Finding Love
Genre : Slash, Mpreg et Cross-dressing.
Disclaimer : Tout m'appartient sauf les personnages.
Univers : Saint Seiya / Batman's Univers
Couples : Bruce x Shun
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Bonne Lecture !
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Récapitulatif des âges :
-Bruce Wayne : 32
-Richard "Dick" Grayson : 13
-Jason Todd/Red Hood : 11
-Tim (Timothy) Drake/Red Robin : 9
-Alfred Pennyworth
-Shun : 20 (13 ans : Galaxian Wars + Sanctuaire / 14 ans : Asgard + Poséidon / 15 ans : Hadès + Soul of Gold (retour vie des chevaliers d'or))
Chapitre 10
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La tension dans l'air était palpable. Les bavardages et les rires joyeux habituels furent remplacés par un silence inconfortable alors que la famille se rassemblait autour de la table du petit-déjeuner.
Les enfants échangèrent des regards inquiets. Il était clair que quelque chose d'important s'était passé. Et l'expression inflexible et sévère de leur père n'augurait rien de bon. Même quand ils terminèrent leur petit-déjeuner, ils restèrent à table, attendant de voir ce qui allait se passer.
« Allez vous préparer, ce n'est pas parce que c'est le week-end que vous devez rester en pyjama », les congédia Shun en se forçant à garder un sourire rassurant.
« Mais… », commença Dick.
« Pas de mais », le coupa Bruce avec agacement.
Dick sursauta face au ton utilisé et se replia légèrement sur lui-même. N'ayant pas d'autre choix, Jason, Dick et Tim se levèrent et quittèrent la salle à manger. Une fois seul, Bruce reporta son attention sur Shun et fut surpris en voyant la gouvernante le fusiller du regard.
« Vous pouvez être en colère envers moi, mais laissez les enfants tranquilles. Dick ne méritait pas de se faire rabrouer ainsi. »
L'expression du visage de Bruce devint encore plus aigre. Se levant à son tour, il dévisagea Shun avant de dire :
« Je vous attends à dix heures dans mon bureau. »
Puis il partit. À peine ferma-t-il la porte derrière lui que Jason et Dick se rapprochèrent de lui, leurs yeux remplis d'inquiétude et de confusion.
« Que s'est-il passé ? Pourquoi vous disputiez-vous ? »
« Ouais, tout va bien ? » demanda Jason en se frottant les bras, mal à l'aise.
« Allez vous préparer pour la journée », répéta plus calmement Bruce avant de reprendre sa marche pour rejoindre les escaliers, laissant Jason et Dick avec des questions sans réponse.
Tim, observateur, avait regardé la scène se dérouler avec un mélange de résignation et d'indifférence. Les 'problèmes d'adultes' étaient vraiment la dernière chose dont il voulait s'impliquer. Mais l'idée de ne plus voir Shun…
Se mordant la lèvre, Tim se dirigea à grands pas vers la bibliothèque. Là-bas au moins, il pourra trouver du réconfort en s'évadant à travers les pages d'un livre.
Dans la salle à manger, Shun rassemblait les couverts et les assiettes.
« Ça ira », murmura Alfred en récupérant les couverts. « Bruce a la tête dure, mais il comprendra. »
« Je n'ai jamais voulu causer de problème », murmura Shun la voix remplie de découragement.
Alfred secoua la tête et fit un bruit contemplatif.
« Le problème était déjà là. Mes efforts n'ont obtenu qu'une sourde oreille. Mais pas les vôtres. Croyez-moi, il vous écoute… À sa manière de cochon têtu. Allez-vous reposer. Je vais m'occuper de la vaisselle. »
Malgré l'assurance du vieil homme, Shun s'en alla la mort dans l'âme. Mentalement, il commença à lister ses affaires. En ne prenant que ce qu'il avait personnellement amené, une simple valise suffirait. Mais, il devait encore trouver un nouvel appartement en si peu de temps. Ce travail était un coup de chance, mais il pourrait toujours trouver un autre moyen de se débrouiller. Il l'avait déjà fait. Cependant, ces enfants avaient besoin de stabilité. De se sentir en sécurité et écouter. Tout comme leur père avait besoin de cesser de vouloir tout contrôler, pesta intérieurement Shun avant de repousser cette dernière pensée.
