Un odeur nauséabonde s'éleva jusqu'au nez d'Ahsoka.

- Oh, qu'es-ce que ça put ici ! dit-elle en se bouchant les narines. Je pensais qu'on était sensé être à une foire de bolide…

- Pas seulement des bolides Snips, un tas de véhicules, de chasseurs interstellaires à des hexapodes clones… Pour ce qui est de l'odeur… et bien, tu préfère ne pas savoir d'où sa vient, dit le maître d'Ahsoka, Anakin Skywalker.

Les deux Jedis, sous leur capuche, assistait incognito à une foire où l'on vendait des véhicules. Ils avaient pour mission de retrouver une dizaine d'hexapode clones qui avaient été volé à la République. Ces appareils militaires étaient très puissants et le Conseil Jedi ne voulait pas que ces tanks tombent entre de mauvaises mains.

- Alors où est votre ami ? Vous savez, celui qui était sensé savoir qui pourrait être en possession des hexapodes… ?

- En fait… je ne suis pas complètement certain qu'il soit ici.

Les Jedis continuait a avancé tranquillement au milieu de la foule.

- Comment ça vous n'êtes pas certain qu'il soit ici ? Si ça se trouve, les voleurs ont déjà quitté cette planète… et d'ailleurs… qui volent des hexapodes clones, il faut vraiment être fou pour volés des tanks.

- Ne t'en fait pas Snips, ils n'auraient pas pus allé bien loin avec autant d'armement. Eh ! Regarde là-bas.

Anakin pointa en direction d'un kiosque et entraina Ahsoka vers celui-ci.

- Ok, laisse moi parler et pendant ce temps écoute les discussions des acheteurs aux à l'entour, on va peut-être pouvoir en déduire quelque chose.

Anakin arriva devant un vieux Gran qui s'afférait à bidouiller des pièces de robots ensemble derrière son échoppe. Anakin toussota et celui-ci se tourna vers le Jedi en capuche.

- Ah, vouz êtes vin-nu anchté ? Dzites-moi sen qu'il vous fai !

- Halfuz, tu ne reconnais dont pas un vieil ami, dit Anakin en baissant sa capuche.

Ahsoka essayait d'écouter les discussions comme son maître lui avait dit, mais elle était trop surprise par le fort accent du Gran. Elle tentait de retenir son rire.

- Zun, viaille anmi ? Més attendz-une zéconde ! Zé toi ! Anankeee ! …

Ananke ? Soudainement, Ahsoka se rappela de Kairos… par instinct elle regarda à l'entour d'elle le cherchant du regard après avoir attendu son nom, mais bien vite elle remarqua son erreur. Cela faisait une semaine qu'elle n'avait pas pensé à lui et voilà qu'on lui remémorait la mort de son ami…

- … Oui, ça va Halfuz. Je suis désolé de devoir te presser ainsi, mais…

Ahsoka était maintenant perdu dans ses pensés ne se concentrant plus sur l'instant présent, mais sur Kairos Ananke, pourquoi ce Gran avait du prononcé son nom ? Anakin et Ananke sont deux noms complètement différents !

- … zés Zexapode ? Zé panzait que s'était zune fanrce… z'ai bien antendu zés ruméres…

Soudainement, un mouvement brusque se dessina dans le champ de vision d'Ahsoka. Elle vus un homme courir vers la sortie de la foire en regardant dans la direction d'Anakin.

- Maître ! cria Ahsoka avant de s'élancé à la poursuite du fuyard.

Celle-ci entama une course effrénée, tentant de se frayer un chemin à travers la foule. Lorsque celui-ci sorti de la foule, Ahsoka en profita pour rattraper les quelques mètres qu'il avait d'avance en faisait un bond plongé. Finalement, elle plaqua le fuyard par terre.

Lorsqu'elle se redressa, elle remarqua que c'était un Mon Calamari. Son maître la rejoignit, pendant que le Mon Calamari mettait ses mains au dessus de sa tête défensivement.

- Je… Je n'ai rien fait… je vous le jure… s'il vous plait ne me faites pas de mal.

Anakin l'empoigna et le remis sur pied en disant :

- Rien ne va vous arriver tant que vous nous dites la vérité.

