Salut ! Ce sont bientôt les fêtes, youpi ! Et le 20 décembre, c'est l'anniversaire d'Akashi. Je ne sais pas encore ce que je vais faire pour son anniversaire... Peut-être un OS. Peut-être un chapitre de Damnatio Memoriae.

Shadow : Évidement ! Enfin, j'avoue qu'il a quand même eu beaucoup de chances... (ma corde scénaristique n'était pas hyper subtile... mais bon, à l'époque, qui se sait pas se recoudre s'expose à une infection, donc je suppose que ces compétences étaient plus répandues qu'aujourd'hui). J'espère que ce chapitre va te plaire !

Bee-gets : Hehe ^^ Oui, la blessure de Seijuro était grave. Mais Shûzo n'a pas touché d'organes vitaux (volontairement ou non ? à toi de décider ^^). L'intestin est un organe élastique qui supporte bien les chocs. De plus, en retirer une partie ne nuit pas, jusqu'à une certaine mesure, à la vie quotidienne (si je la publie un jour, j'ai une autre histoire où Akashi subit une blessure bien plus grave...). Non, Yukimaru est avec Nijimura. On peut dire ça, oui, Seijuro est né pour gagner. Biz !

Bonne lecture !


Exil

« Je… ne pense pas revenir un jour. »

Il venait de poignarder Seijuro. Le corps du prince tomba dans ses bras, inconscient. Shûzo l'allongea sur le matelas et retira la dague. La ceinture de son yukata commença alors à se gorger de sang.

Une part de Shûzo ne réalisait pas ce qu'il venait de faire. L'autre ne pouvait s'empêcher de de penser que le monstre allait mourir. Iga allait être sauvée. Il allait rentrer chez lui. Shintarô monterait sur le trône et… la guerre prendra fin.

-J'ai entendu des cris, que se passe-t-il ?

Shûzo sursauta. Le prince Shintarô se tenait dans l'embrasure de la porte.

-… Qu'est-ce que j'ai fait ? demandât le mercenaire, tremblant.

-Est-il mort ?

Shûzo posa sa main sur la profonde blessure. Le sang dégoulinait le long de la ceinture, imbibait le yukata clair et le matelas. Le mercenaire tentât vainement de retenir le sang, de le faire glisser vers la blessure, comme s'il pouvait ainsi le remettre dans ses veines et le sauver.

-Qu'est-ce que j'ai fait ? répétât Shûzo.

-Tu dois te débarrasser de lui a avant qu'il y ait du sang partout. Si tu fais passer cela pour une disparition, l'empereur ne te tuera pas et ne brûlera pas Iga en représailles.

-Mais…

-Jette son corps dans la rivière. Je m'occupe du reste.

Shûzo ferma les yeux, le temps de peser le pour et le contre. Sous le coup du stress, il ne voyait pas d'autres moyen de s'en sortir. Après tout, s'il avait écouté Shintarô depuis le départ, il aurait peut-être pu empêcher la mort d'Atsushi.

-Dépêche-toi.

Shûzo prit Seijuro dans ses bras et s'en alla. Il connaissait par cœur les rondes des gardes et savait qu'à l'heure actuelle, le chemin vers le pont rouge était dégagé.

-Shûzo… murmurait Seijuro dans ses bras. Shûzo… pourquoi ?

Le prince avait repris reconnaissance.

Le mercenaire était incapable de répondre alors qu'il réalisait petit à petit ce qu'il faisait. Il était devenu fou. Il avait attaqué le prince et s'apprêtait à se débarrasser de lui comme d'un vulgaire pot cassé.

-Pourquoi ? répétait le prince alors que Shûzo approchait du pont rouge qui reliait la place du temple et le palais impérial.

La rivière Kamo passait juste en-dessous. Dans la nuit, ce n'était qu'une énorme masse dont on devinait à peine les forts courants.

-Shûzo, pourquoi ?

Le corps de Seijuro était de plus en plus lourd dans ses bras. Le garçon faiblissait.

-Je suis désolé, Seijuro, parvint à articuler Shûzo avant de l'embrasser tendrement sur le front.

Le mercenaire le laissa tomber dans la rivière et celle-ci l'avala.

Après avoir jeté Seijuro dans la rivière, Shûzo s'était laissé tomber, les mains agrippées sur le rebord du pont. Il avait pleuré presque toutes les larmes de son corps, anéantis. Au loin, le soleil commençait déjà à se lever.