Alors qu'il arrivait à sa chambre, Shun fut surpris de voir Jason et Dick l'attendant à l'entrée. Devant leurs expressions inquiètes, Shun n'eut pas le cœur de les renvoyer et les invita à entrer dans sa chambre.
Jason s'empressa d'entrer dans la pièce. Il n'était pas stupide. Bruce ayant découvert ses activités nocturnes et avait plus que certainement dirigé sa colère contre son amie, lui retournait l'estomac. Une seule pensée tournait dans sa tête : 'Si elle partait, ce serait sa faute'.
« Jason. Est-ce que tu vas bien ? » s'inquiéta Shun en voyant le garçon devenir de plus en plus pâle.
Jason soupira, ses épaules s'affaissant encore plus.
« Je suis désolé, Shun. Je ne veux pas que tu sois virée à cause de ce qui s'est passé. C'était ma faute, pas la tienne. Tu dois rester. »
Dick tiqua immédiatement face aux paroles de son frère. Qu'avait-il encore fait ?!
Les yeux de Shun se remplirent de larmes. Foutues hormones, songea-t-il en prenant une profonde inspiration, essayant de se ressaisir. Ce n'était pas le moment d'inquiéter encore plus les enfants. Il ouvrit la bouche puis la referma rapidement. Il voulait rassurer Jason, mais le garçon devait aussi se rendre compte qu'aucun d'eux n'aurait de choix sur la décision de Bruce.
« Je tiens profondément à vous tous ; mais si Monsieur Wayne décide qu'il vaut mieux que je parte, je devrai obéir. »
Le visage de Jason se décomposa.
Dick prit la parole, la détermination transparaissant dans sa voix.
« Nous parlerons à Bruce. Nous lui ferons comprendre que nous ne voulons pas que tu partes. »
Après un temps de latence, à cause de son précédent choc, Jason hocha la tête en signe d'accord.
« Ouais », commença-t-il la voix tremblante. « Je vais arranger les choses ! »
Il ne la laissera pas prendre le blâme pour quelque chose qui était son erreur.
Profondément touchée par leur détermination, Shun s'approcha d'eux et plaça une main sur chacune de leurs épaules, un sourire rassurant sur son visage.
« J'apprécie votre soutien, tous les deux. Mais rappelez-vous, quoiqu'il arrive, je chérirai le temps que nous avons passé ensemble, qu'il continue ou non. »
Jason et Dick sortirent de la pièce et se dirigèrent vers le bureau de leur père. Alors qu'ils traversaient les grands couloirs du manoir, le poids de la situation pesa lourdement sur leurs jeunes épaules. La tension entre eux était palpable et la frustration de Dick grandissait à chaque pas.
Incapable de se contenir plus longtemps, il se tourna vers Jason et craqua :
« Qu'est-ce que tu as fait ?! Ne me dis pas que tu t'es fait prendre en sortant en douce ? »
Les yeux de Jason s'écarquillèrent.
« Comment ? »
Comment Dick pouvait-il le savoir ? Il avait tout fait pour cacher ses nouvelles escapades. Il avait même vérifié qu'il n'avait pas de tracer sur lui, comme la dernière fois ! Sa fierté en prenait un coup.
La colère de Dick redoubla face à ce semblant d'aveu.
« Tu as merdé, Jason ! Tu dois comprendre que tes actions ont des conséquences. J'aurai cru que tu aurais été celui faisant le plus attention pour ne pas porter préjudice à Shun. Après tout, tu la connais depuis plus longtemps que nous ! »
L'attitude défensive de Jason s'effondra.
« Tu as raison. Je suis désolé », s'excusa-t-il son visage déformé par un mélange de regret et de remords.
Face aux remords qu'il voyait dans les yeux de son frère, la colère de Dick s'adoucit.
« Allons-y. Demandons à père de reconsidérer la situation avant qu'il ne soit trop tard. »
Lorsqu'ils atteignirent la porte fermée du bureau de Bruce, ils prirent une profonde inspiration et s'encouragèrent d'un regard partagé.
Dick frappa. N'attendant pas de réponse, ils entrèrent et virent leur père absorbé par son travail.
« Je suis occupé », déclara Bruce en levant à peine les yeux de ses dossiers.
« Nous devons parler. C'est à propos de Shun », intervint Dick avant qu'on ne les congédie.
