Petit rappel :

Vol Rouge : Domaine de la Vie, dirigé par la matriarche Lieuse-de-Vie
Vol Noir : Domaine de la Terre et de la Mort, dirigé par la matriarche Maléfique, la Nymphe de la Mort.
Vol Vert : Domaine de la Nature et du Rêve, dirigé par le patriarche Harry, sans épithète.
Vol Bleu : Domaine de la Magie.
Vol de Bronze : Domaine du Temps.

Créatures connues :

Harry Potter : Dragon originel n'ayant pas atteint sa maturité
Luna Lovegood : Elfe du clan Lovegood
Neville Londubat : Dryade du clan Londubat
Aaron : Kitsune, ami d'enfance de Luna, Neville et Harry, trois ans plus âgé.
Blaise Zabini : Jorogumo
Severus Rogue : Vampire
Filius Flitwick : Demi-gobelin
Nymphadora Tonks : Harpie, lignée maîtresse
Maria Delamire : Vampire, princesse de l'essaim de l'Est, dont le lié est Olivier Dubois
Minerva McGonagall : Inconnu, a scellé son héritage
Draco Malefoy : Harpie, lignée maîtresse

Ysera : Premier Aspect du Vol Vert, décédée il y a plusieurs milliers d'année après avoir été corrompue par le Cauchemar. Elle a repris une forme physique et dénuée de corruption en Ombreterre, le royaume des Morts, qu'elle ne peut quitter. Elle continue de Rêver et peut entrer en contact avec les vivants à travers leurs songes.

Inspiré de l'univers de World of Warcraft, toutefois, pour les éventuels joueurs et/ou connaisseurs, suite aux nouvelles informations que nous obtenons lors de Dragonflight, je m'en éloigne relativement.

Beaucoup de petites scènes dans ce chapitre, mais la troisième année commence à devenir intéressante pour le développement de notre petite bande d'apprentis sorciers. J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas trop !


Chapitre 14 : Eryxia

Jamais Harry ne s'était fait autant hurler dessus par ses proches qu'après son escapade dans les tuyauteries de Poudlard, et accessoirement, sa rencontre avec le Basilic.

Le dragon grimaçait, rien qu'en y repensant. Après avoir ramené Ginny saine et sauve, la petite bande avait découvert que Dumbledore avait repris ses fonctions, que Lockhart avait fui Poudlard comme le lâche qu'il était, et que les Weasley étaient déjà dans le bureau du directeur.

Tout puissant dragon fut-il, Harry manqua de mourir d'asphyxie dans l'étreinte d'ours de Molly Weasley lorsqu'il ramena sa fille, sonnée et traumatisée, mais vivante.

Il expliqua leur escapade, passant volontairement sous silence toute partie pouvant mettre son secret en péril, mais en soulignant la présence de Mimi. Il décréta que le Basilic fut tué par le chant d'un coq qu'il avait conjuré, mais que tout après devenait flou suite à la montée d'adrénaline qu'ils avaient eue.

Après quelques secondes de réflexion, Harry tendit le journal au directeur. Quoi que furent les plans politiques du sorcier, personne ne pouvait nier son désir d'arrêter Jedusor. Il parla du fantôme et décela alors un léger tressautement de la paupière du directeur, ce qui le rendit d'autant plus méfiant. Visiblement, le vieil homme en savait bien plus qu'il ne souhaitait le dire…

L'implication de Ginny ne fut jamais rendue publique, et Dumbledore assura que l'auteur, un homme extérieur à l'école mais désireux de faire le mal, avait été arrêté et qu'il ne pourrait plus tourmenter les étudiants. La dernière des Weasley fut dispensée de retourner en cours, ayant été torturée psychologiquement pendant plusieurs mois et nécessitant un suivi médical poussé. De plus, les examens internes furent annulés et les étudiants victimes du Basilic, une fois remis sur pieds grâce au philtre de mandragore, bénéficièrent d'un délai ou d'une année complémentaire pour rattraper le temps qu'ils avaient perdu.

