Chapitre 7 :

Maître de Poudlard

Sans surprise, l'Empereur d'Or et son Consort furent les centres d'attentions de la soirée toute entière. L'Immortel fut particulièrement observé, tous parlant de lui. Qu'un sorcier comme Harry Potter tel qu'ils le connaissaient jusque là soit le consort de leur empereur n'était clairement pas pour leur plaire. Seulement, les mots de Sheitan résonnaient dans les esprits. Premièrement, ils étaient âmes sœurs et donc, ils se convenaient parfaitement. La simple constatation que Harry Potter était la moitié de leur empereur permettait clairement de remettre en question tout ce qu'on savait sur lui et sa personnalité. Il était en tout cas certain que le Harry Potter qu'on leur avait décris jusque là ne pouvait pas être un empereur des ténèbres. Forcé de constater qu'il l'était, il était aussi assurément différent de ce que l'on croyait.

Et il l'était, tous l'avaient su dés qu'ils avaient senti sa magie. Un pouvoir indubitablement très sombre, loin du héros lumineux des sorciers. Sa magie était d'une puissance dépassant tout, sauvage, implacable, lourde. Elle était noire et froide, vive, crépitante comme prête à éclater en une seconde bien que son maître en ait le parfait contrôle. Indubitablement, il s'agissait de la magie d'un être des ténèbres en puissance, déterminé, sans pitié, très fort, indépendant. Cela était très loin de l'image de Harry Potter. Après sa magie, il y avait son apparence encore une fois très éloignée des nombreuses photos de la presse sorcière parus autrefois. La différence était telle que rare étaient ceux qui avaient commencé à comprendre qui il était avant qu'il ne soit présenté par l'empereur. Il y avait ses cheveux désormais poivre et sel, ses cicatrices au visage mais aussi son allure générale de mage ancien dans sa tenue traditionnelle. Son visage était clairement adulte maintenant et plus celui d'un adolescent ou d'un enfant. Il se tenait avec la fierté et la dignité d'un prince. Mais le plus marquant était son regard d'émeraude luisant, perçant, puissant, intelligent, froid. Ce n'était certainement pas l'allure du petit héros blanc des sorciers qu'ils avaient imaginé jusque là. C'était bien celle d'un être des ténèbres.

Leur empereur avait dit que ce domaine, ce château impressionnant était à lui et on avait alors relié l'aura du lieu à la sienne, ne le rendant que plus marquant encore. Il avait accepté d'héberger la Cour Noire, d'organiser ce bal chez lui. Sheitan avait été très clair sur la manière dont-il devait être traité. Il lui avait attribué la prise d'Azkaban et la couronne des Détraqueurs. Il était donc un des rois des créatures magiques des ténèbres. La nouvelle avait surpris tout le monde. Cela faisait bien longtemps que les détraqueurs n'avaient eu de roi et toujours, cela avait été un être des plus sombre. L'Immortel avait pris le contrôle de la prison, libéré leurs camarades et d'autres encore en plus de mettre un beau bordel avec le Ministère. Cela sans parler du cadeau laissé sur le Chemin de Traverse. Ce n'était pas quelque chose que le Harry Potter décrit par les médias et les autres aurait fait très loin de là. Leur empereur avait dit qu'il n'était pas du tout celui dépeint par les sorciers et ils le croyaient aisément maintenant. Seulement, aucun n'était encore vraiment rassuré, se demandant comment le jeune homme les voyaient eux, créatures des ténèbres. Certes il semblait très proche de son compagnon, très possessif aussi d'ailleurs mais qu'en était-il des autres avec lesquels il n'avait pas de lien d'âme ?

Après avoir dansé un moment avec Sheitan, Harry retourna avec lui sur le trône, prenant place sur ses genoux, observant tout avec froideur et détachement. Lorsque l'empereur se releva pour réengager les discussions avec d'autres, il resta assis nonchalamment sur le trône à regarder tout le monde à l'écart, illisible. La moitié des démons étaient restés en garde autour de lui, marquant un peu plus sa place de consort de l'empereur qui seul, avec son compagnon avait droit à leur soumission et leur protection. Le majordome restait aussi à ses côtés pour répondre à ses demandes, aussi attentif à sa protection.

- Votre majesté, interpella le roi des vampires discutant avec Sheitan autour de la piste de danse. Puis-je vous poser une question à propos de votre consort ? demanda-t-il poliment.

- Je t'écoute Vlad, autorisa le démon.

- Est-il du même avis que les sorciers sur nous ? Il me semble peu heureux d'être là.

- Harry a toujours eu bien meilleure opinion des créatures magiques que des sorciers, répondit-il en surprenant ceux qui l'entouraient. Il s'est toujours montré très respectueux envers nous et n'a jamais fait de discrimination quoi qu'en aient dit les médias et compagnie. Il n'a rien contre les créatures magiques bien au contraire. Ensuite, après tout ce qu'il s'est passé dernièrement, ce que les sorciers lui ont fait, ce que ceux qui se disaient ses proches lui ont fait, il n'est pas très enclin, et vous le comprendrez, à s'entourer ou à faire confiance à qui que ce soit.

- Cela est plus que compréhensible, remarqua le roi des elfes noirs alors que les oreilles sensibles de tous avaient pu entendre dans la salle.

- Je sais ce que tous pensent ici à son propos, reprit l'empereur, à propos de l'image qu'on a construite pour lui. Mais il n'est pas du tout ainsi très loin de là. Il fera un empereur grandiose, sourit-il.

Durant tout le bal, Harry parût détaché sur le trône, personne ne venant l'importuner. Mais il observait tout. Un petit sort discret lancé sur ses oreilles lui permettait d'entendre aussi bien que tous ici et il suivait un peu les discussions à son propos. S'il était agacé par le questionnement de tous à son égard, l'image qu'on avait de lui, il laissa couler. Après tout, cette réaction était normale. Il s'intéressa un peu à tout le monde de loin, écoutant sans en avoir l'air, s'intéressant surtout aux plus hauts placés. Lorsque l'heure du dîner arriva, Sheitan revint le chercher, demandant s'il dînerait avec eux. Harry approuva et il se retrouva bientôt sur les genoux de son démon à la place d'honneur d'une immense table ou cela ne sembla gêner personne. Puis ils passèrent dans le grand salon alors que Harry n'avait adressé la parole ou son attention à personne d'autre que son âme sœur. Il prit place dans un fauteuil à l'écart, Marzhin fidèle au poste veillant avec une garde de démon pendant que Sheitan parlaient avec d'autres. Ileana Tepes, la reine des vampires, vint cependant, s'inclinant en gardant une distance respectueuse avant de le remercier pour le retour de sa fille. Il ne lui répondit que d'un simple signe de tête et elle ne s'en formalisa pas, se retirant. Finalement, tout les rois et reines vinrent le saluer solennellement sans recevoir plus d'attention. Mais aucun ne s'en vexa.

