CHAPITRE 21 : La Vérité fini toujours par éclater
Drago réfléchit longuement à l'offre de Bill et Fleur. Il décida finalement qu'il serait bénéfique pour lui de partir. Il aurait du temps seul avec Hermione et il voulait aussi parler à Fleur. Il avait tellement de questions et espérait que Fleur pourrait y répondre. Il avait fait tous ses bagages et allait rencontrer Bill dans son bureau. Le professeur McGonagall donna à Drago la permission d'y aller et fit savoir à ses parents que Drago restait à Poudlard pour les vacances.
Drago reçut une note bouillonnante de Lucius et une note inquiétante de Narcissa. Lucius lui dit qu'il devrait être avec sa famille et penser à sa mère. Narcissa disait qu'elle espérait qu'il allait bien et qu'elle avait une idée de qui était sa compagne. Drago se sentait coupable de ne pas avoir parlé d'Hermione à sa mère, mais quand il pensait à la réaction de ses parents, il savait que c'était mieux ainsi. Il ne présenterait Hermione à ses parents qu'après qu'elle l'ait accepté, si même elle le faisait.
Un elfe de maison apparut dans sa chambre et dit : « Le professeur Weasley attend » avant d'attraper ses malles et de partir. Drago prit une profonde inspiration et sut qu'il n'y avait pas de retour en arrière. Ces vacances de Noël allaient être soit les meilleures de sa vie, soit les pires. Quoi qu'il en soit, sa vie ne serait plus jamais la même après cela.
La première pensée de Drago lorsqu'il vit la maison aux coquillages fut à quel point elle était petite. Cependant, lorsqu'il entra dans le bâtiment, il se sentit au chaud et en sécurité. Le chalet était décoré dans des teintes douces, les murs crème avec des accents de vert et de bleu doux. Le mobilier était d'un ton de bois chaleureux. Il pouvait ressentir l'amour que contenait cette maison. C'était très différent du Manoir Malefoy.
— « Bienvenue à la maison, Monsieur Malefoy, » dit Fleur.
Drago sourit à la femme de Bill : « Merci, Madame Weasley, mais s'il vous plaît, appelez-moi Drago. Je reste ici quinze jours et ce serait bizarre si vous m'appeliez Monsieur Malefoy »
Fleur sourit en retour, « Alors appelle-moi 'Fleur', Drago. Et, je pense que pour les vacances, on peut abandonner le vouvoiement. Nous ne sommes plus dans un cadre scolaire. »
Cette nuit-là, ils s'installèrent dans une routine conviviale, mais un peu gênante. Fleur était dans la cuisine en train de préparer le dîner tandis que Bill et Drago parlaient dans le salon.
— « Comment vas-tu, Drago ? » Lui demanda Bill.
— « Honnêtement ? Ça a été dur. Je pensais que ce serait plus facile d'être avec Hermione qu'avant, mais ce n'est pas le cas. Chaque jour, j'ai envie de la revendiquer et je dois me battre contre moi-même pour ne pas être un animal. Je ne sais pas comment elle va réagir et je m'inquiète pour les vacances. Je ne sais pas si j'aurais la force de m'en aller si elle dit non. »
Bill hocha la tête : « Oui, je peux voir ça. Tu es une créature émotionnelle, comme moi. Tu combats ta nature et c'est ce qui rend les choses difficiles. Je ne pense pas que tu doives t'inquiéter de la réaction d'Hermione. Elle pourrait te surprendre. »
Drago déglutit avant de répondre : « Elle peut le faire, mais si elle ne le fait pas, j'ai besoin que tu fasses quelque chose pour moi. Je ne fais confiance à personne d'autre pour faire ça. Je veux que tu me tues si on en arrive à ça. Je ne veux pas imposer ça à mes parents. Ils ont dû faire suffisamment de choses qu'ils ne voulaient pas faire pendant la guerre. Théo pourrait le faire, mais il va probablement m'enfermer et essayer de trouver un moyen d'inverser la folie dans laquelle je vais sombrer. Je sais que Blaise et Pansy ne pourront pas le faire. Tu es le seul que je connaisse qui puisse le faire. Tu peux comprendre ce que je vis. »
Drago vit l'air choqué sur le visage de Bill. « Es-tu sûr de ça ? »
Drago hocha la tête. « Fais vite. Je ne veux pas souffrir. »
Bill laissa échapper un long souffle, « Très bien, je le ferai. »
— « Merci. »
Bill leva les yeux au-delà de Drago et celui-ci se retourna. Il vit Fleur debout sur le pas de la porte, les larmes aux yeux.