« C'était ma faute. Ce n'est pas juste de la blâmer pour ce qui s'est passé. »
Bruce soupira, son regard sévère s'adoucissant légèrement.
« Je dois maintenir l'ordre et la discipline dans cette maison. Il en va de notre sécurité. »
« Nous comprenons, Bruce, mais je suis prêt à assumer les conséquences. C'est moi qui suis en tort. »
« Et il ne s'agit pas que de cela. Nous nous sommes attachés à elle », renchérit Dick avant de poursuivre. « Shun fait partie de la famille pour moi. Si elle est renvoyée pour une injustice, je ne te le pardonnerais jamais. »
Bruce resta surpris par le ton sérieux de son ainé et les sincères excuses de Jason. C'était la première fois que les garçons faisaient preuve d'une telle maturité et d'une telle responsabilité.
« Je prendrai vos paroles en considération. Vous pouvez partir. »
Jason et Dick échangèrent un regard plein d'incertitude avant de sortir du bureau en trainant les pieds.
Dès que la porte se referma derrière eux, Alfred sortit de l'ombre, un léger sourire amusé aux coins des lèvres.
« Voilà une tournure des événements assez intéressante, Maître Bruce. »
Bruce frotta le pli entre ses yeux, un mélange de fatigue et de dubitation traversant ses traits.
« C'est la première fois que Dick me tient tête et reste sérieux durant une discussion en dehors des missions. Et c'est aussi la première fois que Jason s'excuse pour ses actions. »
« C'est peut-être un signe de leur croissance et de l'influence positive que Shun a eue sur eux », releva Alfred avec une fausse innocence.
Bruce lui jeta un coup d'œil agacé avant de se mettre à taper nerveusement ses doigts contre son bureau par frustration.
« Je sais ce qui est le mieux pour cette famille », se défendit-il.
« Bien sûr, monsieur. Mais cela ne vous ferait pas de mal d'écouter davantage votre famille », répondit Alfred en accentuant volontairement son ton sur certains mots. « Shun a réalisé en quelque temps ce avec quoi vous avez lutté depuis que vous les avez adoptés. Les jeunes maitres sont devenus plus épanouis. »
L'expression de Bruce redevint contemplative.
« Je suppose... Je vais y réfléchir, Alfred. »
Alfred hocha la tête avec approbation.
« C'est tout ce que je demande, monsieur. Parfois, les solutions que nous recherchons sont plus proches que nous ne le pensons. »
Puis sans un mot de plus, le majordome se retira.
Bruce soupira longuement. Il savait que les paroles d'Alfred étaient vraies, mais l'idée que Shun avait déjà autant d'impact sur leurs vies était aussi attrayante que dangereuse. Après tout, le manoir ne renfermait pas de maigres secrets.
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Les heures passèrent avec une lenteur désespérante.
Si Bruce était toujours assis derrière son bureau, son esprit était devenu un fouillis d'émotions contradictoires. Il était arrivé à la décision de parler à Shun pour s'excuser pour son éclat de la nuit précédente. Malheureusement c'était plus facile à dire qu'à faire. Il soupira, prenant une gorgée de scotch pour calmer ses nerfs. Il n'aimait pas être dans cette position où il se sentait vulnérable et incertain. Il était Batman, bon sang !
L'horloge sonna dix coups et Bruce se crispa en entendant que l'on frappait à la porte.
Lorsque Shun entra, Bruce ressentit un pincement de culpabilité en voyant à quel point la gouvernante avait l'air inquiète. Elle était enceinte sept mois et lui ne faisait qu'ajouter à son stress.
Rapidement il l'invita à s'asseoir sur l'un des sièges libres en face de son bureau.
« Shun », commença-t-il, essayant de garder son visage neutre. « Je veux vous parler d'hier soir. J'ai réagi de manière excessive et je tiens à… m'excuser. »
Bruce regarda attentivement la gouvernante alors qu'elle croisait les bras avec un air crispé.
« Je ne suis pas ici pour être victime de vos humeurs », déclara Shun d'une voix ferme. « J'ai besoin de savoir que cela ne se reproduira plus. »
Bruce serra les poings sous son bureau. Se faire châtier était la dernière chose à laquelle il s'attendait. Mais il hocha la tête, ressentant une inhabituelle vague de honte pour son comportement.