La soirée prit fin, tous repartant après un dernier discours de Sheitan, son âme sœur à son bras. Ce soir là, Harry réclama une folle nuit torride à son démon, encore jaloux après l'épisode du bal et marquant ainsi sa possessivité sur son compagnon qui s'en régala avec le sourire. Dans les jours qui suivirent, Harry reçut des présents de la part des rois et reines et d'autres encore, comme le voulait la convenance pour son accession au trône et son union avec Sheitan. Ce fut aussi dés le lendemain que Sheitan planifia la première réunion de la Cour Noire pour discuter sérieusement de la situation. Mais avant cela arriva le jour où Harry devait rencontrer son nouveau personnel pour Poudlard.

Pour l'occasion, il s'était rendu au Square Grimmaurd, sans Sheitan alors qu'il voulait faire cela seul. Marzhin l'accompagna pourtant pour l'assister. Lors de sa remise à neuf, il avait transformé la maison des Black non plus en habitation mais en lieu de réception pour des rendez vous en plus ou moins petit comité, pour recevoir ceux qu'il ne voulait pas amener chez lui, pour le travail. Il avait agrandit magiquement certaines pièce pour y recevoir du monde, aménagé un bureau... C'était là qu'il avait donné rendez vous à Euphémia et à son personnel. Il y aurait beaucoup de monde mais il y avait désormais la place pour les accueillir sans problème. Il s'y était donc rendu, vêtu comme son rang le voulait. Sheitan lui avait métamorphosé la tenue et il se disait qu'il était vraiment temps d'aller se refaire une garde robe. Mais ce n'était pas le sujet du jour. Il se rendit donc dans l'ancienne demeure Black avec son majordome, ouvrant l'endroit avant d'aller s'installer dans un petit salon privé pour attendre que tous soient là. L'heure du rendez-vous approchant, tous commencèrent à arriver et il ne fallut pas longtemps pour que tous soient rassemblés. Marzhin se chargea de les faire entrer et de les guider à la salle de réunion. Euphémia était arrivée la première, venant le saluer avant d'aller se charger d'accueillir son futur personnel.

Harry ne les avaient rejoint qu'une fois tous arrivés. Il y avait alors énormément de monde dans la salle. Le remaniement de l'école qu'ils avaient décidé prévoyait le remplacement de tout le personnel actuel mais aussi l'ajout de nombreux autres. Le nouveau personnel avait été choisi pour ses compétences et son mérite uniquement et cela faisait qu'il y avait là de nombreuses nationalités, de nombreux peuples, noirs ou blancs. Il reçu d'ailleurs de discrets saluts respectueux de toutes les créatures des ténèbres présentes. Le bal était passé depuis quelques jours maintenant et tout les êtres sombres savaient désormais pour lui même ainsi que pour le retour de Sheitan. La nouvelle s'était très vite répandue parmi eux tout en étant jalousement gardée au sein des ombres. Harry prit place en bout de table, se présentant avant de saluer l'assemblée avec détachement. Ils s'assirent et il les balaya des yeux, les voyant pour la première fois. Certains se remarquaient tout de suite comme les deux minotaures imposants qui seraient gardes chasses et gardiens des terres de l'école. Euphémia prit les choses en main pour se mettre à présenter chacun, tous écoutant avec attention, semblant apprécier de découvrir leurs collègues.

Il y avait de très nombreux professeurs, environ trois fois plus qu'à l'heure actuelle pour de très nombreuses matières proposées. On y ajoutait du personnel administratif, de soin, de surveillance et d'animation en plus. Les directeurs de maisons et la sous-directrice n'étaient pas des professeurs. On en avait décidé ainsi pour qu'ils puissent mieux se consacrer au suivis de leurs élèves et à l'organisation de toute la vie de l'école. On trouvait parmi les professeurs quelques noms célèbres comme celui de Arsinoé Scammander, fils du très renommé magizoologiste Newton Scammander ou celui de Venceslas Flamel, descendant et dernier apprenti du célèbre alchimiste. Cela allait assurément faire du bruit et améliorer la réputation de l'école. Une fois tout le monde présenté, Harry rappela fermement ce qu'il voulait faire de l'école. Puis il se réinstalla dans le salon privé pour les voir un à un pendant que Euphémia parlait projet éducatif, administration et organisation avec les autres. Cela lui prit la journée mais il fut finalement satisfait. Sa directrice avait fait du très bon travail. Tous étaient plus que qualifiés et surtout très motivés pour rafraîchir Poudlard et l'amener à l'excellence. Et tous aimaient son idée de remettre des savoirs justes et complets au goût du jour, de tourner l'école bel et bien vers la magie et non plus vers une entente avec les moldu, leur monde, et surtout sur son ouverture à tous quel que soit le genre, le peuple ou la nationalité.

Les entretiens terminés, il regagna la salle à manger, laissant Euphémia terminer ce qu'elle était en train de faire avant de venir reprendre la parole, parlant une nouvelle fois de ce renouveau pour Poudlard.

- Poudlard ne sera plus le jouet de gouvernements, de personnages ou d'idées, dit-il fermement. On y enseignera la magie comme cela aurait toujours du être. En tant que propriétaire et maître incontestable de Poudlard, je serai responsable de tout ce qui s'y passera. Je compte donc sur vous pour ne pas faire de bêtise. Dans le cas contraire, je serai implacable, prévint-il dangereusement dans le silence tendu. Mais cela veut aussi dire que le Ministère ne pourra pas intervenir dans les affaires de l'école. Là aussi, je serai implacable s'ils essayent. Mon statu au regard de la loi est désormais très particulier et ils ne pourront pas fourrer leur nez dans mes affaires comme ils le veulent. Vous serez libres d'enseigner sans être inquiétés et sans censure. Cela plus le fait que Poudlard redevient une institution privée avec ce changement et que les accords autrefois passés par les Fondateurs avec le gouvernement au sujet de leur école reviennent au goût du jour. Cela implique entre autre que le Ministère ne peut s'immiscer dans les affaires de l'école ou l'empêcher d'embaucher, d'enseigner ou d'admettre qui que ce soit quelque soit son genre ou sa nationalité. Tout cela nous laisse les mains libres même s'ils essaieront tout de même assurément de nous contrôler ou de nous dicter ce que nous devons faire. Vous n'avez pas à vous inquiéter de cela, je m'en chargerai avec Euphémia, assura-t-il, aussi promptement et fermement que nécessaire. Il n'y aura pas de compromis sur ce que je souhaite pour Poudlard. Contentez vous de faire ce pourquoi vous avez été embauché et de me prévenir si qui que ce soit tente de vous créer des problèmes vis à vis de Poudlard et de ce que nous allons y faire.