Et l'année s'était finie, paisiblement.

Et Harry était rentré chez lui, naïf qu'il était, heureux de revoir sa marraine.

Sa marraine, qui l'attendait de pied ferme. Elle lui avait hurlé dessus pendant près de deux heures, sa fureur telle que tous les charmes de dissimulation avaient sauté. Et voir une naga en fureur dans toute sa gloire avait quelque chose d'effrayant, même pour un jeune dragon.

Après avoir subi ses remontrances et accepté ses punitions, il avait cru que c'était fini. Mais c'était sans compter Maléfique et, à sa plus grande surprise, la Reine Dragon elle-même qui s'étaient pointées chez lui pour lui remettre les idées en place.

Maléfique avait manqué de le secouer comme un prunier, fumante de colère, criant à quel point il était inconscient et que sa mort aurait des répercussions sur l'intégralité des Vols Draconiques. Mais ce qui l'avait le plus marqué, c'était le regard à la fois doux et inquiet de la matriarche du Vol Rouge.

Elle répondait au nom d'Alexstrasza, la Lieuse-de-Vie. La première, et unique Aspect du Vol Rouge, le Vol chargé de protéger la Vie sous toutes ses formes. En tant que Reine Dragon, elle s'était sentie obligée de venir parler à Harry après une escapade aussi dangereuse. Elle ne lui fit aucun reproche, mais elle lui rappela gentiment son devoir : il était le dernier Dragon Vert, et pour cela, sa vie était inestimable, non seulement en tant que personne, mais également en tant d'acteur dans le fragile équilibre des forces de ce monde. Sans Gardien du Rêve, le Cauchemar ravagerait tout sur son passage. Ysera, qui depuis le génocide de leur vol se battait depuis l'Ombreterre pour garder l'équilibre, ne pourrait pas le faire éternellement.

— Je suis désolée, ma Reine, s'excusa Harry en s'inclinant. Je n'ai pas pensé à cela. Je n'ai vu que la souffrance de l'un de mes meilleurs amis, et je savais le temps compté. En y réfléchissant, j'aurais pu aller chercher de l'aide… Mais Ginny était déjà mourante à notre arrivée. Je ne regrette pas mes actions car la fin est heureuse, mais je suis sincèrement navré d'avoir causé tant de troubles à mes frères et sœurs des Vols Draconiques.

Alexstrasza regarda le garçon avec une infinie douceur, puis sourit en regardant Maléfique, qui soupira.

— Tu me rappelles Ysera, mon petit… rit doucement la Lieuse-de-Vie. Elle aussi était vivante et fougueuse lors de ses périodes en dehors du Rêve. Mais cela l'a menée à poursuivre le Cauchemar et à se faire avoir. Je prie que l'histoire ne se répète pas…

Harry sentit son cœur se serrer. Il ne le souhaitait pas non plus, mais cela avait quelque chose de réconfortant d'être comparé au premier Aspect de son Vol.

— C'est clairement le petit de Liliera aussi, soupira Maléfique. Une vraie furie quand elle s'y mettait. Et c'est si rare de voir des dragons aussi intéressants dans le vol de l'ennui…
— Maléfique…
— Le Vol du Rêve, ça va… grogna la plantureuse dragonne noire. Mais aussi intéressant sois-tu, petit dragonnet, tu ne peux pas errer comme une boule de chaos comme ça à ta guise. Ça, ce sont les dragons du Vol Noir.
— Maléfique, voyons ! s'indigna Alexstrasza.
— Alors les autres vieux et moi, on a décidé de t'avoir à l'œil jusqu'à tes quinze ans, continua la Matriarche du Vol Noir, ignorant délibérément sa consoeur. L'un de mes enfants intègrera Poudlard et pourra directement entrer en contact avec moi si tu recommences tes idioties.