« Vous avez raison », admit-il. « Je promets que cela ne se reproduira plus. Je n'aurais pas dû laisser ma colère prendre le dessus. »
Shun posa l'une de ses mains sur son ventre et le frotta nerveusement. Il se sentait soulagé et en même temps incertain. Ce n'était pas une promesse qui allait changer M. Wayne. Il avait subi assez de fois les changements d'humeurs d'Ikki pour le savoir. Les promesses n'étaient que des paroles en l'air. Non, c'étaient les actes qui comptaient.
« Je veux juste faire mon travail et prendre soin de vos enfants du mieux que je peux. Tout ce que je vous demande c'est d'au moins me respecter. »
Bruce baissa la tête pour contempler son verre de scotch vide. Il s'était attendu à ce que Shun lui demande qu'on lui fasse plus confiance. C'était ce que faisaient normalement les gens qui voulait se rapprocher de lui. Mais non. À la place, il se trouvait face au fait que sa gouvernante réclamait seulement un respect basique. Un respect qu'il avait cru lui donner… Un respect qu'il n'avait pas réussi à lui accorder alors qu'elle le méritait.
L'envie de vomir lui serrait la gorge. Quelque soit les circonstances -mêmes médiatiques – Bruce avait toujours veillé à être décent et de prendre soin de ceux qui travaillaient pour lui. Visiblement il avait échoué avec Shun.
« Tu as raison », dit-il doucement. « Vous faites un excellent travail. Je n'aurais jamais pensé que ces quelques semaines suffiraient pour que les enfants s'attachent autant à vous. »
« Et moi à eux », le coupa Shun.
Bruce hocha légèrement la tête avant de poursuivre :
« Je vous ai mal jugé et je le regrette sincèrement. Les enfants semblent attendre beaucoup de vous. »
Il regarda attentivement Shun alors que leurs yeux se croiraient enfin. Prunelles noires versus prunelles vertes.
« Ils ont besoin de vous, monsieur », soupira Shun en voyant que le problème principal n'était toujours pas compris par son patron. « Jason s'enfuit régulièrement. Dick est au bord de la crise d'angoisse à l'idée d'échouer quoi que ce soit ; et le jeune Tim repousse ses émotions ainsi que la compagnie des autres de peur de s'attacher. Ce n'est pas quelque chose que je peux corriger seul. Ils ont besoin que leur père s'implique dans leur vie quotidienne. Pas seulement quand vous en avez envie. »
S'il n'avait pas été Batman, Bruce aurait baissé la tête pour se cacher des yeux de la gouvernante qui l'épinglaient à son fauteuil en le fixant avec attente et jugement. Avait-il vraiment négligé ses responsabilités de père ?
« Je… Je promets de changer cela », parvint-il à dire à court de mots.
Shun eut presque envie de se tirer les cheveux en entendant cette nouvelle promesse.
« Les actions parlent plus fort que les mots, monsieur Wayne. »
Bruce hocha la tête, réfléchissant déjà à des moyens de prouver qu'il pensait ce qu'il disait.
« Ce ne sont pas des promesses vides. Je ferai tout ce qu'il faut pour être le père qu'ils méritent. »
Shun sourit satisfait. Il se sentait respirer plus facilement maintenant qu'il savait que ses projections d'être renvoyé n'allait pas se réalise. Et si en bonus, monsieur Wayne devenait plus attentif envers ses trois garçons en pleine croissance alors cette conversation en valait vraiment la peine. Alfred avait eu raison.
Face au silence qui s'était installé pendant que chacun se perdait dans ses pensées, Shun sursauta presque lorsque son patron couvrit un tiroir et en sortit une enveloppe qu'il lui tendit.
« Nous n'avons pas établi votre contrat de travail donc veuillez me dire si le salaire est suffisant. Si ce n'est pas le cas, je ferai un autre chèque avec la somme manquante. »
Shun cligna bêtement des yeux sans faire de geste vers l'enveloppe. Vivre ici au manoir où tous ses besoins étaient satisfaits était déjà largement suffisant : il était nourri, sa garde-robe avait été refaite et il avait une chambre rien qu'à lui.