- C'est pas moi… je vous le jure… je n'ai rien fait d'illégal…

- Commencez par nous dire pourquoi vous nous fuyez, dit Ahsoka en perçant du regard l'homme apeuré.

- Les... les hexapodes… je vous jure je ne les ait pas volé… mon cousin… c'est lui qui les a…

- Votre cousin hein ? Allez, dites nous où se trouvent les hexapodes…

- Oui… à quelques kilomètres d'ici, dans cette direction, dit le Mon Calamari en pointant à l'horizon. C'est mon cousin… pas moi… mon cousin Kaille-Ros

- Kairos ? s'exclama Ahsoka…

Ahsoka fut perdu pour un moment, Kairos était-il vraiment ici ? Non, il était mort… Alors pourquoi attendait-elle encore et encore son nom. Était-ce un mauvais tour du destin ?

- Vous connaissez… ? Vous connaissez mon cousin ?

- Non, c'est une erreur. Dites nous l'emplacement exact des hexapodes.


Le Mon Calamari donna éventuellement les coordonnés des hexapodes aux Jedis qui envoyèrent un croiseur clone récupéré les tanks volés. Anakin nota le comportement étrange d'Ahsoka, mais celle-ci réussit à faire passer son manque de concentration pour un manque de sommeil. La vérité était qu'elle ne dormait pas mieux, même des mois après la mort de Kairos. Les mêmes scénarios se rejouaient constamment dans sa tête et voilà que maintenant elle semblait entendre son nom, ou l'apercevoir du coin de l'œil. Elle savait qu'il était assurément mort, mais, encore là, elle espérait, toujours que par un miracle il soit encore vivant et qu'elle puisse le revoir un jour.


Kairos était sur le pont d'un croiseur séparatiste, à la tête d'une petite flotte de cinq vaisseaux. À ses cotés se trouvait l'hologramme du Compte Dooku.

- Maître, la libération du système d'Oclarté est couronnée de succès. Avec votre permission, j'attendrais les cargos de provision avant de me retiré du système.

- Je crains que ce ne soit impossible Général Ananke, votre flotte est requise pour une invasion d'envergure. Je vous envois le point de rendez-vous des trois flottes qui participeront à l'attaque.

Kairos laissa paraître sa déception, juste assez pour que le Comte le remarque, mais pas assez pour qu'il ne le prenne comme une offense.

- Kairos, Dooku se permettait de l'appeler par son nom lorsqu'il était seul à seul, je sais que vous préférez les libérations aux invasions… mais nous sommes au beau milieu d'une guerre. Inévitablement, il vous faudra participer à des offensives où, oui des Jedis mourront et des civils périront, mais ce sont les sacrifices de la guerre. En tant que commandant, dites vous que vous pourrez avoir une influence sur le champ de bataille et que vous pourrez limiter les dommages collatéraux. Les instructeurs Jedis, vous ont caché trop longtemps de la dure réalité de la guerre, maintenant, il faut y faire face.

- C'est compris maître Dooku, nous partons pour le point de rendez-vous maintenant.

- Vous arriverez les premiers, les 12e et 13e flottes vous rejoindront par après. Le Général Grievous prendra le contrôle des opérations et vous serrez sur ses commandes. Après l'offensive nous pourrons continuer votre entraînement sur Serenno.

La communication fut coupée et Kairos commença à donner des ordres aux droïdes de la flotte pour quitter Oclarté.

Kairos comprenait la dure réalité de la guerre, comme le Compte lui avait décrit, il avait déjà la mort de plusieurs clones sur la conscience, depuis son test finale de Sith il avait eu le temps de regretter cette acte de barbarie même si le Comte lui assura de sa nécessité. Les clones n'étaient pas innocents, ils n'étaient pas différents des droïdes dans un sens. Mais, il ne pouvait qu'être révulsé à l'idée de devoir tuer un Jedi. Il se demandait s'il pourrait toujours aussi bien dormir après avoir ordonné des bombardements lors de l'invasion. Il enviait les autres Jedis parfois, eux, au moins, n'avait que des pièces de métal à combattre, lui, devait combattre des êtres vivants, des familles qui n'avait rien avoir avec cette guerre. Les Jedis devaient se sentir bien confortable, là-haut perché au dessus de la réalité, laissant les clones faire le sal boulot des invasions.


