Au bout de quelques heures, la méditation d'Ahsoka fut interrompue par Kairos qui jura.
- Merde… qu'elle est stupide ! On lui offre sur un plateau d'argent et…
Ahsoka se leva et y voir Kairos à son bureau.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Kairos se tourna vers Ahsoka comme s'il était surpris de sa présence.
- Oh… je viens de recevoir un rapport. Nos agents sur Mandalore nous signalent que la Duchesse ne compte rien faire avec les informations que nous lui avons données. Celle-ci aurait dit à ses conseillers qu'elle « attendrait de voir comment les choses se déroulent ».
- Ce n'est pas, disons… normal d'attendre ?
- Attendre de voir comment les choses se déroulent ça veut dire ne pas savoir quoi faire, ne pas être capable de prendre une décision. Plus que nous attendons avant de dévoiler la vérité, plus qu'on pourra discréditer la véracité de nos preuves. Le timing de la diffusion de ses informations est essentiel et l'incapacité de la Duchesse à réfléchir rapidement est une terrible erreur pour le camp de la paix.
- Est-ce que vous lui avez expliqué cela ?
Kairos regarda Ahsoka quelque peu surpris.
- Non… mais elle est une politicienne intelligente, elle aurait dû le réaliser.
- Kairos, n'est-ce pas toi qui m'as souvent dit que le point de vue des gens est fondamentalement différent et que s'ils n'ont pas la même vision du tableau ils vont agir de façon différente.
Kairos sourit à Ahsoka.
- Tu as raison, dit-il moins énervé qu'au début. C'est ce que je pense. C'est vrai que je suis peut-être un peu dure sur la Duchesse inutilement, mais cela ne change en rien la réalité. Je ne m'attendais pas à ce que la Duchesse agisse d'une certaine façon, je ne savais pas comment elle réagirait, effectivement, mais je m'attendais à ce qu'elle agisse. Ce qu'elle n'a pas fait. Elle n'a pas agi, elle a choisi l'apathie.
Ahsoka regarda Kairos en hochant légèrement la tête comprenant ce qu'il disait, mais ne voyant pas où il voulait en venir.
- Ahsoka, je t'ai déjà expliqué pourquoi nous n'apprécions pas le Conseil des Systèmes Neutres n'est-ce pas ?
Ahsoka réfléchit un peu.
- Oui, je pense que tu m'avais dit que c'était parce qu'ils ne font pas grand-chose pour protéger les mondes neutres, il me semble.
- Exact. Cette différence d'actions entre le Conseil et les Fils de l'Harmonie s'explique par une simple réalité. Nous ne sommes pas des représentants de la même neutralité.
Ahsoka commençait à comprendre où voulait en venir son ami.
- Dans une situation, on peut dire qu'il y a deux types de neutralité prédominants. D'abord, il y a la neutralité active, c'est-à-dire celle qui refuse de trancher entre deux camps et qui cherche activement une troisième voie. C'est ce que nous faisons, en emmenant de plus en plus de monde à devenir neutre pour forcer une réconciliation éventuelle. Mais il y a l'autre type de neutralité sur lequel le Conseil des Systèmes Neutres; l'apathie. Le Conseil fut formé non pas dans l'objectif de rétablir la paix, mais dans le but de ne pas choisir, de ne pas avoir à trancher entre un camp ou un autre. Voilà pourquoi la Duchesse n'a pas pris de décision aujourd'hui ou hier, c'est parce que son modèle de neutralité est basé sur une apathie de la situation intergalactique. Et comme nous l'avons appris, apathy is death.
Un silence étrange s'installa entre les deux Jedis.
- Quoi ? L'apathie est la mort ? Je n'ai jamais entendu ça… et c'est plus tôt dur…
- Mais oui, dit Kairos semblant chercher une mémoire évaporée, « apathy is death » on nous l'a enseigné… c'était l'instructeur… un maître… je… bon je ne me souviens plus qui l'a dit, mais…
- Kairos, cela ne sonne pas comme quelque chose que les instructeurs Jedi diraient… c'est peut-être le Comte…
- Oui… euh… probablement…
Un autre silence s'installa, Ahsoka vu que Kairos n'était pas convaincu par son aveu. Ahsoka sentait que quelque chose clochait, que cette phrase cette leçon n'était pas du genre à Kairos, il n'était pas aussi macabre. Peut-être un relent de quand il avait été le prisonnier du Comte se dit Ahsoka.
Kairos laissant tomber l'affaire contacta dans la salle de conférence ses lieutenants en conférence holographique et son maître-espion se présenta physiquement. Kairos expliqua que ce genre de réunion arrivait souvent quand Kairos souhaitait planifier des choses importantes, puisqu'il dépendait grandement de ses lieutenants.
Ahsoka fut invité à intervenir si elle avait des invités, mais les quatre dirigeants des Fils de l'Harmonie commencèrent à parler entre eux ignorant la présence d'Ahsoka. Après qu'Hof'waje ai résumé la situation, Kairos pris parole.
- Pour économiser du temps, je mettrais en acte notre plan alternatif lorsque je recommencerais la journée d'aujourd'hui. Alors, avez-vous des idées pour forcer la Duchesse à agir au lieu de rester les bras croisés ?
- J'y ai pensé et tu pourrais simplement lui délivrer les informations en personne, commença Katerina. Bien sûr, la Duchesse pensera qu'on lui sera redevable, mais croire que quelqu'un nous est redevable est une bonne façon de la mettre dans notre poche, cela pourrait nous rapprocher d'une éventuelle alliance.
- Katerina voyons, dit Nataniel, ce que nous voulons un jour c'est qu'elle nous rejoint, pas une alliance d'égal à égal.
- Tu penses vraiment que la fière Duchesse de Mandalore accepterait de devenir qu'un simple pion. Lui montrer que nous pouvons la traiter comme une alliée la rapprochera de notre cause, cela ne va pas l'éloigner.
