux la courbe familière de l'échine de Sirius alors qu'il allait se blottir entre les jambes de Caradoc. Les dents de Remus crissèrent quand les phalanges de Caradoc s'enroulèrent autour de la taille de Sirius, quand son pouce appuya contre l'os de sa hanche et qu'il s'autorisa à frôler le "M" qui s'étalait juste là. Il inspira et expira lentement. Il avait l'habitude. Ils avaient l'habitude.

Mais ce soir, Remus sentit son sang bouillir quand Sirius se hissa sur la pointe des pieds et que ses lèvres s'approchèrent de celles de Caradoc. En quelques enjambées, il avala la distance qui le séparait de Sirius et, dans un état second, leva la main pour refermer ses doigts dans les mèches noires qui dévalaient le long de ses épaules. Il tira doucement et la tête de Sirius tomba en arrière. Remus ficha son regard dans celui de Caradoc et secoua la tête silencieusement.

Un rire échappa à Caradoc qui leva les mains.

— Il était temps, souffla-t-il en agitant la tête. Il est tout à toi, Rem'.

Remus baissa les yeux et Sirius, toujours pendu au cou de Caradoc, lui offrit un sourire béat.

— Moony…

La respiration de Sirius frappa sa mâchoire et il n'aurait pas dû trouver le mélange de citron, téquila et tabac agréable, mais il l'inspira à pleins poumons. Il tremblait et quelque chose en lui se rompit sous la pression. Avec un gémissement plaintif, il se pencha et s'empara des lèvres de Sirius.

Le baiser était maladroit, la position impossible, mais quand sa langue rencontra celle de Sirius, quand elle passa sur le relief de ses dents et que Sirius expira brutalement, Remus se dit que rien n'aurait pu être plus parfait que ça.

Il agrippa les hanches de Sirius et se détacha de lui juste assez longtemps pour le retourner. Les bras de Sirius s'enroulèrent autour de sa nuque et il s'alanguit contre lui alors que Remus pillait sa bouche. Il recula et trébucha en traînant Sirius avec lui vers le couloir. Peter pouvait bien gérer la fin de la soirée, il n'en avait rien à foutre. Il avait enfin les mains sur Sirius, rien d'autre n'avait d'importance.

Il trébucha, une fois de plus, et se rattrapa au mur près de la porte de la chambre de Sirius, le souffle court. Sirius était plaqué entre la cloison et lui, sa poitrine se soulevait et s'abaissait à un rythme frénétique et il geignit quand la bouche de Remus quitta la sienne.

— Pads, Pads…
— Quoi ? répondit-il d'un ton plaintif. Embrasse-moi encore, Moony.
— Pads, si on fait ça j'vais pas pouvoir faire comme si rien ne s'était passé… avoua-t-il.

Il se surprit lui-même. Il survivrait à la destruction de son palpitant si Sirius décidait d'arrêter là. Il y survivrait, mais il ne pouvait pas perdre son amitié aussi bancale soit-elle ces temps-ci. Sirius valait bien toutes les peines de cœur. Sirius roula des hanches contre lui, plaqua son érection contre la cuisse de Remus, qui grogna et rejeta la tête en arrière. Les mains de Sirius trouvèrent ses boucles humides de transpiration et ramenèrent son regard dans le sien.

— Moony, tu seras jamais un coup d'un soir pour moi, si tu veux qu'on s'arrête là, OK. Ça va probablement me tuer, mais OK. Si on rentre dans ma chambre…

Sirius déglutit, les joues soudain écarlates. Il était tellement beau que c'en était douloureux. Remus ferma les yeux et pressa son front contre celui de Sirius. Il avait la tête qui tournait et l'impression que ses perceptions du monde s'étaient restreintes pour ne plus garder que la peau qui effleurait la sienne, le parfum de Sirius et la chaleur de son souffle contre sa mâchoire.