La flotte de Kairos arriva au point de rendez-vous où il attendrait les renforts. Mais quelque chose semblait anormale. Soudainement les capteurs du vaisseau s'affolèrent.

- Général, dit un droïde, les capteurs détectent une dizaine de destroyers républicains qui foncent droit sur nous.

- C'est un piège ! s'exclama Kairos. Envoyer immédiatement un message au général Grievous signalant le piège et demandant des renforts. Combien de temps avant de pouvoir rentrer dans l'hyperespace ?

- Quatre minutes et trente-trois secondes, générale.

- Message envoyé, générale.

- Formation défensive, notre vaisseau derrière le reste de la flotte. Pendant ce temps, interceptez les communications ennemies. Essayer de viser leurs chasseurs et bombardiers.

Kairos s'arrêta une seconde, se disant qu'il avait appris bien trop vite son rôle de général de la Confédération des Systèmes Indépendant.

- Général devons nous, lancé nos chasseurs ?

- Non. Attendez qu'ils se rapprochent. À mon signale envoyé tout les chasseurs disponibles sur les leurs pour défendre les croiseurs. Dans combien de temps seront nous a porté de tire ?

- 29 secondes, général.

- Combiens pour les réacteurs ?

- Quatre minutes, cinq secondes.

Kairos savait que la flotte ne s'en sortirait pas, si les renforts n'arrivaient pas vite.

- Une réponse du général Grievous ?

- Aucune, mon général.

Les vaisseaux républicains et séparatistes commencèrent à faire feu les uns sur les autres.

- Préparez, mon vaisseau. Tourner tout l'énergie disponible vers les boucliers avant et les canons avant. Concentrer tout les tires sur le destroyer le plus proche, dès que les chasseurs seront à porté changer le focus sur eux. Ils ne doivent pas pouvoir approcher de nos croiseurs. Vous avez intercepté leur communication ?

- Non, mon général, nous avons besoin de plus de temps.

- Général, nous avons reçu un message du général Grievous.

- Et ! Que dit-il ?

- Il dit ne pas avoir assez de renfort pour contrer une dizaine de destroyers. Il nous remercie de l'avertissement et nous demande de nous retirer dès que possible.

Kairos frappa la rambarde de son poste de commande.

- Le salaud ! Il sait bien qu'on ne tiendra pas assez longtemps pour fuir.

- Général, nous avons intercepté les transmissions ennemies.

- Mettez-les sur haut-parleur.

- Rester sur vos gardes, ils pourraient recevoir des renforts.

- Nous pouvons les abattre avant, ils ne peuvent retourner en hyperespace et tentent de gagner le plus de temps possible.

C'était la voix de deux commandants, mais ils n'étaient pas clones. Ils devaient être général ou Jedi. En fait, Kairos était sûr qu'il y aurait au moins un Jedi sur place, lors d'une embuscade à dix destroyers.

- Anakin, il faut que tu les empêches de s'enfuir.

- Bien reçu, maître. Avec votre permission nous allons cibler le croiseur qui est derrière les quatre autres. Ça doit être le vaisseau amiral.

- Tu as notre feu vert.

Anakin Skywalker. L'intrépide Jedi. Kairos n'avait aucune chance, il quitta le pont pour aller vers son vaisseau. Il continuait quand même de donner des ordres par transmetteur.

- Mettez les communications des escadrons de chasseur sur le haut parleur de mon transmetteur. Combien de temps avant la réactivation des propulseurs ?

- Deux minutes cinquante quatre secondes, général.

- Combiens d'escadrons de chasseurs ont-il envoyé ?

- Cinq, un pour chacun de nos croiseurs, général.

- … escadrons six et sept, prenez les deux à notre gauche. Essayer de viser les réacteurs ou le poste de commande. Nous nous occupons de celui au centre.

Le temps jouait contre Kairos, il devait absolument quitter ce croiseur avant qu'il ne soit trop tard.

- Envoyer tout les chasseurs sur l'escadron d'Anakin Skywalker, celui qui vient pour notre croiseur.

- Tous les vaisseaux, général ?

- Tous.


Il devait se concentrer sur trop de chose en même temps, les communications, les ordres, le labyrinthe qu'était ce stupide vaisseau.