— « Le dîner est prêt », dit-elle avant de retourner dans la cuisine. Drago et Bill se levèrent pour la suivre. Le dîner ce soir-là fut calme, personne ne voulant évoquer la conversation que Drago et Bill avaient eue. Encore deux jours, pensa Drago, encore deux jours et il saurait alors ce qui allait se passer.
Le jour de Noël était enfin arrivé. Fleur dit à Drago qu'Hermione viendrait avant que tout le monde ne se rende au Terrier pour une grande fête chez les Weasley. Drago espérait que Bill n'aurait pas à tenir sa promesse aujourd'hui, mais si le pire devait arriver et qu'Hermione ne l'accepte pas, il savait que Bill ferait la bonne chose. Il voulait que les gens se souviennent de lui tel qu'il était, et non d'un animal insensé.
On frappa à sa porte. La porte s'ouvrit et Bill entra. « Hermione est là, tu veux que je la fasse monter ? »
Drago était assis sur le lit. Il leva les yeux et hocha la tête : « Oui, s'il te plaît. Merci. »
Bill ferma la porte et partit. C'était l'heure. Quelques instants plus tard, on frappa et Hermione entra et ferma la porte.
— « Est-ce que tout va bien ? Bill a dit que tu devais me parler et il avait un air sombre sur le visage. Est-ce que quelqu'un est mort ? »
— « Assis-toi. J'ai besoin de te dire quelque chose et je ne sais pas comment tu vas répondre. Je suppose, je suppose que je suis juste nerveux et Bill est inquiet, » dit Drago.
— « Tu me fais peur Drago, que se passe-t-il ? »
— « S'il te plaît, assis-toi et laisse-moi t'expliquer, » dit Drago.
Hermione s'assit sur la chaise dans le coin et Drago se leva. Il avait réfléchi à la façon de lui dire et rien ne semblait être la bonne chose à dire. Drago décida qu'il allait juste lui montrer. Il commença à déboutonner sa chemise.
— « Drago, qu'est-ce que tu fais ? » demanda Hermione.
— « C'est rien. J'ai juste besoin de te montrer quelque chose, » dit Drago.
— « Mais tu enlèves ta chemise, » protesta Hermione.
— « Ne t'inquiète pas, Hermione, tout sera… »
Un cri retentit en bas. Tout chez Drago disait que quelque chose n'allait pas. Il entendit à nouveau les cris, cette fois plus clairs.
— « Je ne peux pas croire que tu l'as ici ! » beugla Ron.
— « C'est ma maison ! Je peux avoir qui je veux ici ! » Bill répondit en hurlant.
— « Mais Malefoy ? Vraiment ? Ne crois-tuy pas en la loyauté ? » Cria Ron.
— « Je crois plus que toi en la loyauté. Je ne laisserais pas mes amis au milieu de nulle part pendant une guerre parce que j'étais jaloux », répliqua Bill.
Puis Drago entendit un cri de douleur. C'était de Fleur et Drago savait que quelque chose n'allait pas. Il était dehors et descendait les escaliers avant de savoir ce qu'il faisait. Il vit Fleur sur le canapé, lui tenant le bras. Elle avait des larmes de douleur dans les yeux. Il regarda ensuite Ron et Bill. Ils étaient presque nez à nez, se criant dessus. Il saisit les mots « comment oses-tu » et « elle n'aurait pas dû être là ».
Drago en avait assez. Il laissa échapper un grognement fort et se plaça entre Ron et Bill, ses ailes largement déployées. Drago baissa les yeux sur Ron, allongé sur le sol, là où Drago le poussa.
— « Tu lui as fait mal, » grogna Drago.