Harry retint un grognement, comme s'il avait besoin d'un baby-sitter…
Et se faire rabrouer ainsi par l'une de ses idoles – il ne préciserait pas pourquoi il appréciait tant Maléfique, il restait un adolescent après tout. Quel enfer !


~ H.P ~


L'été s'écoulait paisiblement, malgré les vagues de chaleur qui paralysait à la fois le monde des Ombres et le mondes des Hommes. Harry, en tant que dragon, ne voyait aucun inconvénient à subir une chaleur plus élevée qu'à la normale. Il passait son temps allongé sur un transat au bord de la piscine, pendant que sa marraine se prélassait dans l'eau claire, souffrant nettement plus de la chaleur que son protégé.

Puis le trente juillet, quelque chose ébranla les vacances tranquilles du dragon. Sirius Black, son parrain accusé du meurtre de treize moldus et d'avoir vendu ses parents, s'était échappé d'Azkaban.

En apprenant la nouvelle, Sandra et lui avaient longtemps discuté. En tant qu'adolescent, sa première réaction fut la colère, mais la naga tempéra directement ses ardeurs en lui révélant une chose qui allait changer la vie du garçon.

— Qu'est-ce que tu veux dire par « Il n'a pas eu de procès » ? répéta lentement Harry.
— Tu as bien compris, rétorqua Sandra. Quand la nouvelle est parue ce matin, je suis partie me renseigner avant de t'en faire part. Tu sais, à l'époque, beaucoup de condamnations ont eu lieu sans procès et Black en fait partie.
— Mais… marmonna Harry. Il était censé faire partie de l'Ordre du Phénix non ? Les gentils, selon les sorciers. Alors pourquoi Dumbledore n'est pas intervenu ?
— En sachant qu'il était déjà grand manitou à cette époque ? ironisa Sandra. Soit il était déjà convaincu de la culpabilité de Black, soit il avait tout intérêt à le garder loin de ses affaires…

Harry resta silencieux pendant quelques minutes.

— Il faut qu'on retrouve Black, et qu'il soit proprement interrogé. Je veux savoir si le meilleur ami de mon père l'a réellement vendu, et pour quelle raison.


~ H.P ~


Le soir-même, Harry trouva difficilement le sommeil, ce qui était un comble pour un Dragon du Rêve. Il ressassait le début de la journée encore et encore, des questions sans réponse le tenant éveillé jusqu'à minuit.

Et lorsque minuit sonna, bien qu'il fut parfaitement réveillé la seconde avant, Harry sombra dans un rêve profond alors qu'il atteignait treize ans d'existence.

Il se réveilla dans un endroit qui ressemblait fortement au Rêve, mais il ne percevait pas la présence d'Ysera. Harry entendit un rire grave derrière lui, et il se retourna.

— Par le caleçon de- commença-t-il, surpris en dévisageant l'immense dragon vert qui se tenait devant lui. Attends… Es-tu…
— Toi ? rit le dragon. En effet. Tu es moi, et je suis toi. Il était temps que nous fassions connaissance, n'est-ce pas ?

Harry dévisagea la créature, curieux.

— Donc, je ressemblerai à toi quand j'aurai atteint ma maturité magique ? s'enquit-il.
— En effet, ronronna le dragon. Plutôt impressionnant, n'est-ce pas ?

Harry voulut rétorquer « plutôt arrogant, en réalité », puis il réalisa exactement ce dont il s'agissait.
Le dragon en face de lui, était lui-même. Et cette arrogance était la sienne.

Un peu décontenancé, il prit toutefois le temps d'observer le reptile qui lui faisait face.

Le dragon était relativement petit, comparé à la taille que pouvaient prendre Alexstrasza, âgée de plusieurs millénaires, ou même comparé à Maléfique, qui n'avait que quelques centaines d'années, mais il dépassait déjà la taille de dragons adultes communs, tels que le Norvégien à Crête.