- Eh bien, il semble que nous ayons un vrai comité d'accueil, dit une voix de clone, dans l'oreillette de Kairos.

- Croiseurs un et trois, hors d'état de nuire chef.

- Bien, venez nous aider, il semble que les droïdes ne veulent vraiment pas qu'on approche de ce croiseur.

- Compris chef.

- Une minute trente pour les réacteurs mon général. Devons nous tenter une tactique d'évasion ?

- Général, Le 122-C et le 124-C ont été détruit.

Kairos arriva quelques instants plus tard dans le hangar, il chercha sa navette du regard et commença à courir vers elle.

- Maître, sur votre gauche !

- Je l'ai vue Snips, concentre toi sur ton propre flanc.

Kairos ralenti un peu, la voix qu'il venait d'entendre… elle était si familière. Étais-ce…

- Le 119-C et le 127-C ont été détruit aussi général.

- Général, quels sont vos ordres ?

- Arrêter avec le général ! cria Kairos dans son transmetteur.

- Préparez vous à larguer les bombes sur le réacteur. On va se donner un beau petit feu d'artifice.

- Compris maître.

- Attention Ahsoka ! Sur ta droite.

Kairos trébucha. Le sol le frappa en pleine face et son corps fit une pirouette l'envoyant quelque mètres plus proche de son vaisseau.

- Ahsoka, dit-il dans un murmure.

Elle était vivante. Elle était vivante ! Mais, elle était en train de l'attaquer… Non, d'attaquer les séparatistes, elle ne pouvait savoir qu'il était sur ce vaisseau.

- Je suis touché, dit Ahsoka, je dois me retirer.

- Je te couvre Ahsoka !

Non… elle ne pouvait pas mourir, pas contre ses droïdes. Tout allait trop vite.

Kairos se releva et entra dans sa navette. Il cria dans son transmetteur.

- Ordonner à tous les chasseurs d'arrêter d'attaquer !

- Hein, quoi, dit un droïde surpris.

- EXÉCUTIONS !

Il ne restait qu'à espérer que les chasseurs arrêteraient d'attaquer.

- Continuer l'attaque, protéger les vaisseaux touchés. Ahsoka tu m'entends ? Ahsoka!

- Oui… c'est bizarre, tous les chasseurs ont arrêté de nous attaquer…

- Eh bien, ça nous donne le champ libre pour les réacteurs.

- Quels sont vos ordres monsieur ?

Kairos dans son vaisseau, bouleversé, activa l'hyperespace pour s'enfuir.

- Sur votre gauche maître, une navette tente de s'échapper !

- Je m'en occ…

C'était trop tard, il était en hyperespace.


Le Comte Dooku était dans son palais sur Serenno et il venait de recevoir l'authentification de Kairos qui s'apprêtait à atterrir sur la planète. Il était heureux que Kairos ait survécu, même s'il avait été certain qu'il réussirait. Oui, la situation n'avait pas été prévue et il avait passé très proche de la mort. Il faut avouer que le fait que le général Grievous n'ait pas envoyé de renfort avait fortement mis à risque la vie du jeune apprenti. Lors de sa conversation avec Grievous, celui-ci c'était même permit de dire : « Vous ne faites pas assez confiance à votre apprenti ». Cela avait été un acte perfide du général droïde, celui-ci n'avait pas approuvé le fait que Dooku laisse Kairos en vie, encore moins qu'il le prenne comme apprenti. Très peu de Jedi avait tenu tête à Grievous et il n'aimait pas se retrouver constamment face à l'un d'eux.

La méfiance était la même pour Kairos. Il n'appréciait guère Grievous qui l'avait attaqué lui et son amie. Et il sentait à l'instant la rage de Kairos. Il était surpris par tant de haine de sa part, mais n'était-ce pas normal de réagir ainsi lorsqu'on le laissait pour mort.

Il devrait calmer son jeune apprenti au sujet de Grievous, il ne voulait pas que celui-ci se perde dans la haine du coté obscure. Oui, il avait bien survécu jusqu'ici, mais un seul faux pas et ils pouvaient perdre le contrôle du côté obscure. Ou bien, il pourrait utiliser cette haine pour le pousser à utiliser ses pouvoirs enfouis.