Les mains tremblantes, Shun ouvrit l'enveloppe et retint un couinement de choc. La valeur du chèque était supérieure à tout ce qu'il aurait pu gagner en deux ans dans n'importe quel secteur d'emploi qui employait des gens sans expérience, ni diplôme, ni recommandation… Et ce n'était que sa paie pour quelques semaines ici ?!
Vraiment les riches le déconcertaient. Levant les yeux du chèque, Shun vit monsieur Wayne prendre un chéquier et commencer à en remplir un autre.
« C'est plus que suffisant ! » s'alarma-t-il.
« Mais vous ne sembliez pas ravie, Miss Nebula »
Oui ! Parce que c'est trop ! se retint de dire Shun. Aller donner du bon sens à cet homme… Soupirant, Shun se concentra sur l'autre problème que ce chèque engendrait.
« Je ne peux pas l'encaisser. Je n'ai pas de compte à la banque. »
Parce qu'ouvrir un compte revenait à fournir des papiers prouvant son existence officielle dans les registres de l'état. Ce n'était absolument pas quelque chose possible pour quelqu'un cherchant l'anonymat. Et il était hors de question qu'il 'emprunte' les informations de quelqu'un d'autre.
Ouvrant un autre tiroir, Bruce sortit une liasse de billets qu'il se mit à compter et à trier.
La mâchoire de Shun toucha presque le sol devant cet étalage.
Finissant de compter la pile qu'il venait de faire, Bruce remit le reste des billets dans le tiroir puis poussa la pile assez épaisse d'argent vers Shun. Quand l'autre ne fit aucun geste pour les saisir, Bruce se retrouva à son tour confus.
« Je vais ouvrir un compte à votre nom à la banque de Gotham. Cela sera plus simple et sûr pour vous d'y stocker vos prochains revenus », lui dit Bruce en tentant de rassurer son employée.
« Mais je n'ai pas tous les documents qu'il faut », murmura Shun en posant le chèque et en évitant de regarder les billets.
Bruce sourit sarcastiquement. Il avait assez enquêté sur Miss Nebula pour confirmer le manque de documents officiels confirmant son existence.
« C'est bon. Il faut bien que j'utilise mes avantages de VIP chez eux. »
Shun resta bouche bée face à une telle nonchalance.
« Merci », dit-il embarrasser.
Voyant le malaise qui s'était installé, Bruce prit pitié de Shun :
« Nous pourrons en reparler plus tard. En attendant, je suis certain que les enfants seront rassurés d'apprendre que nous avons clarifié la situation. »
L'esprit engourdi, Shun saisit cette opportunité et se leva pour partir.
« N'oubliez pas votre salaire », lui fit remarquer Bruce avec amusement. Shun avait réussi à le décontenancer au début de leur entretien alors ce n'était que justice qu'il lui rende la pareille.
Il fronça néanmoins les sourcils lorsque Shun ne s'approcha pas pour prendre l'argent, mais accéléra le pas pour sortir.
À peine fut-il sorti du bureau que Shun se retrouva soudainement pris dans une double embrassade. Shun rendit spontanément l'étreinte, sentant la chaleur et la véritable inquiétude qui émanaient des garçons.
« Vous écoutiez, n'est-ce pas ? »
Les visages de Jason et de Dick s'illuminèrent de sourires éclatants. Le cœur de Shun se gonfla d'affection et d'amusement envers les deux garçons.
« Nous ne pouvions pas nous empêcher de nous inquiéter. Nous sommes heureux que les choses se soient bien passées entre toi et papa. »
Roucoulant presque devant leur mignonnerie, Shun manqua presque de voir Alfred se faufiler derrière eux pour entrer dans le bureau. La furtivité du vieil homme était assez impressionnante.
« Il nous reste un peu de temps avant l'heure du déjeuner. Et si nous allions retrouver Tim en attendant », suggéra Shun.
Les garçons hochèrent la tête en signe d'accord. Dick saisit vivement la main de Shun en lui annonçant que le plus jeune de la fratrie se trouvait dans la bibliothèque. Jason, plus réservé, se cramponna discrètement à la manche de Shun pour s'assurer de sa présence.