Il se tut un moment, balayant l'assemblée des yeux, tous acquiesçant, attentifs et concentrés sur lui, souriant à son discours.

- Les vacances de printemps vont débuter sous peu, reprit-il alors. Nous allons en profiter pour révéler ma reprise de Poudlard au conseil d'administration, à ce très cher Dumbledore, dit-il avec une ironie partagée par beaucoup de présents, au Ministère et au monde. Cela fait, nous ferons connaître le nouvel avenir de l'école à tous, débuterons les admissions pour l'année prochaine et gérerons cette nouvelle. Je vais laisser le système en place terminer son année mais ils videront les lieux dés le départ des élèves. Cela fait, j'irai vérifier le domaine et retirer les petits cadeaux dérangeant qu'ils nous laisseront certainement. Vous prendrez ensuite possession du château pour tout mettre en place. Je renouvellerai les sortilèges de l'école et du domaine. Tout cela étant dit, nous nous chargeons de la révélation, annonça-t-il en désignant sa directrice. Préparez votre rentrée, nous vous tiendrons au courant.

Il conclut là dessus et Euphémia termina en les remerciant, en les saluant et en les congédiant. Tous s'en allèrent l'air ravis, discutant entre eux pour certains. Lorsque le Square fut vide, Euphémia le salua et s'en alla à son tour puis il en fit de même, rentrant au château avec son majordome pour retrouver les bras de son âme sœur. Ce fut le lendemain qu'eut lieu le premier Conseil de la Cour Noire. Tout les rois et reines des peuples sombres revinrent alors à Entéfer dans une ambiance bien différente de celle du bal, plus grave et sérieuse mais aussi teintée d'une certaine joie et d'une grande excitation. Tous étaient accompagnés par leurs plus proches conseillers et furent accueillis par Marzhin. Celui-ci les conduit à la salle du Conseil qui avait été aménagé dans ce but. C'était une salle sombre, richement décorée, sans fenêtre. Son pourtour était agrémenté de gradins de pierres et au centre trônait une longue et imposante table de bois rectangulaire entourée de sièges impressionnants, un grand trône attirant toute l'attention à son extrémité. Les dirigeants prendraient place à table, leur entourage derrière eux dans les gradins. Lorsqu'ils furent tout là, Sheitan les rejoignit avec la moitié des démons, tous s'inclinant profondément devant lui. On attendit qu'il soit installé et qu'il ait autorisé les autres à s'asseoir avant de s'installer avec lui. Si tous avaient espéré voir le Consort de l'Empereur assister au Conseil, il n'en fut rien, Sheitan disant simplement qu'il n'en n'avait pas envie pour l'instant.

Pourtant, Harry y assista, à distance comme il l'avait fait au début du bal, Marzhin et l'autre moitié des démons lui tenant compagnie. Ce fut avec attention qu'il écouta ce premier Conseil. Ce jour là, Sheitan réclama un rapport complet et détaillé de la situation de chaque peuple, de leurs problèmes, de leurs forces, de leur état, de ce qu'ils avaient vécu depuis son emprisonnement... Ce fut très long mais aussi très instructif. Il n'y avait pas un endroit dans le monde où les êtres des ténèbres n'avaient pas de problèmes avec les sorciers. La situation au Royaume Unis était loin d'être un cas isolé, même dans les pays sois-disant tolérant envers les créatures magiques. La situation des peuples magiques, qu'ils soient des ténèbres, de la lumière ou que ce soit des minorités était désastreuse partout et leurs vies tenaient plus de la survie que d'autre chose à l'heure actuelle.

- Il nous faut reprendre le contrôle de tout ça, remarqua Harry la voix basse.

Il attira aussitôt l'attention de Marzhin et des démons autour de lui alors qu'il n'avait pas dit un mot depuis le début du Conseil bien des heures plus tôt. Personne n'avait d'ailleurs dérangé le silence alors que l'Immortel écoutait avec grande attention et beaucoup de sérieux ce qu'il se disait, concentré.

- Tout cela a assez duré, continua-t-il.

- Que souhaitez vous faire Majesté ? demanda Andromalius.

- Rendre ce monde à la Magie et aux créatures magiques, répondit-il gravement. Les moldus et les sorciers, cracha-t-il, en ont fait assez comme ça. Il est évident qu'ils doivent être remis à leur place au plus vite ou tout ce que nous aimons et ce monde disparaîtront sous leur bêtise et leur cruauté.

Le silence tomba, tous autour de lui souriant à la froide détermination qu'il dégageait. Cela était sûr : il ferait ce qu'il disait.

- Nous commencerons par les îles britanniques, reprit-t-il finalement. Voldemort tombera le premier, suivi de près par le Ministère. Ce pays est dans un tel état qu'il ne sera pas difficile à conquérir. Nous allons laisser Voldemort le miner encore un peu pendant que nous nous préparons dans l'ombre. Le Ministère ne sera pas un problème, ils sont bien trop stupides. L'Ordre de Dumbledore est anecdotique. En dehors de cette vieille bique, aucun n'est vraiment dangereux et Dumbledore n'est pas à la hauteur non plus aussi puissant se vante-t-il d'être. Quand aux moldus, cette vermine ne sera pas difficile à éliminer. Une fois ces îles sous notre contrôle nous nous attaquerons au reste. Nous aurons notre bastion. Même si les sorciers se battent contre nous, nous sommes à la hauteur. Nous avons déjà les peuples sombres avec nous, rallier les minorités est plus que faisable rapidement. Nous pourrons certainement aussi convaincre quelques peuples de la lumière vu la manière dont-ils sont traités. Les sorciers pourraient aussi nous surprendre. Nous pourrions voir venir des sang-purs, des mages noirs, des traditionalistes, des anti moldus, des mécontents en tout genre... Et cela même s'ils doivent se résoudre à voir les créatures magiques les dominer. En jouant bien, c'est plus qu'envisageable. Nous devons simplement faire les choses correctement.

- Vous voulez conquérir ce monde ? demanda Shax avec un large sourire.

- C'est le plan, répondit-il en provoquant l'excitation générale. Face de serpent sera le premier sur la liste. J'ai pas mal de comptes à régler avec lui.

- Comment souhaitez vous vous y prendre ? demanda Bael. Ce sorcier reste puissant même si vous l'êtes bien plus que lui.

- Il se vante d'être immortel mais il ne l'est certainement pas, remarqua Cimeries. Je parie qu'il est loin d'être aussi puissant qu'on le dit.

- En réalité, il est vraiment immortel, posa Harry en les stupéfiant. Enfin d'une certaine façon, sourit-il. C'est une immortalité très facile à briser.

- Comment ça ? questionna Andromalius.