Cela faisait plusieurs mois, que le Comte peaufinait un plan pour essayer d'éveiller les grands pouvoirs de Kairos. Il avait bien douté de l'existence de ses pouvoirs aux débuts de son entraînement, même avec le témoignage de Grievous, mais il avait commencé à sentir la puissance de Kairos, il sentait cette étrange puissance qui n'attendait que d'être dévoilé et manier. Il serait peut-être le temps de mettre son plan à exécution…


Kairos ouvrit les portes du palais avec la Force. Il marchait d'un pas décidé vers Dooku au fond de la pièce.

Le Comte Dooku, qui devait toujours paraître en contrôle de lui-même, était dos à Kairos et se retourna lentement face à Kairos.

Ce qu'il vit le prit par surprise.

Devant lui arrivait un jeune homme avec de la haine pur dans ses yeux, la dernière fois qu'il avait vus ces yeux… en fait, il n'avait jamais vu Kairos ainsi. Qu'était-il arrivé ?

Kairos s'approcha de Dooku et cria avec rage :

- VOUS M'AVEZ MENTI ! VOUS AVEZ MENTI !

Le Comte tenta de garder son stoïcisme habituel, mais il était ébloui par la rage de son apprenti. Il essayait de déterminer pourquoi il était ainsi. « Oh non », se dit-il. Il y avait bien une chose qui pouvait le mettre dans un tel état.

- Kairos ! Ne te laisse pas emporter par tes émotions !

- VOUS M'AVEZ MENTI ! Elle est vivante. Ahsoka… elle est vivante et vous avez menti.

Dooku sus que c'était le moment pour laisser Kairos se déchainer. Le moment pour utiliser ses plus profondes émotions et laisser ses pouvoirs se manifester par sa rage.

- C'était un coup monté, vous avez trafiqué l'hologramme… elle est vivante et…et…

- Oui j'ai menti. Et c'était pour votre bien.

- Pour mon bien, répéta-t-il enragé.

Dooku avança vers Kairos lui donnant l'occasion de se défouler.

Et Kairos prit l'occasion, de ses deux mains il poussa Dooku avec la Force et celui-ci revola et se fit plaquer contre le mur derrière lui.

- Vous n'avez aucune idée de ce que vous m'avez fait subir, les cauchemars, le désespoir, la douleur. C'est de votre faute ! J'ai été rongé par la culpabilité et cette… douleur à cause de vous !

- Oui, dit le Comte en se relevant et se dirigeant encore une fois vers Kairos, c'est de ma faute, mais c'était un sacrifice nécessaire.

Encore une fois Kairos poussa Dooku avec la Force et celui-ci fut plaquer contre le mur encore plus durement.

- NÉCESSAIRE ! J'AURAIS PUS ÊTRE AVEC AHSOKA DEPUIS TOUT CE TEMPS ET VOUS M'EN EN AVEZ EMPÊCHER. VOUS M'AVEZ FAITES PASSÉ PAR CETTE DOULEUR ABOMINABLE QUE POUR SERVIRE VOS PLANS ÉGOISTES.

Et Dooku se releva, il sentait Kairos sur le point d'exploser et il savait que ce qu'il allait faire était extrêmement dangereux. Et bien, il allait enfin voir si ses leçons de contrôle de soi avaient porté leur fruit en Kairos.

- Si tu as toute cette rage, c'est que tu ne la mérites pas.

- VOUS ÊTES UN MONSTRE !

Kairos leva ses mains, encore une fois, essayant de pousser Dooku avec la Force. Enragé, il cria faisant ressentir toute sa fureur au Comte. Dooku encore une fois, ce laissa faire, il fut poussé contre le mur, qui commençait à prendre la forme d'un moule de Comte Dooku.

Kairos tomba à genoux, essoufflé. Bien sûr il venait de crier à s'écorcher les cordes vocales, mais d'un coup il se sentait infiniment plus léger, plus agile, non pas comme si un poids avait été soulevé de ses épaules, mais comme si un poids avait sorti de lui-même.

Malgré cet étrange sentiment de liberté, le jeune homme était toujours furieux contre le Comte qui lui avait menti. Maintenant un peu plus calme, Il se releva et regarda Dooku. Celui-ci était toujours plaqué contre le mur… à trois mètres du sol.