Le dragon possédait de sublimes écailles brillant d'un vert émeraude qui n'avait rien à envier à la pierre précieuse. Les yeux brillaient du même éclat, même si l'iris fendu avait quelque chose d'inhabituel pour un être humain. Il était grand, mais pas réellement massif pour autant, son corps était plutôt taillé pour la vitesse et il pouvait déceler les muscles puissants des ailes. Une longue queue, dépourvue d'épines, se recourbait autour des pattes du dragon, tel un chat. En revanche, des cornes à l'allure mortelle ornaient son front. De la même couleur sombre que ses griffes, elles semblaient suffisamment pointues et puissantes pour pouvoir embrocher un ennemi.

— Est-ce… murmura Harry en décelant une forme très familière sur le front du dragon.
— Oui. Un souvenir de cette nuit où notre Vol a failli tout perdre, et où le Cauchemar a frappé, décréta le dragon en fermant les yeux. Nous sommes jeunes, mais nous ne devons jamais perdre de vue ce qui se passerait si nous laissons le Cauchemar nous emporter.

Harry observa encore quelques instants les écailles grises et ternes, quoique rougeoyante sous l'éclat du soleil, qui formaient sa cicatrice en forme d'éclair, et il hocha la tête avec sérieux.

— Comment dois-je t'appeler ? s'enquit-il auprès du dragon.
— … Je suis toi, hésita le dragon. Quelle étrange question…
— C'est très étrange de se parler à soi-même… rétorqua Harry en se grattant la nuque, mal à l'aise. Alors dis-moi, te reverrai-je ?
— Nos instincts fusionneront complètement à tes quinze ans. Cependant, je serai plus présent dans ta vie de tous les jours, maintenant que tu as une première maturité en tant que sorcier. Mes instincts de protection risquent de survenir plus souvent.

Harry plissa les yeux en remarquant le rictus du dragon.

— Et… il se pourrait que tu commences à ressentir le besoin de… parader.
— De para- quoi ? Ne me dis pas que…
— Nos instincts de reproductions s'éveillent pleinement durant le printemps, même si nous pouvons nidifier à toute période de l'année. Étant à la fois sorcier et dragon, tu risques de regarder les filles ailleurs que directement dans leurs yeux à cette période… Surtout en tant qu'adolescent. Démerde-toi bien…

Le dragon ne put se retenir de rugir de rire en voyant l'expression à la fois horrifiée, gênée et indignée de son pendant humain.


~ H.P ~


Harry sut qu'il allait passer une année très longue lorsqu'il rencontra Eryxia du Vol Noir pour la première fois.
Maléfique avait tenu parole, et l'un de ses enfants intégrerait Poudlard en septembre. En plus de cela, il s'agissait d'une adolescente de treize ans, qui se retrouverait donc dans son année.

Et clairement, cette perspective n'était pas au goût de la dragonne noire. Le regard sombre et coléreux était tout ce qu'il avait retenu de la jeune fille lorsqu'ils s'étaient rencontrés.
Elle avait joué les enfants modèles devant sa mère, mais sitôt que la Nymphe de la Mort s'était éclipsée pour discuter avec Sandra, Eryxia s'était adressée à Harry d'une voix à la fois glaciale et venimeuse.

Elle lui avait dit à quel point cela l'ennuyait au plus haut point de devoir quitter son école, ses amis, pour une école de sorciers où elle ne pourrait pas afficher sa supériorité de la même manière en plus de devoir jouer les nourrices. Ce à quoi Harry, piqué au vif, l'avait envoyé sur les roses en disant que de toute manière, il n'avait pas besoin d'elle et qu'il se soumettait juste aux ordres de la Reine Dragon.

En y repensant, Harry se sentait un peu las. Certes, il savait que c'était de sa faute et au fond, il se sentait coupable : s'il devait quitter Poudlard et ses amis à cause de l'irresponsabilité d'un dragonnet, il l'aurait mauvaise, lui aussi.