L'Immortel ne répondit pas, fermant les yeux en se concentrant sur son lien avec les détraqueurs. Pendant un moment, il en rechercha un en particulier. Il le trouva assez facilement, éveillant alors ses pouvoirs de roi. Autour de lui, tous virent sa couronne apparaître, vaporeuse et tangible à la fois, une magie sombre et froide émanant du jeune seigneur. Quelques instants plus tard, le gel se mit à apparaître autour d'eux et un détraqueur apparaissait silencieusement dans la pièce, s'inclinant vers son roi qui rouvrit ses yeux brillants intensément de puissance.

- As-tu toujours l'âme que tu m'as retiré en m'embrassant ? demanda-t-il platement à la créature toujours pliée en deux.

Les démons et le majordome restèrent surpris et confus en entendant cela. Bien sûr, tous savaient qu'il avait été embrassé, cela étant une des raisons pour lesquelles il était roi des détraqueurs, mais aucun ne savait ce qu'il s'était réellement passé à ce moment là. L'être noir acquiesça lentement.

- Donne la moi, ordonna son maître.

Aussitôt, le détraqueur se redressa et amena ses mains en putréfaction près de sa bouche. Une aura sombre et froide émana de lui, pourtant bien moins forte que celle du roi. Elle lui ressemblait, marquant l'appartenance de cette magie au peuple qui l'avait fait naître. L'être dévoreur d'âme eut d'étranges soubresauts silencieux, comme s'il allait vomir et rapidement, une petite perle de lumière terne sortit de sa bouche. Elle flotta au dessus de ses mains où le détraqueur l'enferma complètement. Une nouvelle vague de sa magie émana de lui et lorsqu'il écarta ses doigts, une perle grise simple et sans grand intérêt à première vue reposait dans sa paume. Révérencieusement, il vint la déposer dans la main tendue de son roi, reculant ensuite un peu en s'inclinant.

- Rentre à Azkaban et choisi l'âme qu'il te plaira parmi les prisonniers pour te nourrir, ordonna simplement Harry en regardant la perle.

Le roi renvoya le détraqueur de son pouvoir, celui-ci se résorbant ensuite, sa couronne de brume coulant sur ses cheveux pour disparaître alors que ses yeux s'éteignaient.

- Ceci, dit-il alors en montrant la perle, aurait pu être une force est un coup d'avance sur moi pour Voldemort si cela était resté secret. Mais je sais, sourit-il cruellement, et cette chose devient alors sa plus grande faiblesse. C'est une âme, ou plutôt, un morceau d'âme.

- Horcruxe, comprit Marzhin qui n'était pas encore intervenu jusque là.

- Exact, approuva Harry.

- Cette vermine a créé un horcruxe ? s'étonna Shax. Il tombe encore plus bas que je ne le pensais.

- Majesté, intervint Abigor l'air en colère. Si ce détraqueur avait ce horcruxe, cela veut dire qu'il était...

- En moi, termina l'immortel en les choquant et en les faisant grogner de colère et d'indignation. Il était en moi depuis ce fameux soir d'Halloween. Tout porte à croire que cela s'est fait accidentellement lorsque Voldemort a été détruit à ce moment là. C'est du moins ce que Sheitan et moi en avons déduis en découvrant que cette chose était en moi à Azkaban. Sheitan l'a senti dans notre lien. Je savais que j'avais un lien avec Riddle mais j'ignorais ce dont-il s'agissait. Ce horcruxe était la réponse. Ironiquement, le baiser m'a permis de m'en débarrasser et de survivre. Lorsque j'ai été embrassé, j'ai utilisé toutes mes forces pour retrancher mon âme derrière le horcruxe et le détraqueur a pris la première âme qu'il a atteint.

- Cela explique tout, remarqua Bael. Le détruire affaiblira considérablement cette vermine mais c'est une chose difficile.

- Je le détruirai mais pas tout de suite, répondit-il. Il semblerait que Voldemort ait créé plusieurs horcruxe, informa-t-il en les surprenant une fois de plus. Il se croit immortel avec ça mais diviser son âme le rend plus faible, fragile et instable. Son apparence et sa folie de plus en plus grande viennent assurément de là. Il est pathétique. En deuxième année, j'ai détruis un ancien journal de Riddle contenant une sorte de mémoire de lui et tentant de le faire revenir à la vie, raconta-t-il. C'était un horcruxe de toute évidence et il y en a sûrement d'autres. En avoir un va me permettre de trouver les autres et de le priver de cette pseudo immortalité qu'il pense avoir en plus de lui porter un coup des plus violent et douloureux, remarqua-t-il froidement.

- Comment trouver les autres ? Je ne connais aucune magie qui puisse..., commença Cimeries avant de réaliser quelque chose. Les détraqueurs, dit-il en faisant sourire son maître.

- Les détraqueurs, confirma celui-ci, les créatures à la magie d'âme la plus puissante qui soit même si peu s'en rendent compte. Ils peuvent les trouver.

Là dessus, il contacta sa garde dans leur lien et très vite, les cinq détraqueurs squelettes apparurent autour de lui, surprenant les autres dont aucun n'avait encore eu l'occasion de les voir dans sa vie. Ils les observèrent donc avec attention alors qu'ils venaient poser genou à terre autour de leur roi qui leur tendit la perle. L'un d'entre eux avança une main pour la réceptionner, referment ses doigts d'os un à un autour d'elle.

- Trouvez les autres morceaux de cette âme, ordonna-t-il. Trouvez les et amenez les moi. Tous sauf le morceau actif qui se prend actuellement pour un Seigneur des Ténèbres, se moqua-t-il. Ce dernier morceau, je me le réserve, nous lui feront la surprise. Allez.

Ils disparurent alors sans plus de cérémonie, Harry souriant.

- Ils vont peut-être mettre un peu de temps mais ils vont les trouver, affirma-t-il. Cela devrait être très drôle de voir la tête de Voldemort lorsqu'il saura, dit-il en les faisant tous ricaner.

Les jours qui suivirent furent jonchés de discussions sur le projet de domination du monde de l'Immortel. Personne ne semblait choqué à cette perspective et lorsqu'il avait entendu son compagnon le dire clairement pour la première fois, Sheitan avait souris avec excitation, les autres démons sachant parfaitement que cette ambition et cette détermination froide de son âme sœur devait lui plaire au plus au point et que cela concordait avec ses propres ambitions. Mais ce qui devait vraiment lui plaire était ce que son compagnon voulait faire sans se soucier un instant de ce que les autres en pensaient. Sheitan avait toujours aimé les êtres forts et libres, détachés du jugement des autres, faisant ce qu'ils voulaient sans égard pour les conventions ou les regards extérieurs même si cela devait l'amener à passer pour un monstre, même si cela allait contre lui même. Il adorait les êtres de caractère, originaux aussi et prêt à tout, sans état d'âme et entier, profondément eux même. C'était là tout ce qu'était son âme sœur, plus que n'importe qui d'ailleurs et cela n'était qu'une raison de plus pour lui de l'aimer autant. Tous avaient d'ailleurs souris lorsqu'il avait pris son compagnon dans ses bras avec un regard plein d'envie, l'emmenant vers ce qui était probablement leur chambre. Tous avaient maintenant bien compris que Harry Potter, débridé et lui même, était le compagnon parfait en tout point pour leur empereur. Sheitan avait attendu longtemps mais cela en avait valu la peine.

