Un immense merci, Moira-chan, pour ta bêta express et pour tes mots encourageants ! T'es la meilleure comme toujours :)
Personnages : Shidou/Sae
Thème : terme
Doutes oppressants
Sae fixait l'écran de télévision d'un air qu'il espérait détaché. À ses côtés, Ryusei s'extasiait sur les images de son propre match, tout en les commentant avec joie.
« Oh, regarde ! Cette passe-là était incroyable ! J'pensais pas que Charles en avait dans le ventre comme ça ! Quand j'ai eu la balle pile à l'endroit que je voulais, j'en ai eu des frissons ! J'te jure, Sae-chan ! J'ai eu une de ces explosions ! »
Sae fit un léger hmm hmm, pour lui montrer qu'il l'écoutait. Il aurait aimé pouvoir dire qu'il était content pour lui, mais la vérité, c'était qu'il ne l'était pas du tout. Depuis qu'il avait découvert Ryusei, Sae avait toujours cru qu'il serait le seul capable de combler ses besoins. Il s'était montré si présomptueux. Comme toujours.
Les images continuaient de défiler, tout comme les paroles de Ryusei, mais Sae n'arrivait plus à se concentrer. Tout ce qu'il voyait, tout ce qu'il retenait, c'était qu'un autre joueur avait réussi à comprendre Ryusei. Et s'il n'était plus le seul, alors... Alors, ça voulait dire qu'il avait de la concurrence. Sae frissonna à cette pensée. Il ne supportait déjà pas de perdre, mais perdre Ryusei serait pire que tout.
Se sentant de plus en plus mal, Sae finit par prétexter l'envie de se faire du thé pour quitter le salon. Mais lorsqu'il fut dans la cuisine, il agrippa le plan de travail de ses mains tremblantes et inspira profondément. Que se passerait-il si Ryusei décidait qu'il n'était plus à la hauteur ?
Je ne veux pas te voir comme ça ! Tu... Tu n'es plus le frère avec qui je partageais mon rêve ! Les mots de Rin revinrent si facilement dans son esprit. Est-ce que Ryusei pourrait agir de la même façon si Sae venait à le décevoir ? S'il ne correspondait plus à l'image qu'il avait de lui ? Sae le savait, Ryusei se lassait vite. Et il était clairement le plus à même de mettre à un terme à leur histoire. Si ce Charles venait à le surpasser, alors...
Sae inspira profondément. Qu'avait-il à offrir à Ryusei en dehors du foot ? Ils étaient si différents l'un de l'autre. Ryusei, si extraverti, aimait faire la fête, voir des gens, vivre intensément. Alors que Sae, plus introverti, préférait le calme et le contrôle. Ryusei était tombé amoureux de lui pour ses passes parfaites. Mais si on lui retirait ça... Combien de temps faudrait-il à Ryusei pour ramasser toutes ses affaires et quitter l'appartement pour toujours ? Il était si prompt à s'enflammer que Sae ne serait même pas surpris de le voir partir ce soir.
« Hey, le génie, tu t'en sors ? »
La voix chaude de Ryusei résonna dans son dos. Sae se rendit compte, à ce moment-là, qu'il n'avait même pas fait chauffer sa théière.
« Hmm, oui. Je reviens bientôt. »
Il tâcha de faire semblant de rien et sortit ses infusions. Mais au même instant, Ryusei passa ses bras autour de son corps, l'enlaçant par derrière. Sae ne put alors s'empêcher de se laisser aller contre son corps si plaisant. Il se sentait si bien avec lui. Pourquoi avait-il fallu que Ryusei rencontre ce type à Blue Lock ? Si seulement-
« Même si te savoir jaloux m'excite énormément, chuchota Ryusei au creux de son oreille – coupant ainsi court à ses pensées, je n'aime pas te voir avec ce visage inquiet. »
Surpris, Sae releva les yeux vers lui. Inquiet ? Il pensait pourtant avoir bien caché ses émotions. Jamais personne, pas même Rin, n'avait réussi à déchiffrer ses sentiments rien qu'en l'observant. Comment diable Ryusei avait-il réussi là où tant d'autres avaient échoué ?
« Je ne vois pas de quoi tu parles. »
Il préférait, malgré tout, nier ses paroles. Il espérait que comme ça, il éviterait une discussion des plus gênantes. Mais il aurait dû savoir que cette technique ne serait d'aucune efficacité avec Shidou.
« Sae-chan, ne sois pas comme ça ! »
Shidou l'embrassa dans le cou, essayant de le détendre, mais Sae ne réagit pas. Shidou soupira alors.
« Je m'en fiche de Charles. Les explosions qu'il me donne n'ont rien à voir avec les tiennes. Tu devrais le savoir, Sae-chan. »
Il devrait le savoir... Sans doute. Mais Sae ne parvenait pas à s'en convaincre. Il n'arrivait pas à se débarrasser de la sensation qu'il finirait par ne plus être assez bien pour Ryusei.
« Et si un jour, elles devenaient meilleures que les miennes ? » ne put-il pas s'empêcher de murmurer.
Ryusei haussa un sourcil. Sae sentit son coeur se mettre à battre plus fort. Il ne supportait pas ça. Il ne contrôlait rien. Il ne pouvait qu'attendre que Ryusei lui réponde. Et si ce dernier commençait à en avoir marre de lui ? Un bon petit ami devrait être content quand son amoureux était épanoui, non ? Quel genre de personne réagissait comme il le faisait en cet instant même ? Sans doute le même genre de personne qui laissait son frère derrière lui pour un seul pas de travers...
« Hein ? Meilleures que les tiennes ? Impossible ! pouffa Ryusei. Enfin ! Tu es Sae-chan ! L'homme que j'aime, l'homme que je baise ! Rien ne peut être meilleur que ça !
—Dégoûtant... »
Malgré ses dires, Sae afficha un léger sourire. Les bras de Ryusei se resserrèrent ensuite autour de lui. Jamais, de toute sa vie, Sae ne s'était senti autant à sa place qu'en ce moment précis.
« Tu ne te lasseras pas, alors ? murmura-t-il.
—De toi ? Jamais ! »
Ce n'étaient que des paroles, et pourtant... Elles étaient si fortes. Sae avait juste envie de se noyer dedans. Il se tourna alors un peu pour faire entièrement face à Ryusei.
« J'espère bien. Parce que je ne compte pas te lâcher non plus, démon. »
À ces mots, Ryusei afficha un sourire carnassier, avant de l'embrasser violemment. Ses dents vinrent attraper la lèvre inférieure de Sae, le faisant légèrement gémir.
« Tu es à moi, gronda ensuite Ryusei. Tout comme je suis à toi. T'as plus intérêt à en douter !
—Oh... Sinon quoi ? »
Sae lui envoya un regard de pur défi. Ryusei le souleva aussitôt, sans aucune peine, et le fit s'asseoir sur le plan de travail.
« Sinon, je vais devoir te le rappeler. »
Le regard chargé de luxure, Ryusei commença à mordiller son cou avant d'ouvrir si fort sa chemise qu'il en fit sauter tous les boutons. Il ne s'en préoccupa pas une seule seconde et retrouva avec plaisir la peau de son amant. Il descendit petit à petit le long de son corps, lui faisant bien comprendre qu'il n'y avait que lui qui comptait. Et très vite, sous la langue chaude de son amant, Sae oublia, effectivement, tous ses doutes.