Alors, il vit Shintarô à l'extrémité du pont. Le prince le dévisageait.

-Tu as bien fait, finit-il pas dire.

Shûzo n'en était pas convaincu. Il tremblait, en état de choc après avoir tué l'homme qu'il aimait.

-C'était un monstre. Il devait mourir, après tout le mal qu'il a fait… et qu'il allait faire.

-Je ne sais pas… je ne sais plus rien.

Le prince s'approcha et s'accroupit aux côtés de Shûzo.

-Ca va aller, dit-il. Je vais t'aider.

Shûzo ne voulait plus rien entendre.

-Tu dois partir du palais.

Shintarô pris le bras de Shûzo et le força à se relever.

-La ronde va bientôt passer par ici, il faut faire vite. Quand l'empereur découvrira la disparition de Seijuro, il voudra que tu lui rendes des comptes. Tu dois fuir avant.

Le mercenaire se laissa faire. Depuis qu'il avait poignardé Seijuro, il était dans un état second. Il ne voulait plus réfléchir. Shintarô le guida jusqu'à la chambre, lui donna son sac et une bourse de pièce d'argent.

-En dédommagement, lui indiqua le prince. Passe par les sous-sols et tu pourras sortir discrètement.

-Et Yukimaru ?

-Quoi ?

Shûzo cligna plusieurs fois des yeux, comme s'il revenait à lui.

-La jument de Seijuro.

-Tu veux partir avec elle ? Soit. Je te l'amènerai, donnons-nous rendez-vous à la porte sud de Kyoto.

Shûzo acquiesça. Il sentait ses mains qui tremblaient toujours.

Le soleil se levait et le mercenaire quitta le palais par la porte dérobée des sous-sols. Il se retrouva dans la ville en train de s'éveiller. Le mercenaire ne savait pas où aller, pas quoi faire, hormis rejoindre la porte sud et récupérer Yukimaru. Mais après ?

Seijuro n'était plus là. L'empereur allait partir à sa recherche pour obtenir des réponses.

Devait-il mourir lui aussi ?

L'idée murit dans son esprit toute la journée, jusqu'à l'arrivée d'un garde tenant Yukimaru. Il confia la jument à Shûzo et celui-ci partit au galop, loin de Kyoto, en direction d'Iga. On allait le chercher et fort à parier qu'Iga sera le premier endroit fouillé mais Shûzo devait des explications à sa famille et leur dire adieu.

Il coupa par les champs pour devancer les gardes royaux. Au lieu des neuf heures habituelles, il n'en mit que sept, ne s'accordant aucune pause. Il laissa Yukimaru dans une rue derrière la maison de sa famille et grimpa sur le mur, puis sur le toit, pour entrer discrètement. La garde impériale ne semblait pas encore là mais ce n'était probablement qu'une question d'heures.

Il faisait nuit. Shûzo n'eut aucun mal à entrer sans se faire voir dans la chambre de sa sœur. Il posa sa main sur sa bouche puis la réveillé. Shûko sursauta, écarquilla ses yeux, paniqua, avant de reconnaître son frère. Il lui fit signe de se taire et retira sa main.

-Shûzo ? Mais que fais-tu ici ? chuchotât-elle.

-Va réveiller maman. Je dois vous parler.

-Mais…

-Vite.

Shûko acquiesça et obéit. Elle revint à peine une minute plus tard avec Amika. Cette dernière se précipita vers son fils pour le prendre dans ses bras.

-Que se passe-t-il ?

Shûzo soupira, au bord des larmes.

-J'ai… j'ai fait quelque chose de terrible. J'ai… les gardes vont venir me chercher. Je dois fuir. Je… ne pense pas revenir un jour. Pardonnez-moi…

Il se prosterna sur le sol et les larmes coulèrent sur ses joues, puis sur le tatami.

-Shûzo… soupirât sa mère. Shûzo, explique-nous.

-Je ne peux pas.

Il se releva.

-Personne ne doit savoir que je suis venu.

-Bien sûr, le rassura sa sœur. Tu peux compter sur nous. Mais… que vas-tu faire ? Où vas-tu aller ?

-Je ne sais pas encore… loin d'ici. Sûrement au nord.

Amika le serra contre elle et pleura. Shûko la rejoignit dans l'étreinte. Ils pleurèrent longtemps, jusqu'à ce que Shûzo décide qu'il était temps de partir. Il devait quitter Iga avant le lever du jour. Il ne pouvait prendre le risque qu'on le remarque, lui ou Yukimaru.