Quelques jours plus tard, les vacances de printemps débutaient à Poudlard et avec elles, il pouvait passer à la seconde étape de sa reprise de l'école. Cela se passa à Gringotts le lundi suivant. Harry s'y rendit au côté de Sheitan, des démons et de son majordome, tous dans leur forme humaine. Entrant par un accès privé, ils furent royalement accueilli par le directeur en personne, Ragnok. Il s'inclina respectueusement devant le couple impérial désormais reconnu par tout les peuples sombres depuis le bal. Il les conduisit ensuite vers un confortable salon pourvut d'un immense miroir. Il les pria de s'installer, les démons se dispersant dans la pièce autour d'eux. Il fit apparaître un service à thé ainsi que quelques petites choses à grignoter, Marzhin lui faisant signe de reculer avant de se charger de préparer la boisson.

- Tout est prêt vos Majestés, dit-il alors en se tenant devant eux. Ce miroir vous permettra de voir et d'entendre tout ce qu'il se passera pendant cette réunion sans que personne ne sache que vous êtes là. Je vais me charger de tout avec Gripseck, dame Estalia et maître Oéda. Ils sont déjà arrivés depuis un moment.

Le gobelin activa alors le miroir, dévoilant une grande salle de réunion formelle de la banque. Euphémia s'y trouvait déjà avec celui qu'il avait embauché pour être l'avocat de Poudlard désormais, maître Absalon Oéda, un sang pur très doué dans son domaine. Ils discutaient des derniers détails de la réunion approchant avec Gripeck.

- Nous nous chargeons de tout, reprit Ragnok. Toute la direction actuelle de l'école a été convoquée avec madame Bones du Ministère qui vient avec son assistante. Ils devraient être là dans quelques minutes. J'espère que le spectacle vous plaira, sourit-il.

- Certainement, acquiesça Harry avant de le congédier d'un geste.

Le gobelin les salua sans s'offenser une seconde, s'en allant ensuite en refermant derrière lui. Assis sur les genoux de son démon, Harry accepta volontiers une tasse de thé comme Sheitan, se calant confortablement contre lui. Rapidement, Ragnok rejoignit Euphémia et les autres dans la salle de réunion puis on vit arriver les conviés progressivement. Amélia Bones, présidente du département de la justice magique du Ministère se présenta la première avec son assistante. Elle salua tout le monde sobrement, impassible, prenant ensuite place en regardant autour d'elle, comme cherchant quelque chose. Harry savait qu'elle le cherchait. Après tout, elle était la seule, en dehors de ceux travaillant pour l'Immortel, à connaître le sujet de la réunion. Les gobelins l'avaient mise au courant tout en lui demandant le secret pour qu'elle puisse faire les vérifications officielles au Ministère. Ainsi, cette affaire ne durerait pas en longueur aujourd'hui. Après elle, on vit arriver au compte goutte toute la direction actuelle de Poudlard. Le conseil d'administration au complet, les directeurs de maisons et bien évidemment Dumbledore. Convoqué séparément sans motif, tous eurent l'air surpris de se retrouver là ensemble, se regardant les uns les autres sans comprendre.

Ce fut avec attention que Harry observa leurs arrivées alors que le silence total régnait dans le salon, tous très attentifs. C'était la première fois que le jeune homme revoyait ces gens depuis sa sortie d'Azkaban. Amélia présente à son procès, Filius Flitwick, Pomona Chourave, Minerva McGonagal et Severus Snape en tant que directeur de maisons et Dumbledore évidemment. Il les regarda longuement, sa colère revenant à la vue de ces gens qui avaient participé à ses souffrances chacun à leur manière que ce soit par action ou inaction. Mais sa rage allait évidemment avant tout vers cette vieille bique qui venait là en conquérant. Il savait via les gobelins que Dumbledore n'avait pas ménagé ses efforts pour tenter d'avoir sa tutelle ou de savoir où il se trouvait. Sans succès heureusement. Aujourd'hui, il commençait sa vengeance contre lui. Lui prendre Poudlard n'était qu'un premier pas. Il plia et déplia les doigts, respirant profondément pour se calmer. Sheitan se redressa et le serra un peu plus contre lui, s'avançant à son oreille.

- Calme toi Bellia, murmura-t-il. Le tuer maintenant te priverait du plaisir de le voir dégringoler et perdre tout ce qu'il croit avoir.

- C'est pour ça qu'il est encore en vie, répondit-il. Mais j'avoue que ça me démange terriblement de lui arracher sa petite tête de papy bien heureux, gronda-t-il.

- Tu le feras amour, ronronna Sheitan. Après lui avoir fait comprendre au combien il n'aurait jamais dû s'attaquer à toi et à quel point tu lui es supérieur, dit-il en le faisant sourire. Tu vas le désespérer, lui faire perdre le contrôle qu'il croit avoir sur tout et tout le monde, le ridiculiser, jouer avec lui.

- Cela va être des plus amusant, remarqua-t-il en se détendant.

- Profite déjà de ça et ce n'est qu'un début, termina Sheitan en embrassant son cou.

Harry se réinstalla contre lui, se calmant grâce à lui pour continuer à observer ce qu'il se passait par delà le miroir. Tous étaient désormais présents et le gobelin ayant amené le dernier referma derrière lui.

- Directeur Ragnok ? interpella Dumbledore alors que tous avaient pris place autour de la table. Quelle est la raison de cette convocation ? Cela concernerait-il Poudlard ?

- Évident étant donné la présence de la direction au complet, posa le gobelin avec moquerie.

- Ce qui me pousse à demander ce que madame Bones et ces gens font ici, demanda-t-il en regardant Euphémia lui souriant froidement.

- Vous le saurez bientôt, répondit-il. Maintenant que tout le monde est là, nous allons pouvoir commencer. Comme monsieur Dumbledore l'a si brillamment fait remarquer, vous êtes ici au sujet de Poudlard. Le statut de l'école a évolué, dit-il en les surprenant. Je vous informe dés à présent que le maître légitime de Poudlard reprendra les pleins pouvoir sur l'école dés le premier juillet prochain à midi, date de la fin de cette année scolaire.

Il y eut un silence lourd dans la pièce, tous complètement surpris alors que Harry savourait la bombe qui venait d'exploser. Ce fut Dumbledore qui rompit le silence, se ressaisissant après un moment de stupeur visible.

- Je vous demande pardon ? dit-il. Peut-on savoir que quoi vous parlez exactement ?

