Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour les 24h du FoF sur le thème "Garder l'espoir malgré tout"


Il a mal.

Les tortures qui lui ont été infligées pèsent lourd sur son corps rendu frêle par les privations.

Il a peur.

Il a peur car il sait que s'il doit voir le soleil de nouveau, cela ne sera que pour être exécuté.

Plus que jamais depuis le début de son emprisonnement, il comprend bien qu'il n'est plus sultan. Ce n'est pas à l'absence de sa cour ou de ses attributs qu'il le réalise, ni même au dédain avec lequel lui parlent ses gardent. C'est plutôt dû au fait qu'il a l'impression d'être redevenu un enfant effrayé qui n'a qu'une envie, courir dans les jupes de sa mère.

Et pourtant, malgré sa douleur, malgré sa terreur, malgré sa faiblesse, il garde l'espoir.

L'espoir non pas de s'en sortir, non pas de se venger ; non, il garde un espoir plus trivial, presque insignifiant alors que sa vie va sûrement bientôt s'achever : il garde l'espoir de revoir Meleksima. De la serrer dans ses bras une dernière fois, de lui rappeler combien il l'aime, de l'entendre lui promettre des éternités de bonheur.

Et même lorsqu'il est amené à cette charrette qui doit sceller son sort, l'espoir demeure.

Car même s'il n'a peut-être pas l'occasion de revoir sa douce dans cette vie, il sait qu'il la retrouvera en dehors de ce monde.

Après tout, deux âmes sœurs sont toujours destinées à se retrouver.