— Si on rentre dans ma chambre, tu seras plus mon meilleur ami quand t'en ressortiras.
— Je croyais que c'était Prongs, ton meilleur ami, essaya de le taquiner Remus d'une voix tremblante.
— Oh la ferme, tu sais très bien ce que j'veux dire, ronchonna Sirius en levant les yeux au ciel.
— Ouvre la porte, Sirius…
— Vraiment ?
— Comme si j'pouvais dire non à ça… souffla-t-il en croisant le regard luisant d'émotions de Sirius. Ouvre la porte, Pads.

Remus trébucha quand Sirius le tira dans sa chambre et il utilisa son pied pour refermer la porte derrière lui. La musique s'estompa et il prit une pleine bouffée du parfum qui accompagnait Sirius partout. La pièce était familière, il y venait souvent, mais l'énergie qui habitait l'endroit était complètement différente de d'habitude. Sirius resta planté devant la porte, Remus adossé à celle-ci et ils se fixèrent en silence. Ce qui allait se passer maintenant altèrerait absolument tout.

La frénésie de leur baiser semblait s'être évaporée pour un temps face à la gravité de ce qu'ils s'apprêtaient à faire et Remus déglutit en coinçant ses mains entre son échine et le bois.

— Ça va tout changer, soupira-t-il en observant Sirius avec attention.
— Ça pourrait tout détruire, répondit Sirius en hochant la tête. Mais ça pourrait aussi devenir la meilleure décision qu'on ait jamais prise.

Il y avait un tel espoir dans la voix de Sirius, une telle passion dans ses yeux que Remus sentit ses genoux trembler. Des années à se restreindre et devant lui s'étalait le futur qu'il avait toujours refusé d'envisager comme une possibilité. Et si Sirius ne s'était jamais posé parce qu'il attendait Remus ? Et si Sirius était prêt pour ça ? Sirius leva la main et survola la marque qu'il avait imprimée sur la clavicule de Remus.

— Tu voudrais me garder ? demanda-t-il d'une toute petite voix.

Remus arracha ses yeux à la vision des doigts qui effleurait sa peau et les braqua dans ceux de Sirius. La réponse était la même, peu importe ce qui se passerait ici et maintenant. Peu importe si demain, Sirius changeait d'avis, Remus serait toujours incapable de s'éloigner. Même si ça devait le tuer à petit feu, il n'aurait jamais la force de lui tourner le dos. Comme les tournesols qui suivaient la course du soleil, Remus suivrait celle de Sirius en ramassant les miettes qu'il voudrait bien lui donner. Le mot coula naturellement entre ses lèvres, une évidence plus qu'une réalisation.

— Toujours.

La tension enfla d'un coup entre eux, comme si quelqu'un avait ouvert le portail sur un univers parallèle où ils n'avaient jamais eu à cacher ce qu'ils ressentaient. Sirius se jeta en avant et la tête de Remus cogna douloureusement contre la porte quand sa bouche s'écrasa contre la sienne.

Il referma les mains sur les hanches de Sirius et le poussa vers le lit. Sirius lutta, mais finit par s'asseoir sur le matelas avec un soupir courroucé. Ses doigts s'activèrent et bientôt le jean de Remus lui tomba à mi-cuisse alors que les phalanges de Sirius traçaient le pourtour de son sexe à travers le coton bleu marine de ses sous-vêtements.

— Putain… J'étais sûr que t'étais massif… souffla-t-il la bouche entrouverte. C'est toujours ceux qu'en disent le moins qui sont les mieux foutus…

Remus ne lutta pas contre le rire qui lui échappa et il glissa son pouce sous l'élastique de son boxer. Il le coinça sous ses bourses et Sirius poussa un gémissement en découvrant l'érection impressionnante de Remus. Il la traça des yeux et sa bouche s'ouvrit en grand quand son regard s'arrêta sous son gland. Le sourire de Remus devint narquois.