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Shun, ressentait toujours les effets des montagnes russes émotionnelles des dernières heures. C'est pourquoi il eut un élan de crainte quand Alfred vint le chercher, lui et les enfants, pour rejoindre Monsieur Wayne à l'extérieur du manoir. Quoi qu'il eût imaginé, il fut loin du compte lorsqu'il vit des tables dressées avec une variété de plats délicieux et des couvertures colorées étalées sur l'herbe près du petit bassin, créant une atmosphère chaleureuse dans le jardin.
Alors qu'ils s'approchaient de l'aire de pique-nique, ils virent Bruce qui les attendait avec raideur.
« Il fait beau aujourd'hui. Il aurait été dommage de ne pas en profiter. Et… J'ai commandé tout ce que vous aimez », annonça le maitre du manoir, mal à l'aise quand il vit Tim qui s'était directement dirigé vers les plats le regarder avec dubitation.
« C'est une excellente idée », acquiesça Shun en voyant son patron si peu à l'aise.
Le visage de Bruce se détendit, la gratitude évidente dans ses yeux. C'était horriblement embarrassant et il était content de n'avoir pas besoin de s'expliquer encore plus. Il fit un geste vers l'installation de pique-nique.
« Allez-y, installez-vous confortablement. Nous sommes ici pour profiter d'un moment de détente. »
Alors que la famille s'installait autour du pique-nique, les enfants ne pouvaient s'empêcher de ressentir un mélange de suspicion et de surprise.
Tim, décontenancé, fut le premier à briser le silence qui s'était installé.
« Est-ce une sorte d'univers parallèle ? Depuis quand fait-on des activités de famille normale ? »
Dick gloussa, une lueur espiègle dans les yeux.
« Je pense que nous sommes entrés dans la zone crépusculaire, Tim. Autant en profiter avant que père s'en rende compte. »
Au fur et à mesure que l'après-midi avançait, les rires empliraient l'air et la suspicion initiale se dissipa. Ils se rendirent rapidement compte à quel point cette pause était un moment qu'ils avaient tant attendu après toutes les tensions récentes.
Lentement, les enfants se livrèrent à des plaisanteries ludiques, se taquinant les uns les autres et savourant la simple joie d'être ensemble sous la chaleur du soleil. Jason et Tim, dans leur alliance espiègle, se liguèrent contre leur frère ainé et le poursuivirent. Il ne fallut pas longtemps avant que Dick, pris en tenaille, tombe dans le bassin. Les rires des plus jeunes retentirent. Du moins jusqu'à ce que Dick les attrape et les jette également dans l'eau.
Bruce, regardant la scène se dérouler, ne put s'empêcher de sourire. Ses propres inhibitions s'évanouirent alors qu'il s'autorisait à être pleinement présent dans l'instant. Voir ses enfants s'amuser, leurs soucis momentanément oubliés, lui donna un sentiment d'épanouissement qu'il n'avait que peu ressenti auparavant.
Les enfants sortirent de l'eau, trempés, mais souriant d'une oreille à l'autre. Alfred fut prompt à leur tendre assez de serviettes pour qu'ils ne mouillent pas la nourriture. Alors que les enfants recevaient une réprimande pour s'être jetés dans l'eau tout habillé, le regard de Bruce dériva involontairement vers Shun. Ses paumes deviennent légèrement moites. Il prit une profonde inspiration, essayant de calmer les nerfs qui semblent s'être installés dans son estomac.
Pourquoi était-il si difficile d'entamer une conversation informelle avec elle ?
Comme sentant l'inconfort de Bruce, Shun se rapproche de lui avec inquiétude.
« Est-ce que tout va bien ? »
« Oh, je suis juste... un peu dépassé, je suppose. Le pique-nique... c'est juste... nouveau », balbutia-t-il, luttant pour trouver les mots justes.
Les yeux de Shun se plissèrent alors qu'il posait une main sur le front de Bruce pour vérifier s'il avait de la fièvre. L'embarras de Bruce s'intensifia alors qu'il croisa le regard d'Alfred, qui les observant à distance, se mit à rire à ses dépens.
« Eh bien, pas de fièvre. Mais vous avez l'air un peu agité. Est-ce que vous allez bien ? »
Bruce prit un moment pour se calmer, son regard rencontrant les yeux chaleureux et attentionnés de Shun. Il s'éclaircit la gorge avant de répondre, sa voix un peu plus calme.
« Je m'excuse si j'ai agi bizarrement. C'est juste… »
Le regard chaleureux de Shun rencontra celui de Bruce, la compréhension brillant dans ses yeux.