- Je viens de vous le dire, répondit le gobelin l'air ennuyé. Le propriétaire de l'école réclame sa restitution. Il en a dors et déjà repris la propriété légale mais il vous laisse terminer l'année scolaire avant d'en reprendre le contrôle exécutif.

- Poudlard n'a pas de propriétaire, répondit Dumbledore décontenancé, c'est totalement absurde.

- Poudlard a un propriétaire depuis quelque temps, répondit le gobelin. C'est une école publique soumise à un régime un peu particulier. Seulement, elle redevient privée si les successeurs légitimes des Fondateurs se manifestent et réclament sa propriété. Ce qui est arrivé. Les accords de Poudlard le stipulent, dit-il simplement.

- Les accords de Poudlard ? releva un membre du conseil hébété.

- Les accords de Poudlard, répéta le gobelin comme s'ils étaient des imbéciles. Vous dirigez l'école et vous ignorez leur existence ? dit-il l'air moqueur. Ces accords datent de l'époque des Fondateurs, scellés par magie avec le gouvernement magique de l'époque devenu le Ministère aujourd'hui. Ces accords bien qu'anciens sont toujours et plus que jamais valables, reliés au Ministère et aux sorts de lois du pays. Tout cela est plus qu'officiel et légal. N'est-ce pas madame Bones ? demanda-t-il en dirigeant touts les regards vers elles.

- Oui, dit-elle gravement. J'ai dors et déjà vérifié tout cela au Ministère, annonça-t-elle en faisant planer un autre silence. Les accords de Poudlard sont véritables et tout à fait valables. Ils stipulent entre autre chose que l'école prend un statu public, bien que particulier, sous la direction d'un directeur, à partir de la mort des quatre Fondateurs et ce jusqu'à sa revendication par les héritiers légitimes. Ce qui est arrivé récemment.

- Pourquoi seulement maintenant ? demanda Filius. Cela fait mille ans.

- Parce que pour que cela puisse être, répondit-elle, la condition était que des héritiers pour les quatre lignées des Fondateurs se présentent et accèdent officiellement aux titres de Lord de leurs lignées sur une même période.

- Est-ce que vous voulez dire qu'il y a actuellement des Lords Gryffondor, Serpentard, Serdaigle et Poufsouffle légitimes et officiels ? questionna un membre du Conseil.

- C'est ce qu'elle dit, reprit Ragnok. Les quatre titres ont été revendiqusé sur une période de quelques décennies mais ils sont désormais tous de nouveau actifs avec des héritiers légitimes et reconnus par la magie de leurs lignées. Cela étant, les héritiers peuvent réclamer la propriété de Poudlard. Chaque lignée possède vingt-cinq pourcent des parts de l'école et l'héritier de Gryffondor possède cent pourcent de la propriété terrienne et immobilière de Poudlard. Autrement dit, il possède les terres et le château. Tout les héritages actifs, les héritiers peuvent réclamer la propriété de Poudlard et la diriger avec un pouvoir de décision proportionnel à leurs parts. Dans ce cas, l'école redevient un établissement privé géré par ses propriétaires. Cette réunion a pour but de vous informer de la situation et du fait que vous serez tous relevés de vos fonctions en date du premier juillet midi pile. Poudlard vas être reprise.

- Ils n'ont pas le droit de faire ça ! s'insurgea un membre du Conseil.

- Au contraire, intervint Amélia. Tout est parfaitement légal et officiel. J'ai vérifié. Tout est en règle, asséna-t-elle en les ahurissant.

- Vous avez parlé d'un maître et non de plusieurs, releva Severus réagissant pour la première fois.

- Perspicace Snape, s'amusa Harry dans l'autre pièce.

- En effet, sourit froidement le gobelin.

- Il devrait y en avoir quatre non ? posa Minerva.

- Quatre titres oui, remarqua Ragnok, pas forcément quatre héritiers. Il y en a deux en réalité dont un possède soixante quinze pourcent des parts de l'école et en tant qu'héritier de Gryffondor, la totalité du domaine physique. Il est donc le maître de Poudlard étant donné que le deuxième possède une part minime bien inférieure à la sienne.

- Est-ce vous ? demanda Dumbledore en fixant l'avocat qui rit ouvertement comme Euphémia et les gobelins.

- Non Dumbledore, pas du tout. En revanche, je travaille pour le maître de Poudlard en tant que nouvel avocat de l'école, dit-il en les stupéfiant. Maître Absalon Oéda, se présenta-t-il. Je suis ici pour m'assurer que tout est en ordre. Mon Lord tient à s'assurer que tout est clair et net.

- Pourquoi n'est-il pas ici ? demanda-t-il suspicieusement.

- Notre Lord à autre chose à faire que de participer à cette simple petite réunion d'information Dumbledore, claqua Euphémia. Sa présence ici n'est absolument pas nécessaire. Ce serait une perte de temps pour lui.

- Et qu'est-ce qu'un vampire fait ici ? demanda-t-il en faisant sursauter certains répétant bas le nom de la créature.

Elle n'en fut pas le moins du monde déstabilisé, souriant au contraire froidement en dévoilant ses canines brillantes. Harry sourit à son tour, sachant que la dame tenait sa vengeance.

- Je suis celle qui va prendre votre place Dumbledore, annonça-t-elle doucereusement.

Il y eut un nouveau moment de choc qu'elle savoura, son regard rougeoyant planté dans celui du directeur en fin de carrière.

- J'ai été choisie par le nouveau maître de Poudlard pour en reprendre la direction et je suis là en tant que future directrice.

- Un vampire ne peut certainement pas diriger Poudlard, répondit-il en la regardant de haut en bas.

- Et bien si maintenant, répondit-elle. Les accords de Poudlard stipulent que lorsque l'école repasse à un statu privé, son propriétaire et dirigeant peut embaucher qui il veut comme il le veut. C'est dans l'accord officiel passé avec le gouvernement qui n'a plus le droit de mettre son nez dans les affaires de l'école d'une quelconque façon. Son maître est seul à choisir désormais et que cela vous plaise ou non l'importe peu. N'est-ce pas madame Bones ?

- Oui. Le propriétaire de Poudlard est libre d'employer qui bon lui semble ou d'enseigner ce que bon lui semble. Le Ministère n'aura plus rien à dire là dessus. L'accord étant fortement scellé et antérieurs aux lois sur les créatures magiques, l'école n'est pas tenue de respecter ces lois, juste les règles spécifiées dans l'accord. Des règles qui laissent toute liberté au propriétaire pour faire ce qu'il veut de l'école. Tout cela est scellé par magie, légal et en règle. Dame Estalia sera la nouvelle directrice de Poudlard à partir du premier juillet, dit-elle alors que la vampire jubilait visiblement devant le regard mauvais de Dumbledore.