— T'aimes c'que tu vois ? demanda-t-il d'un ton plein d'assurance, un sourcil haussé.

Il fit claquer la bille de son piercing contre ses dents et les iris de Sirius remontèrent d'un coup sec vers son visage. Remus lui fit un clin d'œil et indiqua l'érection qu'il maintenait d'une main sûre d'un coup de menton. Sirius abaissa à nouveau ses yeux, les joues rouges.

— Moony… Quand est-ce que t'as fait ça ? souffla-t-il en effleurant l'une des boules argentées qui luisaient sur sa peau.

Remus se mordit la lèvre pour ne pas gémir. Le piercing encadrait son frein et trônait juste sous son gland. La cicatrisation n'était pas totalement terminée, mais son perceur lui avait assuré qu'il pourrait reprendre une activité sexuelle entre deux et quatre semaines après la pose.

— Y a un mois, chuchota-t-il alors que l'index de Sirius continuait son exploration et récoltait la goutte qui perlait au bout de son gland.
— Personne l'a vu à part moi, alors ? demanda-t-il en détachant finalement son regard du sexe de Remus pour le braquer dans ses yeux, son index glissé entre ses lèvres.

L'étincelle possessive qu'il devinait dans les prunelles grises de Sirius lui fit secouer la tête avec précipitation.

— Que toi, Pads.

Sirius se pencha et effleura le bijou du bout de la langue.

— Personne d'autre le verra jamais, dit-il d'un ton définitif, ses lèvres glissant sur le gland de Remus.
— Pads…

Sirius ouvrit grand et traça une ligne brûlante de la base du sexe de Remus jusqu'à son extrémité. Le plat de sa langue laissa une traînée de salive qui luisit dans la pénombre. Quand il referma ses lèvres autour de son gland, sa langue s'attardant sur la barre qui traversait son frein, Remus sentit ses genoux le lâcher. Il s'agrippa à l'épaule de Sirius d'une main tremblante, les lèvres ouvertes sur un gémissement silencieux, les yeux braqués sur l'image de sa queue disparaissant dans la bouche de son meilleur ami. Son perceur l'avait prévenu que le piercing augmenterait sa sensibilité, mais il ne s'était pas attendu à ça. La sensation était étourdissante, rendue encore plus prégnante par le fait que ce soit la bouche de Sirius qui glissait sur lui.

Du coin de l'œil, il remarqua la paume que Sirius pressait contre sa propre érection et Remus s'arracha à la chaleur humide de sa langue avec un grognement plaintif.

— Moony, ronchonna Sirius, la bouche ouverte alors qu'il chassait le sexe de Remus.

Remus referma les doigts dans ses cheveux sombres et tira doucement. Sirius leva un regard suppliant vers lui et Remus s'étonna lui-même quand il secoua la tête avec un sourire d'excuse.

— Pads, si tu continues j'vais jouir et franchement ça me foutrait les boules de pas avoir fait plus avec toi.

Sirius s'enorgueillit du compliment et se laissa tomber sur le lit. La lumière du lampadaire s'abattit sur ses abdominaux et, comme une poursuite sur la scène, éclaira le mot qui s'étalait sur son ventre. Remus grogna en le regardant. Sirius était foutu comme une putain de statue grecque, aussi pâle et dessinée qu'elles.

— Est-ce que t'as conscience du nombre de fois où j'me suis branlé en pensant à ça ? gronda-t-il en traçant les lettres du bout du doigt.

Sirius inspira sèchement et s'appuya sur ses coudes, les yeux braqués dans ceux de Remus.

— Sûrement autant de fois que j'me suis retenu de crier ton nom au moment de jouir, répondit-il d'un ton narquois.