Ahsoka trouvait assez drôle l'idée que les deux lieutenants de Kairos étaient deux sénateurs de différents camps et qui étaient conjoints. Cela expliquait la façon dont ils argumentaient entre eux. Ahsoka aurait voulu poser plus de questions à Katerina à propos de comment ceux-ci vivaient en couple, mais elle s'était retenu plus tôt étant donné que les questions auraient causé un malaise entre elles et Kairos.
Pour couper l'argumentation entre ses deux lieutenants, Kairos intervenu.
- Dans tous les cas, peu importe quel genre d'alliée la Duchesse Satine se révélera être, je ne peux lui dévoiler l'information personnellement. Si les informations ont leur effet escompté, l'attention sera tournée vers Mandalore et il est possible que l'Ordre Jedi envoie des investigateurs, à ce moment la Duchesse pourrait être tenté de mentionner ma participation dans l'obtention des preuves de la neutralité d'Umbara.
Ahsoka trouva étrange que Kairos parle de cacher des choses à l'Ordre Jedi devant elle, cela venait prouver qu'Ahsoka n'était pas complètement un membre de l'Ordre, du moins que Kairos ne la voyait pas ainsi.
- Je ne vois pas comment la transmission des informations impacterait la prise de décision de la Duchesse, commença le Bothan sans quitter des yeux son datapads. Nos agents lui ont transmis toutes les informations et preuves pertinentes, si à la découverte de cette information elle n'agit pas, il semble que celle-ci n'agira pas sans facteur de motivation supplémentaire.
- Hmmm… la carrote ou le baton Hof'waje ? demanda Kairos.
- Bien entendue la carotte, mais j'ignore laquelle.
- Hof'waje a raison dit Nataniel, il nous faut la motiver, mais je ne crois que ni la carotte ni le bâton ne fonctionneront. Ce qu'il faut s'est appelé à ses émotions. Quoi de mieux de prétendre que le message vienne d'Umbariens en détresse qui demande à la Duchesse de les secourir ?
- Quel Umbariens pourrait envoyer ce message, tous les leaders gouvernementaux sont incarcérés dit Kairos.
- Ce n'est pas important qu'ils soient incarcérés ou pas, nous ne pouvons quand même envoyer un message en leur nom. Cela servira de motivation à la duchesse pour qu'elle agisse et se porte au secours du pauvre peuple Umbarien, déclara Nataniel.
Ahsoka n'aimait pas trop le ton de Nataniel, mais fut d'accord que la duchesse serait plus sensible à un message direct si cela venait des Umbariens.
- Mais nous risquons qu'elle soit trop impliquée, déclara Katerina. Une demande d'aide venant des Umbariens pourrait la poussé à demander le retrait de la force d'occupation d'Umbara ce qui sera inévitablement un échec. La chercher par les émotions la forcera à tenter de résoudre le problème ce que nous ne souhaitons pas, nous voulons qu'elle expose simplement le problème.
- Katerina à raison, dit Kairos. Ce dont nous avons besoin c'est d'un scandale, pas d'une tentative infructueuse de rétablir la neutralité d'Umbara. Si la Duchesse en venait à questionner l'occupation d'Umbara les politiciens du chancelier Palpatine commenceraient à ridiculiser la position de la neutralité. Et je dois avouer que si nous faisons comme tu dis, Nataniel, que la Duchesse tentera soit de libérer Umbara soit ne fera rien, il n'y aura pas d'entre-deux, car elle n'aime pas l'hypocrisie.
Les dirigeants des Fils de l'Harmonie s'installèrent dans un silence commençant à réfléchir.
Ahsoka se tourna vers Kairos essayant de comprendre quelque chose.
- Excusez-moi, pourquoi encore cela doit être la Duchesse qui doit recevoir les informations ? Cela ne pourrait-il pas être n'importe quel sénateur ?
Kairos, Katerina et Nataniel se tournèrent vers la jeune Togruta. Kairos répondit :
- Ce n'est pas impossible, nous souhaitons simplement que cela soit une figure politique neutre qui relaye le message et la Duchesse est celle avec le plus d'influence donc le plus d'impact. Par contre nous pourrions donner l'information à un sénateur de sa cour…
- Cela nous emmènerait aux mêmes résultats, celle-ci ferait pression pour attendre avec de divulguer les informations. C'est la réaction de la Duchesse dont nous avons besoin pour tourner l'opinion publique.
Alors qu'Ahsoka s'apprêtait à rebaisser sa tête, quelque peu déçu de ne pas avoir pu aider, Nataniel se racla la gorge.
- L'observation de mademoiselle Tano est juste, nous sommes trop concentrés sur la Duchesse.
Nataniel fit une petite pose dramatique.
- Nous écoutons Nataniel, dit Kairos légèrement amusé.
- Nous n'avons pas à envoyer les informations à la Duchesse pour qu'il soit divulgué, nous pouvons simplement les faire fuiter à la presse nous même en faisant porter le blâme à la Duchesse. Dès que l'information sera publique, la Duchesse n'aura pas d'autre choix que d'agir selon ceux-ci.
Kairos fit mine de considérer l'idée.
- Qu'est-ce qui nous dit qu'elle n'ignorera pas encore une fois l'information ? Si aucun politicien n'y porte attention, l'information mourra dans l'œuf.
- Les agents d'Hof'waje ont rapporté qu'elle prévoyait utiliser les informations plus tard, signifiant qu'elle pensait à les utiliser, expliqua Nataniel. Je doute qu'elle soit prête à prendre la décision de jeter à la poubelle ces informations, mais si nous la forçons à agir en les mettant à découverte elle prendra la décision qu'elle était censée prendre plus tôt.