- Ne vous en faîte pas, nargua-t-elle, je prendrai grand soin de Poudlard. Après tout, mon Lord m'a employé pour cela et pour refaire de Poudlard la meilleure école de magie du monde, véritablement cette fois.

- Qui est-il ? Je veux lui parler, exigea Dumbledore.

- Il n'a rien à vous dire et n'espérez même pas négocier avec lui ou tenter de le manipuler, vous vous en mordriez les doigts, dit-elle. Il ne veut plus d'aucun d'entre vous à Poudlard. Il vous laisse jusqu'à la fin de l'année pour le bien de la scolarité des élèves. C'est déjà très généreux de sa part. Cela aurait été moi, je vous aurais viré à coups de pieds aux fesses. Il ne reviendra jamais sur cette décision et s'il n'est pas venu aujourd'hui c'est parce que tout est déjà clair et établi pour lui, terminé.

- Qui est-il ? redemanda Dumbledore très énervé. Je ne laisserai pas l'avenir de mes élèves entre les mains de n'importe qui.

- Mais vous n'avez pas le choix Dumbledore, sourit-elle. Tout cela n'est plus entre vos mains et Poudlard n'est pas à vous. Elle ne l'a jamais été et aujourd'hui son propriétaire légitime vient reprendre ses droits sur elle. Ce qui est de mon avis une excellente chose qui fera des merveilles. Les élèves seront beaucoup, beaucoup mieux sous sa protection que sous votre direction et vos petits jeux de manipulations.

- Qui est-il ? redemanda-t-il en serrant les poings.

- Tout le monde sait qui est l'héritier de Serpentard, susurra Ragnok en tendant toute la pièce. Il possède les vingt-cinq pourcent de Salazar Serpentard. Mais il n'a aucun pouvoir sur l'école avec si peu. Le maître de Poudlard est Lord Gryffondor-Poufsouffle-Serdaigle de sang, de droit, de magie et de titre. Mais vous le connaissez bien mieux comme Lord Harry James Potter, lâcha-t-il en choquant profondément toute l'assemblée.

Les gobelins, la vampire et l'avocat sourirent alors que Harry riait avec les démons dans l'autre pièce en admirant les visages stupéfaits et ahuris.

- Harry, bredouilla Dumbledore.

- Lord Potter pour vous, corrigea Euphémia en reprenant instantanément un sérieux froid. Lord Potter est le nouveau maître de Poudlard, héritier des Fondateurs et il compte bien reprendre son école et lui redonner toute sa splendeur.

- Où est-il ? demanda Dumbledore. Je veux lui parler. Tout cela est grotesque. Harry ne peut pas être propriétaire de Poudlard et pourquoi ferait-il une telle chose ? dit-il l'air attristé.

- Pourquoi ? rit Euphémia. Il y a un millier de raisons mais je dirais que la première est de reprendre ce qui lui appartient. Et il ne veut pas vous parler.

- Lord Potter ne souhaite pas vous rencontrer, ajouta Ragnok. Rien ne l'y oblige et le droit qu'il revendique sur Poudlard est tout à fait légitime. Il en est l'héritier. Tout est en ordre et madame Bones l'a vérifié avant de venir ici. Tout ça n'est qu'à titre informatif. Le nouveau personnel de Poudlard a déjà été recruté, annonça-t-il en provoquant une énième surprise. La prochaine rentrée est déjà très avancée dans ses préparatifs. Demain, un communiqué officiel sera fait dans la presse, un document détaillant le changement et ses spécificités sera accessible au public pour les informer. Tout est déjà prêt. Ne restera plus que la passation physique à la fin de cette année scolaire. Il n'y a rien que vous puissiez opposer à cela.

- Pour que cela soit très clair et pour vous ôter toute envie de nuire à mon Lord d'ici à la passation, reprit Absalon, tant que la passation n'a pas eu lieu, vous êtes encore tous légalement responsables de ce qu'il se passe à Poudlard. Donc, n'essayez pas de provoquer des incidents pour nuire à mon Lord, vous en paieriez le prix. Tant que la passation n'a pas eu lieu, vous êtes responsables pas lui. Ensuite, et si l'envie vous en prenait tout de même, sachez que nous avons de quoi faire très mal, sourit-il froidement.

- C'est une menace ? s'énerva un membre du Conseil.

- Tout à fait, acquiesça-t-il sans gêne.

- C'est illégal ! s'exclama l'homme en regardant Amélia toujours impassible bien que l'air un peu contrariée tout de même.

- Je ne suis pas en mesure de punir ou d'inquiéter Lord Potter pour ces menaces, répondit-elle simplement en les ahurissant.

- D'où l'intérêt de mon petit accord avec Scrimgeour en sortant d'Azkaban, s'amusa Harry dans l'autre pièce en faisant ricaner son entourage.

- À la demande de mon Lord, Gringotts a ausculté les comptes de Poudlard sur des décennies, continua l'avocat en installant une tension certaine dans la pièce. Nous avons une montagne de preuves sur les détournement de fonds honteux dont beaucoup d'entre vous se sont rendus coupables, dit-il en choquant ceux qui n'en savaient rien.

- Des détournements de fonds ?! s'indigna Minerva.

- Oui, approuva Absalon. Nombreux de ces messieurs et de leurs prédécesseurs ont pioché dans les caisses de l'école sans jamais être inquiété et Dumbledore ici présent n'est pas étranger à cette pratique, sourit-il en figeant les directeurs de maisons.

- Je n'ai jamais fait une telle chose, se défendit-il calmement.

- Je me fiche que vous l'admettiez ou non, répondit l'avocat. J'ai toutes les preuves nécessaires et plus encore pour en être sûr. Il y a le détournement de fond et tout les autres manquements de la direction de Poudlard. Les nombreuses occasions auxquelles les élèves ont été impunément mis en danger. Mon Lord peut en témoigner, remarqua-t-il légèrement. Les incursions de Voldemort au sein même de l'école dont-il peut témoigner aussi. Les manquements à la loi parmi lesquels, ironiquement après votre remarque vis à vis de dame Estalia, on trouve l'emploi de créatures magiques dans l'école : demi géant, loup garou, fantôme, demi gobelin, centaure... La direction et le Ministère sont aussi en faute pour n'avoir rien fait quand Dolores Ombrage torturaient des élèves lors de son année à l'école. Parlons des intrusions de créatures dangereuses au sein de l'école mettant en danger les élèves. Ou encore de l'ignorance totale vis à vis des plaintes de certains parents dont les enfants avaient des problèmes à l'école notamment à cause de la rivalité violente entre maisons. Je peux aussi ajouter l'intrusion de plusieurs criminels et même mangemorts à Poudlard. Cela parmi bien d'autres fautes. Mon Lord peut témoigner de tout cela pour l'avoir vécu et subi lui même. Il en a les preuves, les souvenirs et est prêt à témoigner sous lourds serments magiques pour l'établir si nécessaire. Et vous demandez pourquoi il veut vous reprendre l'école ? rit-il. Je pense qu'il fait la bonne action du millénaire en le faisant. Le contrat est simple : nous gardons cela pour nous, pour l'instant tout du moins, s'amusa-t-il, et vous faîte en sorte qu'il n'arrive rien à Poudlard.