Remus éclata de rire et s'empressa de se débarrasser de son jean et de sa chemise toujours ouverte tandis que Sirius déboutonnait le sien. Remus le lui arracha et observa avec délectation le sexe de Sirius claquer contre son ventre. Le gland reposait contre le "Y" entre ses hanches et Remus se jeta en avant pour lécher l'humidité qui s'y attardait. Bien sûr que la queue de Sirius était parfaite, comme tout le reste de sa personne. L'enfoiré.

Sirius tira sur ses boucles blondes avec un gémissement guttural et Remus se força à relever la tête, les lèvres et le menton luisant de salive.

— Arrête de jouer, siffla Sirius, les joues écarlates et les pupilles complètement dilatées. J'te veux en moi genre hier ! T'es pas le seul à pas vouloir jouir après trois coups de langue ! Foutus piercings… jura-t-il en assénant une pichenette sur le mamelon percé de Remus.

Un ricanement échappa à Remus qui fouilla dans le tiroir de sa table de chevet pour en extraire le flacon de lubrifiant et une capote.

— J'étais sûr que t'étais un bottom et que t'avais un putain de kink pour les piercings, gloussa-t-il en chauffant le lubrifiant entre ses doigts alors que Sirius écartait les cuisses.
— J'suis versatile, d'abord ! Mais hors de question que je passe à côté de ça, répondit-il en pointant l'entrejambe de Remus d'un coup de menton alors qu'il s'appliquait à y dérouler le préservatif. Tu pourras me faire toutes les pipes que tu veux avec ton putain de piercing à la langue, mais plus tard.
— Fabian t'a vraiment rendu barge avec ça, hein ? se marra Remus en embrassant l'intérieur de son genou.

Sirius s'installa confortablement et hocha la tête, les sourcils froncés.

— Il s'est vanté partout que tu lui avais taillé la meilleure pipe de sa vie avec ta merde, bien sûr que ça m'a rendu dingue ! Sans compter que tu passes ta vie à le faire claquer sur tes dents, j'ai l'impression d'être un clébard tellement ça me donne un début de trique à chaque putain de fois !

Remus pressa deux doigts au creux des reins de Sirius et la façon dont sa voix monta dans les aigus et dont il ouvrit la bouche en fermant les yeux devint à l'instant son image favorite. Sirius laissa sa tête retomber en arrière, ses cheveux s'étalant sur la taie d'oreiller bleu pâle alors qu'il essayait de reprendre sa respiration. Il gémit, un son rauque, quand les phalanges de Remus se recourbèrent pour venir frotter contre sa prostate.

— Ah… Juste là, ouais… souffla-t-il en inclinant ses hanches pour chasser le contact.
— Hmm…
— Moony…

Les yeux de Sirius se braquèrent dans les siens et ils débordaient d'un tel mélange d'émotions que Remus déglutit de façon sonore. Le désir, l'affection et la terreur se battaient dans les prunelles familières de son meilleur ami et il arrêta le mouvement de ses doigts assez longtemps pour s'installer près de lui.

— Shh… J'suis avec toi, Sirius, murmura-t-il contre sa tempe.

Sirius hocha la tête avec précipitation et chercha maladroitement la bouche de Remus. Il l'embrassa avec une énergie qui frôlait le désespoir.

— Prends-moi… souffla-t-il d'un ton suppliant.

Sur son bas-ventre, son érection laissait s'écouler un filet constant de liquide translucide et Remus y passa les doigts avant de les glisser entre ses lèvres avec un soupir. Il roula au-dessus de Sirius, ramena ses cuisses contre son torse et guida d'une poigne tremblante son sexe en lui. La sensation, étouffée par le latex, n'en était pas moins absolument incroyable et il grogna, une main refermée sous le genou de Sirius et l'autre appuyée sur sa hanche. Il se redressa, le souffle court et des boucles pleins les yeux.

Sirius avait les paupières closes et la bouche ouverte sur une inspiration tremblante. Il bougea, à peine, et Remus la maintint en place d'une main ferme.

— Laisse-toi le temps de t'habituer.
— Putain… T'es énorme, souffla-t-il en rouvrant les yeux.