— Pense pas à ça, Harry… marmonna-t-il. Tu dois répondre à Ginny…

Depuis la fin de l'année scolaire, il entretenait une correspondance régulière avec la benjamine des Weasley. Initialement, il voulait juste prendre des nouvelles, mais la jeune fille s'était ouverte sur son expérience avec Jedusor, ce qu'elle ne faisait pas avec sa famille. Pourquoi lui ? Peut-être parce qu'il ne vivait pas avec elle, qu'il n'était pas sur son dos… Il l'ignorait, mais cela faisait du bien à Ginny, et Harry s'attachait à elle. Il compatissait à son sort et tentait, chaque nuit, de l'atteindre à travers le Rêve pour apaiser les cauchemars qui l'assaillaient chaque fois qu'elle fermait les yeux.

— Donc tu parles tout seul en plus ? Je dois donc surveiller un idiot inconscient totalement fou ! ironisa Eryxia en entrant dans la pièce.

Harry voulut rétorquer vertement à la jeune fille, mais il s'arrêta en la dévisageant, peut-être pour la première fois.
L'adolescente était plutôt jolie malgré l'ennui qui transparaissait sur ses traits. Elle avait la peau couleur chocolat, et elle était plutôt grande – plus que Harry, à son grand désarroi – et assez mince. Harry tenta de ne pas se laisser distraire en voyant les formes naissantes de la jeune fille et planta ses yeux verts dans les siens, d'un bleu saisissant. C'était presque comme si…

— Eryxia, j'ai une question, commença Harry. Ta mère t'a-t-elle formée aux arts de l'esprit ? reprit-il avant qu'elle ne puisse l'interrompre d'une remarque cinglante.
— Evidemment, renifla-t-elle avec arrogance.
— Qu'est-ce que tu peux me dire sur la possession ?
— La po- qu'est-ce que tu comptes faire ? grogna-t-elle.
— Ce n'est pas pour moi… Ta mère ne t'a pas dit pourquoi tu venais à Poudlard ? s'étonna Harry.

Eryxia haussa un sourcil.

— Elle m'a juste dit que tu étais complètement inconscient qui n'arrêtait pas de mettre sa vie en danger. Aspect du Vol Vert ou pas, si tu te fous-
— Un Basilic a été lâché dans notre école, l'interrompit Harry d'une voix sombre, ce qui calma instantanément la jeune fille. Par un Fourchelang. Par celui qui a décimé mon vol.
— Je le pensais mort… hésita la jeune fille.
— Pas totalement. Il semblerait qu'il ait eu recours à des Horcruxes.
— Et cette possession… s'horrifia Eryxia, oubliant sa colère envers Harry.
— Une jeune fille de onze ans s'est faite posséder pendant de longues périodes sur l'année scolaire, relâchant le Basilic, menant à de nombreuses agressions. Par chance, nous n'avons eu aucun mort, mais à la fin de l'année, l'Horcruxe avait suffisamment de pouvoir pour siphonner sa magie et sa vie. Si je n'étais pas descendu l'affronter, elle serait morte. Mais aujourd'hui, elle ne peut pas s'endormir sans revoir ce qu'elle a fait.

Eryxia resta silencieuse pendant un moment, puis elle quitta la pièce. Harry soupira, il espérait que peut-être, une dragonne versée dans la magie de l'esprit aurait pu le conseiller.
A sa grande surprise, elle revint, le visage bien plus doux qu'à l'accoutumée, et lui tendit un bracelet.

— C'est le dernier bracelet que j'ai réalisé avec ma mère, dit-elle d'une voix douce. C'est toi, le spécialiste des rêves à la base, mais ce bijou lui permettra de repousser les souvenirs traumatisants de cette fille jusqu'à ce qu'elle soit capable de gérer elle-même sa magie de l'esprit.
— Combien je te dois ? s'enquit Harry
— Rien. Ma mère ne m'a pas donné beaucoup d'informations sur cette… mission. Mais…

La dragonne haussa les épaules, agitant sa longue chevelure sombre par la même occasion.