Partir avec la jument au pelage blanc comme la neige n'était pas la meilleure idée pour être discret, Shûzo en avait conscience. Mais il ne voulait pas abandonner cette dernière. Elle lui rappelait Seijuro.

C'était aussi douloureux que réconfortant.

-Shûzo, je t'autorise à partir, lui dit sa mère d'une voix brisée. Mais à une seule condition : envoie-nous des lettres. Nous les brûlerons dès leur réception et nous ne te répondrons pas. Que tu décide de vivre ou mourir, s'il te plaît, dis-le-nous.

-D'accord. Je promets.

Après de longs adieux, Shûzo repris sa route. Il décida de partir vers le nord. Les armés de l'empereur se trouvaient au sud et le mercenaire n'avait pas envie de les croiser. Le nord, était plus calme et moins surveillé.

Il suivit la route jusqu'à Gifu, puis décida de partir non par vers Tokyo mais vers Kanazawa, plus tranquille. Il trouva un petit village situé entre deux collines et décida de s'y établir. Si loin de la civilisation, il espérait que personne ne se poserait de questions concernant son identité.

Shûzo, bien que très bon chasseur grâce à ses entraînements de mercenaire, décida d'aider dans les champs qui avaient survécus à l'hiver. Il ne voulait plus tuer, même des animaux ou des poissons.

Le mercenaire pris goût à son travail qui lui permettait de ne penser à rien, aux moments de partage le soir venu. Durant ses rares jours de repos, il allait se balader avec Yukimaru. La région était belle, pas autant qu'Iga cependant.

Quand il en ressentait le besoin, il écrivait à sa famille et faisait porter le message. Lorsqu'il l'avait fait une première fois, il avait attendu avec angoisse l'arrivée de la garde, persuadé que son message allait être intercepté. Mais après plusieurs semaines, ne s'étant rien passé, Shûzo renvoya une lettre. Puis encore une.

Pour le moment, il avait décidé de vivre.

Le visage de Seijuro et la voix lui demandant sans cesse pourquoi continuait à le hanter la nuit. Son absence était dévastatrice. Shûzo ressentait son manque. Pourquoi avait-il douté de ses sentiments envers le prince ? Il était évident qu'il l'aimait.

Plus de six mois après son départ forcé de Kyoto, Shûzo vit arriver dans le village un groupe de sept cavaliers. Ce remue ménage inhabituel regroupa une grande partie des habitants. Ils dévisageaient les grandes montures et les lourdes armures.

Shûzo, occupé à ramasser le riz, releva la tête. Il vit les six gardes et, en leur centre, une silhouette familière. Et des couleurs… du rouge. Un rouge intense.

Ce n'est pas possible, songeât-il. Il lâcha son panier. Cette personne ne pouvait pas être Seijuro. Le prince était mort. Il l'avait poignardé lui-même. Comment aurait-il survécu à sa chute dans la rivière ?

Shûzo crut être en train d'halluciner. Il était partagé entre la joie et l'angoisse. Une part de lui se demanda si Seijuro était venu se venger.

Shûzo laissa son panier à moitié dans l'eau de la rizière et se rejoignit l'attroupement. Il poussa tout le monde et se montra. Son regard croisa celui dépareillé du prince qui descendit alors de son cheval.

-C'est lui, annonçât-il à ses gardes.

Quand Seijuro sourit, Shûzo sentit son cœur exploser. Ce sourire lui avait tellement manqué. Shûzo avait les mains tremblantes. Son corps avait envie de se presser contre Seijuro pour sentir sa chaleur et sa douceur.

Pourtant il fut incapable de rendre son sourire au prince.

-C'est bien vous, Altesse ?

Seijuro sourit de nouveau.

-C'est moi.

-Comment ?

-Viens avec moi. Je t'expliquerai.

-Je…

-C'est un ordre. Ta place n'est pas ici.

-Je ne suis pas sûr que ma place soit à vos côtés, Altesse.

-Nijimura Shûzo. Ton prince t'a donné un ordre. Va chercher Yukimaru et suis-moi.

Il finit par obéir. Yukimaru paru heureuse de retrouver son cavalier et sous le regard perplexe de la foule, ils partirent au trot. Shûzo avait du mal à croire ce qu'il faisait. Seijuro était en vie. Plutôt que de le combler de joie, Shûzo ressentait de la culpabilité. Il avait honte.

Tue-moi, Seijuro. Je le mérite.