Remus ricana et secoua la tête avant d'onduler ses hanches. Il savait qu'il était au-dessus de la moyenne, mais il ne s'était jamais douté que Sirius y prêterait attention.

— Tu m'as pris sans trop de problèmes, Size Queen, taquina-t-il en se mordant la langue pour contenir un éclat de rire.
— J'suis p-pas une pucelle, répondit Sirius d'un ton qui se voulait arrogant, mais qui semblait presque suppliant.

Sirius était brûlant et l'enserrait parfaitement, comme s'il avait été moulé pour lui. Remus caressa les lettres du pouce, étalant les restes de liquide préséminal sur son surnom qui luisait désormais dans la lumière du lampadaire. Sirius se contracta autour de lui, les yeux braqués sur les doigts qui parcouraient sa peau.

— J'vais jouir juste là, asséna Remus d'une voix sourde en tapotant le "O" central avant de reculer pour mieux s'enfoncer en lui.

Le gémissement aigu qui fila entre les lèvres de Sirius lui fit relever la tête d'un geste sec et il croisa le visage écarlate de Sirius.

— Dis pas des trucs comme ça, putain ! geignit-il en broyant la base de son sexe dans son poing.

Un rire surpris échappa à Remus qui se pencha en avant, ses hanches accélérant leur cadence, et posa sa bouche contre le pavillon de l'oreille de Sirius.

— Pourquoi ? T'as pas envie de voir la preuve de ce que tu m'fais ?

Un nouveau couinement aigu et la seconde main de Sirius s'enfouit dans les boucles sur la nuque de Remus. Il se sentait tout puissant alors que le bassin de Sirius répondait au sien, que sa respiration se saccadait et que les gémissements se multipliaient entre eux.

— Moony… geignit Sirius en enroulant une de ses jambes autour de la taille de Remus, la seconde toujours plaquée contre son torse. Plus fort…

Remus raffermit sa prise sur la cuisse de Sirius et bientôt ses hanches claquèrent contre sa peau et son propre plaisir lui donna le tournis. Il chercha à l'aveuglette la bouche de Sirius et haleta quand il l'accueillit naturellement. La pointe de la langue de Sirius taquina la bille argentée qui reposait au milieu de la sienne et leurs dents s'entrechoquèrent quand Remus laissa échapper un petit rire.

— T'es obsédé par mon métal, hein ?
— Shh… Continue à me baiser, crétin… pantela Sirius, son rire entrecoupé de gémissements.

L'odeur de son parfum, celle de son shampoing, Remus avait présumé qu'il était ivre avant ça. Mais rien n'aurait pu lui faire tourner la tête plus brutalement que la fragrance de Sirius, mêlée à la sienne et à celle, capiteuse, du sexe qui montait lentement dans la pièce.

— Allez Pads, souffla-t-il alors qu'il restait planté en lui, ondulant profondément au creux de son ventre.

Les ongles de Sirius se fichèrent dans sa nuque et son dos s'arqua alors que sa main allait et venait presque violemment sur son érection. Ses yeux grands ouverts ne quittaient pas Remus, comme s'il peinait à croire en la réalité du moment et Remus n'aurait détourné le regard pour rien au monde. La bouche de Sirius s'ouvrit et le surnom de Remus en jaillit dans un gémissement sourd alors qu'il se déversait entre eux. Remus continua de bouger, les mâchoires serrées pour lutter contre son orgasme. Quand Sirius se relaxa autour de lui, il recula, arracha la capote qu'il abandonna sur le drap, et se prit en main.

Il dévora l'image de Sirius, sonné par sa jouissance, le souffle encore court, les joues rouges et les cheveux collés au front. Il était délicieusement débauché et Remus enfonça les doigts dans sa hanche avec assez de force pour laisser un bleu.