- Nous avons un agent sur Umbara qui pourrait se faire passé pour un reportaire Mandalorien, celui-ci pourra disparaître aussitôt son travail fait sur Mandalore ce qui laissera la Duchesse comme seule source évidente des informations, déclara Hof'waje.
- Et je peux demander à Jogun de préparer l'Holonet à cette déclaration pour s'assurer que les nouvelles enflamment l'actualité avant même que la Duchesse ne fasse une déclaration, conclut Katerina.
Kairos se tourna vers Ahsoka et lui dit :
- Merci pour la question Ahsoka, il semble qu'avoir quelqu'un qui pense en dehors de la boîte puisse nous aider à prendre du recul.
- Ravi d'avoir pu aider dit Ahsoka modeste.
La réunion finit peu de temps après et Katerina et Nataniel fermèrent leur communication holographique ne laissant qu'Hof'waje avec Kairos et Ahsoka.
- J'ai reçu une nouvelle… grave, monsieur, commença Hof'waje.
Kairos lança un regard à Ahsoka, celle-ci y lut une certaine appréhension, mais le moment d'après Kairos était concentré sur son maître-espion.
- Oui.
- L'espion du chancelier que nous avons trouvé récemment a avoué avoir discuté avec la chef-représentante Namanek.
Un lourd silence tomba soudainement dans la salle. Kairos ferma les yeux. Deux secondes plus tard il demanda:
- Namanek ne nous a pas signalé l'espion.
- Non monsieur.
- Était-elle ouverte à nous trahir ?
- Oui monsieur.
Ahsoka vit Kairos se fermer les yeux encore. Une seconde passa, puis une deuxième, puis une troisième. Ahsoka vu Kairos serré ses poings. Elle se demandait qu'est-ce qui était aussi grave, ne pouvait-il pas revenir dans le temps avant qu'ils ne soient trahis.
- Je vais m'occuper d'elle. Nous trouverons un remplaçant.
Soudainement, Ahsoka compris. Elle ne comprit pas vraiment, mais son cerveau lui donna l'instinct de poser la bonne question.
- Kairos… qu'est-ce que tu veux dire par t'occuper d'elle ?
Celui-ci rouvrit les yeux et se tourna vers Ahsoka. Son regard était dur et froid.
- Je veux dire l'éliminer… la tuer.
Ahsoka le savait. Dès qu'elle avait vu Kairos fermer ses yeux, elle le savait. Voilà les choses que Kairos ne voulait pas lui dévoiler. Il ne faisait pas que tuer sur le champ de bataille ni torturer des espions ennemis… il tuait des gens de sa propre organisation. Ahsoka se senti légèrement étourdi d'un coup… ce n'était pas la même chose… non ce n'était pas la même chose que de tuer quelqu'un sur le champ de bataille. Kairos était vraiment tombé aussi bas…
- Je… tu… tu tues les gens qui te trahisse Kairos… vraiment ? Je m'attendais à cela de la part du Compte, mais de toi… Qu'est-ce que cette Namanek a bien pu faire pour mériter cela.
- Ce n'est pas ce qu'elle a fait, c'est ce qu'elle peut faire. Si elle est ouverte à échanger des informations à un espion du chancelier, c'est qu'elle est ouverte à tout vendre et à nous trahir. Or je ne peux laisser quelqu'un nous trahir. Mon existence et celle des Fils de l'Harmonie doit rester secrète pour le chancelier.
- Alors pourquoi tu n'utilises pas tes pouvoirs avant que l'espion ne lui parle…
- Comme j'ai dit, ce n'est pas ce qu'elle a fait, c'est ce qu'elle peut faire. Elle n'est pas loyale à l'organisation puisqu'elle serait prête à la vendre dans certaines circonstances. Je ne peux avoir des gens qui ne sont pas loyaux dans mon entourage. Une seule fuite d'information et le chancelier pourraient être sur ma trace. Et celui-ci a le pouvoir de détruire tout ce que nous avons fait et potentiellement le pouvoir de me tuer. La seule possibilité qu'un des chefs-représentants puisse me trahir est inadmissible.
- Ce… ce n'est pas une raison de tuer un civil comme cela. Sais-tu si cette Namanek a de la famille ou des proches ? Et les gens peuvent changé, peut-être a-t-elle une raison pour avoir parlé à cet espion, tu ne peux pas savoir.
- Elle ne peut rester dans l'organisation, peu importe de ses raisons et de sa vie. Je peux la laisser partir, mais cela ne me donne aucune garantie qu'elle ne se fera pas aborder par d'autre espion ou qu'elle va garder nos secrets. Cela me laisse deux choix, l'emprisonner ou l'éliminer. Et emprisonné tous ceux qui trahissent notre organisation et les laisser sortir dans le futur ne fera que dépeindre les Fils de l'Harmonie comme tyrannique ce qui voudrait dire que nous les emprisonnerions à vie ce qui revient à les éliminés.
-… Kairos… tu te rends compte de ton raisonnement… c'est c'est…
- C'est comme ça que ça fonctionne dans le monde souterrain, en dessous de la loi et de l'ordre de la République. Nous faisons notre propre ordre. J'y ai pensé beaucoup Ahsoka, mais il n'y a tout simplement pas d'autre façon de régler ce genre de problème.
Ahsoka voyait bien qu'elle ne convaincrait pas Kairos. Elle ne savait même pas ce qu'elle essayait de le convaincre. Elle se sentait mal. Ni triste, ni fâché, ni déçu, ni horrifié… ou peut-être tout cela à la fois, mais elle savait qu'elle se sentait mal. Individuellement, elle pouvait laisser passer différentes décisions de Kairos, mais voilà qu'elle avait le tableau en entier devant ses yeux.
Kairos usait de torture, exécutait ses ennemis et tuait même certains civil et personne non combattante. Tout cela en le nom de son organisation et de son objectif.