Il vit la peur dans les yeux de Ron et Drago sourit. Il était heureux de voir la peur dans les yeux du roux. Ron avait raison de le craindre. Drago allait le mettre en pièces pour avoir touché une Vélane enceinte.
— « Je… je … je…, » bégaya Ron.
— « Tu quoi ? »
— « Je… je… je… » essaya à nouveau Ron.
Drago fit un pas vers Ron et Ron laissa échapper un cri de peur. Drago inspira profondément et sourit. Il pouvait sentir la peur de Ron et cela le rendait fou. Il enroula ses griffes, les imaginant déchirant la tête rouge en morceaux.
Il entendit un cri de surprise derrière lui : « Que se passe-t-il ? »
— « Hermione, sors d'ici, » dit Ron, enfin capable de parler.
— « Tu ne lui parles pas, » grogna Drago.
Ron regarda Drago. Drago allait apprécier ça. Il fit un autre pas et tendit la main. Avant que Drago ne puisse attraper Ron, il sentit une main douce sur son bras. Il regarda pour voir Hermione. Elle n'avait pas l'air effrayée. Elle était magnifique.
Il y avait cette expression de détermination sur son visage. Elle allait choisir Ron. Cela fit à nouveau grogner Drago. « Ne fais pas ça, Drago. Je ne sais pas ce que Ron a fait, mais si tu le tues, tu iras à Azkaban et tu seras tué. Il n'en vaut pas la peine. Ne gâches pas ta vie, » dit-elle doucement.
— « Il a blessé une Vélane enceinte. Il mérite de mourir, » dit Drago d'une voix rauque.
Hermione secoua la tête. « Non. Je pense que tu lui as assez fait peur pour qu'il ne recommence plus jamais. C'était peut-être un accident. Laisse-le partir, » dit Hermione.
Drago secoua la tête, « Je ne peux pas. »
— « Si, tu peux. Fais-le pour moi ? »
Drago regarda l'émotion sur le visage d'Hermione. Une larme coula sur sa joue et il leva la main pour l'essuyer. Il jeta un coup d'œil à sa main griffue et sut qu'il ne pouvait pas la toucher. Elle ne voudrait pas qu'un monstre la touche.
Hermione lui attrapa la main et la posa sur sa joue. Drago pouvait sentir son corps se détendre. Elle lui permettait de la toucher. « Hermione, » murmura Drago.
Drago réalisa alors ce qu'il avait failli faire. Il était sur le point de tuer l'un de ses meilleurs amis. Ses genoux cédèrent et tombèrent au sol, sa main s'éloignant de sa joue. Il sentit des bras s'enrouler autour de lui, comme lors de la journée à Black Lake.
— « Tout va bien, Drago. Je sais que tu ne le voulais pas. Tu protégeais quelqu'un et je ne peux rien te reprocher pour ça, » lui murmura Hermione.
Drago l'entoura de ses bras et s'accrocha à sa bouée de sauvetage. Il ne pleurait pas, mais laissa sa chaleur l'envahir. Ils restèrent assis là pendant quelques instants avant qu'Hermione ne recule.
— « Tu te sens mieux ? » demanda-t-elle.
Drago hocha la tête. Elle lui prit la joue et Drago pencha sa tête dans sa paume. Hermione sourit et se pencha en avant. Elle donna à Drago un doux baiser sur les lèvres. Quand Hermione voulut s'éloigner, Drago l'attira contre lui et approfondit le baiser. Il grogna tandis qu'Hermione lui répondait.
Ses ailes étaient toujours déployées et Hermione ne le rejetait pas. Il devait la revendiquer, la faire sienne. Il la guida jusqu'au sol, sans jamais laisser leurs bouches s'ouvrir. Il passa sa main le long de son corps jusqu'à sa cuisse. Il releva sa jambe et se pressa contre elle, lui permettant de ressentir ce qu'elle lui faisait.
Hermione laissa échapper un gémissement et Drago sentit son pouls s'accélérer. Il avait besoin qu'elle se déshabille maintenant. Il ramena ses mains sur son corps et était sur le point de commencer à la déshabiller lorsqu'il sentit de l'eau froide le recouvrir.