— Je ne sais pas si j'aurais agi autrement… confessa-t-elle, l'air de rien. La possession est l'une des formes de violation de l'esprit les plus destructrices qui existe, et celle qui laisse le plus de traumatismes. En tant que dragonne du Vol de la Terre et de la Mort, je n'aurais jamais laissé passé ça. Ça ne veut pas dire que je t'aime bien ! prévint-elle.
— Je n'attends pas que tu m'aimes bien, dit Harry en secouant la tête. Et je m'en veux que tu doives venir à Poudlard par ma faute, vraiment.

Eryxia le regarda avec intensité, puis elle inclina la tête avant de partir.
Peut-être la cohabitation des deux dragons pourrait se passer sans trop d'accrocs, finalement…


~ H.P ~


Harry avait demandé l'aide d'Ysera pour entrer en contact avec Ginny à travers les rêves, étant encore trop inexpérimenté pour y parvenir par lui-même.

La petite fille fut émerveillée de découvrir un endroit aussi paisible, à la place de son éternel cauchemar. Mais en l'accueillant ainsi dans son domaine, Harry lui révélait par la même occasion sa réelle nature.

En partageant son secret avec la petite fille qui avait perdu toute confiance en elle et au monde qui l'entourait, il lui offrait ainsi un trésor qu'elle chérirait longtemps : une preuve de confiance. Certes, Harry lui demanda ensuite un serment inviolable pour leur sécurité à tous les deux, mais il se présentait réellement à elle.

Ainsi, Ginny fut la troisième personne purement sorcière à découvrir sa réelle ascendance. Qui l'eut cru, alors que Draco, Blaise, Théo, Pansy et même Cédric l'ignoraient encore. Oh, Harry savait qu'il allait bientôt leur en parler, même si Sandra était assez réticente à ce qu'il se dévoile à tant de personnes. De toute manière, avec Eryxia qui allait débarquer et devoir garder un œil sur lui, il n'aurait pas d'autre choix que dire la vérité à ses amis.

De toute manière…
Eryxia faisait partie de son secret, et vu qu'elle comptait bien le suivre comme son ombre dans le château de sorcellerie, il allait bien devoir justifier cette attitude auprès de sa petite bande…
Il sentait déjà les ennuis arriver en raison du caractère plutôt brusque de la dragonne…


~ H.P ~


Neville et Luna firent la connaissance d'Eryxia avant de monter dans le Poudlard Express. Le Forestier n'avait pas posé de question. S'il s'étonnait d'une telle mesure, il dit à son meilleur ami avec un sourire moqueur qu'il devait admettre que le dragon était un aimant à problèmes.

Luna étant Luna, elle demanda directement à la dragonne si elle prenait des bains de minuit en compagnie des Héliopathes, tant elle pouvait sentir la magie du feu s'agiter dans l'air. Eryxia avait juste haussé un sourcil.

— Tu ne m'avais pas dit que tu étais ami avec une Elfe, Harry… grimaça-t-elle en prononçant le prénom du garçon.
— Je suis le Gardien de Luna, Eryxia, prévint Harry. N'essaie même pas.
— Tout doux, j'avais bien compris, grogna sa comparse. Je suis juste surprise que tu aies des amis intéressants.
— Et tu n'es pas au bout de tes surprises… dit Neville en cachant son rictus amusé.
— Nev…


~ H.P ~


Hermione apprécia découvrir une nouvelle fille dans la bande, Ron accueillit la nouvelle avec son habituel pragmatisme.

— Tu joues aux échecs ? demanda Ron.
— Euh… Pas vraiment…
— C'est vraiment un art qui se perd, se désola le roux. Aurai-je un jour un adversaire à ma hauteur ?
— Tu oublies Draco…
— Qui ?
— Ron…


~ H.P ~


Draco, Pansy, Théo et Blaise ne firent la connaissance d'Eryxia qu'à l'abri des regards, une fois arrivés à Poudlard.