Cela lui rappelait comment Kairos décrivait le Comtpe, il faisait de mauvaises actions, car il croyait qu'il n'y avait pas d'autre solution. Bien sûr, Ahsoka savait qu'il n'y avait pas de comparaison à faire entre Dooku et Kaiors, mais cela la rendait quand même malade.
Elle voulait crier après lui ou peut-être simplement le prendre dans ses bras pour qu'il renonce à cette voie, mais… elle n'en avait pas la force. Son entraînement lui apprenait à garder son calme dans les situations de stress intense et elle se retrouvait en ce moment étrangement calme, dénué d'émotion avec seulement un sentiment mauvais lui donnant mal au ventre. Ahsoka se dit qu'en ce moment elle devrait être enflammée… indigné par l'attitude de son amie, mais elle n'était pas victime de ses passions et restait en contrôle. En contrôle et dénué d'émotions.
Elle resta en silence pendant un long moment. Kairos aussi.
À chaque minute qui passait elle pensait soit commencer à crier après Kairos, soit fondre larme, soit simplement courir et le prendre dans ses bras, soit lui dire qu'elle l'aimait malgré tout, soit lui dire qu'elle voulait comprendre comment celui-ci pouvait abandonné le code Jedi aussi facilement. Mais à chaque fois elle se retrouvait incapable de faire le moindre mouvement. Elle ne paniquait pas. Et ne savait pas quoi faire. Quoi dire.
Ahsoka était incapable de savoir quoi pensé des révélations que Kairos lui avait fait part aujourd'hui.
Elle leva la tête et vue que le maître-espion était partie. Kairos était resté assis en silence sans bouger comme elle. Il ne la regardait pas.
Peut-être que si Ahsoka l'accompagnait… lorsqu'il allait « s'occuper » de sa subordonnée, peut-être que là, Kairos réaliserait que ce n'est pas une solution ou peut-être qu'elle comprendrait mieux pourquoi Kairos était forcé de poser un tel acte.
Elle dit sans émotion :
- Je veux être là. Quand tu vas le faire.
Kairos répondit une demi-seconde plus tard.
- Je ne le fais pas aujourd'hui, je le ferais quand je recommencerais la journée, cela ne servirait à rien sinon.
- Oh…
Ahsoka ne trouva rien d'autre à dire. Elle n'allait quand même pas demander qu'il le fasse maintenant.
Ils retombèrent dans un silence lourd et oppressant.
Ahsoka n'avait même pas besoin de méditer pour calmer ses émotions, elles étaient déjà sous contrôle, alors que pourtant elle voulait qu'ils se déchainent. Elle voulait dire quelque chose, faire quelque chose.
Mais elle resta silencieuse, incapable de savoir ce qu'elle ressentait et ce qu'elle pensait de Kairos à ce moment.
Cette fois-ci, ils auraient préféré rester seuls dans leur silence.
Kairos et Ahsoka partirent vers Kashyykk. C'était le dernier rendez-vous de Kairos pour la journée. Une médiation entre Trandoshia et Kashyykk quant à la neutralité du système.
Les deux Jedis firent le chemin en silence, Ahsoka incapable de se changé les esprits.
Celle-ci le regarda, il semblait être en train de préparer un discours. Était-il vraiment revenu à la normale après leur dernière discussion se demanda Ahsoka ? Elle s'ouvrit à la Force et vue clairement que Kairos était encore perturbé, il ne faisait que caché cela derrière son travail.
Mais elle, elle n'avait rien à faire. Seulement être prise avec ses pensées. Elle tenta de faire un peu d'excercise à l'arrière de l'Atropos, mais cela ne réussit pas à enlever Kairos de son esprit, après tout il était si proche.
Kairos… pourquoi celui-ci ne pouvait-il pas être plus simple. Ahsoka était transpercé de sentiment contradictoire. Elle aimait son ami, elle avait grandi avec lui et aujourd'hui elle était la seule à vraiment le comprendre. Elle lui avait demandé à Kairos de ne pas rien lui cacher, de dire ce qu'il faisait, bien comme mal. Celui-ci avait finalement fait le saut. Cette journée… ces journées… avaient été lourdes pour Ahsoka, elle n'avait pas pensé autant depuis… depuis plus de temps qu'elle ne s'en souvienne. Kairos lui avait montré et expliqué son organisation. Elle faisait le bien, mais utilisait des techniques parfois violentes et immorales. Mais ce qui la dérangeait c'était que Kairos y participait. Celle-ci n'aurait pas eu de problème à accepter que les Fils de l'Harmonie fassent des choses moralement douteuses, cela aurait été le problème de l'organisation, pas de Kairos lui-même.
Mais Kairos était bel et bien l'auteur de crimes… de meurtre. Encore une fois, elle ne pouvait pas le juger ou le blâmé lorsque c'était sur un champ de bataille, mais de là à éliminer les gens qui lui était déloyaux… cela en plus de cautionner et probablement de participer, elle ne se le cachera pas, l'intimidation, le chantage, la manipulation et la torture commise par les agents de son organisation.
Kairos était-il un monstre ? Bien sûr que non… Mais il était loin d'être le héros qu'elle imaginait. Comme toujours, rien n'est blanc ou noir… il n'y a aucune solution facile. Ahsoka avait promis d'écouter Kairos, d'essayer de le comprendre et de ne pas le juger, mais pouvait-elle vraiment tenir cette promesse ? Voulait-elle comprendre… cautionné ses gestes. Si elle pardonnait ou du moins acceptait que Kairos posait ses gestes, cela ne voulait-il pas dire qu'elle aussi les cautionnerait… qu'elle aussi serait prêt à les poser ?
Ahsoka frappa le mur. Elle ne savait pas. Elle ne savait pas quoi faire. Elle n'avait pas de solution. Pas de réponse qui puisse expliquer pourquoi elle aimait autant Kairos, même si elle trouvait horrible ce qu'il faisait. Comment elle pouvait désapprouver de ses méthodes tout en étant inspiré par leur objectif.