Il ne tombait pas, restait en l'air, défiant les lois de la gravité. C'est à ce moment que Kairos remarqua le silence assourdissant. Il balaya du regard la salle, rien ne bougeait… il n'y avait donc rien d'anormal, pas vrai ? Il reporta son attention vers le Comte, suspendu dans les airs. Il affichait une grimace exprimant sa douleur, sans bouger, comme s'il était figé dans le temps.

Figé dans le temps.

C'était impossible.


Kairos sorti du palais en courant et chercha quelque chose du regard. Après un moment, il trouva ce qu'il cherchait, un oiseau suspendu en l'air. Lui aussi figé dans le temps.

Le silence ce faisait de plus en plus assourdissant.

L'esprit de Kairos commença à réfléchir à toute vitesse. Que lui arrivait-il ? Pourquoi le temps s'était arrêté ? Comment était-ce possible ? Comment ce faisait-il qu'il vivait normalement ?

Kairos accouru vers le Comte Dooku, sa rage contre lui quasiment disparu. Était-ce lui qui avait fait ce tour ? Ou était-ce Kairos lui-même ?

Sentant que c'était la chose à faire, Kairos tendit sa paume vers le Comte, il ferma les yeux une seconde et il essaya d'utiliser la Force, de faire quelque chose.

Il rouvrit les yeux et rien ne se produisit, le temps restait figé. Il tendit la paume vers le Comte encore une fois, plus fermement, et se concentra. Il se concentra sur le temps qui retrouvait son cours normale, il commandait intérieurement aux temps de reprendre son flot.

Et un grand choc se fit entendre.

Kairos rouvrit les yeux et vit le Comte tombé sur le sol devant lui. Le silence, normale, du palais était revenu. Il entendait les oiseaux chantés de nouveau.


Le Comte Dooku se releva, retrouvant Kairos accroupi près de lui. Il souhaitait répliquer contre son apprenti et lui faire mordre la poussière, mais là n'était pas le but de cet exercice. Il remarqua soudainement, que Kairos n'était plus aussi enragé, mais surtout, qu'il semblait s'avoir téléporté. Avant de se faire projeté par la Force, il était à quatre mètres de lui et voilà qu'il était accroupi à son coté. Son plan avait-il marché ? Il n'avait ressenti que la Force qui le poussait, rien d'anormal, mais peut-être était-ce le pouvoir de son jeune apprenti, de se téléporter…

Le Comte se releva et fit face à Kairos qui fit de même…

- Je… je…

- Je t'ai poussé à bout Kairos, je m'en excuse. Je l'ai fait volontairement, pour te tester.

- J'ai arrêté le temps…

- Comment ! échappa le Comte surpris.

- J'ai… j'ai arrêté le temps, et je les fais reprendre son cours… j'ai simplement… commandé au temps de revenir à la normal et… et…

- Commander le temps, répéta Dooku incrédule.


Kairos et Dooku s'assirent pour discuter un moment. Kairos qui s'était calmé après l'évènement qu'il venait de vivre cherchait des réponses que seul Dooku pouvait lui apporté. Celui-ci lui expliqua, qu'il avait volontairement choqué Kairos pour que celui-ci réagisse avec émotion et utilisent tout ses pouvoirs.

- … J'ai toujours ressenti une immense puissance chez-vous. Et si vous pouvez commander le temps cela confirme donc ce que le général Grievous à vécu.

- Hein, de quoi parlez-vous ?

- Lors de votre première… rencontre, quand vous combattiez, le général Grievous subit les contre coup de votre pouvoir. Le temps se figea pour lui et il affirme vous avoir vu à différent stade de votre vie, lors que vous étiez plus jeune et lorsque vous étiez plus vieux. Je dois vous avouer qu'il fut terrifié par cette expérience qui n'a aucun pareil dans l'Histoire, des Siths, comme des Jedis.

- Mais c'est impossible, contrôler le temps est impossible !

- Essayez. Essayez encore.

- Mais, je n'ai aucune idée de comment faire !

- Vous avez dit avoir commandé le temps, refaite la même chose, commander au temps de s'arrêter.