Le sexe de Sirius tressauta sur son ventre et un gémissement lui échappa alors qu'il observait Remus avec de grands yeux débordant d'adoration. La peau moite et les membres tremblants, Remus se déversa avec un cri rauque. La délivrance dura longtemps et les traînées blanchâtres tapissèrent ses phalanges, l'encre et le sexe de Sirius. C'était mieux que tout ce qu'il avait pu imaginer seul dans sa chambre.

Remus laissa fuser un son plaintif quand ses propres caresses le poussèrent sur la voie de l'hypersensibilité. Il essuya ses doigts couverts de sperme sur la cuisse de Sirius avec un marmonnement contenté avant de s'avachir à moitié sur son meilleur ami, à moitié sur le matelas. Le nez enfoui dans les cheveux de Sirius, il inspira un grand coup.

Les ongles de Sirius effleurèrent son dos et un frisson le secoua alors qu'il tournait la tête pour appuyer ses lèvres contre la gorge de son amant.

— Putain…
— Hm… grogna Remus en réponse.
— Si j'avais su…
— Su quoi ?
— Que t'étais le meilleur coup de tout Londres, j'aurais sûrement craqué plus tôt.

Remus ricana et mordit doucement la peau sous ses lèvres.

— Flatteur.
— Non, honnête.
— T'étais pas mal non plus…
— Prochaine fois, j'veux jouir sans me toucher. J'y suis jamais arrivé, mais j'suis sûr que j'pourrais avec toi.

Un nouveau frisson secoua l'échine de Remus qui sourit.

— Prochaine fois ?
— Hm… Comme si j'allais vraiment pouvoir sortir de ma piaule et faire comme si de rien n'était, se marra Sirius en resserrant ses doigts contre son dos.

Le silence retomba entre eux, familier et confortable. La voix de Sirius avait perdu de son assurance quand il reprit.

— Je… Tu… Tu veux qu'il y ait une prochaine fois, hein ? marmonna-t-il.

Remus se redressa, embrassa la pommette toujours écarlate de Sirius et braqua ses yeux dans les siens. Des yeux qu'ils connaissaient par cœur, des yeux qu'il avait vu mûrir avec l'homme qui les arborait.

— J'veux une prochaine fois. Une autre encore après, et encore après. J'veux toutes les prochaines fois avec toi…

Le sourire que Sirius lui renvoya manqua de l'éblouir. Sirius n'avait jamais aussi bien porté son nom. Les paroles de Mike Jagger lui vinrent à l'esprit sans qu'il y pense.

— Yeah, I'm a star fucker, star fucker, chantonna Remus dans un ricanement.

Sirius pressa sa paume en plein milieu du visage de Remus avec un grognement et le repoussa.

— Putain, et moi qui essayais d'être romantique !

Remus éclata de rire et referma les bras autour de Sirius, il se fichait du sperme qui séchait entre eux, de la sueur qui couvrait leurs peaux et du préservatif qui devait être en train de tenter de fusionner avec le drap. Sirius était dans son lit, contre lui.

— Tu seras toujours l'étoile la plus brillante de mon firmament, susurra-t-il dans l'oreille de Sirius d'un ton seulement à moitié moqueur.

Aussi cliché et niais que sonnait la phrase, elle avait un fond de vérité que Remus était incapable de nier. Sirius étincellerait toujours plus fort que quiconque dans la galaxie des personnes qui entouraient Remus. Un reniflement amusé lui répondit et Sirius leva les yeux au ciel avant de serrer les joues de Remus entre son pouce et son index, le forçant à pousser ses lèvres vers l'avant en une parodie de baiser. Sirius posa sa bouche sur la sienne et souffla doucement.

— Et tu seras toujours la Lune de mes étoiles.

Remus ricana, enfouit son visage dans le cou de Sirius et planta les doigts dans ses côtes pour l'entendre couiner d'un ton outré.

Tout était différent et pourtant rien n'avait changé.