Elle n'avait toujours aucune réaction émotive à ces réalisations sur Kairos, mais maintenant seulement la frustration l'habitait. La frustration de l'inaction, de l'apathie, de l'indécision et de la paralysie qui l'affectait, celle-ci étant incapable de se décider quoi pensé de Kairos maintenant qu'il avait révélé ce qu'il cachait derrière son masque.
Kairos et Ahsoka arrivèrent à la table des négociations. Kairos expliqua rapidement qu'il la mettrait dans une bulle invisible pour faciliter l'explication de sa présence, Ahsoka répondit à l'affirmative en le moins de mots possible.
Kairos rencontra le roi Wookie et discuta quelque peu avant la médiation, mais Ahsoka n'y porta attention qu'à moitié. Ceux-ci semblaient discuter des aspects contentieux de la position de Kashyyyk et de sa neutralité. Mais Ahsoka n'entendit aucune raison, simplement le fait que des Wookies comme des Trandoshians voulait simplement arrêter d'être neutre et choisir un camp et que c'était probablement lié à un courtisage politique. Mais Ahsoka ne suivit pas les détails son esprit fatigué et beaucoup moins affuté qu'au début de la journée.
Ahsoka suivit le roi Wookier et Kairos dans une grande salle fermée où se rencontrait six Wookie et 6 Trandoshians, tous des membres importants de leurs gouvernements. Une rencontre secrète entre gens puissants sur le destin de leur système.
Kairos, sous son masque, fut assigné le rôle de médiateur, les Trandoshians ne se plaignèrent que minimalement à propos de la présence de Kairos ceux-ci étant habitué que les Wookie mènent le bal diplomatique avec leurs propres contacts.
La prochaine heure fut un brouhaha incessant pour Ahsoka, les Wookie et Trandoshia argumentant entre eux à propos de rejoindre la République ou de rejoindre les Séparatistes ou de rester neutre. Mais c'était loin d'être un débat de fond et d'idée, c'était davantage un genre de joute verbale mêlé d'attaque personnelle, d'accusation et de raillerie. Mais cela semblait étrangement normal, Ahsoka pouvait reconnaître un certain sens ritualistique à cette discussion. Après tout, les Trandoshians et Wookie sont des peuples rivaux depuis des milliers d'années, mais ne se sont jamais déclaré la guerre, ils ont probablement tenu des centaines de médiations comme celle-ci depuis qu'ils ont rejoint la République.
Ahsoka écouta machinalement tout ce qui se disait, mais elle n'enregistra rien, son esprit fonctionnant sur un mode automatique. Elle comprit qu'il y avait trois trandoshian qui militait pour rejoindre les séparatistes, quatre wookie et deux trandoshian qui souhaitait rejoindre la République et deux wookie et trandoshian qui souhaitait resté neutre. La réponse aurait été vite réglée si ceux-ci aurrait passé un vote, mais cela semblait hors de question selon eux.
Lorsqu'un creux dans la discussion survenue ou les orateurs tournait en boucle depuis une dizaine de minutes, il y eut un déclic. Ahsoka sentit quelque chose. Une sorte de… sérénité. Elle vue Kairos se levé et dégagé autour de lui une sorte d'aura de calme.
- Si je puis me permettre, la discussion semble ne mener nulle part, vous avez cessé de vous écouter depuis déjà une demi-heure, peut-être serait-il temps que vous écoutiez l'avis d'une position extérieur. Il y a-t-il des objections ?
Les diplomates restèrent silencieux, acceptant l'intervention de Kairos. Ahsoka fut surprise et apprécia que le silence retentisse dans la salle. Mais elle fut intrigué par Kairos, contrôlé autant ses émotions pour projeter un aura de calme et de sérénité autour de lui, s'était digne des plus grands chevaliers Jedis… elle ne comprenait pas comment celui-ci était capable de faire une telle chose, cela prenait des années de méditations pour atteindre une telle technique. Il y avait quelque chose qui clochait. Lentement Ahsoka s'acclimata à cette sérénité et se rendu compte qu'un sentiment de communion l'alimentait et non pas un réel calme absolu.
- Bien. Je suis conscient des différences qui vous animent, de la rivalité de Trandoshia et de celle de Kashyyyk, mais ces différences vous empêchent clairement de prendre en compte les faits. Vous avez quatre choix qui s'offrent à vous, quatre choix bien simples. Examinons-les. Première option; vous rejoignez la Confédération peu importe vos raisons, conséquences; vous subissez le même sort qu'Umbara, une offensive majeure de la République pour reprendre votre système clé. Deuxième option; vous rejoignez la République et ouvrez vos mondes à une attaque du général Grievous qui est connu pour être impitoyable et user de bombardements orbitaux, conséquence; une bataille mêlée dans votre système qui coupera le commerce ainsi que tout transport vers la Bordure extérieure. Troisième option; vous finissez par prendre des camps opposés et vous escalader votre rivalerie millénaire à une guerre pour la première fois de votre histoire, conséquences; vous vous massacrerez les uns les autres et vos mondes bruleront. Ni la République, ni la Confédération ne souhaiteront occuper vos mondes si vous entrez dans une guerre ouverte, et ils n'ont aucun intérêt à perdre des troupes contre vos deux peuples guerriers…
Ahsoka était surprise de voir l'aura que projetait Kairos changé au gré de son discours. Celui-ci passa de ce sentiment de communion à un sentiment de tension, une angoisse, une crainte de voir quelque chose se briser. Kairos n'était pas en train de projeté une aura de calme sur son auditoire, il utilisait ses émotions, une technique du côté obscur comme il avait utilisé plus tôt aujourd'hui. Mais, alors qu'Ahsoka avait identifié l'émotion dans laquelle avait puisé Kairos plus tôt, cette fois-ci elle était incapable de comprendre comment quelque chose pouvait passer de la communion et la sérénité aussi vite à cette tension angoissante.