- Je veux un accord magique ! s'exclama aussitôt quelqu'un l'air agité.

- Vous n'avez rien à exiger, répondit l'avocat. Mon Lord n'a pas l'intention de vous donner quoi que ce soit. Ce sont ses conditions et elles ne sont pas négociables. Froissez le et il ne se gênera pas pour vous détruire les uns après les autres.

Le silence tomba, certains ayant bien du mal à croire que cette menace venait du Harry qu'ils avaient connu. Celui-ci savoura d'ailleurs. McGonagal, Flitwick et Chourave avaient l'air vraiment choqués et honteux, réalisant certainement qu'ils avaient profondément blessé leur ancien élève. Snape avait l'air de réfléchir gravement à toute vitesse et Dumbledore avait l'air furieux, ne contrôlant plus rien. Il contempla avec le sourire, se demandant ce qu'il se passait dans ces petites têtes. Avoir le dessus sur ce vieux fou était jouissif pour l'Immortel.

- Vous pouvez tenter ce que vous voulez, reprit l'avocat. Mais je ne peux que vous conseiller d'être sages et de ne pas vous opposer à mon Lord. Il est dans son plein droit et il n'y a rien que vous puissiez faire. Donc, je vous suggère de respecter sa volonté et ses droits et tout se passera bien, dit-il doucereusement. Sur ce, je crois que nous avons terminé, dit-il en se tournant vers Euphémia.

- Je n'ai rien à ajouter, dit-elle en regardant Ragnok.

- Nous en avons fini, acquiesça celui-ci. Vous pouvez y aller. Gringotts, dame Estalia ou maître Oéda vous informeront des éventuels détails s'il y a lieu de vous les communiquer.

Il n'en fallut pas plus pour faire déguerpir le Conseil d'Administration, Dumbledore suivant en peinant à retenir sa colère. Il était évident qu'il n'en resterait probablement pas là pourtant, il n'y avait rien qu'il puisse faire légalement et Harry priait presque pour qu'il fasse une grosse bêtise et qu'il puisse le détruire davantage encore en réponse. Flitwick et Chourave s'en allèrent ensuite, sombres et silencieux, pensifs. Snape et McGonagal restèrent pourtant, attendant que les autres soient bien partis.

- On ne vous retient pas, claqua Ragnok à leur attention.

- Veuillez m'excuser, répondit la dame. Seulement je... j'ai bien conscience que Ha... Lord Potter ne doit plus avoir envie d'entendre parler de nous après ce qu'il s'est passé, dit-elle l'air coupable. Mais... pouvez vous me dire s'il va bien ?

- Cela ne vous regarde plus, rétorqua le gobelin. Vous avez perdu le droit de savoir quoi que ce soit sur lui ou d'avoir ne serait-ce qu'une poussière de part dans sa vie.

La sous-directrice se tut, triste, coupable, les larmes aux yeux et les épaules basses.

- Y-a-t-il un quelconque moyen de le contacter ? demanda Snape impassible derrière elle.

- Il ne veut pas de contact avec vous, du moins tant qu'il ne l'aura pas décidé lui même, répondit Ragnok.

- Si je laisse une lettre, pourriez vous lui faire parvenir ? demanda l'homme. Il y a certaines choses qu'il doit savoir.

- Si cela vous chante, laissez un courrier, répondit le gobelin. Mais je ne vous garantie pas qu'il l'aura entre les mains et si cela devait être le cas, il n'y prêtera peut-être pas la moindre attention et je ne m'attendrais pas à une réponse de sa part avant bien longtemps.

- Cela me convient, acquiesça l'homme en faisant apparaître une enveloppe scellée qu'il déposa sur la table. Qu'il fasse ce qu'il veut de ceci mais dîtes lui que certaines de ces informations pourraient l'intéresser, expliqua-t-il en s'attirant le regard surpris de Minerva. Je ne m'attend pas à avoir une réponse quelconque mais s'il désire poser la moindre question, je m'engage à y répondre dans les plus brefs délais.

- Il sait que j'écoute d'une manière ou d'une autre, remarqua Harry dans le salon.

- J'en ai l'impression, sourit Sheitan. Je sais que tu le détestes Bellia mais il semble intéressant.

- C'est un connard mais un connard honnête, répondit-il. Au moins avec lui, j'ai toujours su à quoi m'en tenir et il n'a jamais joué les hypocrites avec moi. Et il y a beaucoup de choses intrigantes avec lui. Il semble m'avoir toujours haïs pourtant avec le recul, je dois admettre qu'il m'a protégé plus d'une fois. J'ai bien envie de savoir pourquoi. Et, objectivement, si on exclut son comportement abjecte, il ne m'a jamais fait de mal. Si je déteste le dire, j'ai appris des choses utiles avec lui et il est bien le seul avec qui je peux dire ça. Snape cache assurément beaucoup de choses mais à l'inverse de Dumby, il joue peut-être dans l'autre sens.

- Tu veux dire qu'il te semble opposé mais qu'il ne l'est pas vraiment ? avança Sheitan.

- J'ai eu bien le temps de réfléchir à Azkaban et ses actes, ceux qui ont eu de l'importance véritablement, ne correspondent pas au comportement négatif qu'il a eu à mon égard tout ce temps, expliqua Harry. C'est curieux.

- Il semble bien moins surpris et choqué que tout les autres face à ce que tu fais, posa le démon.

- Snape est tout sauf stupide je dois l'avouer, loin de là. Il est agent double entre Voldemort et Dumbledore depuis longtemps et il ne faut pas être un crétin ou un faible pour être encore en vie, surtout avec le retour de face de serpent. Et il sait peut-être des choses intéressantes. On verra bien, soupira-t-il finalement.

- Et s'il s'avère utile ? Qu'en feras-tu ? demanda Sheitan.

- Hum... Je ne sais pas encore. De toute façon, je doute qu'il coopère bien gentiment en voyant ce que je suis véritablement. Quoi que ? Il a été mangemort longtemps. Il faut déjà voir s'il peut avoir la moindre utilité véritable. Ensuite, j'en disposerai au besoin, sourit-il froidement.

Il observa Snape quitter la salle de réunion sans en attendre davantage, laissant sa lettre. McGonagal le suivit rapidement, abattue et il sourit. Cela s'était passé au mieux même s'il s'était attendu à plus de résistance de la part de Dumbledore. Seulement, ils n'en n'avaient pas encore terminé et cela, il n'en doutait pas.