Drago laissa échapper un grognement et se leva rapidement, s'assurant qu'Hermione était derrière lui alors qu'il faisait face à la menace. Il vit Bill avec sa baguette sortie.
— « Même si j'aime qu'elle ne te rejette pas, Hermione mérite plus qu'une baise rapide sur le sol de mon salon avec des témoins, » dit Bill, un sourire narquois sur le visage.
Drago regarda autour de lui et réalisa que Bill avait raison. Fleur était toujours assise sur le canapé, lui tenant le bras, mais un petit sourire aux lèvres. Drago vit quelque chose bouger de l'autre côté de lui et vit Ron blotti contre le mur, un air de choc et de dégoût sur le visage. Il montrait Drago du doigt, sans dire un mot.
Drago regarda ensuite Hermione. Elle était assise par terre, les cheveux plus ébouriffés que d'habitude, les lèvres gonflées et un air hébété sur le visage. Drago réalisa que Bill avait raison. Sa compagne mérite de la romance, pas un accouplement animal rapide sur le sol. Drago se sentit vaincu et se détourna.
— « Drago ? » Hermione a crié : « Où vas-tu ? »
— « Je ne te mérite pas, » dit-il doucement.
Il l'entendit se lever et sentit quelque chose heurter ses ailes. Il se tourna et vit un oreiller par terre. Il leva les yeux vers Hermione. Elle avait sa baguette à la main et un air de fureur sur le visage.
— « Alors je n'ai pas mon mot à dire ? Tu vas décider de ce que je mérite ? Je ne pense pas. Tu ne peux pas prendre de décisions à ma place. »
Drago était choqué. Il pensait qu'elle entendrait raison et s'en irait. C'était un monstre.
— « Tu n'es pas un monstre, » dit Hermione et Drago réalisa qu'il parlait à voix haute.
— « Regardes-moi ! » demanda Drago, « Je ne suis pas un monstre ? J'ai failli tuer l'un de tes meilleurs amis, le frère de Bill, devant tout le monde. Qui d'autre ferait ça, sinon un monstre. Je ne peux pas me contrôler. Tu ne mérites pas quelqu'un comme ça. »
Hermione s'approcha de Drago et se plaça juste devant lui. « Écoute-moi, Drago Lucius Malefoy, je suis la seul à pouvoir décider de ce que je mérite. Je ne méritais pas la façon dont tu m'as traité pendant tout le temps où nous étions à l'école. »
Drago détourna le regard, honteux de ce qu'il avait fait. « Regarde-moi, » demanda Hermione.
Drago se retourna et regarda Hermione. « Ais-tu ce que je mérite ? Je mérite cet homme vulnérable que j'ai vu au Lac Noir, ce jour-là. Je mérite l'homme qui se repent de tout ce qu'il a fait. Je mérite l'homme qui a fait ce qu'il devait faire pour survivre et assurer la sécurité de sa famille. Je mérite quelqu'un qui me traitera avec le même respect et la même gentillesse que j'ai vu le mois dernier. C'est ce que je mérite. Je ne sais pas tout ce qui se passe, mais j'en ai une assez bonne idée. Maintenant, je veux connaître la vérité. Que se passe-t-il, bordel ? »
Drago regarda Hermione sous le choc. Il n'avait jamais entendu Hermione parler de cette façon auparavant. Drago se tourna vers Bill pour obtenir de l'aide. Bill leva les mains en signe de résignation. Désolé, mon pote, je l'ai déjà vue en colère. Ne m'implique pas dans ça. Bonne chance, je dois m'occuper de Fleur puis nous devons aller au Terrier. Allez, toi et moi devons discuter.
Bill se dirigea vers Ron, l'aida à se relever avant de retourner vers Fleur et de la récupérer. Ils sortirent tous les trois et Drago entendit les craquements de disparition. Drago se tourna vers Hermione. Ses bras étaient croisés et elle tapait du pied.
Drago soupira. Il voulut retirer ses ailes. Dès qu'elles furent partis, il ôta sa chemise déchirée.
— « Autant prendre un siège. J'ai beaucoup de choses à te dire. »