- … Savez-vous combien de temps cela prend à un croiseur pour raser un centre urbain majeur comme Rwookrrorro ou Hsskhor ? Moins d'une journée. Je vous laisse imaginer comment il serait facile à une flotte républicaine ou séparatiste de détruire vos mondes s'ils en avaient besoin. Cela nous laisse avec une quatrième option, tout simplement apprécier la position privilégiée dans laquelle vous êtes en ce moment. Rester neutre. Vos planètes sont sauves, le commerce est florissant, vous pouvez offrir vos services aux deux factions et avant tout, vous pouvez continuer à prendre les pots de vins que les séparatistes et républicains vous offrent pour changer d'allégeance. Aussi simple que cela, vous n'avez simplement qu'à ne pas lever un doigt et vous pouvez profiter de tout ce que vous avez sans aucun souci. Un choix évident parait-il.
Encore une fois, Kairos réaxa son discours et lentement Ahsoka sentit un sentiment d'espoir resplendir dans la salle, mais lentement cet espoir passait d'une sérénité à une passion silencieuse.
- … Vous êtes peut-être inquiet de vous faire attaquer, qu'on viole cette neutralité et attaque subitement votre havre de paix. Mais je souhaite vous rappeler d'un incident il y a un an et demi ou la Fédération du Commerce avait tenté de faire pression sur Kashyyyk pour qu'elle rejoigne la Confédération. Nous étions là. Vérifié vos archives et vous reconnaîtrez qu'une flotte « mercenaire » était en orbite de Kashyyyk, prêt à la défendre. Le Conseil des Systèmes Neutres fera la même chose pour Trandoshia. La neutralité est la seule chose garantissant votre sécurité, alors pourquoi tout parié sur un camp d'une guerre qui ne vous concerne pas ? Il n'y a aucune raison à part les faveurs et l'argent que ces deux camps peuvent vous offrir en retour. Mais êtes-vous vraiment prêt à courir le risque de finir comme les Hiéarques d'Umbara ou de finir comme le Roi de Toydaria ? Bien sûr que non, ni vos intérêts personnels ni les intérêts de votre nation ne s'aligne à un côté de ce conflit, alors vous savez que vous n'êtes présenté qu'à un seul choix.
Kairos laissa durer le silence et Ahsoka perçut que Wookie comme Trandoshian semblaient avoir été convaincues par les mots de Kairos. Leur animosité avait été remplacée par une certaine ferveur qui miroitait maintenant l'aura de Kairos qui dégageait un espoir passionné et solide. Ahsoka tentait encore d'identifier comment cette technique du côté obscure pouvait passer de la sérénité, à la tension, à un espoir… qu'elle était donc la source de l'émotion de Kairos. Ce n'était ni la colère ni la haine. Ni la peur ni la douleur. Il n'utilisait pas non plus la sérénité ou le calme comme un Jedi le ferait. Ahsoka ne comprenait pas ce qu'elle ressentait, ce que Kairos projetait comme sentiment aussi riche et complexe, pourtant elle savait que la réponse était droit devant elle.
- Je vois que je vous ai convaincu. Vous n'avez pas besoin d'admettre d'avoir changé d'avis, faites simplement garder le statu quo indéfiniment et continuer à organiser ses médiations si cela vous chante, même si vous saurez personnellement que la neutralité du système de Kashyyyk sera maintenue, par pur pragmatisme.
Kairos rigola un instant, Ahsoka entendu Kairos parlé, non pas l'Harmonie à ce moment.
- Vous pourriez faire tellement plus ensemble… dit-il silencieusement.
Ahsoka sentit le sentiment d'espoir… le sentiment d'harmonie de Kairos s'enflammer, alors que celui-ci répéta à voix haute ce qu'il avait d'abord chuchoté.
- Vous pourriez faire tellement plus ensemble. Regardez-vous, Wookie et Trandoshian, deux des espèces les plus puissantes de la galaxie prise dans une rivalité sans fin. Imaginez un instant, au-delà de votre animosité commune, travailler côte à côte. Des guerriers wookie et trandoshians se battre ensemble au lieu de contre, aucun bataillon clone ou droïde ne pourrait faire le poids. Imaginez un instant si vous n'aviez pas tout ce bagage historique pour vous empêcher de vous unir. Trandoshia et Kashyyyk compétionant ensemble amicalement au lieu de rester isoler dans un même système, les guerriers wookie apprenant auprès des chasseurs Trandoshians et vice versa, ensemble triomphant des plus grandes bêtes de vos mondes respectifs que vous n'avez jamais osez approcher seul. Vous vous dites probablement que c'est impossible à cause de votre passé. Vous vous blâmez continuellement pour une rivalité vieille de 7000 ans. Trandoshian laissant des chasseurs et des esclavagistes traquer des wookies, et Wookie restreignant l'influence de Trandoshia et monopolisant le pouvoir diplomatique de votre système. Vous savez que vos deux peuples participent aux hostilités alimentant vos peuples depuis des générations et cela est complètement absurde ! Je ne vous dis pas d'oublier le passé ou de l'ignorer, cela serait impossible, je vous dis que vous pouvez prendre la chance de construire de nouvelles choses ensembles au lieu de constamment vous fondez sur votre passé. Constamment vous reposez sur les actions passées de vos peuples, constamment vous tournez vers de l'histoire ancienne pour prendre des décisions aujourd'hui, cela fait de vous des esclaves du passé, vous forçant à répéter encore et encore les mêmes gestes que vos ancêtres et ceux d'avant n'espérant jamais rien de plus. Mais, si vous cessé de regardé derrière vous, d'écouté les mêmes rancœurs que vous répété continuellement, alors vous serez capable d'avancer, sans être autant ralenti par votre bagage passé, vous serez enfin capable d'être maître de votre propre destin. Vous aurez toujours la possibilité de définir le futur au lieu de vous laissé être définir par votre passé, il vous suffit de regarder devant vous.