— Je ne comprends pas trop ces histoires de maisons… marmonna Eryxia en observant l'écusson rouge et or brodé sur son uniforme. Et pourquoi vous vous cachez, si vous êtes amis.
— Les fondateurs de nos maisons respectives étaient ennemis.
— Et alors, ça remonte à un millénaire non ?
— Oui, mais certains sorciers verraient notre amitié d'un très mauvais œil.
— Des idiots… renifla Eryxia avec arrogance, arrachant un sourire à Pansy.
— Certes… en convint Harry. Mais parmi ces gens, il y a leurs parents. Je ne veux pas qu'être leur ami leur apporte des problèmes.
— Mais n'es-tu pas un problème à toi tout seul ? ironisa Eryxia, faisant éclater de rire Blaise.
— Cette année va être longue… soupira Harry.
— Et donc, vous vous connaissez d'où ? questionna Théo.
— Je vous expliquerai ça… dit Harry en leur faisant les gros yeux.


~ H.P ~


Cédric, accompagné de Susan Bones, rencontra Eryxia un peu par hasard à la bibliothèque alors que le dragon du vol Vert faisait visiter les lieux à sa nouvelle camarade de Gryffondor. Il en profita pour la présenter à l'étudiant plus âgé, qui, à son habitude, fut ouvert et bienveillant.

Quand la dragonne détourna les yeux, Harry donna rendez-vous au Poufsouffle dans la Salle sur Demande, pour leur parler à tous quelques jours plus tard.


~ H.P ~


Ayant rejoint la maison Gryffondor, Eryxia fit la rencontre du reste de la fratrie Weasley très rapidement. Elle fut impressionnée par le pouvoir brut qui émanait des jumeaux, alors que ceux-ci faisaient une démonstration de leurs derniers prototypes de blagues, mais elle remarqua directement la petite Ginny, silencieuse parmi ses pairs.

La dragonne se présenta avec douceur auprès de la rouquine, qui, une fois qu'elle entendit son prénom, la remercia avec profusion pour le bracelet qu'avait donné la fille de Maléfique. Depuis, elle parvenait à avoir des nuits plus reposantes et de moins en moins peuplées de cauchemars.


~ H.P ~


Cela faisait tout juste une semaine que la rentrée avait eu lieu, et la population étudiante s'était très vite adaptée à la nouvelle venue. Eryxia n'était pas quelqu'un de facile à ignorer : sûre d'elle, arrogante et quelque peu diva sur les bords, elle s'était également illustrée comme une excellente sorcière en cours, et quelqu'un à éviter de mettre en colère.

Elle avait envoyé trois garçons de Serdaigle à l'infirmerie après les avoir surpris en train de harceler des étudiants plus jeunes de la maison de Serpentard, et elle avait réitéré l'exploit en envoyant un septième année de Serpentard après qu'il ait tenté de mettre la main aux fesses d'une jolie Poufsouffle de quinze ans.

Harry subissait régulièrement ses foudres, étant donné qu'elle le tenait responsable de sa venue ici, et il devait admettre qu'elle lui tapait régulièrement sur le système. Mais il ne pouvait pas ignorer le respect qu'il portait à la dragonne, capable de s'imposer dans un monde qui n'était pas le sien aussi facilement et avec tant d'assurance.

C'est pourquoi il avait demandé à tous ses amis de le rejoindre dans la Salle sur Demande. Il allait dévoiler son secret, la raison de la venue d'Eryxia et ses projets pour l'avenir.
Et pour une fois, il envia la dragonne d'être aussi brute de coffre, car lui, il n'en menait pas large face à tous ces visages inquisiteurs qui, dans quelques minutes, apprendraient que le garçon qui a survécu était en fait un dragon.