Kairos ferma les yeux et se concentra. Il répéta intérieurement au temps de s'arrêter. Silence. Il rouvrit les yeux et vit le Comte, figé devant lui.

Comment était-ce aussi simple ? Il n'avait même pas fait le moindre mouvement, pas bouger un seul muscle, il avait juste imaginé. Soudainement, Kairos vit des déchirures. Des déchirures noires, qui apparaissaient dans les airs. Un noir absolu, qui rappelait le néant.

Kairos ferma ses yeux rapidement sous la peur de ces apparitions et commanda au temps de reprendre son cours normal. Il rouvrit les yeux et vit le Comte le regardé intensément.

- Et ?

- Ça à fonctionner… pour un moment… après, il y a eu des… déchirures noires qui apparaissait partout dans la salle.

- Grievous m'a aussi parlé de ce phénomène.

Dooku, s'arrêta un moment, semblant réfléchir.

- Si vous vivez normalement lorsque le temps s'arrête, c'est que nécessairement le temps s'écoule normalement pour vous. En d'autre terme, avec votre pouvoir, vous pouvez changer la vitesse de votre environnement pour la ralentir. Si le temps serait réellement arrêté vous ne pourriez voir puisque la lumière n'atteindrait jamais vos globes oculaires. Donc vous ralentissez le temps, et ses « déchirures noires » est en fait le temps qui s'arrête complètement. Il serait peut-être sage de ne plus commander au temps de s'arrêter, mais de ralentir.

Le Comte Dooku sorti son sabre laser et le fit léviter en l'air.

- Je veux que vous vous concentriez sur le sabre et que vous ralentissiez le temps aux alentours de celui-ci.

Alors que Kairos allait fermez ses yeux pour se concentrer, le Comte l'arrêta :

- Non, utiliser votre corps comme avec la Force.

Kairos leva sa main en direction du sabre et commanda au temps à l'entour de celui-ci de ralentir.

Le Comte Dooku arrêta de léviter le sabre et celui-ci commença à tomber. Lentement. Kairos pouvait le voir tomber, frôlant l'air doucement.

- Fascinant. Vous pouvez contrôler le temps d'objets ou de personnes en particulier. Maintenant tenter d'accélérer sa vitesse.

Kairos fit comme lui disait le Comte. Le sabre tomba rapidement, rebondit promptement défiant la gravité et roula sur le sol à toute vitesse provocant un étrange spectacle. Par la suite, Kairos commanda au temps lié au sabre de reprendre son cours normale.

- Voilà qui est réellement fascinant, dit le Comte en reprenant son sabre avec la Force.


Pendant quelque instant, le silence s'installa ce qui laissa le temps à Kairos de se souvenir pourquoi il était venu voir le Comte Dooku initialement.

- Vous m'avez menti, dit-il calmement en se levant.

Dooku se leva lui aussi.

- Oui, l'hologramme était un faux.

- Pourquoi ? Pourquoi vous m'avez menti ? Vous avez dit comprendre ce que je vivais, cette peine, mais vous me l'avez quand même fait vivre.

- Je suis désolé, réellement, mais vous deviez la croire morte pour que je puisse vous convaincre de m'écouter. Il fallait que je vous pousse au bout de vos émotions pour que vous puissiez développé vos pouvoirs. Je devais vous enseigner la vérité sur la guerre et les Jedis, sur les Siths et sur votre potentiel. Si vous aviez sus qu'elle était vivante, vous n'auriez pas été ouvert au changement. Les Jedis ont bien raison sur un point, c'est que l'attachement peut rendre aveugle, vous n'aviez qu'elle, Ahsoka, dans votre vie. Mais je vous aie emmené quelque chose de plus, un véritable but, une vocation, une raison de vivre, même après sa mort. Peu importe le passé. Regardez ce que vous pouvez faire maintenant. Vous avez le pouvoir, le pouvoir de choisir, d'influencer votre destiné. Vous n'aviez rien il y a quelques mois, mais maintenant vous avez tout. Le pouvoir, votre amie, un but. Toute la souffrance que vous avez vécu ses derniers mois a servi à vous forger, comme votre entrainement de Jedi, comme votre entrainement de Sith et maintenant vous êtes préparé à tout. Dites-moi, comment vous sentez vous maintenant, sachant qu'Ahsoka est en vie.