Ahsoka regarda devant elle et comprit finalement ce que Kairos utilisait comme émotion pour créer cette aura d'influence sur les esprits de son auditoire. C'était simplement l'amour. Et elle savait de quel amour il s'agissait.
Soudainement, elle se sentit mieux. D'abord parce qu'elle se laissait influencer par la technique de persuasion et d'altération mentale de son ami, puis parce qu'elle réalisait que peu importe ce que Kairos avait fait, que cela ne le définirait jamais entièrement. Il pouvait toujours changer. Ils pouvaient cesser de se concentrer sur le passé et répéter les mêmes actions. Ahsoka se sentit connecté à son Kairos et elle sut que celui-ci allait construire quelque chose de nouveau, qu'il avait trouvé une façon d'éviter de les blesser tous deux.
Kairos regarda la salle. Ahsoka savait que celle-ci était sensée être invisible, que Kairos ne la voyait pas vraiment ou ne la sentait, celle-ci étant un instant dans le futur, qu'elle était la seule à pouvoir le voir. Mais, d'une façon, elle sentit son regard, derrière son masque et derrière sa bulle temporelle, elle sentit Kairos la voir, au-delà du temps.
Lentement, Kairos relâcha son emprise sur l'esprit des diplomates l'entourant. Ahsoka sentit le sentiment d'espoir partagé s'évaporer. Elle réalisa que celle-ci devait le sentir beaucoup plus fortement que les politiciens dans la salle et que pour eux, cela ne fut que joué leur perception quant au discours de Kairos.
Ce genre de persuasion usant de passion étant censé être une technique du côté obscure, mais Ahsoka trouvait l'idée ridicule maintenant. Comme une telle technique utilisant l'amour pouvait être une manifestation du côté obscur, qu'est-ce qu'il y avait de mal à cela. Voilà le genre de Jedi Gris qu'elle préférait voir, celui qui utilisait ses passions pour simplement délivrer un message de paix au lieu de les utiliser pour intimider ou faire du mal à quelqu'un.
De retour dans l'Anteros, Kairos sortit Ahsoka de sa bulle temporelle et entra les coordonnés de Coruscant sur son tableau de commande.
Il se tourna vers Ahsoka qui le regardait avec attention. Il la regarda pendant un instant, puis dévia son regard avant de commencer à parler.
- J'ai… je crois avoir trouvé une façon… une façon de ne pas avoir à tuer des traitres.
Ahsoka décela dans Kairos ces inquiétudes, ces incertitudes, son aspect calculateur et pragmatique et surtout son désir de lui plaire. Ahsoka savait que Kairos avait cherché une autre façon seulement pour l'apaiser ou du moins pour l'empêcher de s'inquiéter. Celle-ci savait que trouver cette autre façon lui ferait du bien, l'empêcherait de se faire ronger par la culpabilité plus qu'il ne l'était déjà. Elle se dit qu'il semblait que celui-ci ne cherche jamais des façons d'alléger sa culpabilité pour lui-même, mais quand elle était là pour lui et qu'elle commençait à s'inquiéter il se forçait à trouver quelque chose.
- Je peux les figer dans le temps et les enfermé quelque part d'ici la fin de la guerre. Je pourrais les relâches une fois tout terminés. J'aurais enlevé une partie de leur vie, mais au moins ils vivront et personne ne pourra accuser les Fils de les avoir kidnappés puisqu'il n'y aura aucune preuve ni témoin. Je… ce n'est même pas censé fonctionné, mes bulles temporelles se défont souvent quand je suis déconcentré, donc il faudrait constamment que je refasse ses bulles. Mais dans le fond, je peux toujours revenir dans le temps et les faire revenir au moment avant que je ne les enlève. Je… je peux même techniquement… ramener certaines… certaines personnes que nous avons éliminées par précaution. J'ai gardé le corps de certains, donc si cela n'est pas dangereux je pourrais… les ramener à la vie.
Ahsoka prit sa main.
- Merci Kairos. Je ne dis pas ça pour moi, mais pour toi. Ce n'est pas bon pour toi d'être aussi… brutale quand tu diriges ton organisation. Je… comprends que c'est un outil utile pour ton organisation, tu me l'as déjà expliqué, mais ce n'est pas bon pour toi. Et maintenant je te sens déjà mieux respirer.
- Je… j'aurais du y pensé plus tôt… j'aurais pu… commença Kairos se sentant coupable et exposé devant l'intervention de son amie.
- Kairos ! Il faut que tu arrêtes avec ça, tu ne peux pas être parfait ! Écoute un peu tes propres leçons et cesse de regretter tes actions passées. Concentre-toi sur le futur.
Kairos serra les mains d'Ahsoka et releva son visage avec davantage de confiance.
- Je ne crois pas que je vais arrêter de me sentir coupable pour mes erreurs… mais tu as raison, je ne devrais pas passer mon temps à penser à cela. Comme d'habitude tu as raison et tu me fais ouvrir les yeux sur moi-même. Comme d'habitude je sens que doit être celui qui te remercie pour l'inspiration que tu me donnes.
- Et comme d'habitude je pense pouvoir dire la même chose.
Ils s'enlacèrent instinctivement. Ils profitèrent de leur rapprochement, pendant qu'il dura, puis se retirèrent.