« C'est bon. Parfois, même les plus forts d'entre nous se sentent parfois dépassés. Respirez profondément, détendez-vous et laissez les soucis se dissiper. »
Bruce esquissa un petit sourire. Imaginant la réaction qu'aurait Shun si elle savait qu'elle parlait à Batman. Si seulement elle savait.
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Alors que la nuit s'installait, couvrant le manoir Wayne d'une obscurité qui s'étendait sur tout le domaine, un groupe de silhouettes se déplaçait silencieusement à travers le parc, se rapprochant peu à peu du manoir.
Assise dans sa voiture, garée discrètement près d'une des clôtures, cachée par le feuillage dense des buissons environnants, Talia gardait un œil vigilant sur ses hommes à travers un petit moniteur.
« Restez silencieux et procédez avec prudence », leur rappela-t-elle en parlant dans un petit microphone.
Bruce se faisait de plus en plus évasif voir furtif avec elle. Elle perdait le maigre contrôle qu'elle avait sur lui et elle voulait savoir pourquoi. Elle voulait des informations et qui mieux que ses hommes les mieux entrainés pour y arriver.
Brusquement son écran est devenu noir.
Talia fronça les sourcils en réalisant qu'elle avait perdu le contact avec ceux sur le terrain. Malgré ses efforts et ses connaissances, elle n'arriva pas à rétablir la communication.
« Qu'est-ce qui se passe, bon sang ?! »
Juste au moment où sa frustration atteignait son paroxysme, un coup à la fenêtre la sortit de ses pensées. Surprise, Talia tourna son regard vers la source du son, seulement pour trouver le majordome de Bruce, debout à côté de sa voiture.
Alfred, avec son éternelle expression calme et posée, se pencha pour s'adresser à elle, à travers la fenêtre à peine entrouverte.
« Je crains bien que vos hommes ne puissent pas continuer leur mission ce soir. J'ai pris la liberté de les neutraliser. »
Les yeux de Talia s'écarquillèrent d'incrédulité, mélangés à une pointe de colère.
« Comment ?! Où sont mes hommes ?! »
Alfred soupira, son regard inébranlable malgré la colère de la fille de Ra's Al Ghul.
« Vous les trouverez attachés près du local à poubelle, plus bas dans la rue. Maintenant, veuillez respecter les limites de ce lieu en partant. »
La frustration de Talia laissa place à une admiration réticente. Elle ne savait pas comment ce vieil homme avait fait, mais il n'était pas à sous-estimer s'il avait pu mettre hors service ses meilleurs agents.
« Je veux voir Bruce », ordonna-t-elle avec force.
Alfred soupira plus profondément, visiblement ennuyé.
« Je suis sûr que si Maître Bruce voulait vous voir, vous le sauriez. Veuillez respecter ses intentions et partir paisiblement. »
Talia, se mordit les lèvres jusqu'au sang sous l'agacement qu'elle ressentait. L'envie de sortir ses armes et d'ôter l'air de tranquillité du visage du majordome la démangeait. Cependant, elle avait aussi remarqué que l'homme suivait chacun de ses mouvements avec des yeux d'aigle. Il était prêt à répliquer.
À contrecoeur, elle fit démarrer le moteur avant de partir dans la nuit.
Alfred la regarda partir, puis dans il ne la vit plus ses yeux balayèrent l'obscurité environnante, s'assurant qu'il n'y avait personne d'autre dans les parages. Satisfait, il retourna au manoir, prêt à continuer d'assurer la sécurité et la paix de la famille Wayne.
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A suivre !
Oui, j'aime la version d'Alfred ayant été un ancien agent secret britannique.
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Côté reviews anonymes
Merci à :
AliNoro : J'avais pas prévu de faire autant durer le suspense. (Sorry !) Mais maintenant peut-être que Bruce verra Shun sous une nouvelle facette. Première dispute entre-eux et Bruce ignore toujours que Shun n'est pas une femme, ça promet (Mwahaha). Plus de scènes avec 'Mama Shun' s'occupant des enfants à venir !
et à Maryn : Promis, bientôt on aura des nouvelles du Sanctuaire. Mais laissons Shun souffler un peu avant de le remettre sous pression entre Batman et Saori. XD
A bientôt !