- Je… Soulagé, heureux presque… mais… en colère contre vous.

- Il n'y a pas de raison d'être en colère. Concentrez-vous sur cette délivrance que vous avez ressentie en apprenant qu'elle était en vie. Vous devez savoir prendre de la force de vos émotions négative, mais il faut aussi prendre la force des émotions comme l'amour, la joie, l'apaisement. Et Concentrez-vous sur le pouvoir que vous avez maintenant, avec ce pouvoir vous pourrez la rejoindre, la protéger.

- Mais… j'aurais pus être avec elle depuis tout ce temps…

- Les Jedis vous aurait séparés. Comme ils l'ont fait avec moi.

- Nous aurions trouvé une solution.

- Peut-être, mais aujourd'hui vous avez une solution, vous maîtriser le temps…

- Elle doit penser que je suis mort.

- … avec ce pouvoir vous pourrez être ensemble, peu importe les règles des Jedis.

- C'est faux.

Silence. Le Comte ne voulait certainement pas s'aliéner Kairos à ce moment.

- Nous sommes maintenant séparé par une guerre, je suis du coté des Séparatistes, elle du coté de la République. Si notre attachement était impossible sous l'ordre Jedis, qu'en ait-il maintenant ? Je ne peux retourner au Temple Jedi sans contredire ce pourquoi je me bats, mais en restant du coté des Séparatistes, comment puis-je la revoir ?

- Kairos, la guerre finira un jour.

- Il sera peut-être trop tard.

- Avec vos pouvoirs, tout est possibles, vous pouvez la protéger et vous pourrez mettre un terme à cette guerre. Vous ne vous rendez pas compte du potentiel de votre pouvoir. En contrôlant le temps, vous pouvez allez n'importe où, n'importe quand, vous pouvez dicter votre destiné, comme celle de votre amie. Comme celle de la galaxie.

Kairos se sentit soudainement fatigué devant toute cette situation toute sa vie. Une seule chose résonnait dans sa tête à ce moment : « Avec de grands pouvoirs, viens de grande responsabilité ». Et maintenant, plus que jamais, il comprenait ce que cela voulait dire.

- Kairos je dois te dire quels sont vraiment mes plans, maintenant que tu as découvert ton véritable potentiel…

Kairos avait remarqué que le Comte était plus honnête lorsqu'il employait le tutoyait. Il était maintenant quasiment certain que c'était un tour de l'inconscient du Comte qui le rendait plus familier et moins stoïque. Il n'avait plus la force de s'insurger contre Dooku, il avait raison sur bien des points et à ce moment il ne souhaitait qu'une réponse facile à tous ses problèmes.

- … Je t'ai déjà dit que la République était contrôlée par le chancelier Palpatine et que mon maître était un seigneur Sith puissant. C'est deux identités ne sont qu'en fait une personne. Le chancelier est un seigneur Sith. Le seigneur Sidious. Et il m'a formé dans le but de l'aider à déclencher cette guerre et gagner du pouvoir sur le Sénat. Mais maintenant, ensemble, nous sommes tout aussi puissants que lui. Nous pouvons l'arrêter et ensemble apporter la paix, la stabilité et un ordre nouveau à la galaxie. Pour nous, ceci est bien plus qu'une guerre pour la liberté des séparatistes, c'est aussi une guerre pour la liberté de toute la République, de toute la galaxie. S'il te plait Kairos, je te le redemande, me suivras-tu dans ma quête pour rapporter l'équilibre dans la galaxie ?

Kairos été abasourdi par la révélation de son maître sur le chancelier. C'était logique pourtant. Mais ce qui était encore plus surprenant c'est qu'il réitère sa demande, il savait que Dooku avait besoin de lui. Kairos avait aussi besoin de lui. Et même s'il se retrouvait dans la même situation d'il y a quelques mois, les choses avaient changé. Il était maintenant plus puissant, il savait qu'Ahsoka était en vie et en sécurité. Il avait appris que les choses ne paraissaient pas toujours ce qu'elle était vraiment. Et il savait que sur le fond, la mission du Comte Dooku était juste, mais il devrait rester sur ses gardes.

- Oui, dit-il tout bas. Oui je vous suivrais.