- Tu m'as montré ta vie et ton organisation et maintenant je comprends beaucoup mieux qui tu es devenu. Ce… ce n'était pas à quoi je me suis attendue, je vais l'avoué. Tu es une autre personne lorsque tu es le dirigeant des Fils… c'est certain. Je comprends maintenant pourquoi tu avais aussi peur de me montrer cette partie de toi, cela n'a pas dû être facile pour toi.
- Honnêtement ? Cela fut beaucoup plus facile que je ne le redoutais. Je pensais que ce serait étrange de t'avoir à mes côtés quand je suis l'Harmonie, mais je crois que peu importe quel masque je porte, je me sentirais toujours à l'aise à tes côtés.
Ahsoka resta silencieuse un instant.
- Kairos… tout ce que je veux c'est que tu ne deviennes pas comme le Comte Dooku… perdre ton âme, te perdre dans le côté obscur en faisant des choses atroces au nom du bien. Je… je comprends, dit la jeune Togruta difficilement, que tu doives faire des sacrifices incluant ta propre paix d'esprit pour que tu puisses atteindre ton objectif et je comprends que des fois les fins justifient les moyens. Mais tu dois faire attention Kairos, parce qu'on ne sait pas où est la ligne de non-retour.
Kairos afficha un mince sourire tendre.
- Je vais avoir besoin de toi pour ça Ahsoka. Me rattraper quand je tombe trop loin.
Ahsoka lui retourna son sourire.
- Je ne serais jamais bien loin.
Kairos respirait mieux. Effectivement. Il contempla le silence avec son amie. Son amour. Il était heureux que toute tension soit évaporée que tout était revenu à la normale. Cette journée avait été lourde en émotion pour lui, il se sentait drainé, mais bien. Ahsoka avait tenu sa promesse, pas qu'il n'y avait pas cru, il était simplement soulagé. Celui-ci savait que ses craintes étaient irrationnelles, mais Ahsoka était bien celle qui échappe à son contrôle et ses prédictions. Pour le mieux bien entendu, gérer une organisation était bien moins stressant que de faire affaire à la Padawan étant donné qu'il contrôlait les Fils. Mais comme à chaque fois, celui-ci s'en faisait trop pour elle et ce qu'elle pensait de lui. Ahsoka ne souhaitait que son bien, comme lui ne souhaitait que le sien. Il était tout deux très égoïstes dans leurs altruismes, se dit-il.
Après plusieurs minutes de silence, Ahsoka eu une étrange question qui lui venu à l'esprit.
- Je me demandais… tu vas recommencer la journée d'aujourd'hui pour tout le monde sauf moi, c'est exact ?
- Oui.
- Et tu peux utiliser tes pouvoirs sur quelqu'un pour qu'il oublie une conversation de façon à ce que tu la recommences, comme tu as fait quand tu tentais de trouver le nom du projet…
- Oui bien sûr.
- Je… je sais que j'ai déjà la réponse, je ne doute pas de toi, mais j'ai l'impression que je devrais te la poser quand même. Tu n'as jamais utilisé cela sur moi, pas vrai ?
Kairos regarda Ahsoka, puis il comprit que celle-ci disait la vérité, elle ne doutait pas de lui, elle souhaitait simplement avoir une confirmation.
- Je n'ai jamais même pensé à le faire Ahsoka.
Bien sûr, s'il le faisait sa vie perdrait tout son sens.
- Tu es bien mieux, sinon je t'aurais donné une petite raclée, dit Ahsoka pour rire.
Celle-ci réalisa bien ce que cela voulait dire, tous deux le savaient,mais restait volontairement silencieuse quant à la raison.
Soudainement, Kairos se leva et y dans son espace de stockage. Il apporta à Ahsoka un étrange objet.
- C'est un… un cadeau, dit-il en lui remettant dans ses mains.
- Oh… Kairos, ce n'est pas juste, tu me fais toujours des cadeaux...
- Ne t'en fait pas pour ça, tu es un moine sans possession, alors que j'ai l'argent pour acheter n'importe quoi, ce n'est pas comme si tu pouvais vraiment me donner de cadeaux.
- Vantard…
Ahsoka regarda avec attention l'objet rectangulaire dans ses mains. Rapidement elle comprit ce que c'était.
- Un… un livre papier ? Qu'est-ce que tu fais avec ce genre d'affaires, je te voyais avec quatre datapad sur ton bureau.
- Je lis dans mes temps libres et un jour je suis tombé sur une histoire que j'étais sûr que tu aimerais, donc j'ai acheté un exemplaire fait en papier.
- Mais pourquoi…
- Je trouve qu'il y a quelque chose de magnifique au livre papier. Comme tu peux le voir tous les mots sont écrits avec de l'encre, ainsi une fois le mot écrit il ne peut être effacé. Je trouve cela… euh... enchanteur
Ahsoka avait l'impression que le mot « romantique » aurait été plus adéquat, mais choisi de ne pas le prononcer.
- Merci… mais je ne peux pas le lire ou l'emporter avec moi… je n'ai jamais lu de roman complet, c'est bien cela un roman ?
- Oui et tout à ses débuts. Tu pourras le lire quand on se croise, entre deux séances d'entraînement, je le garderais toujours proche de moi. J'ai remarqué les derniers mois que lire de la fiction à un bon effet sur notre mentale.
- Et bien… je ferrais un effort.
Ahsoka bâilla et Kairos bâilla par mimique.
- Je suis épuisé…
- Moi aussi… On peut aller dormir tous les deux, pas vrai…
- J'imagine… mais on a que quelques heures avant de retourner sur Coruscant.
- Ou tu pourrais juste arrêter le temps.
- Euh… oui… bien sûr.
Les deux Jedis allèrent dans la petite cabine comportant un lit. Heureusement, une banquette assez confortable s'opposait au lit signifiant qu'il n'aurait pas besoin de le partager. Ahsoka insista pour dormir sur la banquette, et Kairos ferma les lumières, les deux Jedis s'endormant à peine séparés de deux mètres.
